Voici un album qui partait d'un excellent sentiment mais qui à mon avis rate sa cible. Cosey nous emmène en Afrique loin de son Asie de prédilection.
Ce Burkina paisible admirablement illustré par les jaunes de Cosey, c'est vraiment agréable.
Je ne connais pas Ouaga mais je suis un peu étonné de cette atmosphère de ville de province calme et sereine. Toutes les capitales africaines que je connais sont des fourmilières vibrantes de vie et de jeunesse.
C'est un détail. Ce qui m'ennuie un peu plus est le scénario. La balade de Zélie pour retrouver sa copine Aminata n'est qu'un prétexte pour nous exposer le travail de Fred coopérant suisse mandaté par l'O.N.U il me semble.
J'ai plusieurs observations à faire. Ce cadre bride le scénario et heureusement qu'il y a les beaux contes africains pour rehausser les dialogues.
Ensuite c'est une vision de la coopération au développent à laquelle je n'adhère pas. Je la trouve très coûteuse et peu efficace. J'ai été comme Fred coopérant au Nigéria pendant deux ans.
J'avais 20 ans, ce fut très bien pour mon CV mais malgré toute ma bonne volonté j'ai un doute sur l'efficacité de ma présence. Bien plus tard, j'ai dirigé une assos dont l'une des actions était de soutenir des projets au Burkina.
Plutôt dans le sud, à Léo, Gaoua et bien sûr Ouaga. J'en retire la conviction que la première chose à faire est de former et trouver des relais autochtones fiables qui assureront la bonne marche des projets.
Les Africains sont des as de mécanique, d'ingéniosité et ils savent très bien construire des bâtiments sans la présence d'experts qui coutent une fortune. Avec le salaire d'un coopérant suisse on construit un collège ou un centre de soins par an.
Une visite par an d'un bénévole bien formé ne coute rien. On peut aussi recevoir nos interlocuteurs Burkinabé ce qui nous met sur un pied d'égalité. On débusque très vite les tricheurs et d'ailleurs la présence de Fred n'y fait rien puisqu'il se fait voler plein de choses.
Cet album m'a invité à partager mon retour d'expérience mais personne n'est obligé d'y adhérer.
L'autre avantage de travailler avec des habitants est qu'ils restent longtemps.
Je suis bien certain qu'il n'y a plus un seul coopérant Blanc dans la région de Dori au nord. Ils ont été remplacés par des soldats.
Cet album souffre d’un problème récurrent de la collection : l’aspect historique n’est que peu développé au bénéfice d’une dimension fictionnelle que j’ai trouvée de peu d’intérêt. Ici, nous avons droit à une sorte de retour du fils prodigue qui va reprendre en main, et sans réelle motivation, l’exploitation familiale.
Et alors que les aspects historiques et géographiques me semblaient aptes à nourrir ce récit, je sors de ma lecture en ayant l’impression de n’avoir rien appris alors même que le destin des personnages fictifs m’a laissé totalement indifférent. Ca se laisse lire, hein ! Corbeyran est un pro, la lecture est fluide. Goepfert ne nous offre pas ses planches les plus travaillées mais son trait reste agréable et son soucis de restituer des bâtiments d’époque fidèles à la réalité historique demeure un plus pour ce qui concerne l’aspect visuel. Mais je me suis quand même ennuyé.
Cet album peut être mis en lien direct avec celui consacré aux moines de Bourgogne (auxquels il est d’ailleurs explicitement fait référence). Alors que l’époque s’y prêtait, la grande peste n’est qu’abordée par la bande. Enfin, le personnage récurrent de la jeune femme rousse apparait ici encore sans rien apporter au récit.
Un album qui ne va pas me rester en mémoire bien longtemps, je pense…
J’ai lu 2 albums de la série : le premier, « Allegro Ford T » avec Tillieux au scénario, et « La Ford T récalcitrante », pour lequel Francis est seul à la baguette. Une découverte tardive me concernant, qui ne m’a pas convaincu d’aller plus loin en tout cas.
