Les derniers avis (62 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Le Livre de la Jungle
Le Livre de la Jungle

Cette BD a fonctionné pendant de nombreuses années comme souvenir d'un des premiers films que je suis allé voir au cinéma. Évidemment, le film (1967) est bien supérieur. Les dessins sont assez fidèles, mais même dans les éditions les plus récentes du livre, les couleurs restent plates et criardes, et l'absence de décors détaillés se fait trop ressentir. La musique manque également, la marche des éléphants, la chanson de Baloo, il faut les entendre intérieurement... Des adaptations plus récentes du célèbre classique de R. Kipling sont disponibles aujourd'hui, mais je continue à aimer cette version. Je pense que les figures des animaux et surtout de Mowgli restent attractifs pour les jeunes. Elles continuent d'être inspirantes pour les petits scouts louveteaux !

28/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Nos Coeurs de chats
Nos Coeurs de chats

Un jeune employé de bureau surnommé le Prince parce qu'il est beau, brillant et très serviable découvre par hasard qu'une collègue froide et asociale change complètement de visage lorsqu'elle s'occupe de chats errants dans un parc après le travail. En partageant ce secret, les deux vont peu à peu se rapprocher et apprendre à se montrer tels qu'ils sont réellement. Au départ, j'avais peur de tomber une fois de plus sur un nouveau "manga sur les chats" où les auteurs passent leur temps à montrer des chats supposément troooop mignons, troooop adorables dans chacune de leurs actions, un registre qui me lasse très vite. Ici, ce n'est pas vraiment ça. Les chats restent importants, mais davantage comme lien entre les personnages et comme reflet de leurs comportements. Le manga rappelle assez justement que les chats sont avant tout des animaux instinctifs, méfiants, parfois affectueux mais jamais totalement domestiqués mentalement. Il y a un petit aspect documentaire discret sur les chats errants, leur comportement et les soins à leur apporter, sans que cela devienne pesant ou démonstratif. Le cœur du récit reste bien une romance. Une romance assez classique dans sa structure, presque hollywoodienne, mais avec des personnages suffisamment attachants pour qu'on se laisse prendre avec plaisir. D'un côté, on a ce fameux "Prince", le collègue parfait admiré par toute l'entreprise, toujours prêt à rendre service au point d'en être épuisé intérieurement. De l'autre, cette jeune femme renfermée, incapable de gérer correctement les relations sociales et qui repousse instinctivement ceux qui tentent de l'approcher. Le contraste fonctionne bien parce qu'aucun des deux n'est réellement heureux dans le rôle qu'il joue au quotidien. Leur rapprochement devient alors autant sentimental qu'humain : lui découvre enfin un endroit où il peut arrêter de jouer le garçon parfait, tandis qu'elle commence lentement à laisser quelqu'un entrer dans son espace personnel. La dynamique rappelle l'idée du "chat échaudé craint l'eau froide" appliquée à une personne : elle reste constamment sur ses gardes, mais prend progressivement plaisir à partager sa passion avec quelqu'un qui ne cherche pas à la forcer à devenir plus sociable qu'elle ne l'est réellement. La narration est un peu brouillonne au tout début. Les premières pages donnent presque l'impression d'un shojo qui peine à poser clairement son contexte et ses personnages. Mais assez rapidement, le récit devient plus fluide et linéaire, ce qui permet de mieux s'attacher aux protagonistes et à leur relation. L'ensemble reste assez doux, calme et sans énorme surprise, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Et la série a l'intelligence de se terminer en seulement trois tomes, lui permettant d'éviter de se diluer ou de tourner en rond jusqu'à devenir lassante.

28/05/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Wax paradoxe
Wax paradoxe

