Voici une bd qui porte sur l'une des plus implacables meurtrières du XIXème siècle, à savoir Hélène Jégado. Si le sujet est bien abordé au début, il déviera totalement avec son avocat participant à un complot contre Napoléon III. On a dès lors l'impression d'une tromperie sur la marchandise.
On n'arrive pas à voir le lien entre les révélations de cette femme qui niait ses crimes et ce projet de renverser un tyran ayant fait un coup d’État ayant aboli la Seconde République. Honnêtement, les motivations de cet avocat sont assez obscures, même s'il clame être contre la peine de mort et pour le retour de la République. Visiblement, la femme qu'il aime pèse assez peu dans la balance.
J'avoue avoir été assez déçu par cette lecture qui commençait pourtant sous de bons hospices.
Honnêtement, je ne savais pas trop quoi mettre comme note, hésitant entre 2 et 3/5 sur cette autre Bd de Veyron prépubliée dans l'Echo des Savanes en 2003. Le concept est intéressant mais le fond m'a plusieurs fois horripilé, et je trouve que l'ensemble est assez mal exploité, c'est dommage, Veyron aurait sans doute pu tirer un meilleur parti de cette histoire qui lui permet de brosser des portraits croisés où alternent joies, rires, épreuves, malheurs et leçons de la vie autour de 3 femmes sur une période de 35 ans, entre 1968 et 2003.
C'est pas du tout agencé comme une saga, Veyron casse les codes d'une narration normale chronologique, ou plutôt il traite l'itinéraire de ses 3 héroïnes d'une façon chronologique mais en appliquant un mode plus abrupt, plus séquenciel avec des petits chapitres décrivant chacun une période de 5 ans en 5 ans, ça commence en 1968, ça continue en 1973, puis en 1978 etc... ça lui permet de décrire différentes périodes suivant les modes et les tendances de chaque époque, il y a un peu d'émotion et un peu d'humour, mais je trouve qu'il s'y prend mal.
Quand je dis humour, c'est relatif parce que ça se veut drôle, mais en fait, je n'ai pas ri ni souri un instant, c'est ce que j'ai remarqué sur ce que j'ai lu dernièrement de Veyron, que ce soit la comédie de moeurs chic Cru Bourgeois ou la farce sur l'argent sale Caca rente, c'est à peu près pareil, on croit y trouver un humour évident, et en fait c'est assez laborieux. Alors ici, certes c'est caustique, cynique et ça égratigne des couches sociales en ratissant large dans la société française, ça montre pas mal de gens superficiels et la connerie ambiante, mais ça ne fait pas vraiment rire, les effets sont noyés sous un monceau de bêtise ridicule, comme ces noms absurdes et stupides de personnages : Ouen, Brieuc, Glinglin, Frusquin, Flour, Gobain et autre Tropez... visiblement Veyron doit trouver amusant de donner des noms de saint quelque chose, mais ça ne fait qu'embrouiller la lecture, déjà qu'il y a un paquet de personnages, il n'est donc guère aisé de les mémoriser par ces noms ridicules. D'autant plus qu'ils vieillissent tous au fil des années vu que la Bd les fait évoluer de 1968 à 2003.
Je passerais aussi des absurdités qui me laissent penser qu'on est dans un ton parfois surréaliste, notamment quand on voit un petit vieux sur un paquebot qui est balancé par dessus bord par 2 balaises sans que personne ne s'étonne, ou qu'une bonne femme bute à coup de revolver une autre bonne femme au bord d'une piscine sans que personne ne bronche... j'avoue que là, ça laisse songeur.
En bref, si c'est là la conception de l'humour de Veyron, eh ben je lui laisse, pour moi ce n'est plus le Veyron des débuts, tranchant, percutant et subtil comme dans L'Amour Propre (Ne le reste ...) ou même certains épisodes de Bernard Lermite, de même que son dessin semble aussi avoir baissé en qualité, je trouve que certains visages sont plus laids qu'avant, il y a une sorte de laisser-aller, je sais pas ou c'est une impression, ses décors par contre sont chouettes, mais tout bien réfléchi, cette Bd mérite bien son 2/5.
Nous sommes là dans quelque chose qui pourrait ressembler aux enquêtes de Nicolas Le Floch (c’est à peu près la même période, à 15-20 ans près), si ce n’est que ça se passe dans la Russie impériale.
