Les derniers avis (20749 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Manuel Montano
Manuel Montano

J'aime le dessin de Prado et je pensais lire le récit plutôt humoristique d'un médiocre détective privé, mais les récits de cette BD se révèlent trop abscons et vains à mon goût. Ca part en digressions sans arrêt. L'album est scindé en chapitres qui pourraient représenter chacun une petite enquête mais ils s'entament et se terminent souvent sans que j'ai eu l'impression que quoi que ce soit ait été résolu. Le ton de l'album est assez étrange, distant de la réalité de son héros, avec des touches d'onirisme ou d'un personnage qui se sait vivre une histoire racontée. Le fil rouge narratif est la quête d'une chose mystérieuse et indéfinie appelée la Source de la Nuit, introduisant une touche poétique au récit mais dont on ne saura finalement rien. L'anti-héros est emmené dans des situations parfois absurdes ou cocasses et il se laisse porter par les évènements bizarres, souvent teintés d'un peu d'érotisme, se contentant souvent de voir les solutions de ses enquêtes venir à lui. Ce n'est pas prenant, ce n'est même pas drôle, le rythme est trop décousu et si poésie il y a elle n'a pas su me toucher.

13/12/2008 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Rose écarlate
La Rose écarlate

Sentiment mitigé pour cette série plutôt bien rythmée mais trop gâchée à mon goût par nombre d'imperfections et une intrigue trop prévisible. Nous avons là clairement un shojo à la française. Au niveau du scénario, c'est un mélange de "La Tulipe Noire", de Sailormoon voire un peu de Le Scorpion à partir du 3e ou 4e tome quand s'entame la recherche d'un trésor des templiers caché en Turquie. Une jeune fille dont le père cachait un grand secret centenaire décide de devenir super-héroïne masquée pour menacer les méchants de la pointe de son épée et voler l'argent des riches pour le donner aux pauvres. A ses côtés vient rapidement s'ajouter un autre héros masqué, beau jeune homme riche, sympathique et aussi doué à l'épée qu'elle, avec qui elle entretient des relations amours-chamailleries adolescentes bien clichés. Contre eux deux, un trio de méchants dont le chef est tellement mystérieux qu'il ne quitte jamais la cape qui lui masque en permanence le visage, ouh ça c'est mystérieux. Le dessin est de pure inspiration manga. Plutôt efficace et sympa pour les personnages et les scènes d'action, il se révèle parfois franchement défaillant en matière de décors et de perspectives. Entre certaines cases sans décor et aux personnages dynamiques et de très bon niveau, et d'autres où sont représentés des vues d'ensemble et des paysages complètement ratés, l'ensemble est trop inégal. Certaines cases sont d'un niveau tellement amateur et laid que j'ai peine à les voir éditées en album. Elles ne sont heureusement pas trop fréquentes. Mais il faut dire que la colorisation informatique n'aide pas toujours. Le rendu de l'eau et des éclaboussures au fil des tomes est par exemple aussi raté au niveau des couleurs que du trait lui-même. Sans parler des bateaux... L'intrigue est simple mais a l'avantage d'être racontée de manière fluide et assez prenante. Les personnages sont caricaturaux mais attachants. Au niveau divertissement, le scénario fonctionne donc relativement bien. D'autant que l'humour est bien présent et assez amusant. Hélas, trop de clichés et de comportements immatures des personnages m'ont gâché la lecture. Les facilités scénaristiques sont légions, les déjà-vus sont innombrables, tout est tellement cousu de fil blanc qu'on devine sans arrêt la suite des évènements, c'en est assez pénible. Les inspirations manga sont en outre tellement flagrantes que j'en ai eu l'impression de relire des pages déjà lues dans d'autres oeuvres. Le tout est en outre fortement destiné aux adolescents et cela se ressent trop. Les personnages ont trop souvent des comportements puérils, le pire étant ce passage où l'un des méchants peut se débarrasser de l'héroïne endormie et qu'il préfère lui faire un smack sur la joue parce qu'il en est tombé amoureux... Sans parler des pirates du tome 4 que j'ai ressentis comme un ajout vraiment artificiel et sans intérêt vis-à-vis de l'intrigue globale. A mes yeux, c'est une série que je réserverais aux adolescents voire seulement aux adolescentes.

