Je ne suis vraiment pas un fan de Reiser même si je reconnais qu'il a su créer un mode d'expression bien singulier à l'époque et un style reconnaissable au premier coup d'oeil.
C'était très provocateur avec pour base une sexualité assez viandarde. Aujourd'hui cela a beaucoup vieilli et les gags proposés sont vraiment datés.
L'humour qui en reste semble assez fade dans cet album. Quelques planches ont tout de même gardé leur piquant.
J'aime bien la planche des Miss Vache Qui Rit qui souligne la normalisation à venir des goûts du monde entier.
Une dizaine d'année avant la mondialisation c'est une vision prophétique assez bien anticipée.
Pour le reste l'album se feuillette sans entrain.
Quitte à lire du Manga, autant que ce soit émoustillant ! Mauvaise pioche ! Mademoiselle Yuki Kaidô a pourtant beaucoup d'arguments à faire valoir : une poitrine de bimbo, un corps et des jambes de championne olympique d'athlé, un visage de collégienne angélique mais cela ressemble plus à une poupée gonflée qu'à une jeune femme japonaise.
Le scénario est d'une simplicité enfantine et décliné huit fois pour chaque histoire courte sans un poil de changement et d'inventivité pour ce tome 1. Employée modèle le jour, elle rejoint son club rose pour satisfaire un client-victime qui demande en sus de la fellation d'usage (sans sexe apparent) un shot entre les deux yeux du méchant. Le seul petit changement est l'identité du méchant : proxénète, terroriste, trafiquant...
Yuki vit dans une ville qui ne dort jamais, cela tombe bien car elle non plus.
Un scénario d'une pauvreté désolante pour adeptes de la justice perso et de la peine de mort. Le graphisme fait le travail en étant d'un classicisme vu mille fois. Les scènes de sexe semi-explicites ressemblent plus à du travail bien fait qu'à une éruption volcanique brulante.
Cela se lit en dix minutes avec un dialogue basique. De la BD commerciale bas de gamme.
On est loin d'une anthologie d'un siècle de cinéma et les cinéphiles n'apprendront pas grand-chose dans cet ouvrage hormis quelques anecdotes.
15 chapitres thématiques pour 17 réalisateurs très grand public sont accompagnés de quelques planches BD à la qualité inégale sur des points très anecdotiques.
Une chose me choque particulièrement dans cet ouvrage. Avoir mis sur la même table des matières les noms de Spielberg, Lucas, Mélies, Léone ou Lang entre autres avec celui de D.W.Griffith. Cela frôle pour moi la provocation.
En effet, c'est Griffith qui grâce à son "Naissance d'une Nation" a fait renaître un KKK presque moribond en lui donnant une légitimité quasi historique et malheureusement approuvée par des hommes politiques nationaux en quête de voix des Etats du Sud.
C'est en partie grâce à Griffith que le KKK deviendra une organisation presque toute puissante pendant une vingtaine d'année sur tout le territoire US entre les années 20 et 40. Je renvoie à mon avis sur l'excellente série Kuklos pour plus de détails sur cette puissance malveillante. La mise en parallèle de son film "Intolérance" me paraît une lecture contemporaine inadaptée.
Son film a probablement eu un impact technique sur le cinéma mais aucun sur la société américaine compte tenu de l'échec populaire
Il y a d'autres erreurs de vocabulaire dans l'ouvrage. Par exemple la Guerre de Sécession n'annonce pas la fin du Sud ségrégationniste mais esclavagiste, nuance. Il a fallu attendre encore un siècle pour voir les lois ségrégationnistes disparaître.
Le graphisme est collectif. Il y a donc différents styles proposés. C'est assez classique et présente trois planches par thème. C'est donc rapide et concentré sans possibilité de grand développement pour les artistes mais cela fait le travail.
Pour les cinéphiles en quête d'anecdotes pour briller dans un repas.
