Les derniers avis (34 avis)

Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série La Route
La Route

L'histoire ? Je n'ai pas lu le livre et pas vu le film, des plus classiques, elle se concentre sur un père et un fils et me paraît autant un récit de transmission qu'une histoire apocalyptique. Je n'aime de façon générale pas le ton gris, mais ici, il s'impose, et fait partie du dessin et de la dramatisation. Les visages, et d'ailleurs aussi les cadavres et les gens dont on a mangé une partie pour pouvoir conserver leur viande et se nourrir du reste ? Tout est fort sans sombrer dans le mauvais goût putassier de certains récits d'horreurs. Je pense que je ne vais pas l'oublier vite comme certains albums dispensables, mais je ne sens pas le besoin de le relire.

22/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Hemingway, la jeune fille et la mer
Hemingway, la jeune fille et la mer

« Hemingway, la jeune fille et la mer » est un récit d’aventure aux accents burlesques dans lequel les auteurs vont mettre en scène un Ernest Hemingway ‘fantasmé’. Entendez par là que le personnage qui nous est ici présenté correspond plus à sa légende qu’à une quelconque vérité historique, et les aventures dans lesquelles il va être entrainé sont tout autant fantaisistes. Le récit est très plaisant à lire, entrainant, joyeux, lumineux. Il bénéficie à la fois de la verve de Philippe Charlot, qui a l’art d’humaniser ses personnages et le sens des dialogues, et de la qualité du trait de Laurent Zimny. Ce dernier nous délivre des planches très dynamiques et, on y revient, lumineuses. On en apprend très peu sur Ernest Hemingway, sinon au travers du dossier disponible en fin d’album, et cette aventure qui le voit mené par le bout de son nez par une gamine déterminée se veut avant tout rocambolesque et en rien réaliste. L’ambiance y est, cependant, et j’ai vraiment été transporté dans les Keys à cette époque très romanesque. De plus le personnage d’Hemingway y est des plus sympathiques. C’est d’ailleurs le point fort du récit, cette sympathie que lui comme l’ensemble des personnages dégagent au fil des planches. Un lien sera bien entendu réalisé par les auteurs entre cette histoire (totalement inventée, faut-il vous le rappeler) et l’écriture de « le Vieil homme et la mer ». Pas un chef-d’œuvre mais une lecture sympathique et divertissante. Des plus recommandables.

22/04/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 1/5
Couverture de la série Miles
Miles

J'ai l'impression d'être complètement passé à côté de cet album. Il faut dire qu'en général je n'aime pas trop les albums consacrés à un milieu artistique, et encore moins ceux qui sont consacrés à des artistes en particulier. Souvent ils manquent de recul. Il y a des exceptions à cette "règle", mais clairement celui-ci n'en fait pas vraiment partie. La première scène le voit faire preuve d'une morgue incroyable face aux questions complètement débiles d'une femme lors d'une réception à la Maison Blanche. La première partie est d'un intérêt très limité. on y voit des instantanés de la vie de Miles Davis, surtout sa vie artistique. Des reproductions en BD de photos plus ou moins connues le mettant en scène, avec ses collègues et camarades musiciens, qui sont systématiquement identifiés. Ok, bon... La deuxième partie comporte des épisodes un peu plus longs, comme cette fois où il s'est fait arrêter juste, mais vraiment juste parce qu'il était noir. Ou quand une de ses compagnes, lassée de le voir drogué presque à mort, finit par le quitter. cela donc un aperçu de sa vie, entre gloire un peu démesurée et vie privée pleine de coups reçus et donnés. cela façonne en creux un portrait pas très reluisant, et je ne suis pas sûr que ce soit l'objectif recherché par l'auteur. Sans oublier qu'on le voit relativement peu jouer vraiment de la musique, ce qui me semble étrange pour un album parlant d'un musicien. bref, pas grand-chose à retenir sur le plan narratif. Et pour finir un mot sur le dessin, que je trouve approximatif et pas très inventif. Bref, un album que je vais probablement vite oublier.