Nous suivons – sans grande passion je dois le reconnaitre – Novikov, officier de police, dans son enquête menée sans trop de rythme ou de surprise. Novikov lui-même n’est pas un personnage fort et attachant. Ses très nombreux succès féminins (l’insistance sur ce fait revêt quelques lourdeurs), le meurtre toujours non élucidé de sa femme qui le hante (sans que l’on en sache le fin mot), nous voilà embarqués dans du déjà-vu, avec des ficelles un peu trop grosses pour satisfaire la curiosité du lecteur. La résolution finale de l’enquête est en plus un peu bâclée…
Le dessin est globalement bon, malgré quelques défauts (proportions pour des chevaux au galop, fusils qui ne me paraissent pas d’époque), mais je l’ai trouvé impersonnel. Et je n’ai pas non plus accroché à la colorisation (à l’informatique semble-t-il), qui donne un rendu trop lisse et « brillant » (alors que bizarrement ça passe parfois au « terne » - comme si plusieurs coloristes s’étaient succédé, sans se concerter), et qui gâche le travail du dessinateur.
Bref, une série policière historique très très moyenne, du niveau d’un épisode quelconque et sans originalité d’une série TV.
Un coup d’État a lieu sur un petit archipel de l’océan indien, et une base aérienne française est attaquée. Aussitôt le président Sarkozy est mis au courant et la France dépêche des forces spéciales et le porte –avions Charles de Gaulle sur place. Et c’est parti pour l’action !
Hélas pour ceux qui auraient souhaité connaitre le dénouement, ce premier tome s’arrête en plein cœur de l’action, les forces spéciales françaises et l’aéronavale sur le porte-avions Charles de Gaulle s’apprêtant à intervenir pour mettre fin au coup d’État et libérer les soldats français prisonniers.
Aucune nouvelle de la suite depuis 2011, il y a de fortes chances qu’elle n’arrive jamais !
S’il est de toute façon dommage qu’une série soit abandonnée, je ne la regretterais pas forcément beaucoup.
Certes, il y a quelques points positifs. Comme une bonne reconstitution des règles d’engagement, du fonctionnement des opérations spéciales, et plus particulièrement des Rafale et de leur porte-avion. Les auteurs semblent d’ailleurs avoir bénéficié d’une bonne aide de l’Armée française. Et le lui rendent bien, parce qu’on est presque là dans une publication du Sirpa, tout à la gloire de la France et de sa glorieuse armée (en particulier l’aéronavale) ! Pas trop de regard critique ni de nuance…
Le dessin est très clair, précis (le matériel est très bien reconstitué), mais trop froid.
C’est surtout le côté déjà-vu de l’intrigue, l’absence de fond psychologique des personnages ou de profondeur d’intrigue (peu d'infos sur le coup d’État, aucune sur les mercenaires le mettant en œuvre), qui m’ont gêné (en plus de l’aspect promotionnel pour l’armée).
Bref, ça se laisse lire, mais c’est sans âme je trouve, et en plus sans fin. Donc, à part les inconditionnels de l’aviation de guerre moderne, ou les thuriféraires de l’armée française, cette histoire incomplète (même si on se doute de la façon dont ça se serait terminé) me parait assez dispensable.
Ouais, ben comme Ro, je n’ai vraiment pas été convaincu par cet album, qui est sensé nous faire rire à partir du quotidien d’un type et de ses relations avec ses collègues, dans les bureaux d’une entreprise lambda. Je suis pourtant amateur de strips d'humour noir et décalé, mais là, je n'y ai pas trouvé mon compte.
Le dessin est minimaliste et moche, mais ce n’est pas important dans ce genre de recueil de strips gags. Par contre, il faut que l’humour soit au rendez-vous. Et c’est là que le bât blesse !
En effet, cela manque singulièrement de percussion, d’originalité. Et les quelques idées marrantes sont noyées dans un ensemble qui lui l’est beaucoup moins. Comme Ro j’ai trouvé les gags autour du PSG les moins réussis, souvent navrants ou sans intérêt.
Bref, on a là une énième série sur « les métiers », qui avance donc sur un terrain déjà pas mal balisé, sans apporter suffisamment de nouveauté ou d’humour trash, noir ou décalé pour renouveler le genre, usé jusqu'à la corde. Je me demande ce que La Boite à Bulles est venue faire dans cette galère !
Le dessin est toujours aussi spectaculaire. Le découpage dynamique. De ce côté là, rien à redire.
