On est là dans un humour plus ou moins noir (c'est le cas des strips qui alternent avec les histoires un plus longues, qui elles jouent davantage sur un humour potache), qui use de la parodie.
Les enquêtes en question sont menées par deux personnages peu futés, inspirés du duo Holmes/Watson, dans une Angleterre de la fin du XIXème siècle. C'est parfois amusant (quelques répliques un peu cons), mais j'ai trouvé l'ensemble décevant, pas assez caustique, dans un genre et un thème pas mal rebattu.
Quant au dessin, c'est proche du Rochette de "Panique à Londres", une ligne claire au trait grossier.
Je reste clairement sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Le chef n'a malheureusement pas réussi à associer les ingrédients prometteurs à sa disposition pour sortir un plat inoubliable.
Pourtant beaucoup d'éléments appétissants nous sont proposés : un monde glacé post-apocalyptique, un héros primitif qui ne demande qu'à évoluer, un lien familial lourd avec la soeur qui mérite d'être analysé, un ordre secret d'assassins dont les motivations sont à découvrir, une lutte de pouvoir au sein d'une multinationale toute puissante, un enjeu géopolitique dans les steppes glacées de la Russie… On ne demande qu'à être transporté dans cet univers.
Malheureusement, l'histoire n'est pas à la hauteur des promesses : même si ses envolées au violon veulent lui conférer une forme de sensibilité, le héros privilégiera toujours le coup de poing à la subtilité ; on n'en sait pas plus des assassins, la principale protagoniste est abandonnée à son sort au tome 5 ; la campagne de Russie finit trop brutalement… Puis des épisodes en one-shot à partir du tome 4, qui enterrent toute possibilité de donner une continuité à cet univers. Pire, un tome 6 qui n'apporte absolument rien et qui s'éloigne des codes des tomes précédents.
Le plus agaçant restant pour moi l'évolution de la sœur. Tantôt dans le mépris son frère pour l'image de ses origines qu'il lui renvoie, puis amoureuse d'un aspirant tsar, auteur à succès le lendemain… Une évolution sans logique apparente. Les blessures profondes de son enfance fournissaient pourtant une belle matière.
Peut-être que j'en demande trop, mais ma déception est à la hauteur du potentiel entrevu. Cet univers avait bien plus à offrir.
Je n’ai lu que l’album « In Vitro », paru chez Hoëbeke en 1987. C’est une sorte d’ovni, un gros délire de l’auteur, qui ne visait sans doute pas là à rallier le grand public !
Les 14 histoires qui composent ce recueil sont totalement foutraques, et parfois même absconses, que ce soit pour les titres, les dialogues ou les intrigues – ou ce qui en tient lieu.
C’est du fantastique SF, qui joue surtout sur des ambiances punks, presque tout se déroulant dans des décors ressemblant à des friches industrielles, avec des assemblages géométriques brinquebalants, une forte présence d’écrous (et des personnages hybrides, mi-homme mi-métal – vis ou boulons).
Si j’ai eu du mal à accrocher aux histoires proprement dites (l’essentiel m’a échappé), j’ai trouvé bien plus intéressants les décors, le côté « créatures hybrides », au rendu un peu gore ou freaks, qui ne dépareilleraient pas dans un numéro du Dernier Cri ou dans certains travaux de Stéphane Blanquet.
Note réelle 2,5/5.
Une autre bd d'Hausman que j'ai lu après Laiyna.
Le dessin est fort heureusement meilleur ici en ce qui concerne les humains...car ces derniers sont omniprésents.
Graphiquement, c'est pas mal du tout et le style d'Hausman est plutôt agréable.
Le souci c'est que le scénario est très décousu...le déroulement de l'histoire a un rythme étrange et alterne les passages où tant de choses se passent qu'elles sont résumées en quelques cases et d'autres où on suit l'errance de certains personnages.
L'ensemble ne parvient pas à convaincre ou à faire ressentir d'empathie pour les personnages.
Et le choix de faire parler ces personnages en un galimatias pseudo préhistorique rend même la lecture pénible.
Bref, seul le dessin sauve cette bd du 1.
Je n'ai moi non plus pas été emballé par cette bd.
