J'ai lu les deux albums avec une certaine indifférence et cela ne me donne pas envie de lire les autres titres de cette collection.
Je dois être un gros cinéphile parce que je connaissais déjà au moins la moitié de celle-ci. Ça ne serait pas un problème si au moins les histoires étaient correctes, mais c'est très dur de faire une bd marquante en seulement 3 pages et si deux-trois sont corrects, la plupart du temps c'est pas terrible. Il y a quelques trucs un peu bizarres comme dans l'histoire sur L'Empire contre-attaque qui donne l'impression que c'est dans ce film que James Earl Jones a commencé à donner sa voix au personnage e Darth Vader alors qu'il le faisait déjà dans le film précédant ! On parle aussi de D. W. Griffith qui se rachète en partie son film raciste La Naissance de la Nation avec son film Intolérance...qui est remplit de méchants juifs et de méchants catholiques, deux groupes que le KKK déteste !
Il y a plusieurs dessinateurs dont je n'ai pas trop aimé le dessin, notamment ceux avec un style réaliste. Trop souvent, on dirait qu'ils ont juste dessiné par-dessus des photos. Au final, les textes qui accompagnent les bds sont souvent meilleurs que les bds en elle-même alors je pense que ça serait mieux de juste lire un bouquin remplit d'anecdotes sur le cinéma.
Après le naufrage de son navire, un jeune aristocrate colonialiste du XVIIIe siècle échoue sur une île peuplée de géants avec Prudence, une vieille esclave qu'il méprise ouvertement. Sur cette terre inconnue, ils vont découvrir des races de géants qui vont rapidement inverser leurs rapports de domination.
Impossible de ne pas penser aux Voyages de Gulliver tant le concept rappelle directement le classique de Swift, même si Téhem adopte ici un ton beaucoup plus cru, plus cruel et moins porté sur la satire légère. Derrière le récit d'aventure fantastique, l'album parle surtout d'esclavage, de colonialisme et de rapports de classe sans tomber dans le discours démonstratif.
Le personnage d'Emilien est bien rendu. C'est un jeune homme suffisant, persuadé que sa naissance et sa couleur de peau lui donnent naturellement le droit d'être servi et obéi. Il est parfois un peu caricatural tant il manque de bon sens, mais cela fonctionne justement parce qu'on finit réellement par le mépriser. Son évolution finale m'a semblé plutôt crédible et satisfaisante sans chercher à le transformer miraculeusement en héros irréprochable.
J'ai aussi apprécié la structure narrative en plusieurs chapitres donnant successivement le point de vue des différents protagonistes. C'est un procédé que j'aime quand il est bien utilisé, comme il l'était dans la série Berceuse assassine où la multiplication des regards enrichissait énormément le récit. Ici aussi, certains détails prennent un sens différent selon celui qui raconte les événements. En revanche, Téhem pousse parfois un peu trop loin le principe et plusieurs scènes reviennent quasiment à l'identique d'un chapitre à l'autre. À force, j'ai fini par survoler ces passages quand je voyais encore revenir les mêmes moments.
Globalement, j'ai trouvé l'album intelligent et plutôt réussi, avec un bon mélange d'aventure, de fantastique et de réflexion sur les rapports humains et la nature. L'univers de cette île étrange fonctionne bien, avec sa faune bizarre, ses géants et son ambiance de conte cruel assez hostile. Pourtant, malgré toutes ses qualités, je suis resté un peu à distance émotionnellement. Je ne me suis pas énormément attaché aux personnages ni totalement immergé dans cette atmosphère particulière.
Reste une BD solide, originale dans sa narration et assez subtile dans sa manière légèrement humoristique de parler de domination et d'émancipation sans transformer le récit en démonstration pesante. Une lecture globalement positive, même si elle ne m'a pas complètement captivé.
Je découvre cet auteur avec cet album, même si j’avais vu son nom sur quelques séries qui pourraient m’intéresser.
La première chose – c’est important pour ce type de récit – c’est que son dessin est plutôt bon, agréable à l’œil (même s’il est avare de décors travaillés – ça n’est d’ailleurs pas forcément ce qu’on regarde le plus ici), à la fois précis et sensuel pour les scènes de sexe. J’ai juste eu quelques soucis parfois pour distinguer plusieurs personnages masculins.
La deuxième chose, c’est qu’Eon cherche à installer une histoire, un récit qui tiendrait la route. Mais, une fois installée, l’intrigue n’est pas trop approfondie hélas, ça reste assez linéaire et basique – malgré la petite surprise finale.