Le problème avec Mathieu Lauffray, c'est qu'un grand talent (graphique) implique de grandes responsabilités (scénaristiques) afin de mener sa barque à bon port. La présente bd nous arrive après un excellent Long John Silver qui lui fait clairement de l'ombre.
On reprend une louche (de piraterie) et on ressert la même soupe... Mais ça manque d'épices... On ne voit pas de grand intérêt dans cet album d' introduction. Le héros, me semble-t-il, tente de lorgner légèrement du côté d'un Jack Sparrow (du côté héros gaffeur) mais, pour moi, c'est là où le bât blesse. Il est plus con que héros et n'a pas le charisme du grand Jack... ou de Long John.
Les personnages me font penser à d'autres créations de Lauffray, toujours en moins savoureux.
En conclusion, je dirais que M. Laufrray est un excellent dessinateur qui sait faire rêver. Il a su nous prouver ses talents de co-scénariste sur d'autres aventures... Mais on sent que seul, il peine à arriver au niveau de ses précédentes productions.
Les Collègues s'apparente à une série comme Dilbert, mais avec un humour nettement plus convenu et aussi trop centré sur le milieu parisien.
Ce sont des strips mettant en scène une poignée de salariés et leur patron dans une petite boite de pub. C'est l'occasion de se moquer des relations entre collègues ou encore entre chef et employés.
Le dessin est assez basique, peu avenant. Les gags sont moyens (voire parfois mauvais quand ils se focalisent sur le foot et le PSG), souvent répétitifs, et surtout les personnages ne sont pas attachants du tout.
J'ai lu cette série dans une réelle indifférence, alors qu'à l'inverse je pouvais trouver très drôles des idées percutantes dans Dilbert. Ici, c'est un humour grinçant téléphoné et sans surprise.
Difficile de donner une note à la lecture de cette série. Pourquoi ? Je ne dirais pas que c'était déplaisant à lire, donc ce serait sévère de mettre moins que la moyenne.... mais de l'autre coté cette histoire est tellement classique, ordinaire, presque un peu banale : elle suit son fil conducteur sans surprise pendant 4 tomes que c'est dur de lui mettre plus que la moyenne.
Bref. La vie de Philippe, quinquagénaire qui perd son boulot et sa femme, qui tombe dans la picole et qui se reconstruit peu à peu au grès des rencontres qu'il va faire. Nouvelle région, nouveaux amis, nouvelle relation amoureuse. Ça ressemble à une chronique du quotidien, comme on en a déjà trop lue. J'ai enchainé les 4 tomes, donc ça se lit bien. Mais honnêtement ça ne m'a pas fait rire, pas arraché de sourire, pas attristé, pas égayé. Au mieux j'ai été gentiment attendri par quelques situations, mais je n'en ressors pas avec une furieuse envie de profiter de la vie et de l'instant présent.
C'est finalement ça qu'il me restera de cette lecture (que je vais oublier assez vite je pense) : une histoire ordinaire qui n'a pas ce petit twist qui permet à certains romans graphiques de sortir du lot.
Je n'ai pas trop aimé cette œuvre un peu contemplative sur la crise de la cinquantaine comme si avoir cet âge signifiait la fin du monde. Il faut dire que le principal protagoniste censé avoir 50 ans mais qui en paraît 70 physiquement est franchement antipathique à souhait. Je n'ai jamais trop aimé ces bobos qui sautent sur tout ce qui bouge et qui mènent une vie de dandy même dans le fin fond du Jura.
Certes, on pourrait s'apitoyer sur son sort car il vient de perdre ses parents âgés ainsi que son travail. Cependant, il existe des personnes qui perdent leurs parents dès le plus jeune âge sans pour autant sombrer dans la plus profonde des mélancolies. Pour le travail, c'est tout autre chose.
On apprendra que pour faire la fête, il a détruit l'appartement de celui qui l'invitait pour son anniversaire tout en brisant le cœur de sa fille et provoquant la mort par suicide d'un être humain. Bref, je n'ai absolument pas compati et j'en suis fort désolé.
Pour le reste, il n'y aura pas d'action, juste un point de vue assez subjectif auquel je n'ai pas trop adhéré en raison de valeurs fort différentes. Une bd sans doute trop nombriliste et pas franchement enthousiasmante.
