Après la très belle révélation du « Dieu vagabond » en 2019, Fabrizio Dori nous propose avec ce « Divin Scénario », paru l’an dernier, une nouvelle relecture des mythes antiques. Et là, on ne va pas se mentir, la déception est lourde. Autant on avait été charmé par les pérégrinations du satyre Eustis, autant on se doit de reconnaître que ce nouveau scénario qui, s’il est peut-être « divin », n’a assurément rien de diabolique. Malgré les quelques maladresses dans le trait sur son premier opus, on avait apprécié la candeur du propos, on avait été émerveillé par la chatoyance des couleurs et impressionné par l’érudition de l’auteur qui avait parsemé son récit de maintes références mythologiques.
Quant à l’ouvrage dont il est question, le pitch est pourtant loin d’être dénué d’intérêt et l’histoire commençait plutôt bien. Dans un registre pour le moins décalé, les auteurs nous embarquent dans le sillage ailé de l’ange Gabriel, qui comme chacun sait, avait été mandaté par Dieu pour rechercher sur Terre la femme qui lui donnerait un fils. Las, l’opération du Saint Esprit ne va pas se dérouler comme prévu, alors que le GPS de son portable n’en fait qu’à sa tête. Gabriel va devoir parcourir tous les continents, à toutes les époques, dans l’espoir de trouver la sainte matrice. Cette quête fournira l’occasion à Gabriel de rencontrer des femmes légendaires et autres icônes terrestres : Charybde (à moins que ne soit Scylla), Shéhérazade, Guenièvre jusqu’à Marylin, en passant par Madame Bovary… mais de Marie, point ! Ça ne serait rien si notre archange n’était pas dérangé régulièrement par son portable (Saint-Luc a besoin d’un debrief régulier pour tenir le « vieux » informé), qui plus est toujours au moment où il est en train de conter fleurette à ces dames…
Mais cette introduction paraîtrait déjà presque trop longue eu égard au découragement qui a saisi l’auteur de ces lignes au fil de la lecture. Car si la trame est simplissime, les fioritures textuelles qui viennent s’y greffer ne font qu’alourdir le récit, réduisant à néant toute lisibilité. C’est extrêmement bavard, souvent abscons, avec de grands écarts stylistiques (entre poème médiéval et français parlé d’aujourd’hui, un chouilla populaire mais pas trop hein !…) à vous donner le torticolis. Au final, on finit par se foutre totalement du sort de Gabriel, dût-il atterrir en enfer… Et lorsqu’on se réveille, on ne comprend pas tout de suite pourquoi on a le front posé sur le livre ouvert. Il ne faudra pas davantage compter sur l’humour pataud et lourdingue pour sauver la mise.
Bref, nous avons ici une véritable catastrophe éditoriale, encore plus surprenante de la part d’Actes Sud, qui n’aura peut-être retenu comme seule critère l’étalage éruditionnel. Le seul à faire le taf est Fabrizio Dori, artiste certes talentueux, mais la beauté de ses planches tend malheureusement à s’effriter devant le profond ennui (pour ne pas dire le malaise) suscité par le récit. Enfer, damnation et paradis perdu, quel dommage !
Carole et Tuesday c'est la dernière série en date de Shin'ichiro Watanabe et je n'ai pas regardé l'anime parce que si pour moi c'est un réalisateur avec du talent, la plupart du temps je ne rentre pas trop dans son univers. Par exemple, il n'y a que deux-trois épisodes de Cowboy Bebop qui m'ont marqué et je n'ai pas trouvé que c'était une série exceptionnelle tout en comprenant que d'autres la trouvent géniale.
J'ai tout de même lu l'adaptation en manga de Carole et Tuesday par curiosité vu qu'il n'y a que trois tomes et je me suis vite aperçu que ce n'était pas un manga pour moi. En effet, je ne suis pas trop fan habituellement des récits ayant pour thème la musique et cette série ne fait pas exception. Je n'ai pas réussi à m'intéresser au parcours de Carole et Tuesday pour percer dans le monde de la musique.
