Tout est relatif j'ai lu les 2 livres de Stanley à l'âge de 10 ans et j'en ai 80 .... Je les ai trouvés formidables et j'ai plaisir à les relire aujourd'hui.
Il en est de même pour Buck Danny qui nous a fait voyager autour du monde , et Blake et Mortimer où j'ai découvert des pays et des civilisations . On sent parfois une prise de position appuyée , mais on sait se faire un jugement.
Mes 3 garçons qui ont aujourd'hui 50 ans reprochaient la longueur des bulles.
Pour mes petits-enfants , il y a eu des soupirs de découragement. Il leur faut plus d'action dans le narratif ...... alors que ces livres sont des biographies ou des livres culturels , comme les livres sur les planétes .
Une excellente suite à Beatifica Blues.
Le premier tome constitue une excellente entrée en matière, avec un début d'intrigue qui s'échafaude intelligemment. De manière générale, le récit est mieux maitrisé que dans Beatifica.
Il y a toujours pas mal de références littéraires et musicales, qui ne sont pas essentiels pour apprécier l'intrigue.
La voix off et ses itérations pseudo philosophiques sont aussi un peu superflus.
Dufaux fait parfois sa propre auto promotion puisqu'il fait référence dans le tome 2 à l'heure triomphale de Francis Macomber écrit par Hemingway. Une histoire qu'il vient d'adapter en bd et qui est sortie six mois avant...
Côté dessin, c'est un véritable bond en avant de Griffo. On se régale devant tout ces décors industriels.
La qualité d'édition est aussi cheap que pour les intégrales Beatifica Blues et Les Enfants de la Salamandre, j'ai noté au moins deux pages mal scannées.
Au final c'est une bonne bande, qui synthétise les codes créatifs du Dufaux des années 90.
Lu cet album parce que je suis fan de Tintin ! Et oui j'avais reconnu le nom de Piccard sur la couverture parce que j'avais lu qu'Auguste Piccard était un des modèles d'Hergé lorsqu'il a créé le professeur Tournesol (l'auteur fait d'ailleurs deux-trois références à Tintin au cours de l'album) et je me suis dit que ça serait un bon moyen de mieux connaitre un type que je ne connaissais vaguement que de nom. Je ne savais même pas que son fils et son petit-fils avaient aussi des vies bien remplis de scientifiques-aventuriers !
L'album est sympa à lire, mais j'avoue que je ne pense que je fais parti du public-cible. En effet, c'est souvent très technique et toutes les pages où on montre les plans des inventions ou innovations de la famille Piccard en matière de sous-marins ou d'aéroplane m'ont ennuyé. Ça ne m’étonnerait pas qu'un lecteur ayant un esprit plus scientifique que le mien va mieux accrocher que moi. Et si le travail de Piccard père et fils m'a un peu captivé parce qu'on parle des mystères des profondeurs sous-marins qu'on connait encore peu, voir le petit-fils vouloir 100 % contrôler comment il vole m'a laissé de marbre. Ce qui n'aide pas est que l'auteur le présente comme un casse-cou limite dangereux et cela ne le rends pas particulièrement attachant.
L'auteur montre surtout les moments les plus importants dans la vie de ses trois hommes, mais sans qu'on est la sensation que tout va trop vite et que tout est survolé comme c'est le cas avec d'autres bandes dessinées biographique. On montre l'essentiel et c'est ce qui est important. Le dessin est pas mal.
De König je n'avais lu que son album de Lucky Luke et lorsque j'ai trouvé cet album en bibliothèque, je me suis dit que c'était enfin une occasion de mieux connaitre son univers vu que de ce que j'ai compris son Lucky Luke était plus soft et tout public que sa production habituelle qui est plus orienté vers le public adulte.
Et ben c'est vraiment pour les adultes vu le nombre de blagues de sexes qui a dans cet album ! On y parle bien sur de l'homosexualité, une des marques de fabriques de l'auteur, mais il y aussi de la nudité féminine (quoique ne trouvant pas le dessin de König émoustillant, la vue de gros seins m'a laissé indifférent). Le scénario est assez simple: König déconne sur les premiers pas de l'homme dans un récit qui est une suite de sketchs. Le résultat est franchement pas terrible selon moi. Si le dessin est sympa, j'ai trouvé que l'humour ne fonctionnait pas. En plus, ça parle beaucoup et les phrases ne me faisaient pas rire. Or, rien ne m'ennui plus qu'une BD humoristique qui ne fait pas rire et vers le dernier tiers de l'album de ce trop long album j'ai fini par survolé les pages.