Le dessin de Francis est ce qui passe le mieux. On se retrouve en terrain connu, avec un style typique de ce qui se faisait chez Spirou à l’époque, du franco-belge à gros nez dynamique, classique donc sans être original. En tout cas un dessin efficace et agréable.
Ce sont les scénarios et les dialogues qui m’ont davantage laissé sur ma faim.
En effet, j’ai trouvé l’ensemble poussif, répétitif et manquant clairement de punch dans les gags.
En fait, une fois qu’on a compris que Lebut est un raseur, voire un gros con égoïste, et que son voisin Goular est son souffre-douleur et se trouve embarqué à son corps défendant dans les histoires de Lebut, on a tout vu, les personnages n’évoluent plus.
Pourquoi pas ? Mais si le canevas ne se renouvelle pas, il aurait alors fallu le dynamiser par des gags percutants, et là ce n’est pas le cas. N'est pas Franquin qui veut !
Pire, on peine à s’attacher aux personnages. Lebut se révèle rapidement insupportable, mais aussi transparent, sans réelle personnalité. Et Goular, personnage plus attachant et finalement mieux servi, plus fouillé, m’a aussi soulé par sa propension à accepter toutes les situations, la maltraitance de Lebut, sans réelle révolte.
Si Tillieux dans le tome 1 place quelques gags amusants, ils sont trop rares, et lorsque Francis est seul au scénario, rien ne m’a fait rire, ses nombreux jeux de mots, lourds et vieillots m’ont rapidement lassé, et j’ai peine à croire que l’album date de 1979 tant cet humour fait daté.
Pourtant grand amateur de l'auteur, c'est un gros bof une fois l'album achevé.
Il ne se passe rien et la lecture est très rapide, exercice de style pour une démonstration assez vaine.
Je suis vraiment déçu, je n'ai pas retrouvé le ton et l'absurdité distillés dans ses autres œuvres.
Je n'en retiens rien dans le fond et peu sur la forme.
Franchement à éviter pour ceux qui souhaitent découvrir cet auteur atypique.
Il y a des histoires où l'on sent que l'on reste sur le quai tandis que le train part, et c'est exactement la sensation que j'ai eu en voyant ce train-ci partir à toute vitesse.
Si j'aime bien l'humour absurde et perché, je dois aussi admettre que je ne suis pas forcément un bon public pour celui-ci, ayant mes grandes préférences et ayant également beaucoup de mal à rentrer dans certaines œuvres. Ici, allez savoir pourquoi, quelque chose m'a bloqué. Sans doute une interférence du dessin, bien qu'aimant le style de Frederik Peeters, avec l'humour. Ça fait trop froid, à mes yeux.
D'autre part, je suis resté très imperméable à l'histoire, bien que déjanté et avec de bonnes idées, comme si j'étais totalement en dehors du récit. Et malheureusement, la sauce n'a pris à aucun moment de ma lecture.
De fait, je ne déconseillerais pas la lecture de cette BD, mais je suis vraiment passé à côté. Il a parfois des BDs qui ne passent pas, celle-ci en est un exemple dans mon cas. C'est d'autant plus dommage que beaucoup de personnes semblent avoir aimé celle-ci, et je conseillerais de lire ces avis-là avant de savoir si la BD vous convient ou non.
Mouais .... Mouais, mouais, mouais !
Ce manga prend place dans le riche XVIe siècle, où l'influence de l'Eglise décline, le protestantisme nait (et l'anglicanisme aussi), les guerres de religion commencent en même temps que la découverte du Nouveau monde, et l'Inquisition apparait (avec beaucoup plus de fantasmes d'écriture que de réalité historique). Bref, un siècle riche, traversé par la Renaissance, le renouveau philosophique, artistique et littéraire ! Alléchant, comme proposition !