Le dessin n'est pas désagréable mais les humains sont effectivement représentés d'une façon qui ne me plaît pas du tout.
Et puis c'est assez irrégulier, je trouve.
Le scénario est convenu et ne présente pas de surprise et de ce fait, allié à un dessin qui peine à convaincre, l'aventure n'est pas très plaisante à parcourir.
Il y avait pourtant matière car le dessin se révèle très adapté au conte fantastique et même plaisant lorsque l'on a affaire à des créatures autres que l'héroïne (qui est malheureusement la pire de la bd au niveau design, un comble) mais ici, cela ne fonctionne pas.
Skip est un conte délirant et absurde dans lequel nous allons suivre un duo composé d’un enfant et d’une étrange créature dans une aventure oscillant constamment entre rêve et cauchemar. L’intérêt du récit se situe principalement dans l’univers fantasmagorique qu’il illustre, et par corolaire dans le style graphique et dans la mise en page de Molly Mendoza.
Si vous aimez les récits de Fred (« Philémon », par exemple), je pense que cet album peut franchement vous plaire. Si par contre, vous êtes comme moi assez hermétiques à ce genre de délire coloré, je crains que vous restiez quelque peu en dehors du récit.
Pour l’anecdote, c’est la première bande dessinée entièrement rédigée en écriture inclusive que je lis… Et à force, j’ai trouvé ça fatiguant et peu confortable. En soi, je n’ai rien contre l’écriture inclusive mais elle reste quand même très lourde à lire et je ne vois pas l’intérêt de l’utiliser dans le cas présent. C'est d'autant plus étrange qu'il s'agit d'une oeuvre traduite de l'Anglais (américain) et je ne pense pas que le débat sur l'écriture inclusive ait cours aux USA.
Comme tout conte, les héros vont traverser des rites de passage en écho avec leurs situations personnelles, qui doivent leur permettre d’évoluer tout en enseignant un peu de sagesse au lecteur. Malheureusement, comme je suis resté très en dehors du récit, ses aspects symboliques me sont souvent passés loin au-dessus de la tête et du coup, je ne sais trop quoi retenir de cette histoire (sinon, ses explosions colorées).
Bof, donc pour moi mais cette appréciation peu enthousiaste traduit surtout le fait que je n'aime pas ce genre de récit et non que ce récit est bien ou pas bien réalisé dans son genre.
Je suis très partagé sur ce recueil de gags. J’aime bien James et son humour mais, pour deux raisons principalement, cet album ne m’a pas souvent fait sourire (et jamais fait rire).
Première raison, il s’agit de la compilation de gags parus auparavant dans une revue économique française. Des gags qui, par conséquent, collent avec l’actualité économique et politique française. Or, je ne suis pas Français et soit je n’ai pas connaissance de certaines lois, soit je me fiche un peu de ce que les autorités françaises ont pondu à tel moment de l’année 2019 ou 2020. Malheureusement, sortis de leur contexte, ces gags ne sont que rarement universels et par conséquent le temps passé depuis l’écriture du gag et l’éloignement géographique privent celui-ci d’une bonne part de sa force d’impact.
Deuxième raison : le monde de l’entreprise très bureaucratique qui sert de cadre à ces gags m’est relativement inconnu. Je n’ai donc pas d’accroche naturelle, pas de gags qui me rappellent mon quotidien, et je regarde donc ces personnages avec très peu d’empathie (en règle générale, je les trouve juste cons).
Par ailleurs, le titre est trompeur volontairement pour le rendre vendeur. En réalité, l’ordre logique aurait dû être « autres contrariétés, télétravail et pandémie » dans cet ordre-là puisqu’il n’est pas question de pandémie sur les 100 premières planches et qu’ensuite la majeure partie des gags va surtout parler des conséquences du télétravail.
Au final, il me reste quelques gags aux thèmes plus universels ou du moins qui me parlent plus mais je n’ai pas dû réellement rire une seule fois à cette lecture. Bof, donc, mais le talent de James n’est en rien responsable de cette faible appréciation. Cet album n’était juste pas fait pour moi.