Je n'ai vraiment pas été convaincu par l'album de Maxime Peroz. Quand un élève des Beaux Arts est en panne d'inspiration il nous raconte ses histoires de cul pour remplir ses cases.
C'est tout du moins la nette impression que je retire de la lecture de cet album. Le graphisme est plutôt sympa dans un style reporter ou carnet de voyage sauf que les beaux croquis de la vie locale sont la portion congrue de l'ouvrage.
Pour le scénario je trouve que c'est le service minimum. La relation amoureuse entre Maxime et Akiro est sans intérêt et très convenue. De plus les personnages sont antipathiques au possible dans leur rôle d'expats bourrés de dollars (par rapport à la population locale) et qui en profite pour promouvoir le Vietnam comme destination rêvée pour le tourisme sexuel.
La recherche de l'oncle aurait pu donner de la valeur à l'album si ce n'était pour dédouaner un grand père "presque pacifique" qui a servi dans deux guerres coloniales très meurtrières.
Une lecture rapide où seules quelques cases d'ambiances m'ont sorti de mon ennui.
J’avais déjà eu à plusieurs occasions le loisir de feuilleter des albums, et c’est la possibilité d’acheter bradés les deux premiers tomes, en format poche, qui m’a fait revenir vers cette série.
Le petit format m’a sans doute fait moins apprécier le côté graphique – sans doute le seul intérêt de cette série. L’espagnol Segrelles a clairement du talent dans ce domaine. Son dessin est léché, dans un style réaliste – hyper réaliste en fait – au rendu impeccable, avec une colorisation un peu granuleuse, qui donne un aspect cuivré, tamisé à l’ensemble.
Si techniquement on ne peut pas trop critiquer, le style hyper réaliste, la colorisation, et le choix de mettre en avant des décors grandioses, des personnages tout droit sortis de péplums de série Z ou de quelques périodiques anglosaxons (héros bodybuildés, femmes hyper sexy et peu vêtues) donnent au final quelque chose qui ressemble davantage à de grandes affiches, comme on pouvait le voir dans les années 1970, un côté kitsch, suranné, qui n’est pas mon truc. Et qui a sans doute mal vieilli.
Par contre, là où je serais moins indulgent, c’est au niveau des scénarios et des dialogues, que j’ai trouvés parfois indigents, involontairement comiques – le côté infaillible du héros, son aspect hollywoodien, au milieu des dinosaures (un côté « Le monde perdu » de Doyle sur la première histoire), ou de n’importe quel adversaire renforcent sans doute mon ressenti.
Pas d’empathie pour le héros, pas d’autodérision non plus dans les scénarios, improbables. On a là une curiosité qui, malgré certaines qualités – plastiques essentiellement – m’a laissé totalement froid. Je ne vais pas garder mes petits albums.
Je suis totalement passé en travers !
Déjà, je n’ai pas trop bien saisi le concept futuriste développé par Zep. Des pilules permettent de tromper le cerveau des utilisateurs qui ont ainsi l’impression de manger une lasagne ou de boire une vodka, de se brûler ou de devenir un être mythologique. Ok, je veux bien mais du coup, ils ne mangent pas, ne boivent pas ? Ils sont bien là ou ils dorment ailleurs ? Je sais pas, j’ai pas capté le concept…
Ensuite il y a cette absurdité de barrière qui sépare les riches -qui ont le droit d’être dans cette ville futuriste disposant de la technologie la plus avancée- et les autres, qui ne peuvent pénétrer la cité. La barrière fait genre 2,50 m de haut et aucune protection n’empêche qui que ce soit de la franchir par le dessus. Dans le genre concept absurde, ça le fait, quand même !
Puis vient la thématique. Zep critique notre dépendance à la technologie mais son récit ne développe pas grand-chose, ou du moins je n’ai pas compris ce qu’il cherchait à nous dire au-delà de cette crainte du tout technologique. L’histoire d’amour qui va naître entre le personnage central et une jeune femme de l’extérieur m’est apparue cousue de fil blanc et la fin bateau ne m’a pas touché.