Et bien tout ce contexte historique, vous le prenez et le jetez totalement ! A part le premier tome, et un peu dans le dernier, tout le contexte est gentiment évincé de cette série pour déboucher sur une intrigue très mince et inintéressante. En fin de compte, j'ai principalement lu la série parce qu'on me l'a prêté, mais l'intérêt est tombé après le premier tome, et j'ai du me forcer pour finir. Même si je reconnais que le dernier tome est légèrement plus intéressant.
Le gros hic, c'est que les promesses du premier tome ne sont pas du tout tenu, outre les approximations historiques nombreuses (sans parler des anachronismes sur les questions de connaissances), et surtout sur l'histoire en elle-même. Partant de cette jeune fille, Ella, qui cherche à venger sa mère tuée par l'Inquisition, l'histoire se déroule ensuite en huis-clos dans le monastère. Quelques rares incursions hors de celui-ci nous brosserons une intrigue très légère sur le pouvoir au Vatican, intrigue très peu intéressante et assez inutile au finale.
Ce que l'on va surtout suivre pendant quatre tomes, c'est les jeunes filles qui chassent dehors, s'entraident et évitent de se dévoiler. Sauf que ... Le récit prend de plus en plus de temps pour dévoiler les monologues intérieurs des personnages, façon manga, et de manière horripilante. Ella est bien vite considérée comme une femme forte, leader et inspirante pour ses compagnons, qui passent leur temps à en faire des caisses sur son compte.
J'avais bien vite compris qu'on voulait nous représenter Ella comme intelligente, compréhensive etc ... mais là, clairement, c'est trop. Et les autres personnages m'insupportent à faire leurs monologues explicatifs de leurs actions, toujours en se comparant à Ella dans des flashbacks qui rallongent inutilement la sauce. A mon avis, il y a là un aveu d'échec dans l'écriture lorsque les personnages doivent expliciter leurs motivations en permanence.
Bref, le manga traine la patte, s'attarde sur une intrigue faiblarde et que l'auteur accélère brutalement dans le dernier tome, pour enfin finir comme on s'y attendait, avec de nombreuses questions en suspens qui bloquent ma crédulité (comment elle a récupéré son œil ?). Et le tout dans des considérations qui auraient pu m'intéresser si seulement elles avaient été amenés avant et de manière plus crédible. Au final, je n'ai pas été intéressé par l'histoire, par les personnages et par le message. Ce n'est clairement pas une purge immonde, mais je suis très loin d'en conseiller la lecture.
Amateur de BD érotiques, j'achète des albums de Dany chez un bouquiniste transi de froid du square Georges Brassens à Paris.
J'avais lu sur le succès de Dany et sur son dessin. D'ailleurs 17 avis pour ce genre c'est beaucoup.
Pour moi il y a deux façons de lire ces ouvrages de Dany.
La première est d'accepter le parti pris du genre. Gauloiserie entre potes mâles après un repas bien arrosé. Là, force est de reconnaître que le dessin de Dany est superbe. Les pleines pages très chaudes ainsi que les couleurs me plaisent. Bonne surprise les textes des invités (surtout Tibet ou De Groot) intercalés entre les dessins peuvent se montrer de très bonnes qualités. La préface de Pierre Perret en est le meilleur exemple.
Je trouve certaines blagues vraiment drôles avec mention pour " Asile !..." à la façon "Rocky Horror Show" et une chute ... jouissive.
Mais il y a aussi une autre façon de lire. Même si les femmes de Dany sont à tomber raide, elles sont le prototype d'une marchandisation de l'image de la femme.
L'image des hommes n'est pas toujours très glorieuse mais in fine la femme finit toujours sur le dos ou à genoux.
Et puis il y a ce que je considère comme des dérapages.