On peut dire que c'est de ma faute d'avoir lu le manga alors que le thème principal ne me passionne pas et j'imagine que d'autres lecteurs vont mieux accrocher, mais un autre problème est que le scénario va souvent beaucoup trop vite à mon goût. Comme je n'ai pas vu l'anime, je ne peux pas comparer, mais la manière dont le récit est conté donne vraiment l'impression qu'on voulait raconter de manière la plus rapide possible en manga l'histoire d'un anime qui fait 24 épisodes. Si je compare avec une autre adaptation en manga d'un anime, ''Neon Genesis Evangelion'', le rythme est plus lent et met bien en place les personnages et les événements majeurs de l'anime alors qu'ici les personnages débarquent tellement vite que parfois j'étais un peu perdu. Franchement, je pense que ça serait mieux de regarder l'anime, surtout si vous êtes fan du réalisateur.
Dommage parce que le dessin a de la classe.
Je rejoins l'avis de Spooky concernant les qualités et défauts de cet album.
Si le dessin de Bigotto est simple, mais clair (disons qu'il fait le boulot), l'histoire en elle-même est loin d'être palpitante.
Elle se contente de reprendre le récit de la découverte, en suivant les divers témoignages des inventeurs du site mondialement connu. De fait, la narration est souvent ampoulée, en particulier lorsqu'il faut décrire la région, les lieux, ou présenter les protagonistes.
L'intérêt - car il y en a bien un malgré tout - est ailleurs. Il réside essentiellement dans les documents (articles de presse, photographies, petit dossier), qui accompagnent la partie BD proprement dite. Cette partie documentaire (et la préface de Coppens) intéressera les amateurs de préhistoire et de cette grotte, qui regorge de chefs d'oeuvre intemporels.
Gros bof concernant la BD, mais l'album peut intéresser quand même.
Troie Zéro c'est un récit décalé qui prend place dans la Grèce antique, qui mélange quelques héros de la mythologie dans une aventure absurde à base de femme perdue, de road trip et de guerre de la reconquête. L'idée est pas mal et ouvre la porte à un large éventail de fantaisie avec lesquelles les auteurs vont tenter de faire travailler les zygomatiques des lecteurs.
Seulement les gags ne fonctionnent pas tellement. Ils jouent dans la cour de l'absurde mais il ne suffit pas de mettre un Kebab dans les mains d'Achille pour faire mouche. Souvent ça tombe un peu à plat. Il y a bien quelques jeu de mots par ci par là, quelques rares situations qui prêtent à sourire, mais dans l'ensemble c'est pas ça. C'est pas facile de faire rire avec de l'humour con et décalé et ici les répliques sorties de nulle part ne se révèlent pas forcément drôles.
Si il ne réussit pas à être drôle, cet album évite tout de même d'être lourd. Donc au final c'est pas une expérience de lecture désagréable, mais cette farce antique devrait s'oublier assez vite.
La lecture est rapide (l’album est quasi muet), et je ne peux pas dire qu’elle ait été désagréable. Mais j’en suis sorti en restant sur ma faim.
Au travers du mythe de Dracula, c’est en fait la dictature argentine dans laquelle Breccia a conçu les histoires regroupées ici qui est dénoncée, de façon plus ou moins allégorique (une seule histoire semble s’y rattacher directement, les autres se déroulent dans des périodes différentes). C’est d’ailleurs confirmé par Carlos Sampayo dans sa préface.
Mais, si le propos est plus que louable, et si visuellement le dessin de Breccia, très original, dégage une certaine force, parfois proche de la peinture expressionniste, ça n’a pas suffi pour me captiver. Les courts récits manquaient le plus souvent de densité, et ne sont pas au niveau du dessin.
Accessoirement, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir d'humoristique dans ces récits...
Bon, ça se laisse lire, assez vite – peu de dialogues, et une intrigue pas vraiment fouillée. Mais je vais rapidement oublier cette histoire assez abracadabrantesque.
En effet, rien n’est réellement crédible dans ce récit. Du personnage de Margot, jeune provinciale sortie de son bled paumé, débarquant à New-York et échappant à tous les « requins » voulant la croquer. Surtout, elle se constitue une sorte de cour des miracles, et devient en moins de deux reine des démolisseurs, faisant la nique à tous les exploiteurs de la misère et autres promoteurs immobiliers véreux. Elle casse les appartements avec ses amis, tout en aidant vieillards, pauvres, leur fournissant de la nourriture, négociant avec les dealeurs. Tout est hautement improbable, de l’intrigue générale au déroulement en détails.
