Drôle de polar que voila. Une jeune femme, étudiante, revient chez elle pour les vacances et retrouve son père et sa mère. Cette dernière part rapidement, sort du récit pour aller ailleurs, reste le père et la fille. Puis l'histoire s'enclenche.
C'est un polar, mais dont j'ai trouvé le déroulé étrange. On a très vite des éléments constitutifs de ce que sera la suite, notamment dans les problématiques soulevés par les personnages et l'idée de où tout cela se dirige. Pendant un bon moment du récit, j'attendais de voir où tout cela nous menait, si une chose viendrait gripper la machine que je voyais se dérouler vers une fin logique, mais non. Le récit explore quelques pistes sur un potentiel problème autour de la jeune femme qui serait malade mentale, mais c'est désamorcé par la mise en scène qui insiste tout du long sur les détails qu'on "révèle" comme important au final mais qui étaient déjà limpides. De fait, la fin n'est pas surprenante et j'ai été assez peu convaincu par ce final grandiloquent assez irréaliste à mon gout.
Le tout est accompagné de personnages étranges, notamment la protagoniste qui semble vite insupportable. Ses crises de paniques n'excusent pas tout et son comportement assez odieux est assez peu explicable. Est-elle trop chouchouté par son père dont elle était si proche qu'elle se croit supérieur et insulte les gens sans arrêt ? Le hic, c'est qu'elle semblait irritante et j'ai fini par espérer que le retournement justifie son comportement. Mais non, c'est juste une personne que je trouve odieuse. Ce qui n'aide pas à s'immerger dans la BD.
Le dessin est charbonneux, gras sur les contours avec une nuance de rouge dans le noir et blanc qui annonce le récit, mais je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. Il supporte l'ensemble sans faire d'étincelles. C'est surtout ce récit assez étrange, qui navigue entre la jeune femme qui a des soucis personnels, passe son permis et revient dans sa petite ville depuis la grande ville étudiante, puis les conflits autour de la famille. Et les deux sont étrangement peu liées, au point que j'attendais le moment où on les verrait enfin mélangé. Mais ça reste dans un entre-deux, le final est grandiloquent sur l'aspect enquête et les pages finales me font penser que l'idée aurait pu être mieux développée.
Cette BD est étrange, notamment parce qu’elle contient en elle-même sa propre critique que j’aurais envie de recopier tant je la trouve pertinente, mais en même temps elle sait parfois avoir quelques envolées qui sauvent l’ensemble à mes yeux.
C’est typiquement le genre de BD que j’ai l’impression de voir à la pelle : une BD introspective d’un quadra un peu largué dans sa vie qui se remet en question et décide de se lancer dans son fameux projet de vie jamais réellement commencé, évidemment artistique. Une sorte de recette tellement vue qu’elle est devenue un cliché récurrent dans les critiques ou les parodies des œuvres introspectives. Et je dois dire que « Partir un jour » est totalement dans les poncifs du genre, avec son personnage principal qui ne comprend plus sa vie et veut la redessiner en écrivant un livre.
Sauf que pour une fois, eh bien la BD en est consciente et l’intègre dedans. Le personnage se voit reprocher d’être ce cliché, on note également que produire un livre dans une industrie en surproduction est absurde. Les discours du personnage avec son psy sont également très lucide sur ses intentions, bref l’auteur est conscient que sa BD est une parmi de nombreuses œuvres sur le même thème, s’interroge sur ce qu’il fait et se rend bien compte qu’il faut dépasser ce simple postulat. Car qui est intéressé par la vie d’un névrosé en pleine crise ?
Mais c’est également là que la BD atteint ses limites : critiquer son œuvre de façon méta, c’est-à-dire conscient de sa propre existence, ne suffit pas à rendre l’ensemble tout de suite subversif. Je précise que l’intention de l’auteur est plutôt d’être sincère et honnête sur ce qu’il fait. Mais encore une fois, je ne trouve pas que cela suffise à en faire une œuvre bonne. Et d’ailleurs, si j’ai été assez content lors de ma lecture, je ne suis pas spécialement intéressé par une relecture et je doute retenir beaucoup de choses de celle-ci. Il y a un humour qui fait parfois mouche, de bonnes idées notamment avec le psy, quelques détails qui m’ont plu (notamment sur la question des relations amoureuses du personnage), mais au final, la BD reste une considération de quadra largué. Et j’ai du mal à trouver cela intéressant, quelle que soit la qualité qu’on peut voir dans l’exécution.
Peut-être aussi que la BD n’ose pas mettre les bons termes dans son explication. Cette crise de la quarantaine, du sens de la vie, de l’impact de notre travail, c’est le capitalisme et l’injonction permanente à la consommation, l’idéal de la réalisation personnelle par le travail et dans celui-ci. La BD ajoute par petites touches tout ces détails, mais ne met jamais en lumière les véritables problématiques, les enjeux derrière ceci. Et c’est un manque cruel qui aurait sans doute un intérêt plus poussé.
