Il y a beaucoup de choses que j'ai appréciées dans cet album, mais il y en a trop qui m'ont déçu en contrepartie si bien que j'ai terminé ma lecture sur une note négative.
Ce que j'ai apprécié avant tout, c'est le trait du dessin. C'est une ligne très propre, proche de la ligne claire, pour un rendu de qualité et techniquement maîtrisé. Seule la tête du héros m'agace un peu mais ce n'est pas une question de dessin, plus un ressenti personnel. Par contre, ce dessin est affadi et refroidi par une colorisation terne et surtout trop informatisée, avec des dégradés qui aplatissent les reliefs et donnent un aspect trop moderne et sans charme à cette histoire se déroulant au 19e siècle.
J'aurais pu beaucoup l'apprécier l'histoire aussi. J'aime bien les histoires fantastiques à base de fantômes et d'enquête paranormale, notamment dans un cadre victorien. Mais trop d'éléments m'ont parus bancals. Les comportements de nombreux personnages paraissent forcés, sans naturel. Outre les fantômes qui apparaissent sans arrêt pour pousser l'intrigue dans le bon sens, trop d'aspects de l'intrigue paraissent artificiels : je citerai notamment le coup de foudre instantané du héros et de la jolie héritière, ce héros qui quitte une scène de crime en emmenant tranquillement l'arme du crime avec lui, des traces bien trop pratiques et pas crédibles dans les mains de l'assassin, ou encore ce qu'il arrive à l'héroïne en fin d'album... Quant au fantôme qui trouve enfin le repos, vu le résultat de ses actes post-mortem, je doute qu'il puisse y trouver un quelconque repos.
Bref, le scénario m'est apparu cousu de fil blanc et trop décevant.
Etrange, cette série, que j’ai empruntée en pensant lire un récit historique sur les Mayas. Encore que, avec Dufaux au scénario, je me disais bien – en le craignant un peu – qu’il allait y avoir du fantastique pour « dynamiser » une intrigue historique (voir ce qu’il a fait sur « Conquistador »).
Une partie de l’intrigue, qui joue sur des va-et-vient dans le temps et l’espace, de la Méso-Amérique à l’époque de la conquête à une période contemporaine, m’ont fait penser à une nouvelle de Cortazar, qui a peut-être inspiré Dufaux. Comme si ça ne suffisait pas, Dufaux y ajoute de la SF (toujours le besoin de surenchère chez cet auteur, c’est dommage, le trop étant souvent l’ennemi du bien). Mais ces aller-retours qui se multiplient m’ont parfois un peu perdu, c’est un peu difficile à suivre – comme l’intrigue elle-même, un peu fouillis. Et le troisième album m’est apparu comme le moins clair de tous, comme si Dufaux naviguait à vue avant de trouver une conclusion satisfaisante.
Le dessin de Bosschaert est lui plus convaincant. J’ai bien aimé sa colorisation, déjà. Mais aussi son trait. Certaines cases sont très belles. Et il m’a fait penser à Bilal (le visage du héros).
Et puis, alors que seuls trois tomes avaient toujours été annoncé, le troisième concluant – brutalement (dans tous les sens du terme) le récit, Dufaux a souhaité se lancer dans un deuxième cycle. Un seul album est paru, Bosschaert laissant la colorisation à Pereyra : j’ai un peu moins aimé son rendu (qui lisse parfois un peu trop les nuances – pour certains visages et décors), et les tons plus sombres.
Surtout, ce nouveau cycle n’est relié qu’à l’arrache au récit des trois albums précédents, et il joue quasi uniquement sur la SF. Pourquoi pas (mais alors créer une nouvelle série !) ? Mais c’est surtout que l’intrigue est encore une fois obscure, et que ce quatrième album inaugurant un nouveau cycle est resté orphelin, laissant en plan les lecteurs, qui n’en connaîtront donc pas la fin.
Note réelle 2,5/5.
Un drôle de roman graphique qui tient un peu du projet étudiant en école d'arts plastiques.