Et finalement aucun personnage n’est crédible ou intéressant. Certains sont même grotesques (alors que cela ne semble pas avoir été le but recherché), comme cette Angelica, dont les motivations sadiques restent obscures, et dont les actions échappent à tout réalisme.
Reste le dessin de Frezzato. Il est très daté et, s’il est très lisible, il accentue souvent le manque de réalisme de l’ensemble, il est froid, glacé. La colorisation est elle aussi datée, même si elle rend bien l’ambiance métallique et froide de l’histoire.
Une lecture décevante.
Je me suis fait violence pour lire ce gros pavé de plus de 300 pages et j'ai finalement battu en retraite au bout de quelques 200 pages pour sauter vers la fin et voir si la conclusion allait relever le niveau. Tout du long, je me suis demandé où voulait en venir l'auteur et au final je n'y comprends toujours rien.
Pendant beaucoup trop de planches, on suit un scénariste et semi-réalisateur de films d'horreur de série Z. La narration survole toutes les scènes, avec des bouts de dialogues comme si le lecteur captait des bribes d'instants et devait se charger de raccorder les morceaux sur la base de ces portions d'ambiance, ces extraits de moments. On y suit le tournage bancal et improvisé de films minables, faits par des passionnés ou des acteurs qui font ça juste pour le fric. On constate à quel point tout cela est bancal et souvent pitoyable. En parallèle, on suit la médiocre vie intime du héros avec son mariage qui bât autant de l'aile que sa carrière, ses hésitations, son éventuelle attirance envers une actrice qu'il connait depuis longtemps, les rapports compliqués entre sa femme ashkénaze et sa famille séfarade, sa relation difficilement compréhensible avec son producteur qui reflète le monde bizarre du cinéma et de ses histoires de fric et d'égo...
Puis soudain, on change complètement de héros pour suivre la carrière d'un ancien acteur du début du 20e siècle... Puis quand c'est fini, finalement, on revient à suivre l'histoire de la mère de l'épouse du héros... puis l'histoire de l'épouse elle-même... Et finalement, ça se termine sans vraie conclusion, juste voilà, le héros et son épouse sont ensemble...
Je me contente là de résumer l'album, ou du moins ce que j'en ai compris, mais à aucun moment je ne suis rentré dans l'histoire. J'ai été vaguement intéressé par la manière bancale dont se passaient les tournages de ces films d'horreur minables, et par le monde du cinéma pour ce type de cinéastes. Mais à part ça, je me suis lourdement ennuyé et je n'ai pris aucun plaisir, n'ai ressenti aucun intérêt pour les protagonistes.
Une BD qui m'est passée complètement à côté et que je n'essaierai pas de relire.
Je rejoins l'avis de NoirDesir, c'est du trop classique pour être simplement sauvé par le dessin toujours aussi bon de Hugdebert. Je dirais d'ailleurs que c'est la première fois que je lui trouve un défaut d'inspiration.
Le dessin de Hugdebert est excellent, toujours d'aussi bonne facture, et son inspiration pour les périodes historiques se ressent encore et toujours. Dans la fin du XIXè siècle, entre peintres sortant de l'académisme et bourgeoisie dans la province. On sentirait presque l'inspiration Balzacienne ou de Maupassant. Mais dans cette histoire, on sort très peu des classiques de la BD cul de base.
Deux jeunes filles initiées au plaisir charnel, jeune femme libérée qui l'apprend à une autre, jeunes peintres toujours fougueux. Je pense que ça peut plaire à un certain type de lecteur, néophyte dans le domaine et peu regardant sur la qualité narrative.
Pour ma part, je reste plus mitigé que sur les autres productions de l'auteur.
En refermant cet album, c'est bien la déception qui l'emporte après de belles promesses : adaptation d'une nouvelle de Maupassant, écrivain illustre, belle couverture et ambiance crépusculaire dans un environnement très intéressant des tourbières de l'Aubrac.
