Histoire qui débute en empruntant le sentier du fantastique à tendance horrifique, Faker repose finalement sur des bases SF un peu molles.
Si son Hellblazer n'atteint pas la qualité de celui d'un Jamie Delano, Mike Carey est tout de même un scénariste habile. Ma déception à la lecture de Faker n'en a été que plus grande.
Tout commence à l'université avec une classique présentation des personnages principaux, c'est un peu American Pie en version darkside, des jeunes têtes à claques qui sont dépeint de manière naïve. Tous ont une particularité forte (maître chanteur, accro au sexe, grand sportif etc.) et une psychologie basée sur cet aspect de leur personnalité. Et évidemment ce petit monde se fout de tout sous prétexte que tous cachent des blessures, un peu de came et de picole pour arroser les soirées les aident à se sentir meilleurs. De ce côté-là circulez, il n’y a rien de plus à signaler.
A ce stade on se dit que Mike Carey a joué l'économie pour nous sortir un scénario des grands jours mais non...
Le suspense ne tient pas longtemps, pas plus que l'aspect fantastique. Quand on commence à se demander par quels bouts il faut tirer pour dénouer cette intrigue, Mike Carrey flingue son histoire en révélant lui même les éléments les plus importants.
C'est fait plus ou moins directement mais à mi-aventure c'est assez déconcertant, le titre vient alors à l'esprit... se pourrait-il que l'auteur nous mène en bateau ?
Et bien oui et non, mais plutôt non en fait, le niveau de lecture a eu beau changer, l'intérêt s'est essoufflé.
Les lieux variés, les scènes d'actions et les disputes entre petits menteurs ne sauvent pas le lecteur de l'ennui.
Jock officie aux dessins, un trait assez rugueux, très tendance mais pas follement original ne marquera pas les mémoires, même si quelques images sont sympathiques. En revanche ses couvertures réalisées pour les différents épisodes sont plutôt variées et réussies. Maigre consolation.
Finalement il s’agit d’une réalisation collant parfaitement au catalogue Vertigo mais manquant de pas mal de maîtrise pour le représenter dignement. Faker est un titre mineur.
JJJ
Le premier tome n'ayant aucunement besoin d'une suite, cet avis ne porte que sur celui-ci.
Si cette BD avait été réalisée en 1980 elle aurait pu paraitre avant-gardiste, le concept de liberté de la pensée n'était pas encore franchement établi... en 1989, dans un autre contexte social, elle utilise le traumatisme instauré par le sida pour développer un univers plutôt sombre. Ce n'est plus de l'anticipation mais l'exposé d'un scénario catastrophe collant à l’actualité.
D'un côté les gens sains protégés par une milice un brin fasciste, de l'autre les malades du VRH privés de droits et libertés.
Evidemment parmi ces gens, d'honnêtes philanthropes luttent contre le mal qu'est cette maladie, hélas les vigiles prennent le pouvoir s'appuyant sur la peur populaire, les malades sont de plus en plus coupés du monde, les sages bâillonnés... Comment instaurer une dictature en se servant d'un coup dur porté aux citoyens paniqués ? L'idée n'est pas nouvelle, ni originale, elle est malheureusement basée sur de nombreux faits sombre de l'histoire des hommes. Pour décrire le futur autant s'inspirer du passé.
Prise au premier degré, cette histoire effrayante manque de relief et cumule un peu trop d'éléments pour être tout à fait claire, quelques idées sont bonnes mais peinent à s'extirper de cette mélasse pathétique. Un scénario peu passionnant, sentant le déjà vu, caricatural, ne parvient pas à masquer la faiblesse narrative qui se dégage de l'ensemble. La fin est juste malvenue.
Les dessins ne sont pas foncièrement moches, mais plombés par des couleurs assez écœurantes et rendus ringards par une imagerie 80's du plus mauvais effet : Les styles vestimentaires, les coiffures affligeantes. L'ensemble est daté et laid.
Une lecture oubliable.
JJJ
Les éternels est une série que j'ai lue car j'avais gagné le troisième tome à une tombola lors d'un festival de BD.
Les dessins assez jolis et tout en rondeur m'ont assez vite conquis et c'est donc avec logique que je me suis procuré le reste de la série. Comme je l'ai déjà évoqué, les dessins sont plutôt réussis, les personnages sont assez bien réalisés, et les jeunes demoiselles sont très sensuelles. Mais, elles le sont trop malheureusement pour ce genre d'histoire. Du coup, on se retrouve avec une sorte de lara croft siliconée et botoxée dans le monde assez fermé des diamantaires.