Je suis quand même content d'avoir approfondis mes connaissances en BD en lisant un album d'un des auteurs allemands les plus connus, mais de ce que j'ai lu ne me donne pas trop envie de lire d'avantage son œuvre. C'est surement injuste, je suis peut-être tombé sur l'album qu'il ne fallait pas et j'aurais peut-être accroché si j'en avais lu un autre, mais il semble faire parti de ses auteurs trashs qui ne me font pas rigolé.
"Les 5 Terres" est une série anthropomorphiste se déroulant dans un monde où 5 peuples cohabitent : les félins à Angleon, les primates à Lys, les ursidés et canidés à Arnor, les cervidés et herbivores à Erinal et les reptiles à Ithara
Il est prévu que chaque peuple fasse l'objet d'un cycle de 6 tomes ce qui en fera une série au long cours.
Dans son approche, "les 5 Terres" est très médiévale et de ce fait on comprend rapidement que la paix qui règne entre les peuples ne fut pas toujours d'actualité et semble bien fragile, ce qui va nous offrir beaucoup d'action et peu de répit.
Graphiquement c'est très bien fait, du même acabit que Blacksad
Cycle Angleon (4/5)
Ce cycle est consacré aux Félins.
Angleon est un ensemble d'îles au centre du monde des 5 Terres. Par le jeu de guerres passées les félins en ont fait la capitale des 5 Terres.
Mais voilà la mort prochaine du roi Cyrus redistribue les cartes du pouvoir. Intrigue politique, révolution et trahisons sont au programme.
Les 6 tomes se lisent très facilement, l'histoire s'enchaine remarquablement jusqu'au dénouement final. On sent un vrai travail dans la construction de chacun des personnages. Pour moi sur ce cycle est un sans-faute.
A noter qu'un des félins fait l'objet d'un spin-off avec Les 5 Terres - Demeus Lor
Cycle Lys (4/5)
Ce cycle est consacré aux Primates
Lys est situé au sud-est du monde des 5 Terres et me fait penser à l'Asie, de par son architecture, le style vestimentaire, sa culture, ses triades ou encore sa végétation luxuriante. C'est le royaume des Primates, organisés en société matriarcale. J'ai trouvé cette société hyperviolente, où chaque clan se livre une guerre intense pour contrôler le territoire. Plus encore que dans la capitale, ici règne la loi de la plus forte. Ici, on ne lutte pas pour diriger les 5 Terres, on lutte pour sa survie, l'honneur de sa famille. Les félins m'ont parus beaucoup plus "raffinés" dans leur gestion des conflits, c'est dire.
Les auteurs poussent le perfectionnisme jusqu'aux accords grammaticaux (le féminin l'emporte sur le masculin).
La fin du cycle est quelque peu surprenante vu qu'on ne sait pas comment il se termine. En effet qu'est il arrivé aux différentes protagonistes ….
Il faut dire que les Ours font une entrée remarquée
Fernando Fernandez, grand dessinateur et peintre du fantastique! Les dessins sont vraiment bien: des images expressives en noir et blanc qui sont au service des récits. L'horreur qu'on peut sentir à la lecture, advient surtout de cette synthèse heureuse obtenue entre mots et images, belles et impressionnantes parfois.
L'album contient six histoires indépendantes : "l'aveugle", "une matinée merveilleuse", "l'homme à l'âme corrompue", Rendez-vous, "les mémoires d'un assassin" et "la vérité". Elles ont en commun la violence, le surnaturel et la rétribution. On voit toutefois que le dessin des personnages, leurs cheveux, moustaches, maquillage, appartient bien à la fin des années soixante dix: parfois la mode ne pardonne pas.
Cette anthologie permet de comprendre que Moebius, c'est Jean Giraud qui s'amuse à pratiquer l'écriture automatique après avoir fumé un joint (il le dit lui même dans l'interview en préface).
Les récits sont souvent insipides, quand ils ne sont pas incohérents.
Le dessin est assez vilain en général, rien à voir avec l'Incal.
Arzach est ok mais Arzach c'est 10 pages sans dialogue.