Juste un petit mot sur le dessin, sympathique mais pas spécialement notable non plus. C’est du dessin cartoon qui permet de raconter efficacement avec peu de traits, de décors ou de détails dans les visages. On a quelques décors, notamment lors des scènes figuratives du personnage qui représente son combat intérieur.
C’est donc une BD qui n’est pas mauvaise, notamment dans son intention, mais qui est limitée par l’idée de base. Personnellement je ne suis pas client !
Eh bien moi j’ai adoré cette BD ! Ce premier tome est une introduction efficace à cet univers, que j’ai envie de voir explorer dans le second et dernier tome prévu !
C’est un récit qui brode sur la fantasy classique, avec une opposition entre elfes du camp de la lumière et un nécromancien du camp de l’ombre, accompagné par un gobelin et son frère mort maudit. Bref, un équipage de personnages habituellement considérés comme des méchants, ici traités comme les personnages principaux dont nous suivons les pérégrinations. Et l’idée est amusante, ne serait-ce que parce que ce monde de dualité lumière/ombre semble exister dans un univers où la plupart des gens s’accommodent de ça. On continue à vivre, à planter et récolter, on se marie et on tente de diriger en marge de ce conflit. De fait, c’est moins une quête épique ponctuée de combats qu’une errance où se confrontent deux mondes différents, l’un étant celui de notre protagoniste. Mais la BD joue volontairement sur la confusion entre le bon et le méchant. La nécromancie n’a pas l’air sympathique, mais le camp d’en face n’est pas mieux non plus.
Par contre, sur ce canevas qui détourne le classique, la BD propose une histoire qui m’a fait franchement éclater de rire. Par piques, dans les situations et surtout les commentaires des personnes autour, il y a pas mal de moments qui m’ont fait m’esclaffer. C’est le genre de BD qui m’a eu par surprise en arrivant à faire mouche. L’ensemble est classique dans son déroulé, par petits chapitres qui font autant de petits moments présentant l’univers, mais j’en suis sorti charmé.
Le tout est dessiné par une main qui s’inspire de nombreux autres récits de fantasy, dans une ambiance médiévale fantastique bien retranscrite. J’ai apprécié les visages, notamment dans les gobelins, et la mise en page dynamique qui fait que la lecture est un petit plaisir. De savoir qu’il n’y aura qu’un seul autre tome me confirme également que les auteurs n’ont pas envie de tirer trop sur la corde, ce qui est appréciable pour une BD de ce type qui s’essoufflerait dans la longueur. En l’état, c’est une série que je recommande de découvrir aux fans du genre !
Voilà une BD fort sympathique, sorte de mélange entre le roman d’enquête à l’inspecteur atypique et du roman victorien, décrivant la société de cette époque et ses mœurs. Mais surtout qui se permet de brocarder une élite bien pensante, dans un âge de colonisation.
Se déroulant sur l’île de Pâques, le récit est celui d’un homme installé dessus, un blanc (par opposition aux autochtones) qui semble avoir été tué sans qu’on ne connaisse le coupable. Envoyé par le gouvernement chilien, l’inspecteur Valverde enquête progressivement, dessinant le tableau des comportements de l’île. L’histoire est une lente construction de ce qu’il se passe sur l’île, entrecoupé de personnages intéressants qui permettent de dessiner une toile de relations. Entre les militaires autoritaires, les autochtones parqués et détesté, les lépreux ostracisés, le médecin humaniste, l’archéologue enthousiaste, le mari violent… Entre le personnage principal sympathique et les révélations progressives, l’histoire est plaisante à lire, et j’étais plongé dedans assez vite. Par contre, au final je me suis retrouvé un peu déçu du final, en notant que si l’enquête est résolue je n’étais pas intéressé par sa résolution. En fin de compte c’était la découverte des personnages et les différentes interactions qui m’ont plu, notamment l’image que ça donne de la domination coloniale dans l’île par le Chili, mais qui n’aurait pas été différent dans bien d’autres endroits.
La BD est servie par un dessin qui va très bien avec le propos. La BD est lente, déroulant son propos sur plus de cent pages et le dessin permet de passer le temps, qui se déroule doucement, tout en mettant en valeur les paysages et aussi les pensées. L’enquête n’est pas un thriller mais un moment contemplatif, qui laisse songeur sur ce qui se déroule devant nous. D’ailleurs j’étais déçu que tout ça n’ait pas de « vraie » fin en dehors de l’enquête qui sera résolue. J’aurais aimé quelque chose qui montre que l’inspecteur a été changé par tout cela, peut-être un acte de sa part pour réellement montrer ce qu’il a vécu. C’est dommage de rester sur une simple enquête puis une fin jolie mais qui ne s’empare pas des sujets traités.
Une belle histoire, donc, bien amenée et bien illustrée, qui a une patte personnelle que j’ai appréciée. Lecture recommandée, donc !