Dans "Un Verre, ça Va..." Dany nous présente ce que je lis comme un viol collectif d'une femme en position vulnérable (circonstance aggravante). C'est présenté sur un ton jovial et rigolard qui est insupportable quand on pense que cette scène est arrivée réellement de nombreuses fois dans des soirées étudiantes notamment.
Dans la planche 98 "c'est pas toujours la plus grosse qui..." le texte de Dany et Quinten affuble une prostituée d'origine Africaine ou Antillaise du sobriquet nauséeux de ''Blanche-Neige''. Comment nommez-vous cela messieurs ?
Je pourrais ajouter l'apparition d'un nom comme "Frikstein" (planche "ça, c'est la meilleure !") tout aussi nauséeux.
L'album 3 " Vous n'avez pas honte ? " est très bien nommé.
Buffin (que je découvre ici, sans savoir s’il a publié autre chose) use dans cet album d’un trait hyper stylisé, une sorte de style atome exacerbé, parfois réduit à des esquisses. Pourquoi pas ? Mais ici le côté très froid du dessin, accentué par les tons passés de la colorisation, m’ont laissé de marbre, je n’ai pas accroché (d’autant que ce dessin, parfois simple, n’est pas exempt de défauts de proportions).
Quant aux histoires de Rodolphe, elles m’ont-elles-aussi déçu. Usant parfois d’un léger érotisme, la narration et les scénarios m’ont paru trop « légers ». Un peu de SF, de fantastique, un hommage à l’univers de Tintin, mais tout est saupoudré sans réellement donner corps à quelque chose de consistant, c’est évanescent.
Parues dans le magazine mensuel Chic, les 5 histoires constituant ce recueil passaient peut-être au milieu d’autres trucs, mais cela ne m’a pas passionné. A noter que si les premières histoires jouent sur l’image d’une femme fatale, mangeuse d’hommes – ce qui semble avoir été un thème central de cette revue, le reste est beaucoup plus divers.
"Heureux qui comme Eko a fait un beau voyage..." Que du Bellay me pardonne car la ressemblance avec Macedo s'arrête là.
En lisant l'aventure d'Ellais et de Eko j'ai eu l'impression de feuilleter un prospectus de voyage pour un public allemand. D'ailleurs le T-shirt d'Emil aurait pu être "Gute Zeiten- Reisen mit L.." (p13) avec le nom de la célèbre compagnie aérienne allemande.
En plus les deux héros sont les stéréotypes de stars de cinéma porno des années 80 où les jeunes allemandes prenaient des vacances très chaudes en Grèce. Dans cette première partie, nous nous trouvons dans la zone de confort de Macedo qui sait très bien dessiner les ébats érotiques.
La Grèce puisque Macedo semble puiser dans l'Odyssée d'Ulysse. Le voyage en bateau, les récifs (Scylla), la sorcière d'amour (Circée), la belle qui manque (Pénélope) sont présents en filigranes mais le mythe est détourné à la sauce mystico-philosophique indigeste.
Le voyage qui devient temporel autant que spatial finit par une pirouette pseudo humaniste de bonne volonté universelle.
La technique de l'aérographe utilisée me laisse insatisfait. Des personnages figés, une coloration très brillante cela convient assez bien à la nature exubérante mais moins aux visages et à la dynamique des corps.
Cela a beaucoup vieilli à mon goût.
