La première chose qui frappe, lorsqu’on lit Jimena, c’est son style graphique. Les planches sont dans un style très inhabituel et, à mes yeux, peu séduisant. Cet aspect flou est fatigant à la longue. Certaines de ces planches sont tout simplement moches, alors qu’à une seule occasion je me suis arrêté pour admirer une case (une vue d’un parc de Buenos Aires dont le traitement des couleurs m’a séduit).
La deuxième chose qui choque, c’est l’absence de dialogues. Tout passe par la narration et le dessin. Et si la narration est relativement agréable, à la longue le style fatigue. Je n’ai pas réussi à lire ce court album d’une traite (ce qui est rare dans mon chef).
Lorsque l’on a franchi ces deux obstacles, il nous reste à découvrir l’histoire. Celle-ci a le mérite de nous amener dans des décors rarement employés (la Patagonie et Buenos Aires) mais ne brille pas par son originalité. Le parcours de cette pauvre fille qui rêve d’un ailleurs meilleur mais qui fait preuve d’un fatalisme déprimant ne m’aura jamais ému. J’ai par contre relativement bien aimé le parallélisme effectué entre le tango argentin et le caractère fataliste et déprimé des personnages. Je n’y connais strictement rien en tango, mais les auteurs ont souvent recours à des paroles de chansons pour effectuer ces parallélismes. Je suppose que ces chansons sont représentatives du genre, et sous cet éclairage, je comprends mieux la mentalité des différents acteurs de ce drame (sans pour autant les trouver, du coup, attachants).
Graphiquement peu séduisante, ennuyeuse et trop fataliste, cette Jimena ne m’aura pas séduit. Bof, bof, bof…
La maison Winchester a pour attrait majeur … la maison Winchester. Cette baraque de barge (un vrai labyrinthe dont la construction s’est étendue sur plusieurs décennies selon les directives des esprits avec lesquels la veuve Winchester entrait en communication lors de séances de spiritisme) a un côté fascinant indubitable. Le cadre est idéal pour une histoire de maison hantée.
Malheureusement, l’histoire contée est vraiment très classique pour le genre. Le suspense et l’angoisse ne sont pas au rendez-vous, tant ce scénario est plat et prévisible. J’ai donc du mal à dire que l’album est une réussite.
C’est encore plus regrettable lorsque l’on voit le travail graphique de Cabanes. Son trait réaliste est d’une belle qualité, et ses « apparitions » sont réussies. Ce dernier aspect doit son charme à la qualité de la colorisation. C’est vraiment, de ce point de vue, du beau travail, certes peu original, très conventionnel, mais quand même très fin. Par contre, certains de ses visages sont, à mon avis, tout simplement ratés. Mais la qualité d’ensemble est tout de même de bonne facture.
Pour le théâtre de l’action, j’ai envie de dire « franchement bien » et pour le dessin, j’ai envie de dire « pas mal », mais le scénario est vraiment trop prévisible pour que je décerne une de ces cotes.
Je l’avoue sans honte, avant ce mois de septembre 2009 je n’avais jamais lu Idées Noires de Franquin, ne serait-ce même qu’un seul des gags composant l’album. Et bien je suis franchement déçu au vu du nombre impressionnant de 5/5 que récolte cet album et du peu de fois ou j’ai souri.
Je pense qu’on peut rire d’à peu près tout, donc le fait que ce soit noir ou morbide n’est pour rien dans le fait que je n’ai pas rigolé. J’ai juste trouvé ça pas drôle. Seuls quelques-uns des strips sur les chasseurs et les deux sur le mec paumé dans le labyrinthe m’ont fait rire.
En fait je classerais ces gags en deux catégories. D’un coté les pas drôles, et ils sont nombreux. Exemple au hasard : Le défilé de personnages au marché qui viennent faire aiguiser leurs couteaux, ciseaux, cisailles, et autres objets tranchants. La chute ? Le dernier bonhomme arrive avec une guillotine… C’est vraiment à mourir de rire…
D’un autre coté, on a les gags lourds. Exemple : Visite d’une usine militaire, tout l’attirail est passé en revue : méga missile, système de défense sophistiqué, etc… et au final notre militaire s’allume un cigare. Non c’est en fait une roquette et boum ça lui pête à la gueule. Tordant.
