Les derniers avis (55 avis)

Par Pharise
Note: 4/5
Couverture de la série Les Facéties du Sapeur Camember
Les Facéties du Sapeur Camember

Un ancêtre. Bien sûr, les codes ont bougé, la façon de présenter n'est plus la même. Normal me direz-vous, pour un titre de plus de 130 ans. Et pourtant ! La forme vieillotte, la BD reste percutante, et on arbore un petit sourire amusé face aux facéties de ce brave sapeur et ses patronymes fromagers (Camember et Cancoyotte, belle brochette parentale !) Est-ce que nos propres titres survivront aussi longtemps sans être dépassés et illisibles ? Je me le demande.

25/05/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
Couverture de la série Bug
Bug

« Bug » en français signifie « un défaut affectant un programme informatique ». « Bug » en anglais se traduit par « un insecte, une bestiole, un virus… ». A partir de ces deux définitions, l’auteur Enki Bilal a imaginé un récit de science-fiction se passant en 2041 basé sur la disparition soudaine des domaines numériques et donc, d’internet, des stockages de données informatiques, etc… il en résulte -on peut aisément deviner- un chaos mondial surtout dans les pays « modernes » comme les USA, la Chine, l’Europe où plus rien ne fonctionne correctement. Le salut pourrait venir d’un homme, Kameron Odd, un cosmonaute qui en revenant sur Terre aurait « collecté » lui-même involontairement toutes les données numériques du monde. Du coup, il en devient une sorte de super-héros dont les divers groupes plus ou moins scrupuleux sont prêts à tout pour le « récupérer ». Ce genre de scénario peut prêter à sourire, je pense à tous ceux ou toutes celles qui travaillent dans le domaine informatique. Personnellement, ça m’a bien fait marrer et je me suis pris au jeu en me disant « Pourquoi pas » car on peut imaginer aussi qu’une énorme irruption solaire puisse perturber irrévocablement toutes les communications terrestres en grillant les puces électroniques, ça s’est déjà arrivé sans avoir de conséquences graves sur notre planète (ou plutôt sur notre mode de vie) mais pourquoi pas… Mais revenons un peu sur cette bande dessinée où 3 tomes sont parus à ce jour, alors oui, j’ai pris du plaisir à lire cette série car les péripéties s’enchainent rapidement. Je n’ai eu aucun ennui en feuilletant « Bug » au point d’enfiler les tomes sans discontinuité. Deux choses principales m’ont fait accrocher à cette bande dessinée au point de fermer les yeux sur les nombreuses incohérences du scénario : L’humour pince sans rire d’Enki Bilal et son coup de patte. Alors oui, il y a encore de nombreuses références philosophiques et politiques qui interviennent dans « Bug » mais l’auteur a pris soin de les intégrer dans des séquences et des dialogues ironiques voire caustiques, cette initiative contribue à alléger le récit et à faire passer ses messages sans que les lecteurs se prennent la tête. Alors oui, on retrouve bien le graphisme particulier d’Enki Bilal, je le trouve très beau d’autant plus que l’auteur y a mis plus de couleurs dans cette bande dessinée que dans ses précédentes réalisations. Alors bien sûr, Enki Bilal fait du Enki Bilal, c’est-à-dire que son dessin reste le même depuis des décennies mais peut-on vraiment le lui reprocher ? Il est le seul à nous proposer ce style de graphisme, il est atypique, je le trouve magnifique, dès qu’on ouvre une de ses séries, on voit tout de suite que du Enki Bilal et c’est donc ça qui fait -selon moi- son charme ! Il reste encore 2 tomes pour clore « Bug » et j’avoue que je suis impatient de les découvrir, ça prouve quand même que j’ai vachement apprécié jusqu’à maintenant cette lecture ! Note finale : un bon 3,5/5

