Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre.
Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur.
Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire.
Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail.
Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée.
Note réelle 3,5/5.
Se tenir la main...
Bliss édition nous gratifie d'un roman graphique qui se démarque dans sa collection Bad Idea. Ici, nous sommes dans le monde réel, tristement réel, hélas.
Nous sommes en 1985, la jeune Jen End vit dans une petite bourgade de Californie, elle fait partie d'une bande de skinheads dont son frère est le chef. Son père, soldat pendant la seconde guerre mondiale, est alcoolique et sa mère est régulièrement battue par ce dernier. On est loin de la famille idyllique. Elle est amoureuse d'Angelo, un jeune portoricain, il vit à Oceanside. Elle va le rejoindre cet été pour s'occuper de son grand-père malade. Leur relation amoureuse va prendre l'eau lorsque Angelo va découvrir la face cachée de Jen. Le pire est à venir lorsque le frère de Jen va découvrir l'existence de son petit copain, il organise un rassemblement de skinheads à Oceanside pour laver cet affront et déclencher une guerre civile. D'anciens soldats vont reprendre les armes pour faire régner l'ordre.
Un récit sombre avec le racisme, l'éducation et les séquelles post-traumatiques de la guerre comme files conducteurs. Un narration bien équilibrée entre le présent et les flash-back de la seconde guerre mondiale, elle prend aussi le temps d'éclairer nos lanternes sur la psychologie des nombreux personnages. Rien de manichéen. Une tragédie bien construite et bien réalisée, elle est le miroir d'une société qui crée des monstres. Et aussi une triste histoire d'amour.
Graphiquement, David Lapham va à l'essentiel, pas d'esbroufes, avec son coup de crayon précis et expressif. Un rendu vintage qui est bien mis valeur par les couleurs de Bill Crabtree. La couverture est un superbe condensé du récit.
L'album se termine par de petits récits en noir et blanc. Ils permettent d'en apprendre un peu plus sur les différents personnages.
Lecture conseillée.
Se tenir la main...
Immersion totale ! Une des meilleures bande dessinée historique, voire BD que j'ai lu. Immersion totale ! Le dessin est parfait, l'histoire aussi. On s'immerge peu à peu dans le chaos, la violence, pour s'en détacher. En passant, un rappel des causes, de la religion et des mythes. On s'attache même aux pires personnages sans adhérer à leurs fautes, on le fait plus encore des victimes, pas réduites à ce qu'elles subissent, comme trop souvent. Mériterait d'innombrables relectures, mais problème, le lecteur veut-il se les infliger ? Le temps long, les causes lointaines, la culture locale, avec des références aux étoiles qui ouvrent les images sur le cosmos, donnent un arrière fond lointain, les blagues, la cabaretière et la bière de banane un peu de chaleur humaine, malgré tout.
Il y a des millions de gens qui s’habituent à l’abjection quand ils y trouvent leur intérêt.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, ne nécessitant pas de connaissance préalable sur le sujet. Son édition originale date de 2018. Il a été réalisé par Jean van Hamme pour le scénario, et par Christophe Simon pour les dessins, avec une mise en couleurs réalisée par Alexandre Carpentier. Il comprend soixante-et-une pages de bande dessinée. Il s’ouvre avec une préface de Colette Braeckman (journaliste au quotidien Le Soir, spécialisée dans l’actualité africaine), de cinq pages, agrémentée de photographies, intitulée : Congo le dessin est aussi, un cri, pour déchirer l’empire du silence. Elle évoque la figure emblématique du docteur Denis Mukwege, les interventions du docteur Guy-Bernard Cadière à l’hôpital de Panzi, les atrocités commises au Congo à l’époque du roi Léopold II, la nature du coltan et son importance vitale dans les nouvelles technologies, l’exploitation des ressources du bassin du Congo depuis sa découverte par Henry Morton Stanley (1841-1904), l’assassinat de Patrice Lumumba (1925-1961) et la mise en place de Mobutu Sese Seko (1930-1997), et l’augmentation de l’exploitation des ressources sous le gouvernement de Joseph Kabila Kabange (1971-).
Dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, deux heures après le lever du soleil, le colonel Ernest Malumba explique aux membres de son commando ce qu’il attend d’eux, adultes comme pré-adolescents : un atroce massacre sans pitié. Non loin de là, Jérémie Kizongo et sa sœur Violette, douze ans, entendent les hurlements qui en résultent. Le garçon comprend que ce sont les Interahamwe qui attaquent le village. Ils s’en approchent tout en se cachant dans la végétation : ils peuvent voir les cahutes en flammes. Malheureusement, ils sont capturés par deux très jeunes soldats. L’un d’eux s’apprête à violer la jeune fille. Ils sont interrompus par le colonel lui-même qui explique qu’il ne faut pas l’abîmer car il pourra la vendre au Libanais pour cinq cents dollars. Les deux soldats s’en vont en courant, et Malumba s’apprête à violer lui-même Violette. Ainsi occupé, il ne s’aperçoit pas que Jérémie a ramassé une machette, qu’il enfonce dans le dos de l’agresseur, le tuant. Les deux enfants s’enfuient.