La narratrice (via une lettre adressée à l’homme qu’elle quitte) est une jeune femme qui nous relate la relation vaguement SM, en tout cas de soumission, qu’elle subie/entretenue avec l’un des amants de sa mère. Eon place dans une case le livre « Histoire d’O », avec lequel on pourra trouver quelques points communs – même si le livre de Pauline Réage est plus ambitieux, sadien et dense.
Une intrigue un peu trop légère, facile, mais qui se laisse lire, agréablement mise en images.
Note réelle 2,5/5.
Un vieux manga qui n'aurait sans doute jamais traduit si l'auteur n'avait pas été Tezuka.
J'aime bien Osamu Tezuka, mais surtout sa carrière à partir de la fin des années 60, lorsque le manga a commencé à être mature et faire autre chose que des récits pour enfants au ton très enfantin. Il y a des séries des années 50-60 de Tezuka qui me plait un peu, mais il y aussi beaucoup de séries qui ont mal vieillis comme ce ZéroMan
Le principal intérêt de cette série est purement historique: les magazines hebdomadaires pour mangas ne sont apparus au Japon qu'à la fin des années 50. Zéroman est le premier manga de Tezuka publié dans un magazine hebdo qui raconte la même histoire du début jusqu'à la fin, contrairement à une série comme Astro Boy qui était composé d'histoires indépendantes. On retrouve les thèmes chers de l'auteur comme la dénonciation de la guerre et du racisme. En fait, un lecteur qui connait bien Tezuka ne va pas être dépaysé par ce que fait le maitre ici.
Au niveau du dessin, Tezuka est encore sous influence de Disney et cela a un style rétro que j'aime bien. Le problème vient du scénario. On est clairement dans un récit qui vise les jeunes enfants et chaque chapitre est remplit de péripéties. pour tenir le lecteur en haleine. J'imagine que ça passait mieux lorsqu'on lisait un chapitre parce lorsqu'on lit le tout en bloc cela devient vite fatiguant. Les personnages ne sont que des archétypes, c'est remplis de facilités scénaristiques et parfois d'incohérences. On sent vraiment que Tezuka improvisait son récit Il y a quelques scènes qui sortent du lot, mais la plupart du temps c'est ennuyeux.
Sinon, le manga est parfois cru avec des 'merdes' et des 'fait chier'. Est-ce qu'on pouvais écrire des gros mots dans les magazines pour garçons en 1959 ou c'est le traducteur qui fait n'importe quoi ? À vous de décidez !
J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman.
Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »).
Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête.
Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques !
Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
Même ressenti que mes prédécesseurs, Gabriele Di Caro est décidément un auteur très intéressant à suivre. Dans le registre « strictement pour adultes », il se démarque indéniablement.
Déjà sa patte graphique est très appréciable , c’est lisible, détaillée et charmant à parcourir, il est à l’aise dans toutes situations et ses personnages féminins sont un ravissement. Et bonus, les passages un rien sulfureux se révèlent bien plus sensuels que graveleux. Bref bien réalisé et bien chouette à parcourir, j’aime bien le style.
L’histoire suit le même chemin, j’apprécie le soin de l’auteur à créer un vrai récit (pour le genre j’entends), il prend le temps de poser son univers, ses personnages, l’époque, l’aspect fantastique m’a bien plu comme les scènes coquines. Ces dernières sont relativement rares mais toutes réussies, je trouve qu’il s’en dégage un côté à la fois principal et secondaire (je me comprends dans la formule) dans leur mise en place, les intentions … donnant pas mal de cachet à l’ouvrage.
Une histoire très belle et bien construite, on la suit avec curiosité et intérêt croissant. J'ai ressenti de l'empathie et de la sympathie pour les personnages. Les dessins sont excellents, surtout les paysages des Alpes valaisannes et Cosey est merveilleux dans les couleurs, les lumières et les ombres des montagnes enneigées. Evolena est également très belle ! Après tant d'années, depuis que j'ai acheté les deux albums, je les ai relus récemment et cela a confirmé que j'avais fait un très bon achat.
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
J’avais découvert cet auteur italien avec l’album La Formule, chez le même éditeur. Je le retrouve ici, avec une histoire qui ne m’a pas vraiment convaincu.
L’idée de mêler des robots à une intrigue érotique, voire pornographique n’est pas nouvelle : La Survivante, B.O. comme un dieu, Sixella, Lilith, ou plus récemment Des vices et des os, avec une réussite très inégale (Janesky et Bienvenu s’en étaient bien mieux tirés que les autres !).
