Je ne connaissais pas l'histoire de Pablo Escobar et je n'ai pas vu la série télé Narcos sortie peu de temps avant cette BD sans quoi j'aurais sans doute un peu mieux compris le contexte et les nombreuses complexités de cette histoire. Parce que c'était un vrai bordel ! Et on est plongé dedans dès la première page.
Cet album ne raconte pas la vie complète de Pablo Escobar. On ne verra ni sa jeunesse ni comment il a bâti son empire de la drogue. On va juste être témoin des deux années entre le moment de sa reddition volontaire à l'état Colombien et sa mort. A cette époque, les Etats-Unis l'ont désigné comme ennemi N°1 et font tout pour l'arrêter et l'extrader. Aussi est-ce pour éviter cela que le patron du crime colombien met en place une pseudo reddition à la justice de Colombie en échange de la garantie de ne pas être extradé. Il se fait "emprisonner" dans un centre de détention qu'il a au préalable complètement corrompu et qu'il va immédiatement transformer en véritable palace où il va faire sa loi, organiser des parties fines et continuer à diriger son cartel en toute impunité. A ceci près qu'il va aussi dans cette période s'attirer de nombreux nouveaux ennemis et entraîner une véritable guerre ouverte entre cartels, policiers et agents américains qui va le mener à sa perte.
On découvre en Escobar un personnage marquant, un criminel oui, mais aussi le chef très intelligent d'une énorme entreprise, un homme politique et une sorte de bienfaiteur du peuple. Sauf qu'en même temps, il sonne faux, accumule les mensonges éhontés et joue un rôle différent et factice selon à qui il s'adresse. Et sous la façade de fausseté qu'il affiche au grand public, il se révèle aussi le vrai salopard qu'on peut imaginer, dangereux, brutal, jouisseur et arrogant. Il use et abuse de son pouvoir et de son énorme richesse pour manipuler un pays tout entier, des miséreux jusqu'au président lui-même, et pour imposer sa volonté sans pitié, aussi égocentrique soit-elle. Je ne lui reconnais que sa réelle intelligence mais hormis cela, on ne peut que souhaiter sa mort.
Sur la forme maintenant, le dessin de cet album n'est pas mauvais. Les personnages sont bien reconnaissables et la narration graphique plutôt claire. Et de clarté graphique, il y en a besoin parce que l'histoire devient rapidement très embrouillée. On s'y perd dans les factions qui s'affrontent, dans les décisions des uns et des autres et leurs conséquences. Une fois passée la surprise de voir avec quelle impunité il a gardé toute liberté et pouvoir depuis sa soi-disant prison, le récit devient brouillon une fois que la guerre des gangs démarre, impliquant également des représentants de la justice, du gouvernement, et des policiers dont on comprend mal s'ils sont eux aussi complètement corrompus ou pas, ni quels sont leurs buts et motivations. Ça devient un peu pénible à suivre, ou en tout cas nettement plus ennuyeux.
Et comme le personnage d'Escobar m'est devenu de plus en plus antipathique au fil de la lecture, ça n'a rien arrangé à mon opinion envers cette BD qui pourtant ne manque pas d'intérêt sur le fond.
J'ai lu le premier tome disponible sur le site de Dargaud pour la période du confirment et disons que j'ai pas hâte de lire/acheter le deuxième tome lorsque tout va rouvrir.
Les textes sont pas mal, mais la part bande dessinée est vraiment mauvaise et lorsqu'un album mélangeant textes documentaires et bandes dessinées et que cette dernière partie est mauvaise, je me dis qu'au fond j'aurais du lire direct un livre 'sérieux' sur le sujet. Jul s'inspire de l'actualité la plupart du temps pour ses gags et cela tombe à plat. Ce qui m'a surpris est que pour un ancien auteur de Charlie Hebdo, l'humour n'est pas très trash. Cela fait longtemps que j'ai lu son album sur José Bové, mais je me souviens que l'humour était plus mordant. Là on est dans un humour plus consensuel, probablement pour toucher le plus large public possible. Le seul point fort est son dessin que j'aime bien quoique je le trouve plus adapté à du dessin de presse.