Deux jours plus tard, dans une capitale occidentale, au siège de la multinationale Metalurco, le président directeur général reçoit le jeune ingénieur François Daans dans son bureau. Le PDG entame l’entretien en rappelant le nom de son employé, qu’il est belge, célibataire, âgé de vingt-huit ans, quadrilingue et sorti ingénieur des Mines de l’ULB avec grande distinction. Il continue : Daans travaille pour l’entreprise depuis trois ans, au département marketing pour le Benelux. D’après ses supérieurs, il y a fait de l’excellent travail, mais il paraît qu’il s’y ennuie un peu. Le président explique que c’est la raison pour laquelle il l’a fait venir, car il a une mission à lui confier. Mais avant, il souhaite que l’ingénieur lui dise ce qu’il sait du coltan.
Le lecteur peut être tiraillé entre plusieurs a priori à la découverte de cette bande dessinée : le plaisir de retrouver l’écriture du scénariste avec ses spécificités, plutôt rôdées dans des récits avec une dimension d’aventure plus ou moins prépondérante, et le sujet à la fois économique, politique et très dur quant au massacre des populations. Concernant cette deuxième caractéristique, elle est mise en scène dès la première page avec les abominables consignes du colonel évoquant femmes et gamines, violées et mutilées devant leur famille, hommes à partir de douze ans, faits prisonniers, mains coupées pour ceux qui résistent, bébés et vieillards brûlés dans leur cahute, morts ou vifs. Le lecteur en ressort violemment éprouvé, ne s’attendant pas à un tel degré de brutalité sadique, même si ces exactions horrifiques ne sont pas montrées. Par la suite, plusieurs personnages détaillent d’autres atrocités insoutenables qui sont le lot de la population : les modalités concrètes par lesquelles les différentes factions font régner la terreur, soit pour chasser les paysans des terres qui recèlent des ressources minières, soit pour faire exploiter les mines par des enfants, la corruption quasi généralisée, y compris au sein de la police et du gouvernement, le manque d’hôpital et d’établissement de soin, ainsi que de moyens humains et matériels, etc. Daans bénéficie d’une explication détaillée des mutilations faites aux femmes, la destruction sur leur colon, leur vagin et leur anus. Et il assiste à une opération de reconstruction par chirurgie laparoscopique, à nouveau sans image graphique.
Dans un premier temps, le lecteur se dit que ses a priori étaient fondés. Le scénariste crée un personnage principal intelligent, immédiatement révulsé par ce qu’il découvre, il est vrai que tout le monde le serait. Cet ingénieur devient un héros en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire : il démissionne et il décide de retrouver le jeune garçon disparu, après avoir pris en charge sa sœur… dans un pays qu’il ne connaît pas, avec la compréhension vague mais bien concrète qu’il met ainsi sa vie en danger. Fort heureusement, il peut bénéficier de l’aide d’un capitaine retraité Adam Songye, juste parce qu’il a une bonne tête. Encore mieux, cet ancien militaire a un fils qui manie les armes et qui n’a pas peur de s’en servir, que son père présente comme étant le plus grand guerrier du sud-Kivu. Il n’hésite d’ailleurs pas à faire usage d’une grenade pour faire exploser une jeep en déplacement. Il est également possible de mentionner la femme de ménage de l’hôtel au grand cœur, ou encore les méchants chefs militaires et rebelles tous avides de chair fraîche, c’est-à-dire de jeunes femmes, voire de jeunes filles, pour satisfaire leurs appétits sexuels à chaque instant. Et bien sûr le PDG, commanditaire de ces opérations, sait parfaitement ce qui se passe sur le terrain, le cautionne, l’encourage pour plus de profits, et ne cherche qu’à impliquer ce jeune cadre, de sorte à le rendre tout aussi coupable. C’est bon : le quota de clichés est rempli.
D’un autre côté, le dessinateur a fait ses classes dans le studio de Jacques Martin (1921-2010) pour qui il a illustré trois albums d’Alix (et un autre après le décès de son créateur), le tome deux de L’odyssée d’Alix, deux albums de la série Orion, deux albums de la série Lefranc. Le lecteur découvre des dessins dans une veine naturaliste, descriptive et réaliste, avec un très haut niveau de détails. L’artiste donne à voir de manière très documentée chaque lieu et chaque élément. Le lecteur peut ainsi prendre le temps de regarder les feuilles des arbres pour en déterminer leur essence, observer les cahutes des villages, ressentir le contraste entre la luxuriance de la forêt et la stérilité du bureau du PDG de Metalurco, voir les rues en terre de Bukavu, la différence de qualité des immeubles entre les beaux quartiers et le quartiers populaires, admirer la baie du lac Kivu, jauger du niveau de luxe de l’ameublement d’une des résidences du vice-gouverneur du sud-Kivu, visiter l’hôpital de Panzi, avoir un bref aperçu d’une mine, arriver dans un village qui est la proie des flammes. La mise en couleurs s’avère d’une grande qualité, nourrissant les formes détourées, sans jamais écraser les traits de contour, renforçant la sensation réaliste.
Tout du long du récit, y compris dans les quelques moments d’action, l’artiste reste dans un registre naturaliste, sans exagération dramatique, ou accentuation des mouvements pour un effet spectaculaire. Grâce à la narration visuelle, le récit s’apparente par moments à un reportage, avec des personnages qui expliquent en détail la situation politique ou économique. Le lecteur peut ainsi se fier à ce qui est montré en termes de tenues vestimentaires en particulier militaires ou paramilitaires, de véhicules, et bien sûr d’armes. Il apprécie particulièrement la sensibilité avec laquelle le dessinateur représente les moments de violence et de comportements abjects. Il n’y a aucune complaisance, ni aucun voyeurisme malsain dans ces pages : dans le même temps, les dessins indiquent clairement ce qui se passe, que ce soit une tentative de viol, une jeune fille renversée par une voiture, une tentative d’intimidation à coup de matraque, un corps tuméfié après avoir subi le troisième degré, etc. Le lecteur n’est pas pris en otage par les images, tout en ne pouvant pas ignorer les brutalités, et pire encore.