Eh bien je suis franchement déçu par cette BD. J’avais envie de découvrir cette série pas très bien notée en tentant de voir une déesse classique du Panthéon grec, mais ce volume est une déception permanente.
Déjà, le dessin est purement fonctionnel, stéréotypé dans les corps et sans âme. Les corps sont figés, les attitudes donnent l’impression de poses factices et l’ensemble est plat. L’absence de vie et de dynamisme est permanente et me donne l’impression que la BD a été faite le plus vite possible, donnant une coquille vide qui peut faire illusion mais n’accroche jamais l’œil.
Et sur la question des mythes, on est au ras des pâquerettes. La BD parle de Athéna de façon succinte en quelques mythes, à commencer par sa naissance, puis plusieurs mythes dans lesquels elle est parfois intervenu mais sans même en être la protagoniste. Il y a un long passage sur Persée, trop long pour l’intérêt, et des cases uniques pour pleins d’autres moments où elle est intervenu (Jason, Achille …). Mais surtout, chaque anecdote est décorélée de l’ensemble, sans jamais de liens qui permet de lier le tout. On dirait un pot-pourri qui n’a jamais cherché à lier le tout par une histoire, ni par une trame. Les sautes temporelles et thématiques sont parfois si violentes que j’ai du relire la BD pour voir si quelque chose m’avait échappée. Et de même, la narration est plate, à base de dialogues sonnant faux puisqu’on doit narrer les choses plutôt que les montrer. C’est vraiment mauvais, avec peu d’intérêt au-delà du pur néophyte qui apprendra deux-trois choses sur Athéna, mais il y a eu quantité d’autres œuvres plus réussies à ce sujet. Et surtout, pour un album sur Athéna, on a rien de concret : ses temples, rites, spécificités. Il n’y a ni l’origine de la chouette, ni la description de ses attributs ou fonction, ni ses représentations iconiques qui servaient de marqueurs visuels. La BD s’est contenté de quelques légendes, mélangées sans jamais faire un effort de narration, servi par un dessin qui fait le travail sans jamais tenter quoi que ce soit, le tout joliment emballé dans une collection qui semble destinée à écouler le plus d’exemplaires possibles. C’est typiquement le genre de BD faite pour vendre en masse, produite à la chaine. Je suis déçu de ma lecture, et pourtant je ne l’ai qu’emprunté. C’est dire !
Pas formidable, cette BD. C’est même assez difficile de dire que j’ai aimé.
C’est une BD qui a été réalisée avec plusieurs acteurs, notamment institutionnels, pour parler d’un sujet de santé, à savoir les tumeurs chez l’enfant et surtout l’après opération. Soyons honnêtes, c’est pas franchement intéressant de prime abord. Que ça existe et que ce soit désagréable, je n’en doute pas. Le côté rémission durant plusieurs années, pourquoi pas, ça peut donner des choses intéressantes. Mais dans l’ensemble, la BD est très superficielle, pas vraiment intéressante et beaucoup trop rapide.
L’histoire va à toute vitesse, enchaînant la découverte, le processus médical et l’après-opération en quelques pages, ne s’attardant jamais réellement sur chaque point. L’histoire est construite avec des intermèdes de l’enfant devenu adulte qui est devenu dessinateur de BD et s’est inspiré de sa vie pour en faire une œuvre. C’est mignon, mais pas intéressant, et les intermèdes auraient pu être coupés sans rien enlever à l’histoire. De même plusieurs passages sont vues du point de vue des soignants, personnes qui ne sont jamais introduites ou présentées, qui disparaissent ensuite de l’histoire et nous éloignent encore plus du personnage principal. Le manque d’attachement aux personnages est un grand souci, puisque finalement je m’en fichais de ce que
La Bd n’est pas mieux servie par son dessin, qui n’est pas très bon. Les visages sont assez imprécis, pas très clairs sur les détails et il m’est souvent difficile de comprendre les émotions du personnage principal qui semble toujours avoir la même tête. Les décors sont d’ailleurs souvent vides et font assez pauvres. C’est le genre de BD qui semble avoir été commandé et pas fait spécialement avec attention, ou alors avec peu de travail.
Ça m’embête de taper autant sur cette BD, mais elle est vraiment trop simple, trop légère. Au vu du sujet, j’aurais aimé être plus impliqué dans ma lecture, mais surtout j’aurais aimé que la BD fasse plus que du superficiel. Au stade actuel, ça reste une BD qui semble commercial, sur un sujet plus intéressant mais trop mal traité.
Ce qui m’a intéressé avant de lire la BD, c’était cette couverture que j’aimais beaucoup et qui donnait l’aspect fantastique que j’attendais. Plus tard j’ai découvert que c’était Rodolphe aux commandes de la BD, et je m’attendais pas à ce type d’histoires. Surtout au vu de la couverture !