Bref, si vous voulez apprendre des choses sur la mythologie, allez plutôt lire un bouquin sur le sujet.
C'est sûr que ce n'est pas le BD du siècle, ni même de la décennie. Il fut un temps où le nom de Liberatore était synonyme sinon de qualité du moins le lecteur pouvait s'attendre à quelque chose de nouveau, de politiquement incorrect, d'ailleurs ce terme n'existait pas. Des choses nouvelles donc avec du sexe et de la violence. Au risque d'en faire bondir certains, dois-je dire que tout cela a un peu vieilli et fait très daté. La colorisation ne passe plus, elle fait même fadasse.
Après, les histoires courtes de ce recueil, c'est du Libaratore quoi, mais sûrement pas les plus grandioses, un peu de provoc et de choses que l'on ne verrait plus aujourd'hui. C'est d'ailleurs à mon sens le seul intérêt de cette BD, que les jeunes générations voient ce qui était possible en un autre temps.
Pour les inconditionnels de l'auteur et peut-être quelques jeunes gens qui veulent voir ce qu'il en retournait à une certaine époque.
Après avoir fait le même coup avec « 90 livres cultes », Henrik Lange remet le couvert avec le même concept, mais cette fois-ci pour le cinéma.
Et donc, je ne peux que répéter ce que je disais à propos de son précédent opus sur les livres cultes. En effet, on peut se poser des questions sur le principe d’un « film culte », et/ou sur ceux que l’on peut faire figurer dans cette catégorie. Je n’aurais pas forcément fait le même choix (« Dirty Dancing », « Fight club », « La liste de Schindler », « Le dictateur » [grand film, mais pas le meilleur de Chaplin], « Liaison fatale », « Platoon », etc. ne rentrant pas pour moi dans cette catégorie, et chacun, en fonction de sa culture ou de ses sensibilités, aura ses propres frustration dans ce domaine).
Ceci étant dit, malgré le changement de dessinateur (qui essaye de varier un peu le style en fonction des films évoqués), c’est le même principe qui joue ici que pour les livres : chaque film se voit « résumé » en 3 cases ! On l’aura compris, la synthèse se veut résolument minimaliste, et doit donc se contenter d’un clin d’œil à un aspect, une scène, un dialogue dudit film.
Et donc, contrairement à ce que le titre laisse supposer, il ne faut pas être un inculte pressé de se constituer une base pour pouvoir suivre les discussions cinématographiques avec un vernis minuscule : pour comprendre, voire apprécier ces « digests », il vaut mieux connaître les films en question !
Idée un peu loufoque, fausse bonne idée je trouve (du moins en l’état), qui tourne un peu au procédé, au « concept » réplicable à l’infini, cet album de Lange joue un peu plus sur l’humour que celui sur les livres, mais cet aspect – qui aurait sans doute pu mieux convenir à ces strips, et ne prendre les films que comme prétexte à détournements ou parodies, ou je ne sais quoi de décalé, est encore insuffisamment exploité.
Note réelle 2,5/5.
Bon, ben le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album inclassable n’est pas des plus faciles à appréhender.
Non pas qu’il y ait quelques difficultés de narration ou graphiques, bien au contraire, le dessin est académique et clair, et l’action – tout comme les décors – est réduite au strict minimum.
C’est sans doute cela qui déroute : la simplicité, l’absence apparente d’histoire, d’explication, aux mouvements de cette jeune femme, que nous suivons dans ses déhanchements, ses mouvements désordonnés, dans une pièce vide, tentant d’ouvrir une porte, etc.
Avec cet aspect de flip-book, je pense qu’il faut oublier toute recherche d’intrigue. Mais que trouver alors ? Une ou des métaphores : de l’impossibilité de sortir de soi, ce qui nous bloque ou au contraire ce qui nous aide à « passer outre » (autour de cette porte difficile à ouvrir, porte aux dimensions parfais gigantesque par rapport à la jeune femme) ?
