Je ne suis pas spécialement fan de manga (j’en lis très peu), mais j’étais à la recherche d’une lecture légère pour les vacances, les avis très positifs ont retenu mon attention, et puis une offre découverte « tome 1 acheté, tome 2 offert » a fini de me convaincre… et malheureusement je ressors mitigé de ma lecture.
Je me sens tout d’abord fourbé par la classification « seinen » (manga pour adultes), alors que j’ai personnellement trouvé le ton très « shojo/shonen » (manga pour jeunes). J’ai retrouvé les tics narratifs du genre, les personnages « super deformed », les gouttes de sueur, les longueurs. Le ton bienveillant tombe souvent dans le mielleux, et après un départ en fanfares, l’histoire ralentit considérablement… déjà 15 tomes de parus, et la série continue…
C’est dommage, parce que l’univers m’a plu. J’aime particulièrement la représentation de la magie, la construction des sorts presque réaliste, et il faut avouer que le dessin est vraiment sympa… Mais voilà, après 4 tomes, je me suis désintéressé des personnages et de leurs déboires… c’est trop lent pour moi, trop long. Je lirai peut-être la suite un jour (lors de mes prochaines vacances ?) mais je ne suis pas spécialement pressé… Et d’ici là, je voulais ajouter un avis pour avertir les lecteurs adultes : si vous êtes réfractaires aux mangas, ce n’est pas cette série qui va vous convertir… allez plutôt lire Jiro Taniguchi.
Il n’était pas nécessaire de défigurer l’affaire de Salem. La réalité historique est déjà tellement bien documentée, et la fiction, avec Arthur Miller, a atteint des niveaux d’excellence. Des films, documentaires et séries télévisées ont montré ce qui s’est passé. Un groupe de filles hystériques en quête de vengeance ont convaincu toute une communauté puritaine avec des mensonges et des accusations de sorcellerie. Il y a eu de vraies victimes et c’est cela qu’il faut retenir !
Cette série essaie de tirer profit de tout ça, sans réel intérêt et avec des dessins vraiment moches !
Salem fut le dernier cas célèbre de chasse aux sorcières dans la société occidentale, en Amérique du Nord, dans ce cas précis.
Je conseille la lecture de J. Delumeau, un bon historien français, particulièrement «Histoire de la Peur en Occident».
Jérôme Moucherot, le tigre du Bengale, est le plus grand héros de tous les temps ! En plus d'être assureur, bien sûr.
Il était déjà apparu auparavant dans quelques albums d'histoires courtes, comme Les Pionniers de l'Aventure Humaine, mais heureusement, il a eu droit à sa propre série, avec des histoires plus longues et aussi des recueils d'histoires courtes. Dans Sus à L'Imprévu, par exemple, on trouve quelques pépites, comme manga-jutsu, pollution nocturne ou la grande ponte annuelle de l'automobile !
Je n'arrive pas à m'empêcher de rire continuellement en lisant et en regardant cette série.
Boucq est un dessinateur surdoué, comme on peut le constater dans d'autres séries. Les histoires qu'il imagine contiennent des trouvailles surréalistes vraiment originales. Je comprends que tous les lecteurs ne saisissent pas ou n'apprécient pas certaines subtilités.. La vie quotidienne, le travail, la famille, la coexistence avec toutes sortes de voisins, de personnages et d'animaux, y compris Léonard de Vinci, fait presque décrocher ma mâchoire tant je ris. Je dois en consommer par petites doses !
Mon préféré reste Les Dents du Recoin, mais tout est excellent et vraiment fantastique !
P.S. Boucq, tout comme Hermann, n’a jamais été capable de dessiner de belles femmes. Mais ici, ce n’est pas un problème !
Lolita est une série porno espagnole que j'ai commencé à lire dans Kiss Comix. Également dans la suite française, La Poudre aux Rêves. Cet album recueille plusieurs histoires courtes, réalisées à différentes époques, et on remarque une certaine évolution dans le dessin.
