Série plutôt déjantée dans laquelle un docteur arrive à la rescousse de clients désespérés. L’humour y fonctionne grâce au décalage existant entre les propos et les actes souvent ignobles du docteur et l’aspect flegmatique des personnages issus du crayon de Turk. En cela, la série m’a rappelé les histoires à lunette de Clarke.
Malheureusement, je me suis vite lassé de cette lecture, du fait de situations initiales trop passe-partout. De plus, lorsqu’on a compris comment fonctionne la série, on devine rapidement la chute de ces courtes histoires.
Heureusement, ces scénettes s’étalent sur plusieurs planches, et l’humour ne se limite pas à la dernière case. Beaucoup de dialogues, et surtout certaines réflexions du docteur Bonheur, m’auront fait sourire, voire rire.
Malheureusement, les auteurs tombent souvent dans la facilité, avec des allusions sexuelles et une vulgarité que je considère comme gratuite.
Le dessin de Turk est toujours agréable à regarder, très lisible et rond. Il se rapproche ici de son travail sur Clifton et, comme je l’ai dit, apporte un contre-pied bienvenu à la narration plus « trash » (mais un « trash très raisonnable, cependant) de Clarke.
Malgré certaines qualités, je me suis trop souvent ennuyé durant mes lectures que pour accorder plus qu’un 2/5. La série a cependant le mérite de sortir des carcans habituels pour nous proposer quelque chose de neuf (à défaut d’être vraiment original) et je ne déconseillerais pas sa location en bibliothèque.
Pas facile de faire de l'humour en prenant des petits enfants comme héros...
Claire Pétry, illustratrice aux influences multiples, s'y essaie tout de même, avec comme particularité d'utiliser la carte à gratter. Le résultat donne un aspect artisanal, presque "vintage" à ses gags, qui tiennent tous en 4 cases. Son style graphique quant à lui est assez élégant, donnant là encore l'impression d'avoir été développé il y a 60 ans ou plus.
Nous avons donc 3 gamins un peu espiègles, qui ont parfois des réflexions trop matures pour eux, qui se posent des questions sur la vie, l'amour, les vaches...
Bref, c'est très diversifié, mais je n'ai pas vraiment trouvé ça inventif. Peut-être faut-il être parent d'un enfant de 7 ans pour le faire ?
A noter, pour ceux qui se poseraient des questions sur la signification du titre, qu'un "morpion" est aussi l'appellation populaire d'un enfant dans le sud-ouest.
Je n'ai pas trop aimé ce nouvel album de la collection blop.
Je ne saurais comment dire, mais je trouve les historiettes assez dénuées de sens, sans véritable but. Bien sûr, on est dans un récit pour enfants, donc les héros -qui sont des enfants de leur âge (7-12 ans)- ont des comportements propres à cet âge, mais je ne sais pas, je n'ai pas trouvé grand-chose d'intéressant dans leurs jeux cruels. Les personnages en eux-mêmes me semblent manquer de substance.
Dommage, parce que le style graphique, proche de celui de Sempé, émarge dans la catégorie "naïf", et que cela convient bien à ce type d'histoire.
Tout d’abord, je n’ai que très peu apprécié le dessin de Marianne Duvivier. Pour les personnages, cela passe encore, mais ses véhicules sont vraiment moches. Encore heureux que les auteurs précisent qu’une des voitures représentées est une Lotus, car, sans cela j’aurais qualifié ledit véhicule de Gogomobile.
Et si, pour les personnages, hormis leurs nez démesurés, je leur reconnais une certaine harmonie, la ressemblance entre eux est telle que, dans un premier temps, je croyais que le secret en question était un lien de parenté entre une belle-mère et sa bru (mais cela me semblait trop évident).
Ensuite, le scénario manque cruellement d’originalité. Ce secret, c’est le secret de famille le plus fréquemment illustré que je connaisse. Les auteurs s’en sont sans doute rendu compte, puisqu’ils axent tout le suspense de l’intrigue sur sa structure plutôt que sur le mystère en lui-même. Mais là aussi, ce n’est guère convaincant. Cette heureuse guérison d’une amnésique est bien trop artificielle. Le personnage se souvient des événements dans un ordre chronologique parfait, en remontant sans cesse dans le temps, avant de se souvenir du dernier élément qui, lui, s’est passé après tous les autres et aurait donc dû logiquement être le premier dont elle se serait souvenue. C’est totalement absurde et donc bien trop artificiel à mes yeux.