Je ne sais toujours pas quoi en penser après avoir fini (très rapidement, ça se lit très vite) cet album, alors que je suis plutôt adepte d’œuvres atypiques et/ou expérimentales.
En tout cas le dessin, très épuré donc, est bon et dynamique. Mais, hélas, au service de quelque chose dont je n’ai pas complètement saisi le sens.
Mouais.
Cet album n’apporte pas grand-chose à l’imposante bibliographie de Manara.
On y retrouve son style, ses personnages au trait classique, ses belles femmes (toujours sur le même modèle, qui en devient presque impersonnel). Mais en tout cas son dessin en Noir et Blanc est très bon – et Pandora est très belle.
Comme ce n’est pas lui qui s’occupe du scénario, je me disais qu’enfin son dessin allait être mis au service de quelque chose d’intéressant. Eh bien non.
Cette histoire d’enlèvement d’une jeune femme, pour piéger un caïd en fuite sensé être son père se laisse lire, mais alors sans enthousiasme, tant manquent les surprises, le rythme et, au bout d’un moment, l’intérêt. C’est bien trop linéaire pour moi.
Il n’y a – exceptionnellement pour Manara ! – dans cet album rien de réellement érotique. Malgré une héroïne qui passe toute l’histoire en mini-jupe, passe de mains en mains, de ravisseurs en ravisseurs (qui en veulent souvent à ses charmes), et si nous voyons deux fois ses fesses (bizarrement le seul endroit où on lui fait une piqûre pour l’anesthésier…).
Un gros bof en ce qui me concerne.
Note : 2.5/5
Cet album mélange de manière étonnante deux thématiques. L'une est purement policière, avec des enquêtes sur la mort de prostituées. L'autre est purement du roman graphique avec un homme qui drague une femme à la piscine, et cette dernière qui cache un lourd secret sous ses vêtements de nage. L'homme en question est le même enquêteur que dans la première thématique mais ces deux histoires paraissent très décorrelées même si, sur la fin, le scénario fait un certain rapprochement entre les deux.
La narration est très décousue, sautant d'une thématique à l'autre, avec aussi quelques sauts chronologiques pas toujours évident. On s'y retrouve mais cela ressemble quand même trop à mon goût à des effets de style, une recherche artistique dans la manière de raconter l'histoire qui ne me parle pas.
Le dessin ne m'a pas plu non plus. La couleur et la peinture de certains décors sont plutôt jolis, mais le dessin des personnages et leur encrage n'est pas enthousiasmant du tout. Je n'aime pas ce trait encré qui donne parfois l'impression de baver ou d'être charbonneux et embrouillé. On a même souvent du mal à bien saisir ce que l'on voit, comme les fameuses brûlures notamment, ou les expressions de certains visages.
Quant à l'histoire dans son ensemble, si elle est correcte, ce n'est pas ma tasse de thé et je ne me suis pas du tout attaché aux personnages.
Addendum :
Ce n'est que quelques mois après ma lecture que j'ai enfin compris pourquoi j'étais persuadé d'avoir déjà lu cette BD sans me rappeler où et quand. Car en fait, toute la partie sur la drague à la piscine est la reprise presque au mot près d'une des histoires courtes contenues dans le recueil La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis du même scénariste Zidrou mais dessinée, elle, par Simon Hureau. J'avais nettement préféré cette ancienne version de l'histoire qui était bien plus claire dans sa narration et plus forte par sa simplicité et sa concision, et qui ne faisait qu'indiquer que le héros était policier et qu'il venait à la piscine pour "se laver" des horreurs dont il avait été témoin, sans s'attarder sur le sujet. Du coup, l'ajout pour de bon de cet aspect polar noir du récit dans l'album "les brûlures" m'a nettement moins séduit, comme je l'indique ci-dessus.
Il y a quelque chose d'à la fois séduisant et de décevant dans ce comics.