Mais voilà, le scénario tient sur un timbre poste et on sent la chute arriver assez vite... D'autre part, le caractère des personnages est bien trop stéréotypé pour être crédible. Personnellement, à la place du héros photographe, cela aurait fait belle lurette que j'aurais décampé de ce gite sinistre et peu accueillant...
Le dessin et la colorisation flatteurs à l’œil, l'ambiance sombre et le caractère marqué des paysages des landes de l'Aubrac sauvent un peu l'ensemble mais pas assez pour réhausser significativement ma note malheureusement.
Originalité : 1,5/5 - Histoire : 1,5/5
Dessin : 3/5 - Mise en couleurs : 3/5
NOTE GLOBALE : 9/20
La série est signalée comme abandonnée. Je n’en suis pas sûr. Le mot « fin » conclut l’album et l’histoire ne semble pas appeler de suite. Mais je comprends ce sentiment, tant la fin est expédiée, pour ne pas dire bâclée, en deux temps trois mouvements.
Avant d’en arriver à cette fin décevante, je n’ai pas été captivé plus que ça par l’histoire, pas des plus originales. Et je n’ai pas accroché non plus à la narration, pas folichonne je trouve. Ça se laisse lire, mais tout aussi vite oublier. De la fantasy trop classique, dépaysée dans une Chine imaginaire.
Certains aspects m’ont surpris. Les 7 sœurs elfes, présentées (y compris dans le sous-titre) comme immortelles, ne le sont semble-t-il pas, puisque 6 d’entre elles sont mortes ou meurent, sans que j’aie compris comment ce paradoxe était rendu possible.
Le dessin est ambivalent. S’il n’est pas exempt de défaut, on ne peut lui retirer une beauté certaine. Mais ça fait souvent davantage illustration et surtout la colorisation – informatique semble-t-il – donne un rendu glaçant, un peu trop froid à mon goût.
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Divin Scénario
Après la très belle révélation du « Dieu vagabond » en 2019, Fabrizio Dori nous propose avec ce « Divin Scénario », paru l’an dernier, une nouvelle relecture des mythes antiques. Et là, on ne va pas se mentir, la déception est lourde. Autant on avait été charmé par les pérégrinations du satyre Eustis, autant on se doit de reconnaître que ce nouveau scénario qui, s’il est peut-être « divin », n’a assurément rien de diabolique. Malgré les quelques maladresses dans le trait sur son premier opus, on avait apprécié la candeur du propos, on avait été émerveillé par la chatoyance des couleurs et impressionné par l’érudition de l’auteur qui avait parsemé son récit de maintes références mythologiques. Quant à l’ouvrage dont il est question, le pitch est pourtant loin d’être dénué d’intérêt et l’histoire commençait plutôt bien. Dans un registre pour le moins décalé, les auteurs nous embarquent dans le sillage ailé de l’ange Gabriel, qui comme chacun sait, avait été mandaté par Dieu pour rechercher sur Terre la femme qui lui donnerait un fils. Las, l’opération du Saint Esprit ne va pas se dérouler comme prévu, alors que le GPS de son portable n’en fait qu’à sa tête. Gabriel va devoir parcourir tous les continents, à toutes les époques, dans l’espoir de trouver la sainte matrice. Cette quête fournira l’occasion à Gabriel de rencontrer des femmes légendaires et autres icônes terrestres : Charybde (à moins que ne soit Scylla), Shéhérazade, Guenièvre jusqu’à Marylin, en passant par Madame Bovary… mais de Marie, point ! Ça ne serait rien si notre archange n’était pas dérangé régulièrement par son portable (Saint-Luc a besoin d’un debrief régulier pour tenir le « vieux » informé), qui plus est toujours au moment où il est en train de conter fleurette à ces dames… Mais cette introduction paraîtrait déjà presque trop longue eu égard au découragement qui a saisi l’auteur de ces lignes au fil de la lecture. Car si la trame est simplissime, les fioritures textuelles qui viennent s’y greffer ne font qu’alourdir le récit, réduisant à néant toute lisibilité. C’est extrêmement bavard, souvent abscons, avec de grands écarts stylistiques (entre poème médiéval et français parlé d’aujourd’hui, un chouilla populaire mais pas trop hein !…) à vous donner le torticolis. Au final, on finit par se foutre totalement du sort de Gabriel, dût-il atterrir en enfer… Et lorsqu’on se réveille, on ne comprend pas tout de suite pourquoi on a le front posé sur le livre ouvert. Il ne faudra pas davantage compter sur l’humour pataud et lourdingue pour sauver la mise. Bref, nous avons ici une véritable catastrophe éditoriale, encore plus surprenante de la part d’Actes Sud, qui n’aura peut-être retenu comme seule critère l’étalage éruditionnel. Le seul à faire le taf est Fabrizio Dori, artiste certes talentueux, mais la beauté de ses planches tend malheureusement à s’effriter devant le profond ennui (pour ne pas dire le malaise) suscité par le récit. Enfer, damnation et paradis perdu, quel dommage !