Notons que certains gags réussissent le tour de force d’être dans les 2 catégories. Exemple : le mec qui est dans sa navette spatiale, tranquillement assis sur un chiotte. Et quand il tire la chasse, il se retrouve dans l’espace, évacué avec les déchets. Grandiose, même Captain Biceps ne l’avait pas faite celle-là…
Bref, j’ai pas rigolé, ou tellement peu.
C’était au temps où Bruxelles rêvait, c’était au temps du cinéma muet,
C’était au temps où Bruxelles chantait, c’était au temps où Bruxelles bruxellait.
Place de Broukère on voyait des vitrines
Avec des hommes des femmes en crinoline
Place de Broukère on voyait l'omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Et sur l'impériale
Le cœur dans les étoiles
Y avait mon grand-père
Y avait ma grand-mère
Il était militaire
Elle était fonctionnaire
Il pensait pas elle pensait rien
Et on voudrait qu'je sois malin
(j’écris bien, hein, quand même …)
Et oui, Quick et Flupke datent de cette époque que le grand Jacques Brel décrit si gaiement dans une célèbre chanson. Mon grand-père adorait ces personnages, espiègles, moqueurs, frondeurs, inventifs. De vrais kets, symboles du quartier des Marolles, un quartier populaire (pour ne pas dire pauvre) de Bruxelles, et réputé pour son esprit frondeur et indépendant.
Ceci étant, personnellement, je ne peux pas dire que les deux personnages m’aient fait souvent rire. Ils datent d’une époque dépassée, leurs gags sont très naïfs et fréquemment du niveau « peau de banane ».
Pour le dessin, Hergé (et ses collaborateurs) officie dans une ligne claire qui deviendra de plus en plus aboutie au fil du temps. Il est cependant manifeste que la série est produite à la chaine, et les planches ne bénéficieront jamais du soin le plus maniaque. Cette ligne claire est cependant agréable à regarder (surtout pour les épisodes datant de la seconde moitié des années ’50, soit après les balbutiements du début et avant le trait mécanique de la suite).
Restent trois personnages, Quick, Flupke et l’agent 15, symboles d’une certaine époque et d’une certaine Belgique. De vilains garnements plus espiègles que méchants et un agent de police plus compréhensif que répressif. Ces trois personnages sont, à notre époque, totalement anachroniques, et (de ce fait, sans doute) finalement jubilatoires (je parle bien des personnages et non de leurs aventures).
Une cote objective de 2/5, malgré les bons souvenirs que je garde de mes premières lectures (j’étais alors encore fort jeune et naïf), mais la série ne conviendra plus au jeune lecteur actuel.
…
Et on voudrait qu'j'aie le moral
C'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles chantait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait …
Je n’avais encore rien lu de Blutch, … et je ne lirai rien d’autre de lui avant un certain temps. Non que l’artiste soit dénué de qualités, mais son univers ne correspond pas au mien.
Cet album n’est qu’un long rêve (ou cauchemar) sans logique apparente dans lequel l’héroïne se débat. Je me suis cru dans un vieux Jean-Claude Forest (et pas le meilleur).
Tous, nous avons déjà fait ce cauchemar d’une fuite dans laquelle nous ne parvenons pas à semer nos poursuivants. Nos jambes sont lourdes. Nos ennemis surgissent là où on ne les attend pas. Nos angoisses refont surface. Et nous sortons de ce rêve trempés de sueur.
Et bien, ce Vitesse moderne m’a donné le sentiment que l’auteur a cherché à illustrer une histoire analogue. Malheureusement, l’émotion ne passe pas. Le récit ne fait pas peur, il n’émeut pas plus, et sa conclusion n’est même pas la fin du rêve ou du cauchemar.
Ajoutez à cela que le style graphique spontané et raide de l’auteur ne figure pas parmi mes préférés et vous comprendrez pourquoi je ne peux dire que : « bof ! »
Je ne suis pas fan des croyances hindoues, pas plus que des histoires opposant colons anglais et rajah indien. Cet album ne parvient pas à me faire changer d’avis.