13/12/2008 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
Couverture de la série Ingmar
Ingmar

Bon, et bien après la lecture des 3 tomes, je reste très perplexe devant cette série... Ca me fait l'effet d'un canada-dry. Ca a la couleur d'une BD jeunesse, la forme d'une BD jeunesse... mais ce n'est pas une BD jeunesse. Et comble de tout pas une BD ado ou adulte non plus. En fait, ce qui me dérange le plus, c'est le décalage entre le dessin et les sujets abordés par cette série. On parle d'une foultitude de sujets plus ou moins sérieux (religion, sexualité, meurtre, place de la femme, esclavage...), mais on ne fait que survoler tout ça sans savoir si c'est du premier ou second degré. Du moins, si je fais la nuance, il n'est pas évident qu'un jeune public la fasse. Ce qui nous fait une série bien bancale. Car si le premier tome nous posait les bases d'un anti héros confronté à ceux de son espèce (les vikings) pour assurer la succession du clan, la suite part en sucette et on assiste à un enchaînement de péripéties qui ponctuent les aventures d'Ingmar sans trop savoir où on va ni avoir trop de logique dans tout ça... Au final, malgré un dessin qui n'est pas déplaisant mais très dans l'air du temps, on a une série BD un peu éparpillée, un peu creuse et qui manque sa cible (encore faut-il qu'il y en ait eu une...).

13/12/2008 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
Couverture de la série Le Miroir des Templiers
Le Miroir des Templiers

Je suis assez partagée au sujet de cette bd, autant le début m'a plu, autant au fur et à mesure que j'avançais dans ma lecture j'ai fini par m'en désintéresser. Le postulat de départ est assez bon mais il prend vite l'allure d'un cheval lancé au galop où tout se résout par la baston, j'ai eu cette désagréable impression de me retrouver dans un comics bourrin. Pourtant l'histoire commence bien, la narration est jolie dans un style un peu vieux français et puis au fil des pages ce style fleuri se transforme doucement en langage nettement plus populaire. Le monde futuriste décrit est assez réduit, il se cantonne à nous présenter les divers êtres vivants, avec une majorité de HGM "humain génétiquement modifié" et aux monstres, laissant le fonctionnement de la société un peu plus à l'écart. Le dessin est très bon et bien travaillé, malgré des couleurs très informatisées c'est vraiment très réussi. La seule chose qui pourrait déranger réside dans l'ambiance trop sombre, ça finit par fatiguer un peu car il faut constamment faire un effort pour déchiffrer les planches. C'est objectivement une bonne bd qui mérite amplement ces 3 voire 4 étoiles, mais ce n'est pas mon style, il m'est donc difficile de mettre une note plus élevée. Ca ravira certainement les lecteurs de comics.

13/12/2008 (modifier)
Par Gaëtan
Note: 2/5
Couverture de la série Death Note
Death Note

Je dois sans doute devenir trop vieux (32 ans) mais je ne comprends pas le succès de ce manga. J'avais acheté les 2 premiers tomes car j'étais intrigué par cette histoire dont je trouvais le point de départ assez intéressant. Je dois reconnaître que j'ai accroché aux deux premiers tomes. Je me suis même dit que je tenais peut-être une future série indispensable. J'ai donc acheté les 4 tomes suivants afin de terminer le premier cycle… Quelle déception ! Je n'ai pas pu (et pourtant j'ai essayé) arrivé au bout du cinquième tome. Je n'ai pas grand-chose à dire sur le dessin. Il est assez typique des mangas dont je trouve le niveau graphique inférieur aux bandes dessinées européennes. C'est sans doute un peu subjectif, mais à part Taniguchi, j'apprécie rarement ce type de dessin. Le problème de "Death Note", c'est le scénario. C'est lourd, mais lourd,… Il y a des textes a n'en plus finir : l'auteur rajoute des paragraphes et des paragraphes afin de contextualiser les différentes scènes de son histoire et l'ensemble donne une impression de lourdeur assez pénible. Un autre élément qui me dérange, c'est l'arrière fond élitiste de cette histoire. Comment peut-on apprécier des personnages pareils ? Ils sont complément improbables : ils sont jeunes, beaux où à tout le moins charismatiques, intelligents (ils accèdent à l'université sans difficulté en menant de front études et enquête policière), doués en sport (sans s'entraîner évidement…),… bref ils sont parfaits. A chaque chapitre, il y a toujours bien un personnage pour s'exclamer face à L ou Light: "wouah, qu'il est intelligent ?" où encore "comment a-t-il fait pour comprendre si vite, il est vraiment trop fort ?" (Je caricature mais c'est presque ça). Light (mais qu'est-ce que c'est que pour un nom ?) est particulièrement insupportable : il dégage une telle froideur qu'il est vraiment difficile de s'attacher à lui. Les adultes sont présentés comme des abrutis qui ne comprennent évidement rien. Je ne parle même pas des femmes qui sont cantonnées aux rôles de potiches écervelées. Et justement, la force d'une histoire c'est notamment que l'on puisse s'attacher et (pour certains) s'identifier aux personnages. A mon sens, ce sont les défauts et les petites zones d'ombres qui donnent de l'épaisseur à un héros et qui font qu'on les apprécie et qu'on continue à lire leurs aventures (Larcenet l'a bien démontré avec son Le Combat ordinaire). Un autre élément assez troublant est l'assassinat par Light de gens parfaitement innocents (je pense aux couple de policiers) parce que ces derniers risquaient de découvrir qu'il était l'auteur des nombreux assassinats de criminels. Cela n'éveille pas (en tout cas, ça ne transparaît pas dans l'histoire) la moindre réserve ou critique de la part de l'auteur. Par ailleurs, ce que je trouve également pénible ce sont les astuces scénaristiques pour créer des rebondissements. Il me paraît assez facile d'intégrer ici et là des nouvelles règles dans le Death Note (règles que l'on ne connaissait pas au départ) afin de faire rebondir son histoire. Enfin, j'émets les mêmes réserves que les précédentes critiques quant au fait que cette histoire serait classée "manga adulte". Le cadre de l'histoire (université), les personnages et leurs âges,… destinent "Death Note" à un public de grands adolescents. Non vraiment, je ne comprends pas le succès de ce manga dont je ne conseille pas (vous l'aurez compris) l'achat.