Carole & Tuesday
Carole et Tuesday c'est la dernière série en date de Shin'ichiro Watanabe et je n'ai pas regardé l'anime parce que si pour moi c'est un réalisateur avec du talent, la plupart du temps je ne rentre pas trop dans son univers. Par exemple, il n'y a que deux-trois épisodes de Cowboy Bebop qui m'ont marqué et je n'ai pas trouvé que c'était une série exceptionnelle tout en comprenant que d'autres la trouvent géniale. J'ai tout de même lu l'adaptation en manga de Carole et Tuesday par curiosité vu qu'il n'y a que trois tomes et je me suis vite aperçu que ce n'était pas un manga pour moi. En effet, je ne suis pas trop fan habituellement des récits ayant pour thème la musique et cette série ne fait pas exception. Je n'ai pas réussi à m'intéresser au parcours de Carole et Tuesday pour percer dans le monde de la musique. On peut dire que c'est de ma faute d'avoir lu le manga alors que le thème principal ne me passionne pas et j'imagine que d'autres lecteurs vont mieux accrocher, mais un autre problème est que le scénario va souvent beaucoup trop vite à mon goût. Comme je n'ai pas vu l'anime, je ne peux pas comparer, mais la manière dont le récit est conté donne vraiment l'impression qu'on voulait raconter de manière la plus rapide possible en manga l'histoire d'un anime qui fait 24 épisodes. Si je compare avec une autre adaptation en manga d'un anime, ''Neon Genesis Evangelion'', le rythme est plus lent et met bien en place les personnages et les événements majeurs de l'anime alors qu'ici les personnages débarquent tellement vite que parfois j'étais un peu perdu. Franchement, je pense que ça serait mieux de regarder l'anime, surtout si vous êtes fan du réalisateur. Dommage parce que le dessin a de la classe.
Le Secret des bois de Lascaux
Je rejoins l'avis de Spooky concernant les qualités et défauts de cet album. Si le dessin de Bigotto est simple, mais clair (disons qu'il fait le boulot), l'histoire en elle-même est loin d'être palpitante. Elle se contente de reprendre le récit de la découverte, en suivant les divers témoignages des inventeurs du site mondialement connu. De fait, la narration est souvent ampoulée, en particulier lorsqu'il faut décrire la région, les lieux, ou présenter les protagonistes. L'intérêt - car il y en a bien un malgré tout - est ailleurs. Il réside essentiellement dans les documents (articles de presse, photographies, petit dossier), qui accompagnent la partie BD proprement dite. Cette partie documentaire (et la préface de Coppens) intéressera les amateurs de préhistoire et de cette grotte, qui regorge de chefs d'oeuvre intemporels. Gros bof concernant la BD, mais l'album peut intéresser quand même.