Ce qui marche, c'est l'impact visuel de son graphisme. C'est une peinture à la tablette graphique au trait vif et aux couleurs fortes. Ça claque et ça frappe l’œil du lecteur autant que les nombreuses éclaboussures de sang qui parsèment ses nombreuses pages. C'est aussi un graphisme plein de testostérone, avec des mecs costauds aux allures de gros durs et des nanas toutes sexy, à commencer par la seule fille du trio de personnages principaux. Certains personnages sont parfois difficiles à différencier mais globalement c'est plutôt bien dessiné.
Les dialogues et la mise en scène présentent le même côté percutant et prenant. C'est du polar d'action, avec de la sueur, du sang et beaucoup d'hormones. Le contexte est complexe et ne se révèle que peu à peu. On est simplement plongé dans une Amérique très violente où l'on entend parler de la mise en place d'un plan scientifique anti-crime de la part du gouvernement, d'un abandon de la monnaie papier, sans savoir initialement si l'un est le même que l'autre. Ce n'est que peu à peu qu'on comprend mieux de quoi il s'agit mais longtemps le lecteur essaie d'accrocher les wagons pour saisir les nombreux tenants et aboutissants de l'intrigue et ce n'est que vers les derniers chapitres que tout se met bien en place. Ce n'est pas gênant pour autant car le rythme du récit et son action tiennent en haleine sans avoir besoin de tout clarifier d'emblée.
Et en même temps, on peut sortir assez déçu de cette lecture.
La faute d'abord à une surabondance de violence souvent gratuite. Ça gicle de sang trop souvent, il y a des connards surarmés à chaque coin de rue, on se croirait parfois dans un Mad Max à base de gangs des rues et des mafieux en tous genre. Trop de testostérone tue la testostérone.
La faute ensuite à quelques passages assez téléphonés où l'auteur arrange la réussite des actions des personnages qu'il veut soutenir, comme notamment l'assez antipathique Kevin qui aligne les massacres trop faciles avec un sourire suffisant.
Et puis ensuite il y a un choix visible d'embrouiller inutilement le scénario. Toute la partie de l'intrigue tournant autour de Kasper et de son gang de mexicains n'apporte rien au récit à part un peu plus de confusion et de brutalité au passage. Ce qui tourne autour du FBI, notamment vers la fin de l'intrigue, est là aussi un peu confus et pas toujours facile à suivre et surtout à apprécier.
Mais globalement, c'est la surenchère de violence et de sang qui aura eu raison de mon enthousiasme initial. C'est trop gratuit, et trop récurrent dans le scénario. Et quand le scénario dérive un peu et devient confus, cela suffit à rabaisser mon opinion sur ce comics.
Même principe que les blagues de Dany sur le sexe, mais en globalement moins réussi. Tout d’abord, le dessin est moins bon. Il n’est pas mauvais, les filles sont jolies mais n’ont pas le côté sexy des filles de Dany, qui rend mieux le côté érotico humoristique que Aidans. Autant on peut classer “Ça vous Intéresse ?” dans la catégorie érotique, autant là le côté érotique est très soft. Les blagues, quant à elles, m’ont globalement peu fait sourire. Il y en a certes quelques unes qui sont un peu plus drôles, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Il y a d’ailleurs quelques blagues qui sont les mêmes que dans les albums de Dany, et je les ai trouvées moins bien racontées, et donc moins divertissantes.
Après, ce n’est pas foncièrement mauvais, mais dans le genre, il y a mieux.
Ben non les gars Ric Hochet n'est pas pour moi et ne l'a jamais été. J'ai dû en lire une petite dizaine au total, entre chaque une longue période d'abstinence. Je crois bien qu'à la même époque je lisais des romans d'Agatha Christie et excusez du peu mais en ce qui concerne les intrigues cela était autre chose.
Le problème c'est qu'à mon avis c'est le genre de série qu'il faut avoir découverte au moment de sa sortie, quarante ans après, ben ça a pris un sérieux coup de vieux, dialogues, personnages, situations, intrigues, décors, tout cela est très daté.
Vous l'aurez compris je n'aime pas et n'ai jamais aimé bien que grand fan du genre policier/thriller, mais justement à cause de ça sans doute.