L'originalité vient en effet avant tout du graphisme qui, s'il n'était pas aussi visiblement réalisé sur ordinateur, s'apparenterait en bonne partie à des collages d'aplats découpés pour former des formes et des images. C'est un style très personnel qui m'a initialement attiré vers cet album mais qui pourtant ne m'a pas vraiment convaincu une fois plongé dedans. J'aime bien le sens esthétique de ses choix de couleurs et je trouve les arrière-plans relativement jolis, mais par contre les avant-plans et les personnages eux-mêmes sont franchement bof. Et sur la longueur, j'avoue ne pas avoir pris de plaisir à lire une histoire complète sur la base de ce graphisme qui n'aide pas à la clarté de la compréhension.
Quant à l'histoire, je l'ai trouvé très vaine, sans intérêt. Elle survole des thèmes comme celui de profiter du bon temps et de ne pas s'embêter avec de quelconques obsessions, elle insiste aussi beaucoup sur la pêche, un peu sur la cuisine, mais quand j'ai terminé l'album, je me suis dit "hein, c'est tout ?". Ca se termine en queue de poisson, pour rester sur le sujet principal de l'histoire, et je suis resté complètement perplexe, ayant l'impression de beaucoup de vide dans cette intrigue qui n'a jamais su ni me parler ni soulever mon enthousiasme.
Je suis assez perplexe après la lecture de ce récit historique. Quand l'œuvre a été créée, nous étions proche du bicentenaire de la Révolution et le thème occupait le devant de la scène avec des œuvres assez inégales.
Pour sortir de cette profusion il fallait donc prendre un angle inédit. Cothias choisit la période prérévolutionnaire autour du couple Condorcet (des nobles) acquis aux idées réformatrices. Le souci est que Condorcet est dans une période un peu creuse par rapport à son passé intellectuel et son avenir engagé dans la révolution.
Les auteurs introduisent un côté fictionnel pour augmenter l'intensité dramatique autour d'une liaison supposée et d'une fille placée.
D'une part Cothias nous livre des passages dignes de Wikipédia avec des dialogues supposés assez lourds grâce à une énumération de type galerie sans fin des principaux esprits ou décisionnaires de l'époque. Certains passages font vraiment dictionnaire assez ennuyeux. J'ai d'ailleurs bondi en T1 p46 quand Cothias place dans la bouche de Condorcet avec un contre sens philosophique total la célèbre phrase de Pascal : "Le cœur a ses raisons que la raison ignore (ne connait point)" qu'il attribue à... Descartes ! Oups cela décrédibilise beaucoup quand on parle de ce sujet.
Ensuite Cothias porte une charge violente contre La Fayette, personnage historique dont le nom a souvent été repris. Perso, j'aimerais connaître les sources qui lui permettent d'accréditer une telle situation. Si on y ajoute les énormes clichés sur Louis XVI, je n'y trouve pas mon compte.
Le graphisme de Lax verse vers un réalisme assez banal que l'on rencontre dans plusieurs séries de cette époque sans beaucoup de caractère.
Lax fera sa révolution graphique quelques années plus tard avec bonheur. Je préfère même son graphisme humoristique et un brin caricatural de Du sang sur les groseilles.
Une mise en couleur triste et fade complète une pauvre lecture de la seule série de Lax que je n'avais pas lue.
La BD est totalement muette. Et, lorsque l'on s'aventure dans ce genre de récit, on s'attend à ce que les images nous guident tout du long. Néanmoins, ici, je dois avouer que l'auteur m'a perdu.
Pourquoi ? La BD comporte en réalité plusieurs histoires qui s'entremêlent et, si je suis à peu près arrivé à suivre l'arc principal avec le chasseur, que j'ai trouvé plutôt réussi, ou du moins relativement compréhensible, je n'ai pas vraiment compris les digressions avec les moines et le mariage (voire avec le taureau et le matador, bien que plus dans le thème). Et en fait, c'est pour cela que je me dis que je suis sûrement passé à côté de la bd. Il est évident que l'auteur a voulu raconter quelque chose. J'ai bien compris la dénonciation de la cruauté envers les animaux, la bêtise absolue que sont les armes à feu ou le message écologique disséminé ci et là. Cela est clair avec le chasseur. Mais non, je n'ai pas compris le reste. C'est soit mal amené et donc pas assez clair, soit c'est moi qui suis passé totalement au travers. Je laisse le bénéfice du doute à l'auteur et il me tarde de lire un autre avis pour en savoir plus.
