Les derniers avis (25 avis)

Couverture de la série La Terre verte
La Terre verte

On est clairement face à une BD de bonne qualité. Le scénario porte l’ensemble : dense, construit, ambitieux. On sent la volonté d’écrire une véritable tragédie historique, presque théâtrale, avec ses orgueils, ses fautes, ses mécaniques implacables. L’épopée est là, la critique de l’homme et du fonctionnement collectif aussi. Pourtant, malgré la solidité de l’ensemble, j’ai eu du mal à entrer pleinement dedans et surtout à saisir clairement ce que le récit cherche à viser au-delà du tableau qu’il dresse. On est davantage dans un huis clos tendu que dans une aventure au sens classique. Le climat malsain est particulièrement réussi, presque étouffant, mais il accentue encore la dureté d’un récit déjà sombre sans forcément lui apporter une vraie valeur ajoutée émotionnelle. Les personnages sont bien écrits, cohérents, travaillés, mais ils peinent à provoquer une véritable adhésion. On sent la maîtrise des codes de la tragédie shakespearienne, et elle est probablement respectée avec rigueur, mais l’ensemble ne m’a pas renversé. Graphiquement, le travail d’Herve Tanquerelle est solide, au service de cette ambiance lourde et glaciale. Le dessin soutient parfaitement le climat et la tension. C’est une œuvre exigeante, dense, qui plaira sans doute davantage à ceux qui recherchent une fresque tragique introspective qu’une aventure portée par le souffle narratif.

03/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Starlight (Cardona)
Starlight (Cardona)

Cyrius, présenté comme le dernier Terrien de l'univers, survit tant bien que mal sur une planète isolée jusqu'au jour où il provoque le crash d'un vaisseau et s'enfuit avec la jolie Chantilly, une extraterrestre naufragée traquée par des pirates de l'espace. Avec cette série, Philippe Cardona renoue avec la SF d'aventure à destination des adolescents, clairement pensée pour un public nourri aux shonen. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai dans le manga à la française, puisqu'il s'est fait connaître il y a longtemps déjà avec Sentaï School, entre autres. Personnages chibi aux grosses têtes expressives, dynamisme constant, cadrages nerveux, onomatopées et vocabulaire visuel typique du manga : ça bouge, ça explose, ça surjoue. Faut que ça pète, c'est pour les jeunes ! Ce n'est pas un style que j'affectionne particulièrement au départ, même si je peux y trouver mon compte lorsque le rythme narratif suit. En revanche, je suis plus réservé sur le choix du grand format cartonné chez Dupuis. Ce trait très rond, très appuyé, pensé pour un petit format type manga, paraît trop massif une fois agrandi comme ici. L'absence de détails saute davantage aux yeux, comme si l'on regardait un écran de trop près : on a envie de reculer pour que l'ensemble respire davantage. Du côté de l'intrigue, si le point de départ demeure très classique, quelques mystères autour des origines du héros et des véritables intentions de la jeune alien entretiennent suffisamment le suspense pour donner envie de poursuivre la série. L'univers regorge de bonnes idées : civilisation rocheuse, bestiaire intrigant, et cette cascade dotée d'une forme de volonté propre que j'ai trouvée particulièrement réussie. Côté personnage, Cyrius peut se révéler un peu pénible : hyperactif, gaffeur, toujours dans l'excès. Mais il cache aussi une vraie intelligence et une sensibilité appréciable. J'ai aimé le voir trouver des solutions astucieuses, parfois inattendues, face aux dangers. Le scénario ne révolutionne rien, mais le rythme est efficace et l'énergie communicative. Ce n'est pas une relecture majeure du genre, plutôt une série d'aventure SF bien calibrée pour son public, mais suffisamment dynamique et mystérieuse pour que, malgré mes réserves sur le style, je me laisse volontiers embarquer pour la suite.