Le lecteur se retrouve ainsi dans cette région du monde, des environnements concrets et réalistes, à côtoyer des individus tout aussi plausibles et humains. Conscient de la nature de l’ouvrage, il accueille bien volontiers les phases d’exposition pour en apprendre plus sur ce pays, sur le coltan et la cassitérite, sur le docteur Denis Mukewege et l’hôpital de Panzi, sur les massacres insoutenables, et sur les conséquences des tortures barbares. Mine de rien, le scénariste sait intégrer de nombreuses facettes de la situation, la sensation initiale de manichéisme propre au récit d’aventure disparaissant progressivement, au fur et à mesure que le lecteur assimile l’ampleur des abominations, tellement énormes qu’elles ne peuvent qu’être relatées par étape. Après tant d’horreur, la conclusion du récit aborde un autre aspect de la situation, bien nécessaire au lecteur pour reprendre pied. Le dispositif narratif de l’aventure qui semblait convenu et en léger décalage apparaît alors comme adapté et constructif, entre colonne vertébrale permettant d’intégrer l’exposition des informations de type documentaire, et dynamique émotionnelle élégante.
Sous réserve d’avoir conscience de la nature du récit, une immersion dans une région de la République Démocratique du Congo dont les richesses minières attisent les convoitises d’exploiteurs de la pire espèce, le lecteur découvre une trame très classique d’aventure, permettant d’exposer les informations afférentes. La narration visuelle présente une grande rigueur et une grande richesse, rehaussant l’approche documentaire et réaliste. Au final, le lecteur apprécie d’avoir fait ce voyage avec un adulte idéaliste et téméraire, ce qui permet de mieux supporter la réalité des abominations et des exactions.
Dessin et couleurs nulles : du sous, mais vraiment sous-Bourgeon ! Les personnages, je me forçais à lire mais en vérité, m'en moquais totalement, et ai arrêté avant la fin. J'aurais vite oublié la BD mais Belem sonne bien, et dans l'ambiance BD après avoir avisé Daemon… je me suis dit, et si je sabordais ce truc, ni fait ni à faire ? Encore une belle couverture n'ouvrant que sur du vide. Je vais noter au prix de l'encre, pas de l'ancre !
Je trouve l'idée géniale : ne guérir d'une malédiction que si on reçoit de la gratitude. Cela oblige certes à bien agir. Mais cela se heurte à un petit problème que j'attends pour la suite : l'ingratitude humaine.
Si les auteurs se débrouillent, on va bien rigoler. Pour l'instant, c'est aux dépens du héros novice : il fait ce qui semble être le bien, mais mal renseigné, ne fait qu'un faux bien, et reçoit donc une seule marque de gratitude. Et de qui, et pour quoi ! Cela m'a plu… La beauté du dessin, des gags distribués discrètement ailleurs font oublier l'aspect ironique, et en même temps tragique de chercher la gratitude des gens ! Chacun autour de soi et dans l'Histoire peut voir des exemples énormes d'ingratitude. Enfin, plus c'est gros, plus ça passe.
Notons que la tragédie n'est pas loin : rien n'interdit que le héros sauve des gens et ne reçoive qu'ingratitude. Le scénariste osera-t-il ? Déjà, j'ai trouvé fort que des artistes, qui relèvent d'Apollon, le rendent pire qu'Arès ! Autre signe de créativité inattendue, le héros a un handicap : des acouphènes, contribuant à ce qu'il supporte un poète bavard.
C'est inhabituel, et parler discrètement de handicap peut faire plus pour les personnes qu'une BD dédiée à leurs problèmes. Combien ne vont pas éviter des thématiques dramatiques ! Même si les femmes sont nombreuses, le public peut éviter des œuvres sur les avanies subies par les femmes, des hommes heureux d'échapper à leur sort et des femmes voulant éviter de se rappeler constamment que comme disait ma grand-mère, elles avaient tiré le mauvais numéro. Mais une héroïne, disons Yoko Tsuno, ou une femme n'acceptant pas le sort qui lui est fait dans le sanctuaire d'Apollon dans notre Daemon ? Ce n'est pas pareil, on part avec elles à l'aventure. Parce qu'on aime s'identifier à la découverte, et à la force plutôt qu'à la réclusion et à la faiblesse.
Souvent, on préfère se rêver héros exceptionnel que de s'identifier à un groupe, déjà pour le côté héros romantique… Ensuite, parce que les groupes, on ne les choisit pas toujours, et qu'ils menacent toujours de donner lieu à quelque hiérarchie oppressive ou au à des phénomènes de bouc émissaire. Dans cette aventure, on est dans la Grèce antique et rêvée, dépaysante, mais en même temps, des thématiques contemporaines s'insèrent harmonieusement.
J'attends la suite,,, Si possible, cap sur l'ingratitude humaine ! Dans de belles couleurs, on en découvrira toute la noirceur.