Un mot sur le dessin pour terminer parce que c'est assez paradoxal en fait. La bd est muette, seul le dessin est là pour nous guider mais on passe rapidement outre dans la mesure où on essaie de comprendre ce que l'auteur veut démontrer. Et c'est peut-être volontaire en réalité.
Le dessin est simple (ce qui ne veut pas dire facile), c'est du noir et blanc et il se focalise sur l'essentiel : le chasseur, son arme (qui est un oiseau), ses proies (qui sont des fusils).
Une BD particulière, que je n'ai pas su classer.
On est sur une idée pas franchement originale, Manara a fait dans la même veine avec son Déclic au dessin un peu mieux travaillé. Ici on reste sur du basique dans le déroulé avec cette laborantine qui se fait prendre progressivement au jeu de la séduction par composé chimique, tandis que son supérieur de laboratoire l'exploite comme cobaye. C'est un prétexte pour enchainer les scènes de sexe en tout genre avec un(e) ou plusieurs partenaires.
Soyons honnête, ça ne vole pas beaucoup plus haut que ça. L'étalage des scènes de sexe est franchement rapide et si le dessin retranscrit bien ces scènes là, je suis moyennement convaincu par les moments où il ne fait pas dans l'exposition des chairs. Notamment les visages ou les postures qui ont souvent l'air figés. Et le scénario ne convainc pas franchement de rester plus longtemps que nécessaire, ni même de la lire tout court d'ailleurs. Du bas du panier, moyen et pas fou.
L'action d'Utopie se situe dans un monde futuriste totalement aseptisé. Tout est bien rangé, géré par les autorités. Chacun se plie aux règles, va à son boulot sans se poser de question, rentre le soir retrouver sa babe ou son boy. C'est à dire un conjoint de pacotille, sorte de robot androïde humanisé, en charge de vous préparer un repas et de vous faire un câlin avant de dormir. Les gens semblent avoir oublié les traces du passé : les livres n'existent plus, et les gens ne se rappellent même plus de leurs parents. Voilà pour le contexte. Ce train train semble un peu bousculé lorsque Will va trouver un livre déposé dans une poche de sa veste.
Pourquoi pas ? Sauf qu'à l'image de cet univers, la lecture de ce premier tome manque de palpitant. Bien qu'interessant, le petit suspens apporté par ce mystérieux livre n'est pas suffisant. C'est mou, ça ne décolle pas vraiment. On a envie de secouer un peu les personnages, et on aimerait qu'il se passe plus de choses.
Le dessin est également en dessous des attentes. Griffo nous a habitué à mieux. Ici les personnages sont figés, les cases peu agrémentées de détails. Trop souvent les décors sont absents et comblés par un aplat de couleur unie en arrière plan. C'est pas idéal pour l'immersion et le plaisir des yeux, il y a un gout de trop peu.
Pas convaincu par ce premier tome.
Bon, ça a beau être une femme aux manettes qui met en scène les idées et fantasmes qu'elle a entendus de ses amies, c'est pas franchement folichon pour autant. L'ensemble des histoires est vite lue, et ne sortent de cet ensemble que deux ou trois histoires inspirées, notamment celle de la discussion dans le noir alors que les deux dorment dans la même chambre. D'autres m'ont rappelé des idées déjà vues. Dans la globalité il faut noter que les femmes sont au centre des décisions et motivations, avec une certaine audace même dans plusieurs situations.
Mais voila, en définitive c'est juste sympathique et le dessin qui est proposé ne suffit pas vraiment à dépasser ce stade. Beaucoup d'histoires ne sont ni excitantes ni intéressantes, c'est juste sympathique à lire avec des chutes parfois éventées ou dont l'effet retombe. Et c'est dommage, je trouve que plusieurs idées de fantasmes sont intéressantes (l'histoire finale notamment avec une idée de boucle de fantasmes) mais globalement c'est vite oublié. Je trouve que ce genre de compilations d'histoires est assez souvent creux, avec des hauts rares et des bas assez nombreux.
Je trouve d'ailleurs que le dessin pêche un peu. Les visages en gros plans sont souvent difformes et les environnements plutôt pauvres. C'est assez peu intéressant visuellement, et je ne recommande pas la lecture ou l'achat.