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Escobar - El Patron
Je ne connaissais pas l'histoire de Pablo Escobar et je n'ai pas vu la série télé Narcos sortie peu de temps avant cette BD sans quoi j'aurais sans doute un peu mieux compris le contexte et les nombreuses complexités de cette histoire. Parce que c'était un vrai bordel ! Et on est plongé dedans dès la première page. Cet album ne raconte pas la vie complète de Pablo Escobar. On ne verra ni sa jeunesse ni comment il a bâti son empire de la drogue. On va juste être témoin des deux années entre le moment de sa reddition volontaire à l'état Colombien et sa mort. A cette époque, les Etats-Unis l'ont désigné comme ennemi N°1 et font tout pour l'arrêter et l'extrader. Aussi est-ce pour éviter cela que le patron du crime colombien met en place une pseudo reddition à la justice de Colombie en échange de la garantie de ne pas être extradé. Il se fait "emprisonner" dans un centre de détention qu'il a au préalable complètement corrompu et qu'il va immédiatement transformer en véritable palace où il va faire sa loi, organiser des parties fines et continuer à diriger son cartel en toute impunité. A ceci près qu'il va aussi dans cette période s'attirer de nombreux nouveaux ennemis et entraîner une véritable guerre ouverte entre cartels, policiers et agents américains qui va le mener à sa perte. On découvre en Escobar un personnage marquant, un criminel oui, mais aussi le chef très intelligent d'une énorme entreprise, un homme politique et une sorte de bienfaiteur du peuple. Sauf qu'en même temps, il sonne faux, accumule les mensonges éhontés et joue un rôle différent et factice selon à qui il s'adresse. Et sous la façade de fausseté qu'il affiche au grand public, il se révèle aussi le vrai salopard qu'on peut imaginer, dangereux, brutal, jouisseur et arrogant. Il use et abuse de son pouvoir et de son énorme richesse pour manipuler un pays tout entier, des miséreux jusqu'au président lui-même, et pour imposer sa volonté sans pitié, aussi égocentrique soit-elle. Je ne lui reconnais que sa réelle intelligence mais hormis cela, on ne peut que souhaiter sa mort. Sur la forme maintenant, le dessin de cet album n'est pas mauvais. Les personnages sont bien reconnaissables et la narration graphique plutôt claire. Et de clarté graphique, il y en a besoin parce que l'histoire devient rapidement très embrouillée. On s'y perd dans les factions qui s'affrontent, dans les décisions des uns et des autres et leurs conséquences. Une fois passée la surprise de voir avec quelle impunité il a gardé toute liberté et pouvoir depuis sa soi-disant prison, le récit devient brouillon une fois que la guerre des gangs démarre, impliquant également des représentants de la justice, du gouvernement, et des policiers dont on comprend mal s'ils sont eux aussi complètement corrompus ou pas, ni quels sont leurs buts et motivations. Ça devient un peu pénible à suivre, ou en tout cas nettement plus ennuyeux. Et comme le personnage d'Escobar m'est devenu de plus en plus antipathique au fil de la lecture, ça n'a rien arrangé à mon opinion envers cette BD qui pourtant ne manque pas d'intérêt sur le fond.
50 Nuances de Grecs
J'ai lu le premier tome disponible sur le site de Dargaud pour la période du confirment et disons que j'ai pas hâte de lire/acheter le deuxième tome lorsque tout va rouvrir. Les textes sont pas mal, mais la part bande dessinée est vraiment mauvaise et lorsqu'un album mélangeant textes documentaires et bandes dessinées et que cette dernière partie est mauvaise, je me dis qu'au fond j'aurais du lire direct un livre 'sérieux' sur le sujet. Jul s'inspire de l'actualité la plupart du temps pour ses gags et cela tombe à plat. Ce qui m'a surpris est que pour un ancien auteur de Charlie Hebdo, l'humour n'est pas très trash. Cela fait longtemps que j'ai lu son album sur José Bové, mais je me souviens que l'humour était plus mordant. Là on est dans un humour plus consensuel, probablement pour toucher le plus large public possible. Le seul point fort est son dessin que j'aime bien quoique je le trouve plus adapté à du dessin de presse. Bref, si vous voulez apprendre des choses sur la mythologie, allez plutôt lire un bouquin sur le sujet.
