Les derniers avis (28 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Plus loin qu'ailleurs
Plus loin qu'ailleurs

Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier. J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années) Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?

31/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

Je me suis rendu compte en lisant cette série à quelle point l'histoire de Jason et des argonautes ne m'a jamais vraiment intéressé et que cela fait tellement longtemps que j'ai lu ce mythe que je n'ai qu'une vague idée de ce que les autrices ont inventées et ce qui était déjà dans l'histoire originale. Cette série fait parti des récits qui sont sorti cette dernière décennie et qui mets en vedette un personnage féminin qui avait une image détestable et dont on brosse un portrait plus nuancé. Les autrices ont la bonne idée de ne pas bêtement transformé Médée en pauvre victime innocente qui fait rien de mal. Elle est tout de même issue d'un milieu privilégiée et n'a aucun scrupule à tout faire pour survire. Son problème est qu'en tant que femme, elle est surtout le jouet d'hommes puissants. Le scénario est pas mal même si j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs. Le premier tome m'a un peu ennuyé vu que c'est une longue introduction et que l'action arrive enfin dans le tome suivant. Malgré des qualités, je n'ai pas trouvé que c'était un scénario exceptionnel, mais je pense que cela vient en parti du fait qu'à la base le mythe de Jason me laisse indifférent. J'aurais surement plus accroché si on avait choisi un personnage féminin issue d'un mythe que j'aime ou mieux encore une des déesses grecque que j'adore comme Perséphone ou Athéna. Au sujet du dessin, le trait de Pena est toujours aussi élégant, mais j'aime mieux son dessin lorsqu'il est en noir et blanc.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Beta Ray Bill - Etoile d'argent
Beta Ray Bill - Etoile d'argent

Beta Ray Bill : Étoile d’argent est une véritable claque visuelle et émotionnelle. Daniel Warren Johnson livre ici une œuvre profondément personnelle, où l’action cosmique sert avant tout une histoire intime sur la perte, l’identité et la reconstruction. Le récit suit Beta Ray Bill, personnage souvent sous-estimé de l’univers Marvel, dans une quête presque désespérée pour retrouver ce qu’il a perdu. Mais derrière les combats spectaculaires et les voyages interstellaires, c’est surtout un récit mélancolique sur l’acceptation de soi. Le héros, brisé et en quête de sens, devient incroyablement humain malgré son apparence. Graphiquement, c’est exceptionnel. Le trait de Johnson est brut, nerveux, presque sauvage, mais toujours lisible et d’une puissance folle. Chaque planche déborde d’énergie, que ce soit dans les scènes d’action ou dans les moments plus introspectifs. Ce qui marque vraiment, c’est l’équilibre parfait entre grand spectacle et émotion sincère. L’histoire ne se contente pas d’être épique, elle touche juste. Un comics à la fois spectaculaire et profondément touchant, qui prouve que même les héros les plus “cosmiques” peuvent raconter des histoires très humaines.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Vinland Saga
Vinland Saga

Une série magnifique sur les thèmes de la violence, de la guerre, de l’esclavage, de la liberté, de l’amitié, des traumatismes psychologiques, du pardon et du pacifisme. La série est souvent réduite à un manga pour ados banal, surtout par des gens qui n’ont lu que le 1er arc narratif qui est particulièrement violent (4 arcs narratifs en tout). Sauf que le propos de la série ne se trouve pas dans ce 1er arc, qui ne sert que de contexte avant l’évolution du personnage.