Décidément, je crois que j'ai du mal avec les œuvres de Jérémie Moreau et je ne comprends absolument pas pourquoi. Concrètement, il a tout pour me plaire sur le papier : dessin coloré et dynamique, aux audaces visuelles notamment dans les paysages, réflexion sur la place de l'homme dans le monde, l'écologie et la nature, histoire sans forcément de résolution heureuse. Mais pourquoi je n'aime pas plus que ça ?
Je pense que ça tient à trois choses : les personnages, la représentation et les coutures scénaristique.
Ca commence avec Penss qui m'a rapidement énervé par son attitude assez complexe à comprendre, et qui ne s'est pas franchement amélioré avec la suite de la BD. D'autres m'ont parus plus simples, surtout dans le design (le vieux avec sa moustache semble tout droit sorti d'un album de Tezuka et tranche franchement avec le reste des représentations).
Ensuite, la représentation de l'humanité de cette époque. Je ne cours pas après la recherche développée et complète, mais je sais que les humains de cette époque ne vivaient que très peu dans des grottes et des cavernes, d'autant que j'ai aussi eu des échos sur les potentiels débuts de l'agriculture. Je suis assez rigide sur ces points, mais j'ai du mal avec la représentation à but qui est claire et évidente, avec l'idée de présenter un propos tout au long du récit, mais ça me parait tellement simpliste face à la réalité d'une époque aussi complexe et surtout face aux bouleversements que furent l'agriculture.
Et enfin, j'ai vu plusieurs coutures scénaristiques bien avant qu'elles n'arrivent et ça m'a agacé. Rien que par la représentation de certains, je savais leur rôle dans l'histoire (notamment la fille). Idem lorsque le chef explique que ça fait longtemps qu'ils n'ont plus de naissance dans le clan. Je savais ce qui allait s'ensuivre et lorsque je comprends où l'on va arriver et pour quelles raisons, ça m'énerve. Je ne demande pas une intrigue de fou avec de multiples révélations, mais là le déroulé m'a semblé souvent assez linéaire et sans grand intérêt. Ce qui a fait baisser mon intérêt au fur et à mesure de la lecture.
C'est donc sans grande passion que j'ai fini ma lecture, et que je me retrouve avec le message de la BD. Message intéressant, que je comprends et qui me semble assez clair. Sauf qu'il m'a semblé très maladroit dans la façon d'être amené et surtout je trouve qu'il rentre curieusement en contradiction avec lui-même. La question d'un clan d'appartenance (et la naissance) alors que les clans semblent plusieurs fois montrés comme dangereux, soit entre eux soit en demandant aux gens de se comporter d'une façon qui n'est pas forcément à leur convenance. La question de la beauté du monde est très bonne, mais en montrant un gars qui subit de plein fouet la question de la faim et des dangers de la nature, ça semble assez contradictoire. Il me semble voir là un message comme ce que j'ai pu lire dans les récits de Bernard Clavel ou Jack London, lesquels parlent souvent de nature magnifique mais dangereuse. Ici, je crois que je n'ai pas assez vu le danger (réel) de cette nature, l'impact que ça peut avoir et justement, la question de la beauté malgré ce danger.
Je discours beaucoup mais j'ai un besoin de comprendre pourquoi les albums de Jérémie Moreau m'intéressent sans me passionner. Je vais continuer à le lire, mais j'ai l'impression de ne pas franchement y arriver avec sa façon de faire les scénarios. A relire, pour confirmer.
J'ai découvert Guillaume Bianco à travers Billy Brouillard et je suis tombé sous le charme. Malheureusement je n'ai pas accroché à son carnet secret sur les seins.
Effectivement c'est traité sans vulgarité et avec humour mais j'ai lu cette suite d'anecdotes sans y trouver beaucoup d'intérêt.
Une sorte de blague potache qui fait sourire au début mais qui montre une certaine futilité à la longue. Il y a trop d'écart entre le résultat de Billy Brouillard et celui-ci pour que je sois convaincu.
Une lecture certes avec des côtés amusants mais trop inconsistante à mes yeux.