Un autre manga qui adapte un light novel qui met en vedette la villainess d'un jeu vidéo pour filles. Je l'ai lu parce que j'aime bien voir ce que différents auteurs font avec cette idée.
Ici, l'originalité est qu'encore une fois une japonaise gameuse se réincarne dans la peau d'une villainess, mais cette fois-ci elle partage son corps avec cette dernière. Pendant des années, c'est la japonaise, qui a joué au jeu et aimait bien le personnage de la rivale méchante, qui est la personnalité dominante et qui fait tout pour que la villainess a une bonne vie. Tout va bien jusqu'à ce que l'héroïne du jeu débarque....et c'est aussi une joueuse du jeu réincarné ! Là en voyant cella je me disais que la série avait beaucoup de potentiel. Que va-t-il arrivé lorsque deux réincarnées se rencontrent et influences le jeu de la manière qu'elles veulent ? J'ai aussi l'impression qu'il y avait du potentiel pour une bonne comédie vu que l'héroïne fait des visages déformés rigolos dans ses premières apparitions, sauf que j'ai un peu déchanté par la suite.
En gros, l'héroïne s'arrange pour que la villainess se retrouve sans amis et bannie comme dans le jeux et là la vraie personnalité de la villainess prends le dessus sur celle de la gameuse et elle n'est pas contente qu'on est fait du mal à celle qu'elle considère comme son amie. L'histoire devient une autre histoire de vengeance comme c'est le cas de biens d'autres histoires d'isekai. Le résultat reste tout de même pas mal, le personnage principal a du charisme et ça se laisse sans problème....c'est juste qu'encore une fois j'ai eu la sensation qu'on aurait pu faire quelques choses de plus original qu'un truc qu'on a déjà vu au moins une bonne dizaine de fois.
Un manga acheté par mon fils, après quelques difficultés car le premier tome fut très vite en rupture de stock à son lancement, un succès qui s’explique en grande partie par la popularité de son initiateur, le Youtubeur Inoxtag. Il faut dire qu'il est devenu une véritable star après son documentaire sur son ascension de l’Everest.
A présent il s’est lancé un nouveau défi : donner vie à son propre manga. Pour mener à bien ce projet ambitieux, il s’est entouré d’un coscénariste, Charles Complain, et d’un dessinateur, Basile Monnot, profitant, il faut bien l'avouer, de sa grande notoriété.
Je dois dire que j'étais un peu sceptique en ouvrant le premier tome.. Je ne fais clairement pas partie de la cible principale, ce manga s’adressant avant tout aux adolescents amateurs de shônen comme One Piece ou FullMetal Alchemist. Même si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle recèle quelques idées intéressantes que je me garderai bien de spoiler ici. Les personnages, notamment le héros et son rival, ont un charisme indéniable. Considéré comme un hommage aux shônen qui ont marqué Inoxtag et son équipe, le résultat est plutôt convaincant.
Le premier tome, centré sur la présentation des protagonistes et l’univers souterrain d’Agartha, est rythmé et prometteur. En revanche, j’ai trouvé le deuxième tome plus lent, surtout en début d’ouvrage, avec moins d’action. Heureusement, la fin relance l’intrigue et donne envie de découvrir la suite des aventures de Haki.
Côté dessin, le style est résolument ancré dans la tradition manga. Basile Monnot, qui a quitté son ancien emploi pour se consacrer à ce projet, signe un premier travail surprenant et convaincant : un trait dynamique, des cadrages soignés et des personnages au design agréable.
Les ouvrages en tant que tels sont également de beaux objets, agréables à lire, avec un format un peu plus grand que les mangas habituels, et une sur-pochette très colorée avec un vernis différencié plutôt joli. En conséquence, le prix est malheureusement un peu plus élevé que la moyenne (plus de 10€ le tome)...
Bilan : un bon 3,5/5 pour une série qui ne révolutionne pas le genre, mais qui saura séduire son public. Et surtout, il faut saluer ce manga franco-français et l'initiative d'Inoxtag ayant permis à ses deux comparses de se lancer et de réaliser leur rêve.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10
NOTE GLOBALE : 14/20
Ce serait très chouette... dommage que cela dépeigne ce que ne doit pas être une ULIS : une classe à part où les élèves passent la plupart de leur temps avec des moments "d'inclusion". L'ULIS c'est un dispositif de soutien à la scolarisation dans les classes ordinaires avec des moments d'enseignement adapté sur le dispositif.
Dommage, dommage...
Une coordonnatrice ULIS collège désappointée
Une série « mineure » dans la bibliographie de l’auteur mais pas pour autant dénuée d’intérêt.
Je la connais depuis toujours et si je m’en suis séparé dernièrement (rhaaa ce pb de place), je ne déconseille pas sa lecture.
C’est léger et fluide mais on y rigole bien au passage. Le style de Larcenet est dans la même veine que ses débuts chez fluide glacial, un dessin un peu « gros nez » qui matche bien avec le ton.
Les 2 albums offrent à chaque fois une histoire complète où nous suivrons Nic, un (gentil)jeune de banlieue pris dans le sytème, il rêve d’être la terreur du quartier mais c’est plutôt lui qui se fait racketter.
Le 1er tome le verra faire face à Edukator (pastiche de super-héros), dans le 2eme on « l’invite » à la campagne … choc des cultures en approche.
Loin d’être la plus connue ou marquante des séries de Larcenet, cependant toujours efficace.