J’aurais cependant pu aimer cet album si l’analyse psychologique du personnage principal avait été mieux réussie. Là, avec ce personnage fragile et instable, je pense que les auteurs tenaient quelque chose, mais ils n’ont malheureusement pas réussi à m’expliquer ce personnage, qui finalement m’apparait bien plus ennuyeux, pitoyable et inexcusable que touchant.
Un échec, selon moi.
Le moins bon album de la collection que je lis jusqu'à présent. Alors que certains auteurs manquent de pages pour dire ce qu'ils ont à dire en une soixantaine de pages (Fabien Vehlmann, Mathieu Gabella), c'est tout le contraire de Pascal Bertho dont le scénario est finalement très vide. Il est obligé de faire des flashbacks inutiles sur ce qu'on savait déjà (Ben Gunn qui découvre le trésor, Silver qui s'enfuit du bateau).
Pire encore, l'histoire n'est finalement qu'un remake sans intérêt du roman original. La seule différence c'est qu'un pirate nul à ch... est le méchant de l'histoire et pas Silver. De plus, l'identité du mystérieux commanditaire est très facile à deviner. Je priais pour que l'auteur me surprenne et que ce soit quelqu'un d'autre le commanditaire, mais mes prières n'ont pas été exaucées.
Cette bande dessinée est un bel objet. Grand format, couverture cartonnée, dos toilé, l'accent est mis sur la qualité physique.
C'est regrettable que le contenu ne soit pas à la hauteur.
Il s'agit de courtes fables à la manière des Mille et une Nuits, entrecoupées d'interludes en une image ou une page. L'ambiance est à la magie, voire parfois à l'onirisme ou à l'hallucination. Le décor est oriental, sans précision de date ou de lieu, rappelant parfois la Turquie, parfois l'Arabie ou les pays voisins.
Le dessin est dans un style proche de la ligne claire sans en faire véritablement partie. Assez élégant dans son noir et blanc, je lui trouve cependant beaucoup de faiblesses techniques et un encrage un peu anguleux pas très plaisant. Certaines cases ne sont pas très claires tant l'auteur semble avoir du mal à représenter certains décors ou situations. L'escalade de la montagne dans la première histoire par exemple est assez laide.
Mais le véritable ennui, c'est que les histoires sont médiocres à mon goût. Sans grande saveur, elles se concluent rapidement en me laissant dans l'indifférence. Elles ne sont ni originales ni envoutantes à mes yeux et elles partent parfois dans des délires semi-poétiques ou hallucinatoires qui n'ont vraiment pas su me toucher.
J'ai trouvé l'ensemble particulièrement vain.
Première remarque : cet album a depuis été intégré dans les « Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...)», suite au remaniement de cette série par les éditions Dupuis.
Deuxième remarque : cet album n’est pas le meilleur de la série.
Cependant, j’aime bien l’humour de Clarke, et, plus particulièrement, le décalage entre ses propos et l’air impassible de ses personnages. Je dois toutefois reconnaître que, le sujet de l'enfantement ayant été traité à tant de reprises, aucun de ces gags ne m’aura franchement surpris. Le résultat est que j’aurai rarement ri durant ma lecture.
De plus, certains gags ne fonctionnent tout simplement pas. Je trouve d’ailleurs que c’est une constante chez cet artiste, capable d’alterner le très bon et le médiocre. Heureusement, les mauvais gags ne s’enchainent pas au point de me dégouter de ma lecture, et un gag réussi me remotive à lire la suite.
Je ressorts de cet album de relativement bonne humeur. Je ne peux donc pas dire que c’est mauvais, même si c’est trop souvent prévisible.
Achat déconseillé, tant sous cette forme que sous la forme remaniée intégrée dans la série des histoires à lunettes (seule la couverture change).
J’avais lu récemment de bonnes critiques sur les aventures de Pascal Brutal et du coup j’ai décidé de me procurer le dernier opus : « Plus fort que les plus forts ». Quelle ne fut pas ma déception ! Autant j’avais apprécié « Retour au collège » et « La Vie secrète des jeunes », autant ici je n’ai pas plus accroché que ça.