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Il y a beaucoup de choses que j'ai appréciées dans cet album, mais il y en a trop qui m'ont déçu en contrepartie si bien que j'ai terminé ma lecture sur une note négative. Ce que j'ai apprécié avant tout, c'est le trait du dessin. C'est une ligne très propre, proche de la ligne claire, pour un rendu de qualité et techniquement maîtrisé. Seule la tête du héros m'agace un peu mais ce n'est pas une question de dessin, plus un ressenti personnel. Par contre, ce dessin est affadi et refroidi par une colorisation terne et surtout trop informatisée, avec des dégradés qui aplatissent les reliefs et donnent un aspect trop moderne et sans charme à cette histoire se déroulant au 19e siècle. J'aurais pu beaucoup l'apprécier l'histoire aussi. J'aime bien les histoires fantastiques à base de fantômes et d'enquête paranormale, notamment dans un cadre victorien. Mais trop d'éléments m'ont parus bancals. Les comportements de nombreux personnages paraissent forcés, sans naturel. Outre les fantômes qui apparaissent sans arrêt pour pousser l'intrigue dans le bon sens, trop d'aspects de l'intrigue paraissent artificiels : je citerai notamment le coup de foudre instantané du héros et de la jolie héritière, ce héros qui quitte une scène de crime en emmenant tranquillement l'arme du crime avec lui, des traces bien trop pratiques et pas crédibles dans les mains de l'assassin, ou encore ce qu'il arrive à l'héroïne en fin d'album... Quant au fantôme qui trouve enfin le repos, vu le résultat de ses actes post-mortem, je doute qu'il puisse y trouver un quelconque repos. Bref, le scénario m'est apparu cousu de fil blanc et trop décevant.
Jaguar
Etrange, cette série, que j’ai empruntée en pensant lire un récit historique sur les Mayas. Encore que, avec Dufaux au scénario, je me disais bien – en le craignant un peu – qu’il allait y avoir du fantastique pour « dynamiser » une intrigue historique (voir ce qu’il a fait sur « Conquistador »). Une partie de l’intrigue, qui joue sur des va-et-vient dans le temps et l’espace, de la Méso-Amérique à l’époque de la conquête à une période contemporaine, m’ont fait penser à une nouvelle de Cortazar, qui a peut-être inspiré Dufaux. Comme si ça ne suffisait pas, Dufaux y ajoute de la SF (toujours le besoin de surenchère chez cet auteur, c’est dommage, le trop étant souvent l’ennemi du bien). Mais ces aller-retours qui se multiplient m’ont parfois un peu perdu, c’est un peu difficile à suivre – comme l’intrigue elle-même, un peu fouillis. Et le troisième album m’est apparu comme le moins clair de tous, comme si Dufaux naviguait à vue avant de trouver une conclusion satisfaisante. Le dessin de Bosschaert est lui plus convaincant. J’ai bien aimé sa colorisation, déjà. Mais aussi son trait. Certaines cases sont très belles. Et il m’a fait penser à Bilal (le visage du héros). Et puis, alors que seuls trois tomes avaient toujours été annoncé, le troisième concluant – brutalement (dans tous les sens du terme) le récit, Dufaux a souhaité se lancer dans un deuxième cycle. Un seul album est paru, Bosschaert laissant la colorisation à Pereyra : j’ai un peu moins aimé son rendu (qui lisse parfois un peu trop les nuances – pour certains visages et décors), et les tons plus sombres. Surtout, ce nouveau cycle n’est relié qu’à l’arrache au récit des trois albums précédents, et il joue quasi uniquement sur la SF. Pourquoi pas (mais alors créer une nouvelle série !) ? Mais c’est surtout que l’intrigue est encore une fois obscure, et que ce quatrième album inaugurant un nouveau cycle est resté orphelin, laissant en plan les lecteurs, qui n’en connaîtront donc pas la fin. Note réelle 2,5/5.