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Ohio - La Belle Rivière
Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre. Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur. Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire. Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail. Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée. Note réelle 3,5/5.
The Ends - Un été à Oceanside
Se tenir la main... Bliss édition nous gratifie d'un roman graphique qui se démarque dans sa collection Bad Idea. Ici, nous sommes dans le monde réel, tristement réel, hélas. Nous sommes en 1985, la jeune Jen End vit dans une petite bourgade de Californie, elle fait partie d'une bande de skinheads dont son frère est le chef. Son père, soldat pendant la seconde guerre mondiale, est alcoolique et sa mère est régulièrement battue par ce dernier. On est loin de la famille idyllique. Elle est amoureuse d'Angelo, un jeune portoricain, il vit à Oceanside. Elle va le rejoindre cet été pour s'occuper de son grand-père malade. Leur relation amoureuse va prendre l'eau lorsque Angelo va découvrir la face cachée de Jen. Le pire est à venir lorsque le frère de Jen va découvrir l'existence de son petit copain, il organise un rassemblement de skinheads à Oceanside pour laver cet affront et déclencher une guerre civile. D'anciens soldats vont reprendre les armes pour faire régner l'ordre. Un récit sombre avec le racisme, l'éducation et les séquelles post-traumatiques de la guerre comme files conducteurs. Un narration bien équilibrée entre le présent et les flash-back de la seconde guerre mondiale, elle prend aussi le temps d'éclairer nos lanternes sur la psychologie des nombreux personnages. Rien de manichéen. Une tragédie bien construite et bien réalisée, elle est le miroir d'une société qui crée des monstres. Et aussi une triste histoire d'amour. Graphiquement, David Lapham va à l'essentiel, pas d'esbroufes, avec son coup de crayon précis et expressif. Un rendu vintage qui est bien mis valeur par les couleurs de Bill Crabtree. La couverture est un superbe condensé du récit. L'album se termine par de petits récits en noir et blanc. Ils permettent d'en apprendre un peu plus sur les différents personnages. Lecture conseillée. Se tenir la main...
Déogratias
Immersion totale ! Une des meilleures bande dessinée historique, voire BD que j'ai lu. Immersion totale ! Le dessin est parfait, l'histoire aussi. On s'immerge peu à peu dans le chaos, la violence, pour s'en détacher. En passant, un rappel des causes, de la religion et des mythes. On s'attache même aux pires personnages sans adhérer à leurs fautes, on le fait plus encore des victimes, pas réduites à ce qu'elles subissent, comme trop souvent. Mériterait d'innombrables relectures, mais problème, le lecteur veut-il se les infliger ? Le temps long, les causes lointaines, la culture locale, avec des références aux étoiles qui ouvrent les images sur le cosmos, donnent un arrière fond lointain, les blagues, la cabaretière et la bière de banane un peu de chaleur humaine, malgré tout.
Kivu
Il y a des millions de gens qui s’habituent à l’abjection quand ils y trouvent leur intérêt. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, ne nécessitant pas de connaissance préalable sur le sujet. Son édition originale date de 2018. Il a été réalisé par Jean van Hamme pour le scénario, et par Christophe Simon pour les dessins, avec une mise en couleurs réalisée par Alexandre Carpentier. Il comprend soixante-et-une pages de bande dessinée. Il s’ouvre avec une préface de Colette Braeckman (journaliste au quotidien Le Soir, spécialisée dans l’actualité africaine), de cinq pages, agrémentée de photographies, intitulée : Congo le dessin est aussi, un cri, pour déchirer l’empire du silence. Elle évoque la figure emblématique du docteur Denis Mukwege, les interventions du docteur Guy-Bernard Cadière à l’hôpital de Panzi, les atrocités commises au Congo à l’époque du roi Léopold II, la nature du coltan et son importance vitale dans les nouvelles technologies, l’exploitation des ressources du bassin du Congo depuis sa découverte par Henry Morton Stanley (1841-1904), l’assassinat de Patrice Lumumba (1925-1961) et la mise en place de Mobutu Sese Seko (1930-1997), et l’augmentation de l’exploitation des ressources sous le gouvernement de Joseph Kabila Kabange (1971-). Dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, deux heures après le lever du soleil, le colonel Ernest Malumba explique aux membres de son commando ce qu’il attend d’eux, adultes comme pré-adolescents : un atroce massacre sans pitié. Non loin de là, Jérémie Kizongo et sa sœur Violette, douze ans, entendent les hurlements qui en résultent. Le garçon comprend que ce sont les Interahamwe qui attaquent le village. Ils s’en approchent tout en se cachant dans la végétation : ils peuvent voir les cahutes en flammes. Malheureusement, ils sont capturés par deux très jeunes soldats. L’un d’eux s’apprête à violer la jeune fille. Ils sont interrompus par le colonel lui-même qui explique qu’il ne faut pas l’abîmer car il pourra la vendre au Libanais pour cinq cents dollars. Les deux soldats s’en vont en courant, et Malumba s’apprête à violer lui-même Violette. Ainsi occupé, il ne s’aperçoit pas que Jérémie a ramassé une machette, qu’il enfonce dans le dos de l’agresseur, le tuant. Les deux enfants s’enfuient. Deux jours plus tard, dans une capitale occidentale, au