J'ai lu avec beaucoup de difficulté ces petits récits dans l'Echo des Savanes lors de leur prépublication entre 2002 et 2003 sous le titre de Chiens écrasés ; j'avoue que ça correspond bien aux personnages de ces histoires qui constituent le tome 1 de cette série, parce qu'ils sont bizarres, coincés, tarés, dépressifs, sous neuroleptiques et totalement paumés dans une banlieue sinistre qui ressemble à des lieux américains, mais je crois pas qu'il y ait un nom, ou alors j'ai oublié tellement c'est bizarre, y'a vraiment tout ce qui faut pour que ça dérape, et d'ailleurs c'est un peu ce qui ce passe.
En fait, il ne se passe rien : les personnages sont constamment dans des sortes d'errances au bout desquelles il n'y a rien sinon de vilaines farces, des regards hagards, des délires psychotiques, de la violence, de la dépravation, du sexe dépersonnalisé et sans passion, les gens picolent, se shootent, baisent ou se bagarrent en s'emmerdant comme des rats morts, le contexte est totalement désespérant, pessimiste, délétère, l'humour est quasiment absent, et la narration est très spéciale, c'est une chronique sociale qui traite de sujets épineux et démoralisants.
Pirus casse le mode de la narration traditionnelle, l'ensemble est scindé en récits courts de quelques pages mais qui se recoupent, il n'y a pas de bulles de personnages, c'est à 98% du récitatif intérieur en voix off, surtout de la part d'Eric le principal protagoniste, mais aussi d'autres personnages, le ton est très bavard même si les textes sont ciselés, bref faut s'accrocher pour pas se faire larguer, heureusement dans un sens que c'est découpé en chapitres, sinon je crois que j'aurais laissé tomber, mais je voulais aller au bout pour voir jusqu'où ces mecs poussent le délire, car les auteurs se livrent à une véritable étude sociologique sur un microcosme d'individus en faisant du David Lynch encore plus déjanté que l'original, tout ça pour raconter des histoires de gens complètement à la ramasse et qui s'emmerdent.
Au cinéma, chez Lynch, ça passe mieux pour moi parce qu'il y a l'image en mouvement, le charisme des acteurs, la musique souvent envoûtante, et les personnages ne sont pas statiques, encore qu'avec Blue Velvet, j'ai eu du mal, mais Lost Highway ou Mulholland Drive, j'aime. En BD, c'est différent, j'ai l'impression d'être face à un mur, et dans le cas présent, je me suis retrouvé dans les profondeurs abyssales de l'incompréhension, je n'avais aucune clé ni aucun code pour déchiffrer cette oeuvre, et quand je ne rentre pas dans une histoire, je n'ai aucun plaisir de lecture, donc je m'ennuie atrocement. Pourtant, je ne crois pas être trop con, je suis assez instruit, cultivé et ouvert, mais là, j'avoue que j'étais plutôt largué et pas du tout en phase avec ces délires, pour moi tout ceci ne mène à rien, et je crois que les auteurs feraient d'excellents sujets en réjouissant un psy en mal de clients.
Le contenu et l'ambiance semblent donc très étranges et je conçois que ça puisse plaire quelque part, car les trucs qui ne veulent rien dire sont souvent fascinants, pour des raisons que j'ignore, mais là j'ai beaucoup de mal à accrocher, c'est pas une lecture facile, c'est étouffant, glauque, très zarb, dérangeant, trash, morbide et fatigant à lire, les auteurs décrivent des rapports sociaux ou amoureux ternes et des personnages usés par leur médiocrité, mais bon j'aurais essayé...
Un mot sur le graphisme : c'est incroyable comme le dessin de Mezzo ressemble à celui de Charles Burns, ça m'a tout de suite frappé, c'est un même style de dessin statique à la précision chirurgicale, avec des colorisations très proches aussi de Burns, qui donnent un style underground américain, on est loin d'un dessin franco-belge classique. C'est justement grâce à ce dessin que j'apprécie, que j'ai réussi à tenir sur cette lecture, sinon je crois que j'aurais vite balancé le tout, et ça justifie mon 2/5.
Ainsi, non seulement le fond mais aussi la forme ramènent à Burns, l'influence est nette, et même à Daniel Clowes, 2 auteurs qui évidemment sont intéressants mais qui ne m'attirent pas par leurs sujets traités, toujours tortueux et malsains.