Le dessin de Conrad est de qualité. Ses personnages féminins sont séduisants et ses personnages masculins très expressifs. Les décors sont simples mais bien détaillés. C’est du beau travail, même si, personnellement, je n’aime pas les phylactères colorés dans des teintes proches de la toile de fond (car j’ai bien souvent du mal à la lire, par manque de contraste). Le style de l’artiste le rapproche du franco-belge humoristique alors que …
… l’histoire est loin d’être drôle. On est ici dans la traditionnelle histoire de statue païenne pourvue d’un étrange pouvoir destructeur. Le héros est un jeune anglais balloté tout au long du récit et qui se retrouve sous l’emprise de la statue. A ses côtés, une prostituée indienne l’utilise (le héros, hein ! Pas la statue) autant qu’elle l’aime, essaye de le prévenir du danger de la statue. Mais, elle-même ne semble pas comprendre grand-chose aux événements dont le couple est la victime.
Et moi non plus, d’ailleurs. Certains personnages ont, à mes yeux, des comportements absurdes, trop tordus pour que je les accepte.
Bien sûr, on pense à « Les Innommables », mais l’humour moins présent et le scénario parfois confus de Conrad ne permettent pas à ce Piège Malais d’atteindre le niveau de la série culte.
Alors, pour le dessin, c’est pas mal, mais pour le scénario (sur un thème qui ne m’attire pas) je dirai : « bof ! ».
En lisant cet album, j’ai pensé à Etienne Davodeau. Le point commun entre celui-ci et Barbara Yelin ? Leur volonté d’aller triturer les sentiments de leurs personnages, des individus qui parlent très peu d’eux-mêmes, mais dont on finit quand même par comprendre les douleurs, les blessures.
Cet art de tourner autour du pot constitue le point fort de cet album. Il nous faudra du temps pour parvenir à cerner les personnages, qui y gagnent autant en mystère qu’en humanité.
Il faut dire que l’artiste fait fort, puisque, dès le début du récit, elle laisse le lecteur dans l’ignorance la plus totale. Cinq trentenaires se retrouvent réunis dans une vieille maison à la campagne, et attendent un sixième. Pourquoi ? On ne le découvrira qu’après bien des planches, même si, inévitablement, on pense à un héritage (mais avons-nous raison ?)
Cet album est traduit de l’allemand au français. Je n’ai pas lu la version originale (et mon allemand approximatif ne m’aurait pas permis de me faire une opinion). Ceci dit, la version française me semble bien écrite mais lourde à lire. Il faut dire que l’ambiance générale de l’album est assez lourde. Les différents protagonistes se connaissent et s’apprécient mais ne semblent pas avoir grand-chose à se dire. Par moment, l’album se traine, et le lecteur que je suis s’ennuie. L’artiste aurait sans doute gagné en efficacité avec un peu plus de concision et moins de développements verbaux plutôt pompeux.
Reste le point qui fâche : le dessin.
Celui-ci n’est pas dénué de qualités, mais manque incontestablement de maîtrise, surtout pour les personnages. A l’occasion, ceux-ci semblent sortis des marges d’un cahier d’élève même pas doué pour le dessin. C’est vraiment très maladroit. Par contre, et particulièrement lorsque le format s’agrandit, l’artiste fait montre d’une réelle sensibilité. Mais j’ai bien plus apprécié ses décors, et plus particulièrement ses arbres, que ses personnages (malheureusement fort présents).
Pour ces multiples raisons, cet album ne m’a pas convaincu, mais l’artiste a manifestement « quelque chose à dire », elle dispose d’une réelle sensibilité qu’une plus grande maturité technique lui permettra sans doute d’exprimer à l’avenir (c’est tout le mal que je lui souhaite).
A revoir …
Récit historique mêlant habillement personnages réels et héros de roman, ce « Masque de fer » aurait pu me séduire si … un souffle épique l’avait parcouru.
Malheureusement, et malgré un bon premier tome, la série tombe rapidement dans le dessin illustré. La narration est trop présente, peu passionnante (à mon avis) et trop scolaire, du genre « trucmuche couche avec machin et qui enfante par un beau jour de juin » avec, dans une première case trucmuche qui couche avec machin et dans la seconde un nouveau-né dans les bras de machin. Rien de passionnant à mes yeux.
En fait, la série se centre avant tout sur les luttes d’influence autour de Louis XIV, un sujet qui ne me passionne pas. Tout passe par la langue de bois, le persiflage, les fausses rumeurs, sans qu’il n’y ait vraiment d’action. Rien à faire, et malgré le beau travail de Cothias (qui mélange avec talent éléments historiques et légendes romanesques), je m’ennuie.