Je suis tombé sur cette BD dont le sujet m'a immédiatement interpelé : le wax ! Le fameux tissu "africain" dont on fait les chemises et les boubous. Or, je suis grand amateur de Wax ! Si cette BD est sortie opportunément pendant une exposition parisienne précisément consacrée au Wax (c'est même une commande), elle ne passe pas à côté de son sujet. La jeune autrice Justine Sow, métis de père guinéen, et dont il s'agit de la première BD, livre même une bonne histoire qui ne fait pas l'impasse sur l'émotion. En effet, elle livre quelques souvenirs familiaux poignants, et surtout comment elle niait sa propre situation. Comment aussi elle a subit le racisme invisible, y compris de la part de sa très proche famille. Tout cela est bien fait. L'intro pose parfaitement le cadre, et le rendu documentaire est distillé en parallèle de l'histoire familiale. Le dessin remplit parfaitement sa fonction, et on apprend des choses étonnantes sur le fameux tissu que les femmes africaines ont parfaitement investi, pour ne pas dire subverti. On regrettera simplement une fin abrupte, ainsi que la fugacité des scènes de famille, certes concentrées autour d'anecdotes et de dialogues bien choisis. L'ensemble manque d'un poil de percussion, d'où un côté un peu froid peut-être. Perso, j'aurais aimé quelque chose de plus investi d'autant qu'il y avait largement matière à le faire. Un petit bémol proportionnel au plaisir que j'ai eu à lire Wax Paradoxe. Malgré tout, c'est une excellente lecture, on-ne-peut-plus recommandable, dont le titre est parfaitement choisi puisque tout tourne autour de l'idée de paradoxe. Il ne s'agit pas d'une BD reportage : c'est bien plus intime que ça. C'est un détissage (clin d'oeil clin d'oeil) d'une histoire familiale dont les fils (métaphore filée) s'entremêlent (stop !) avec ceux de la vie du fameux tissu. Une petite merveille scénaristique de ce point de vue (et je mets un coup de cœur après relecture)

31/03/2026 (MAJ le 28/05/2026) (modifier)
Par Simili
Note: 3/5
Couverture de la série Le Baron perché
Le Baron perché

Adaptation d'un roman d'Italo Calvino, "Le Baron perché nous conte l'histoire de Côme, qui à la suite d'une brouille avec son père décida de ne plus mettre pied à terre, quitte à vivre de très loin les joies et les drames de sa vie. L'histoire, que je ne connaissais pas, n'est pas dépourvue d'intérêt même si on a du mal à comprendre l'entêtement du baron à rester perché. On pourra toutefois saluer sa volonté à rester fidèle à sa promesse et ce jusqu'à la fin. Le petit garçon que j'étais envie la jolie cabane dans les arbres du jeune Côme. Une fois dis ça, on est spectateur des différents évènements sans arriver à les vivre pleinement et c'est peut être le plus gros reproche que l'on peut faire à cette ouvrage J'ai trouvé le graphisme très honorable (en tout cas je n'y suis pas allergique) mais assez figé. La colorisation est pour sa part assez bien faite. Au final "Le Baron perché" permet à l'occasion de passer un bon moment mais ne restera pas forcément en mémoire. Note réelle : 2,5/5

28/05/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Le Syndrome des sorciers
Le Syndrome des sorciers

Cette critique est la conséquence d'un achat compulsif sur un site d'occasion. Parce qu'il est toujours plaisant de découvrir des bandes totalement méconnues. Parce que, outre la superbe dédicace à l'intérieur, la couverture m'a rappellé la meilleure époque de Ric Hochet. Deuxième page : on a droit à une femme démoniaque à poil dans son bain. Bon, je pense que le lectorat visé n'est pas le même. En fait, on est sur du fantastique de gare avec un soupçon d'érotisme. Les dialogues utilisent le language courant, rien à voir avec le style ampoulé vu dans Les Esclaves de la torpeur du même scénariste. Le dessin de Laverdure, qui sent bon les années 80, n'est vraiment pas vilain. On a de belles couleurs, la mise en page est dynamique. Le charme rétro opére à plein régime. Dommage que la fin soit un peu bâclée, sinon j'aurai donné les trois étoiles sans honte. La série a été abandonnée après la parution du premier tome. Le deuxième épisode devait s'appeler "le gène de Caïn". Un exemple de bande dessinée bis. A collectionner pour les amateurs, à fuir pour les autres.

28/05/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Santiag
Santiag

Un polar fantastique comme Dufaux savait les produire durant son premier âge d'or, que je situe grosso modo entre 1985 et le milieu des années 90. L'histoire tisse des liens avec une autre de ses œuvres, Les Enfants de la Salamandre. C'est un peu tiré par les cheveux mais on ne peut pas nier que ça donne plus d'ampleur à cette fiction. Dans les autres points de comparaison, on peut citer la qualité générale de l'intrigue qui est moins confuse. Elle se suit aisément sans que l'on ait besoin de revenir en arrière parce qu'on a loupé un détail. Le trait de Renaud a passé un palier, surtout les décors. On retrouve cette centralité des visages mais avec un gaufrier mieux maitrisé, des échelles de plans qui gagnent en efficacité. Son dessin reste très statique, même quand Dufaux intègre des phases d'action. Il est donc préférable d'apprécier son style pour rentrer dans l'histoire. L'intégrale récemment publiée contient un épilogue inédit, mais celui ci n'apporte pas grand chose de plus. Encore une réussite pour un des derniers mohicans de la bande dessinée.