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Votre vote
La Jégado (Arsenic)
Voici une bd qui porte sur l'une des plus implacables meurtrières du XIXème siècle, à savoir Hélène Jégado. Si le sujet est bien abordé au début, il déviera totalement avec son avocat participant à un complot contre Napoléon III. On a dès lors l'impression d'une tromperie sur la marchandise. On n'arrive pas à voir le lien entre les révélations de cette femme qui niait ses crimes et ce projet de renverser un tyran ayant fait un coup d’État ayant aboli la Seconde République. Honnêtement, les motivations de cet avocat sont assez obscures, même s'il clame être contre la peine de mort et pour le retour de la République. Visiblement, la femme qu'il aime pèse assez peu dans la balance. J'avoue avoir été assez déçu par cette lecture qui commençait pourtant sous de bons hospices.
Trois d'entre elles
Honnêtement, je ne savais pas trop quoi mettre comme note, hésitant entre 2 et 3/5 sur cette autre Bd de Veyron prépubliée dans l'Echo des Savanes en 2003. Le concept est intéressant mais le fond m'a plusieurs fois horripilé, et je trouve que l'ensemble est assez mal exploité, c'est dommage, Veyron aurait sans doute pu tirer un meilleur parti de cette histoire qui lui permet de brosser des portraits croisés où alternent joies, rires, épreuves, malheurs et leçons de la vie autour de 3 femmes sur une période de 35 ans, entre 1968 et 2003. C'est pas du tout agencé comme une saga, Veyron casse les codes d'une narration normale chronologique, ou plutôt il traite l'itinéraire de ses 3 héroïnes d'une façon chronologique mais en appliquant un mode plus abrupt, plus séquenciel avec des petits chapitres décrivant chacun une période de 5 ans en 5 ans, ça commence en 1968, ça continue en 1973, puis en 1978 etc... ça lui permet de décrire différentes périodes suivant les modes et les tendances de chaque époque, il y a un peu d'émotion et un peu d'humour, mais je trouve qu'il s'y prend mal. Quand je dis humour, c'est relatif parce que ça se veut drôle, mais en fait, je n'ai pas ri ni souri un instant, c'est ce que j'ai remarqué sur ce que j'ai lu dernièrement de Veyron, que ce soit la comédie de moeurs chic Cru Bourgeois ou la farce sur l'argent sale Caca rente, c'est à peu près pareil, on croit y trouver un humour évident, et en fait c'est assez laborieux. Alors ici, certes c'est caustique, cynique et ça égratigne des couches sociales en ratissant large dans la société française, ça montre pas mal de gens superficiels et la connerie ambiante, mais ça ne fait pas vraiment rire, les effets sont noyés sous un monceau de bêtise ridicule, comme ces noms absurdes et stupides de personnages : Ouen, Brieuc, Glinglin, Frusquin, Flour, Gobain et autre Tropez... visiblement Veyron doit trouver amusant de donner des noms de saint quelque chose, mais ça ne fait qu'embrouiller la lecture, déjà qu'il y a un paquet de personnages, il n'est donc guère aisé de les mémoriser par ces noms ridicules. D'autant plus qu'ils vieillissent tous au fil des années vu que la Bd les fait évoluer de 1968 à 2003. Je passerais aussi des absurdités qui me laissent penser qu'on est dans un ton parfois surréaliste, notamment quand on voit un petit vieux sur un paquebot qui est balancé par dessus bord par 2 balaises sans que personne ne s'étonne, ou qu'une bonne femme bute à coup de revolver une autre bonne femme au bord d'une piscine sans que personne ne bronche... j'avoue que là, ça laisse songeur. En bref, si c'est là la conception de l'humour de Veyron, eh ben je lui laisse, pour moi ce n'est plus le Veyron des débuts, tranchant, percutant et subtil comme dans L'Amour Propre (Ne le reste ...) ou même certains épisodes de Bernard Lermite, de même que son dessin semble aussi avoir baissé en qualité, je trouve que certains visages sont plus laids qu'avant, il y a une sorte de laisser-aller, je sais pas ou c'est une impression, ses décors par contre sont chouettes, mais tout bien réfléchi, cette Bd mérite bien son 2/5.