Tout est exagéré et surdimensionné : des seins aux fesses des filles jusqu'aux pénis de leurs nombreux amants. Les deux amies, Lolita et Marga, sont des nymphos insatiables et ne perdent jamais une occasion de satisfaire leurs appétits.
Certaines histoires sont amusantes, mais les acrobaties sexuelles et les perspectives semblent parfois irréalisables. Pas que je m'en plaigne !
Tiens, je n'avais jamais lu un roman de Virginie Grimaldi. Ce n'est toujours pas le cas, mais maintenant j'ai lu une adaptation d'un de ses romans.
Et si celle-ci est fidèle (ce qui est probablement le cas, vues les qualités de Vincent Henry, qui cumule ici les casquettes d'éditeur et de='adaptateur), je comprends pourquoi elle a du succès.
En effet, si à première vue ça ressemble à "une histoire pour mamans", je pense que ça s'adresse à beaucoup de profils, des parents qui ont rencontré des difficultés pour avoir des enfants à ceux qui sont anxieux de voir partir leurs enfants enfin grands en passant par celles et ceux qui donnent de leur temps bénévole pour aider, tout simplement. Soit plein de gens, au final. Ce qui m'a plu avant tout c'est la maîtrise du narratif. Je ne sais pas quelle est part de Vincent Henry dans ce rythme, mais j'avoue qu'il n'y a aucun temps mort, on est accroché quasiment de bout en bout par ces deux histoires parallèles et liées par un élément surprenant. Les personnages sonnent étonnamment juste, il y a du vécu là-dedans. Beaucoup du subtilité dans les personnages, qui peuvent être exubérants, taiseux, glaciaux... Certains peuvent fendre l'armure, mais c'est tellement bien amené que c'en est presque déchirant.
J'aime bien le dessin de Valeria Guffanti, qui rappelle un peu certains strips de la presse dite "féminine", mais elle a cette capacité essentielle à faire passer les émotions dans les visages, le langage corporel. Un bon casting pour cette adaptation, que je recommande sans hésiter.
Je ne suis pas un grand fan des Beatles dont la musique me laisse indifférent au même titre que pleins de groupes et chanteurs anglophones genre Rolling Stones et autre Who. Cela dit, je m’intéresse aux biographies d’artistes connu et donc une BD qui raconte la vie de Paul McCartney après la séparation des Beatles m’intéresse.
Je ne connaissais pas grand-chose du parcours post-Beatles de McCartney hormis qu’il avait fini par former un autre groupe de musique qui a connu du succès. J’ai donc été surpris de voir qu’avant la formation et le décollage des Wings, il avait connu une période sombre où le considérait comme un has-been. Je pensais naïvement que vu que c’était le plus gros nom du groupe avec John Lennon, il aurait facilement rebondi et ben non il y en avait que pour Lennon ! Je ne savais pas non plus pour les procès qui se sont produit après la séparation des Beatles et comment le groupe avait signé un contrat avec un producteur véreux.
J’ai bien aimé suivre le parcours de McCartney durant cette période et comment il a finalement vaincu ses problèmes un par un et retrouver la gloire. Il y a des anecdotes intéressantes (tout le passage au Nigéria notamment) et j’ai lu cet album sans problème. Le seul vrai défaut est le dessin. L’auteur a changé son style habituel et je ne sais pas trop quoi pense. On voit qu’il a fait des gros efforts pour donner le meilleur résultat possible alors je suis un peu triste de devoir critiquer, mais voilà : je n’aime pas particulièrement le dessin et je trouvais que certaines cases étaient trop dynamique, comme si on était dans un récit d’action ou dans une BD humoristique à la Gotlib.
L’adaptation d’un livre qui met en lumière les ressemblances entre l’idéologie nazi qui détestait l’État et le monde capitaliste qui déteste ce même État. La démonstration est plutôt réussite. J’avais déjà lu et bien aimé un livre de Johann Chapoutot et j’ai encore plus envie de lire le reste de sa bibliographie !