En effet, c’est une BD sur les Canaries, îles que je ne connaissais pas du tout, et dont l’histoire notamment coloniale est ici le point central. Et je suis assez étonné de l’idée, mais dans le bon sens puisque c’est encore une fois un pan d’histoire que je ne connais pas et que je ne demande qu’à découvrir.
Cependant, l’histoire de la BD est pas forcément très bien tournée. Par une personne contemporaine qui fait d’étranges rêves, on va retourner dans le passé par une réincarnation et une tentative de changer le passé de l’île. Alors c’est pas forcément mauvais, mais je trouve que ça mélange deux époques et deux genres de façon pas très subtile, avec une histoire un peu classique dans l’époque contemporaine d’un type sympa mais un peu perdu (archétype que je trouve toujours suspect) avec une ex qui semble toujours bien l'aimer, mais on sait pas ... Puis le récit s'emballe, et le type emballe une autre femme, parce que ... Parce que. Voila. C'est pas très intéressant ni utile au scénario, ça ne rend pas le personnage sympathique, ça n'est pas spécialement important. C'est le genre de détails que je regrette de voir dans le récit.
Par contre la question des natifs et leur traitement est intéressant, notamment cette idée de revenir prévenir une catastrophe et faire en sorte d'atténuer quelque chose qu'on sait en partie inévitable. Ça fait écho à de nombreuses périodes historiques pour lesquelles on aurait envie de revenir changer les choses. Et je ressors de la BD avec un peu d'informations sur les Canaries, dont je ne connaissais pas du tout l'Histoire mais qui sont intéressantes, une belle démonstration encore une fois de l'esprit colonisateur de l'Europe et sa violence dans les rapports aux autochtones.
Le dessin est efficace, mais pas spécialement joli. Personnellement je n'ai pas du tout été marqué par lui et ce n'est pas ce qui me fera en retenir quelque chose.
Un récit très touchant, construit comme une enquête au milieu de gens « normaux ». Pas de héros, pas de fantastique, rien que des existences banales ; et c’est justement ce qui fait toute la force de l’album. On s’y retrouve facilement, sans que cette normalité rende pour autant l’intrigue molle. Bien au contraire : l’enquête fonctionne très bien et on se laisse rapidement prendre.
Il y a surtout un vrai travail de finesse sur les personnages, leurs failles et leurs petites vies, avec en toile de fond quelques critiques bien senties de la société actuelle. L’ensemble est d’une belle tendresse pour le banal, sans chercher à transformer artificiellement ces personnages ordinaires en êtres extraordinaires.
Le dessin accompagne parfaitement cette approche. Le trait est légèrement caricatural, juste ce qu’il faut pour croquer cette France de M. et Mme Tout-le-monde, tout en laissant suffisamment de place à l’émotion. Une très belle lecture, simple en apparence mais beaucoup plus fine qu’elle n’en a l’air.
Je me suis lancé dans cette lecture avec tous les a priori du monde : un shônen à la française qui n’aurait ni les qualités d’un manga, ni celles d’une BD franco-belge. Eh bien raté : c’est plutôt l’inverse, il y a vraiment un peu des deux. Une belle surprise.
Le récit est rythmé, efficace et qui semble correctement documenté pour donner de la consistance à cette aventure médiévale sans trop tomber dans le cliché du chevalier héroïque. Les personnages sont attachants, les combats fonctionnent bien et les relations humaines viennent donner du liant à l’ensemble, avec en prime un peu de fond derrière l’aventure pure.
Le dessin participe énormément à la réussite de la série. Il puise ce qu’il faut dans les codes graphiques japonais sans jamais oublier son identité franco-belge. C’est coloré, très très dynamique, avec une vraie capacité faire retomber l'intensité quand le récit en a besoin.
Le travail était périlleux, mais il est très réussi.
Si je laisse parler la tête, c’est un solide 4/5 ; si je laisse parler le cœur, on est plutôt à 5/5. C’est clairement le genre de récit que j’aime : feel-good sans en faire trop, bien rythmé, agréable à lire, mais avec suffisamment de fond pour ne jamais tomber dans la simple histoire réconfortante.
Il y a de la critique, du questionnement, une vraie réflexion sur les choix de vie et ce qu’on attend de nous, mais tout cela reste très naturel. Le scénario avance avec beaucoup de fluidité et s’appuie sur des personnages certes un peu archétypaux, mais juste ce qu’il faut : ils sont suffisamment bien ficelés pour qu’on s’y attache sans avoir l’impression de voir défiler des clichés. L’ambiance et les décors participent énormément au plaisir de lecture et donnent un vrai corps à l’ensemble.
C’est typiquement le genre d’histoire qui pourrait donner un film français à succès. Sauf qu’ici, elle profite en plus d’un très beau dessin et de tout ce que la BD permet en matière d’atmosphère et de rythme. Difficile de demander beaucoup plus.