Album petit format au pitch loufoque et prometteur, Banquiz nous emmène en Antarctique sur fond de réchauffement climatique. On rentre immédiatement dans le vif du sujet avec des manchots qui sirotent un apéro dans leur transat et qui se plaignent qu'ils n'y a plus de glaçons... Du coup ils en commandent sur Aglazon se souciant peu du bilan carbone catastrophique que cela va engendrer. Toute inspiration avec un comportement humain bien dans l'ère du temps ne serait que fortuite, évidemment. Une première touche d'humour rigolote qui laisse espérer un album bien marrant.
D'autant que le récit se poursuit avec une belle brochette de personnages, de la fervente écolo au couple de télé-réalité, qui s'apprête à partir en mission sur la banquise. Hélas leurs aventures ne seront pas tout à fait à la hauteur. On met du temps à rentrer dans le vif du récit, la préparation de cette opération s'éternise un peu trop. Les clichés sont parfois un peu trop appuyés et au final l'album est inégal. Le décalage entre la climatologue en panique et les manchots moyennement concernés n'amène que peu de situations amusantes au final.
Le message de fond sur les travers de notre société et la catastrophe climatique qui nous attend se ressent plutôt bien, mais l'humour ne fonctionne pas toujours. Le dessin est agréable, en tout cas il correspond bien au ton léger de cet album. Les premières pages s'ouvraient de manière marrante, ce qui laissait espérer un album globalement plus rigolo.
Malgré ses défauts, cet album possède quelques qualités – hélas mal ou pas exploitées. Mais c’est vraiment dommage.
En fait, ce que je retiens essentiellement, c’est le côté inabouti de cette histoire, qui mêle trucs intéressants et passages obscurs et sans trop d’intérêt. Ma remarque est valable pour le dessin comme pour l’intrigue.
Le dessin de Wozniak n’est pas extraordinaire, et surtout très inégal. Pour la forme (on passe du précis au brouillon d’une planche à l’autre), mais aussi pour le fond. En effet, si les décors sont souvent anodins, et si les personnages et leur visage en particulier ne sont pas très attirants, je trouve originale et intéressante la forme du visage de Kovalsky (qui ressemble à celui d’un mannequin de bois), mais aussi le design de certains véhicules.
L’intrigue quant à elle est aussi inégale et peu claire. Les différents chapitres s’enchainent sans que les liens ne soient très clairs (j’ai un temps cru à des histoires séparées, mais en fait non). C’est dans une ambiance post-apocalypse SF (cet aspect est mal exploité), mais pour le reste, c’est souvent verbeux, peu dynamique, et scénario et dialogues auraient mérité d’être retravaillés.
Bref, c’est un album oublié – peu courant de toute façon – et qui va sans doute le rester.
Alors là, je dois dire que je suis vraiment déçu.
"Tout ça pour ça..." c'est ce que je me suis dit en refermant ce manga.
Autant Quartier Lointain provoquait la réflexion et des flots d'émotions différentes, autant ici je me suis fermement ennuyé. Le "héros" ne semble capable que de dire Humm et s'apitoyer sur son sort et éprouver des regrets dus à son comportement égoïste voire carrément psychopathe (l'absence totale d'émotions qu'il semble montrer à certains moments, notamment la mort de son chien va dans ce sens).
Et du coup, impossible pour moi d'entrer dans ce récit. Je ne peux pas blairer le personnage principal qui est effectivement, comme le dit son oncle, un imbécile. Une vraie tête à claques qui a causé beaucoup de malheur à l'ensemble de sa famille en n'en faisant qu'à sa tête. Mais même en cela, on ne ressent pas grand chose car il le prend de façon personnelle, il éprouve des regrets mais ne semble pour autant pas se remettre en question. Bref, c'est totalement raté car ce personnage est inintéressant.
Pour le reste, Taniguchi est fidèle à lui même, le dessin et bon et si vous avez déjà lu une autre de ses oeuvres, vous savez à quoi vous attendre.
Mais lisez plutôt Quartier Lointain, c'est nettement mieux ficelé, amène à des réflexions intelligentes sur la vie et le bonheur et surtout, il y a un réel suspens, contrairement à ce "journal de mon père".