22/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Habemus Bastard
Habemus Bastard

L’intrigue est légère, loin d’être exempte de facilités, et la fin m’est apparu un chouia trop « heureuse » (condensant en fait les critiques évoquées juste avant). Mais voilà, malgré tout, j’ai passé un bon moment et cette lecture est très agréable. Tout d’abord j’aime beaucoup le dessin de Vallée – et ce depuis pas mal de temps. Et ici, son trait semi-réaliste, très dynamique, convient parfaitement au ton du récit. Ensuite l’intrigue. La fin mise à part, c’est du bon boulot. Du facile bien emballé. Une lecture popcorn sympathique. Avec un personnage atypique (un truand se planquant sous les traits – et la soutane – d’un curé !) qui va amener pas mal d’animation dans la ville de Saint-Claude. En sus des trognes dessinées par Vallée, souvent amusantes, les dialogues sont aussi pleins de verve, d’ironie, et ajoute une bonne touche d’humour, un peu dans la lignée d’Audiard (peut-être en moins percutant). Bref, c’est un bon diptyque, dynamique, alternant traits d’humour et castagne, jusqu’au final digne d’un blockbuster.

22/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Arcana
Arcana

J’arrondis aux trois étoiles, parce que l’adulte que je suis n’a pas forcément été emballé par la lecture de cette série. Mais elle s’adresse avant tout à un jeune lectorat (adolescent je pense), et celui-ci y trouvera sans doute davantage son compte. C’est une sorte d’Harry Potter girly par moments, avec des jeunes gens passant des épreuves, pour devenir non pas sorciers – quoique la magie joue ici un grand rôle – mais Arcane majeur. En effet, l’auteure ancre son intrigue dans les arcanes du tarot, en y ajoutant tout un tas d’autres univers. Un univers développé dans l’intrigue, mais aussi dans plusieurs petits intermèdes, présentations diverses, sur l’histoire des arcanes, les spécificités de chaque pouvoir, etc. Le rythme est étrange. En effet, il y a parfois de longs moments de mise en place, avec des dialogues un peu « gentils » à mon goût, et d’autres moments où tout s’accélère – comme durant certaines épreuves du deuxième album, parfois expédiées. Le troisième album (qui condense les deux derniers albums initialement prévus) est un peu plus dense, et apporte un peu plus de consistance à l’histoire. Dessin et colorisation ne sont pas forcément mon truc, mais je leur reconnais de l’originalité. C’est très coloré, et très lisible. Je reconnais aussi à l’auteure d’avoir placé au fil de l’intrigue plusieurs thèmes intéressants, et pas souvent mis en avant dans des séries pour ados (en tout cas à ma connaissance) : la sororité (plus généralement, les personnages féminins sont beaucoup plus nombreux, et souvent jouent les principaux rôles), l’homosexualité, voire le questionnement autour du genre (plusieurs fois évoqué, avec en sus l’utilisation du pronom iel). Au-delà de l’esthétique générale, dont je ne suis pas friand (mais c’est affaire de goût), l’intrigue m’a par ailleurs laissé un peu de côté, dialogues et péripéties manquant de consistance, étant parfois un chouia « faciles » ou « mièvres » (même si ce terme est peut-être un peu fort, et ne concerne que quelques passages). Mais, je me répète, des ados sont davantage susceptible d’apprécier cette histoire que le vieux bonhomme que je suis.