Niveau scénario, comme dit précédemment dans les autres avis, on ne retrouve pas grand chose à sauver. C'est assez vide, le monde du diamant est très peu détaillé et on se retrouve avec une suite de scènes d'action, bien faites, mais sans grand intérêt... A la fermeture du dernier album, on reste un peu sur notre faim et sans souvenirs mémorables en tête.
Bref, une série pas mauvaise mais sans plus...
C'est la première fois que je lis une oeuvre de Jason, un auteur qui a même un thème qui lui est consacré sur ce site. Le dessin est purement minimaliste. Le propos également. Peut-on alors trouver son bonheur ? Il faudrait pour autant que ce récit soit véritablement parlant.
L'auteur évolue dans un univers qui lui est propre qui apparaîtra poétique pour les uns, humour absurde pour les autres. Je ne reconnais pas dans cet univers. J'ai essayé pourtant de m'accrocher mais le récit m'a vite lassé. Oui, j'ai emprunté un mauvais chemin.
J'ai découvert ce manga via ma soeur, adolescente de 14 ans. Arrivé à la fin du troisième tome, je me suis dit que j'arrêtais. J'ai finalement décidé d'accorder une seconde chance et continué la lecture pendant quelques tomes. J'ai définitivement arrêté au bout du tome 6 (je crois).
Le grand reproche que je fais à ce manga est d'être trop candide. En effet, nous avons un magicien combattant du mal qui prêche en faveur de l'amour pour et entre tous, mais qui n'hésite pas à se battre pour défendre la veuve et l'orphelin. Sa devise pourrait se résumer à "peace and love". Beaucoup trop de politiquement correct.
Le second défaut est que les personnages manquent cruellement d'épaisseur. Une fausse solution est de proposer une pléthore de personnages secondaires, mais cette alternative montre vite ses limites.
Quant à l'histoire, elle ne regorge pas de rebondissements. Disons que le paysage est vallonné pour être exact. Bref, les fausses pistes ne sont pas légion et les révélations sont téléphonées.
Point positif : l'humour, bien que redondant, arrive à faire rire (pas des éclats à même de percer les cloisons de votre maison).
C'est donc un bilan mitigé qui ressort de cette lecture.
Du problème de la traduction dans le domaine littéraire …
Cet album résume à lui seul toute la problématique. En effet, il souffre (et le mot est faible) d’une traduction francophone insipide et inadéquate. La langue de Vondel est riche en expressions imagées, et les traduire mot à mot est un non-sens absurde.
Du fait de cet aspect des choses, je n’ai pas apprécié cet album comme il l’aurait mérité.
Oui, comme il l’aurait mérité car, d’une part, l’intrigue tient honnêtement la route, même si elle n’a rien d’extraordinaire, et, d’autre part, le graphisme est remarquable et séduira à coup sûr n’importe quel fan de franco-belge humoristique.
A revoir. La série nécessite soit un dialoguiste audacieux qui n’hésitera pas à s’éloigner du texte original, soit un scénariste francophone. Mais cette traduction approximative et inadéquate, tant qu’elle perdurera, demeurera une réelle épée de Damoclès pour Havank.
Oui, bon, c’est de la grosse caricature facile, avec un CRS plutôt con et qui ne pense qu’à se servir de sa matraque, un inventeur gaffeur, une mère au foyer qui a les pieds bien sur terre, et un gamin post-68 aux cheveux longs et aux idées courtes. Oui, les chutes sont très prévisibles et la redondance est de mise. Oui, le gag récurent de la chipolata est archi-nul. Mais dans la catégorie vide-cerveau, cette série fonctionne plutôt bien.
Mon indulgence vis-à-vis de cette série provient essentiellement du fait que j’aime le trait de Achdé, un trait franco-belge humoristique très classique et dynamique.
Rien que pour ce trait, j’aurais été capable de dire « pas mal », si autant d’albums n’avaient été commis. De plus, le gag récurent de la chipolata ne me fait absolument pas rire, ni même sourire.
Alors, oui, objectivement, c’est « bof » … mais j’aime bien le trait de Achdé !
Ce suspense policier ne fait pas montre d’une grande originalité, mais il peut compter sur le savoir-faire du duo Rodolphe-Le Tendre pour nous proposer un découpage dynamique et prenant.
