Je ne partais pas avec un a priori trop négatif vis-à-vis de cette série car les dessins animés Madagascar et autres Pingouins de Madagascar me font plutôt bien rire. J'apprécie cette troupe de 4 pingouins délirants et leurs caractères militaires bien caricaturaux. "Kowalski, au rapport !". Et quand j'ai feuilleté ces planches, j'étais satisfait de retrouver des dialogues dignes de ces personnages, plutôt bien écrits à première vue.
Mais soyons objectifs, nous sommes vraiment face à de la BD de piètre qualité, objet commercial jetable comme on pourrait en offrir en accompagnement d'un Happy Meal chez Mc Donald's.
Le graphisme est du pur produit de studio : sans âme, formaté, réduit au strict minimum pour qu'on comprenne à peu près l'histoire avec toute l'économie de moyens qu'on peut se permettre, et doté d'affreuses couleurs informatiques.
Non seulement, c'est laid, mais surtout la narration est déplorable. Les visages ne collent pas avec les dialogues : dans une même case, on voit des personnages tout souriant annoncer des événements terribles. Les scènes d'action se comprennent plus quand on lit les commentaires des personnages que quand on les regarde.
Et surtout l'humour, pièce principal du récit, tombe complètement à plat avec la mise en scène pitoyable qu'offre ce dessin. Sans parler des jeux de mots anglais qui ne passent plus du tout à la traduction.
Bref, même si j'aime les Pingouins de Madagascar et que j'étais content de retrouver l'univers de leurs relations et dialogues déjantés, cette adaptation en BD est cheap et nulle.
Commençons par le positif : on reconnait les personnages et la trame générale du récit est respectée.
Voilà, voilà…
Mais, bon, c’est quand même suicidaire de chercher à adapter Tim Burton en manga (suicidaire ou mercantilo-disneyen… tant que c’est rentable…). Déjà, l’univers à la poésie décalée du réalisateur nécessite un foisonnement de détails qu’un dessin simplifié tel qu’en propose le style manga ne peut qu’appauvrir au risque de l’atrophier (purée, j’me fais peur quand j’écris des phrases comme ça :| ). Ensuite, et surtout, adapter une comédie musicale au format muet (si encore, ils avaient fourni une cassette audio avec l’album, comme cette autre série-dont-on-ne-peut-dire-le-nom-sur-ce-site-mais-avec-un-chouette-cyborg-n'est-ce-pas-Ryle)… ben, autant essayer de faire une version en braille du film Avatar. Pour que ça marche, faut être un génie… et dans le cas présent, Asuka Jun n’en est pas un.
Parce que, soyons clairs, le scénario de L’Etrange Noël de monsieur Jack n’est pas ce qu’il y a de plus remarquable dans la version originale, loin s’en faut. Alors, nous le retaper plus ou moins fidèlement (le chien Zéro est notamment beaucoup plus effacé ici que dans le film d'animation) mais sans y joindre toute la poésie dont cet univers s’était vu doté, c’est un non-sens !
De plus, lors des scènes d’action, j’ai trouvé le dessin peu clair, confus. Et correct mais sans poésie le reste du temps...
Résultat : une œuvre de commande sans intérêt artistique et qui rend tellement peu hommage à l’original qu’il vaut mieux éviter de la lire.
C'est une BD qui avait bien commencé avec l'arrivée de la jeune et belle suissesse Alice dans le quartier de Pigalle à Paris. Elle se lie d'amitié avec ses collègues de boulot et la voilà partie pour une philosophie sur le sexe. Les longs bavardages incessants nous coupent toute envie dans notre élan. Rien de pire !
Non, ce qui nous attend, ce n'est pas une merveille ! Alice devra repasser en attrapant le petit lapin blanc... Une BD d'intello sans vouloir être péjoratif.
Il y a des bd où c'est non et c'est catégorique. Je m'imaginais sans doute une bd intéressante sur l'Inde et ses contradictions entre culture millénaire et soif de modernité. J'ai été embarqué dans un récit pompeux dont les réflexions m'ont hautement ennuyé car cela n'avait pas de sens, pas de cohérence, pas de grâce. Le fantasque bobo de New Delhi m'a vite pris la tête. Bref, je suis un peu déçu.