Au niveau du dessin, les pages monochromes ont fini par me lasser tandis que le dessin réaliste de Zep n’est pas franchement extraordinaire. Reste une mise en page efficace et un sens du rythme que l’on ne peut nier.
Au final, je me suis quand même bien ennuyé à la lecture de cet album. S'il n'y avait la maitrise technique de Zep (l'album se lit quand même facilement même s'il ne m'a pas du tout passionné), ma note aurait encore été plus sévère.
C'est une belle intégrale de 3 tomes sertie dans un joli un coffret que nous propose Delcourt pour cette courte série adaptée d'un roman de Dark Fantasy.
Lecan, dit "le loup borgne", est un aventurier de haut niveau qui court les donjons avec cette obsession de devenir "le meilleur". C'est lors d'une de ses quêtes qu'il est happé par une sorte de "trou noir" qui l'entraîne dans un nouvel univers. Son nouvel environnement lui est totalement inconnu, que ce soit la faune, la flore et les langues locales. Il va lui falloir s'adapter, ce qui n'est pas un problème pour lui, et c'est en portant secours à la fille d'un notable local qu'il va trouver sa place. Une ellipse rapide d'un an lui permet d'avoir acquis la maîtrise de la langue et d'être devenu le formateur de la garde de ce petit royaume. Mais voulant toujours devenir le plus fort, il est en quête d'une personne pouvant le former à la fabrication de potions de régénération ; le seigneur local va lui trouver cette personne et sa formation va pouvoir commencer, avec quelques donjons à nettoyer les jours de pause...
Si le soin porté à l'esthétique de cette production est réjouissante, je suis quand même sorti déçu par l'histoire qu'on nous propose et ce, pour deux raisons principales. La première tient au personnage principal, Lecan, qui est quand même d'une antipathie assez impressionnante ; que ce soit sa suffisance, ses prétentions, le côté "trop fort" (je rentre dans le donjon tout seul et je bute tout le monde, pif, paf, pouf) ou ses objectifs, je ne sais pas ce qui m'a le plus gonflé. Deuxième point négatif, l'histoire en elle même. On nous présente cette série comme une intégrale, mais en arrivant à la fin du troisième tome, on a l'impression que l'histoire va enfin commencer... Alors soit le roman de base est mauvais, ou alors c'est son adaptation qui ne lui rend pas hommage.
Bref, si le dessin de Gonbe Shinkawa est agréable, l'histoire est elle assez décevante.
Dans cet album, Aude Picault nous dévoile l’une de ses périodes de remise en question, lorsque la routine de son boulot de graphiste sur Paris, une certaine superficialité des relations avec certaines copines, ne la satisfaisaient plus.
Par l’entremise de proches, elle a la possibilité de s’évader quelque temps de cette banalité, en participant à un petit voyage sur un voilier.
La narration est assez fluide, agréable – le dessin, minimaliste, est raccord avec le ton et aide à garder la fraicheur qui domine dans ce récit.
Les planches chargées (texte et dessins) alternent avec au centre une série – très jolie au demeurant malgré la encore la simplicité du trait – de planches de paysages marins. Quelques termes techniques aussi (je ne connais pas grand-chose et les ai un peu survolés).
Ceci étant dit, si la lecture n’est pas désagréable, je n’y reviendrai pas. Je pense que je l’aurai vite oublié, tant j’ai eu du mal à m’intéresser réellement à ce récit. Affaire de goûts peut-être.
Note réelle 2,5/5.
Le nom de Bouzard m'a donné envie de lire cet album découvert par hasard à la bibliothèque.