Reste le travail de Marc-Renier. Un travail très inégal, à mes yeux. L’artiste a un trait réaliste fin et élégant qui doit être « habillé » pour totalement me convaincre. Je veux dire par là que lorsqu’il simplifie son trait, lorsqu’il oublie ses décors, l’auteur perd toute sa force. Hors, à partir du milieu du deuxième tome jusqu’à la fin du quatrième, Marc-Renier simplifie exagérément son trait. Ce choix est sans doute dû à un souci de productivité (5 ans entre le premier et le deuxième tome, puis trois tomes qui s’enchainent en trois années), mais il est vraiment peu judicieux à mon avis. A partir du cinquième tome, la qualité est de retour et le sixième est vraiment très beau. Malheureusement, je crains que beaucoup de lecteurs aient déjà décroché à ce moment là.
Résultat : parce que le sujet ne m’a pas semblé très intéressant, parce qu’il est exposé d’une manière trop scolaire, parce que le dessin connaît en cours de route une énorme perte de qualité, je ne peux dire que « bof ! »
Mwouais, bof …
Jolies ténèbres est une œuvre qui a créé la polémique sur ce site. Je m’attendais donc à trouver une œuvre que soit j’aurais détesté, soit j’aurais adoré.
Au final, je me suis ennuyé …
L’histoire met en scène des « esprits » enfantins aux comportements extrêmes. Cela se voudrait très sombre, l’artiste cherchant à enfanter chez le lecteur un sentiment de malaise, d’insanité, un sentiment encore accentué par le style graphique très naïf (et, donc, en décalage avec le propos), que Kerascoët emploie majoritairement.
En fait, et c’est le grave problème, je n’ai ressenti aucunes émotions. Ni dégoût, ni jubilation, les gesticulations de ces petits personnages m’emmerdent (voilà, c’est dit). Tous ces personnages manquent tellement de maturité tout en affichant une telle autosuffisance que je ne parviens pas à m’y attacher. Cette absence d’empathie est, à mon avis, la cause principale de mon rejet de l’œuvre.
De plus, à la longue, le style choisi par Kerascoët finit par me lasser, et je suis heureux lorsque, au détour d’une page, l’artiste opte pour un style plus réaliste. Pourtant, au début, je trouvais cela joli et intéressant … mais, à la longue … pffffff …
Reste la très belle couverture (car, là ! Il faut reconnaître que c’est la grande classe !)
Cet album m'aura permis de découvrir le film "Panique au village" qui sortira en France en octobre. Il s'agit d'un film d'animation image par image à la manière d'un "Wallace et Gromit". Il met en scène des figurines façon jouets pour enfants (cow-boy, indien, la ferme des animaux, etc...) et leur fait vivre des aventures complètements déjantées et absurdes. L'aspect visuel du film a l'air très sympathique et l'humour assez marrant, accentué par l'animation saccadée étonnante de ces figurines un peu ridicules.
Malheureusement, la BD qui en a été tirée, pour sa part, ne m'a guère réjoui.
Elle met en scène les mêmes personnages et les mêmes décors dans des histoires courtes humoristiques de quelques pages.
Le dessin est très simple, trop simple à mon goût. Il se rapproche vaguement du style d'un autre couple d'auteurs à l'humour délirant, Letzer et Cromheecke à qui l'on doit le Plunk, mais il se révèle moins efficace, moins attachant. Proche du rapide croquis, volontairement assez enfantin et parfois gribouillé, il conviendrait éventuellement pour le storyboard d'un film. Son manque de soin et tout simplement de beauté le rend peu agréable à la lecture. Ce n'est pas un objet qu'on a envie de posséder pour son graphisme.
L'ennui, c'est que l'humour ne relève que peu le niveau. Certes les personnages et l'univers déjanté sont assez sympathiques et on aimerait rire de ce délire auquel les auteurs nous convient. Mais rares sont les gags qui m'ont vraiment amusé. Régulièrement, j'ai eu le sentiment que le manque d'impact des gags provenait d'un souci de rythme, certaines séquences de mouvement étant trop étirées comme celles, deux fois répétées, où cow-boy et indien volent et rebondissent en se cognant sur les murs. Et de manière générale, les histoires courtes comptent un peu trop sur leur chute pour être drôles, et quand celle-ci n'attire que le sourire on a l'impression de ne pas avoir contenté.
Visiblement, l'humour des auteurs a plus de mal à passer en BD qu'en animation.