siège de la multinationale Metalurco, le président directeur général reçoit le jeune ingénieur François Daans dans son bureau. Le PDG entame l’entretien en rappelant le nom de son employé, qu’il est belge, célibataire, âgé de vingt-huit ans, quadrilingue et sorti ingénieur des Mines de l’ULB avec grande distinction. Il continue : Daans travaille pour l’entreprise depuis trois ans, au département marketing pour le Benelux. D’après ses supérieurs, il y a fait de l’excellent travail, mais il paraît qu’il s’y ennuie un peu. Le président explique que c’est la raison pour laquelle il l’a fait venir, car il a une mission à lui confier. Mais avant, il souhaite que l’ingénieur lui dise ce qu’il sait du coltan. Le lecteur peut être tiraillé entre plusieurs a priori à la découverte de cette bande dessinée : le plaisir de retrouver l’écriture du scénariste avec ses spécificités, plutôt rôdées dans des récits avec une dimension d’aventure plus ou moins prépondérante, et le sujet à la fois économique, politique et très dur quant au massacre des populations. Concernant cette deuxième caractéristique, elle est mise en scène dès la première page avec les abominables consignes du colonel évoquant femmes et gamines, violées et mutilées devant leur famille, hommes à partir de douze ans, faits prisonniers, mains coupées pour ceux qui résistent, bébés et vieillards brûlés dans leur cahute, morts ou vifs. Le lecteur en ressort violemment éprouvé, ne s’attendant pas à un tel degré de brutalité sadique, même si ces exactions horrifiques ne sont pas montrées. Par la suite, plusieurs personnages détaillent d’autres atrocités insoutenables qui sont le lot de la population : les modalités concrètes par lesquelles les différentes factions font régner la terreur, soit pour chasser les paysans des terres qui recèlent des ressources minières, soit pour faire exploiter les mines par des enfants, la corruption quasi généralisée, y compris au sein de la police et du gouvernement, le manque d’hôpital et d’établissement de soin, ainsi que de moyens humains et matériels, etc. Daans bénéficie d’une explication détaillée des mutilations faites aux femmes, la destruction sur leur colon, leur vagin et leur anus. Et il assiste à une opération de reconstruction par chirurgie laparoscopique, à nouveau sans image graphique. Dans un premier temps, le lecteur se dit que ses a priori étaient fondés. Le scénariste crée un personnage principal intelligent, immédiatement révulsé par ce qu’il découvre, il est vrai que tout le monde le serait. Cet ingénieur devient un héros en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire : il démissionne et il décide de retrouver le jeune garçon disparu, après avoir pris en charge sa sœur… dans un pays qu’il ne connaît pas, avec la compréhension vague mais bien concrète qu’il met ainsi sa vie en danger. Fort heureusement, il peut bénéficier de l’aide d’un capitaine retraité Adam Songye, juste parce qu’il a une bonne tête. Encore mieux, cet ancien militaire a un fils qui manie les armes et qui n’a pas peur de s’en servir, que son père présente comme étant le plus grand guerrier du sud-Kivu. Il n’hésite d’ailleurs pas à faire usage d’une grenade pour faire exploser une jeep en déplacement. Il est également possible de mentionner la femme de ménage de l’hôtel au grand cœur, ou encore les méchants chefs militaires et rebelles tous avides de chair fraîche, c’est-à-dire de jeunes femmes, voire de jeunes filles, pour satisfaire leurs appétits sexuels à chaque instant. Et bien sûr le PDG, commanditaire de ces opérations, sait parfaitement ce qui se passe sur le terrain, le cautionne, l’encourage pour plus de profits, et ne cherche qu’à impliquer ce jeune cadre, de sorte à le rendre tout aussi coupable. C’est bon : le quota de clichés est rempli. D’un autre côté, le dessinateur a fait ses classes dans le studio de Jacques Martin (1921-2010) pour qui il a illustré trois albums d’Alix (et un autre après le décès de son créateur), le tome deux de L’odyssée d’Alix, deux albums de la série Orion, deux albums de la série Lefranc. Le lecteur découvre des dessins dans une veine naturaliste, descriptive et réaliste, avec un très haut niveau de détails. L’artiste donne à voir de manière très documentée chaque lieu et chaque élément. Le lecteur peut ainsi prendre le temps de regarder les feuilles des arbres pour en déterminer leur essence, observer les cahutes des villages, ressentir le contraste entre la luxuriance de la forêt et la stérilité du bureau du PDG de Metalurco, voir les rues en terre de Bukavu, la différence de qualité des immeubles entre les beaux quartiers et le quartiers populaires, admirer la baie du lac Kivu, jauger du niveau de luxe de l’ameublement d’une des résidences du vice-gouverneur du sud-Kivu, visiter l’hôpital de Panzi, avoir un bref aperçu d’une mine, arriver dans un village qui est la proie des flammes. La mise en couleurs s’avère d’une grande qualité, nourrissant les formes détourées, sans jamais écraser les traits de contour, renforçant la sensation réaliste. Tout du long du récit, y compris dans les quelques moments d’action, l’artiste reste dans un registre naturaliste, sans exagération dramatique, ou accentuation des mouvements pour un effet spectaculaire. Grâce à la narration visuelle, le récit s’apparente par moments à un reportage, avec des personnages qui expliquent en détail la situation politique ou économique. Le