Alors, oui, la série se lit bien. Sa narration « coule de source », malgré son caractère très prévisible et ses personnages sont suffisamment charismatique pour retenir mon attention. Mais le thème choisi par les compères a tellement été exploité auparavant qu’une désagréable sensation de déjà-vu se dégage de ces planches. De plus, le deuxième tome a tendance à se trainer, par manque d’éléments nouveaux dans le développement du scénario.
Le dessin de Labiano est plutôt agréable à mes yeux. Il est surtout très lisible et fait montre d’un dynamisme opportun au vu du style de l’album. Il n’est pas parfait pour la cause et ses couleurs vives risquent de choquer certains lecteurs.
J’hésite entre le « pas mal » et le « bof ». Au vu du talent de ses scénaristes, je serai sévère.
Cette BD est initialement sortie en 1993 chez Bagheera.
Je me suis pris au jeu les 3/4 de l'album avant de retomber sur terre.
Le final manque de saveur et laisse un goût de trop peu.
Pourtant le scénario est prenant : pendant la seconde guerre mondiale, des hommes lutent sur les côtes de Cuba. Au centre, il y a des U-Boot.
Le dessin me fait penser tout de suite à du Tardi.
Il est bigrement efficace. Les couleurs sont sobres.
Je regrette vraiment le manque de développement de l'intrigue.
Je conseille quand même la lecture car il y a de bonnes choses dans ce one shot.
Rabate nous raconte ici une histoire provinciale simple : un homme, son dégoût de la vie suite à un échec, son réapprentissage de la vie qui sera également l’apprentissage de l’échec en général.
Les dessins sont troublants : les personnages sont très simplistes dans leurs traits, mais les décors sont en revanche plutôt précis. La couverture est un parfait exemple, la tête de notre héros ne ressemble pas à grand-chose, mais les objets dans la baignoire sont réalistes. Toutefois, les décors ne sont travaillés que lorsqu’ils occupent une place importante dans la narration, car les fonds ne fourmillent pas de détails ! La colorisation est sobre, discrète, sans fioritures ; elle colle bien avec ce petit univers d’un homme triste qui voit tout fade.
L’histoire nous place face à l’échec, cet homme provincial et sa vie fade qui ne se remet du départ de sa femme. D’humeur maussade il ne goute plus au quotidien pour devient source d’ennui. Sa boutique de farce et attrapes n’est pas une raison de vivre, tout juste sort il de sa névralgie lors d’une entrevue avec son fournisseur. Cet épisode du livre ressemble assez à une démystification du patron tyrannique fort bien sentie : ça ne lui fait pas particulièrement plaisir d’en arriver à faire des drames humains, mais il se retrouve face à une loi du marché qu’il ne peut nier. Oui l’objet est mal fait, mais celui qui achète s’en fout ! Cela dure quelques pages, mais le message est clair face à tous les combats militants pour défendre des « acquis sociaux » sans une once de réalisme. Et puis nous retournons dans ce quotidien calme et monotone, jusqu’à l’arrivée d’un cirque, ou disons d’une artiste du cirque qui va tenter de faire sortir notre héros malheureux de sa léthargie. Il va y trouver une nouvelle jeunesse, même s’il ne comprend pas tout et réagit en enfant gâté. Temporaire plaisir puisqu’il n’a toujours pas compris que c’était forcément une histoire temporaire et que l’échec n’est pas un drame en soi, il fait partie d’une construction personnelle. La rechute sera donc vertigineuse. Alors reclus sur lui-même en bon égoïste il se terrera hors d’un monde visiblement hostile à son égard. Une bouée arrivera pourtant, on n’en verra pas l’histoire, mais on retrouve notre homme quelques années plus tard, visiblement heureux il a enfin compris qu’un échec n’est pas une honte personnelle mais peut faire partie d’un chemin, du coup il est beaucoup plus agréable, et une autre histoire peut commencer.