Je précise que j'ai lu l'intégrale moyen format de 2004 en noir et blanc, ce détail est important, car pour moi, j'ai trouvé que le dessin avait non seulement plus de force que la version couleurs, mais qu'il est surtout d'une exceptionnelle qualité ; en même temps, il est troublant de constater à quel point les graphismes de Moebius et de Manara étaient très ressemblants au début des années 90, c'est tellement flagrant dans certains passages, qu' il me semblait lire du Manara. Je ne crois pas que j'aurais eu la même sensation avec la couleur... enfin passons..
Je me suis donc retrouvé à lire cet album tout à fait par hasard en bibliothèque, car il est bien évident que je n'aurais pas acheté ce genre d'ouvrage, même en occase. En feuilletant, j'aperçois du sexe un peu partout, un peu comme le sème habituellement Manara, c'est ce qui m'a aussitôt induit en erreur, et puis non c'est bien du Moebius, j'avais donc envie de voir comment il traitait le sujet par rapport à d'autres dessinateurs.
Oui mais voila, c'est du Moebius, avec du Jodorowsky derrière ; tout ceci m'a très vite ennuyé, c'est encore une fois les délires mystico-sexuels de Jodo en mode verbeux, qui s'autoparodie à travers son double graphique de prof Alain Mangel. Je reconnais que l'exercice pouvait être séduisant si ça avait été un autre auteur, mais là non, ce sont encore des idées nauséeuses, saugrenues et bizarres, livrées dans un ton très intello et pour lesquelles je n'ai que de l'indifférence ; sans réelle originalité, le tout n'a aucune signification rationnelle, ça ne mène à rien, c'est de la masturbation intellectuelle à son plus haut niveau, donc c'est pas pour moi...
J'ai simplement apprécié le beau coup de crayon de Moebius, beaucoup moins épuré que sur ses autres séries, surtout sur les 2 premiers chapitres..
Le Comité Six charge Roland de retrouver Marcel, qui viole les lois de leur univers fractal en interférant à travers le multivers pour l'améliorer. Il part à sa recherche et tente de corriger les interférences qu'il a perpétrées dans chaque univers, mais les passages de Roland dans les différents mondes provoquent eux-mêmes une série de synchronicités qu'il ne peut éviter.
C’est un jeu à la George Orwell où l’espace-temps semble primordial. J’ai bien aimé l’introduction qui augure d’une œuvre assez ambitieuse. Passé le premier chapitre, on est plongé au cœur du Moyen-Age et l’on n’y comprend déjà plus rien. J’ai par la suite eu beaucoup de mal à raccrocher les wagons dans cet univers ésotérique.
Fondamentalement, cette œuvre doit être intéressante. Personnellement, je n’ai pas accroché du tout car c’est très psychédélique. La synchronicité n’aura plus de secret pour vous.
Après Les Teigneux, Les Affreux, On achève bien les cons !…, Chanoinat nous refait le coup de la nostalgie et lance une nouvelle série sous l'égide des fantômes d'Audiard et de Lautner…
À coup de “bons mots” et de références appuyées au cinéma d'avant mai 1968, il déroule un scénario sans intérêt. L'intrigue se résume à une course poursuite pleine de coups de feu, à peu près aussi passionnante que la série Fast and furious (vous savez, ces films que les amateurs de tuning vont voir « pour les voitures »…). Quant aux dialogues, particulièrement envahissants, ils multiplient les tournures lourdingues et tombent à plat. Si j'ai pu sourire quelques fois à la lecture des autres séries précitées, cette fois, je me suis carrément emmerdé.
Reste le dessin… Au cas où le lecteur n'aurait pas compris que tout ceci est un “hommage” aux réalisateurs des années 1960, Loirat nous gratifie d'une série de trognes d'époque (Ventura, Blier, Constantin, Blanche, Meurisse, Dalban, Préboist… etc…). Il n'est pas mauvais comme caricaturiste, mais dès qu'ils ne sont pas représentés de face, ses guignols ont l'air de porter de mauvais masques de carnaval en latex.
Ça m'énerve d'autant plus que je suis un fan inconditionnel des Tontons flingueurs, des Barbouzes, des aventures du Monocle et plus généralement des cabotineries de la bande à Lino et Bernard. Mais il faut bien admettre que tous ces films ne sont pas des chefs d'œuvre, en général leur scénario est effectivement très faible, et ils ne tiennent que sur deux piliers : les dialogues d'Audiard et le jeu des acteurs. Aujourd'hui, tout ce petit monde est décédé, De Gaulle ne gouverne plus la France et il paraît grotesque de chercher à ressusciter une époque révolue.
La parodie est toujours possible et elle peut être hilarante, comme en témoignent les deux OSS 117 de Michel Hazanavicius, mais elle supporte mal la médiocrité.
