Les derniers avis (51 avis)

Par grogro
Note: 2/5
Couverture de la série Impénétrable
Impénétrable

Je ne savais pas trop de quoi causait cette BD. J'avais bien entendu parler d'Alix Garin avec Ne m'oublie pas, qui fut assez bien accueillie. J'ai donc découvert le vaginisme, sujet qui ne manque pas d'intérêt, que l'on soit un homme ou une femme d'ailleurs. Concernant les femmes, la chose parait évidente, et concernant les hommes, cela va dans le sens d'une meilleure compréhension/entente mutuelle... Bref ! J'ai entamé ma lecture avec le sentiment que j'allais être un peu moins con en sortant... Mais je suis de l'avis de Cleck : Impénétrable est une BD très autocentrée qui raconte un quotidien sans grand intérêt pour le commun, et qui ne nous en apprendra pas plus sur ce trouble. Le dessin est honnête, mais manque de détails, les personnages flottant souvent sur des fonds vides. Et puis de trop nombreuses pages me semblent n'être que du remplissage graphique. En effet, c'est une grosse BD bien lourde, mais très vite lue, ce qui vient entériner cette impression désagréable. Je suis convaincu qu'Alix Garin doit être une chouette personne et que ce qu'elle a vécu a dû être assez duraille, mais je suis désolé car sa manière d'aborder le sujet m'a laissé à la porte.

28/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La Guerre des Amazones
La Guerre des Amazones

Encore une fois, je rejoins Noirdésir dans l'envie de dire que c'est bien mais ça manque de quelque chose. Les circonstances dramatiques de la sortie de la BD y sont peut-être pour beaucoup, mais cette BD a un étrange gout de non-achevée, un manque assez flagrant de consistance. La BD explore le 9è siècle allemand, ce dont je me suis réjoui puisqu'il est assez rare de voir des BD se concentrer sur le haut-Moyen-Âge souvent délaissé au profit du bas Moyen-Âge. On se concentre donc ici sur une légende locale, à savoir une jeune femme en résistance suite à la défaite de son père contre Charlemagne et les siens, avec notamment l'avancée de la conversion au christianisme. Et si la BD a de bonnes idées, la fin est un peu brutale et semble diluer le message porté (assez intelligemment pour une fois) sur la place des femmes dans une société qui va connaitre bientôt des changements, tout en présentant un peuple que l'on connait assez mal. Ce qui est d'autant plus dommage, au final, c'est que l'histoire de cette BD semble totalement inspirée et tirée de l'histoire de Libuse (ou Libussa), la fondatrice légendaire de Prague et du peuple tchèque, histoire dont le résumé wikipédia me confirme totalement le rapport : les liens se retrouvent partout et c'est clairement une adaptation plus contemporaine de la légende. Et c'est franchement dommage, puisque la légende semble s'arrêter vite (sans doute dû au décès du dessinateur) mais la suite m'aurait intéressé et ce manque final se ressent dans la trame, curieusement trop développé sur certains aspects pour la conclusion qui en résulte. Le dessin est très bon, sauf dans les visages parfois trop durs et fermés (surtout lorsqu'on se rapproche) mais anatomiquement juste et faisant la part belle aux femmes musclées sans les sexualiser. D'ailleurs je noterais que je n'ai pas remarqué le changement de dessinateur en fin d'album. Bref, une BD sympathique dont j'aurais aimé plus. C'est un petit regret que j'ai en fermant l'album, celui d'avoir un sujet intéressant malheureusement trop vite évoqué.

28/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Grand Migrateur
Le Grand Migrateur