Certes, il y a quelques bonnes trouvailles, mais j’ai eu du mal à m’esclaffer devant cet « irrésistible » macho de banlieue évoluant dans un futur proche. La structure narrative composée de petites histoires de quelques pages manque de rigueur, et en plus, ce qui se veut être drôle tombe souvent à plat. A croire que Sattouf est beaucoup plus doué pour raconter de petites chroniques sans prétention que de plus longues histoires mettant en scène un héros, si naze soit-il. Certes, on retrouve le second degré présent dans les deux ouvrages précités, mais il me semble que pour ce format, l’auteur aurait pu creuser davantage le sujet ou aller plus loin dans le délire.
J’ai tout de même bien apprécié le chapitre où l’on suit les pérégrinations de Pascal en Arabie, qui est devenu un pays très libéral au point d’accepter l’homosexualité (!). Mais dans l’ensemble je suis resté sur ma faim. Peut-être devrais-je tenter une nouvelle lecture dans quelques mois, mais pour le moment, je reste insensible à l’imposante virilité de Pascal Brutal.
Quel dommage qu'un dessin d'une telle qualité soit mis au service d'histoires aussi plan-plan.
Le terme de soap opera s'applique parfaitement à cette série dont l'héroïne est une midinette dont les péripéties les plus graves sont des histoires de coeur la concernant elle ou son entourage.
Elle, c'est la parfaite petite ménagère, la bobonne en tailleur strict et chignon serré qui pardonne toutes les offenses comme une parfaite chrétienne et sait que le seul vrai de devoir d'une femme est de s'occuper de son foyer, de sa petite famille et de ne jamais faire de vagues. A ses côtés, un papa probablement veut, gentil mais un peu mou, une petite soeur belle et énergique pour qui le terme chipie serait presque un euphémisme, et une suite de beaux hommes et de soupirants qui s'égrènent au fil des histoires courtes.
Si le personnage de Juliette Jones pouvait paraître charismatique dans les années 50 puritaines, elle est d'une platitude et d'un ennui assez caricatural de nos jours. Tout l'intérêt vient donc plutôt de ses proches et notamment de la jolie petite soeur, même si celle-ci se fait on ne peut plus détestable dans la première histoire de l'édition Futuropolis. Mais malgré cela, le scénario des récits n'a guère d'intérêt ni d'originalité. C'est souvent très niais ou cucul-la-praline, et il n'y a pas d'humour où alors au second degré pour un lecteur actuel qui se gausserait de la façon de pensée de l'époque.
C'est bien dommage car le dessin, lui, est superbe. D'un très grand classicisme dans le style comics de l'âge d'or, il est d'une technique irréprochable et je le trouve vraiment très beau. Ah, que j'aurais aimé voir le même dessinateur travailler sur un excellent scénario !
Comme beaucoup, j’ai découvert « Nemi » en strips dans les journaux. Je me demandais d’ailleurs quand cette nouvelle venue dans « l’humour en bande de 3 cases » allait débarquer en album. Je crois que j’ai ma réponse !
Le gros point fort de « Nemi » est le dessin. Pour le type strips, le trait est souple, très agréable à regarder et a beaucoup de caractère, comme notre jeune gothique. Les couleurs mettent bien en évidence le graphisme.
Le personnage de Nemi lui-même est réussi. Nemi est une sorte de geek-gothique-coureuse-de-mecs assez amusante et qui porte un regard sur notre société que je qualifierais de moderne et bien vu. Bien dessinée, Nemi est attachante.
Mon problème, après tant d’éloge, et il est de taille, est l’humour lui-même. Comme l’a évoqué l’ami Spooky, à mon avis, les gags tombent assez souvent à plat. Je ne m’amuse pas plus que ça en lisant cette bande dessinée. Là où un Garfield me laisse toujours un sourire au minimum, Nemi me laisse trop souvent de glace.
C’est vraiment dommage quand on voit le soin apporté au dessin et à la psychologie du personnage principal mais c’est ainsi. « Nemi » n’est donc pas selon moi une série à acheter. Vous pourrez tout au plus la découvrir dans vos journaux habituels et ce sera suffisant.