lecteur peut ainsi se fier à ce qui est montré en termes de tenues vestimentaires en particulier militaires ou paramilitaires, de véhicules, et bien sûr d’armes. Il apprécie particulièrement la sensibilité avec laquelle le dessinateur représente les moments de violence et de comportements abjects. Il n’y a aucune complaisance, ni aucun voyeurisme malsain dans ces pages : dans le même temps, les dessins indiquent clairement ce qui se passe, que ce soit une tentative de viol, une jeune fille renversée par une voiture, une tentative d’intimidation à coup de matraque, un corps tuméfié après avoir subi le troisième degré, etc. Le lecteur n’est pas pris en otage par les images, tout en ne pouvant pas ignorer les brutalités, et pire encore. Le lecteur se retrouve ainsi dans cette région du monde, des environnements concrets et réalistes, à côtoyer des individus tout aussi plausibles et humains. Conscient de la nature de l’ouvrage, il accueille bien volontiers les phases d’exposition pour en apprendre plus sur ce pays, sur le coltan et la cassitérite, sur le docteur Denis Mukewege et l’hôpital de Panzi, sur les massacres insoutenables, et sur les conséquences des tortures barbares. Mine de rien, le scénariste sait intégrer de nombreuses facettes de la situation, la sensation initiale de manichéisme propre au récit d’aventure disparaissant progressivement, au fur et à mesure que le lecteur assimile l’ampleur des abominations, tellement énormes qu’elles ne peuvent qu’être relatées par étape. Après tant d’horreur, la conclusion du récit aborde un autre aspect de la situation, bien nécessaire au lecteur pour reprendre pied. Le dispositif narratif de l’aventure qui semblait convenu et en léger décalage apparaît alors comme adapté et constructif, entre colonne vertébrale permettant d’intégrer l’exposition des informations de type documentaire, et dynamique émotionnelle élégante. Sous réserve d’avoir conscience de la nature du récit, une immersion dans une région de la République Démocratique du Congo dont les richesses minières attisent les convoitises d’exploiteurs de la pire espèce, le lecteur découvre une trame très classique d’aventure, permettant d’exposer les informations afférentes. La narration visuelle présente une grande rigueur et une grande richesse, rehaussant l’approche documentaire et réaliste. Au final, le lecteur apprécie d’avoir fait ce voyage avec un adulte idéaliste et téméraire, ce qui permet de mieux supporter la réalité des abominations et des exactions.
Belem
Dessin et couleurs nulles : du sous, mais vraiment sous-Bourgeon ! Les personnages, je me forçais à lire mais en vérité, m'en moquais totalement, et ai arrêté avant la fin. J'aurais vite oublié la BD mais Belem sonne bien, et dans l'ambiance BD après avoir avisé Daemon… je me suis dit, et si je sabordais ce truc, ni fait ni à faire ? Encore une belle couverture n'ouvrant que sur du vide. Je vais noter au prix de l'encre, pas de l'ancre !
Daemon
Je trouve l'idée géniale : ne guérir d'une malédiction que si on reçoit de la gratitude. Cela oblige certes à bien agir. Mais cela se heurte à un petit problème que j'attends pour la suite : l'ingratitude humaine. Si les auteurs se débrouillent, on va bien rigoler. Pour l'instant, c'est aux dépens du héros novice : il fait ce qui semble être le bien, mais mal renseigné, ne fait qu'un faux bien, et reçoit donc une seule marque de gratitude. Et de qui, et pour quoi ! Cela m'a plu… La beauté du dessin, des gags distribués discrètement ailleurs font oublier l'aspect ironique, et en même temps tragique de chercher la gratitude des gens ! Chacun autour de soi et dans l'Histoire peut voir des exemples énormes d'ingratitude. Enfin, plus c'est gros, plus ça passe. Notons que la tragédie n'est pas loin : rien n'interdit que le héros sauve des gens et ne reçoive qu'ingratitude. Le scénariste osera-t-il ? Déjà, j'ai trouvé fort que des artistes, qui relèvent d'Apollon, le rendent pire qu'Arès ! Autre signe de créativité inattendue, le héros a un handicap : des acouphènes, contribuant à ce qu'il supporte un poète bavard. C'est inhabituel, et parler discrètement de handicap peut faire plus pour les personnes qu'une BD dédiée à leurs problèmes. Combien ne vont pas éviter des thématiques dramatiques ! Même si les femmes sont nombreuses, le public peut éviter des œuvres sur les avanies subies par les femmes, des hommes heureux d'échapper à leur sort et des femmes voulant éviter de se rappeler constamment que comme disait ma grand-mère, elles avaient tiré le mauvais numéro. Mais une héroïne, disons Yoko Tsuno, ou une femme n'acceptant pas le sort qui lui est fait dans le sanctuaire d'Apollon dans notre Daemon ? Ce n'est pas pareil, on part avec elles à l'aventure. Parce qu'on aime s'identifier à la découverte, et à la force plutôt qu'à la réclusion et à la faiblesse. Souvent, on préfère se rêver héros exceptionnel que de s'identifier à un groupe, déjà pour le côté héros romantique… Ensuite, parce que les groupes, on ne les choisit pas toujours, et qu'ils menacent toujours de donner lieu à quelque hiérarchie oppressive ou au à des phénomènes de bouc émissaire. Dans cette aventure, on est dans la Grèce antique et rêvée, dépaysante, mais en même temps, des thématiques contemporaines s'insèrent harmonieusement. J'attends la suite,,, Si possible, cap sur l'ingratitude humaine ! Dans de belles couleurs, on en découvrira toute la noirceur.