12/12/2008 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
Couverture de la série D'Artagnan, journal d'un cadet
D'Artagnan, journal d'un cadet

Je ne sais pas à quoi je m'attendais en entamant cette bd mais vu les excellentes critiques certainement pas à cela. Tout d'abord j'ai eu du mal à rentrer dans le dessin de Juncker, non pas qu'il soit mauvais, car en feuilletant la bd il m'avait paru agréable sans être extraordinaire, mais une fois la lecture entamée il s'est révélé fatiguant au fil des pages, peut-être est-ce dû à une trop grande simplicité. Ajouté à cela les planches où l'on y voit des femmes jambes écartées en gros plans... où est donc l'intérêt ? Pour ma part je n'en vois aucun et cela m'a fortement agacé. Quant à l'histoire… je n'ai pas accroché, j'ai commencé à m'ennuyer au tiers du livre, je n'ai ri que trois ou quatre fois et le reste du temps je n'ai même pas souri. Je reconnais volontiers et de façon objective que c'est rythmé et bien raconté, mais cette bd n'a pas su retenir mon attention, d'autant plus que l'histoire de d'Artagnan est récurrente et en faire un récit nouveau et captivant n'est pas chose facile. J'irai jusqu'à dire qu'elle s'adresse plutôt à un public d'hommes, de par le côté aventureux, les conquêtes féminines, l'ambiance générale et l'esprit qui s'en dégage qui est très masculin. Et puis le prix… prohibitif !

12/12/2008 (modifier)
Par JJJ
Note: 2/5
Couverture de la série Péchés mignons
Péchés mignons

D'emblée je n'aime pas ce dessin fashion, un style certes maîtrisé par Arthur de Pins mais que je verrais plus sur la bannière d'une pub pour un produit hype que dans une BD. La représentation des personnages féminins à grosses têtes, gros seins, gros culs et yeux pétillants ça va cinq minutes... Les histoires tournent autour des aventures sexuelles du dénommé Arthur et quelques protagonistes dont j'ai oublié le nom. Le délire qui consiste à représenter les femmes actuelles comme étant des nymphos branchées et décomplexées me semble déjà usé. Si certaines situations sont comiques, l'ensemble ronronne plutôt gentiment, trop gentiment. Trop de retenue pour être une œuvre trash, pas assez graveleux pour être choquante, trop grand public pour se démarquer, cette BD ne passionne pas follement. Un effet répétitif se fait sentir au bout de quelques pages. Bref, tel le poisson rouge dans son bocal j'ai eu l'impression de tourner en rond... n'ayant pas la chance d'avoir la mémoire limitée du poisson rouge, je me suis vite senti lourd. Péchés mignons c'est du fluide un peu mou. JJJ

10/12/2008 (modifier)
Par kalish
Note: 2/5
Couverture de la série Le Maître de Jeu
Le Maître de Jeu