Novikov
Nous sommes là dans quelque chose qui pourrait ressembler aux enquêtes de Nicolas Le Floch (c’est à peu près la même période, à 15-20 ans près), si ce n’est que ça se passe dans la Russie impériale. Nous suivons – sans grande passion je dois le reconnaitre – Novikov, officier de police, dans son enquête menée sans trop de rythme ou de surprise. Novikov lui-même n’est pas un personnage fort et attachant. Ses très nombreux succès féminins (l’insistance sur ce fait revêt quelques lourdeurs), le meurtre toujours non élucidé de sa femme qui le hante (sans que l’on en sache le fin mot), nous voilà embarqués dans du déjà-vu, avec des ficelles un peu trop grosses pour satisfaire la curiosité du lecteur. La résolution finale de l’enquête est en plus un peu bâclée… Le dessin est globalement bon, malgré quelques défauts (proportions pour des chevaux au galop, fusils qui ne me paraissent pas d’époque), mais je l’ai trouvé impersonnel. Et je n’ai pas non plus accroché à la colorisation (à l’informatique semble-t-il), qui donne un rendu trop lisse et « brillant » (alors que bizarrement ça passe parfois au « terne » - comme si plusieurs coloristes s’étaient succédé, sans se concerter), et qui gâche le travail du dessinateur. Bref, une série policière historique très très moyenne, du niveau d’un épisode quelconque et sans originalité d’une série TV.
Centaures
Un coup d’État a lieu sur un petit archipel de l’océan indien, et une base aérienne française est attaquée. Aussitôt le président Sarkozy est mis au courant et la France dépêche des forces spéciales et le porte –avions Charles de Gaulle sur place. Et c’est parti pour l’action ! Hélas pour ceux qui auraient souhaité connaitre le dénouement, ce premier tome s’arrête en plein cœur de l’action, les forces spéciales françaises et l’aéronavale sur le porte-avions Charles de Gaulle s’apprêtant à intervenir pour mettre fin au coup d’État et libérer les soldats français prisonniers. Aucune nouvelle de la suite depuis 2011, il y a de fortes chances qu’elle n’arrive jamais ! S’il est de toute façon dommage qu’une série soit abandonnée, je ne la regretterais pas forcément beaucoup. Certes, il y a quelques points positifs. Comme une bonne reconstitution des règles d’engagement, du fonctionnement des opérations spéciales, et plus particulièrement des Rafale et de leur porte-avion. Les auteurs semblent d’ailleurs avoir bénéficié d’une bonne aide de l’Armée française. Et le lui rendent bien, parce qu’on est presque là dans une publication du Sirpa, tout à la gloire de la France et de sa glorieuse armée (en particulier l’aéronavale) ! Pas trop de regard critique ni de nuance… Le dessin est très clair, précis (le matériel est très bien reconstitué), mais trop froid. C’est surtout le côté déjà-vu de l’intrigue, l’absence de fond psychologique des personnages ou de profondeur d’intrigue (peu d'infos sur le coup d’État, aucune sur les mercenaires le mettant en œuvre), qui m’ont gêné (en plus de l’aspect promotionnel pour l’armée). Bref, ça se laisse lire, mais c’est sans âme je trouve, et en plus sans fin. Donc, à part les inconditionnels de l’aviation de guerre moderne, ou les thuriféraires de l’armée française, cette histoire incomplète (même si on se doute de la façon dont ça se serait terminé) me parait assez dispensable.
Les Collègues
Ouais, ben comme Ro, je n’ai vraiment pas été convaincu par cet album, qui est sensé nous faire rire à partir du quotidien d’un type et de ses relations avec ses collègues, dans les bureaux d’une entreprise lambda. Je suis pourtant amateur de strips d'humour noir et décalé, mais là, je n'y ai pas trouvé mon compte. Le dessin est minimaliste et moche, mais ce n’est pas important dans ce genre de recueil de strips gags. Par contre, il faut que l’humour soit au rendez-vous. Et c’est là que le bât blesse ! En effet, cela manque singulièrement de percussion, d’originalité. Et les quelques idées marrantes sont noyées dans un ensemble qui lui l’est beaucoup moins. Comme Ro j’ai trouvé les gags autour du PSG les moins réussis, souvent navrants ou sans intérêt. Bref, on a là une énième série sur « les métiers », qui avance donc sur un terrain déjà pas mal balisé, sans apporter suffisamment de nouveauté ou d’humour trash, noir ou décalé pour renouveler le genre, usé jusqu'à la corde. Je me demande ce que La Boite à Bulles est venue faire dans cette galère !