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Jimena
La première chose qui frappe, lorsqu’on lit Jimena, c’est son style graphique. Les planches sont dans un style très inhabituel et, à mes yeux, peu séduisant. Cet aspect flou est fatigant à la longue. Certaines de ces planches sont tout simplement moches, alors qu’à une seule occasion je me suis arrêté pour admirer une case (une vue d’un parc de Buenos Aires dont le traitement des couleurs m’a séduit). La deuxième chose qui choque, c’est l’absence de dialogues. Tout passe par la narration et le dessin. Et si la narration est relativement agréable, à la longue le style fatigue. Je n’ai pas réussi à lire ce court album d’une traite (ce qui est rare dans mon chef). Lorsque l’on a franchi ces deux obstacles, il nous reste à découvrir l’histoire. Celle-ci a le mérite de nous amener dans des décors rarement employés (la Patagonie et Buenos Aires) mais ne brille pas par son originalité. Le parcours de cette pauvre fille qui rêve d’un ailleurs meilleur mais qui fait preuve d’un fatalisme déprimant ne m’aura jamais ému. J’ai par contre relativement bien aimé le parallélisme effectué entre le tango argentin et le caractère fataliste et déprimé des personnages. Je n’y connais strictement rien en tango, mais les auteurs ont souvent recours à des paroles de chansons pour effectuer ces parallélismes. Je suppose que ces chansons sont représentatives du genre, et sous cet éclairage, je comprends mieux la mentalité des différents acteurs de ce drame (sans pour autant les trouver, du coup, attachants). Graphiquement peu séduisante, ennuyeuse et trop fataliste, cette Jimena ne m’aura pas séduit. Bof, bof, bof…
La Maison Winchester
La maison Winchester a pour attrait majeur … la maison Winchester. Cette baraque de barge (un vrai labyrinthe dont la construction s’est étendue sur plusieurs décennies selon les directives des esprits avec lesquels la veuve Winchester entrait en communication lors de séances de spiritisme) a un côté fascinant indubitable. Le cadre est idéal pour une histoire de maison hantée. Malheureusement, l’histoire contée est vraiment très classique pour le genre. Le suspense et l’angoisse ne sont pas au rendez-vous, tant ce scénario est plat et prévisible. J’ai donc du mal à dire que l’album est une réussite. C’est encore plus regrettable lorsque l’on voit le travail graphique de Cabanes. Son trait réaliste est d’une belle qualité, et ses « apparitions » sont réussies. Ce dernier aspect doit son charme à la qualité de la colorisation. C’est vraiment, de ce point de vue, du beau travail, certes peu original, très conventionnel, mais quand même très fin. Par contre, certains de ses visages sont, à mon avis, tout simplement ratés. Mais la qualité d’ensemble est tout de même de bonne facture. Pour le théâtre de l’action, j’ai envie de dire « franchement bien » et pour le dessin, j’ai envie de dire « pas mal », mais le scénario est vraiment trop prévisible pour que je décerne une de ces cotes.
Idées Noires
Je l’avoue sans honte, avant ce mois de septembre 2009 je n’avais jamais lu Idées Noires de Franquin, ne serait-ce même qu’un seul des gags composant l’album. Et bien je suis franchement déçu au vu du nombre impressionnant de 5/5 que récolte cet album et du peu de fois ou j’ai souri. Je pense qu’on peut rire d’à peu près tout, donc le fait que ce soit noir ou morbide n’est pour rien dans le fait que je n’ai pas rigolé. J’ai juste trouvé ça pas drôle. Seuls quelques-uns des strips sur les chasseurs et les deux sur le mec paumé dans le labyrinthe m’ont fait rire. En fait je classerais ces gags en deux catégories. D’un coté les pas drôles, et ils sont nombreux. Exemple au hasard : Le défilé de personnages au marché qui viennent faire aiguiser leurs couteaux, ciseaux, cisailles, et autres objets tranchants. La chute ? Le dernier bonhomme arrive avec une guillotine… C’est vraiment à mourir de rire… D’un autre coté, on a les gags lourds. Exemple : Visite d’une usine militaire, tout l’attirail est passé en revue : méga missile, système de défense sophistiqué, etc… et au final notre militaire s’allume un cigare. Non c’est en fait une roquette et boum ça lui pête à la gueule. Tordant. Notons que certains gags réussissent le tour de force d’être dans les 2 catégories. Exemple : le mec qui est dans sa navette spatiale, tranquillement assis sur un chiotte. Et quand il tire la chasse, il se retrouve dans l’espace, évacué avec les déchets. Grandiose, même Captain Biceps ne l’avait pas faite celle-là… Bref, j’ai pas rigolé, ou tellement peu.