03/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Guide des Castors Juniors
Le Guide des Castors Juniors

Des recueils s d'histoires courtes qui mettent en vedette la troupe des castors juniors. En fait, c'est ce qu'on a comme impression en regardant la couverture et le résumé, mais j'ai été surpris de voir comment dans au moins la moitié des histoires les castors jouent en faite un rôle mineur. Souvent l'histoire mets en vedette Donald qui fini dans le pétrin et ses neveux arrivent en deus ex machina sauver la situation avec leur connaissance de castors juniors et il y en même une où les neveux apparaissent juste dans les premières pages, le temps d'aller à leur camps et le reste de l'histoire c'est Donald qui se souhait ne plus être maladroit et il se retrouve dans un monde où sa version non-maladroite est méchante (et les neveux de ce monde apparaissent...sur une page !). C'est tout de même frustrant de s'imaginer lire des aventures de Riri, Fifi et Loulou et au final on voit surtout Donald et Picsou. Un autre aspect que je n'ai pas aimé est qu'on a peut d'informations sur les histoires publiées en dehors des noms des auteurs dans le sommaire. Aucun renseignement sur les pays de publications ((au vu des noms des auteurs je dirais que la majorité des histoires proviennent de l'Italie avec un peu d'histoires américaines et scandinaves) ou leur date de publication. Quant aux histoires elles sont de qualités variables avec les défauts récurrents que l'on retrouve dans les BD Disney comme l'exagération et le fait que le Picsou italien est vraiment un gros connard. Pour apprécier, il faut accepter que tout soit possible et normal. Il y aussi le fait que pour un adulte certains récits sont clichés avec un dénouement facile à deviner. La plupart des histoires sont tout de même d'un niveau correct et j'ai lu bien pire dans les revues Disney que je lisais lorsque j'étais jeune. Plusieurs histoire qui sont clairement plus récentes ont un coté satire social qui m'a surprit et que j'ai bien aimé. À noter qu'entre deux histoires il y a des textes rédactionnels du type comment faire un jeu de piste ou une cabane dans la foret (il y a encore des jeunes qui vont dehors apparemment !).

03/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Moonlight Express
Moonlight Express

Mouais. J'ai clairement été moins convaincu par cet album que mes prédécesseurs. Le travail de Clérisse est comme d'habitude original. Une colorisation tranchée, parfois flashy. Un trait stylisé et rétro, tendant parfois à l'abstraction. Pas forcément le style qui m'attire a priori, mais ça passe très bien, et surtout ça colle bien à la période "Guerre froide " durant laquelle se développe l'intrigue. Mais c'est justement cette intrigue qui m'a laissé sur ma faim. Histoire et personnages manquent de profondeur, de densité. La narration est lente, et je me suis ennuyé à plusieurs reprises. Et du coup le dessin, au lieu d'apporter de la fraîcheur, ne fait que renforcer une certaine mollesse. Note réelle 2,5/5.

03/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Davodeau fait un document sur le métier de sa femme qui accompagne les personnages atteints de la maladie d'Alzheimer ainsi que leurs proches. Ayant eu une tante qui a été atteinte de cette maladie, ce sujet me touche beaucoup et j'ai vu qu'effectivement c'est une maladie qui affecte tous les membres de la famille parce que c'est dur de voir quelqu'un qu'on aime perdre petit à petit la mémoire. L'auteur traite le sujet avec pudeur et je trouve qu'il s'est bien amélioré depuis ses premiers documentaires. Il faut dire que Françoise Roy est une personne fascinant qui ne se décourage pas et qui essai toujours d'aider les gens le plus possible. Elle a des réflexions sur comment traités les gens victimes de l'Alzheimer qui semblent évidents, mais que je n'aurais sans doute jamais pensé moi-même. Il y a des anecdotes intéressantes tout le long de l'album. En plus, on fait un détour dans ma province du Québec pour présenter une maison bien particulière que je ne connaissais pas du tout ! C'est un album remplit d'émotions qui ne ne tombe jamais dans le sentimentalisme facile. Davodeau ne fait que croquer la vie en général tout simplement.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Blatta
Blatta

Je ne m’attendais pas à une œuvre aussi radicale. Blatta n’est pas une simple BD de science-fiction : c’est une dystopie sociale froide, clinique, presque expérimentale. Le point de départ est vertigineux : l’humanité a vaincu la mort grâce au clonage. Les corps sont remplaçables, la reproduction naturelle est interdite, et chaque individu vit isolé dans une cellule. Leur unique mission : travailler. Produire. Contribuer à un système qui se perpétue indéfiniment. Ce qui m’a frappé, c’est que l’immortalité, fantasme absolu de l’humanité, devient ici une malédiction. Sans fin, sans transmission naturelle, sans relations véritables, la vie perd son sens. Le travail n’est plus un moyen d’émancipation : il devient une mécanique d’aliénation totale. J’y ai clairement vu une métaphore du monde ultra-productiviste actuel, poussée à son extrême logique. La BD parle donc du monde du travail, oui, mais de manière symbolique. Elle questionne : • la perte d’identité dans un système, • l’isolement social, • la valeur de l’individu réduite à sa fonction productive, • et le prix de la survie quand elle écrase toute humanité. La morale que j’en retire est sombre mais puissante : si l’on sacrifie la liberté, les relations humaines et la finitude au nom de l’efficacité et de la performance, on finit par construire une prison plus que sauver l’humanité. Graphiquement, j’ai trouvé le dessin oppressant, presque organique. L’univers est froid, répétitif, étouffant, exactement à l’image du système qu’il dénonce. On ne lit pas Blatta pour se divertir : on le lit pour être dérangé. Ce n’est pas une œuvre confortable. Elle est exigeante, parfois glaciale, mais terriblement cohérente. Personnellement, j’aime quand une BD me laisse un malaise persistant après lecture et Blatta y parvient sans forcer. Une dystopie intelligente et dérangeante, qui utilise la science-fiction pour livrer une critique radicale de l’aliénation moderne.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Salammbô
Salammbô