Vidéo clips
C'est sûr que ce n'est pas le BD du siècle, ni même de la décennie. Il fut un temps où le nom de Liberatore était synonyme sinon de qualité du moins le lecteur pouvait s'attendre à quelque chose de nouveau, de politiquement incorrect, d'ailleurs ce terme n'existait pas. Des choses nouvelles donc avec du sexe et de la violence. Au risque d'en faire bondir certains, dois-je dire que tout cela a un peu vieilli et fait très daté. La colorisation ne passe plus, elle fait même fadasse. Après, les histoires courtes de ce recueil, c'est du Libaratore quoi, mais sûrement pas les plus grandioses, un peu de provoc et de choses que l'on ne verrait plus aujourd'hui. C'est d'ailleurs à mon sens le seul intérêt de cette BD, que les jeunes générations voient ce qui était possible en un autre temps. Pour les inconditionnels de l'auteur et peut-être quelques jeunes gens qui veulent voir ce qu'il en retournait à une certaine époque.
90 films cultes à l'usage des personnes pressées
Après avoir fait le même coup avec « 90 livres cultes », Henrik Lange remet le couvert avec le même concept, mais cette fois-ci pour le cinéma. Et donc, je ne peux que répéter ce que je disais à propos de son précédent opus sur les livres cultes. En effet, on peut se poser des questions sur le principe d’un « film culte », et/ou sur ceux que l’on peut faire figurer dans cette catégorie. Je n’aurais pas forcément fait le même choix (« Dirty Dancing », « Fight club », « La liste de Schindler », « Le dictateur » [grand film, mais pas le meilleur de Chaplin], « Liaison fatale », « Platoon », etc. ne rentrant pas pour moi dans cette catégorie, et chacun, en fonction de sa culture ou de ses sensibilités, aura ses propres frustration dans ce domaine). Ceci étant dit, malgré le changement de dessinateur (qui essaye de varier un peu le style en fonction des films évoqués), c’est le même principe qui joue ici que pour les livres : chaque film se voit « résumé » en 3 cases ! On l’aura compris, la synthèse se veut résolument minimaliste, et doit donc se contenter d’un clin d’œil à un aspect, une scène, un dialogue dudit film. Et donc, contrairement à ce que le titre laisse supposer, il ne faut pas être un inculte pressé de se constituer une base pour pouvoir suivre les discussions cinématographiques avec un vernis minuscule : pour comprendre, voire apprécier ces « digests », il vaut mieux connaître les films en question ! Idée un peu loufoque, fausse bonne idée je trouve (du moins en l’état), qui tourne un peu au procédé, au « concept » réplicable à l’infini, cet album de Lange joue un peu plus sur l’humour que celui sur les livres, mais cet aspect – qui aurait sans doute pu mieux convenir à ces strips, et ne prendre les films que comme prétexte à détournements ou parodies, ou je ne sais quoi de décalé, est encore insuffisamment exploité. Note réelle 2,5/5.
Now
Bon, ben le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album inclassable n’est pas des plus faciles à appréhender. Non pas qu’il y ait quelques difficultés de narration ou graphiques, bien au contraire, le dessin est académique et clair, et l’action – tout comme les décors – est réduite au strict minimum. C’est sans doute cela qui déroute : la simplicité, l’absence apparente d’histoire, d’explication, aux mouvements de cette jeune femme, que nous suivons dans ses déhanchements, ses mouvements désordonnés, dans une pièce vide, tentant d’ouvrir une porte, etc. Avec cet aspect de flip-book, je pense qu’il faut oublier toute recherche d’intrigue. Mais que trouver alors ? Une ou des métaphores : de l’impossibilité de sortir de soi, ce qui nous bloque ou au contraire ce qui nous aide à « passer outre » (autour de cette porte difficile à ouvrir, porte aux dimensions parfais gigantesque par rapport à la jeune femme) ? Je ne sais toujours pas quoi en penser après avoir fini (très rapidement, ça se lit très vite) cet album, alors que je suis plutôt adepte d’œuvres atypiques et/ou expérimentales. En tout cas le dessin, très épuré donc, est bon et dynamique. Mais, hélas, au service de quelque chose dont je n’ai pas complètement saisi le sens.