J’ai appris beaucoup de choses bien enrichissantes dans cet album, particulièrement le parcours de Reinhard Horn, un haut-fonctionnaire nazi qui s’est ensuite recyclé dans l’art du management et dont les idées basées sur une relation manager-employé basé sur la peur et la soumission ont été bien populaire et ont causé beaucoup de dommage….
Si le propos est intéressant, le dessin et particulièrement la narration manquent un peu de dynamisme même si j’aime bien l’originalité dont fait preuve Philippe Girard dans sa mise en page. J’ai vraiment eu l’impression que j’aurais trouvé le livre plus captivant que son adaptation en BD….
Depuis quelques années, Jacques Goldstyn fait des albums illustrés pour les enfants que je n’ai jamais lu, n’étant pas le public-cible et j’ai lu celui-ci qui aurait un coté bande dessinée. C’est effectivement le cas vu qu’on est dans de l’art séquentiel et qu’on pourrait facilement la transformé en BD.
L’auteur rends hommage aux soldats de la première guerre mondiale avec cette histoire émouvante de deux amis d’enfances qui finiront par s’engager dans l’armée canadienne. Le résultat est pas mal, on ne tombe pas dans le pathos inutile. Le dessin est vraiment excellent, Goldstyn étant un de mes dessinateurs québécois préférés depuis que je suis tout de petit. Cela dit, l’album se lit très vite et le scénario est un peu trop léger pour être vraiment marquant.
En grande partie autobiographique, le titre Colin-Maillard est surtout une métaphore de l'enfance et de l'éveil amoureux/sexuel. Cabanes rappelle des épisodes de sa jeunesse et des premiers désirs et découvertes face aux filles. Une promenade sur les pas de l'enfance et de la jeunesse, ponctuée de figures féminines et de ses premiers émois amoureux. Le titre fonctionne aussi comme une sorte de jeu de mémoire : chercher à retrouver, à l'aveugle, les sensations d'autrefois. C'est une image assez élégante pour le passage de l'enfance au désir: découvrir l'amour et la sexualité sans encore savoir exactement où l'on est.
Colin-Maillard est très amusant ! Les histoires et les personnages sont drôles, Max et ses camarades, le petit diable Manolo, « l’Athlète », les filles et les femmes allumeuses. Je n’arrive pas à m’empêcher de me rappeler certains épisodes similaires de ma jeunesse. Les premières émotions liées au désir, parfois à des moments et des situations très inappropriés, à la plage, au catéchisme, lors de fêtes de famille, avec les cousines.
Les dessins et les couleurs sont très beaux, très sensuels. Les effets de la lumière et de l'ombre sur la plage, dans les champs, dans les rues et dans les parcs, même la nuit, sont admirables. L'eau de mer, les reflets et les brillances sont très bien rendus, pure poésie visuelle. Mais par-dessus tout, je trouve magnifiques les tonalités de la peau sur le visage des filles.
Nous pouvons considérer Les Années Pattes d'Eph’ comme une sorte de continuation de ces histoires. Je pense que l’auteur a été souvent évalué de manière un peu injuste et, peut-être à cause de cela, s’est consacré à tant de séries hétérogènes. D’un autre côté, tant mieux, j’aime tout ce que fait Cabanes!
Un homme horriblement laid, avec le visage complètement déformé, contacte un artiste pour qu'il lui crée une poupée articulée. Il veut avoir des rapports sexuels au moins une fois dans sa vie.