Quick et Flupke
C’était au temps où Bruxelles rêvait, c’était au temps du cinéma muet, C’était au temps où Bruxelles chantait, c’était au temps où Bruxelles bruxellait. Place de Broukère on voyait des vitrines Avec des hommes des femmes en crinoline Place de Broukère on voyait l'omnibus Avec des femmes des messieurs en gibus Et sur l'impériale Le cœur dans les étoiles Y avait mon grand-père Y avait ma grand-mère Il était militaire Elle était fonctionnaire Il pensait pas elle pensait rien Et on voudrait qu'je sois malin (j’écris bien, hein, quand même …) Et oui, Quick et Flupke datent de cette époque que le grand Jacques Brel décrit si gaiement dans une célèbre chanson. Mon grand-père adorait ces personnages, espiègles, moqueurs, frondeurs, inventifs. De vrais kets, symboles du quartier des Marolles, un quartier populaire (pour ne pas dire pauvre) de Bruxelles, et réputé pour son esprit frondeur et indépendant. Ceci étant, personnellement, je ne peux pas dire que les deux personnages m’aient fait souvent rire. Ils datent d’une époque dépassée, leurs gags sont très naïfs et fréquemment du niveau « peau de banane ». Pour le dessin, Hergé (et ses collaborateurs) officie dans une ligne claire qui deviendra de plus en plus aboutie au fil du temps. Il est cependant manifeste que la série est produite à la chaine, et les planches ne bénéficieront jamais du soin le plus maniaque. Cette ligne claire est cependant agréable à regarder (surtout pour les épisodes datant de la seconde moitié des années ’50, soit après les balbutiements du début et avant le trait mécanique de la suite). Restent trois personnages, Quick, Flupke et l’agent 15, symboles d’une certaine époque et d’une certaine Belgique. De vilains garnements plus espiègles que méchants et un agent de police plus compréhensif que répressif. Ces trois personnages sont, à notre époque, totalement anachroniques, et (de ce fait, sans doute) finalement jubilatoires (je parle bien des personnages et non de leurs aventures). Une cote objective de 2/5, malgré les bons souvenirs que je garde de mes premières lectures (j’étais alors encore fort jeune et naïf), mais la série ne conviendra plus au jeune lecteur actuel. … Et on voudrait qu'j'aie le moral C'était au temps où Bruxelles rêvait C'était au temps du cinéma muet C'était au temps où Bruxelles chantait C'était au temps où Bruxelles bruxellait …
Vitesse moderne
Je n’avais encore rien lu de Blutch, … et je ne lirai rien d’autre de lui avant un certain temps. Non que l’artiste soit dénué de qualités, mais son univers ne correspond pas au mien. Cet album n’est qu’un long rêve (ou cauchemar) sans logique apparente dans lequel l’héroïne se débat. Je me suis cru dans un vieux Jean-Claude Forest (et pas le meilleur). Tous, nous avons déjà fait ce cauchemar d’une fuite dans laquelle nous ne parvenons pas à semer nos poursuivants. Nos jambes sont lourdes. Nos ennemis surgissent là où on ne les attend pas. Nos angoisses refont surface. Et nous sortons de ce rêve trempés de sueur. Et bien, ce Vitesse moderne m’a donné le sentiment que l’auteur a cherché à illustrer une histoire analogue. Malheureusement, l’émotion ne passe pas. Le récit ne fait pas peur, il n’émeut pas plus, et sa conclusion n’est même pas la fin du rêve ou du cauchemar. Ajoutez à cela que le style graphique spontané et raide de l’auteur ne figure pas parmi mes préférés et vous comprendrez pourquoi je ne peux dire que : « bof ! »
Le Piège Malais
Je ne suis pas fan des croyances hindoues, pas plus que des histoires opposant colons anglais et rajah indien. Cet album ne parvient pas à me faire changer d’avis. Le dessin de Conrad est de qualité. Ses personnages féminins sont séduisants et ses personnages masculins très expressifs. Les décors sont simples mais bien détaillés. C’est du beau travail, même si, personnellement, je n’aime pas les phylactères colorés dans des teintes proches de la toile de fond (car j’ai bien souvent du mal à la lire, par manque de contraste). Le style de l’artiste le rapproche du franco-belge humoristique alors que … … l’histoire est loin d’être drôle. On est ici dans la traditionnelle histoire de statue païenne pourvue d’un étrange pouvoir destructeur. Le héros est un jeune anglais balloté tout au long du récit et qui se retrouve sous l’emprise de la statue. A ses côtés, une prostituée indienne l’utilise (le héros, hein ! Pas la statue) autant qu’elle l’aime, essaye de le prévenir du danger de la statue. Mais, elle-même ne semble pas comprendre grand-chose aux événements dont le couple est la victime. Et moi non plus, d’ailleurs. Certains personnages ont, à mes yeux, des comportements absurdes, trop tordus pour que je les accepte. Bien sûr, on pense à « Les Innommables », mais l’humour moins présent et le scénario parfois confus de Conrad ne permettent pas à ce Piège Malais d’atteindre le niveau de la série culte. Alors, pour le dessin, c’est pas mal, mais pour le scénario (sur un thème qui ne m’attire pas) je dirai : « bof ! ».