Bref, pour moi Moebius c'est en duo avec Jodorowsky ou rien du tout.
Rainer Fassbinder est un cinéaste allemand que je ne connaissais pas vraiment (contrairement à quelqu’un comme Werner Herzog). Simsolo en a visiblement été proche. Et ça se sent, car il entre ici dans l’intime du réalisateur et, s’il en dévoile les multiples facettes et la force, il ne cache aucune faille et défaut du personnage.
On découvre donc un personnage et un cinéaste tous les deux atypiques et intrigants. Un cinéaste, acteur, dramaturge boulimique, qui multiplie les projets (le nombre de pièces de théâtre, de films qu’il réalise ou auxquels il participe en très peu de temps est incroyable. Avec une volonté d’intransigeance qui lui vaut de sortir des sentiers battus – mais aussi de connaitre une reconnaissance tardive et selon lui incomplète.
La personnalité du bonhomme n’est pas en reste, et sort encore plus des sentiers battus. Il allie fidélité à quelques acteurs/actrices, à quelques amants (surtout) et maîtresses et versatilité. Son comportement semble avoir été limite à plusieurs reprises, et je pense que c’était quelqu’un qui nécessitait pas mal de courage pour supporter longtemps sa proximité – par ailleurs irradiante. Sa proximité avec des milieux d’avant-garde, voire avec l’extrême gauche allemande – est aussi intéressante.
Reste que la narration m’a un peu lassé. Très saccadée, passant d’un bon mot, d’une période à l’autre, cela manque de liant et de fluidité à plusieurs reprises. Dessin et colorisation font le boulot, mais sont quand même très froids, et avare de détails – et parfois de précision.
J’ai appris des choses intéressantes sur le personnage, donc la lecture est instructive. Mais ce même personnage, ainsi que la narration m’ont aussi laissé un peu de côté.
Note réelle 2,5/5.
L'histoire est connue de tous: un bébé, fils de nobles anglais, les Greystokes, victimes de toutes les violences, survit contre toute attente dans la jungle africaine. Adopté par les grands singes, il apprend plus tard à écrire en anglais et à parler français!
Bien sûr, il est important de ne pas prendre tout cela au sérieux d'un point de vue biologique, anthropologique ou linguistique. C'est une création littéraire et elle doit demeurer ainsi.
Je ne comprends pas l'utilité de cette édition. Cela n'aide en rien au mythe de Tarzan, qui a beaucoup d’intérêt en termes littéraires et historiques, depuis les romans originaux d'E. R. Burroughs.
Le dessin est franchement mauvais, il suffit de le comparer avec les grands maîtres américains (Foster, Hogarth, Manning, Kubert, Buscema…) et le scénario n’ajoute rien de nouveau ou intéressant.
Cet album se présente comme un recueil d'histoires courtes réunissant plusieurs auteurs, mais l'ensemble m'a surtout donné l’impression de feuilleter un fanzine ou un magazine d’étudiants plutôt qu’un véritable ouvrage abouti. Si l'on excepte Crisse, qui reste un professionnel confirmé (même si son style ne m'a jamais séduit), le niveau général est franchement faible.
Graphiquement, on oscille entre le correct et le maladroit, avec des dessins qui relèvent davantage du bon amateur que d'un travail réellement maîtrisé. Beaucoup de planches fonctionnent mieux en illustration figée qu'en bande dessinée, avec un découpage et une mise en scène souvent approximatifs, voire maladroits.
Côté scénario, le constat est du même ordre : des idées très adolescentes, convenues et déjà vues, qui peinent à susciter le moindre intérêt. Le format court n'excuse pas tout, et ici il ne sert que de prétexte à des récits creux, expédiés et sans véritable enjeu.
La seule curiosité reste la dernière histoire, où Crisse revient avec un récit qui évoque fortement l'univers de Kogaratsu, dans un style graphique différent de celui qu'on lui connaît. Mais là encore, rien de vraiment marquant, ni dans le fond ni dans la forme.
L'ensemble se lit sans trop de difficulté, mais surtout sans le moindre intérêt durable. Un recueil anecdotique et dispensable, qui ressemble davantage à un exercice d'apprentissage qu'à un album digne d'être publié.