Conte de la rivière
Un drôle de roman graphique qui tient un peu du projet étudiant en école d'arts plastiques. L'originalité vient en effet avant tout du graphisme qui, s'il n'était pas aussi visiblement réalisé sur ordinateur, s'apparenterait en bonne partie à des collages d'aplats découpés pour former des formes et des images. C'est un style très personnel qui m'a initialement attiré vers cet album mais qui pourtant ne m'a pas vraiment convaincu une fois plongé dedans. J'aime bien le sens esthétique de ses choix de couleurs et je trouve les arrière-plans relativement jolis, mais par contre les avant-plans et les personnages eux-mêmes sont franchement bof. Et sur la longueur, j'avoue ne pas avoir pris de plaisir à lire une histoire complète sur la base de ce graphisme qui n'aide pas à la clarté de la compréhension. Quant à l'histoire, je l'ai trouvé très vaine, sans intérêt. Elle survole des thèmes comme celui de profiter du bon temps et de ne pas s'embêter avec de quelconques obsessions, elle insiste aussi beaucoup sur la pêche, un peu sur la cuisine, mais quand j'ai terminé l'album, je me suis dit "hein, c'est tout ?". Ca se termine en queue de poisson, pour rester sur le sujet principal de l'histoire, et je suis resté complètement perplexe, ayant l'impression de beaucoup de vide dans cette intrigue qui n'a jamais su ni me parler ni soulever mon enthousiasme.
La Marquise des Lumières
Je suis assez perplexe après la lecture de ce récit historique. Quand l'œuvre a été créée, nous étions proche du bicentenaire de la Révolution et le thème occupait le devant de la scène avec des œuvres assez inégales. Pour sortir de cette profusion il fallait donc prendre un angle inédit. Cothias choisit la période prérévolutionnaire autour du couple Condorcet (des nobles) acquis aux idées réformatrices. Le souci est que Condorcet est dans une période un peu creuse par rapport à son passé intellectuel et son avenir engagé dans la révolution. Les auteurs introduisent un côté fictionnel pour augmenter l'intensité dramatique autour d'une liaison supposée et d'une fille placée. D'une part Cothias nous livre des passages dignes de Wikipédia avec des dialogues supposés assez lourds grâce à une énumération de type galerie sans fin des principaux esprits ou décisionnaires de l'époque. Certains passages font vraiment dictionnaire assez ennuyeux. J'ai d'ailleurs bondi en T1 p46 quand Cothias place dans la bouche de Condorcet avec un contre sens philosophique total la célèbre phrase de Pascal : "Le cœur a ses raisons que la raison ignore (ne connait point)" qu'il attribue à... Descartes ! Oups cela décrédibilise beaucoup quand on parle de ce sujet. Ensuite Cothias porte une charge violente contre La Fayette, personnage historique dont le nom a souvent été repris. Perso, j'aimerais connaître les sources qui lui permettent d'accréditer une telle situation. Si on y ajoute les énormes clichés sur Louis XVI, je n'y trouve pas mon compte. Le graphisme de Lax verse vers un réalisme assez banal que l'on rencontre dans plusieurs séries de cette époque sans beaucoup de caractère. Lax fera sa révolution graphique quelques années plus tard avec bonheur. Je préfère même son graphisme humoristique et un brin caricatural de Du sang sur les groseilles. Une mise en couleur triste et fade complète une pauvre lecture de la seule série de Lax que je n'avais pas lue.
Hunting, fishing, nature and traditions
La BD est totalement muette. Et, lorsque l'on s'aventure dans ce genre de récit, on s'attend à ce que les images nous guident tout du long. Néanmoins, ici, je dois avouer que l'auteur m'a perdu. Pourquoi ? La BD comporte en réalité plusieurs histoires qui s'entremêlent et, si je suis à peu près arrivé à suivre l'arc principal avec le chasseur, que j'ai trouvé plutôt réussi, ou du moins relativement compréhensible, je n'ai pas vraiment compris les digressions avec les moines et le mariage (voire avec le taureau et le matador, bien que plus dans le thème). Et en fait, c'est pour cela que je me dis que je suis sûrement passé à côté de la bd. Il est évident que l'auteur a voulu raconter quelque chose. J'ai bien compris la dénonciation de la cruauté envers les animaux, la bêtise absolue que sont les armes à feu ou le message écologique disséminé ci et là. Cela est clair avec le chasseur. Mais non, je n'ai pas compris le reste. C'est soit mal amené et donc pas assez clair, soit c'est moi qui suis passé totalement au travers. Je laisse le bénéfice du doute à l'auteur et il me tarde de lire un autre avis pour en savoir plus. Un mot sur le dessin pour terminer parce que c'est assez paradoxal en fait. La bd est muette, seul le dessin est là pour nous guider mais on passe rapidement outre dans la mesure où on essaie de comprendre ce que l'auteur veut démontrer. Et c'est peut-être volontaire en réalité. Le dessin est simple (ce qui ne veut pas dire facile), c'est du noir et blanc et il se focalise sur l'essentiel : le chasseur, son arme (qui est un oiseau), ses proies (qui sont des fusils). Une BD particulière, que je n'ai pas su classer.