Cela faisait longtemps que je voulais lire cette uchronie. Et si l'issue de la Seconde guerre mondiale en avait été autrement ? Tout cela est très alléchant. Mais déjà le dessin est vraiment moyen, malgré une colorisation que j'aime bien, et ne facilite pas la compréhension, notamment pour identifier les différents personnages. Mais alors vient se greffer là-dessus une histoire à la walking dead avec un virus et des zombies dans le métro. Des combats sur des pages et des pages, bam bam bam ratatat. Ca manque un peu de profondeur. Belle déception.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Zélie nord-sud
Voici un album qui partait d'un excellent sentiment mais qui à mon avis rate sa cible. Cosey nous emmène en Afrique loin de son Asie de prédilection. Ce Burkina paisible admirablement illustré par les jaunes de Cosey, c'est vraiment agréable. Je ne connais pas Ouaga mais je suis un peu étonné de cette atmosphère de ville de province calme et sereine. Toutes les capitales africaines que je connais sont des fourmilières vibrantes de vie et de jeunesse. C'est un détail. Ce qui m'ennuie un peu plus est le scénario. La balade de Zélie pour retrouver sa copine Aminata n'est qu'un prétexte pour nous exposer le travail de Fred coopérant suisse mandaté par l'O.N.U il me semble. J'ai plusieurs observations à faire. Ce cadre bride le scénario et heureusement qu'il y a les beaux contes africains pour rehausser les dialogues. Ensuite c'est une vision de la coopération au développent à laquelle je n'adhère pas. Je la trouve très coûteuse et peu efficace. J'ai été comme Fred coopérant au Nigéria pendant deux ans. J'avais 20 ans, ce fut très bien pour mon CV mais malgré toute ma bonne volonté j'ai un doute sur l'efficacité de ma présence. Bien plus tard, j'ai dirigé une assos dont l'une des actions était de soutenir des projets au Burkina. Plutôt dans le sud, à Léo, Gaoua et bien sûr Ouaga. J'en retire la conviction que la première chose à faire est de former et trouver des relais autochtones fiables qui assureront la bonne marche des projets. Les Africains sont des as de mécanique, d'ingéniosité et ils savent très bien construire des bâtiments sans la présence d'experts qui coutent une fortune. Avec le salaire d'un coopérant suisse on construit un collège ou un centre de soins par an. Une visite par an d'un bénévole bien formé ne coute rien. On peut aussi recevoir nos interlocuteurs Burkinabé ce qui nous met sur un pied d'égalité. On débusque très vite les tricheurs et d'ailleurs la présence de Fred n'y fait rien puisqu'il se fait voler plein de choses. Cet album m'a invité à partager mon retour d'expérience mais personne n'est obligé d'y adhérer. L'autre avantage de travailler avec des habitants est qu'ils restent longtemps. Je suis bien certain qu'il n'y a plus un seul coopérant Blanc dans la région de Dori au nord. Ils ont été remplacés par des soldats.
Le Vin des papes
Cet album souffre d’un problème récurrent de la collection : l’aspect historique n’est que peu développé au bénéfice d’une dimension fictionnelle que j’ai trouvée de peu d’intérêt. Ici, nous avons droit à une sorte de retour du fils prodigue qui va reprendre en main, et sans réelle motivation, l’exploitation familiale. Et alors que les aspects historiques et géographiques me semblaient aptes à nourrir ce récit, je sors de ma lecture en ayant l’impression de n’avoir rien appris alors même que le destin des personnages fictifs m’a laissé totalement indifférent. Ca se laisse lire, hein ! Corbeyran est un pro, la lecture est fluide. Goepfert ne nous offre pas ses planches les plus travaillées mais son trait reste agréable et son soucis de restituer des bâtiments d’époque fidèles à la réalité historique demeure un plus pour ce qui concerne l’aspect visuel. Mais je me suis quand même ennuyé. Cet album peut être mis en lien direct avec celui consacré aux moines de Bourgogne (auxquels il est d’ailleurs explicitement fait référence). Alors que l’époque s’y prêtait, la grande peste n’est qu’abordée par la bande. Enfin, le personnage récurrent de la jeune femme rousse apparait ici encore sans rien apporter au récit. Un album qui ne va pas me rester en mémoire bien longtemps, je pense…