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Stanley
Tout est relatif j'ai lu les 2 livres de Stanley à l'âge de 10 ans et j'en ai 80 .... Je les ai trouvés formidables et j'ai plaisir à les relire aujourd'hui. Il en est de même pour Buck Danny qui nous a fait voyager autour du monde , et Blake et Mortimer où j'ai découvert des pays et des civilisations . On sent parfois une prise de position appuyée , mais on sait se faire un jugement. Mes 3 garçons qui ont aujourd'hui 50 ans reprochaient la longueur des bulles. Pour mes petits-enfants , il y a eu des soupirs de découragement. Il leur faut plus d'action dans le narratif ...... alors que ces livres sont des biographies ou des livres culturels , comme les livres sur les planétes .
Samba Bugatti
Une excellente suite à Beatifica Blues. Le premier tome constitue une excellente entrée en matière, avec un début d'intrigue qui s'échafaude intelligemment. De manière générale, le récit est mieux maitrisé que dans Beatifica. Il y a toujours pas mal de références littéraires et musicales, qui ne sont pas essentiels pour apprécier l'intrigue. La voix off et ses itérations pseudo philosophiques sont aussi un peu superflus. Dufaux fait parfois sa propre auto promotion puisqu'il fait référence dans le tome 2 à l'heure triomphale de Francis Macomber écrit par Hemingway. Une histoire qu'il vient d'adapter en bd et qui est sortie six mois avant... Côté dessin, c'est un véritable bond en avant de Griffo. On se régale devant tout ces décors industriels. La qualité d'édition est aussi cheap que pour les intégrales Beatifica Blues et Les Enfants de la Salamandre, j'ai noté au moins deux pages mal scannées. Au final c'est une bonne bande, qui synthétise les codes créatifs du Dufaux des années 90.
Un, deux, trois Piccard - Pionniers du ciel et des abysses
Lu cet album parce que je suis fan de Tintin ! Et oui j'avais reconnu le nom de Piccard sur la couverture parce que j'avais lu qu'Auguste Piccard était un des modèles d'Hergé lorsqu'il a créé le professeur Tournesol (l'auteur fait d'ailleurs deux-trois références à Tintin au cours de l'album) et je me suis dit que ça serait un bon moyen de mieux connaitre un type que je ne connaissais vaguement que de nom. Je ne savais même pas que son fils et son petit-fils avaient aussi des vies bien remplis de scientifiques-aventuriers ! L'album est sympa à lire, mais j'avoue que je ne pense que je fais parti du public-cible. En effet, c'est souvent très technique et toutes les pages où on montre les plans des inventions ou innovations de la famille Piccard en matière de sous-marins ou d'aéroplane m'ont ennuyé. Ça ne m’étonnerait pas qu'un lecteur ayant un esprit plus scientifique que le mien va mieux accrocher que moi. Et si le travail de Piccard père et fils m'a un peu captivé parce qu'on parle des mystères des profondeurs sous-marins qu'on connait encore peu, voir le petit-fils vouloir 100 % contrôler comment il vole m'a laissé de marbre. Ce qui n'aide pas est que l'auteur le présente comme un casse-cou limite dangereux et cela ne le rends pas particulièrement attachant. L'auteur montre surtout les moments les plus importants dans la vie de ses trois hommes, mais sans qu'on est la sensation que tout va trop vite et que tout est survolé comme c'est le cas avec d'autres bandes dessinées biographique. On montre l'essentiel et c'est ce qui est important. Le dessin est pas mal.
Homo Erectus
De König je n'avais lu que son album de Lucky Luke et lorsque j'ai trouvé cet album en bibliothèque, je me suis dit que c'était enfin une occasion de mieux connaitre son univers vu que de ce que j'ai compris son Lucky Luke était plus soft et tout public que sa production habituelle qui est plus orienté vers le public adulte. Et ben c'est vraiment pour les adultes vu le nombre de blagues de sexes qui a dans cet album ! On y parle bien sur de l'homosexualité, une des marques de fabriques de l'auteur, mais il y aussi de la nudité féminine (quoique ne trouvant pas le dessin de König émoustillant, la vue de gros seins m'a laissé indifférent). Le scénario est assez simple: König déconne sur les premiers pas de l'homme dans un récit qui est une suite de sketchs. Le résultat est franchement pas terrible selon moi. Si le dessin est sympa, j'ai trouvé que l'humour ne fonctionnait pas. En plus, ça parle beaucoup et les phrases ne me faisaient pas rire. Or, rien ne m'ennui plus qu'une BD humoristique qui ne fait pas rire et vers le dernier tiers de l'album de ce trop long album j'ai fini par survolé les pages. Je suis quand même content d'avoir approfondis mes connaissances en BD en lisant un album d'un des auteurs allemands les plus connus, mais de ce que j'ai lu ne me donne pas trop envie de lire d'avantage son œuvre. C'est surement injuste, je suis peut-être tombé sur l'album qu'il ne fallait pas et j'aurais peut-être accroché si j'en avais lu un autre, mais il semble faire parti de ses auteurs trashs qui ne me font pas rigolé.