Salammbô est l’une des premières bandes dessinées que j’ai abandonnées en cours de route. Pourtant, d’habitude, même quand je m’ennuie, je me force à aller jusqu’au bout, en me disant que la suite pourrait me surprendre. Pour être clair : je n’ai pas découvert cette BD dans ma jeunesse, donc l’argument de la nostalgie ne fonctionne pas sur moi. Et je n'ai pas lu le roman de Gustave Flaubert à l'origine de cette adaptation. Comme certains aviseurs avant moi, j’ai trouvé la lecture particulièrement laborieuse. D’abord à cause d’un texte très dense et d’une police de caractères peu lisible, mais surtout en raison d’une narration lourde et maladroite. À certains moments, avec la voix off omniprésente qui raconte l’histoire, j’ai eu l’impression de lire un roman illustré plutôt qu’une véritable bande dessinée. Du point de vue du scénario, dès le début, j’ai eu du mal à saisir pourquoi Sloane tombe éperdument amoureux de Salammbô, et les événements s’enchaînent ensuite sans que je n'aie réussi à vraiment comprendre la logique de leur déroulement. Peut-être fallait-il que je me plonge dans l’œuvre originale de Flaubert pour en saisir toute la portée ? Côté dessin, je reconnais le caractère novateur du trait de Druillet pour l’époque (1980), qui tranche avec les productions habituelles. Cependant, la colorisation a vieilli et les décors, bien que très détaillés, sont parfois difficiles à déchiffrer. Certains portraits de soldats, sans lien apparent avec l’intrigue, donnent l’impression que l’auteur s’est surtout fait plaisir en dessinant, sans que cela ne serve vraiment la narration. En résumé : une BD qui, clairement, n’était pas faite pour moi. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 1/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5/10 NOTE GLOBALE : 6/20

02/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Suicide commando
Suicide commando

Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux. Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête. Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse. Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources. Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser. Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble. Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.

02/03/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Des Ronds de serviette pour l'Antarctique
Des Ronds de serviette pour l'Antarctique

Voici donc le premier album de Daphné, alias Padhen, jeune diplômée de l'Ecole Boulle, qui réalise son rêve, partir en Antarctique, tout en achevant son travail de fin d'études, les fameux ronds de serviette du titre. Oui, c'est incongru, mais cela prend tout son sens quand on lit l'album et qu'on lit le récit de Padhen. Et franchement, j'ai passé un bon moment de lecture, à la fois intéressant et divertissant. Padhen fait une belle entrée avec ce style numérique sans contours, ces doubles pages d'une grande puissance, les moments suspendus sur la banquise avec les manchots (et une surprise assez fun), les pastilles avec les différents intervenants scientifiques sur la base de Dumont d'Urville, sans oublier les deux traversées de l'océan austral sur le bateau l'Astrolabe. On a pas mal d'infos, notamment sur les effets du réchauffement climatique sur ce sixième continent et les épreuves quotidiennes dans un environnement extrême. C'est très intéressant, et on ne voit pas passer le temps de la lecture de ces quelques 250 pages... Il y a déjà beaucoup de bonnes choses dans ce premier album : du rythme, de la passion, des bons mots, des infos... Bref, je recommande.

02/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Et l'homme créa les dieux
Et l'homme créa les dieux

La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur. J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop ?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé. Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes ? À force de vouloir être exhaustif , le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable ! Parfois, moins c'est plus, oui. Et il y a de bons exemples de cela en adaptations d'autres œuvres théoriques en bande dessinée.

02/03/2026 (modifier)