La Formule
On est sur une idée pas franchement originale, Manara a fait dans la même veine avec son Déclic au dessin un peu mieux travaillé. Ici on reste sur du basique dans le déroulé avec cette laborantine qui se fait prendre progressivement au jeu de la séduction par composé chimique, tandis que son supérieur de laboratoire l'exploite comme cobaye. C'est un prétexte pour enchainer les scènes de sexe en tout genre avec un(e) ou plusieurs partenaires. Soyons honnête, ça ne vole pas beaucoup plus haut que ça. L'étalage des scènes de sexe est franchement rapide et si le dessin retranscrit bien ces scènes là, je suis moyennement convaincu par les moments où il ne fait pas dans l'exposition des chairs. Notamment les visages ou les postures qui ont souvent l'air figés. Et le scénario ne convainc pas franchement de rester plus longtemps que nécessaire, ni même de la lire tout court d'ailleurs. Du bas du panier, moyen et pas fou.
Utopie
L'action d'Utopie se situe dans un monde futuriste totalement aseptisé. Tout est bien rangé, géré par les autorités. Chacun se plie aux règles, va à son boulot sans se poser de question, rentre le soir retrouver sa babe ou son boy. C'est à dire un conjoint de pacotille, sorte de robot androïde humanisé, en charge de vous préparer un repas et de vous faire un câlin avant de dormir. Les gens semblent avoir oublié les traces du passé : les livres n'existent plus, et les gens ne se rappellent même plus de leurs parents. Voilà pour le contexte. Ce train train semble un peu bousculé lorsque Will va trouver un livre déposé dans une poche de sa veste. Pourquoi pas ? Sauf qu'à l'image de cet univers, la lecture de ce premier tome manque de palpitant. Bien qu'interessant, le petit suspens apporté par ce mystérieux livre n'est pas suffisant. C'est mou, ça ne décolle pas vraiment. On a envie de secouer un peu les personnages, et on aimerait qu'il se passe plus de choses. Le dessin est également en dessous des attentes. Griffo nous a habitué à mieux. Ici les personnages sont figés, les cases peu agrémentées de détails. Trop souvent les décors sont absents et comblés par un aplat de couleur unie en arrière plan. C'est pas idéal pour l'immersion et le plaisir des yeux, il y a un gout de trop peu. Pas convaincu par ce premier tome.
Sous les étoiles
Bon, ça a beau être une femme aux manettes qui met en scène les idées et fantasmes qu'elle a entendus de ses amies, c'est pas franchement folichon pour autant. L'ensemble des histoires est vite lue, et ne sortent de cet ensemble que deux ou trois histoires inspirées, notamment celle de la discussion dans le noir alors que les deux dorment dans la même chambre. D'autres m'ont rappelé des idées déjà vues. Dans la globalité il faut noter que les femmes sont au centre des décisions et motivations, avec une certaine audace même dans plusieurs situations. Mais voila, en définitive c'est juste sympathique et le dessin qui est proposé ne suffit pas vraiment à dépasser ce stade. Beaucoup d'histoires ne sont ni excitantes ni intéressantes, c'est juste sympathique à lire avec des chutes parfois éventées ou dont l'effet retombe. Et c'est dommage, je trouve que plusieurs idées de fantasmes sont intéressantes (l'histoire finale notamment avec une idée de boucle de fantasmes) mais globalement c'est vite oublié. Je trouve que ce genre de compilations d'histoires est assez souvent creux, avec des hauts rares et des bas assez nombreux. Je trouve d'ailleurs que le dessin pêche un peu. Les visages en gros plans sont souvent difformes et les environnements plutôt pauvres. C'est assez peu intéressant visuellement, et je ne recommande pas la lecture ou l'achat.