30/03/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Druuna
Druuna

J’ai lu la série en entier, puis je l’ai refermée, et je suis resté longtemps à réfléchir à ce que je venais de voir… Il m’a semblé qu’il y a dans cette série une certaine profondeur méta-philosophique, qui ne s’ouvre qu’après avoir terminé la série, si l’on prend le temps de réfléchir longuement à ce que l’on a lu. Cette profondeur ne se révèle absolument pas pendant la lecture. Il ne vaut même pas la peine d’essayer de relier tout en une histoire cohérente ou de suivre les événements de manière chronologique — je pense que l’intention de l’auteur n’était pas là, mais plutôt que le sens apparaisse à la fin et forme une sorte de méta-signification. J’ai vu beaucoup d’avis négatifs sur la série, et cela m’a un peu troublé, car personnellement, au-delà du dessin qui peut déjà impressionner, j’ai aussi perçu une idée philosophique profonde dans l’ensemble de l’œuvre. Et je veux partager ma vision très, très subjective de cela. La série est extrêmement explicite — parfois à la limite d’un contenu pornographique dur. On y trouve beaucoup : de saleté, de boue, de décomposition ; de mutants et de déformations du corps ; de violence et d’agonie ; une exploitation sexuelle constante de l’héroïne principale. C’est le niveau de lecture le plus évident, celui qui est en surface, et c’est justement ce qui repousse, car l’expérience peut être assez désagréable par moments. Mais il existe un autre niveau de profondeur. À la fin, une autre image apparaît : les derniers tomes n’« expliquent » pas vraiment, ils redéfinissent tout ce qui a été vu auparavant et semblent dire au lecteur ceci : « Tu as lu cela comme l’histoire de Druuna — une femme qui souffre et cherche la paix dans un monde agonisant — mais ne le comprends pas ainsi. Ne donne pas ce sens à ce que tu as lu, car tout n’est pas comme tu le penses. Il n’y a pas de monde, il n’y a pas de Druuna, il n’y a rien de ce que tu as lu. Tes interprétations n’ont pas de sens en elles-mêmes. Toi, lecteur, tu fais partie du mécanisme qui met en marche les engrenages et “déploie le monde” (en crée une projection), lance une itération… » la souffrance de Druuna n’est pas seulement un élément de l’intrigue ; tout ce qui se passe est un cycle dont il n’y a pas d’issue ; l’observation de ce cycle fait elle aussi partie du mécanisme. Si vous cherchez une lecture légère, de l’érotisme ou une belle science-fiction — ce n’est clairement pas pour vous. Mais si vous êtes prêt à affronter une œuvre lourde, ambiguë et parfois repoussante, la série peut se révéler plus profonde qu’elle n’en a l’air. Points faibles (à mon avis subjectif) : La structure chaotique n’est pas une illusion — elle existe réellement. Les tomes du milieu donnent une impression de fragmentation et font perdre le fil : qui, où, quand, avec qui, comment, pourquoi — tout devient confus. Le passage vers le sens et la dimension philosophique arrive trop tard, demande de reconsidérer tout ce qui a été vu et de l’interpréter, et peut ne pas « fonctionner » pour un lecteur qui ne donnera pas une seconde chance à la série après avoir été confronté à ces défauts de structure, de narration chaotique et de contenu choquant. Je précise aussi qu’il est tout à fait possible qu’une partie de cette profondeur ne soit pas intentionnelle de la part de l’auteur, mais relève de l’interprétation du lecteur. C’est une conséquence du fait qu’il faut soi-même « assembler » le sens : il n’est pas clairement donné, mais doit être construit. En résumé : Ce n’est pas une œuvre « agréable ». Ni une œuvre « confortable ». C’est une œuvre qui soit repousse immédiatement, soit commence à agir dans l’esprit après la lecture. Si vous êtes prêt à : supporter l’inconfort, accepter le chaos comme une partie de la forme, aller jusqu’au bout puis prendre le temps de réfléchir et de construire vous-même le sens, sans chercher à tout comprendre pendant la lecture, alors il y a une chance de voir ici autre chose qu’une simple accumulation de provocation, de saleté, d’érotisme et d’apocalypse — peut-être une réflexion sombre et obsédante exprimée à travers des récits chaotiques. C’est une œuvre marquante, qui mérite d’être lue au moins une fois, ne serait-ce que pour déterminer si « c’est pour vous ou non », et où se situent vos propres limites. Je ne peux pas dire que c’est une œuvre culte, car elle a trop de défauts pour être facilement accessible. Mais en même temps, je ne peux pas être d’accord avec la quantité d’évaluations négatives : personnellement, cette histoire m’a fortement marqué, et à mon avis, cette série mérite clairement de l’attention.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Griffes du Gévaudan
Les Griffes du Gévaudan