Je fus déçu par ces récits se passant durant la préhistoire. J'ai trouvé l'humour de Bouzard asphyxié, ce qui fait du sens vu que c'était au départ des récits réservés aux abonnés du journal de Spirou. On est dans de la gentille déconne grand public et cela ne m'a même pas fait sourire. En plus, chaque histoire dure plusieurs pages pour finir sur une chute pas terrible, on dirait presque les pires moments de la carrière de Cauvin.
Il reste le dessin qui est très agréable à regarder, mais comme c'est une bande dessinée et non un artbook et que la partie scénario m'a ennuyé, et ben je peux pas faire mieux que mettre 2 étoiles.
Là aussi, j'ai vu la version film avec la délicieuse Gemma Arterton et Luchini, je l'avais apprécié mais sans plus, peut-être à cause de Luchini qui souvent me gonfle par son phrasé et ses attitudes de surjeu, bien que dans ce film, il soit assez sobre, donc c'est bien passé. J'ignorais quand j'avais vu ce film qu'il existait une version BD. J'aime bien le caractère champêtre de cette Normandie du bocage, et cette transposition du roman de Flaubert dans une époque contemporaine est plutôt intéressante, même si d'habitude, ce type de marivaudage n'est pas trop dans mes goûts.
Dans la Bd, il y a cependant un hic, c'est assez chiant dans la forme, et comme le dit Alix dans son avis, c'est long et fastidieux à lire ; la raison c'est que le dessin et le texte sont étroitement emmêlés, je crois n'avoir jamais vu ça sur une Bd. J'aime beaucoup le dessin, il est souple et léger, aérien et va à l'essentiel, mais hélas, il est noyé sous une gangue de texte récitatif et de bulles, il ne respire pas, les cases étant compressées. Je trouve ce procédé dommageable, il aurait fallu aérer tout ça pour qu'il y ait de vraies belles cases où le dessin puisse exprimer ce qui est raconté. J'ai eu beaucoup de mal pour venir à bout de ce roman graphique, mais je ne regrette pas de l'avoir abordé.
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La Vie des bêtes
Je ne suis vraiment pas un fan de Reiser même si je reconnais qu'il a su créer un mode d'expression bien singulier à l'époque et un style reconnaissable au premier coup d'oeil. C'était très provocateur avec pour base une sexualité assez viandarde. Aujourd'hui cela a beaucoup vieilli et les gags proposés sont vraiment datés. L'humour qui en reste semble assez fade dans cet album. Quelques planches ont tout de même gardé leur piquant. J'aime bien la planche des Miss Vache Qui Rit qui souligne la normalisation à venir des goûts du monde entier. Une dizaine d'année avant la mondialisation c'est une vision prophétique assez bien anticipée. Pour le reste l'album se feuillette sans entrain.
Pinsaro Sniper
Quitte à lire du Manga, autant que ce soit émoustillant ! Mauvaise pioche ! Mademoiselle Yuki Kaidô a pourtant beaucoup d'arguments à faire valoir : une poitrine de bimbo, un corps et des jambes de championne olympique d'athlé, un visage de collégienne angélique mais cela ressemble plus à une poupée gonflée qu'à une jeune femme japonaise. Le scénario est d'une simplicité enfantine et décliné huit fois pour chaque histoire courte sans un poil de changement et d'inventivité pour ce tome 1. Employée modèle le jour, elle rejoint son club rose pour satisfaire un client-victime qui demande en sus de la fellation d'usage (sans sexe apparent) un shot entre les deux yeux du méchant. Le seul petit changement est l'identité du méchant : proxénète, terroriste, trafiquant... Yuki vit dans une ville qui ne dort jamais, cela tombe bien car elle non plus. Un scénario d'une pauvreté désolante pour adeptes de la justice perso et de la peine de mort. Le graphisme fait le travail en étant d'un classicisme vu mille fois. Les scènes de sexe semi-explicites ressemblent plus à du travail bien fait qu'à une éruption volcanique brulante. Cela se lit en dix minutes avec un dialogue basique. De la BD commerciale bas de gamme.