J'aime beaucoup ce que fait Louise Joor et cette BD était dans ma pile d'envie depuis un moment. Malheureusement, et tout comme Noir désir, je trouve que la BD manque de quelque chose. C'est sans doute une question de pagination, les 70 pages brassant énormément de sujets différents qui ne sont pas tous bien développés et manquent parfois de consistance. Plusieurs personnages principaux traversent l’œuvre, dont quelques uns qui ne seront finalement qu'esquissé. C'est regrettable, d'autant que plusieurs d'entre eux sont des bons potentiels. De même, je suis un peu déçu que le méchant -grand méchant- soit finalement si caractériel, presque monolithique, avec une vraie raison d'être si destructeur. J'aurais personnellement trouvé ça plus cruel et plus réaliste son envie de destruction motivé seulement par une envie presque sadique. Mais, en dehors de ça, je suis content que l'histoire aborde de façon détournée des problématiques écologiques pour enfant. Il est juste dommage que la résolution soit si "simple" et qu'elle finisse aussi bien. Une telle histoire aurait mérité plus de nuance, plus de détails qui ajoutent (surtout vu le public cible) une couche de complexité à l'ensemble, faisant ressortir de plus belle les absurdités de notre monde. Le dessin de Louise Joor reste parfaitement adapté, avec son trait rond parfois typé manga qui colle bien au récit, les personnages étant vite identifiables et les environnements privilégiant la nature, parfois saccagée. La colorisation est au poil, d'ailleurs. En fin de compte, je suis sorti de la lecture en repensant à Bergères Guerrières et en me disant que j'aurais aimé que cette BD prenne ainsi son temps, quitte à faire plus de tomes, pour développer et étoffer son monde, rendre les personnages plus fouillés et surtout étoffer le message qui sonne ici un peu creux. Bergères Guerrières a un scénario finalement proche, une thématique commune et un message similaire, mais réussit bien mieux son coup d'éclat, et très franchement je la recommanderais en priorité !

28/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Crushing
Crushing

Bon, encore une fois je me retrouve embêté pour un avis, non pas pour ce que cette BD est foncièrement mais pour ce qu'elle dit. Commençons par la base : c'est une sympathique BD sur deux personnes seules, dans une grande ville où ils côtoient tant de gens sans jamais parler ni échanger, où tout est foule en mouvement et manque de liens sociaux. Elle recherche quelqu'un sans savoir qui, lui a du mal à parler à des gens, se sent seul ... Et puis voila, vous vous doutez de la fin. Une petite comédie de mœurs finissant romantique avec ce petit jeu de chassé-croisé entre les deux, où l'autre apparait sans cesse en arrière-plan pour finir enfin au premier. La BD est servie par un dessin qui est vraiment pas mal et m'a rappelé le dessin de Anneli Furmark que j'ai déjà pu apprécier, avec cette façon de faire des crayonnées aux touches de couleurs spécifiques qui parsèment l'ouvrage (ici du rose/rouge), et un trait faussement naïf qui est pourtant avant tout précis dans ses visages, postures et décors. J'aime le rendu que ça apporte, la double planche qui ouvre l'album étant un bon exemple avec cette note de couleur et ce paysage évoqué en fond. Le dessin rend aussi bien compte de la foule, omniprésente, envahissante mais aussi distante et masse informe. Ces qualités évoqués, il faut cependant que je parle du fond. Et là, je suis plus embêté. Si la comédie romantique est un genre que j'adore (réellement), il m'est tout de même difficile de dire ici que ça me convient. Déjà, l'autrice explique que la BD a été en grande partie écrite pendant le covid, lors des confinements successifs. C'est une BD sur la difficulté à se croiser, créer des liens, etc ... Le parralèle avec cette crise qui empêcha les gens de se voir est assez clair, surtout dans l'interrogation de nos sociétés contemporaines surexposées à la solitude. Cela étant dit, j'ai tout de même un souci avec le message. En substance, ces deux personnes ont des problèmes dans la vie : travail, ami, loisir, tout semble dysfonctionnel chez eux. Leur vie ne semble pas leur convenir et ils en souffrent. Sauf que du fait de la comédie romantique, la seule façon dont la BD résout tout, c'est l'amour. Et ce message-là, il m'embête beaucoup. Parce que l'amour n'est pas suffisant (ni même nécessaire) pour bien vivre, que l'autre ne résoudra pas tout tes problèmes (et n'est pas là pour ça), qu'un.e compagnon-compagne n'est pas la solution à vos soucis. Et même que ça peut aggraver le tout ! En fait, je reprocherais à cette BD la naïveté dont font preuve la plupart des comédies romantiques qui s'imaginent que quand on s'aime tout est réglé. Plus de souci de travail, de loyer, d'amitié défaillante, de solitude social. C'est bon, je suis amoureux, tout va bien ! Et ce message-là, je ne l'aime pas. Il est malheureusement bien trop présent et amène des situations où les gens cherchent l'amour plutôt qu'a aller mieux, ce qui me dérange. D'autant que la BD parle surtout de la solitude contemporaine, sans jamais montrer les tenants et aboutissants du problème : pourquoi tant de gens se sentent seul ? Comment en est-on arrivé là ? Quel est le vrai problème, quelle solution est envisageable ? Par une pirouette scénaristique, on peut se dire que l'amour suffira. Mais c'est esquiver les vrais enjeux et de fait, les solutions adaptés. BD pas mauvaise donc, qui mérite son petit 3* pour le dessin et l'ambiance, mais dont je veux souligner le propos avec lequel je suis en désaccord.