Or, ce Raoul Fracassin n'est qu'une opération commerciale d'auteurs et d'un éditeur qui font dans la médiocrité. Une démarche vulgaire qui, à mon sens, insulte la mémoire de ceux auxquels elle prétend rendre hommage.
Le graphisme est tacheté pour produire un effet optique ou d'encrage un peu sali. C'est franchement horrible à la vue.
On suit le portrait de deux égarés de la société italienne qui décrépit sous nos yeux. C'est un récit guère réjouissant sur l'avenir d'une jeunesse paumée. A vrai dire, on se perd très vite tant le scénario nous apparaît comme hermétique. Les silences lourds de sens auront fini par nous achever.
Du même auteur, je n'avais pas apprécié Bouillon de néant qui était déjà un magma difforme d'images. Je constate avec regret qu'il n'y a pas eu d'amélioration 7 ans après. Désolé de le dire aussi abruptement: je ne fais pas dans la délicatesse et cette oeuvre non plus.
Quelque fois, je me pose des questions du style "mais pourquoi vouloir éditer un truc pareil ?". En effet car en l'occurrence, cela n'apporte rien. Les dessins sont très simplistes dans le style banquise et iceberg. C'est minimaliste autant que possible.
Par ailleurs, les gags ne sont pas très inventifs. N'est pas Fabcaro qui veut. C'est pas drôle mais c'est censé l'être. Bref, ma note sera sans concession. Kroak est très loin d'être l'oeuvre du siècle.
Il y a des bds que je n'ai vraiment pas aimé. Celle-ci en fait partie et je l'assume totalement. C'est ennuyeux à mourir dans un verbiage de riches bobos parisiens sans vouloir être offensant. Le fantasme à la demande en se droguant ne me passionne guère.
Certes, le récit se voulait assez ambitieux avec une bonne idée de départ mais la construction du récit est beaucoup trop chaotique. Les lecteurs sont perdus en chemin et n'ont pas vraiment envie d'aller jusqu'au bout de ce qui ressemble à un calvaire. Un mélo râté à mon sens.
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Les Pingouins de Madagascar
Je ne partais pas avec un a priori trop négatif vis-à-vis de cette série car les dessins animés Madagascar et autres Pingouins de Madagascar me font plutôt bien rire. J'apprécie cette troupe de 4 pingouins délirants et leurs caractères militaires bien caricaturaux. "Kowalski, au rapport !". Et quand j'ai feuilleté ces planches, j'étais satisfait de retrouver des dialogues dignes de ces personnages, plutôt bien écrits à première vue. Mais soyons objectifs, nous sommes vraiment face à de la BD de piètre qualité, objet commercial jetable comme on pourrait en offrir en accompagnement d'un Happy Meal chez Mc Donald's. Le graphisme est du pur produit de studio : sans âme, formaté, réduit au strict minimum pour qu'on comprenne à peu près l'histoire avec toute l'économie de moyens qu'on peut se permettre, et doté d'affreuses couleurs informatiques. Non seulement, c'est laid, mais surtout la narration est déplorable. Les visages ne collent pas avec les dialogues : dans une même case, on voit des personnages tout souriant annoncer des événements terribles. Les scènes d'action se comprennent plus quand on lit les commentaires des personnages que quand on les regarde. Et surtout l'humour, pièce principal du récit, tombe complètement à plat avec la mise en scène pitoyable qu'offre ce dessin. Sans parler des jeux de mots anglais qui ne passent plus du tout à la traduction. Bref, même si j'aime les Pingouins de Madagascar et que j'étais content de retrouver l'univers de leurs relations et dialogues déjantés, cette adaptation en BD est cheap et nulle.