28/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Valhalla Bunker
Valhalla Bunker

Avant de se lancer dans la présente série, il est plus que conseillé de déjà connaître la 1ere trilogie : Valhalla hôtel. Le lecteur se sera déjà fait une idée du ton assumé (un rien décalé et parfois un peu lourdingue), si vous n’avez pas un tantinet adhéré, inutile de poursuivre l’aventure, d’autant que l’on retrouve ici la même formule ainsi que les mêmes personnages mais « 10 ans après ». J’avoue que ce n’est pas une suite que j’attendais spécialement, mais l’occasion s’étant présentée je n’ai pas boudé mon plaisir. J’ai d’abord pesté sur le premier tome que j’ai trouvé un peu bavard et moins groovy qu’espérais, ne voyant pas de grande pertinence à ce 2eme cycle. Le 2eme tome se lâche un peu plus niveau action et moments WTF, j’y ai davantage adhéré, retrouvant mon plaisir de lecture dans les délires de l’auteur. Finalement toujours dans la même veine que le 1er cycle niveau folie. Pas un indispensable mais une œuvre bien troussée pour les amateurs de série B.

27/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Seule l'ombre
Seule l'ombre

Ce recueil enchaîne une dizaine de très courts récits d'horreur, dans le genre histoires à faire peur que les ados se racontent autour d'un feu de camp, avec auto-stoppeuses inquiétantes, métros hantés, monstres dans les bois, maisons isolées et autres apparitions démoniaques surgissant dans l'obscurité. Visuellement, l'album fonctionne plutôt bien. Le dessin de Paskal Millet est solide, très chargé en noirs, avec une bonne maîtrise des ambiances nocturnes, des contrastes et des visages inquiétants. Certaines planches ont même un vrai impact graphique pour accentuer le malaise ou la surprise effrayante. On sent clairement l'influence des comics horrifiques américains et l'ensemble possède une vraie cohérence esthétique. Mais tout cela manque énormément de subtilité dans sa mise en scène. Outre trop d'histoires plus ou moins déjà entendues ici et là, les scénarios jouent sur des effets extrêmement appuyés, comme un film d'horreur qui miserait trop sur ses screamers, des gros monstres noirs surgissant dans le champ ou des grimaces démoniaques. Beaucoup d'histoires reposent sur les réactions idiotes des personnages, du genre qui fait soupirer devant certains mauvais films d'horreur quand les protagonistes descendent seuls dans la cave inquiétante sans aucune lumière. Les récits sont tellement courts qu'ils ressemblent parfois davantage à des résumés d'épisodes qu'à de véritables histoires. En quelques pages, quelqu'un croise une créature inquiétante, panique immédiatement, abandonne toute défense, pousse un cri et hop, fondu au noir. Cela devient presque comique par moments, comme si certains personnages mouraient simplement parce qu'un monstre leur a crié "bouh !". Les antagonistes affichent souvent d'énormes sourires carnassiers ultra démonstratifs censés suffire à terroriser leurs victimes, et le récit considère ensuite comme acquis que celles-ci vont se laisser mourir de peur sans opposer la moindre résistance. Du coup, même si l'ambiance fonctionne parfois, on reste très loin de la subtilité psychologique ou du malaise progressif qu'on peut trouver chez Hitchcock ou dans certains récits de Lovecraft. Ici, tout est frontal, immédiat, démonstratif et trop souvent extrêmement prévisible. On devine quasiment toujours où chaque histoire va aboutir dès les premières pages, et les chutes tombent rarement autrement que comme des facilités. La seule histoire qui m'a un peu marqué est celle du chalet avec le rieur aux fenêtres, justement parce que l'apparition possède pour une fois un petit côté réellement dérangeant et que l'atmosphère y fonctionne un peu mieux. Mais même là, la conclusion arrive trop vite et simplifie tout de manière assez frustrante. Les amateurs de petites histoires horrifiques à l'ancienne pourront probablement y trouver leur compte grâce à l'ambiance graphique réussie. Mais pour ma part, cela m'a surtout donné l'impression d'une succession de déjà-vus ou d'idées trop faciles et sans finesse.