Penss et les plis du monde
Décidément, je crois que j'ai du mal avec les œuvres de Jérémie Moreau et je ne comprends absolument pas pourquoi. Concrètement, il a tout pour me plaire sur le papier : dessin coloré et dynamique, aux audaces visuelles notamment dans les paysages, réflexion sur la place de l'homme dans le monde, l'écologie et la nature, histoire sans forcément de résolution heureuse. Mais pourquoi je n'aime pas plus que ça ? Je pense que ça tient à trois choses : les personnages, la représentation et les coutures scénaristique. Ca commence avec Penss qui m'a rapidement énervé par son attitude assez complexe à comprendre, et qui ne s'est pas franchement amélioré avec la suite de la BD. D'autres m'ont parus plus simples, surtout dans le design (le vieux avec sa moustache semble tout droit sorti d'un album de Tezuka et tranche franchement avec le reste des représentations). Ensuite, la représentation de l'humanité de cette époque. Je ne cours pas après la recherche développée et complète, mais je sais que les humains de cette époque ne vivaient que très peu dans des grottes et des cavernes, d'autant que j'ai aussi eu des échos sur les potentiels débuts de l'agriculture. Je suis assez rigide sur ces points, mais j'ai du mal avec la représentation à but qui est claire et évidente, avec l'idée de présenter un propos tout au long du récit, mais ça me parait tellement simpliste face à la réalité d'une époque aussi complexe et surtout face aux bouleversements que furent l'agriculture. Et enfin, j'ai vu plusieurs coutures scénaristiques bien avant qu'elles n'arrivent et ça m'a agacé. Rien que par la représentation de certains, je savais leur rôle dans l'histoire (notamment la fille). Idem lorsque le chef explique que ça fait longtemps qu'ils n'ont plus de naissance dans le clan. Je savais ce qui allait s'ensuivre et lorsque je comprends où l'on va arriver et pour quelles raisons, ça m'énerve. Je ne demande pas une intrigue de fou avec de multiples révélations, mais là le déroulé m'a semblé souvent assez linéaire et sans grand intérêt. Ce qui a fait baisser mon intérêt au fur et à mesure de la lecture. C'est donc sans grande passion que j'ai fini ma lecture, et que je me retrouve avec le message de la BD. Message intéressant, que je comprends et qui me semble assez clair. Sauf qu'il m'a semblé très maladroit dans la façon d'être amené et surtout je trouve qu'il rentre curieusement en contradiction avec lui-même. La question d'un clan d'appartenance (et la naissance) alors que les clans semblent plusieurs fois montrés comme dangereux, soit entre eux soit en demandant aux gens de se comporter d'une façon qui n'est pas forcément à leur convenance. La question de la beauté du monde est très bonne, mais en montrant un gars qui subit de plein fouet la question de la faim et des dangers de la nature, ça semble assez contradictoire. Il me semble voir là un message comme ce que j'ai pu lire dans les récits de Bernard Clavel ou Jack London, lesquels parlent souvent de nature magnifique mais dangereuse. Ici, je crois que je n'ai pas assez vu le danger (réel) de cette nature, l'impact que ça peut avoir et justement, la question de la beauté malgré ce danger. Je discours beaucoup mais j'ai un besoin de comprendre pourquoi les albums de Jérémie Moreau m'intéressent sans me passionner. Je vais continuer à le lire, mais j'ai l'impression de ne pas franchement y arriver avec sa façon de faire les scénarios. A relire, pour confirmer.
Les Carnets secrets de Guillaume Bianco
J'ai découvert Guillaume Bianco à travers Billy Brouillard et je suis tombé sous le charme. Malheureusement je n'ai pas accroché à son carnet secret sur les seins. Effectivement c'est traité sans vulgarité et avec humour mais j'ai lu cette suite d'anecdotes sans y trouver beaucoup d'intérêt. Une sorte de blague potache qui fait sourire au début mais qui montre une certaine futilité à la longue. Il y a trop d'écart entre le résultat de Billy Brouillard et celui-ci pour que je sois convaincu. Une lecture certes avec des côtés amusants mais trop inconsistante à mes yeux.