Une histoire peu originale et sans grande créativité servie par des dessins dépourvus de grâce. Quelques situations un peu insolites auraient pu tout sauver. S'il y a des intentions de critique sociale ou culturelle, elles sont très mal servies par le dessin maladroit et aux limites du grotesque. D'après ce que je connais d’autres travaux de l'auteur, je pense qu'il n'aurait pas été capable de faire mieux.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Atelier des Sorciers
Je ne suis pas spécialement fan de manga (j’en lis très peu), mais j’étais à la recherche d’une lecture légère pour les vacances, les avis très positifs ont retenu mon attention, et puis une offre découverte « tome 1 acheté, tome 2 offert » a fini de me convaincre… et malheureusement je ressors mitigé de ma lecture. Je me sens tout d’abord fourbé par la classification « seinen » (manga pour adultes), alors que j’ai personnellement trouvé le ton très « shojo/shonen » (manga pour jeunes). J’ai retrouvé les tics narratifs du genre, les personnages « super deformed », les gouttes de sueur, les longueurs. Le ton bienveillant tombe souvent dans le mielleux, et après un départ en fanfares, l’histoire ralentit considérablement… déjà 15 tomes de parus, et la série continue… C’est dommage, parce que l’univers m’a plu. J’aime particulièrement la représentation de la magie, la construction des sorts presque réaliste, et il faut avouer que le dessin est vraiment sympa… Mais voilà, après 4 tomes, je me suis désintéressé des personnages et de leurs déboires… c’est trop lent pour moi, trop long. Je lirai peut-être la suite un jour (lors de mes prochaines vacances ?) mais je ne suis pas spécialement pressé… Et d’ici là, je voulais ajouter un avis pour avertir les lecteurs adultes : si vous êtes réfractaires aux mangas, ce n’est pas cette série qui va vous convertir… allez plutôt lire Jiro Taniguchi.
Les Filles de Salem
Il n’était pas nécessaire de défigurer l’affaire de Salem. La réalité historique est déjà tellement bien documentée, et la fiction, avec Arthur Miller, a atteint des niveaux d’excellence. Des films, documentaires et séries télévisées ont montré ce qui s’est passé. Un groupe de filles hystériques en quête de vengeance ont convaincu toute une communauté puritaine avec des mensonges et des accusations de sorcellerie. Il y a eu de vraies victimes et c’est cela qu’il faut retenir ! Cette série essaie de tirer profit de tout ça, sans réel intérêt et avec des dessins vraiment moches ! Salem fut le dernier cas célèbre de chasse aux sorcières dans la société occidentale, en Amérique du Nord, dans ce cas précis. Je conseille la lecture de J. Delumeau, un bon historien français, particulièrement «Histoire de la Peur en Occident».
Jérôme Moucherot
Jérôme Moucherot, le tigre du Bengale, est le plus grand héros de tous les temps ! En plus d'être assureur, bien sûr. Il était déjà apparu auparavant dans quelques albums d'histoires courtes, comme Les Pionniers de l'Aventure Humaine, mais heureusement, il a eu droit à sa propre série, avec des histoires plus longues et aussi des recueils d'histoires courtes. Dans Sus à L'Imprévu, par exemple, on trouve quelques pépites, comme manga-jutsu, pollution nocturne ou la grande ponte annuelle de l'automobile ! Je n'arrive pas à m'empêcher de rire continuellement en lisant et en regardant cette série. Boucq est un dessinateur surdoué, comme on peut le constater dans d'autres séries. Les histoires qu'il imagine contiennent des trouvailles surréalistes vraiment originales. Je comprends que tous les lecteurs ne saisissent pas ou n'apprécient pas certaines subtilités.. La vie quotidienne, le travail, la famille, la coexistence avec toutes sortes de voisins, de personnages et d'animaux, y compris Léonard de Vinci, fait presque décrocher ma mâchoire tant je ris. Je dois en consommer par petites doses ! Mon préféré reste Les Dents du Recoin, mais tout est excellent et vraiment fantastique ! P.S. Boucq, tout comme Hermann, n’a jamais été capable de dessiner de belles femmes. Mais ici, ce n’est pas un problème !