22/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Euy
Euy

C'est le deuxième titre de cette collection que je lis, et c'est à nouveau un coup de cœur ! Coup de cœur parce que c'est très intelligemment fait. Au départ, Les Ondines est une collection qui s'adresse à un public jeune. Faut-il croire que je suis toujours jeune ? Allez, je le crois :) ! En tout cas, cette histoire vraiment très singulière m'a captivé, notamment par la manière dont le sujet est traité. Les aventures de la petite Euy (qu'a oeil bleu et qu'a oeil noir, et qu'a vraiment sucroyable) se déroulent à la Préhistoire, mais une Préhistoire fantasmée, imaginée, tout ça à la fois, mais en même temps crédible ! Le truc qui constitue en grande partie l'originalité de la chose, c'est le langage. Les différentes tribus rencontrées parlent toutes une langue différente. Léon Maret le transcrit en déformant les mots qui toutefois restent familiers, au sens de similaires au français. Ca pourrait vite devenir lourdingue a priori, mais dans les faits, la lecture reste très fluide. Pas une seconde je n'ai buté dans ma compréhension. Ce qu'écrit Ro au sujet de cette BD est tout à fait pertinent : "le tout reste rudimentaire, mais sonne juste, comme une interprétation vivante et incarnée de ce que pouvaient être ces sociétés humaines en construction". A la toutefinfin, on trouvera un petiot cahier pédagogo qui synthérésume les points dévelaborés au courlong de la storie : domesticatif des zanimos (canibots et chevalous), linguouées parlabrées... C'est très chouetos, bien fait et pas chiantifiant. Oui, l'univers ici développé m'a complètement charmé. Je le redis, il est très original, rappelant notamment celui qu'a élaboré Nicolas Puzenat dans sa série Mégafauna. Ajoutons à cela une bonne dose d'humour, des personnages tout à fait attachants, un dessin qui me plait beaucoup par sa sobriété (exception faite des pattes des animaux en mouvement si l'on veut chipolaté), ainsi qu'une mise en couleur convaincante, et on obtient oui : un coup de cœur gros comme ça qui à mon sens reste susceptible de séduire un très large public !

22/04/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Un Rubis sur les lèvres
Un Rubis sur les lèvres