Au final l’histoire est correcte sans plus, il y a un je ne sais quoi de trop parisien, la vue de la vie en province parait trop plate y compris pour les autres non sclérosés (les parties barbecue entre gendarmes contrôleurs, tout de même !). Le quotidien décrit clairement une vie de province qui honnêtement donnerait presque raison à notre héros d’être déprimé ! Les personnages sont simples et ne servent que de miroir à la psychose de notre dépressif, dommage, ils auraient pu être plus humains. Le dessin étant lui-même moyen cela donne un bof d’ensemble : correct sans plus
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Faker
Histoire qui débute en empruntant le sentier du fantastique à tendance horrifique, Faker repose finalement sur des bases SF un peu molles. Si son Hellblazer n'atteint pas la qualité de celui d'un Jamie Delano, Mike Carey est tout de même un scénariste habile. Ma déception à la lecture de Faker n'en a été que plus grande. Tout commence à l'université avec une classique présentation des personnages principaux, c'est un peu American Pie en version darkside, des jeunes têtes à claques qui sont dépeint de manière naïve. Tous ont une particularité forte (maître chanteur, accro au sexe, grand sportif etc.) et une psychologie basée sur cet aspect de leur personnalité. Et évidemment ce petit monde se fout de tout sous prétexte que tous cachent des blessures, un peu de came et de picole pour arroser les soirées les aident à se sentir meilleurs. De ce côté-là circulez, il n’y a rien de plus à signaler. A ce stade on se dit que Mike Carey a joué l'économie pour nous sortir un scénario des grands jours mais non... Le suspense ne tient pas longtemps, pas plus que l'aspect fantastique. Quand on commence à se demander par quels bouts il faut tirer pour dénouer cette intrigue, Mike Carrey flingue son histoire en révélant lui même les éléments les plus importants. C'est fait plus ou moins directement mais à mi-aventure c'est assez déconcertant, le titre vient alors à l'esprit... se pourrait-il que l'auteur nous mène en bateau ? Et bien oui et non, mais plutôt non en fait, le niveau de lecture a eu beau changer, l'intérêt s'est essoufflé. Les lieux variés, les scènes d'actions et les disputes entre petits menteurs ne sauvent pas le lecteur de l'ennui. Jock officie aux dessins, un trait assez rugueux, très tendance mais pas follement original ne marquera pas les mémoires, même si quelques images sont sympathiques. En revanche ses couvertures réalisées pour les différents épisodes sont plutôt variées et réussies. Maigre consolation. Finalement il s’agit d’une réalisation collant parfaitement au catalogue Vertigo mais manquant de pas mal de maîtrise pour le représenter dignement. Faker est un titre mineur. JJJ
Péché mortel
Le premier tome n'ayant aucunement besoin d'une suite, cet avis ne porte que sur celui-ci. Si cette BD avait été réalisée en 1980 elle aurait pu paraitre avant-gardiste, le concept de liberté de la pensée n'était pas encore franchement établi... en 1989, dans un autre contexte social, elle utilise le traumatisme instauré par le sida pour développer un univers plutôt sombre. Ce n'est plus de l'anticipation mais l'exposé d'un scénario catastrophe collant à l’actualité. D'un côté les gens sains protégés par une milice un brin fasciste, de l'autre les malades du VRH privés de droits et libertés. Evidemment parmi ces gens, d'honnêtes philanthropes luttent contre le mal qu'est cette maladie, hélas les vigiles prennent le pouvoir s'appuyant sur la peur populaire, les malades sont de plus en plus coupés du monde, les sages bâillonnés... Comment instaurer une dictature en se servant d'un coup dur porté aux citoyens paniqués ? L'idée n'est pas nouvelle, ni originale, elle est malheureusement basée sur de nombreux faits sombre de l'histoire des hommes. Pour décrire le futur autant s'inspirer du passé. Prise au premier degré, cette histoire effrayante manque de relief et cumule un peu trop d'éléments pour être tout à fait claire, quelques idées sont bonnes mais peinent à s'extirper de cette mélasse pathétique. Un scénario peu passionnant, sentant le déjà vu, caricatural, ne parvient pas à masquer la faiblesse narrative qui se dégage de l'ensemble. La fin est juste malvenue. Les dessins ne sont pas foncièrement moches, mais plombés par des couleurs assez écœurantes et rendus ringards par une imagerie 80's du plus mauvais effet : Les styles vestimentaires, les coiffures affligeantes. L'ensemble est daté et laid. Une lecture oubliable. JJJ
Les Eternels
Les éternels est une série que j'ai lue car j'avais gagné le troisième tome à une tombola lors d'un festival de BD. Les dessins assez jolis et tout en rondeur m'ont assez vite conquis et c'est donc avec logique que je me suis procuré le reste de la série. Comme je l'ai déjà évoqué, les dessins sont plutôt réussis, les personnages sont assez bien réalisés, et les jeunes demoiselles sont très sensuelles. Mais, elles le sont trop malheureusement pour ce genre d'histoire. Du coup, on se retrouve avec une sorte de lara croft siliconée et botoxée dans le monde assez fermé des diamantaires. Niveau scénario, comme dit précédemment dans les autres avis, on ne retrouve pas grand chose à sauver. C'est assez vide, le monde du diamant est très peu détaillé et on se retrouve avec une suite de scènes d'action, bien faites, mais sans grand intérêt... A la fermeture du dernier album, on reste un peu sur notre faim et sans souvenirs mémorables en tête. Bref, une série pas mauvaise mais sans plus...