28/08/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Golden Guy
Golden Guy

Une série mettant en vedette des yazukas pas trop mal. Le ton est un peu ce que l'on retrouve dans les séries B (il faut dire que le magazine qui publie la série n'a pas la réputation de publier beaucoup de chef d'œuvres) avec notamment des nombreuses scènes de violences. Cela ne me dérange pas trop même si parfois il y a un peu trop de facilités dans le scénario. Je peux bien croire que les petites mains des yazukas se massacrent entre eux, mais lorsque je vois un gros parrain censé être puissant se faire piéger et tuer facilement, ma suspension consentie de l'incrédibilité en prend un coup ! Un autre problème que j'ai rencontré durant la lecture est qu'il y a beaucoup de personnages et qu'en plus ils ont tendance à changer de camp c'est parfois un peu dur de s'y retrouver. Malgré tout, cela reste une série que j'ai trouvé sympathique. L'intrigue autour du mystérieux trésor est palpitante et j'avais bien envie de voir comment cela allait finir. Il y a des bonnes scènes et certains personnages sont un peu attachants. Il y a peut-être un peu trop de scènes d'action, mais au moins cela fait en sorte que les tomes se lisent plus vite ! Une bonne série divertissante avec un bon dessin.

28/08/2025 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Terremer
Terremer

Il y a de la magie dans ce comics. L'adaptation du roman "Les sorciers de Terremer" d'Ursula K. Le Guin. Un roman considéré comme un classique de la fantasy et de la littérature jeunesse. Et le premier volume du cycle Terremer. L'objet en lui-même est de qualité, mais j'aurais préféré un format plus grand (seulement 173 x 243 mm). La BD commence par une carte des différentes iles constituants Terremer, puis par une préface du fils de l'autrice. Ensuite place au récit, il aura pour personnage central un jeune garçon de condition modeste, il deviendra le plus grand des magiciens. Un jeune garçon aux différents noms : Dunny (celui de son enfance), Épervier (son nom de magicien) et enfin Ged (son nom véritable). Dunny va intégrer une école de magie (elle n'a rien avoir avec Poudlard) où il va apprendre et apprendre. Une école austère où on peut entendre une mouche voler. La magie y est traitée de manière intelligente, elle demande patience, humilité et travail. Un récit qui prend le temps de développer l'évolution psychologique d'Épervier, entre culpabilité (il a fait apparaître une entité malveillante) et recherche d'identité, tout en faisant du pouvoir, de la fine frontière entre le bien et le mal, les thèmes principaux de cette histoire . L'histoire est captivante, les personnages sont tous intéressants et la narration est maîtrisée, elle permet de profiter des sublimes textes d'Ursula K. Le Guin. Ne vous attendez pas à de la fantasy violente avec des scènes de combats sanglants, mais plutôt à une fantasy qui tend vers le récit philosophique. Être capable de donner le vrai nom des êtres vivants, ne serait-ce pas la clé du pouvoir ? Une quête intérieure mâture, complexe et touchante. Pour la partie graphique, j'ai été sous le charme des planches qui nous dévoilent ce monde d'eau où quelques îles émergent ci et là. Surtout celles où le texte est absent, un certain onirisme s'en dégage. La colorisation lumineuse à l'aquarelle est magnifique. Le passage avec les dragons dans la brume est superbe. Par contre, les plans serrés sur les personnages et ceux de nuit manquent de lisibilité, il n'est pas toujours évident de savoir qui est qui, le choix de couleurs sombres dans les mêmes tons n'est pas judicieux. Le seul point négatif à mes yeux. Fred Fordham a su retranscrire l'essence du roman. Je serai du voyage pour une seconde adaptation.