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Major Burns
On est là dans un humour plus ou moins noir (c'est le cas des strips qui alternent avec les histoires un plus longues, qui elles jouent davantage sur un humour potache), qui use de la parodie. Les enquêtes en question sont menées par deux personnages peu futés, inspirés du duo Holmes/Watson, dans une Angleterre de la fin du XIXème siècle. C'est parfois amusant (quelques répliques un peu cons), mais j'ai trouvé l'ensemble décevant, pas assez caustique, dans un genre et un thème pas mal rebattu. Quant au dessin, c'est proche du Rochette de "Panique à Londres", une ligne claire au trait grossier. Je reste clairement sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Gipsy
Le chef n'a malheureusement pas réussi à associer les ingrédients prometteurs à sa disposition pour sortir un plat inoubliable. Pourtant beaucoup d'éléments appétissants nous sont proposés : un monde glacé post-apocalyptique, un héros primitif qui ne demande qu'à évoluer, un lien familial lourd avec la soeur qui mérite d'être analysé, un ordre secret d'assassins dont les motivations sont à découvrir, une lutte de pouvoir au sein d'une multinationale toute puissante, un enjeu géopolitique dans les steppes glacées de la Russie… On ne demande qu'à être transporté dans cet univers. Malheureusement, l'histoire n'est pas à la hauteur des promesses : même si ses envolées au violon veulent lui conférer une forme de sensibilité, le héros privilégiera toujours le coup de poing à la subtilité ; on n'en sait pas plus des assassins, la principale protagoniste est abandonnée à son sort au tome 5 ; la campagne de Russie finit trop brutalement… Puis des épisodes en one-shot à partir du tome 4, qui enterrent toute possibilité de donner une continuité à cet univers. Pire, un tome 6 qui n'apporte absolument rien et qui s'éloigne des codes des tomes précédents. Le plus agaçant restant pour moi l'évolution de la sœur. Tantôt dans le mépris son frère pour l'image de ses origines qu'il lui renvoie, puis amoureuse d'un aspirant tsar, auteur à succès le lendemain… Une évolution sans logique apparente. Les blessures profondes de son enfance fournissaient pourtant une belle matière. Peut-être que j'en demande trop, mais ma déception est à la hauteur du potentiel entrevu. Cet univers avait bien plus à offrir.
Contrapunktiques (Tot / In Vitro)
Je n’ai lu que l’album « In Vitro », paru chez Hoëbeke en 1987. C’est une sorte d’ovni, un gros délire de l’auteur, qui ne visait sans doute pas là à rallier le grand public ! Les 14 histoires qui composent ce recueil sont totalement foutraques, et parfois même absconses, que ce soit pour les titres, les dialogues ou les intrigues – ou ce qui en tient lieu. C’est du fantastique SF, qui joue surtout sur des ambiances punks, presque tout se déroulant dans des décors ressemblant à des friches industrielles, avec des assemblages géométriques brinquebalants, une forte présence d’écrous (et des personnages hybrides, mi-homme mi-métal – vis ou boulons). Si j’ai eu du mal à accrocher aux histoires proprement dites (l’essentiel m’a échappé), j’ai trouvé bien plus intéressants les décors, le côté « créatures hybrides », au rendu un peu gore ou freaks, qui ne dépareilleraient pas dans un numéro du Dernier Cri ou dans certains travaux de Stéphane Blanquet. Note réelle 2,5/5.
Les Chasseurs de l'aube
Une autre bd d'Hausman que j'ai lu après Laiyna. Le dessin est fort heureusement meilleur ici en ce qui concerne les humains...car ces derniers sont omniprésents. Graphiquement, c'est pas mal du tout et le style d'Hausman est plutôt agréable. Le souci c'est que le scénario est très décousu...le déroulement de l'histoire a un rythme étrange et alterne les passages où tant de choses se passent qu'elles sont résumées en quelques cases et d'autres où on suit l'errance de certains personnages. L'ensemble ne parvient pas à convaincre ou à faire ressentir d'empathie pour les personnages. Et le choix de faire parler ces personnages en un galimatias pseudo préhistorique rend même la lecture pénible. Bref, seul le dessin sauve cette bd du 1.