Bizarrement, je pensais beaucoup aimer cette série parallèle sur les stryges. Déjà, le dessin de Charlet est plutôt agréable malgré une petite influence manga qui ne me sied guère. Je ne connais rien au trip rôlistes et pendant les 2 premiers tomes, j’ai vraiment cru que Corbeyran allait développer cet univers particulier. Et en fait, il y a même pas de jeu, c’est juste un bête thriller sur une île avec une bête qui n’est pas un stryge. La deuxième partie pourrait être intéressante mais quand on a lu la série mère, on s’en fout un peu des fameuses révélations de la fin sur les expériences de Sangor machintruc. De plus ces informations sont données beaucoup trop facilement par une entité dont le rôle ne semblait pas bien défini au début de la série. Elle serait censée être le maître du jeu, mouais bof. Pour le quatrième tome, Charlet accentue son influence manga avec des sourires tout blanc en forme de saucisse, le thriller prend un air de bouffonnerie. Ensuite Horne reprend le dessin, c’est pas mal mais c’est juste très différent donc la cohésion de l’ensemble en prend un coup. La série des stryges la plus décevante jusqu’à présent.

10/12/2008 (modifier)
Par Chalybs
Note: 2/5
Couverture de la série Fleurs d'ébène
Fleurs d'ébène

Etrange sensation que me laisse la lecture de ce one-shot. Je l'ai lu hier soir et depuis, je ne cesse de revoir mon jugement. Après une sensation mitigée, je suis passé par une phase assez enjouée. Et puis ce matin, finalement, l'arrière goût laissé n'a plus la saveur escomptée. Les auteurs ont choisi de nous compter un évènement apparemment anodin de ce qui s'appelait encore le Congo Belge. Le Congo belge fut le nom porté par le territoire de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC) entre la fin de l’État indépendant du Congo, possession personnelle du roi Léopold II de Belgique jusqu’au 15 novembre 1908, et l’accession à l’indépendance congolaise intervenue le 30 juin 1960. La première impression obligatoire à l'ouverture concerne le dessin. Il ne peut laisser indifférent. C'est surement l'une des réussites de cet album. En couleur directe, les auteurs réussissent assez bien à retranscrire l'ambiance de ce pays. J'ai même eu l'impression qu'ils allaient plus loin que la simple recherche de retranscription d'ambiance. Ils ont selon moi (volontairement ou involontairement ?) su jouer avec les tons chauds et froids, avec les contrastes (dont la couverture est un bel exemple) afin de représenter l'humeur du moment, l'âme des personnes, les sentiments. Les tons chauds sont souvent réservés aux Congolais, habillés de couleurs vives, ils semblent dans leur élément et semblent savoir profiter du peu que la vie leur offre. Les couleurs naturelles sont utilisées dans les situations classiques, sur les scènes neutres concernant le plus souvent la trame principale du scénario impliquant la mort d'un activiste Congolais puis l'enquête obligatoire. Les couleurs froides sont réservées aux colons, aux moments de doute des hommes blancs, aux périodes de sexe, d'amour impossible ? Un dessin au trait fin et plutôt précis. Une mise en page somme toute classique, mais un découpage fluide. Le dessin est parfois le support visuel premier, parfois, il n'est là que pour combler un vide. Vide des cœurs généralement. Mélange des sentiments. Amour de son pays natal, amour de son pays d'adoption, amour de ses enfants, amour de ses négresses si appétissantes. Généralement appuyé par un texte (se voulant poétique ?) que j'ai trouvé souvent assez lourd. Lourd à lire certes, mais représentant assez bien malgré tout l'ambiance souvent oppressante, souvent énigmatique, souvent nonchalante, souvent sous tendue de violence et de haine. Pour le reste du scénario, c'est là où je suis beaucoup plus mitigé. Qu'est ce qu'on a ? - Une enquête banale. Pas de gros rebondissements, pas de grosse créativité. Nous sommes fréquemment habitués à des choses beaucoup plus complexes et surprenantes. - Une histoire d'amour d'un homme que sa femme a plaqué, emmenant ses deux filles, parce qu'il était tombé sous le charme des femmes locales. - Une histoire d'amour du même homme qui a laché une femme locale parce qu'il ne sait plus où il en est depuis que sa femme l'a quitté avec ses deux filles. - Une histoire d'un pays coupé en de multiples morceaux. Une scission entre des blancs arrivistes, colonialistes avec de beaux discours et un peuple qui ne les a jamais vraiment acceptés. Des blancs qui avaient de grandes et belles idées pour un pays trop grand pour eux, trop complexe pour eux. Aujourd'hui on les traiterait de racistes pour avoir pensé que les "nègres" étaient dépendants d'une culture inférieure et qu'il fallait les aider à s'ouvrir au monde et à progresser. Une scission entre les noirs eux même. Un pays Africains comme on les voit malheureusement encore aujourd'hui tout les jours à la télé : avec des ethnies qui pour d'obscures raisons s'étripent et se livrent des guerres aussi abscondes qu'inutiles. Pas facile d'adopter et de se faire adopter ou tout n'est que façade… Le scénario profondément humain surfe sur la nonchalance. C'est peut-être là que le bas blesse. Il n'y a pas de hauts, il n'y a pas de bas. Les 62 pages se lisent toutes sur un même rythme qui finit par endormir voir lasser. Malgré les changements de situations, aucun élément ne vient vraiment réveiller le scénario qui avance à son rythme tranquille alors que l'histoire tend vers un profond changement que sera son accession à l'indépendance. De plus, je n'ai pas vu l'intérêt des phrases crues pour aborder l'amour. Dans les scènes de sexe, si le dessin reste raisonnablement sexy et provocateur, les textes en revanche sont crus, agressifs, voir choquants. Pourquoi chercher à utiliser ce coté du scénario pour provoquer le lecteur ? Les problèmes de racismes et de politiques auraient été à mon sens de bien meilleurs vecteurs pour animer et capter l'attention du lecteur, pour donner une vraie profondeur de réflexion à cet album. Il semblerait plus que les auteurs libèrent leur propre pulsion et utilisent cet album afin de se faire une auto psychanalyse inutile et ennuyeuse. Ils ont semblent-ils manqué leur cible et donné à ce one shot un sens qui ressemble plus à un contresens. Et au final on a un objet rempli de bonnes intentions, de prémices de bonnes idées qui se transforment plus en clichés assez simplistes et non aboutis. Du coup, si le dessin n'était pas aussi présent et réussit, posant indéniablement des ambiances nous faisant voyager, le scénario lui paraitrait encore bien plus fade ne parvenant à aucun moment à me faire rêver. Ou alors je suis passé à coté…