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Les Singes
Drôle de polar que voila. Une jeune femme, étudiante, revient chez elle pour les vacances et retrouve son père et sa mère. Cette dernière part rapidement, sort du récit pour aller ailleurs, reste le père et la fille. Puis l'histoire s'enclenche. C'est un polar, mais dont j'ai trouvé le déroulé étrange. On a très vite des éléments constitutifs de ce que sera la suite, notamment dans les problématiques soulevés par les personnages et l'idée de où tout cela se dirige. Pendant un bon moment du récit, j'attendais de voir où tout cela nous menait, si une chose viendrait gripper la machine que je voyais se dérouler vers une fin logique, mais non. Le récit explore quelques pistes sur un potentiel problème autour de la jeune femme qui serait malade mentale, mais c'est désamorcé par la mise en scène qui insiste tout du long sur les détails qu'on "révèle" comme important au final mais qui étaient déjà limpides. De fait, la fin n'est pas surprenante et j'ai été assez peu convaincu par ce final grandiloquent assez irréaliste à mon gout. Le tout est accompagné de personnages étranges, notamment la protagoniste qui semble vite insupportable. Ses crises de paniques n'excusent pas tout et son comportement assez odieux est assez peu explicable. Est-elle trop chouchouté par son père dont elle était si proche qu'elle se croit supérieur et insulte les gens sans arrêt ? Le hic, c'est qu'elle semblait irritante et j'ai fini par espérer que le retournement justifie son comportement. Mais non, c'est juste une personne que je trouve odieuse. Ce qui n'aide pas à s'immerger dans la BD. Le dessin est charbonneux, gras sur les contours avec une nuance de rouge dans le noir et blanc qui annonce le récit, mais je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. Il supporte l'ensemble sans faire d'étincelles. C'est surtout ce récit assez étrange, qui navigue entre la jeune femme qui a des soucis personnels, passe son permis et revient dans sa petite ville depuis la grande ville étudiante, puis les conflits autour de la famille. Et les deux sont étrangement peu liées, au point que j'attendais le moment où on les verrait enfin mélangé. Mais ça reste dans un entre-deux, le final est grandiloquent sur l'aspect enquête et les pages finales me font penser que l'idée aurait pu être mieux développée.
Partir un jour
Cette BD est étrange, notamment parce qu’elle contient en elle-même sa propre critique que j’aurais envie de recopier tant je la trouve pertinente, mais en même temps elle sait parfois avoir quelques envolées qui sauvent l’ensemble à mes yeux. C’est typiquement le genre de BD que j’ai l’impression de voir à la pelle : une BD introspective d’un quadra un peu largué dans sa vie qui se remet en question et décide de se lancer dans son fameux projet de vie jamais réellement commencé, évidemment artistique. Une sorte de recette tellement vue qu’elle est devenue un cliché récurrent dans les critiques ou les parodies des œuvres introspectives. Et je dois dire que « Partir un jour » est totalement dans les poncifs du genre, avec son personnage principal qui ne comprend plus sa vie et veut la redessiner en écrivant un livre. Sauf que pour une fois, eh bien la BD en est consciente et l’intègre dedans. Le personnage se voit reprocher d’être ce cliché, on note également que produire un livre dans une industrie en surproduction est absurde. Les discours du personnage avec son psy sont également très lucide sur ses intentions, bref l’auteur est conscient que sa BD est une parmi de nombreuses œuvres sur le même thème, s’interroge sur ce qu’il fait et se rend bien compte qu’il faut dépasser ce simple postulat. Car qui est intéressé par la vie d’un névrosé en pleine crise ? Mais c’est également là que la BD atteint ses limites : critiquer son œuvre de façon méta, c’est-à-dire conscient de sa propre existence, ne suffit pas à rendre l’ensemble tout de suite subversif. Je précise que l’intention de l’auteur est plutôt d’être sincère et honnête sur ce qu’il fait. Mais encore une fois, je ne trouve pas que cela suffise à en faire une œuvre bonne. Et d’ailleurs, si j’ai été assez content lors de ma lecture, je ne suis pas spécialement intéressé par une relecture et je doute retenir beaucoup de choses de celle-ci. Il y a un humour qui fait parfois mouche, de bonnes idées notamment avec le psy, quelques détails qui m’ont plu (notamment sur la question des relations amoureuses du personnage), mais au final, la BD reste une considération de quadra largué. Et j’ai du mal à trouver cela intéressant, quelle que soit la qualité qu’on peut voir dans l’exécution. Peut-être aussi que la BD n’ose pas mettre les bons termes dans son explication. Cette crise de la quarantaine, du sens de la vie, de l’impact de notre travail, c’est le capitalisme et l’injonction permanente à la consommation, l’idéal de la réalisation personnelle par le travail et dans celui-ci. La BD ajoute par petites touches tout ces détails, mais ne met jamais en lumière les véritables problématiques, les enjeux derrière ceci. Et c’est un manque cruel qui aurait sans doute un intérêt plus poussé. Juste un petit mot sur le dessin, sympathique mais pas spécialement notable non plus. C’est du dessin cartoon qui permet de raconter efficacement avec peu de traits, de décors ou de détails dans les visages. On a quelques décors, notamment lors des scènes figuratives du personnage qui représente son combat intérieur. C’est donc une BD qui n’est pas mauvaise, notamment dans son intention, mais qui est limitée par l’idée de base. Personnellement je ne suis pas client !
