Les Couloirs aériens

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Cette année, Yvan a eu 50 ans. Plus jeune, il s’est souvent demandé ce qu’il serait à cet âge-là. Eh bien voilà, il y est.


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Cette année, il a perdu son boulot, sa mère, son père. Sa femme, Florence, bosse beaucoup, prend souvent l’avion et vit dans les décalages horaires. « Il y a de la distance et de l’attachement », dit Yvan. Et les enfants ont quitté le nid, normal. Alors, forcément, Yvan est un peu paumé. Il a quitté l’appartement parisien, et s’est réfugié dans le Jura, chez ses amis Thierry et Sandra. Avec ses fringues, ses bouquins, et autres objets divers. Toute une vie, ou presque, dans quelques cartons. Dans la neige, sous le ciel froid et bleu, Yvan marche, respire, semble revivre.

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Photographe
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 23 Octobre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Couloirs aériens
Les notes (1)
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18/11/2019 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

10 ans après Lulu Femme Nue, qui traitait de la crise de la quarantaine au travers du destin d’une femme, Etienne Davodeau s’attaque avec ces Couloirs aériens à la crise… de la cinquantaine. Petite différence ici : il ne s’y attaque pas seul puisque cet album est l’œuvre de trois têtes pensantes (Etienne Davodeau, Joub et Christophe Hermenier), chacune ayant un double rôle (outre leurs rôles de scénaristes, Etienne Davodeau en est également le dessinateur, Joub le coloriste et Christophe Hermenier le photographe). Autre différence, de taille celle-ci : le personnage central est un homme. Et on sent de suite que le caractère autobiographique de ce récit est bien plus présent que sur Lulu femme nue. La préface nous révèle d’ailleurs quelques détails sur ce sujet et sur la genèse du projet. Et alors que la crise de la quarantaine s’apparentait à une fuite en avant, la crise de la cinquantaine telle que racontée par les trois acolytes se présente bien plus comme un regard tourné vers le passé et une perte de vision d’avenir… Wouhouuuu, rions ensemble ! Ça tombe bien, je vais justement avoir sous peu mes 50 balais et donc ce récit me parle énormément. Les interrogations, les états d’âme, le spleen du personnage central trouvent un réel écho dans mon propre vécu et mes questionnements actuels. Je me rends compte à cette occasion que si j’accroche aussi souvent aux œuvres de Davodeau, c’est très certainement en partie dû au fait que nous avons plus ou moins le même âge et que ses sujets de livres tombent donc souvent à point nommé dans mon parcours de vie. Soyons clairs : j’ai dévoré ce bouquin, y retrouvant l’humanité et le sens de la dérision dont sont coutumiers Etienne Davodeau mais aussi Joub. J’ai également beaucoup apprécié cette insertion de planches entières de photographies d’objets désuets du quotidien (le personnage central photographie tout ce qu’il trouve dans les caisses provenant de la maison de ses parents décédés). Il y a dans ces planches tout le poids du temps qui passe et tout le caractère dérisoire de l’existence. Cette accumulation d’objets hétéroclites… c’est à la fois dur, ironique, triste, drôle et touchant. En fait, ça résume assez bien l’ensemble du bouquin, dans lequel des passages amusants succèdent à des interrogations plus graves. J’ai beaucoup apprécié ce personnage central finalement assez complexe et j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de justesse dans cette analyse de caractère… mais sans que ça devienne lourd, la dérision n’est jamais loin pour venir alléger les passages qui auraient pu verser dans un pathos trop insistant. Cependant, si cet album m’a beaucoup parlé, je crains qu’il n’en aille pas de même avec d’autres lecteurs, moins concernés par ce passage de nos existences. Du coup, si je trouve ces Couloirs aériens excellents, je n’en conseillerais pas la lecture à n’importe qui. Mais si vous approchez du demi siècle, si les récits du quotidien vous attirent, si le fait qu’il n’y ait pas de véritable intrigue à un récit ne vous dérange pas… si vous êtes prêts à lire l’histoire banale d’un gars banal à un instant finalement banal de son existence (mais racontée avec un talent peu banal), et bien je vous invite à emprunter ces Couloirs aériens.

18/11/2019 (modifier)