27/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste
L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste

Marc-Antoine Mathieu ne m’a que rarement réellement déçu, et m’a souvent captivé, voire enthousiasmé avec ses séries qui, pour la plupart, c’est le moins que l’on puisse dire, ne manquent pas d’ambition. Je me suis à plusieurs reprises fait la réflexion que lorsqu’il contacte Delcourt pour un nouveau projet, son éditeur doit marquer un temps d’arrêt, voire calmer une brusque palpitation, tant celui-ci est soumis à quelques lourdes contraintes. Et ici il y a en a, puisque Mathieu nous propose une sorte de livre lilliputien, sans doute l’un des plus petits du monde, qui n’est réellement lisible qu’avec la loupe fournie dans l’album/étui permettant à l’acheteur de ranger cet album au milieu des albums « normaux » de sa bibliothèque. Amateur de paradoxes, Mathieu publie donc un livre minuscule traitant de l’infini. Le résultat ? Eh bien un ressenti très légèrement mitigé me concernant, mais globalement très positif. En fait mon principal – et quasi unique – grief vient justement de la taille du livre lui-même. Car, une fois passée la stupeur de la prise en mains (en doigts devrais-je dire), la lecture est quand même quelque peu mal aisée. Une main occupée par la loupe – il faut trouver à chaque page le bon angle et la bonne distance pour déchiffrer les dialogues ! – ne reste plus que les doigts de l’autre pour tenir le livre, l’orienter vers la loupe, et tourner les pages – en posant la loupe à chaque fois. L’ergonomie est mise à rude épreuve, et c’est cette difficulté qui a sans doute un peu freiné mon plaisir de lecture. Si le format est bien minuscule, Mathieu n’en a pas pour autant abandonné toute ambition, si ce n’est scénaristique, tout au moins narrative. C’est ainsi qu’il nous livre une sorte d’essai dialogué, le lecteur suivant deux personnages, dans leurs déambulations – au milieu des idées et des livres – et dans leur confrontation verbale, ininterrompue, avec comme centre d’intérêt l’infini. Les deux types discutent, se renvoient arguments et effets de mots – comme on le dit de manches – et Mathieu multiplient les jeux de mots, qui s’enchaînent de façon très fluide, en nourrissant parfaitement une réflexion pas si superficielle que ça. J’ai trouvé qu’il y avait du Masse dans cet album. En particulier les deux bonhommes m’ont à plusieurs reprises fait penser à l’album Les Deux du balcon. Ainsi, par-delà la prouesse éditoriale – et aussi la réelle difficulté de lecture – on a là un album ambitieux, qui satisfait plus que la curiosité des lecteurs, leur intellect ! Et si les deux philosophes jouent sur les mots, leurs échangent sont aussi ponctués d’humour – ce qui tend à alléger le propos. Une nouvelle fois, je ne peux que m’incliner devant cet auteur, qui se renouvelle régulièrement, qui ne sacrifie jamais l’ambition narrative à ses propositions osées sur le médium BD. Je vous recommande chaudement de jeter plus qu’un œil sur cette loupe !

27/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Deviation
Deviation

C’est le troisième volet du triptyque des mêmes auteurs, chaque album pouvant se lire séparément (je n’avais lu que le deuxième volet pour le moment). Si la lecture est sympathique et finalement très agréable, j’ai quand même eu plus de mal que pour le précédent opus à entrer dans l’histoire. En effet, la première moitié est monocentrée sur l’héroïne, Mary, qu’on devine peu à peu fuyant un mari toxique, violent. Mais ce dernier n’apparait que via les messages agressifs qu’il laisse sur le téléphone de Mary, et on ne sait pas trop où Mary et l’intrigue vont nous mener. Peu à peu les choses se mettent en place, et, comme Mary dans la seconde moitié du récit, on reprend pied. La narration prend son temps (on pourrait presque reprocher à l’intrigue sa « légèreté », son manque de densité), pour un récit feel good ma foi sympathique (Mary a quand eu de la chance de tomber sur la famille de Lucy !). Le dessin est lui aussi agréable, fluide, avec une colorisation elle aussi réussi. Bref, avec cet album, les deux auteurs ont développé encore leur univers (ça n’est que dans les dernières pages que Mary fait le lien avec Jane, que j’avais pu croiser dans Lady Jane). Des albums sans prétention, mais loin d’être sans intérêt.

27/05/2026 (modifier)