Laïyna
Je n'ai moi non plus pas été emballé par cette bd. Le dessin n'est pas désagréable mais les humains sont effectivement représentés d'une façon qui ne me plaît pas du tout. Et puis c'est assez irrégulier, je trouve. Le scénario est convenu et ne présente pas de surprise et de ce fait, allié à un dessin qui peine à convaincre, l'aventure n'est pas très plaisante à parcourir. Il y avait pourtant matière car le dessin se révèle très adapté au conte fantastique et même plaisant lorsque l'on a affaire à des créatures autres que l'héroïne (qui est malheureusement la pire de la bd au niveau design, un comble) mais ici, cela ne fonctionne pas.
Skip
Skip est un conte délirant et absurde dans lequel nous allons suivre un duo composé d’un enfant et d’une étrange créature dans une aventure oscillant constamment entre rêve et cauchemar. L’intérêt du récit se situe principalement dans l’univers fantasmagorique qu’il illustre, et par corolaire dans le style graphique et dans la mise en page de Molly Mendoza. Si vous aimez les récits de Fred (« Philémon », par exemple), je pense que cet album peut franchement vous plaire. Si par contre, vous êtes comme moi assez hermétiques à ce genre de délire coloré, je crains que vous restiez quelque peu en dehors du récit. Pour l’anecdote, c’est la première bande dessinée entièrement rédigée en écriture inclusive que je lis… Et à force, j’ai trouvé ça fatiguant et peu confortable. En soi, je n’ai rien contre l’écriture inclusive mais elle reste quand même très lourde à lire et je ne vois pas l’intérêt de l’utiliser dans le cas présent. C'est d'autant plus étrange qu'il s'agit d'une oeuvre traduite de l'Anglais (américain) et je ne pense pas que le débat sur l'écriture inclusive ait cours aux USA. Comme tout conte, les héros vont traverser des rites de passage en écho avec leurs situations personnelles, qui doivent leur permettre d’évoluer tout en enseignant un peu de sagesse au lecteur. Malheureusement, comme je suis resté très en dehors du récit, ses aspects symboliques me sont souvent passés loin au-dessus de la tête et du coup, je ne sais trop quoi retenir de cette histoire (sinon, ses explosions colorées). Bof, donc pour moi mais cette appréciation peu enthousiaste traduit surtout le fait que je n'aime pas ce genre de récit et non que ce récit est bien ou pas bien réalisé dans son genre.
Open space, pandémie, télétravail et autres contrariétés
Je suis très partagé sur ce recueil de gags. J’aime bien James et son humour mais, pour deux raisons principalement, cet album ne m’a pas souvent fait sourire (et jamais fait rire). Première raison, il s’agit de la compilation de gags parus auparavant dans une revue économique française. Des gags qui, par conséquent, collent avec l’actualité économique et politique française. Or, je ne suis pas Français et soit je n’ai pas connaissance de certaines lois, soit je me fiche un peu de ce que les autorités françaises ont pondu à tel moment de l’année 2019 ou 2020. Malheureusement, sortis de leur contexte, ces gags ne sont que rarement universels et par conséquent le temps passé depuis l’écriture du gag et l’éloignement géographique privent celui-ci d’une bonne part de sa force d’impact. Deuxième raison : le monde de l’entreprise très bureaucratique qui sert de cadre à ces gags m’est relativement inconnu. Je n’ai donc pas d’accroche naturelle, pas de gags qui me rappellent mon quotidien, et je regarde donc ces personnages avec très peu d’empathie (en règle générale, je les trouve juste cons). Par ailleurs, le titre est trompeur volontairement pour le rendre vendeur. En réalité, l’ordre logique aurait dû être « autres contrariétés, télétravail et pandémie » dans cet ordre-là puisqu’il n’est pas question de pandémie sur les 100 premières planches et qu’ensuite la majeure partie des gags va surtout parler des conséquences du télétravail. Au final, il me reste quelques gags aux thèmes plus universels ou du moins qui me parlent plus mais je n’ai pas dû réellement rire une seule fois à cette lecture. Bof, donc, mais le talent de James n’est en rien responsable de cette faible appréciation. Cet album n’était juste pas fait pour moi.