25/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Clapas
Clapas

A l'entame de cet album, je m'attendais à un roman graphique mettant en avant les espaces naturels de la Drôme. Je ne m'attendais pas du tout à ce que cela tourne au récit d'action à suspens dans une ambiance proche du film Delivrance. Les évènements s'enchainent plutôt bien même si on sent les choses venir un peu trop facilement, avec quelques coïncidences malheureuses pour les protagonistes. J'avoue avoir été surpris et positivement choqué par le sort dramatique et abrupt subi par des personnages qu'on pensait plus ou moins intouchables. C'est ce qui fait la marque des bons thrillers. Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié les décors, un peu moins les personnages qui ne sont pas toujours parfaitement maîtrisés. Sur le plan narratif, on est très accroché avec ce sentiment de "comment aurais-je réagi dans une telle situation ?". Certains passages sont un peu moins bons comme le fait que tout semble jouer en défaveur des héros au point qu'ils ne fassent même pas appel à l'aide des centaines de participants d'une fête villageoise : croyaient-ils vraiment qu'ils allaient tous laisser faire les antagonistes comme s'ils étaient tous dégénérés ? J'ai trouvé également la fin un peu courte car finalement comment les deux protagonistes concernés pouvaient-ils être conscients de ce qu'il s'était passé ailleurs et se sentir pour de bon tirés d'affaire ? J'aurais aimé un petit épilogue pour être un peu plus satisfait. Mais globalement, c'est une bonne BD qui accroche bien le lecteur.

25/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Fée Aveline
La Fée Aveline

On pourrait prendre facilement " La Fée Aveline" comme une série alimentaire de Goscinny tellement il a été bien payé par le patron de "Jour de France" pour la réaliser. Pourtant Marcel Dassault, ce patron, n'avait pas la réputation de jeter l'argent par les fenêtres. Goscinny nous montre là toute l'étendue de son talent. C'est le même concept que pour Olivier Rameau soit des allers-retours entre un monde merveilleux de fées ou de princes et notre monde réel (où l'on s'ennuie ?). Monde réel où le concept de "Prince charmant" a aussi toute sa place dans l'imaginaire féminin depuis l'enfance. C'est là où je retrouve toute la verve de Goscinny. Sous des apparences anodines il y a bien une gentille image dérisoire de ce fameux "prince". Ces pages étaient en priorité destinées à un public féminin adulte qui devait bien rire. Le procédé comique est celui de l'arroseur arrosée puisque tous les plans de Carabosse se retournent contre elle. Goscinny nous gâte avec des stéréotypes très masculins tournés en dérision : le patron et sa secrétaire, le snobisme, le playboy ou encore le patriarche perdu hors de son monde. Je trouve Goscinny extraordinairement moderne dans sa vision sociétale. Pour ne rien gâter, il ajoute une touche d'écologie bien avant l'heure. Pour compléter le tableau Coq nous livre un superbe dessin très vivant. C'est fluide, c'est précis, c'est dynamique, c'est sexy et c'est drôle. La seule faiblesse inhérente à ces séries destinées à être livrées par planche pour un journal, est le découpage et le rythme qui ne correspond pas trop au format album. Un petit trésor d'orfèvre pour moi

25/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série November
November

La nouvelle série de Matt Fraction (Sex Criminals) débarque en France chez… Sarbacane, un éditeur pas forcément spécialisé dans les comics, mais qui ont eu du flair sur le coup. J’avais découvert le tome 1 VO en librairie, attiré par la couverture élégante et le résumé vraiment intriguant… une semaine plus tard j’achetais le reste ! « November » raconte les mésaventures de 3 femmes sans lien apparent, qui se retrouvent malgré elles réunies et confrontées à une organisation criminelle mise en place par des flics aussi pourris que violents. Mais, ça, on ne le comprend que beaucoup plus tard. La narration « Tarantinesque » est en effet volontairement nébuleuse, l’auteur passe d’une protagoniste à l’autre et fait de nombreux sauts temporels pas toujours très clairs. Il faut s’accrocher, surtout lors des premiers chapitres, les réponses finissant par arriver. En tout cas l’histoire est tellement haletante que j’ai avalé les 4 tomes VO d’une traite (la VF est en 2 tomes). L’intrigue est bien construite, noire et pessimiste au possible, avec une brochette de personnages désespérés aux personnalités bien définies. La fin est bien amenée, avec une vision de l’unité des victimes assez poignante. Un détail intéressant : les victimes innocentes sont tous des femmes (y compris leurs partenaires, Dee et Key étant lesbiennes), et les « méchants » tous des hommes. La mise en image de Elsa Charretier et les couleurs pastelles de Matt Hollingsworth donnent vraiment du cachet aux albums. Le dessin est élégant, et le découpage alterne entre grandes cases et petites cases plus nombreuses montrant divers détails dans les décors. Les cadrages sont réussis, les scènes d’action sont dynamiques… bref, les planches ont de la gueule. Voila, un chouette polar noir et violent, terminé en 2 tomes VF (ou 4 tomes VO).