Marc Lebut et son voisin
J’ai lu 2 albums de la série : le premier, « Allegro Ford T » avec Tillieux au scénario, et « La Ford T récalcitrante », pour lequel Francis est seul à la baguette. Une découverte tardive me concernant, qui ne m’a pas convaincu d’aller plus loin en tout cas. Le dessin de Francis est ce qui passe le mieux. On se retrouve en terrain connu, avec un style typique de ce qui se faisait chez Spirou à l’époque, du franco-belge à gros nez dynamique, classique donc sans être original. En tout cas un dessin efficace et agréable. Ce sont les scénarios et les dialogues qui m’ont davantage laissé sur ma faim. En effet, j’ai trouvé l’ensemble poussif, répétitif et manquant clairement de punch dans les gags. En fait, une fois qu’on a compris que Lebut est un raseur, voire un gros con égoïste, et que son voisin Goular est son souffre-douleur et se trouve embarqué à son corps défendant dans les histoires de Lebut, on a tout vu, les personnages n’évoluent plus. Pourquoi pas ? Mais si le canevas ne se renouvelle pas, il aurait alors fallu le dynamiser par des gags percutants, et là ce n’est pas le cas. N'est pas Franquin qui veut ! Pire, on peine à s’attacher aux personnages. Lebut se révèle rapidement insupportable, mais aussi transparent, sans réelle personnalité. Et Goular, personnage plus attachant et finalement mieux servi, plus fouillé, m’a aussi soulé par sa propension à accepter toutes les situations, la maltraitance de Lebut, sans réelle révolte. Si Tillieux dans le tome 1 place quelques gags amusants, ils sont trop rares, et lorsque Francis est seul au scénario, rien ne m’a fait rire, ses nombreux jeux de mots, lourds et vieillots m’ont rapidement lassé, et j’ai peine à croire que l’album date de 1979 tant cet humour fait daté.
Considérations sur les flèches de l'amour
Pourtant grand amateur de l'auteur, c'est un gros bof une fois l'album achevé. Il ne se passe rien et la lecture est très rapide, exercice de style pour une démonstration assez vaine. Je suis vraiment déçu, je n'ai pas retrouvé le ton et l'absurdité distillés dans ses autres œuvres. Je n'en retiens rien dans le fond et peu sur la forme. Franchement à éviter pour ceux qui souhaitent découvrir cet auteur atypique.
Les Miettes
Il y a des histoires où l'on sent que l'on reste sur le quai tandis que le train part, et c'est exactement la sensation que j'ai eu en voyant ce train-ci partir à toute vitesse. Si j'aime bien l'humour absurde et perché, je dois aussi admettre que je ne suis pas forcément un bon public pour celui-ci, ayant mes grandes préférences et ayant également beaucoup de mal à rentrer dans certaines œuvres. Ici, allez savoir pourquoi, quelque chose m'a bloqué. Sans doute une interférence du dessin, bien qu'aimant le style de Frederik Peeters, avec l'humour. Ça fait trop froid, à mes yeux. D'autre part, je suis resté très imperméable à l'histoire, bien que déjanté et avec de bonnes idées, comme si j'étais totalement en dehors du récit. Et malheureusement, la sauce n'a pris à aucun moment de ma lecture. De fait, je ne déconseillerais pas la lecture de cette BD, mais je suis vraiment passé à côté. Il a parfois des BDs qui ne passent pas, celle-ci en est un exemple dans mon cas. C'est d'autant plus dommage que beaucoup de personnes semblent avoir aimé celle-ci, et je conseillerais de lire ces avis-là avant de savoir si la BD vous convient ou non.