Un trait juste, ça ne s’efface pas ! - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 1986. Il a été réalisé par Edmond Baudoin pour le scénario et les dessins. Il comprend quarante-trois pages de bande dessinée. Avec six autres récits, il a été réédité dans le recueil Les Sentiers cimentés, paru en 2006. Il s’ouvre avec un court paragraphe de l’auteur en guise d’introduction. Il écrit qu’on ne lui demande plus s’il aime toujours dessiner, ou quels sont ses projets, ou même seulement comment il va. Mais combien il vend d’albums ? Il vit sûrement une époque fantastique, mais il estime qu’il a dû rater une marche quelque part. Quelque part dans une zone désertique en Algérie, sous un fort soleil. Un garçon s’approche d’une voiture en plein milieu d’une route déserte. Le soleil est déjà haut dans le ciel il doit faire chaud dans la voiture noire. C’était le printemps 1962 en Algérie. Simon Zoladz douze ans. Son père est instituteur à Kenchella, il y est venu il y a quinze ans. Mais l’Algérie c’est fini, il a demandé sa mutation sur le continent, il est nommé à Saorge ; Leïla, elle est originaire de haute Kabylie. Alain François, responsable local de l’OAS, trente-deux ans, deux balles dans le ventre, le FLN, ou l’amant de sa femme… Il n’a plus la force que de faire AAAAAA, et d’appeler la mort. Les mouches lui tiennent compagnie en faisant bzzzzz ! Le garçon se tient devant la vitre du conducteur et ce dernier lui déclare qu’il veut mourir, et lui demande de lui donner le revolver sur la banquette arrière car il ne peut pas l’attraper. Simon court vers les maisons en criant : Au secours ! Il revient avec trois hommes adultes armés : Alain François est mort. Le soleil est encore plus haut dans le ciel, il doit faire encore plus chaud dans la voiture noire. Les mouches, elles, vivaient encore. Le trois mars 1970, Simon commence son journal intime : Mon père est mort il y a trois jours. On l’enterre aujourd’hui. Toute sa vie il a tenu un journal. Je vais essayer de tenir celui-ci. Aujourd’hui je suis allé à l’enterrement du mec le plus chouette que j’ai jamais rencontré. Ce matin ma mère m’a donné un cahier. C’est le début d’un roman que voulait écrire mon père. La première phrase c’est : Monsieur Antoine Zoladz est dans son genre ce qu’on pourrait appeler un pauvre type. Antoine, c’était le prénom de mon père. Et son roman s’est arrêté à la fin de la première page. Quatre mars. J’ai essayé de peindre mais j’ai pas le moral. Cinq mars. Encore rien foutu. Si ça continue je vais arrêter ce journal. En juillet 68 dans la vallée des Merveilles, le drapeau rouge c’est parce qu’on y croyait encore un peu. Deux mois plus tôt sur cette photo, quelque part à droite. Jeudi six mars. Passé la journée avec Marc. Je sais pas comment il fait, mais après un moment avec lui je suis toujours bien. Ce soir je vois Sofie. Trois novembre 1980. J’expose galerie Passage. Complètement dans le système le mec… Et vive le marché de l’art. Et vive le commerce. Après Un flip coca ! (1984) à la structure narrative un peu expérimentale, le lecteur se demande comment l’auteur va développer son œuvre suivante. Tout commence avec une séquence traditionnelle : pendant trois pages, des cases dont la plupart se présente avec une bordure, disposées en bande, avec de courts phylactères et des observations du narrateur omniscient dans des cartouches, des dessins réalisés à la plume, racontant la mort d’un individu dans sa voiture pour une raison prêtant à discussion. Le lecteur tourne la page et il constate un changement de mode de narration. Un journal intime écrit en lettres d’écolier pendant cinq pages, sans majuscule, des dessins plus durs dans leur apparence, des extraits d’articles de journaux, des portraits esquissés comme réalisés par l’auteur du journal, des jeux sur la graphie de l’écriture comme réalisé par un étudiant en école d’art. Des phrases qui s’approchent du flux de pensée, plutôt que d’une construction littéraire. Certaines petites illustrations qui peuvent faire penser à une affiche de propagande, à des dessins de recherche, à des croquis machinaux pour passer le temps, à la reproduction de la couverture d’un magazine de mode. Le lecteur s’accroche aux morceaux de texte. Il commence par bien saisir l’état d’esprit de Simon, son amitié avec Marc, la rencontre avec Joss. Elle, la riche héritière qui a viré sa cuti, lui, le jeune avocat du peuple qui va la défendre. C’est un super scénario pour un dessineux de B.D. Faudra qu’il en parle à François. Puis, à partir de la planche neuf, la bande dessinée revient dans un mode narratif traditionnel pour le restant : des cases disposées en bande, avec toujours la personnalité graphique inimitable d’Edmond Baudoin. Le récit semble basculer dans un genre littéraire bien précis : le polar. Deux amis, un cadavre, l’un des deux est responsable du décès, et il s’agit selon toute vraisemblance d’un meurtre, pas vraiment prémédité… Enfin, le coupable a agi sur l’impulsion du moment, et en même temps le sort de la victime était courue