Lolita
Lolita est une série porno espagnole que j'ai commencé à lire dans Kiss Comix. Également dans la suite française, La Poudre aux Rêves. Cet album recueille plusieurs histoires courtes, réalisées à différentes époques, et on remarque une certaine évolution dans le dessin. Tout est exagéré et surdimensionné : des seins aux fesses des filles jusqu'aux pénis de leurs nombreux amants. Les deux amies, Lolita et Marga, sont des nymphos insatiables et ne perdent jamais une occasion de satisfaire leurs appétits. Certaines histoires sont amusantes, mais les acrobaties sexuelles et les perspectives semblent parfois irréalisables. Pas que je m'en plaigne !
Les Moments doux
Tiens, je n'avais jamais lu un roman de Virginie Grimaldi. Ce n'est toujours pas le cas, mais maintenant j'ai lu une adaptation d'un de ses romans. Et si celle-ci est fidèle (ce qui est probablement le cas, vues les qualités de Vincent Henry, qui cumule ici les casquettes d'éditeur et de='adaptateur), je comprends pourquoi elle a du succès. En effet, si à première vue ça ressemble à "une histoire pour mamans", je pense que ça s'adresse à beaucoup de profils, des parents qui ont rencontré des difficultés pour avoir des enfants à ceux qui sont anxieux de voir partir leurs enfants enfin grands en passant par celles et ceux qui donnent de leur temps bénévole pour aider, tout simplement. Soit plein de gens, au final. Ce qui m'a plu avant tout c'est la maîtrise du narratif. Je ne sais pas quelle est part de Vincent Henry dans ce rythme, mais j'avoue qu'il n'y a aucun temps mort, on est accroché quasiment de bout en bout par ces deux histoires parallèles et liées par un élément surprenant. Les personnages sonnent étonnamment juste, il y a du vécu là-dedans. Beaucoup du subtilité dans les personnages, qui peuvent être exubérants, taiseux, glaciaux... Certains peuvent fendre l'armure, mais c'est tellement bien amené que c'en est presque déchirant. J'aime bien le dessin de Valeria Guffanti, qui rappelle un peu certains strips de la presse dite "féminine", mais elle a cette capacité essentielle à faire passer les émotions dans les visages, le langage corporel. Un bon casting pour cette adaptation, que je recommande sans hésiter.
Paul
Je ne suis pas un grand fan des Beatles dont la musique me laisse indifférent au même titre que pleins de groupes et chanteurs anglophones genre Rolling Stones et autre Who. Cela dit, je m’intéresse aux biographies d’artistes connu et donc une BD qui raconte la vie de Paul McCartney après la séparation des Beatles m’intéresse. Je ne connaissais pas grand-chose du parcours post-Beatles de McCartney hormis qu’il avait fini par former un autre groupe de musique qui a connu du succès. J’ai donc été surpris de voir qu’avant la formation et le décollage des Wings, il avait connu une période sombre où le considérait comme un has-been. Je pensais naïvement que vu que c’était le plus gros nom du groupe avec John Lennon, il aurait facilement rebondi et ben non il y en avait que pour Lennon ! Je ne savais pas non plus pour les procès qui se sont produit après la séparation des Beatles et comment le groupe avait signé un contrat avec un producteur véreux. J’ai bien aimé suivre le parcours de McCartney durant cette période et comment il a finalement vaincu ses problèmes un par un et retrouver la gloire. Il y a des anecdotes intéressantes (tout le passage au Nigéria notamment) et j’ai lu cet album sans problème. Le seul vrai défaut est le dessin. L’auteur a changé son style habituel et je ne sais pas trop quoi pense. On voit qu’il a fait des gros efforts pour donner le meilleur résultat possible alors je suis un peu triste de devoir critiquer, mais voilà : je n’aime pas particulièrement le dessin et je trouvais que certaines cases étaient trop dynamique, comme si on était dans un récit d’action ou dans une BD humoristique à la Gotlib.