Les Yeux de Pandora
Mouais. Cet album n’apporte pas grand-chose à l’imposante bibliographie de Manara. On y retrouve son style, ses personnages au trait classique, ses belles femmes (toujours sur le même modèle, qui en devient presque impersonnel). Mais en tout cas son dessin en Noir et Blanc est très bon – et Pandora est très belle. Comme ce n’est pas lui qui s’occupe du scénario, je me disais qu’enfin son dessin allait être mis au service de quelque chose d’intéressant. Eh bien non. Cette histoire d’enlèvement d’une jeune femme, pour piéger un caïd en fuite sensé être son père se laisse lire, mais alors sans enthousiasme, tant manquent les surprises, le rythme et, au bout d’un moment, l’intérêt. C’est bien trop linéaire pour moi. Il n’y a – exceptionnellement pour Manara ! – dans cet album rien de réellement érotique. Malgré une héroïne qui passe toute l’histoire en mini-jupe, passe de mains en mains, de ravisseurs en ravisseurs (qui en veulent souvent à ses charmes), et si nous voyons deux fois ses fesses (bizarrement le seul endroit où on lui fait une piqûre pour l’anesthésier…). Un gros bof en ce qui me concerne.
Les Brûlures
Note : 2.5/5 Cet album mélange de manière étonnante deux thématiques. L'une est purement policière, avec des enquêtes sur la mort de prostituées. L'autre est purement du roman graphique avec un homme qui drague une femme à la piscine, et cette dernière qui cache un lourd secret sous ses vêtements de nage. L'homme en question est le même enquêteur que dans la première thématique mais ces deux histoires paraissent très décorrelées même si, sur la fin, le scénario fait un certain rapprochement entre les deux. La narration est très décousue, sautant d'une thématique à l'autre, avec aussi quelques sauts chronologiques pas toujours évident. On s'y retrouve mais cela ressemble quand même trop à mon goût à des effets de style, une recherche artistique dans la manière de raconter l'histoire qui ne me parle pas. Le dessin ne m'a pas plu non plus. La couleur et la peinture de certains décors sont plutôt jolis, mais le dessin des personnages et leur encrage n'est pas enthousiasmant du tout. Je n'aime pas ce trait encré qui donne parfois l'impression de baver ou d'être charbonneux et embrouillé. On a même souvent du mal à bien saisir ce que l'on voit, comme les fameuses brûlures notamment, ou les expressions de certains visages. Quant à l'histoire dans son ensemble, si elle est correcte, ce n'est pas ma tasse de thé et je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Addendum : Ce n'est que quelques mois après ma lecture que j'ai enfin compris pourquoi j'étais persuadé d'avoir déjà lu cette BD sans me rappeler où et quand. Car en fait, toute la partie sur la drague à la piscine est la reprise presque au mot près d'une des histoires courtes contenues dans le recueil La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis du même scénariste Zidrou mais dessinée, elle, par Simon Hureau. J'avais nettement préféré cette ancienne version de l'histoire qui était bien plus claire dans sa narration et plus forte par sa simplicité et sa concision, et qui ne faisait qu'indiquer que le héros était policier et qu'il venait à la piscine pour "se laver" des horreurs dont il avait été témoin, sans s'attarder sur le sujet. Du coup, l'ajout pour de bon de cet aspect polar noir du récit dans l'album "les brûlures" m'a nettement moins séduit, comme je l'indique ci-dessus.