J’ai lu récemment le deuxième et dernier tome, donc voici mon avis. Cette série a été un coup de cœur pour moi, car elle traite d’une histoire que j’ai toujours trouvée fascinante et qui n’a jamais été traitée à sa juste valeur, que ce soit au cinéma ou en BD (Le Pacte des loups part, à mon avis, dans tous les sens, au point de ridiculiser une histoire réelle qui est suffisamment terrifiante sans avoir besoin de donner à la bête un aspect de monstre du Seigneur des anneaux). Le scénario est bon, l’ambiance est pesante, et on sent bien le drame qu’a été cette affaire pour les habitants de la région à l’époque. L’histoire est un mix d’événements réels et d’éléments librement ajoutés par les auteurs, notamment la résolution du mystère. Le tout dans un contexte de montée des complots et de la haine envers la royauté de France de la part de la population, quelques décennies seulement avant le révolution française. Le dessin est très bon : on retrouve bien l’ambiance de la nature du Gévaudan, ainsi que les costumes. La bête est bien montrée ; j’ai eu un frisson lors de cette scène d’attaque ultra violente où on la voit clairement pour la première fois. Pour moi c’est une série incontournable pour les gens qui s’intéressent à cette histoire réelle du grand méchant loup. En espérant qu’un jour, cette histoire aura la série thriller à l’écran qu’elle mérite. Pour moi, c’est un 4,5, mais je mets 5 car elle mérite d’être plus connue.

30/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Joe's Air Force
Joe's Air Force

Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous ! Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir. Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)... Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes. De la série B de qualité.

30/03/2026 (MAJ le 30/03/2026) (modifier)
Couverture de la série Akira
Akira

Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments). Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant. Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même. Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’à la fin de l'histoire il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses. Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner. 3,25 pour moi.

30/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 2/5
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Shangri-La de Mathieu Bablet est une lecture ambitieuse mais j'ai quelques réserves sur l'exécution. L'univers est la vraie force de l'album. Une station spatiale gigantesque, gouvernée par une corporation omnipotente, où la société de consommation a atteint son point de saturation et où des animaux génétiquement modifiées sont reléguées à un statut inférieur. Bablet construit un monde cohérent et oppressant, qui interroge avec efficacité l'esclavage moderne, la hiérarchie entre les vivants et notre rapport à la consommation. Sur le plan des idées, la BD est stimulante. Visuellement, le travail est impressionnant. Les décors de la station, son architecture, ses panoramas écrasants contribuent fortement à l'immersion et témoignent d'une vraie maîtrise de la mise en scène spatiale. Les limites sont ailleurs. Les visages des personnages manquent de singularité, ce qui génère parfois de la confusion dans le suivi de l'action. Quant à l'écriture, malgré une narration qui ne s'appesantit pas, certains passages sonnent lourd et freinent le rythme, au point que la lecture m'a demandé plusieurs reprises pour aller au bout. Shangri-La s'adresse avant tout aux amateurs de science-fiction, qui seront sensibles à sa vision du futur et à la densité de ses thèmes. Les autres y trouveront un univers fort, mais une expérience de lecture qui ne tient pas toujours ses promesses.

30/03/2026 (modifier)
Couverture de la série La Confrérie des Tempêtes
La Confrérie des Tempêtes

Avis sur le 1er tome : J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates. Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison. Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »). Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).

30/03/2026 (modifier)