Le Retard
En lisant cet album, j’ai pensé à Etienne Davodeau. Le point commun entre celui-ci et Barbara Yelin ? Leur volonté d’aller triturer les sentiments de leurs personnages, des individus qui parlent très peu d’eux-mêmes, mais dont on finit quand même par comprendre les douleurs, les blessures. Cet art de tourner autour du pot constitue le point fort de cet album. Il nous faudra du temps pour parvenir à cerner les personnages, qui y gagnent autant en mystère qu’en humanité. Il faut dire que l’artiste fait fort, puisque, dès le début du récit, elle laisse le lecteur dans l’ignorance la plus totale. Cinq trentenaires se retrouvent réunis dans une vieille maison à la campagne, et attendent un sixième. Pourquoi ? On ne le découvrira qu’après bien des planches, même si, inévitablement, on pense à un héritage (mais avons-nous raison ?) Cet album est traduit de l’allemand au français. Je n’ai pas lu la version originale (et mon allemand approximatif ne m’aurait pas permis de me faire une opinion). Ceci dit, la version française me semble bien écrite mais lourde à lire. Il faut dire que l’ambiance générale de l’album est assez lourde. Les différents protagonistes se connaissent et s’apprécient mais ne semblent pas avoir grand-chose à se dire. Par moment, l’album se traine, et le lecteur que je suis s’ennuie. L’artiste aurait sans doute gagné en efficacité avec un peu plus de concision et moins de développements verbaux plutôt pompeux. Reste le point qui fâche : le dessin. Celui-ci n’est pas dénué de qualités, mais manque incontestablement de maîtrise, surtout pour les personnages. A l’occasion, ceux-ci semblent sortis des marges d’un cahier d’élève même pas doué pour le dessin. C’est vraiment très maladroit. Par contre, et particulièrement lorsque le format s’agrandit, l’artiste fait montre d’une réelle sensibilité. Mais j’ai bien plus apprécié ses décors, et plus particulièrement ses arbres, que ses personnages (malheureusement fort présents). Pour ces multiples raisons, cet album ne m’a pas convaincu, mais l’artiste a manifestement « quelque chose à dire », elle dispose d’une réelle sensibilité qu’une plus grande maturité technique lui permettra sans doute d’exprimer à l’avenir (c’est tout le mal que je lui souhaite). A revoir …
Le Masque de fer
Récit historique mêlant habillement personnages réels et héros de roman, ce « Masque de fer » aurait pu me séduire si … un souffle épique l’avait parcouru. Malheureusement, et malgré un bon premier tome, la série tombe rapidement dans le dessin illustré. La narration est trop présente, peu passionnante (à mon avis) et trop scolaire, du genre « trucmuche couche avec machin et qui enfante par un beau jour de juin » avec, dans une première case trucmuche qui couche avec machin et dans la seconde un nouveau-né dans les bras de machin. Rien de passionnant à mes yeux. En fait, la série se centre avant tout sur les luttes d’influence autour de Louis XIV, un sujet qui ne me passionne pas. Tout passe par la langue de bois, le persiflage, les fausses rumeurs, sans qu’il n’y ait vraiment d’action. Rien à faire, et malgré le beau travail de Cothias (qui mélange avec talent éléments historiques et légendes romanesques), je m’ennuie. Reste le travail de Marc-Renier. Un travail très inégal, à mes yeux. L’artiste a un trait réaliste fin et élégant qui doit être « habillé » pour totalement me convaincre. Je veux dire par là que lorsqu’il simplifie son trait, lorsqu’il oublie ses décors, l’auteur perd toute sa force. Hors, à partir du milieu du deuxième tome jusqu’à la fin du quatrième, Marc-Renier simplifie exagérément son trait. Ce choix est sans doute dû à un souci de productivité (5 ans entre le premier et le deuxième tome, puis trois tomes qui s’enchainent en trois années), mais il est vraiment peu judicieux à mon avis. A partir du cinquième tome, la qualité est de retour et le sixième est vraiment très beau. Malheureusement, je crains que beaucoup de lecteurs aient déjà décroché à ce moment là. Résultat : parce que le sujet ne m’a pas semblé très intéressant, parce qu’il est exposé d’une manière trop scolaire, parce que le dessin connaît en cours de route une énorme perte de qualité, je ne peux dire que « bof ! »