10/12/2008 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Saga d'Alandor
La Saga d'Alandor

Voilà une BD que j'ai eue souvent entre les mains au fil des années et que j'ai mis très longtemps à réussir à lire. En effet, malgré le dessin attirant, j'ai longtemps trouvé qu'elle s'apparentait trop à un fouillis bariolé illisible. Là encore, il a fallu me forcer pour la lire. Le prologue du récit m'est apparu franchement confus, tellement confus par moment que j'avais l'impression qu'il manquait des pages. Afflux de personnages, de noms et de lieux inventés, transitions abruptes, narration peu agréable, j'ai peiné pendant une bonne vingtaine de pages au point de risquer d'abandonner. Finalement, quand l'histoire s'entame pour de bon, quand on finit par bien discerner les personnages, leurs races et leurs positions sur l'échiquier de l'intrigue, les choses deviennent plus linéaires et plus simples à saisir. C'est surtout le graphisme qui m'a convaincu de persévérer. Il combine à mes yeux une bonne maîtrise technique mais surtout une très grande originalité. C'est un imaginaire visuel vraiment particulier, à la fois très diversifié et possédant pourtant un style bien reconnaissable. La colorisation est également étonnante, toutes en pastel et en couleurs éclatantes. A noter que le dessin évolue au cours des deux tomes, devenant plus maîtrisé et élégant au fil des pages tandis que les couleurs, elles, deviennent plus discrètes. Cependant, le scénario ne m'a pas tellement enthousiasmé. J'apprécie l'originalité de l'univers ainsi inventé, un monde fantasy assez débridé, où tout est guerre de religions et mélanges de races à la fois laides et sensuelles. Mais pour l'intrigue en elle-même, on reconnait trop vite la trame archi usée des scénarios de Jodorowsky (je ne l'ai pas lue mais il parait que sa série Aliot dispose d'un scénario presque identique point pour point). J'aurais lu pour de bon cette bd il y a longtemps, cela m'aurait plu, mais j'ai trop lu de récits similaires de cet auteur et je m'en suis fortement lassé. Comme à son habitude, on trouve un héros qui sombre dans la déchéance, se rabaisse au plus bas niveau d'avilissement, puis subit une initiation mystique et finit par revenir en sauveur du monde doué de pouvoirs surnaturels. La trame mystique habituelle de Jodo. Je n'y crois plus et cela ne m'intéresse plus. Dommage, un univers et un graphisme aussi originaux auraient mérité un scénario plus personnel.

08/12/2008 (modifier)