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Docteur Bonheur
Série plutôt déjantée dans laquelle un docteur arrive à la rescousse de clients désespérés. L’humour y fonctionne grâce au décalage existant entre les propos et les actes souvent ignobles du docteur et l’aspect flegmatique des personnages issus du crayon de Turk. En cela, la série m’a rappelé les histoires à lunette de Clarke. Malheureusement, je me suis vite lassé de cette lecture, du fait de situations initiales trop passe-partout. De plus, lorsqu’on a compris comment fonctionne la série, on devine rapidement la chute de ces courtes histoires. Heureusement, ces scénettes s’étalent sur plusieurs planches, et l’humour ne se limite pas à la dernière case. Beaucoup de dialogues, et surtout certaines réflexions du docteur Bonheur, m’auront fait sourire, voire rire. Malheureusement, les auteurs tombent souvent dans la facilité, avec des allusions sexuelles et une vulgarité que je considère comme gratuite. Le dessin de Turk est toujours agréable à regarder, très lisible et rond. Il se rapproche ici de son travail sur Clifton et, comme je l’ai dit, apporte un contre-pied bienvenu à la narration plus « trash » (mais un « trash très raisonnable, cependant) de Clarke. Malgré certaines qualités, je me suis trop souvent ennuyé durant mes lectures que pour accorder plus qu’un 2/5. La série a cependant le mérite de sortir des carcans habituels pour nous proposer quelque chose de neuf (à défaut d’être vraiment original) et je ne déconseillerais pas sa location en bibliothèque.
Morpions blues
Pas facile de faire de l'humour en prenant des petits enfants comme héros... Claire Pétry, illustratrice aux influences multiples, s'y essaie tout de même, avec comme particularité d'utiliser la carte à gratter. Le résultat donne un aspect artisanal, presque "vintage" à ses gags, qui tiennent tous en 4 cases. Son style graphique quant à lui est assez élégant, donnant là encore l'impression d'avoir été développé il y a 60 ans ou plus. Nous avons donc 3 gamins un peu espiègles, qui ont parfois des réflexions trop matures pour eux, qui se posent des questions sur la vie, l'amour, les vaches... Bref, c'est très diversifié, mais je n'ai pas vraiment trouvé ça inventif. Peut-être faut-il être parent d'un enfant de 7 ans pour le faire ? A noter, pour ceux qui se poseraient des questions sur la signification du titre, qu'un "morpion" est aussi l'appellation populaire d'un enfant dans le sud-ouest.
Santi & Jo
Je n'ai pas trop aimé ce nouvel album de la collection blop. Je ne saurais comment dire, mais je trouve les historiettes assez dénuées de sens, sans véritable but. Bien sûr, on est dans un récit pour enfants, donc les héros -qui sont des enfants de leur âge (7-12 ans)- ont des comportements propres à cet âge, mais je ne sais pas, je n'ai pas trouvé grand-chose d'intéressant dans leurs jeux cruels. Les personnages en eux-mêmes me semblent manquer de substance. Dommage, parce que le style graphique, proche de celui de Sempé, émarge dans la catégorie "naïf", et que cela convient bien à ce type d'histoire.
Secrets - Pâques avant les Rameaux
Tout d’abord, je n’ai que très peu apprécié le dessin de Marianne Duvivier. Pour les personnages, cela passe encore, mais ses véhicules sont vraiment moches. Encore heureux que les auteurs précisent qu’une des voitures représentées est une Lotus, car, sans cela j’aurais qualifié ledit véhicule de Gogomobile. Et si, pour les personnages, hormis leurs nez démesurés, je leur reconnais une certaine harmonie, la ressemblance entre eux est telle que, dans un premier temps, je croyais que le secret en question était un lien de parenté entre une belle-mère et sa bru (mais cela me semblait trop évident). Ensuite, le scénario manque cruellement d’originalité. Ce secret, c’est le secret de famille le plus fréquemment illustré que je connaisse. Les auteurs s’en sont sans doute rendu compte, puisqu’ils axent tout le suspense de l’intrigue sur sa structure plutôt que sur le mystère en lui-même. Mais là aussi, ce n’est guère convaincant. Cette heureuse guérison d’une amnésique est bien trop artificielle. Le personnage se souvient des événements dans un ordre chronologique parfait, en remontant sans cesse dans le temps, avant de se souvenir du dernier élément qui, lui, s’est passé après tous les autres et aurait donc dû logiquement être le premier dont elle se serait souvenue. C’est totalement absurde et donc bien trop artificiel à mes yeux. J’aurais cependant pu aimer cet album si l’analyse psychologique du personnage principal avait été mieux réussie. Là, avec ce personnage fragile et instable, je pense que les auteurs tenaient quelque chose, mais ils n’ont malheureusement pas réussi à m’expliquer ce personnage, qui finalement m’apparait bien plus ennuyeux, pitoyable et inexcusable que touchant. Un échec, selon moi.