Jolies ténèbres
Mwouais, bof … Jolies ténèbres est une œuvre qui a créé la polémique sur ce site. Je m’attendais donc à trouver une œuvre que soit j’aurais détesté, soit j’aurais adoré. Au final, je me suis ennuyé … L’histoire met en scène des « esprits » enfantins aux comportements extrêmes. Cela se voudrait très sombre, l’artiste cherchant à enfanter chez le lecteur un sentiment de malaise, d’insanité, un sentiment encore accentué par le style graphique très naïf (et, donc, en décalage avec le propos), que Kerascoët emploie majoritairement. En fait, et c’est le grave problème, je n’ai ressenti aucunes émotions. Ni dégoût, ni jubilation, les gesticulations de ces petits personnages m’emmerdent (voilà, c’est dit). Tous ces personnages manquent tellement de maturité tout en affichant une telle autosuffisance que je ne parviens pas à m’y attacher. Cette absence d’empathie est, à mon avis, la cause principale de mon rejet de l’œuvre. De plus, à la longue, le style choisi par Kerascoët finit par me lasser, et je suis heureux lorsque, au détour d’une page, l’artiste opte pour un style plus réaliste. Pourtant, au début, je trouvais cela joli et intéressant … mais, à la longue … pffffff … Reste la très belle couverture (car, là ! Il faut reconnaître que c’est la grande classe !)
Panique au village
Cet album m'aura permis de découvrir le film "Panique au village" qui sortira en France en octobre. Il s'agit d'un film d'animation image par image à la manière d'un "Wallace et Gromit". Il met en scène des figurines façon jouets pour enfants (cow-boy, indien, la ferme des animaux, etc...) et leur fait vivre des aventures complètements déjantées et absurdes. L'aspect visuel du film a l'air très sympathique et l'humour assez marrant, accentué par l'animation saccadée étonnante de ces figurines un peu ridicules. Malheureusement, la BD qui en a été tirée, pour sa part, ne m'a guère réjoui. Elle met en scène les mêmes personnages et les mêmes décors dans des histoires courtes humoristiques de quelques pages. Le dessin est très simple, trop simple à mon goût. Il se rapproche vaguement du style d'un autre couple d'auteurs à l'humour délirant, Letzer et Cromheecke à qui l'on doit le Plunk, mais il se révèle moins efficace, moins attachant. Proche du rapide croquis, volontairement assez enfantin et parfois gribouillé, il conviendrait éventuellement pour le storyboard d'un film. Son manque de soin et tout simplement de beauté le rend peu agréable à la lecture. Ce n'est pas un objet qu'on a envie de posséder pour son graphisme. L'ennui, c'est que l'humour ne relève que peu le niveau. Certes les personnages et l'univers déjanté sont assez sympathiques et on aimerait rire de ce délire auquel les auteurs nous convient. Mais rares sont les gags qui m'ont vraiment amusé. Régulièrement, j'ai eu le sentiment que le manque d'impact des gags provenait d'un souci de rythme, certaines séquences de mouvement étant trop étirées comme celles, deux fois répétées, où cow-boy et indien volent et rebondissent en se cognant sur les murs. Et de manière générale, les histoires courtes comptent un peu trop sur leur chute pour être drôles, et quand celle-ci n'attire que le sourire on a l'impression de ne pas avoir contenté. Visiblement, l'humour des auteurs a plus de mal à passer en BD qu'en animation.