Troie Zéro
Troie Zéro c'est un récit décalé qui prend place dans la Grèce antique, qui mélange quelques héros de la mythologie dans une aventure absurde à base de femme perdue, de road trip et de guerre de la reconquête. L'idée est pas mal et ouvre la porte à un large éventail de fantaisie avec lesquelles les auteurs vont tenter de faire travailler les zygomatiques des lecteurs. Seulement les gags ne fonctionnent pas tellement. Ils jouent dans la cour de l'absurde mais il ne suffit pas de mettre un Kebab dans les mains d'Achille pour faire mouche. Souvent ça tombe un peu à plat. Il y a bien quelques jeu de mots par ci par là, quelques rares situations qui prêtent à sourire, mais dans l'ensemble c'est pas ça. C'est pas facile de faire rire avec de l'humour con et décalé et ici les répliques sorties de nulle part ne se révèlent pas forcément drôles. Si il ne réussit pas à être drôle, cet album évite tout de même d'être lourd. Donc au final c'est pas une expérience de lecture désagréable, mais cette farce antique devrait s'oublier assez vite.
Dracula... (Dracula, Dracul, Vlad?, bah...)
La lecture est rapide (l’album est quasi muet), et je ne peux pas dire qu’elle ait été désagréable. Mais j’en suis sorti en restant sur ma faim. Au travers du mythe de Dracula, c’est en fait la dictature argentine dans laquelle Breccia a conçu les histoires regroupées ici qui est dénoncée, de façon plus ou moins allégorique (une seule histoire semble s’y rattacher directement, les autres se déroulent dans des périodes différentes). C’est d’ailleurs confirmé par Carlos Sampayo dans sa préface. Mais, si le propos est plus que louable, et si visuellement le dessin de Breccia, très original, dégage une certaine force, parfois proche de la peinture expressionniste, ça n’a pas suffi pour me captiver. Les courts récits manquaient le plus souvent de densité, et ne sont pas au niveau du dessin. Accessoirement, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir d'humoristique dans ces récits...
Margot
Bon, ça se laisse lire, assez vite – peu de dialogues, et une intrigue pas vraiment fouillée. Mais je vais rapidement oublier cette histoire assez abracadabrantesque. En effet, rien n’est réellement crédible dans ce récit. Du personnage de Margot, jeune provinciale sortie de son bled paumé, débarquant à New-York et échappant à tous les « requins » voulant la croquer. Surtout, elle se constitue une sorte de cour des miracles, et devient en moins de deux reine des démolisseurs, faisant la nique à tous les exploiteurs de la misère et autres promoteurs immobiliers véreux. Elle casse les appartements avec ses amis, tout en aidant vieillards, pauvres, leur fournissant de la nourriture, négociant avec les dealeurs. Tout est hautement improbable, de l’intrigue générale au déroulement en détails. Et finalement aucun personnage n’est crédible ou intéressant. Certains sont même grotesques (alors que cela ne semble pas avoir été le but recherché), comme cette Angelica, dont les motivations sadiques restent obscures, et dont les actions échappent à tout réalisme. Reste le dessin de Frezzato. Il est très daté et, s’il est très lisible, il accentue souvent le manque de réalisme de l’ensemble, il est froid, glacé. La colorisation est elle aussi datée, même si elle rend bien l’ambiance métallique et froide de l’histoire. Une lecture décevante.
Blood of the virgin
Je me suis fait violence pour lire ce gros pavé de plus de 300 pages et j'ai finalement battu en retraite au bout de quelques 200 pages pour sauter vers la fin et voir si la conclusion allait relever le niveau. Tout du long, je me suis demandé où voulait en venir l'auteur et au final je n'y comprends toujours rien. Pendant beaucoup trop de planches, on suit un scénariste et semi-réalisateur de films d'horreur de série Z. La narration survole toutes les scènes, avec des bouts de dialogues comme si le lecteur captait des bribes d'instants et devait se charger de raccorder les morceaux sur la base de ces portions d'ambiance, ces extraits de moments. On y suit le tournage bancal et improvisé de films minables, faits par des passionnés ou des acteurs qui font ça juste pour le fric. On constate à quel point tout cela est bancal et souvent pitoyable. En parallèle, on suit la médiocre vie intime du héros avec son mariage qui bât autant de l'aile que sa carrière, ses hésitations, son éventuelle attirance envers une actrice qu'il connait depuis longtemps, les rapports compliqués entre sa femme ashkénaze et sa famille séfarade, sa relation difficilement compréhensible avec son producteur qui reflète le monde bizarre du cinéma et de ses histoires de fric et d'égo... Puis soudain, on change complètement de héros pour suivre la carrière d'un ancien acteur du début du 20e siècle... Puis quand c'est fini, finalement, on revient à suivre l'histoire de la mère de l'épouse du héros... puis l'histoire de l'épouse elle-même... Et finalement, ça se termine sans vraie conclusion, juste voilà, le héros et son épouse sont ensemble... Je me contente là de résumer l'album, ou du moins ce que j'en ai compris, mais à aucun moment je ne suis rentré dans l'histoire. J'ai été vaguement intéressé par la manière bancale dont se passaient les tournages de ces films d'horreur minables, et par le monde du cinéma pour ce type de cinéastes. Mais à part ça, je me suis lourdement ennuyé et je n'ai pris aucun plaisir, n'ai ressenti aucun intérêt pour les protagonistes. Une BD qui m'est passée complètement à côté et que je n'essaierai pas de relire.