27/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Lucy Loyd's nightmare
Lucy Loyd's nightmare

BD étonnante, sorte de délire méta sur la BD, sur la création et l'artiste, le tout dans un enrobage pop et gore, rappelant bien sur des BD américaines comme les fameux Tales of the Crypt et les comics pulp des années 50. Ça gicle, ça éclabousse, ça saigne et ça défonce à tout va, dans la joie et la bonne humeur ! Cette BD est un objet étonnant en lui-même, puisque cette Lucy Loyd n'existe pas (et qu'il n'est pas certain de la nature exact de l'auteur), tout en proposant une BD qui se contient elle-même, proposant une réflexion sur le média en lui-même. Au-delà de chaque histoire pulp avec une chute bien amenée et parfois très amusante, et surtout surprenante, il y a une trame principale reliant le tout, avec Lucy Loyd qui contrôle la narration et fait patienter les personnages, le tout étant finalement relié d'un bout à l'autre par une narration qui fait tout rejoindre, y compris des détails parfois anodins qui ont un payement final. A ce titre, la dernière histoire du petit crocodile en plastique est jouissive sur le rebouclage de narration. L'histoire est servie par le dessin, graphique et coloré dans la veine comics, mais toujours bien faite notamment dans la mise en page (comme les doubles pages) et avec l'attention aux détails qui fait la différence. C'est graphique, très graphique, mais ça marche du tonnerre y compris dans les variations de style (banlieue américaine, appart minables, ouest enneigé, etc ...). L'objet BD est très bien travaillé, avec cette dédicace finale en forme de pied de nez ultime d'un.e narrateur-trice qui nous dit qu'au final, c'est toujours lui-elle qui a le contrôle sur l'histoire, jusqu'au bout. Une BD étonnante, il faut le dire, assez vite lu mais avec ce petit détail qui fait la différence. Recommandée !

27/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mr. Crook !
Mr. Crook !

Voila une lecture fraiche et déjantée, c'est le moins qu'on puisse dire ! Cette lecture est distrayante d'un bout à l'autre, servie par son dessin à la plasticité comique qui va jouer des cadrages, des têtes et des expressions pour rajouter ce petit effet amusant qui nous met dans la connivence de Crook, escroc de haut-vol, sorte d'Arsène Lupin gentleman qui sait se jouer de la haute société. Parce que cette bonne société sera bien représenté, avec tout ce qu'on peut imaginer de côté caricatural : gros messieurs à moustaches, femmes longilignes entremetteuses, imbécile certain de sa supériorité intellectuelle, colon arrogant ... C'est une brochette de ces messieurs très haut placés et certains de leurs bon droit, qu'on prend plaisir à voir manipulé comme des marionnettes par une trogne bonhomme et affable. Le récit est porté par ce monsieur Crook, figure amusante et bouffonne qui se rit des autres, se joue d'eux pour notre plus grand plaisir et montre tout les artifices nécessaires au lecteur pour qu'il soit en permanence dans la confidence. Cela dit, les surprises seront tout de même au rendez-vous dans le récit, et j'ai personnellement apprécié ce final qui reste sur une bonne note, avec toujours cette humeur malicieuse et guillerette. Amateur de Renard, dans le roman du même nom, des Pieds Nickelés ou d'Arsène Lupin, de tout ceux qui savent user leur cervelles et leur bonnes manières pour faire croire aux bonnes gens qu'ils sont les meilleurs, jusqu'à les détrousser entièrement, cette BD est pour vous. Le tout avec un dessin maitrisé et qui colle parfaitement à l'ambiance, jouant sur des cadrages cinématographiques tout en ayant un style déformant les personnages qui rappelle les cartoons. Le tout est plaisant à l’œil, plaisant à la lecture ... Non, vraiment, c'est du tout bon.