Histoires incroyables du cinéma
On est loin d'une anthologie d'un siècle de cinéma et les cinéphiles n'apprendront pas grand-chose dans cet ouvrage hormis quelques anecdotes. 15 chapitres thématiques pour 17 réalisateurs très grand public sont accompagnés de quelques planches BD à la qualité inégale sur des points très anecdotiques. Une chose me choque particulièrement dans cet ouvrage. Avoir mis sur la même table des matières les noms de Spielberg, Lucas, Mélies, Léone ou Lang entre autres avec celui de D.W.Griffith. Cela frôle pour moi la provocation. En effet, c'est Griffith qui grâce à son "Naissance d'une Nation" a fait renaître un KKK presque moribond en lui donnant une légitimité quasi historique et malheureusement approuvée par des hommes politiques nationaux en quête de voix des Etats du Sud. C'est en partie grâce à Griffith que le KKK deviendra une organisation presque toute puissante pendant une vingtaine d'année sur tout le territoire US entre les années 20 et 40. Je renvoie à mon avis sur l'excellente série Kuklos pour plus de détails sur cette puissance malveillante. La mise en parallèle de son film "Intolérance" me paraît une lecture contemporaine inadaptée. Son film a probablement eu un impact technique sur le cinéma mais aucun sur la société américaine compte tenu de l'échec populaire Il y a d'autres erreurs de vocabulaire dans l'ouvrage. Par exemple la Guerre de Sécession n'annonce pas la fin du Sud ségrégationniste mais esclavagiste, nuance. Il a fallu attendre encore un siècle pour voir les lois ségrégationnistes disparaître. Le graphisme est collectif. Il y a donc différents styles proposés. C'est assez classique et présente trois planches par thème. C'est donc rapide et concentré sans possibilité de grand développement pour les artistes mais cela fait le travail. Pour les cinéphiles en quête d'anecdotes pour briller dans un repas.
Big Bang Saigon
Je n'ai vraiment pas été convaincu par l'album de Maxime Peroz. Quand un élève des Beaux Arts est en panne d'inspiration il nous raconte ses histoires de cul pour remplir ses cases. C'est tout du moins la nette impression que je retire de la lecture de cet album. Le graphisme est plutôt sympa dans un style reporter ou carnet de voyage sauf que les beaux croquis de la vie locale sont la portion congrue de l'ouvrage. Pour le scénario je trouve que c'est le service minimum. La relation amoureuse entre Maxime et Akiro est sans intérêt et très convenue. De plus les personnages sont antipathiques au possible dans leur rôle d'expats bourrés de dollars (par rapport à la population locale) et qui en profite pour promouvoir le Vietnam comme destination rêvée pour le tourisme sexuel. La recherche de l'oncle aurait pu donner de la valeur à l'album si ce n'était pour dédouaner un grand père "presque pacifique" qui a servi dans deux guerres coloniales très meurtrières. Une lecture rapide où seules quelques cases d'ambiances m'ont sorti de mon ennui.
Le Mercenaire
J’avais déjà eu à plusieurs occasions le loisir de feuilleter des albums, et c’est la possibilité d’acheter bradés les deux premiers tomes, en format poche, qui m’a fait revenir vers cette série. Le petit format m’a sans doute fait moins apprécier le côté graphique – sans doute le seul intérêt de cette série. L’espagnol Segrelles a clairement du talent dans ce domaine. Son dessin est léché, dans un style réaliste – hyper réaliste en fait – au rendu impeccable, avec une colorisation un peu granuleuse, qui donne un aspect cuivré, tamisé à l’ensemble. Si techniquement on ne peut pas trop critiquer, le style hyper réaliste, la colorisation, et le choix de mettre en avant des décors grandioses, des personnages tout droit sortis de péplums de série Z ou de quelques périodiques anglosaxons (héros bodybuildés, femmes hyper sexy et peu vêtues) donnent au final quelque chose qui ressemble davantage à de grandes affiches, comme on pouvait le voir dans les années 1970, un côté kitsch, suranné, qui n’est pas mon truc. Et qui a sans doute mal vieilli. Par contre, là où je serais moins indulgent, c’est au niveau des scénarios et des dialogues, que j’ai trouvés parfois indigents, involontairement comiques – le côté infaillible du héros, son aspect hollywoodien, au milieu des dinosaures (un côté « Le monde perdu » de Doyle sur la première histoire), ou de n’importe quel adversaire renforcent sans doute mon ressenti. Pas d’empathie pour le héros, pas d’autodérision non plus dans les scénarios, improbables. On a là une curiosité qui, malgré certaines qualités – plastiques essentiellement – m’a laissé totalement froid. Je ne vais pas garder mes petits albums.