Alastor de Sombregarde
Eh bien moi j’ai adoré cette BD ! Ce premier tome est une introduction efficace à cet univers, que j’ai envie de voir explorer dans le second et dernier tome prévu ! C’est un récit qui brode sur la fantasy classique, avec une opposition entre elfes du camp de la lumière et un nécromancien du camp de l’ombre, accompagné par un gobelin et son frère mort maudit. Bref, un équipage de personnages habituellement considérés comme des méchants, ici traités comme les personnages principaux dont nous suivons les pérégrinations. Et l’idée est amusante, ne serait-ce que parce que ce monde de dualité lumière/ombre semble exister dans un univers où la plupart des gens s’accommodent de ça. On continue à vivre, à planter et récolter, on se marie et on tente de diriger en marge de ce conflit. De fait, c’est moins une quête épique ponctuée de combats qu’une errance où se confrontent deux mondes différents, l’un étant celui de notre protagoniste. Mais la BD joue volontairement sur la confusion entre le bon et le méchant. La nécromancie n’a pas l’air sympathique, mais le camp d’en face n’est pas mieux non plus. Par contre, sur ce canevas qui détourne le classique, la BD propose une histoire qui m’a fait franchement éclater de rire. Par piques, dans les situations et surtout les commentaires des personnes autour, il y a pas mal de moments qui m’ont fait m’esclaffer. C’est le genre de BD qui m’a eu par surprise en arrivant à faire mouche. L’ensemble est classique dans son déroulé, par petits chapitres qui font autant de petits moments présentant l’univers, mais j’en suis sorti charmé. Le tout est dessiné par une main qui s’inspire de nombreux autres récits de fantasy, dans une ambiance médiévale fantastique bien retranscrite. J’ai apprécié les visages, notamment dans les gobelins, et la mise en page dynamique qui fait que la lecture est un petit plaisir. De savoir qu’il n’y aura qu’un seul autre tome me confirme également que les auteurs n’ont pas envie de tirer trop sur la corde, ce qui est appréciable pour une BD de ce type qui s’essoufflerait dans la longueur. En l’état, c’est une série que je recommande de découvrir aux fans du genre !
Caballero Bueno - Une enquête de l'inspecteur Valverde
Voilà une BD fort sympathique, sorte de mélange entre le roman d’enquête à l’inspecteur atypique et du roman victorien, décrivant la société de cette époque et ses mœurs. Mais surtout qui se permet de brocarder une élite bien pensante, dans un âge de colonisation. Se déroulant sur l’île de Pâques, le récit est celui d’un homme installé dessus, un blanc (par opposition aux autochtones) qui semble avoir été tué sans qu’on ne connaisse le coupable. Envoyé par le gouvernement chilien, l’inspecteur Valverde enquête progressivement, dessinant le tableau des comportements de l’île. L’histoire est une lente construction de ce qu’il se passe sur l’île, entrecoupé de personnages intéressants qui permettent de dessiner une toile de relations. Entre les militaires autoritaires, les autochtones parqués et détesté, les lépreux ostracisés, le médecin humaniste, l’archéologue enthousiaste, le mari violent… Entre le personnage principal sympathique et les révélations progressives, l’histoire est plaisante à lire, et j’étais plongé dedans assez vite. Par contre, au final je me suis retrouvé un peu déçu du final, en notant que si l’enquête est résolue je n’étais pas intéressé par sa résolution. En fin de compte c’était la découverte des personnages et les différentes interactions qui m’ont plu, notamment l’image que ça donne de la domination coloniale dans l’île par le Chili, mais qui n’aurait pas été différent dans bien d’autres endroits. La BD est servie par un dessin qui va très bien avec le propos. La BD est lente, déroulant son propos sur plus de cent pages et le dessin permet de passer le temps, qui se déroule doucement, tout en mettant en valeur les paysages et aussi les pensées. L’enquête n’est pas un thriller mais un moment contemplatif, qui laisse songeur sur ce qui se déroule devant nous. D’ailleurs j’étais déçu que tout ça n’ait pas de « vraie » fin en dehors de l’enquête qui sera résolue. J’aurais aimé quelque chose qui montre que l’inspecteur a été changé par tout cela, peut-être un acte de sa part pour réellement montrer ce qu’il a vécu. C’est dommage de rester sur une simple enquête puis une fin jolie mais qui ne s’empare pas des sujets traités. Une belle histoire, donc, bien amenée et bien illustrée, qui a une patte personnelle que j’ai appréciée. Lecture recommandée, donc !