Raven
Le dessin est toujours aussi spectaculaire. Le découpage dynamique. De ce côté là, rien à redire. Le problème avec Mathieu Lauffray, c'est qu'un grand talent (graphique) implique de grandes responsabilités (scénaristiques) afin de mener sa barque à bon port. La présente bd nous arrive après un excellent Long John Silver qui lui fait clairement de l'ombre. On reprend une louche (de piraterie) et on ressert la même soupe... Mais ça manque d'épices... On ne voit pas de grand intérêt dans cet album d' introduction. Le héros, me semble-t-il, tente de lorgner légèrement du côté d'un Jack Sparrow (du côté héros gaffeur) mais, pour moi, c'est là où le bât blesse. Il est plus con que héros et n'a pas le charisme du grand Jack... ou de Long John. Les personnages me font penser à d'autres créations de Lauffray, toujours en moins savoureux. En conclusion, je dirais que M. Laufrray est un excellent dessinateur qui sait faire rêver. Il a su nous prouver ses talents de co-scénariste sur d'autres aventures... Mais on sent que seul, il peine à arriver au niveau de ses précédentes productions.
Les Collègues
Les Collègues s'apparente à une série comme Dilbert, mais avec un humour nettement plus convenu et aussi trop centré sur le milieu parisien. Ce sont des strips mettant en scène une poignée de salariés et leur patron dans une petite boite de pub. C'est l'occasion de se moquer des relations entre collègues ou encore entre chef et employés. Le dessin est assez basique, peu avenant. Les gags sont moyens (voire parfois mauvais quand ils se focalisent sur le foot et le PSG), souvent répétitifs, et surtout les personnages ne sont pas attachants du tout. J'ai lu cette série dans une réelle indifférence, alors qu'à l'inverse je pouvais trouver très drôles des idées percutantes dans Dilbert. Ici, c'est un humour grinçant téléphoné et sans surprise.
Les Gens honnêtes
Difficile de donner une note à la lecture de cette série. Pourquoi ? Je ne dirais pas que c'était déplaisant à lire, donc ce serait sévère de mettre moins que la moyenne.... mais de l'autre coté cette histoire est tellement classique, ordinaire, presque un peu banale : elle suit son fil conducteur sans surprise pendant 4 tomes que c'est dur de lui mettre plus que la moyenne. Bref. La vie de Philippe, quinquagénaire qui perd son boulot et sa femme, qui tombe dans la picole et qui se reconstruit peu à peu au grès des rencontres qu'il va faire. Nouvelle région, nouveaux amis, nouvelle relation amoureuse. Ça ressemble à une chronique du quotidien, comme on en a déjà trop lue. J'ai enchainé les 4 tomes, donc ça se lit bien. Mais honnêtement ça ne m'a pas fait rire, pas arraché de sourire, pas attristé, pas égayé. Au mieux j'ai été gentiment attendri par quelques situations, mais je n'en ressors pas avec une furieuse envie de profiter de la vie et de l'instant présent. C'est finalement ça qu'il me restera de cette lecture (que je vais oublier assez vite je pense) : une histoire ordinaire qui n'a pas ce petit twist qui permet à certains romans graphiques de sortir du lot.
Les Couloirs aériens
Je n'ai pas trop aimé cette œuvre un peu contemplative sur la crise de la cinquantaine comme si avoir cet âge signifiait la fin du monde. Il faut dire que le principal protagoniste censé avoir 50 ans mais qui en paraît 70 physiquement est franchement antipathique à souhait. Je n'ai jamais trop aimé ces bobos qui sautent sur tout ce qui bouge et qui mènent une vie de dandy même dans le fin fond du Jura. Certes, on pourrait s'apitoyer sur son sort car il vient de perdre ses parents âgés ainsi que son travail. Cependant, il existe des personnes qui perdent leurs parents dès le plus jeune âge sans pour autant sombrer dans la plus profonde des mélancolies. Pour le travail, c'est tout autre chose. On apprendra que pour faire la fête, il a détruit l'appartement de celui qui l'invitait pour son anniversaire tout en brisant le cœur de sa fille et provoquant la mort par suicide d'un être humain. Bref, je n'ai absolument pas compati et j'en suis fort désolé. Pour le reste, il n'y aura pas d'action, juste un point de vue assez subjectif auquel je n'ai pas trop adhéré en raison de valeurs fort différentes. Une bd sans doute trop nombriliste et pas franchement enthousiasmante.