The One within the Villainess
Un autre manga qui adapte un light novel qui met en vedette la villainess d'un jeu vidéo pour filles. Je l'ai lu parce que j'aime bien voir ce que différents auteurs font avec cette idée. Ici, l'originalité est qu'encore une fois une japonaise gameuse se réincarne dans la peau d'une villainess, mais cette fois-ci elle partage son corps avec cette dernière. Pendant des années, c'est la japonaise, qui a joué au jeu et aimait bien le personnage de la rivale méchante, qui est la personnalité dominante et qui fait tout pour que la villainess a une bonne vie. Tout va bien jusqu'à ce que l'héroïne du jeu débarque....et c'est aussi une joueuse du jeu réincarné ! Là en voyant cella je me disais que la série avait beaucoup de potentiel. Que va-t-il arrivé lorsque deux réincarnées se rencontrent et influences le jeu de la manière qu'elles veulent ? J'ai aussi l'impression qu'il y avait du potentiel pour une bonne comédie vu que l'héroïne fait des visages déformés rigolos dans ses premières apparitions, sauf que j'ai un peu déchanté par la suite. En gros, l'héroïne s'arrange pour que la villainess se retrouve sans amis et bannie comme dans le jeux et là la vraie personnalité de la villainess prends le dessus sur celle de la gameuse et elle n'est pas contente qu'on est fait du mal à celle qu'elle considère comme son amie. L'histoire devient une autre histoire de vengeance comme c'est le cas de biens d'autres histoires d'isekai. Le résultat reste tout de même pas mal, le personnage principal a du charisme et ça se laisse sans problème....c'est juste qu'encore une fois j'ai eu la sensation qu'on aurait pu faire quelques choses de plus original qu'un truc qu'on a déjà vu au moins une bonne dizaine de fois.
Instinct
Un manga acheté par mon fils, après quelques difficultés car le premier tome fut très vite en rupture de stock à son lancement, un succès qui s’explique en grande partie par la popularité de son initiateur, le Youtubeur Inoxtag. Il faut dire qu'il est devenu une véritable star après son documentaire sur son ascension de l’Everest. A présent il s’est lancé un nouveau défi : donner vie à son propre manga. Pour mener à bien ce projet ambitieux, il s’est entouré d’un coscénariste, Charles Complain, et d’un dessinateur, Basile Monnot, profitant, il faut bien l'avouer, de sa grande notoriété. Je dois dire que j'étais un peu sceptique en ouvrant le premier tome.. Je ne fais clairement pas partie de la cible principale, ce manga s’adressant avant tout aux adolescents amateurs de shônen comme One Piece ou FullMetal Alchemist. Même si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle recèle quelques idées intéressantes que je me garderai bien de spoiler ici. Les personnages, notamment le héros et son rival, ont un charisme indéniable. Considéré comme un hommage aux shônen qui ont marqué Inoxtag et son équipe, le résultat est plutôt convaincant. Le premier tome, centré sur la présentation des protagonistes et l’univers souterrain d’Agartha, est rythmé et prometteur. En revanche, j’ai trouvé le deuxième tome plus lent, surtout en début d’ouvrage, avec moins d’action. Heureusement, la fin relance l’intrigue et donne envie de découvrir la suite des aventures de Haki. Côté dessin, le style est résolument ancré dans la tradition manga. Basile Monnot, qui a quitté son ancien emploi pour se consacrer à ce projet, signe un premier travail surprenant et convaincant : un trait dynamique, des cadrages soignés et des personnages au design agréable. Les ouvrages en tant que tels sont également de beaux objets, agréables à lire, avec un format un peu plus grand que les mangas habituels, et une sur-pochette très colorée avec un vernis différencié plutôt joli. En conséquence, le prix est malheureusement un peu plus élevé que la moyenne (plus de 10€ le tome)... Bilan : un bon 3,5/5 pour une série qui ne révolutionne pas le genre, mais qui saura séduire son public. Et surtout, il faut saluer ce manga franco-français et l'initiative d'Inoxtag ayant permis à ses deux comparses de se lancer et de réaliser leur rêve. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 14/20
Ulis
Ce serait très chouette... dommage que cela dépeigne ce que ne doit pas être une ULIS : une classe à part où les élèves passent la plupart de leur temps avec des moments "d'inclusion". L'ULIS c'est un dispositif de soutien à la scolarisation dans les classes ordinaires avec des moments d'enseignement adapté sur le dispositif. Dommage, dommage... Une coordonnatrice ULIS collège désappointée
Nic Oumouk
Une série « mineure » dans la bibliographie de l’auteur mais pas pour autant dénuée d’intérêt. Je la connais depuis toujours et si je m’en suis séparé dernièrement (rhaaa ce pb de place), je ne déconseille pas sa lecture. C’est léger et fluide mais on y rigole bien au passage. Le style de Larcenet est dans la même veine que ses débuts chez fluide glacial, un dessin un peu « gros nez » qui matche bien avec le ton. Les 2 albums offrent à chaque fois une histoire complète où nous suivrons Nic, un (gentil)jeune de banlieue pris dans le sytème, il rêve d’être la terreur du quartier mais c’est plutôt lui qui se fait racketter. Le 1er tome le verra faire face à Edukator (pastiche de super-héros), dans le 2eme on « l’invite » à la campagne … choc des cultures en approche. Loin d’être la plus connue ou marquante des séries de Larcenet, cependant toujours efficace.