Ici, ça m’a laissé sur ma faim.
Le dessin est lisible, pas désagréable, avec un trait gras et précis. Avare de détails et d’arrière-plans, il se focalise surtout sur les quelques personnages, souvent en gros plan – et bien sûr les nombreuses scènes de sexe.
Mais ces scènes, si elles sont bien représentées, sont bien trop présentes, au détriment d’une intrigue un chouia étoffée. Le rôle des « Réformeurs », les liens distendus entre Coppelius et sa créature (Coppelia donc) auraient mérité d’être développés, pour éviter l’impression de vide et l’enchainement des scènes de cul. Et la quête de Coppelia pour mieux comprendre qui elle est et d’où elle vient, aurait dû permettre de densifier davantage cette histoire.
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là.
Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte.
Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière.
Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ».
Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante.
Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.
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Histoires incroyables du cinéma
J'ai lu les deux albums avec une certaine indifférence et cela ne me donne pas envie de lire les autres titres de cette collection. Je dois être un gros cinéphile parce que je connaissais déjà au moins la moitié de celle-ci. Ça ne serait pas un problème si au moins les histoires étaient correctes, mais c'est très dur de faire une bd marquante en seulement 3 pages et si deux-trois sont corrects, la plupart du temps c'est pas terrible. Il y a quelques trucs un peu bizarres comme dans l'histoire sur L'Empire contre-attaque qui donne l'impression que c'est dans ce film que James Earl Jones a commencé à donner sa voix au personnage e Darth Vader alors qu'il le faisait déjà dans le film précédant ! On parle aussi de D. W. Griffith qui se rachète en partie son film raciste La Naissance de la Nation avec son film Intolérance...qui est remplit de méchants juifs et de méchants catholiques, deux groupes que le KKK déteste ! Il y a plusieurs dessinateurs dont je n'ai pas trop aimé le dessin, notamment ceux avec un style réaliste. Trop souvent, on dirait qu'ils ont juste dessiné par-dessus des photos. Au final, les textes qui accompagnent les bds sont souvent meilleurs que les bds en elle-même alors je pense que ça serait mieux de juste lire un bouquin remplit d'anecdotes sur le cinéma.
Les Grandes Personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse
Après le naufrage de son navire, un jeune aristocrate colonialiste du XVIIIe siècle échoue sur une île peuplée de géants avec Prudence, une vieille esclave qu'il méprise ouvertement. Sur cette terre inconnue, ils vont découvrir des races de géants qui vont rapidement inverser leurs rapports de domination. Impossible de ne pas penser aux Voyages de Gulliver tant le concept rappelle directement le classique de Swift, même si Téhem adopte ici un ton beaucoup plus cru, plus cruel et moins porté sur la satire légère. Derrière le récit d'aventure fantastique, l'album parle surtout d'esclavage, de colonialisme et de rapports de classe sans tomber dans le discours démonstratif. Le personnage d'Emilien est bien rendu. C'est un jeune homme suffisant, persuadé que sa naissance et sa couleur de peau lui donnent naturellement le droit d'être servi et obéi. Il est parfois un peu caricatural tant il manque de bon sens, mais cela fonctionne justement parce qu'on finit réellement par le mépriser. Son évolution finale m'a semblé plutôt crédible et satisfaisante sans chercher à le transformer miraculeusement en héros irréprochable. J'ai aussi apprécié la structure narrative en plusieurs chapitres donnant successivement le point de vue des différents protagonistes. C'est un procédé que j'aime quand il est bien utilisé, comme il l'était dans la série Berceuse assassine où la multiplication des regards enrichissait énormément le récit. Ici aussi, certains détails prennent un sens différent selon celui qui raconte les événements. En revanche, Téhem pousse parfois un peu trop loin le principe et plusieurs scènes reviennent quasiment à l'identique d'un chapitre à l'autre. À force, j'ai fini par survoler ces passages quand je voyais encore revenir les mêmes moments. Globalement, j'ai trouvé l'album intelligent et plutôt réussi, avec un bon mélange d'aventure, de fantastique et de réflexion sur les rapports humains et la nature. L'univers de cette île étrange fonctionne bien, avec sa faune bizarre, ses géants et son ambiance de conte cruel assez hostile. Pourtant, malgré toutes ses qualités, je suis resté un peu à distance émotionnellement. Je ne me suis pas énormément attaché aux personnages ni totalement immergé dans cette atmosphère particulière. Reste une BD solide, originale dans sa narration et assez subtile dans sa manière légèrement humoristique de parler de domination et d'émancipation sans transformer le récit en démonstration pesante. Une lecture globalement positive, même si elle ne m'a pas complètement captivé.