Mauvais chemin
C'est la première fois que je lis une oeuvre de Jason, un auteur qui a même un thème qui lui est consacré sur ce site. Le dessin est purement minimaliste. Le propos également. Peut-on alors trouver son bonheur ? Il faudrait pour autant que ce récit soit véritablement parlant. L'auteur évolue dans un univers qui lui est propre qui apparaîtra poétique pour les uns, humour absurde pour les autres. Je ne reconnais pas dans cet univers. J'ai essayé pourtant de m'accrocher mais le récit m'a vite lassé. Oui, j'ai emprunté un mauvais chemin.
Negima ! - Le Maître Magicien
J'ai découvert ce manga via ma soeur, adolescente de 14 ans. Arrivé à la fin du troisième tome, je me suis dit que j'arrêtais. J'ai finalement décidé d'accorder une seconde chance et continué la lecture pendant quelques tomes. J'ai définitivement arrêté au bout du tome 6 (je crois). Le grand reproche que je fais à ce manga est d'être trop candide. En effet, nous avons un magicien combattant du mal qui prêche en faveur de l'amour pour et entre tous, mais qui n'hésite pas à se battre pour défendre la veuve et l'orphelin. Sa devise pourrait se résumer à "peace and love". Beaucoup trop de politiquement correct. Le second défaut est que les personnages manquent cruellement d'épaisseur. Une fausse solution est de proposer une pléthore de personnages secondaires, mais cette alternative montre vite ses limites. Quant à l'histoire, elle ne regorge pas de rebondissements. Disons que le paysage est vallonné pour être exact. Bref, les fausses pistes ne sont pas légion et les révélations sont téléphonées. Point positif : l'humour, bien que redondant, arrive à faire rire (pas des éclats à même de percer les cloisons de votre maison). C'est donc un bilan mitigé qui ressort de cette lecture.
Havank (Une aventure de)
Du problème de la traduction dans le domaine littéraire … Cet album résume à lui seul toute la problématique. En effet, il souffre (et le mot est faible) d’une traduction francophone insipide et inadéquate. La langue de Vondel est riche en expressions imagées, et les traduire mot à mot est un non-sens absurde. Du fait de cet aspect des choses, je n’ai pas apprécié cet album comme il l’aurait mérité. Oui, comme il l’aurait mérité car, d’une part, l’intrigue tient honnêtement la route, même si elle n’a rien d’extraordinaire, et, d’autre part, le graphisme est remarquable et séduira à coup sûr n’importe quel fan de franco-belge humoristique. A revoir. La série nécessite soit un dialoguiste audacieux qui n’hésitera pas à s’éloigner du texte original, soit un scénariste francophone. Mais cette traduction approximative et inadéquate, tant qu’elle perdurera, demeurera une réelle épée de Damoclès pour Havank.
CRS = Détresse
Oui, bon, c’est de la grosse caricature facile, avec un CRS plutôt con et qui ne pense qu’à se servir de sa matraque, un inventeur gaffeur, une mère au foyer qui a les pieds bien sur terre, et un gamin post-68 aux cheveux longs et aux idées courtes. Oui, les chutes sont très prévisibles et la redondance est de mise. Oui, le gag récurent de la chipolata est archi-nul. Mais dans la catégorie vide-cerveau, cette série fonctionne plutôt bien. Mon indulgence vis-à-vis de cette série provient essentiellement du fait que j’aime le trait de Achdé, un trait franco-belge humoristique très classique et dynamique. Rien que pour ce trait, j’aurais été capable de dire « pas mal », si autant d’albums n’avaient été commis. De plus, le gag récurent de la chipolata ne me fait absolument pas rire, ni même sourire. Alors, oui, objectivement, c’est « bof » … mais j’aime bien le trait de Achdé !