Sept pirates
Le moins bon album de la collection que je lis jusqu'à présent. Alors que certains auteurs manquent de pages pour dire ce qu'ils ont à dire en une soixantaine de pages (Fabien Vehlmann, Mathieu Gabella), c'est tout le contraire de Pascal Bertho dont le scénario est finalement très vide. Il est obligé de faire des flashbacks inutiles sur ce qu'on savait déjà (Ben Gunn qui découvre le trésor, Silver qui s'enfuit du bateau). Pire encore, l'histoire n'est finalement qu'un remake sans intérêt du roman original. La seule différence c'est qu'un pirate nul à ch... est le méchant de l'histoire et pas Silver. De plus, l'identité du mystérieux commanditaire est très facile à deviner. Je priais pour que l'auteur me surprenne et que ce soit quelqu'un d'autre le commanditaire, mais mes prières n'ont pas été exaucées.
L'Etreinte de l'ours
Cette bande dessinée est un bel objet. Grand format, couverture cartonnée, dos toilé, l'accent est mis sur la qualité physique. C'est regrettable que le contenu ne soit pas à la hauteur. Il s'agit de courtes fables à la manière des Mille et une Nuits, entrecoupées d'interludes en une image ou une page. L'ambiance est à la magie, voire parfois à l'onirisme ou à l'hallucination. Le décor est oriental, sans précision de date ou de lieu, rappelant parfois la Turquie, parfois l'Arabie ou les pays voisins. Le dessin est dans un style proche de la ligne claire sans en faire véritablement partie. Assez élégant dans son noir et blanc, je lui trouve cependant beaucoup de faiblesses techniques et un encrage un peu anguleux pas très plaisant. Certaines cases ne sont pas très claires tant l'auteur semble avoir du mal à représenter certains décors ou situations. L'escalade de la montagne dans la première histoire par exemple est assez laide. Mais le véritable ennui, c'est que les histoires sont médiocres à mon goût. Sans grande saveur, elles se concluent rapidement en me laissant dans l'indifférence. Elles ne sont ni originales ni envoutantes à mes yeux et elles partent parfois dans des délires semi-poétiques ou hallucinatoires qui n'ont vraiment pas su me toucher. J'ai trouvé l'ensemble particulièrement vain.
Le Miracle de la Vie
Première remarque : cet album a depuis été intégré dans les « Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...)», suite au remaniement de cette série par les éditions Dupuis. Deuxième remarque : cet album n’est pas le meilleur de la série. Cependant, j’aime bien l’humour de Clarke, et, plus particulièrement, le décalage entre ses propos et l’air impassible de ses personnages. Je dois toutefois reconnaître que, le sujet de l'enfantement ayant été traité à tant de reprises, aucun de ces gags ne m’aura franchement surpris. Le résultat est que j’aurai rarement ri durant ma lecture. De plus, certains gags ne fonctionnent tout simplement pas. Je trouve d’ailleurs que c’est une constante chez cet artiste, capable d’alterner le très bon et le médiocre. Heureusement, les mauvais gags ne s’enchainent pas au point de me dégouter de ma lecture, et un gag réussi me remotive à lire la suite. Je ressorts de cet album de relativement bonne humeur. Je ne peux donc pas dire que c’est mauvais, même si c’est trop souvent prévisible. Achat déconseillé, tant sous cette forme que sous la forme remaniée intégrée dans la série des histoires à lunettes (seule la couverture change).