Libres d'obéir
L’adaptation d’un livre qui met en lumière les ressemblances entre l’idéologie nazi qui détestait l’État et le monde capitaliste qui déteste ce même État. La démonstration est plutôt réussite. J’avais déjà lu et bien aimé un livre de Johann Chapoutot et j’ai encore plus envie de lire le reste de sa bibliographie ! J’ai appris beaucoup de choses bien enrichissantes dans cet album, particulièrement le parcours de Reinhard Horn, un haut-fonctionnaire nazi qui s’est ensuite recyclé dans l’art du management et dont les idées basées sur une relation manager-employé basé sur la peur et la soumission ont été bien populaire et ont causé beaucoup de dommage…. Si le propos est intéressant, le dessin et particulièrement la narration manquent un peu de dynamisme même si j’aime bien l’originalité dont fait preuve Philippe Girard dans sa mise en page. J’ai vraiment eu l’impression que j’aurais trouvé le livre plus captivant que son adaptation en BD….
Jules et Jim - Frères d'armes
Depuis quelques années, Jacques Goldstyn fait des albums illustrés pour les enfants que je n’ai jamais lu, n’étant pas le public-cible et j’ai lu celui-ci qui aurait un coté bande dessinée. C’est effectivement le cas vu qu’on est dans de l’art séquentiel et qu’on pourrait facilement la transformé en BD. L’auteur rends hommage aux soldats de la première guerre mondiale avec cette histoire émouvante de deux amis d’enfances qui finiront par s’engager dans l’armée canadienne. Le résultat est pas mal, on ne tombe pas dans le pathos inutile. Le dessin est vraiment excellent, Goldstyn étant un de mes dessinateurs québécois préférés depuis que je suis tout de petit. Cela dit, l’album se lit très vite et le scénario est un peu trop léger pour être vraiment marquant.
Colin-Maillard
En grande partie autobiographique, le titre Colin-Maillard est surtout une métaphore de l'enfance et de l'éveil amoureux/sexuel. Cabanes rappelle des épisodes de sa jeunesse et des premiers désirs et découvertes face aux filles. Une promenade sur les pas de l'enfance et de la jeunesse, ponctuée de figures féminines et de ses premiers émois amoureux. Le titre fonctionne aussi comme une sorte de jeu de mémoire : chercher à retrouver, à l'aveugle, les sensations d'autrefois. C'est une image assez élégante pour le passage de l'enfance au désir: découvrir l'amour et la sexualité sans encore savoir exactement où l'on est. Colin-Maillard est très amusant ! Les histoires et les personnages sont drôles, Max et ses camarades, le petit diable Manolo, « l’Athlète », les filles et les femmes allumeuses. Je n’arrive pas à m’empêcher de me rappeler certains épisodes similaires de ma jeunesse. Les premières émotions liées au désir, parfois à des moments et des situations très inappropriés, à la plage, au catéchisme, lors de fêtes de famille, avec les cousines. Les dessins et les couleurs sont très beaux, très sensuels. Les effets de la lumière et de l'ombre sur la plage, dans les champs, dans les rues et dans les parcs, même la nuit, sont admirables. L'eau de mer, les reflets et les brillances sont très bien rendus, pure poésie visuelle. Mais par-dessus tout, je trouve magnifiques les tonalités de la peau sur le visage des filles. Nous pouvons considérer Les Années Pattes d'Eph’ comme une sorte de continuation de ces histoires. Je pense que l’auteur a été souvent évalué de manière un peu injuste et, peut-être à cause de cela, s’est consacré à tant de séries hétérogènes. D’un autre côté, tant mieux, j’aime tout ce que fait Cabanes!
La Poupée - "L'Amour monstre"
Un homme horriblement laid, avec le visage complètement déformé, contacte un artiste pour qu'il lui crée une poupée articulée. Il veut avoir des rapports sexuels au moins une fois dans sa vie. Une histoire peu originale et sans grande créativité servie par des dessins dépourvus de grâce. Quelques situations un peu insolites auraient pu tout sauver. S'il y a des intentions de critique sociale ou culturelle, elles sont très mal servies par le dessin maladroit et aux limites du grotesque. D'après ce que je connais d’autres travaux de l'auteur, je pense qu'il n'aurait pas été capable de faire mieux.