Mister George
Ce suspense policier ne fait pas montre d’une grande originalité, mais il peut compter sur le savoir-faire du duo Rodolphe-Le Tendre pour nous proposer un découpage dynamique et prenant. Alors, oui, la série se lit bien. Sa narration « coule de source », malgré son caractère très prévisible et ses personnages sont suffisamment charismatique pour retenir mon attention. Mais le thème choisi par les compères a tellement été exploité auparavant qu’une désagréable sensation de déjà-vu se dégage de ces planches. De plus, le deuxième tome a tendance à se trainer, par manque d’éléments nouveaux dans le développement du scénario. Le dessin de Labiano est plutôt agréable à mes yeux. Il est surtout très lisible et fait montre d’un dynamisme opportun au vu du style de l’album. Il n’est pas parfait pour la cause et ses couleurs vives risquent de choquer certains lecteurs. J’hésite entre le « pas mal » et le « bof ». Au vu du talent de ses scénaristes, je serai sévère.
Cuba 42
Cette BD est initialement sortie en 1993 chez Bagheera. Je me suis pris au jeu les 3/4 de l'album avant de retomber sur terre. Le final manque de saveur et laisse un goût de trop peu. Pourtant le scénario est prenant : pendant la seconde guerre mondiale, des hommes lutent sur les côtes de Cuba. Au centre, il y a des U-Boot. Le dessin me fait penser tout de suite à du Tardi. Il est bigrement efficace. Les couleurs sont sobres. Je regrette vraiment le manque de développement de l'intrigue. Je conseille quand même la lecture car il y a de bonnes choses dans ce one shot.
Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune
Rabate nous raconte ici une histoire provinciale simple : un homme, son dégoût de la vie suite à un échec, son réapprentissage de la vie qui sera également l’apprentissage de l’échec en général. Les dessins sont troublants : les personnages sont très simplistes dans leurs traits, mais les décors sont en revanche plutôt précis. La couverture est un parfait exemple, la tête de notre héros ne ressemble pas à grand-chose, mais les objets dans la baignoire sont réalistes. Toutefois, les décors ne sont travaillés que lorsqu’ils occupent une place importante dans la narration, car les fonds ne fourmillent pas de détails ! La colorisation est sobre, discrète, sans fioritures ; elle colle bien avec ce petit univers d’un homme triste qui voit tout fade. L’histoire nous place face à l’échec, cet homme provincial et sa vie fade qui ne se remet du départ de sa femme. D’humeur maussade il ne goute plus au quotidien pour devient source d’ennui. Sa boutique de farce et attrapes n’est pas une raison de vivre, tout juste sort il de sa névralgie lors d’une entrevue avec son fournisseur. Cet épisode du livre ressemble assez à une démystification du patron tyrannique fort bien sentie : ça ne lui fait pas particulièrement plaisir d’en arriver à faire des drames humains, mais il se retrouve face à une loi du marché qu’il ne peut nier. Oui l’objet est mal fait, mais celui qui achète s’en fout ! Cela dure quelques pages, mais le message est clair face à tous les combats militants pour défendre des « acquis sociaux » sans une once de réalisme. Et puis nous retournons dans ce quotidien calme et monotone, jusqu’à l’arrivée d’un cirque, ou disons d’une artiste du cirque qui va tenter de faire sortir notre héros malheureux de sa léthargie. Il va y trouver une nouvelle jeunesse, même s’il ne comprend pas tout et réagit en enfant gâté. Temporaire plaisir puisqu’il n’a toujours pas compris que c’était forcément une histoire temporaire et que l’échec n’est pas un drame en soi, il fait partie d’une construction personnelle. La rechute sera donc vertigineuse. Alors reclus sur lui-même en bon égoïste il se terrera hors d’un monde visiblement hostile à son égard. Une bouée arrivera pourtant, on n’en verra pas l’histoire, mais on retrouve notre homme quelques années plus tard, visiblement heureux il a enfin compris qu’un échec n’est pas une honte personnelle mais peut faire partie d’un chemin, du coup il est beaucoup plus agréable, et une autre histoire peut commencer. Au final l’histoire est correcte sans plus, il y a un je ne sais quoi de trop parisien, la vue de la vie en province parait trop plate y compris pour les autres non sclérosés (les parties barbecue entre gendarmes contrôleurs, tout de même !). Le quotidien décrit clairement une vie de province qui honnêtement donnerait presque raison à notre héros d’être déprimé ! Les personnages sont simples et ne servent que de miroir à la psychose de notre dépressif, dommage, ils auraient pu être plus humains. Le dessin étant lui-même moyen cela donne un bof d’ensemble : correct sans plus