Le Couvent des Damnées
Mouais .... Mouais, mouais, mouais ! Ce manga prend place dans le riche XVIe siècle, où l'influence de l'Eglise décline, le protestantisme nait (et l'anglicanisme aussi), les guerres de religion commencent en même temps que la découverte du Nouveau monde, et l'Inquisition apparait (avec beaucoup plus de fantasmes d'écriture que de réalité historique). Bref, un siècle riche, traversé par la Renaissance, le renouveau philosophique, artistique et littéraire ! Alléchant, comme proposition ! Et bien tout ce contexte historique, vous le prenez et le jetez totalement ! A part le premier tome, et un peu dans le dernier, tout le contexte est gentiment évincé de cette série pour déboucher sur une intrigue très mince et inintéressante. En fin de compte, j'ai principalement lu la série parce qu'on me l'a prêté, mais l'intérêt est tombé après le premier tome, et j'ai du me forcer pour finir. Même si je reconnais que le dernier tome est légèrement plus intéressant. Le gros hic, c'est que les promesses du premier tome ne sont pas du tout tenu, outre les approximations historiques nombreuses (sans parler des anachronismes sur les questions de connaissances), et surtout sur l'histoire en elle-même. Partant de cette jeune fille, Ella, qui cherche à venger sa mère tuée par l'Inquisition, l'histoire se déroule ensuite en huis-clos dans le monastère. Quelques rares incursions hors de celui-ci nous brosserons une intrigue très légère sur le pouvoir au Vatican, intrigue très peu intéressante et assez inutile au finale. Ce que l'on va surtout suivre pendant quatre tomes, c'est les jeunes filles qui chassent dehors, s'entraident et évitent de se dévoiler. Sauf que ... Le récit prend de plus en plus de temps pour dévoiler les monologues intérieurs des personnages, façon manga, et de manière horripilante. Ella est bien vite considérée comme une femme forte, leader et inspirante pour ses compagnons, qui passent leur temps à en faire des caisses sur son compte. J'avais bien vite compris qu'on voulait nous représenter Ella comme intelligente, compréhensive etc ... mais là, clairement, c'est trop. Et les autres personnages m'insupportent à faire leurs monologues explicatifs de leurs actions, toujours en se comparant à Ella dans des flashbacks qui rallongent inutilement la sauce. A mon avis, il y a là un aveu d'échec dans l'écriture lorsque les personnages doivent expliciter leurs motivations en permanence. Bref, le manga traine la patte, s'attarde sur une intrigue faiblarde et que l'auteur accélère brutalement dans le dernier tome, pour enfin finir comme on s'y attendait, avec de nombreuses questions en suspens qui bloquent ma crédulité (comment elle a récupéré son œil ?). Et le tout dans des considérations qui auraient pu m'intéresser si seulement elles avaient été amenés avant et de manière plus crédible. Au final, je n'ai pas été intéressé par l'histoire, par les personnages et par le message. Ce n'est clairement pas une purge immonde, mais je suis très loin d'en conseiller la lecture.
Ca vous intéresse ? (Juste pour rire)
Amateur de BD érotiques, j'achète des albums de Dany chez un bouquiniste transi de froid du square Georges Brassens à Paris. J'avais lu sur le succès de Dany et sur son dessin. D'ailleurs 17 avis pour ce genre c'est beaucoup. Pour moi il y a deux façons de lire ces ouvrages de Dany. La première est d'accepter le parti pris du genre. Gauloiserie entre potes mâles après un repas bien arrosé. Là, force est de reconnaître que le dessin de Dany est superbe. Les pleines pages très chaudes ainsi que les couleurs me plaisent. Bonne surprise les textes des invités (surtout Tibet ou De Groot) intercalés entre les dessins peuvent se montrer de très bonnes qualités. La préface de Pierre Perret en est le meilleur exemple. Je trouve certaines blagues vraiment drôles avec mention pour " Asile !..." à la façon "Rocky Horror Show" et une chute ... jouissive. Mais il y a aussi une autre façon de lire. Même si les femmes de Dany sont à tomber raide, elles sont le prototype d'une marchandisation de l'image de la femme. L'image des hommes n'est pas toujours très glorieuse mais in fine la femme finit toujours sur le dos ou à genoux. Et puis il y a ce que je considère comme des dérapages. Dans "Un Verre, ça Va..." Dany nous présente ce que je lis comme un viol collectif d'une femme en position vulnérable (circonstance aggravante). C'est présenté sur un ton jovial et rigolard qui est insupportable quand on pense que cette scène est arrivée réellement de nombreuses fois dans des soirées étudiantes notamment. Dans la planche 98 "c'est pas toujours la plus grosse qui..." le texte de Dany et Quinten affuble une prostituée d'origine Africaine ou Antillaise du sobriquet nauséeux de ''Blanche-Neige''. Comment nommez-vous cela messieurs ? Je pourrais ajouter l'apparition d'un nom comme "Frikstein" (planche "ça, c'est la meilleure !") tout aussi nauséeux. L'album 3 " Vous n'avez pas honte ? " est très bien nommé.