Athéna
Eh bien je suis franchement déçu par cette BD. J’avais envie de découvrir cette série pas très bien notée en tentant de voir une déesse classique du Panthéon grec, mais ce volume est une déception permanente. Déjà, le dessin est purement fonctionnel, stéréotypé dans les corps et sans âme. Les corps sont figés, les attitudes donnent l’impression de poses factices et l’ensemble est plat. L’absence de vie et de dynamisme est permanente et me donne l’impression que la BD a été faite le plus vite possible, donnant une coquille vide qui peut faire illusion mais n’accroche jamais l’œil. Et sur la question des mythes, on est au ras des pâquerettes. La BD parle de Athéna de façon succinte en quelques mythes, à commencer par sa naissance, puis plusieurs mythes dans lesquels elle est parfois intervenu mais sans même en être la protagoniste. Il y a un long passage sur Persée, trop long pour l’intérêt, et des cases uniques pour pleins d’autres moments où elle est intervenu (Jason, Achille …). Mais surtout, chaque anecdote est décorélée de l’ensemble, sans jamais de liens qui permet de lier le tout. On dirait un pot-pourri qui n’a jamais cherché à lier le tout par une histoire, ni par une trame. Les sautes temporelles et thématiques sont parfois si violentes que j’ai du relire la BD pour voir si quelque chose m’avait échappée. Et de même, la narration est plate, à base de dialogues sonnant faux puisqu’on doit narrer les choses plutôt que les montrer. C’est vraiment mauvais, avec peu d’intérêt au-delà du pur néophyte qui apprendra deux-trois choses sur Athéna, mais il y a eu quantité d’autres œuvres plus réussies à ce sujet. Et surtout, pour un album sur Athéna, on a rien de concret : ses temples, rites, spécificités. Il n’y a ni l’origine de la chouette, ni la description de ses attributs ou fonction, ni ses représentations iconiques qui servaient de marqueurs visuels. La BD s’est contenté de quelques légendes, mélangées sans jamais faire un effort de narration, servi par un dessin qui fait le travail sans jamais tenter quoi que ce soit, le tout joliment emballé dans une collection qui semble destinée à écouler le plus d’exemplaires possibles. C’est typiquement le genre de BD faite pour vendre en masse, produite à la chaine. Je suis déçu de ma lecture, et pourtant je ne l’ai qu’emprunté. C’est dire !
Le Bruit de la pluie
Pas formidable, cette BD. C’est même assez difficile de dire que j’ai aimé. C’est une BD qui a été réalisée avec plusieurs acteurs, notamment institutionnels, pour parler d’un sujet de santé, à savoir les tumeurs chez l’enfant et surtout l’après opération. Soyons honnêtes, c’est pas franchement intéressant de prime abord. Que ça existe et que ce soit désagréable, je n’en doute pas. Le côté rémission durant plusieurs années, pourquoi pas, ça peut donner des choses intéressantes. Mais dans l’ensemble, la BD est très superficielle, pas vraiment intéressante et beaucoup trop rapide. L’histoire va à toute vitesse, enchaînant la découverte, le processus médical et l’après-opération en quelques pages, ne s’attardant jamais réellement sur chaque point. L’histoire est construite avec des intermèdes de l’enfant devenu adulte qui est devenu dessinateur de BD et s’est inspiré de sa vie pour en faire une œuvre. C’est mignon, mais pas intéressant, et les intermèdes auraient pu être coupés sans rien enlever à l’histoire. De même plusieurs passages sont vues du point de vue des soignants, personnes qui ne sont jamais introduites ou présentées, qui disparaissent ensuite de l’histoire et nous éloignent encore plus du personnage principal. Le manque d’attachement aux personnages est un grand souci, puisque finalement je m’en fichais de ce que La Bd n’est pas mieux servie par son dessin, qui n’est pas très bon. Les visages sont assez imprécis, pas très clairs sur les détails et il m’est souvent difficile de comprendre les émotions du personnage principal qui semble toujours avoir la même tête. Les décors sont d’ailleurs souvent vides et font assez pauvres. C’est le genre de BD qui semble avoir été commandé et pas fait spécialement avec attention, ou alors avec peu de travail. Ça m’embête de taper autant sur cette BD, mais elle est vraiment trop simple, trop légère. Au vu du sujet, j’aurais aimé être plus impliqué dans ma lecture, mais surtout j’aurais aimé que la BD fasse plus que du superficiel. Au stade actuel, ça reste une BD qui semble commercial, sur un sujet plus intéressant mais trop mal traité.