Pascal Brutal
J’avais lu récemment de bonnes critiques sur les aventures de Pascal Brutal et du coup j’ai décidé de me procurer le dernier opus : « Plus fort que les plus forts ». Quelle ne fut pas ma déception ! Autant j’avais apprécié « Retour au collège » et « La Vie secrète des jeunes », autant ici je n’ai pas plus accroché que ça. Certes, il y a quelques bonnes trouvailles, mais j’ai eu du mal à m’esclaffer devant cet « irrésistible » macho de banlieue évoluant dans un futur proche. La structure narrative composée de petites histoires de quelques pages manque de rigueur, et en plus, ce qui se veut être drôle tombe souvent à plat. A croire que Sattouf est beaucoup plus doué pour raconter de petites chroniques sans prétention que de plus longues histoires mettant en scène un héros, si naze soit-il. Certes, on retrouve le second degré présent dans les deux ouvrages précités, mais il me semble que pour ce format, l’auteur aurait pu creuser davantage le sujet ou aller plus loin dans le délire. J’ai tout de même bien apprécié le chapitre où l’on suit les pérégrinations de Pascal en Arabie, qui est devenu un pays très libéral au point d’accepter l’homosexualité (!). Mais dans l’ensemble je suis resté sur ma faim. Peut-être devrais-je tenter une nouvelle lecture dans quelques mois, mais pour le moment, je reste insensible à l’imposante virilité de Pascal Brutal.
Juliette Jones - Juliette de mon coeur
Quel dommage qu'un dessin d'une telle qualité soit mis au service d'histoires aussi plan-plan. Le terme de soap opera s'applique parfaitement à cette série dont l'héroïne est une midinette dont les péripéties les plus graves sont des histoires de coeur la concernant elle ou son entourage. Elle, c'est la parfaite petite ménagère, la bobonne en tailleur strict et chignon serré qui pardonne toutes les offenses comme une parfaite chrétienne et sait que le seul vrai de devoir d'une femme est de s'occuper de son foyer, de sa petite famille et de ne jamais faire de vagues. A ses côtés, un papa probablement veut, gentil mais un peu mou, une petite soeur belle et énergique pour qui le terme chipie serait presque un euphémisme, et une suite de beaux hommes et de soupirants qui s'égrènent au fil des histoires courtes. Si le personnage de Juliette Jones pouvait paraître charismatique dans les années 50 puritaines, elle est d'une platitude et d'un ennui assez caricatural de nos jours. Tout l'intérêt vient donc plutôt de ses proches et notamment de la jolie petite soeur, même si celle-ci se fait on ne peut plus détestable dans la première histoire de l'édition Futuropolis. Mais malgré cela, le scénario des récits n'a guère d'intérêt ni d'originalité. C'est souvent très niais ou cucul-la-praline, et il n'y a pas d'humour où alors au second degré pour un lecteur actuel qui se gausserait de la façon de pensée de l'époque. C'est bien dommage car le dessin, lui, est superbe. D'un très grand classicisme dans le style comics de l'âge d'or, il est d'une technique irréprochable et je le trouve vraiment très beau. Ah, que j'aurais aimé voir le même dessinateur travailler sur un excellent scénario !
Nemi
Comme beaucoup, j’ai découvert « Nemi » en strips dans les journaux. Je me demandais d’ailleurs quand cette nouvelle venue dans « l’humour en bande de 3 cases » allait débarquer en album. Je crois que j’ai ma réponse ! Le gros point fort de « Nemi » est le dessin. Pour le type strips, le trait est souple, très agréable à regarder et a beaucoup de caractère, comme notre jeune gothique. Les couleurs mettent bien en évidence le graphisme. Le personnage de Nemi lui-même est réussi. Nemi est une sorte de geek-gothique-coureuse-de-mecs assez amusante et qui porte un regard sur notre société que je qualifierais de moderne et bien vu. Bien dessinée, Nemi est attachante. Mon problème, après tant d’éloge, et il est de taille, est l’humour lui-même. Comme l’a évoqué l’ami Spooky, à mon avis, les gags tombent assez souvent à plat. Je ne m’amuse pas plus que ça en lisant cette bande dessinée. Là où un Garfield me laisse toujours un sourire au minimum, Nemi me laisse trop souvent de glace. C’est vraiment dommage quand on voit le soin apporté au dessin et à la psychologie du personnage principal mais c’est ainsi. « Nemi » n’est donc pas selon moi une série à acheter. Vous pourrez tout au plus la découvrir dans vos journaux habituels et ce sera suffisant.