L'Etrange Noël de monsieur Jack
Commençons par le positif : on reconnait les personnages et la trame générale du récit est respectée. Voilà, voilà… Mais, bon, c’est quand même suicidaire de chercher à adapter Tim Burton en manga (suicidaire ou mercantilo-disneyen… tant que c’est rentable…). Déjà, l’univers à la poésie décalée du réalisateur nécessite un foisonnement de détails qu’un dessin simplifié tel qu’en propose le style manga ne peut qu’appauvrir au risque de l’atrophier (purée, j’me fais peur quand j’écris des phrases comme ça :| ). Ensuite, et surtout, adapter une comédie musicale au format muet (si encore, ils avaient fourni une cassette audio avec l’album, comme cette autre série-dont-on-ne-peut-dire-le-nom-sur-ce-site-mais-avec-un-chouette-cyborg-n'est-ce-pas-Ryle)… ben, autant essayer de faire une version en braille du film Avatar. Pour que ça marche, faut être un génie… et dans le cas présent, Asuka Jun n’en est pas un. Parce que, soyons clairs, le scénario de L’Etrange Noël de monsieur Jack n’est pas ce qu’il y a de plus remarquable dans la version originale, loin s’en faut. Alors, nous le retaper plus ou moins fidèlement (le chien Zéro est notamment beaucoup plus effacé ici que dans le film d'animation) mais sans y joindre toute la poésie dont cet univers s’était vu doté, c’est un non-sens ! De plus, lors des scènes d’action, j’ai trouvé le dessin peu clair, confus. Et correct mais sans poésie le reste du temps... Résultat : une œuvre de commande sans intérêt artistique et qui rend tellement peu hommage à l’original qu’il vaut mieux éviter de la lire.
Alice au pays du sexe
C'est une BD qui avait bien commencé avec l'arrivée de la jeune et belle suissesse Alice dans le quartier de Pigalle à Paris. Elle se lie d'amitié avec ses collègues de boulot et la voilà partie pour une philosophie sur le sexe. Les longs bavardages incessants nous coupent toute envie dans notre élan. Rien de pire ! Non, ce qui nous attend, ce n'est pas une merveille ! Alice devra repasser en attrapant le petit lapin blanc... Une BD d'intello sans vouloir être péjoratif.
Corridor
Il y a des bd où c'est non et c'est catégorique. Je m'imaginais sans doute une bd intéressante sur l'Inde et ses contradictions entre culture millénaire et soif de modernité. J'ai été embarqué dans un récit pompeux dont les réflexions m'ont hautement ennuyé car cela n'avait pas de sens, pas de cohérence, pas de grâce. Le fantasque bobo de New Delhi m'a vite pris la tête. Bref, je suis un peu déçu.
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Je précise que j'ai lu l'intégrale moyen format de 2004 en noir et blanc, ce détail est important, car pour moi, j'ai trouvé que le dessin avait non seulement plus de force que la version couleurs, mais qu'il est surtout d'une exceptionnelle qualité ; en même temps, il est troublant de constater à quel point les graphismes de Moebius et de Manara étaient très ressemblants au début des années 90, c'est tellement flagrant dans certains passages, qu' il me semblait lire du Manara. Je ne crois pas que j'aurais eu la même sensation avec la couleur... enfin passons.. Je me suis donc retrouvé à lire cet album tout à fait par hasard en bibliothèque, car il est bien évident que je n'aurais pas acheté ce genre d'ouvrage, même en occase. En feuilletant, j'aperçois du sexe un peu partout, un peu comme le sème habituellement Manara, c'est ce qui m'a aussitôt induit en erreur, et puis non c'est bien du Moebius, j'avais donc envie de voir comment il traitait le sujet par rapport à d'autres dessinateurs. Oui mais voila, c'est du Moebius, avec du Jodorowsky derrière ; tout ceci m'a très vite ennuyé, c'est encore une fois les délires mystico-sexuels de Jodo en mode verbeux, qui s'autoparodie à travers son double graphique de prof Alain Mangel. Je reconnais que l'exercice pouvait être séduisant si ça avait été un autre auteur, mais là non, ce sont encore des idées nauséeuses, saugrenues et bizarres, livrées dans un ton très intello et pour lesquelles je n'ai que de l'indifférence ; sans réelle originalité, le tout n'a aucune signification rationnelle, ça ne mène à rien, c'est de la masturbation intellectuelle à son plus haut niveau, donc c'est pas pour moi... J'ai simplement apprécié le beau coup de crayon de Moebius, beaucoup moins épuré que sur ses autres séries, surtout sur les 2 premiers chapitres..
Roland et le jeu
Le Comité Six charge Roland de retrouver Marcel, qui viole les lois de leur univers fractal en interférant à travers le multivers pour l'améliorer. Il part à sa recherche et tente de corriger les interférences qu'il a perpétrées dans chaque univers, mais les passages de Roland dans les différents mondes provoquent eux-mêmes une série de synchronicités qu'il ne peut éviter. C’est un jeu à la George Orwell où l’espace-temps semble primordial. J’ai bien aimé l’introduction qui augure d’une œuvre assez ambitieuse. Passé le premier chapitre, on est plongé au cœur du Moyen-Age et l’on n’y comprend déjà plus rien. J’ai par la suite eu beaucoup de mal à raccrocher les wagons dans cet univers ésotérique. Fondamentalement, cette œuvre doit être intéressante. Personnellement, je n’ai pas accroché du tout car c’est très psychédélique. La synchronicité n’aura plus de secret pour vous.