Iruene
Ce qui m’a intéressé avant de lire la BD, c’était cette couverture que j’aimais beaucoup et qui donnait l’aspect fantastique que j’attendais. Plus tard j’ai découvert que c’était Rodolphe aux commandes de la BD, et je m’attendais pas à ce type d’histoires. Surtout au vu de la couverture ! En effet, c’est une BD sur les Canaries, îles que je ne connaissais pas du tout, et dont l’histoire notamment coloniale est ici le point central. Et je suis assez étonné de l’idée, mais dans le bon sens puisque c’est encore une fois un pan d’histoire que je ne connais pas et que je ne demande qu’à découvrir. Cependant, l’histoire de la BD est pas forcément très bien tournée. Par une personne contemporaine qui fait d’étranges rêves, on va retourner dans le passé par une réincarnation et une tentative de changer le passé de l’île. Alors c’est pas forcément mauvais, mais je trouve que ça mélange deux époques et deux genres de façon pas très subtile, avec une histoire un peu classique dans l’époque contemporaine d’un type sympa mais un peu perdu (archétype que je trouve toujours suspect) avec une ex qui semble toujours bien l'aimer, mais on sait pas ... Puis le récit s'emballe, et le type emballe une autre femme, parce que ... Parce que. Voila. C'est pas très intéressant ni utile au scénario, ça ne rend pas le personnage sympathique, ça n'est pas spécialement important. C'est le genre de détails que je regrette de voir dans le récit. Par contre la question des natifs et leur traitement est intéressant, notamment cette idée de revenir prévenir une catastrophe et faire en sorte d'atténuer quelque chose qu'on sait en partie inévitable. Ça fait écho à de nombreuses périodes historiques pour lesquelles on aurait envie de revenir changer les choses. Et je ressors de la BD avec un peu d'informations sur les Canaries, dont je ne connaissais pas du tout l'Histoire mais qui sont intéressantes, une belle démonstration encore une fois de l'esprit colonisateur de l'Europe et sa violence dans les rapports aux autochtones. Le dessin est efficace, mais pas spécialement joli. Personnellement je n'ai pas du tout été marqué par lui et ce n'est pas ce qui me fera en retenir quelque chose.
Tananarive
Un récit très touchant, construit comme une enquête au milieu de gens « normaux ». Pas de héros, pas de fantastique, rien que des existences banales ; et c’est justement ce qui fait toute la force de l’album. On s’y retrouve facilement, sans que cette normalité rende pour autant l’intrigue molle. Bien au contraire : l’enquête fonctionne très bien et on se laisse rapidement prendre. Il y a surtout un vrai travail de finesse sur les personnages, leurs failles et leurs petites vies, avec en toile de fond quelques critiques bien senties de la société actuelle. L’ensemble est d’une belle tendresse pour le banal, sans chercher à transformer artificiellement ces personnages ordinaires en êtres extraordinaires. Le dessin accompagne parfaitement cette approche. Le trait est légèrement caricatural, juste ce qu’il faut pour croquer cette France de M. et Mme Tout-le-monde, tout en laissant suffisamment de place à l’émotion. Une très belle lecture, simple en apparence mais beaucoup plus fine qu’elle n’en a l’air.
Tête de Chien
Je me suis lancé dans cette lecture avec tous les a priori du monde : un shônen à la française qui n’aurait ni les qualités d’un manga, ni celles d’une BD franco-belge. Eh bien raté : c’est plutôt l’inverse, il y a vraiment un peu des deux. Une belle surprise. Le récit est rythmé, efficace et qui semble correctement documenté pour donner de la consistance à cette aventure médiévale sans trop tomber dans le cliché du chevalier héroïque. Les personnages sont attachants, les combats fonctionnent bien et les relations humaines viennent donner du liant à l’ensemble, avec en prime un peu de fond derrière l’aventure pure. Le dessin participe énormément à la réussite de la série. Il puise ce qu’il faut dans les codes graphiques japonais sans jamais oublier son identité franco-belge. C’est coloré, très très dynamique, avec une vraie capacité faire retomber l'intensité quand le récit en a besoin. Le travail était périlleux, mais il est très réussi.
Ulysse & Cyrano
Si je laisse parler la tête, c’est un solide 4/5 ; si je laisse parler le cœur, on est plutôt à 5/5. C’est clairement le genre de récit que j’aime : feel-good sans en faire trop, bien rythmé, agréable à lire, mais avec suffisamment de fond pour ne jamais tomber dans la simple histoire réconfortante. Il y a de la critique, du questionnement, une vraie réflexion sur les choix de vie et ce qu’on attend de nous, mais tout cela reste très naturel. Le scénario avance avec beaucoup de fluidité et s’appuie sur des personnages certes un peu archétypaux, mais juste ce qu’il faut : ils sont suffisamment bien ficelés pour qu’on s’y attache sans avoir l’impression de voir défiler des clichés. L’ambiance et les décors participent énormément au plaisir de lecture et donnent un vrai corps à l’ensemble. C’est typiquement le genre d’histoire qui pourrait donner un film français à succès. Sauf qu’ici, elle profite en plus d’un très beau dessin et de tout ce que la BD permet en matière d’atmosphère et de rythme. Difficile de demander beaucoup plus.