25/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Quand j'étais star
Quand j'étais star

Je ne connaissais pas Marc Villard, à priori un auteur de polar qui a son petit succès. JP Peyraud le met en scène, à travers une vingtaine de nouvelles, à divers moments de sa vie et dans différents cadres (famille, boulot, dédicace …) C’est anecdotique mais plutôt agréable à suivre, le personnage de Villard peut être tête à claques mais reste sympathique et humain. Quelques histoires sont vraiment bien trouvées (les cigarettes, les nuts …) Une lecture fluide et un bon moment. Le dessin aide bien.

24/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Kinnara - L’Automate céleste
Kinnara - L’Automate céleste

Tiens, une bd argentine qui se passe au royaume de Siam, c'est assez original. En plus, le dessin est plutôt bon. Dommage que le scénario ne soit pas très bon. L'idée de départ est tout de même un peu basique et en plus cela devient vite un peu trop compliqué à suivre à mon goût. J'ai eu l'impression qu'il me manquait quelques notions de base sur la mythologie thaïlandaise pour bien apprécier le scénario (bon il y a aussi la possibilité que le scénario soit juste mauvais). La plupart des personnages m'ont laissé indifférent, ce n’est pas très captivant et je me suis vite ennuyé. Il y a quelques scènes qui sortent du lot, mais globalement c'est pas très bon à mes yeux. Bref, l'intérêt principal de cet album est le dessin. Je conseillerais un emprunt à moins que vous adoriez acheter des bandes dessinées juste pour admirer les cases.

24/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Back to perdition
Back to perdition

Un diptyque qui se laisse lire. L'Australie comme décor avec pour point de départ Perdition, une ferme de crocodiles (LVMH et Hermès détiennent plus de la moitié des fermes) avec à sa tête un homme autoritaire, un vrai despote. Sa fille est amoureuse d'un aborigène, Mayaw et ils vont devoir fuir lorsque leur idylle sera découverte. Commence alors une traque qui finira dans un bain de sang. Un récit où les personnages sont caricaturaux et les situations pas toujours crédibles. Le racisme est la pierre angulaire de cette histoire, alors même si le thème me tient à cœur, je n'ai pas accroché, son développement est manichéen. Côté dessin c'est pas mal sans être transcendant, j'ai aimé la colorisation dans les tons sombres. Dispensable. Note réelle : 2,5.

24/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout
Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout

Je profite de la sortie de la quatrième partie pour compléter mon avis. Dans cette dernière partie le rythme s'accélère, la fin est proche au moins pour nos héros bruxellois. Spip nous rappelle qu'il a sa place en résolvant l'impasse dialectique où se trouvaient Spirou et Fantasio près du pont. Les drapeaux alliés sont de sortie mais Emile Bravo en profite pour intensifier l'intensité dramatique du récit. De brèves larmes de joie, l'auteur nous renvoie aux larmes de souffrance. Qui aura le dernier mot ? semble interroger le dernier gag comique et macabre au dépens du policier girouette . Un épilogue plus léger, quoique, nous invite à voir plus loin. En Afrique? En Palestine? Jusqu'à cette dernière double page saisissante, voire inoubliable, Felix pour toujours avec nous. A lire. Il faut avouer qu'Emile Bravo n'a pas facilité la tâche de Spirou en le laissant seul affronter ces terribles années brunes. Kassandra partie, aucune aide mycologique en vue et Fantasio qui la joue grand ado borderline en de maintes reprises. Il reste Spip mais le cuir de la Gestapo semble trop indigeste pour ses petites dents. Spirou et Fantasio sont partis sur les chemins de l'exode et de toutes les misères voire de toutes les ignominies. Je trouve le personnage de Fantasio fantastique .Si complexe et si travaillé. Il est de nombreuses fois très proche de se brûler mais c'est à chaque fois pour nous montrer la vrai face de l'ignoble. Son personnage est bien plus torturé que celui de Spirou mais au final c'est lui qui sera initié. Spirou traverse ces trois tomes avec son insouciante bonne volonté due à sa jeunesse. Le scénario est un modèle d'anti manichéisme. Anselme nous le rappelle et nous renvoie à nos propres errements historiques loin de toute classification simplificatrice. Nos pays civilisés n'ont ils pas envoyé des meutes colonisatrices de par le monde? Spirou nous le dit clairement : un soldat quelque soit son uniforme cela tue des gens. Spirou avec ses questions d'enfants auxquelles il est si difficile de répondre, nous adultes. Spirou avec son bon sens qui éclaire cette période comme le théâtre de marionnettes éclaire le visage des enfants. Même si le sens subversif leur échappe et c'est tant mieux, c'est la garantie de son succès. C'est cette insouciance que nous peint monsieur Bravo qui sera la meilleure arme pour avancer et choisir les bons trains celui des Justes. celui de P'tit Louis et Suzanne et de leurs compagnons d'infortune. Car ceci n'est pas un train !!! Le peintre belge le plus célèbre du XXème siècle me pardonnera cette paraphrase. Emile Bravo fait apparaître le génial Magritte dans une rencontre avec Spirou. Dans ce troisième volume cette rencontre est fugace et éphémère mais je la pense centrale. Centrale physiquement en page 48 du tome 3 et centrale dans la compréhension de l'œuvre. Ce qui pose problème à beaucoup depuis le premier épisode, est la personnalité de Fantasio. Emile Bravo joue les iconoclastes cassant le miroir lisse du héros de notre enfance. Du miroir cassé il en résulte mille visages qui d'ailleurs changent en fonction de votre angle de vue. Oui Fantasio est multiple mais c'est lui l'adulte ( ou sur la voie) qui sort de sa bulle d'enfance. Il est presque de chair avec sa lourdeur, ses aspirations sexuelles frustrées, est-ce l'amour pour Madeleine qui le fait agir? Mais au delà du ressort comique qu'il incarne (une autre facette du miroir) c'est lui qui prend les risques en conscience librement ou presque. Presque parce qu'il n'est plus capable d'une entière humanité, prisonnier qu'il est de sa haine légitime de l'ennemi. Que ces Forteresses Volantes sont belles dans le ciel d'azur. Une représentation de la beauté du moment qui part tuer des dizaines de milliers d'enfants, vieillards et leurs familles. Ceux là on eu la malchance de naître au mauvais endroit, Dresde ,Hiroshima ,Rotterdam ou St Lo entre autres, au mauvais moment. Je comprends Spirou encore comme enfant idéaliste. Il est plus idée que chair. Ce qui peut le faire passer pour naïf ou nigaud. Mais c'est ses idées pacifiques bien qu'audacieuses qui entrainent l'adhésion du groupe. Le monde est souvent aveugle comme le père André qui a oublié la base même du message qu'il doit transmettre. Alors l'artiste, le peintre en particulier a le devoir de l'éclairer et de le reconstruire. Felix porte en lui cette mission même au péril de son couple et de sa vie. Fantasio est plus clairvoyant qu'il n'y paraît quand il dit "qu'y a-t-il de plus noble que de faire passer un message?" après son échec pitoyable et burlesque. Techniquement je trouve les dessins et les couleurs en phases avec le projet. Visages émaciés jusqu'à la caricature, couleurs sombres. Seule Madeleine nous rappelle que le printemps reviendra avec ses belles couleurs que porte amour. Mais Emile Bravo nous conte un récit ou la réalité l'emporte de loin sur la fantaisie. "Tu sous-estimes l'efficacité de la Gestapo" prévient Fantasio. Les nombreux réseaux de la Résistance démantelés pendant la guerre sont là pour le confirmer. Mieux valait ne pas tomber vivante entre les mains de ces assassins sadiques. 200 pages pour presque revenir au point de départ, dans des trains en partance? J'aime ce rythme. Quand la peur, la faim et le froid sont là, une minute semble une heure. Quand je tourne la page, action ou attente. Attendre encore, attendre le bon moment car la moindre erreur et le temps se raccourcit dramatiquement. Peu à peu les souvenirs familiaux de cette abominable période s'effacent. Merci à monsieur Bravo de transmettre ce message aux jeunes générations. Pas un train mais un chemin de liberté ou d'asservissement. On a toujours le choix comme nous le dit Dewilde.

07/12/2021 (MAJ le 24/05/2022) (modifier)
Couverture de la série Minimune Comix
Minimune Comix

Un bordel sans nom cet album, complètement décousu. Il en laissera plus d’un sur le carreau. On trouve dans ces neo-gnognottes, un condensé de JC Menu : les moines du mont-vérité, la mune … et son ton particulier. Je déconseille à ceux qui ne connaissent pas l’auteur, c’est assez spécial, et je pense qu’il faut avoir certaines clés pour apprécier à minima. Perso, je m’y suis retrouvé mais j’ai une tendresse particulière pour cet auteur, j’aime bien d’autres de ses œuvres. C’est mineur mais l’album paraît à un moment compliqué, Menu étant alors plus éditeur qu’auteur (voir la suite de la maison d’édition dans Quoi!) 2,5

24/05/2022 (modifier)