The Last Days of American Crime
Il y a quelque chose d'à la fois séduisant et de décevant dans ce comics. Ce qui marche, c'est l'impact visuel de son graphisme. C'est une peinture à la tablette graphique au trait vif et aux couleurs fortes. Ça claque et ça frappe l’œil du lecteur autant que les nombreuses éclaboussures de sang qui parsèment ses nombreuses pages. C'est aussi un graphisme plein de testostérone, avec des mecs costauds aux allures de gros durs et des nanas toutes sexy, à commencer par la seule fille du trio de personnages principaux. Certains personnages sont parfois difficiles à différencier mais globalement c'est plutôt bien dessiné. Les dialogues et la mise en scène présentent le même côté percutant et prenant. C'est du polar d'action, avec de la sueur, du sang et beaucoup d'hormones. Le contexte est complexe et ne se révèle que peu à peu. On est simplement plongé dans une Amérique très violente où l'on entend parler de la mise en place d'un plan scientifique anti-crime de la part du gouvernement, d'un abandon de la monnaie papier, sans savoir initialement si l'un est le même que l'autre. Ce n'est que peu à peu qu'on comprend mieux de quoi il s'agit mais longtemps le lecteur essaie d'accrocher les wagons pour saisir les nombreux tenants et aboutissants de l'intrigue et ce n'est que vers les derniers chapitres que tout se met bien en place. Ce n'est pas gênant pour autant car le rythme du récit et son action tiennent en haleine sans avoir besoin de tout clarifier d'emblée. Et en même temps, on peut sortir assez déçu de cette lecture. La faute d'abord à une surabondance de violence souvent gratuite. Ça gicle de sang trop souvent, il y a des connards surarmés à chaque coin de rue, on se croirait parfois dans un Mad Max à base de gangs des rues et des mafieux en tous genre. Trop de testostérone tue la testostérone. La faute ensuite à quelques passages assez téléphonés où l'auteur arrange la réussite des actions des personnages qu'il veut soutenir, comme notamment l'assez antipathique Kevin qui aligne les massacres trop faciles avec un sourire suffisant. Et puis ensuite il y a un choix visible d'embrouiller inutilement le scénario. Toute la partie de l'intrigue tournant autour de Kasper et de son gang de mexicains n'apporte rien au récit à part un peu plus de confusion et de brutalité au passage. Ce qui tourne autour du FBI, notamment vers la fin de l'intrigue, est là aussi un peu confus et pas toujours facile à suivre et surtout à apprécier. Mais globalement, c'est la surenchère de violence et de sang qui aura eu raison de mon enthousiasme initial. C'est trop gratuit, et trop récurrent dans le scénario. Et quand le scénario dérive un peu et devient confus, cela suffit à rabaisser mon opinion sur ce comics.
Les Saintes Nitouches
Même principe que les blagues de Dany sur le sexe, mais en globalement moins réussi. Tout d’abord, le dessin est moins bon. Il n’est pas mauvais, les filles sont jolies mais n’ont pas le côté sexy des filles de Dany, qui rend mieux le côté érotico humoristique que Aidans. Autant on peut classer “Ça vous Intéresse ?” dans la catégorie érotique, autant là le côté érotique est très soft. Les blagues, quant à elles, m’ont globalement peu fait sourire. Il y en a certes quelques unes qui sont un peu plus drôles, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Il y a d’ailleurs quelques blagues qui sont les mêmes que dans les albums de Dany, et je les ai trouvées moins bien racontées, et donc moins divertissantes. Après, ce n’est pas foncièrement mauvais, mais dans le genre, il y a mieux.
Ric Hochet
Ben non les gars Ric Hochet n'est pas pour moi et ne l'a jamais été. J'ai dû en lire une petite dizaine au total, entre chaque une longue période d'abstinence. Je crois bien qu'à la même époque je lisais des romans d'Agatha Christie et excusez du peu mais en ce qui concerne les intrigues cela était autre chose. Le problème c'est qu'à mon avis c'est le genre de série qu'il faut avoir découverte au moment de sa sortie, quarante ans après, ben ça a pris un sérieux coup de vieux, dialogues, personnages, situations, intrigues, décors, tout cela est très daté. Vous l'aurez compris je n'aime pas et n'ai jamais aimé bien que grand fan du genre policier/thriller, mais justement à cause de ça sans doute.