Le secret de tante Pauline
Je rejoins l'avis de NoirDesir, c'est du trop classique pour être simplement sauvé par le dessin toujours aussi bon de Hugdebert. Je dirais d'ailleurs que c'est la première fois que je lui trouve un défaut d'inspiration. Le dessin de Hugdebert est excellent, toujours d'aussi bonne facture, et son inspiration pour les périodes historiques se ressent encore et toujours. Dans la fin du XIXè siècle, entre peintres sortant de l'académisme et bourgeoisie dans la province. On sentirait presque l'inspiration Balzacienne ou de Maupassant. Mais dans cette histoire, on sort très peu des classiques de la BD cul de base. Deux jeunes filles initiées au plaisir charnel, jeune femme libérée qui l'apprend à une autre, jeunes peintres toujours fougueux. Je pense que ça peut plaire à un certain type de lecteur, néophyte dans le domaine et peu regardant sur la qualité narrative. Pour ma part, je reste plus mitigé que sur les autres productions de l'auteur.
Les Tourbières noires
En refermant cet album, c'est bien la déception qui l'emporte après de belles promesses : adaptation d'une nouvelle de Maupassant, écrivain illustre, belle couverture et ambiance crépusculaire dans un environnement très intéressant des tourbières de l'Aubrac. Mais voilà, le scénario tient sur un timbre poste et on sent la chute arriver assez vite... D'autre part, le caractère des personnages est bien trop stéréotypé pour être crédible. Personnellement, à la place du héros photographe, cela aurait fait belle lurette que j'aurais décampé de ce gite sinistre et peu accueillant... Le dessin et la colorisation flatteurs à l’œil, l'ambiance sombre et le caractère marqué des paysages des landes de l'Aubrac sauvent un peu l'ensemble mais pas assez pour réhausser significativement ma note malheureusement. Originalité : 1,5/5 - Histoire : 1,5/5 Dessin : 3/5 - Mise en couleurs : 3/5 NOTE GLOBALE : 9/20
Nüwa
La série est signalée comme abandonnée. Je n’en suis pas sûr. Le mot « fin » conclut l’album et l’histoire ne semble pas appeler de suite. Mais je comprends ce sentiment, tant la fin est expédiée, pour ne pas dire bâclée, en deux temps trois mouvements. Avant d’en arriver à cette fin décevante, je n’ai pas été captivé plus que ça par l’histoire, pas des plus originales. Et je n’ai pas accroché non plus à la narration, pas folichonne je trouve. Ça se laisse lire, mais tout aussi vite oublier. De la fantasy trop classique, dépaysée dans une Chine imaginaire. Certains aspects m’ont surpris. Les 7 sœurs elfes, présentées (y compris dans le sous-titre) comme immortelles, ne le sont semble-t-il pas, puisque 6 d’entre elles sont mortes ou meurent, sans que j’aie compris comment ce paradoxe était rendu possible. Le dessin est ambivalent. S’il n’est pas exempt de défaut, on ne peut lui retirer une beauté certaine. Mais ça fait souvent davantage illustration et surtout la colorisation – informatique semble-t-il – donne un rendu glaçant, un peu trop froid à mon goût. Une lecture qui m’a laissé sur ma faim.