Jezebel
Je découvre cet auteur avec cet album, même si j’avais vu son nom sur quelques séries qui pourraient m’intéresser. La première chose – c’est important pour ce type de récit – c’est que son dessin est plutôt bon, agréable à l’œil (même s’il est avare de décors travaillés – ça n’est d’ailleurs pas forcément ce qu’on regarde le plus ici), à la fois précis et sensuel pour les scènes de sexe. J’ai juste eu quelques soucis parfois pour distinguer plusieurs personnages masculins. La deuxième chose, c’est qu’Eon cherche à installer une histoire, un récit qui tiendrait la route. Mais, une fois installée, l’intrigue n’est pas trop approfondie hélas, ça reste assez linéaire et basique – malgré la petite surprise finale. La narratrice (via une lettre adressée à l’homme qu’elle quitte) est une jeune femme qui nous relate la relation vaguement SM, en tout cas de soumission, qu’elle subie/entretenue avec l’un des amants de sa mère. Eon place dans une case le livre « Histoire d’O », avec lequel on pourra trouver quelques points communs – même si le livre de Pauline Réage est plus ambitieux, sadien et dense. Une intrigue un peu trop légère, facile, mais qui se laisse lire, agréablement mise en images. Note réelle 2,5/5.
ZéroMan
Un vieux manga qui n'aurait sans doute jamais traduit si l'auteur n'avait pas été Tezuka. J'aime bien Osamu Tezuka, mais surtout sa carrière à partir de la fin des années 60, lorsque le manga a commencé à être mature et faire autre chose que des récits pour enfants au ton très enfantin. Il y a des séries des années 50-60 de Tezuka qui me plait un peu, mais il y aussi beaucoup de séries qui ont mal vieillis comme ce ZéroMan Le principal intérêt de cette série est purement historique: les magazines hebdomadaires pour mangas ne sont apparus au Japon qu'à la fin des années 50. Zéroman est le premier manga de Tezuka publié dans un magazine hebdo qui raconte la même histoire du début jusqu'à la fin, contrairement à une série comme Astro Boy qui était composé d'histoires indépendantes. On retrouve les thèmes chers de l'auteur comme la dénonciation de la guerre et du racisme. En fait, un lecteur qui connait bien Tezuka ne va pas être dépaysé par ce que fait le maitre ici. Au niveau du dessin, Tezuka est encore sous influence de Disney et cela a un style rétro que j'aime bien. Le problème vient du scénario. On est clairement dans un récit qui vise les jeunes enfants et chaque chapitre est remplit de péripéties. pour tenir le lecteur en haleine. J'imagine que ça passait mieux lorsqu'on lisait un chapitre parce lorsqu'on lit le tout en bloc cela devient vite fatiguant. Les personnages ne sont que des archétypes, c'est remplis de facilités scénaristiques et parfois d'incohérences. On sent vraiment que Tezuka improvisait son récit Il y a quelques scènes qui sortent du lot, mais la plupart du temps c'est ennuyeux. Sinon, le manga est parfois cru avec des 'merdes' et des 'fait chier'. Est-ce qu'on pouvais écrire des gros mots dans les magazines pour garçons en 1959 ou c'est le traducteur qui fait n'importe quoi ? À vous de décidez !
Oken - Combats et rêveries d'un poète taïwanais
J’ai lu cet album un peu au hasard, et je ressors satisfait de ma lecture. Il s’agit de l’adaptation d’un roman taïwanais, et plus précisément du dernier chapitre du dit roman. Le récit est autobiographique, et se concentre surtout sur l’après-guerre à Taiwan, sur cette période de transition compliquée, vue au travers les yeux d’un enfant qui n’en saisit pas toutes les subtilités (« On me dit depuis tout petit de parler Japonais, et maintenant on me l’interdit ?! »). Yang Mu était avant tout poète, le récit est donc très poétique, et rempli de passages contemplatifs voire oniriques… pas toujours très claires d’ailleurs. Le symbolisme m’est parfois passé au dessus de la tête. Le dessin est joli, enfin surtout les paysages, parce que le style utilisé pour les personnages, et notamment les visages, est quand même spécial. Je vous laisse voir ça dans la galerie. En tout cas les couleurs aquarelles sont magnifiques ! Un album intéressant, qui a d’ailleurs gagné le prix Atomium de la Jeune Création.