d’avance. Le lecteur est conforté dans sa sensation par quelques remarques en passant, qui semble tirées d’un roman noir. Un commentaire du narrateur omniscient : Il faisait froid dans la chambre, tout était en ordre, si ce n’est la lumière allumée et Joss seule dans le lit, bien couverte, détendue et morte. Ou encore une pensée de Simon : Seule, dans la chambre froide. Il y a à la fois ce froid détachement face au crime, et cette façon de jouer avec le langage : chambre froide au sens littéral, et chambre froide où la viande est conservée. Cette sensation de polar est renforcée par le traitement graphique : des personnages avec des gueules, ce qui fait ressortir l’étrangeté fascinante et parfois monstrueuse de l’altérité, des passions intenses qui affleurent sur le visage, effrayantes pour autrui car sans filtre. Ou en planche treize un contraste poussé entre des zones noires (pour la nuit) et des taches de blanc, rapprochant la composition de l’abstraction. En effet, les deux personnages se retrouvent en cavale. Ils décident de fuir pour échapper à la police (qui ne sera jamais représentée dans ces pages), en tentant de franchir un col dans la montagne sauvage pour gagner l’Italie. Le polar passe alors en mode huis clos dans un grand espace ouvert sauvage, entre deux hommes unis par une amitié indéfectible, et confrontés à un effort physique intense, à une randonnée à risque dans la neige, à leurs pensées négatives. En planche vingt-huit et vingt-neuf, le lecteur se rend compte que l’artiste inverse le rapport de noir et de blanc, les cases devenant vierge avec des taches noires et des effets minimalistes, certains éléments visuels n’acquérant du sens qu’en relation avec ce qui est montré dans la case précédente ou la suivante. Le contraste est total entre la sensation d’enfermement de l’urbanisme, et les grands espaces ouverts. En outre, l’artiste s’attache à inclure la faune : un aigle qui chasse au-dessus de la maison en montagne, une page consacrée au vol d’un groupe de corneilles (littéralement des petites taches noires sur le blanc de la case, et un trait irrégulier pour la crête de la chaîne de montagnes), des silhouettes de chamois (en ombre chinoise) sous une tempête de neige, autant d’instants magnifiques, faisant ressortir le contraste entre la fragilité de l’homme dans cet environnement sauvage et la parfaite intégration des animaux. Cette variante de la course-poursuite (plus une fuite dans les faits) impulse une dynamique au récit, et le lecteur se laisse prendre à l’intrigue, se demandant si les deux amis s’en sortiront, à quel prix, dans quel état. S’il connaît un peu l’œuvre de l’auteur, il détecte également des éléments de nature autobiographiques, et toujours son regard personnel sur l’humanité et ses faiblesses. Se retrouver à marcher avec Marc & Simon dans la neige, dans les montagnes proches de Nice procure des sensations authentiques. D’ailleurs, la commune de Saorge existe vraiment, dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En outre, le lecteur a la surprise de retrouver le petit garçon avec un doigt porté à sa bouche qui apparaît dans Passe le temps (1982). De plus, Jeanne vient s’enquérir de Marc dans la maison de montagne, cette dame étant un deux personnages principaux de La Peau du lézard (1983) avec François. Ces deux occurrences laissent à penser qu’à l’époque l’auteur pouvait être tenté de créer une continuité interne sous la forme d’éléments récurrents ténus. Dans ce récit réside également celui d’une amitié d’une force peu commune. Le lecteur peut être tenté d’y voir un hommage transposé à partir des liens avec son frère Piero. Il aborde également la souffrance que peut être l’existence pour certaines personnes, au travers du personnage de Joss. Simon la compare à ces enfants que l’on met sous cloche aseptique dès la naissance parce qu’ils n’ont aucune protection contre l’extérieur. Il ajoute qu’elle ne supportait pas l’odeur d’excrément qui fait le quotidien. Marc renchérit en disant qu’elle a appris que les actions directes, ou indirectes ne détruisent pas la misère du monde. Il ne lui restait plus qu’à convaincre un d’eux de pratiquer un avortement qui aurait dû se faire il y a vingt-quatre ans. Le lecteur retrouve une forme d’expression très roman noir, et en même temps une empathie presque insupportable à la souffrance d’autrui. Cette bande dessinée appartient aux œuvres de l’auteur qui relèvent plus de la fiction que de l’autobiographie, qui traduisent son amour pour le roman noir. Une fois passées les deux premières séquences un peu déroutantes (un décès dont l’incidence ne sera évoquée qu’au travers du comportement d’un personnage) et son journal intime à la forme très libre et chargée de tâtonnement artistique, le lecteur plonge dans un polar avec un vrai crime, une narration visuelle très personnelle. Comme tout bon polar, celui-ci sonde une facette de la société, et fait apparaître la personnalité profonde de ses deux principaux personnages, avec une sensibilité humaniste unique et sincère. Émouvant.