Ce que nous sommes
Je suis totalement passé en travers ! Déjà, je n’ai pas trop bien saisi le concept futuriste développé par Zep. Des pilules permettent de tromper le cerveau des utilisateurs qui ont ainsi l’impression de manger une lasagne ou de boire une vodka, de se brûler ou de devenir un être mythologique. Ok, je veux bien mais du coup, ils ne mangent pas, ne boivent pas ? Ils sont bien là ou ils dorment ailleurs ? Je sais pas, j’ai pas capté le concept… Ensuite il y a cette absurdité de barrière qui sépare les riches -qui ont le droit d’être dans cette ville futuriste disposant de la technologie la plus avancée- et les autres, qui ne peuvent pénétrer la cité. La barrière fait genre 2,50 m de haut et aucune protection n’empêche qui que ce soit de la franchir par le dessus. Dans le genre concept absurde, ça le fait, quand même ! Puis vient la thématique. Zep critique notre dépendance à la technologie mais son récit ne développe pas grand-chose, ou du moins je n’ai pas compris ce qu’il cherchait à nous dire au-delà de cette crainte du tout technologique. L’histoire d’amour qui va naître entre le personnage central et une jeune femme de l’extérieur m’est apparue cousue de fil blanc et la fin bateau ne m’a pas touché. Au niveau du dessin, les pages monochromes ont fini par me lasser tandis que le dessin réaliste de Zep n’est pas franchement extraordinaire. Reste une mise en page efficace et un sens du rythme que l’on ne peut nier. Au final, je me suis quand même bien ennuyé à la lecture de cet album. S'il n'y avait la maitrise technique de Zep (l'album se lit quand même facilement même s'il ne m'a pas du tout passionné), ma note aurait encore été plus sévère.
Wolf won't sleep
C'est une belle intégrale de 3 tomes sertie dans un joli un coffret que nous propose Delcourt pour cette courte série adaptée d'un roman de Dark Fantasy. Lecan, dit "le loup borgne", est un aventurier de haut niveau qui court les donjons avec cette obsession de devenir "le meilleur". C'est lors d'une de ses quêtes qu'il est happé par une sorte de "trou noir" qui l'entraîne dans un nouvel univers. Son nouvel environnement lui est totalement inconnu, que ce soit la faune, la flore et les langues locales. Il va lui falloir s'adapter, ce qui n'est pas un problème pour lui, et c'est en portant secours à la fille d'un notable local qu'il va trouver sa place. Une ellipse rapide d'un an lui permet d'avoir acquis la maîtrise de la langue et d'être devenu le formateur de la garde de ce petit royaume. Mais voulant toujours devenir le plus fort, il est en quête d'une personne pouvant le former à la fabrication de potions de régénération ; le seigneur local va lui trouver cette personne et sa formation va pouvoir commencer, avec quelques donjons à nettoyer les jours de pause... Si le soin porté à l'esthétique de cette production est réjouissante, je suis quand même sorti déçu par l'histoire qu'on nous propose et ce, pour deux raisons principales. La première tient au personnage principal, Lecan, qui est quand même d'une antipathie assez impressionnante ; que ce soit sa suffisance, ses prétentions, le côté "trop fort" (je rentre dans le donjon tout seul et je bute tout le monde, pif, paf, pouf) ou ses objectifs, je ne sais pas ce qui m'a le plus gonflé. Deuxième point négatif, l'histoire en elle même. On nous présente cette série comme une intégrale, mais en arrivant à la fin du troisième tome, on a l'impression que l'histoire va enfin commencer... Alors soit le roman de base est mauvais, ou alors c'est son adaptation qui ne lui rend pas hommage. Bref, si le dessin de Gonbe Shinkawa est agréable, l'histoire est elle assez décevante.