Le Fruit le plus doux
Même ressenti que mes prédécesseurs, Gabriele Di Caro est décidément un auteur très intéressant à suivre. Dans le registre « strictement pour adultes », il se démarque indéniablement. Déjà sa patte graphique est très appréciable , c’est lisible, détaillée et charmant à parcourir, il est à l’aise dans toutes situations et ses personnages féminins sont un ravissement. Et bonus, les passages un rien sulfureux se révèlent bien plus sensuels que graveleux. Bref bien réalisé et bien chouette à parcourir, j’aime bien le style. L’histoire suit le même chemin, j’apprécie le soin de l’auteur à créer un vrai récit (pour le genre j’entends), il prend le temps de poser son univers, ses personnages, l’époque, l’aspect fantastique m’a bien plu comme les scènes coquines. Ces dernières sont relativement rares mais toutes réussies, je trouve qu’il s’en dégage un côté à la fois principal et secondaire (je me comprends dans la formule) dans leur mise en place, les intentions … donnant pas mal de cachet à l’ouvrage.
A la recherche de Peter Pan
Une histoire très belle et bien construite, on la suit avec curiosité et intérêt croissant. J'ai ressenti de l'empathie et de la sympathie pour les personnages. Les dessins sont excellents, surtout les paysages des Alpes valaisannes et Cosey est merveilleux dans les couleurs, les lumières et les ombres des montagnes enneigées. Evolena est également très belle ! Après tant d'années, depuis que j'ai acheté les deux albums, je les ai relus récemment et cela a confirmé que j'avais fait un très bon achat.
L'Indésirable Désiré
J'ai lu presque toutes les histoires et gags de Désiré dans le Journal Tintin. Grand maladroit et gaffeur mais toujours sympathique et enthousiaste, sa silhouette avec la contrebasse et la vieille Citroën fait partie d'une époque d'or du journal. Les dessins de Mittéï sont assez bons, dans le style humoristique. J'essaie d'acquérir l'ensemble complet des intégrales depuis longtemps, sans succès.
Coppelia
J’avais découvert cet auteur italien avec l’album La Formule, chez le même éditeur. Je le retrouve ici, avec une histoire qui ne m’a pas vraiment convaincu. L’idée de mêler des robots à une intrigue érotique, voire pornographique n’est pas nouvelle : La Survivante, B.O. comme un dieu, Sixella, Lilith, ou plus récemment Des vices et des os, avec une réussite très inégale (Janesky et Bienvenu s’en étaient bien mieux tirés que les autres !). Ici, ça m’a laissé sur ma faim. Le dessin est lisible, pas désagréable, avec un trait gras et précis. Avare de détails et d’arrière-plans, il se focalise surtout sur les quelques personnages, souvent en gros plan – et bien sûr les nombreuses scènes de sexe. Mais ces scènes, si elles sont bien représentées, sont bien trop présentes, au détriment d’une intrigue un chouia étoffée. Le rôle des « Réformeurs », les liens distendus entre Coppelius et sa créature (Coppelia donc) auraient mérité d’être développés, pour éviter l’impression de vide et l’enchainement des scènes de cul. Et la quête de Coppelia pour mieux comprendre qui elle est et d’où elle vient, aurait dû permettre de densifier davantage cette histoire.
Tizombi
J’ai lu les deux premiers albums, et je pense que ça va me suffire et que je vais m’arrêter là. Ça se laisse lire, sans plus pour moi. Mais je conçois que des lecteurs plus jeunes puissent y trouver davantage leur compte. Au départ sur les premières cases autour de Margotik, je pensais que j’allais lire quelque chose ressemblant une « famille Adams » pour jeunes lecteurs. Mais en fait Margotik, au look néogothique, n’est qu’un personnage « secondaire », seule « mortelle » tolérée par le petit groupe de jeunes zombis qui l’ont adoptée au milieu de leurs aventures de cimetière. Pour le reste, Cazenove est un vieux routier des strips gags ou histoires courtes, et il sait animer la mécanique des gags. Je lui reconnais des efforts réels pour rester dans la thématique zombi, et ne pas placer des gags interchangeables qui auraient pu se retrouver dans d’autres séries « à thème ». Mais bon, quelques sourires, une lecture pas déplaisante, mais pas non plus trop emballante. Dessin et colorisation sont très efficaces, et le rendu est très expressif.