Les 5 Terres
"Les 5 Terres" est une série anthropomorphiste se déroulant dans un monde où 5 peuples cohabitent : les félins à Angleon, les primates à Lys, les ursidés et canidés à Arnor, les cervidés et herbivores à Erinal et les reptiles à Ithara Il est prévu que chaque peuple fasse l'objet d'un cycle de 6 tomes ce qui en fera une série au long cours. Dans son approche, "les 5 Terres" est très médiévale et de ce fait on comprend rapidement que la paix qui règne entre les peuples ne fut pas toujours d'actualité et semble bien fragile, ce qui va nous offrir beaucoup d'action et peu de répit. Graphiquement c'est très bien fait, du même acabit que Blacksad Cycle Angleon (4/5) Ce cycle est consacré aux Félins. Angleon est un ensemble d'îles au centre du monde des 5 Terres. Par le jeu de guerres passées les félins en ont fait la capitale des 5 Terres. Mais voilà la mort prochaine du roi Cyrus redistribue les cartes du pouvoir. Intrigue politique, révolution et trahisons sont au programme. Les 6 tomes se lisent très facilement, l'histoire s'enchaine remarquablement jusqu'au dénouement final. On sent un vrai travail dans la construction de chacun des personnages. Pour moi sur ce cycle est un sans-faute. A noter qu'un des félins fait l'objet d'un spin-off avec Les 5 Terres - Demeus Lor Cycle Lys (4/5) Ce cycle est consacré aux Primates Lys est situé au sud-est du monde des 5 Terres et me fait penser à l'Asie, de par son architecture, le style vestimentaire, sa culture, ses triades ou encore sa végétation luxuriante. C'est le royaume des Primates, organisés en société matriarcale. J'ai trouvé cette société hyperviolente, où chaque clan se livre une guerre intense pour contrôler le territoire. Plus encore que dans la capitale, ici règne la loi de la plus forte. Ici, on ne lutte pas pour diriger les 5 Terres, on lutte pour sa survie, l'honneur de sa famille. Les félins m'ont parus beaucoup plus "raffinés" dans leur gestion des conflits, c'est dire. Les auteurs poussent le perfectionnisme jusqu'aux accords grammaticaux (le féminin l'emporte sur le masculin). La fin du cycle est quelque peu surprenante vu qu'on ne sait pas comment il se termine. En effet qu'est il arrivé aux différentes protagonistes …. Il faut dire que les Ours font une entrée remarquée
L'Art de la B.D. - Fernando Fernandez
Fernando Fernandez, grand dessinateur et peintre du fantastique! Les dessins sont vraiment bien: des images expressives en noir et blanc qui sont au service des récits. L'horreur qu'on peut sentir à la lecture, advient surtout de cette synthèse heureuse obtenue entre mots et images, belles et impressionnantes parfois. L'album contient six histoires indépendantes : "l'aveugle", "une matinée merveilleuse", "l'homme à l'âme corrompue", Rendez-vous, "les mémoires d'un assassin" et "la vérité". Elles ont en commun la violence, le surnaturel et la rétribution. On voit toutefois que le dessin des personnages, leurs cheveux, moustaches, maquillage, appartient bien à la fin des années soixante dix: parfois la mode ne pardonne pas.
Moebius oeuvres - Les Années Métal hurlant
Cette anthologie permet de comprendre que Moebius, c'est Jean Giraud qui s'amuse à pratiquer l'écriture automatique après avoir fumé un joint (il le dit lui même dans l'interview en préface). Les récits sont souvent insipides, quand ils ne sont pas incohérents. Le dessin est assez vilain en général, rien à voir avec l'Incal. Arzach est ok mais Arzach c'est 10 pages sans dialogue. Bref, pour moi Moebius c'est en duo avec Jodorowsky ou rien du tout.