Les Aventures de Raoul Fracassin
Après Les Teigneux, Les Affreux, On achève bien les cons !…, Chanoinat nous refait le coup de la nostalgie et lance une nouvelle série sous l'égide des fantômes d'Audiard et de Lautner… À coup de “bons mots” et de références appuyées au cinéma d'avant mai 1968, il déroule un scénario sans intérêt. L'intrigue se résume à une course poursuite pleine de coups de feu, à peu près aussi passionnante que la série Fast and furious (vous savez, ces films que les amateurs de tuning vont voir « pour les voitures »…). Quant aux dialogues, particulièrement envahissants, ils multiplient les tournures lourdingues et tombent à plat. Si j'ai pu sourire quelques fois à la lecture des autres séries précitées, cette fois, je me suis carrément emmerdé. Reste le dessin… Au cas où le lecteur n'aurait pas compris que tout ceci est un “hommage” aux réalisateurs des années 1960, Loirat nous gratifie d'une série de trognes d'époque (Ventura, Blier, Constantin, Blanche, Meurisse, Dalban, Préboist… etc…). Il n'est pas mauvais comme caricaturiste, mais dès qu'ils ne sont pas représentés de face, ses guignols ont l'air de porter de mauvais masques de carnaval en latex. Ça m'énerve d'autant plus que je suis un fan inconditionnel des Tontons flingueurs, des Barbouzes, des aventures du Monocle et plus généralement des cabotineries de la bande à Lino et Bernard. Mais il faut bien admettre que tous ces films ne sont pas des chefs d'œuvre, en général leur scénario est effectivement très faible, et ils ne tiennent que sur deux piliers : les dialogues d'Audiard et le jeu des acteurs. Aujourd'hui, tout ce petit monde est décédé, De Gaulle ne gouverne plus la France et il paraît grotesque de chercher à ressusciter une époque révolue. La parodie est toujours possible et elle peut être hilarante, comme en témoignent les deux OSS 117 de Michel Hazanavicius, mais elle supporte mal la médiocrité. Or, ce Raoul Fracassin n'est qu'une opération commerciale d'auteurs et d'un éditeur qui font dans la médiocrité. Une démarche vulgaire qui, à mon sens, insulte la mémoire de ceux auxquels elle prétend rendre hommage.
Comme les traits que laissent les avions
Le graphisme est tacheté pour produire un effet optique ou d'encrage un peu sali. C'est franchement horrible à la vue. On suit le portrait de deux égarés de la société italienne qui décrépit sous nos yeux. C'est un récit guère réjouissant sur l'avenir d'une jeunesse paumée. A vrai dire, on se perd très vite tant le scénario nous apparaît comme hermétique. Les silences lourds de sens auront fini par nous achever. Du même auteur, je n'avais pas apprécié Bouillon de néant qui était déjà un magma difforme d'images. Je constate avec regret qu'il n'y a pas eu d'amélioration 7 ans après. Désolé de le dire aussi abruptement: je ne fais pas dans la délicatesse et cette oeuvre non plus.
Kroak
Quelque fois, je me pose des questions du style "mais pourquoi vouloir éditer un truc pareil ?". En effet car en l'occurrence, cela n'apporte rien. Les dessins sont très simplistes dans le style banquise et iceberg. C'est minimaliste autant que possible. Par ailleurs, les gags ne sont pas très inventifs. N'est pas Fabcaro qui veut. C'est pas drôle mais c'est censé l'être. Bref, ma note sera sans concession. Kroak est très loin d'être l'oeuvre du siècle.
Je n'ai jamais connu la guerre
Il y a des bds que je n'ai vraiment pas aimé. Celle-ci en fait partie et je l'assume totalement. C'est ennuyeux à mourir dans un verbiage de riches bobos parisiens sans vouloir être offensant. Le fantasme à la demande en se droguant ne me passionne guère. Certes, le récit se voulait assez ambitieux avec une bonne idée de départ mais la construction du récit est beaucoup trop chaotique. Les lecteurs sont perdus en chemin et n'ont pas vraiment envie d'aller jusqu'au bout de ce qui ressemble à un calvaire. Un mélo râté à mon sens.