Le Roi des Mouches
J'ai lu avec beaucoup de difficulté ces petits récits dans l'Echo des Savanes lors de leur prépublication entre 2002 et 2003 sous le titre de Chiens écrasés ; j'avoue que ça correspond bien aux personnages de ces histoires qui constituent le tome 1 de cette série, parce qu'ils sont bizarres, coincés, tarés, dépressifs, sous neuroleptiques et totalement paumés dans une banlieue sinistre qui ressemble à des lieux américains, mais je crois pas qu'il y ait un nom, ou alors j'ai oublié tellement c'est bizarre, y'a vraiment tout ce qui faut pour que ça dérape, et d'ailleurs c'est un peu ce qui ce passe. En fait, il ne se passe rien : les personnages sont constamment dans des sortes d'errances au bout desquelles il n'y a rien sinon de vilaines farces, des regards hagards, des délires psychotiques, de la violence, de la dépravation, du sexe dépersonnalisé et sans passion, les gens picolent, se shootent, baisent ou se bagarrent en s'emmerdant comme des rats morts, le contexte est totalement désespérant, pessimiste, délétère, l'humour est quasiment absent, et la narration est très spéciale, c'est une chronique sociale qui traite de sujets épineux et démoralisants. Pirus casse le mode de la narration traditionnelle, l'ensemble est scindé en récits courts de quelques pages mais qui se recoupent, il n'y a pas de bulles de personnages, c'est à 98% du récitatif intérieur en voix off, surtout de la part d'Eric le principal protagoniste, mais aussi d'autres personnages, le ton est très bavard même si les textes sont ciselés, bref faut s'accrocher pour pas se faire larguer, heureusement dans un sens que c'est découpé en chapitres, sinon je crois que j'aurais laissé tomber, mais je voulais aller au bout pour voir jusqu'où ces mecs poussent le délire, car les auteurs se livrent à une véritable étude sociologique sur un microcosme d'individus en faisant du David Lynch encore plus déjanté que l'original, tout ça pour raconter des histoires de gens complètement à la ramasse et qui s'emmerdent. Au cinéma, chez Lynch, ça passe mieux pour moi parce qu'il y a l'image en mouvement, le charisme des acteurs, la musique souvent envoûtante, et les personnages ne sont pas statiques, encore qu'avec Blue Velvet, j'ai eu du mal, mais Lost Highway ou Mulholland Drive, j'aime. En BD, c'est différent, j'ai l'impression d'être face à un mur, et dans le cas présent, je me suis retrouvé dans les profondeurs abyssales de l'incompréhension, je n'avais aucune clé ni aucun code pour déchiffrer cette oeuvre, et quand je ne rentre pas dans une histoire, je n'ai aucun plaisir de lecture, donc je m'ennuie atrocement. Pourtant, je ne crois pas être trop con, je suis assez instruit, cultivé et ouvert, mais là, j'avoue que j'étais plutôt largué et pas du tout en phase avec ces délires, pour moi tout ceci ne mène à rien, et je crois que les auteurs feraient d'excellents sujets en réjouissant un psy en mal de clients. Le contenu et l'ambiance semblent donc très étranges et je conçois que ça puisse plaire quelque part, car les trucs qui ne veulent rien dire sont souvent fascinants, pour des raisons que j'ignore, mais là j'ai beaucoup de mal à accrocher, c'est pas une lecture facile, c'est étouffant, glauque, très zarb, dérangeant, trash, morbide et fatigant à lire, les auteurs décrivent des rapports sociaux ou amoureux ternes et des personnages usés par leur médiocrité, mais bon j'aurais essayé... Un mot sur le graphisme : c'est incroyable comme le dessin de Mezzo ressemble à celui de Charles Burns, ça m'a tout de suite frappé, c'est un même style de dessin statique à la précision chirurgicale, avec des colorisations très proches aussi de Burns, qui donnent un style underground américain, on est loin d'un dessin franco-belge classique. C'est justement grâce à ce dessin que j'apprécie, que j'ai réussi à tenir sur cette lecture, sinon je crois que j'aurais vite balancé le tout, et ça justifie mon 2/5. Ainsi, non seulement le fond mais aussi la forme ramènent à Burns, l'influence est nette, et même à Daniel Clowes, 2 auteurs qui évidemment sont intéressants mais qui ne m'attirent pas par leurs sujets traités, toujours tortueux et malsains.