Cruelles
Buffin (que je découvre ici, sans savoir s’il a publié autre chose) use dans cet album d’un trait hyper stylisé, une sorte de style atome exacerbé, parfois réduit à des esquisses. Pourquoi pas ? Mais ici le côté très froid du dessin, accentué par les tons passés de la colorisation, m’ont laissé de marbre, je n’ai pas accroché (d’autant que ce dessin, parfois simple, n’est pas exempt de défauts de proportions). Quant aux histoires de Rodolphe, elles m’ont-elles-aussi déçu. Usant parfois d’un léger érotisme, la narration et les scénarios m’ont paru trop « légers ». Un peu de SF, de fantastique, un hommage à l’univers de Tintin, mais tout est saupoudré sans réellement donner corps à quelque chose de consistant, c’est évanescent. Parues dans le magazine mensuel Chic, les 5 histoires constituant ce recueil passaient peut-être au milieu d’autres trucs, mais cela ne m’a pas passionné. A noter que si les premières histoires jouent sur l’image d’une femme fatale, mangeuse d’hommes – ce qui semble avoir été un thème central de cette revue, le reste est beaucoup plus divers.
Caraïbe
"Heureux qui comme Eko a fait un beau voyage..." Que du Bellay me pardonne car la ressemblance avec Macedo s'arrête là. En lisant l'aventure d'Ellais et de Eko j'ai eu l'impression de feuilleter un prospectus de voyage pour un public allemand. D'ailleurs le T-shirt d'Emil aurait pu être "Gute Zeiten- Reisen mit L.." (p13) avec le nom de la célèbre compagnie aérienne allemande. En plus les deux héros sont les stéréotypes de stars de cinéma porno des années 80 où les jeunes allemandes prenaient des vacances très chaudes en Grèce. Dans cette première partie, nous nous trouvons dans la zone de confort de Macedo qui sait très bien dessiner les ébats érotiques. La Grèce puisque Macedo semble puiser dans l'Odyssée d'Ulysse. Le voyage en bateau, les récifs (Scylla), la sorcière d'amour (Circée), la belle qui manque (Pénélope) sont présents en filigranes mais le mythe est détourné à la sauce mystico-philosophique indigeste. Le voyage qui devient temporel autant que spatial finit par une pirouette pseudo humaniste de bonne volonté universelle. La technique de l'aérographe utilisée me laisse insatisfait. Des personnages figés, une coloration très brillante cela convient assez bien à la nature exubérante mais moins aux visages et à la dynamique des corps. Cela a beaucoup vieilli à mon goût.
Block 109
Cela faisait longtemps que je voulais lire cette uchronie. Et si l'issue de la Seconde guerre mondiale en avait été autrement ? Tout cela est très alléchant. Mais déjà le dessin est vraiment moyen, malgré une colorisation que j'aime bien, et ne facilite pas la compréhension, notamment pour identifier les différents personnages. Mais alors vient se greffer là-dessus une histoire à la walking dead avec un virus et des zombies dans le métro. Des combats sur des pages et des pages, bam bam bam ratatat. Ca manque un peu de profondeur. Belle déception.