Transat
Dans cet album, Aude Picault nous dévoile l’une de ses périodes de remise en question, lorsque la routine de son boulot de graphiste sur Paris, une certaine superficialité des relations avec certaines copines, ne la satisfaisaient plus. Par l’entremise de proches, elle a la possibilité de s’évader quelque temps de cette banalité, en participant à un petit voyage sur un voilier. La narration est assez fluide, agréable – le dessin, minimaliste, est raccord avec le ton et aide à garder la fraicheur qui domine dans ce récit. Les planches chargées (texte et dessins) alternent avec au centre une série – très jolie au demeurant malgré la encore la simplicité du trait – de planches de paysages marins. Quelques termes techniques aussi (je ne connais pas grand-chose et les ai un peu survolés). Ceci étant dit, si la lecture n’est pas désagréable, je n’y reviendrai pas. Je pense que je l’aurai vite oublié, tant j’ai eu du mal à m’intéresser réellement à ce récit. Affaire de goûts peut-être. Note réelle 2,5/5.
La Grande Aventure
Le nom de Bouzard m'a donné envie de lire cet album découvert par hasard à la bibliothèque. Je fus déçu par ces récits se passant durant la préhistoire. J'ai trouvé l'humour de Bouzard asphyxié, ce qui fait du sens vu que c'était au départ des récits réservés aux abonnés du journal de Spirou. On est dans de la gentille déconne grand public et cela ne m'a même pas fait sourire. En plus, chaque histoire dure plusieurs pages pour finir sur une chute pas terrible, on dirait presque les pires moments de la carrière de Cauvin. Il reste le dessin qui est très agréable à regarder, mais comme c'est une bande dessinée et non un artbook et que la partie scénario m'a ennuyé, et ben je peux pas faire mieux que mettre 2 étoiles.
Gemma Bovery
Là aussi, j'ai vu la version film avec la délicieuse Gemma Arterton et Luchini, je l'avais apprécié mais sans plus, peut-être à cause de Luchini qui souvent me gonfle par son phrasé et ses attitudes de surjeu, bien que dans ce film, il soit assez sobre, donc c'est bien passé. J'ignorais quand j'avais vu ce film qu'il existait une version BD. J'aime bien le caractère champêtre de cette Normandie du bocage, et cette transposition du roman de Flaubert dans une époque contemporaine est plutôt intéressante, même si d'habitude, ce type de marivaudage n'est pas trop dans mes goûts. Dans la Bd, il y a cependant un hic, c'est assez chiant dans la forme, et comme le dit Alix dans son avis, c'est long et fastidieux à lire ; la raison c'est que le dessin et le texte sont étroitement emmêlés, je crois n'avoir jamais vu ça sur une Bd. J'aime beaucoup le dessin, il est souple et léger, aérien et va à l'essentiel, mais hélas, il est noyé sous une gangue de texte récitatif et de bulles, il ne respire pas, les cases étant compressées. Je trouve ce procédé dommageable, il aurait fallu aérer tout ça pour qu'il y ait de vraies belles cases où le dessin puisse exprimer ce qui est raconté. J'ai eu beaucoup de mal pour venir à bout de ce roman graphique, mais je ne regrette pas de l'avoir abordé.