27/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série L'Île aux remords
L'Île aux remords

Je ne suis pas vraiment rentré dans cette BD, qui a des bonnes motivations mais un résultat que je trouve assez banal. Trop de sujets brassés sans réels résolutions, trop de bonne volonté aussi, pas assez de corps ... Cette BD est étrange, le sujet étant assez difficile à cerner. C'est une histoire de famille dans une inondation, d'un homme qui a toujours voulu voir les îles et de son fils, puis progressivement viennent les révélations des secrets de familles. Sauf que ces révélations vont s'accumuler au point que les dernières m'ont embrouillées sur la question de la filiation, tout en me faisant me demander pourquoi tout ceci n'a pas été dit de prime abord. D'autre part, le sujet des colonies et des bagnes est présent, de même que la question du racisme systémique de la France. Outre que la question est curieusement amenée, j'ai du mal à croire à ce vieux paysan impliqué dans les combats communistes mais ayant élevé cet enfant dans un racisme systémique. De fait, leurs échanges me semblaient étranges, surtout pour un vieux qui n'est jamais sorti de chez lui et lit des écrivains pas connus pour leurs idées progressistes. Le tout fini par une résolution étrangement trop facile et heureuse, notamment au vu de ce qu'il a fait. Est-ce une façon de résoudre les conflits induits dans le récit de façon "légère" ? Je ne suis pas sur, d'autant que je trouve que la fin est très complaisante envers les deux hommes, figure centrale du récit, sans jamais s'interroger sur la condition de ces femmes laissées derrière. Ce n'est pas une accusation de sexisme, mais je constate que le seul point de vue qu'on a pas dans toute la BD est celui des femmes, grande absente d'un récit qui aurait pourtant mérité un point de vue féminin, surtout au vu du sujet ... Je ne parlerais pas beaucoup du dessin, franchement bon, qui apporte un côté très lisible et clair. C'est bien emmené et il ne m'a jamais retenu une seule fois dans ma lecture. Clairement, ma note est le reflet des questions que m'a laissé le scénario, assez oubliable malheureusement, et ce que j'en ai tiré. Un détail qui m'a frappé en fermant l'album est le manque de développement de tout les sujets brassés. La question des bagnes et des colonies est évoquée à peine, ne sert que de toile de fond et n'apporte rien de bien intéressant au lecteur moyen. Pour peu qu'on ai déjà eu quelques informations à ce propos, rien de neuf n'apparait dans la lecture. Lecture décevante, donc. Je ne la conseille pas.

27/08/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Ghost Squadron
Ghost Squadron

Années 1950. Alors que Fletcher Williams pensait couler des jours tranquilles sur son île du Pacifique, son ancien officier le retrouve pour lui imposer une mission secrète au service de l'armée américaine : constituer une escadrille de pilotes, réunis autour d'avions récupérés, afin de partir à la recherche d'un milliardaire disparu. Mais la mission implique de patrouiller autour d'un atoll maudit, théâtre de nombreuses disparitions de bateaux et d'avions dans des circonstances effrayantes. Fantômes, démons ou actes de piraterie sanguinaire ? Ghost Squadron s'inscrit dans la grande tradition des récits d'aviation et d'aventure, à la manière d'un Buck Danny avec ses décors exotiques et son souffle d'épopée à l'ancienne, construit en diptyque. Comme souvent dans ce genre de récit, un mystère aux allures de fantastique ou de science-fiction plane d'abord, mais l'on devine vite qu'il ne s'agit que d'un voile masquant une vérité plus réaliste. Située peu après la Seconde Guerre mondiale, l'intrigue permet aux auteurs de convoquer d'anciens combattants mais surtout d'aligner quelques-uns des avions emblématiques du conflit : Catalina, P-51 Mustang, P-38 Lightning, Corsair ou encore Zéro raviront les amateurs de belles machines. Le cadre militaire est ici plus souple que dans Buck Danny : les héros, civils mais agissant dans le secret pour l'armée, offrent davantage de liberté de ton. Quant au recrutement de pilotes venus d'horizons divers, chacun avec son caractère et ses compétences, il alimente efficacement l'intérêt pour l'aventure. Le dessin est de belle facture, particulièrement dans la représentation des avions, mais aussi des personnages et des paysages du Pacifique. La mise en couleurs, posée avec assurance et techniquement maîtrisée, manque toutefois de subtilité : les teintes franches, souvent primaires, peinent à s'harmoniser et donnent un rendu parfois un peu abrupt. Si j'ai apprécié le divertissement, le souffle d'aventure et le dépaysement, j'ai trouvé le mystère de l'atoll maudit et de ses créatures un peu cousu de fil blanc. Les ficelles scénaristiques se voient trop pour réellement surprendre. Mais je ne trouve pas ça désagréable : je lirai volontiers la suite.

27/08/2025 (modifier)