Banquiz
Album petit format au pitch loufoque et prometteur, Banquiz nous emmène en Antarctique sur fond de réchauffement climatique. On rentre immédiatement dans le vif du sujet avec des manchots qui sirotent un apéro dans leur transat et qui se plaignent qu'ils n'y a plus de glaçons... Du coup ils en commandent sur Aglazon se souciant peu du bilan carbone catastrophique que cela va engendrer. Toute inspiration avec un comportement humain bien dans l'ère du temps ne serait que fortuite, évidemment. Une première touche d'humour rigolote qui laisse espérer un album bien marrant. D'autant que le récit se poursuit avec une belle brochette de personnages, de la fervente écolo au couple de télé-réalité, qui s'apprête à partir en mission sur la banquise. Hélas leurs aventures ne seront pas tout à fait à la hauteur. On met du temps à rentrer dans le vif du récit, la préparation de cette opération s'éternise un peu trop. Les clichés sont parfois un peu trop appuyés et au final l'album est inégal. Le décalage entre la climatologue en panique et les manchots moyennement concernés n'amène que peu de situations amusantes au final. Le message de fond sur les travers de notre société et la catastrophe climatique qui nous attend se ressent plutôt bien, mais l'humour ne fonctionne pas toujours. Le dessin est agréable, en tout cas il correspond bien au ton léger de cet album. Les premières pages s'ouvraient de manière marrante, ce qui laissait espérer un album globalement plus rigolo.
Hypster Kovalsky
Malgré ses défauts, cet album possède quelques qualités – hélas mal ou pas exploitées. Mais c’est vraiment dommage. En fait, ce que je retiens essentiellement, c’est le côté inabouti de cette histoire, qui mêle trucs intéressants et passages obscurs et sans trop d’intérêt. Ma remarque est valable pour le dessin comme pour l’intrigue. Le dessin de Wozniak n’est pas extraordinaire, et surtout très inégal. Pour la forme (on passe du précis au brouillon d’une planche à l’autre), mais aussi pour le fond. En effet, si les décors sont souvent anodins, et si les personnages et leur visage en particulier ne sont pas très attirants, je trouve originale et intéressante la forme du visage de Kovalsky (qui ressemble à celui d’un mannequin de bois), mais aussi le design de certains véhicules. L’intrigue quant à elle est aussi inégale et peu claire. Les différents chapitres s’enchainent sans que les liens ne soient très clairs (j’ai un temps cru à des histoires séparées, mais en fait non). C’est dans une ambiance post-apocalypse SF (cet aspect est mal exploité), mais pour le reste, c’est souvent verbeux, peu dynamique, et scénario et dialogues auraient mérité d’être retravaillés. Bref, c’est un album oublié – peu courant de toute façon – et qui va sans doute le rester.
Le Journal de mon père
Alors là, je dois dire que je suis vraiment déçu. "Tout ça pour ça..." c'est ce que je me suis dit en refermant ce manga. Autant Quartier Lointain provoquait la réflexion et des flots d'émotions différentes, autant ici je me suis fermement ennuyé. Le "héros" ne semble capable que de dire Humm et s'apitoyer sur son sort et éprouver des regrets dus à son comportement égoïste voire carrément psychopathe (l'absence totale d'émotions qu'il semble montrer à certains moments, notamment la mort de son chien va dans ce sens). Et du coup, impossible pour moi d'entrer dans ce récit. Je ne peux pas blairer le personnage principal qui est effectivement, comme le dit son oncle, un imbécile. Une vraie tête à claques qui a causé beaucoup de malheur à l'ensemble de sa famille en n'en faisant qu'à sa tête. Mais même en cela, on ne ressent pas grand chose car il le prend de façon personnelle, il éprouve des regrets mais ne semble pour autant pas se remettre en question. Bref, c'est totalement raté car ce personnage est inintéressant. Pour le reste, Taniguchi est fidèle à lui même, le dessin et bon et si vous avez déjà lu une autre de ses oeuvres, vous savez à quoi vous attendre. Mais lisez plutôt Quartier Lointain, c'est nettement mieux ficelé, amène à des réflexions intelligentes sur la vie et le bonheur et surtout, il y a un réel suspens, contrairement à ce "journal de mon père".