Fassbinder - L'Homme qui voulait qu'on l'aime
Rainer Fassbinder est un cinéaste allemand que je ne connaissais pas vraiment (contrairement à quelqu’un comme Werner Herzog). Simsolo en a visiblement été proche. Et ça se sent, car il entre ici dans l’intime du réalisateur et, s’il en dévoile les multiples facettes et la force, il ne cache aucune faille et défaut du personnage. On découvre donc un personnage et un cinéaste tous les deux atypiques et intrigants. Un cinéaste, acteur, dramaturge boulimique, qui multiplie les projets (le nombre de pièces de théâtre, de films qu’il réalise ou auxquels il participe en très peu de temps est incroyable. Avec une volonté d’intransigeance qui lui vaut de sortir des sentiers battus – mais aussi de connaitre une reconnaissance tardive et selon lui incomplète. La personnalité du bonhomme n’est pas en reste, et sort encore plus des sentiers battus. Il allie fidélité à quelques acteurs/actrices, à quelques amants (surtout) et maîtresses et versatilité. Son comportement semble avoir été limite à plusieurs reprises, et je pense que c’était quelqu’un qui nécessitait pas mal de courage pour supporter longtemps sa proximité – par ailleurs irradiante. Sa proximité avec des milieux d’avant-garde, voire avec l’extrême gauche allemande – est aussi intéressante. Reste que la narration m’a un peu lassé. Très saccadée, passant d’un bon mot, d’une période à l’autre, cela manque de liant et de fluidité à plusieurs reprises. Dessin et colorisation font le boulot, mais sont quand même très froids, et avare de détails – et parfois de précision. J’ai appris des choses intéressantes sur le personnage, donc la lecture est instructive. Mais ce même personnage, ainsi que la narration m’ont aussi laissé un peu de côté. Note réelle 2,5/5.
Tarzan l'homme-singe
L'histoire est connue de tous: un bébé, fils de nobles anglais, les Greystokes, victimes de toutes les violences, survit contre toute attente dans la jungle africaine. Adopté par les grands singes, il apprend plus tard à écrire en anglais et à parler français! Bien sûr, il est important de ne pas prendre tout cela au sérieux d'un point de vue biologique, anthropologique ou linguistique. C'est une création littéraire et elle doit demeurer ainsi. Je ne comprends pas l'utilité de cette édition. Cela n'aide en rien au mythe de Tarzan, qui a beaucoup d’intérêt en termes littéraires et historiques, depuis les romans originaux d'E. R. Burroughs. Le dessin est franchement mauvais, il suffit de le comparer avec les grands maîtres américains (Foster, Hogarth, Manning, Kubert, Buscema…) et le scénario n’ajoute rien de nouveau ou intéressant.
Au clair de lune
Cet album se présente comme un recueil d'histoires courtes réunissant plusieurs auteurs, mais l'ensemble m'a surtout donné l’impression de feuilleter un fanzine ou un magazine d’étudiants plutôt qu’un véritable ouvrage abouti. Si l'on excepte Crisse, qui reste un professionnel confirmé (même si son style ne m'a jamais séduit), le niveau général est franchement faible. Graphiquement, on oscille entre le correct et le maladroit, avec des dessins qui relèvent davantage du bon amateur que d'un travail réellement maîtrisé. Beaucoup de planches fonctionnent mieux en illustration figée qu'en bande dessinée, avec un découpage et une mise en scène souvent approximatifs, voire maladroits. Côté scénario, le constat est du même ordre : des idées très adolescentes, convenues et déjà vues, qui peinent à susciter le moindre intérêt. Le format court n'excuse pas tout, et ici il ne sert que de prétexte à des récits creux, expédiés et sans véritable enjeu. La seule curiosité reste la dernière histoire, où Crisse revient avec un récit qui évoque fortement l'univers de Kogaratsu, dans un style graphique différent de celui qu'on lui connaît. Mais là encore, rien de vraiment marquant, ni dans le fond ni dans la forme. L'ensemble se lit sans trop de difficulté, mais surtout sans le moindre intérêt durable. Un recueil anecdotique et dispensable, qui ressemble davantage à un exercice d'apprentissage qu'à un album digne d'être publié.