22/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Le Nom de la Rose
Le Nom de la Rose

J'ai terminé aujourd'hui la lecture du deuxième tome. J'ai aimé les dessins, comme c'est souvent le cas avec Manara. Mais je n'arrive pas à laisser tomber le roman et même le film. Ce sont trois objets différents et j'aime beaucoup les avoir chez moi. Je me suis beaucoup amusé avec le témoignage de J. J. Annaud à la fin de l'œuvre! Pourtant, le sentiment d'un manque ne m'abandonne pas: U. Eco était un grand écrivain ( théoricien de la BD et philosophe aussi) et il y a un peu de perte en toutes ces adaptations... P. S. Je vais lire le roman, encore une fois, et j'aime bien plus les dessins de Manara en noir et blanc. -------------------------------------------------------------- Après une relecture des albums et une considération réfléchie, je pense que j'ai été injuste. Le premier tome est plus abouti au niveau du dessin, mais l'adaptation de Manara a sa valeur et mérite une meilleure place dans ma bibliothèque mentale. Je ne sais pas si Eco aurait approuvé Marlon Brando dans le rôle de William...

20/02/2026 (MAJ le 21/04/2026) (modifier)
Couverture de la série Gon
Gon

J’ai lu les tomes 1 et 3, et je pense que ça va me suffire. En effet, par-delà quelques petits changements de lieux et de bestioles, c’est quand même assez répétitif ! Très vite lu, et pas toujours captivant ! Je me demande d’ailleurs à qui s’adresse cette série. Classée en Ados/adultes, j’ai quand même l’impression que c’est du tout public qui vise avant tout un jeune lectorat, si j’en crois les petits questionnaires – vraiment riquiqui – qui clôturent chaque chapitre, pour présenter – de façon ultra succincte – une ou deux espèces animales croisées par Gon dans le chapitre précédemment lu. Le point fort de la série, c’est le dessin de Tanaka. Son trait réaliste, en Noir et Blanc, est vraiment très chouette, expressif, précis, et agréable. Mais pour ce qui est des histoires elles-mêmes, ça m’a laissé sur ma faim. Le fait qu’on n’ait aucune explication sur la présence de ce bébé T-rex au milieu d’une faune contemporaine passe encore, mais ensuite, une fois acquise cette idée, ça se répète, et je ne sais pas comment on peut lire 7 albums entiers sur le même format !? Il y a quand même quelques passages qui m’ont davantage plu. D’abord toujours grâce au dessin, et la mimique de Gon donne des passages amusants, lorsqu’il essaye de copier ce qu’il voit (sans contrôler sa force) : voir ce que donne le barrage qu’il construit en copiant les castor… De même, j’ai trouvé amusant le récit où il rend dingue – c’est le cas de le dire – un dingo. Mais voilà, l’auteur s’est fait plaisir, il balade son T-rex dans tous les coins de la planète, celui-ci croisant donc des animaux très variés, s’incrustant partout, comme un gamin gaffeur, avec une force énorme (et sa grosse bouille est souvent drôle à voir). Mais ce plaisir ne se renouvèle pas assez selon moi.

21/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série L'Intégrale de Mickey
L'Intégrale de Mickey

Floyd Gottfredson a repris les strips quotidiens de Mickey, à la suite d'Ub Iwerks. C'est lui qui a fixé l'image du Mickey classique que nous avons tous aujourd'hui, ainsi que celle de Minnie, Dingo et de nombreux autres personnages. Mais les histoires sont très limitées par les standards et les préjugés de l'époque. Voyez l'épisode des gitans ! Plus tard, et au fil des décennies, surtout dans les années 50 et 60, il a construit, avec l'aide de plusieurs scénaristes, une œuvre plus personnelle, en même temps universelle, et avec quelques personnages mémorables.

21/04/2026 (modifier)