Les derniers avis (20 avis)

Couverture de la série Leave them alone
Leave them alone

Les auteurs me sont quasi inconnus mais chouette première rencontre. Pas de coup de cœur particulier mais moi aussi j’ai trouvé ça très bien. Un western qui déroule, efficace de chez efficace cet album. J’ai bien eu peur sur quelques détails mais rien à dire sur le fond et la forme. Les premières planches m’ont fait un peu tiqué niveau trait (un peu trop épais), détail corrigé et qui s’efface vite par la suite tant la science des bons cadrages est là, on enquille les 160 pages comme un goret. Le lecteur sera emporté par ce microcosme du grand Ouest, un rien classique il est vrai, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bien âpre et sauvage. Le scénariste construit son intrigue autour d’attaques de diligences. On aura droit à tout le toutim : outlaws, shérif, banquier … avec également quelques beaux rôles féminins (finalement les seules qui s’en sortent un peu dans cette histoire). Malgré son classicisme, le récit réserve quelques surprises appréciables sans que ça fasse surenchères. Il y a sans doute des grosses ficelles mais que le rythme efface ou que le lecteur pardonne tant le plaisir est là. Sans conteste un tome qui mérite qu’on s’y intéresse, l’ambiance y est vraiment bien rendue.

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série 36 15 Alexia
36 15 Alexia

J’ai du mal avec les premières séries de Boilet (Le Rayon vert m’avait clairement laissé sur ma faim). Avec cet album, j’ai encore eu du mal à accrocher, même si je reconnais que « 36 15 Alexia » est plus ambitieux et possède plus de qualités intrinsèques. J’ai été amusé au départ par les échanges du héros avec une femme, uniquement au travers du minitel : une petite madeleine que cet appareil qui a, tel un feu de paille, fait office un temps de modernité intemporelle en France (et que les adeptes actuels d’internet peineraient à trouver intéressant, avec ces textes poussifs et son absence d’image…). Mon avis est mitigé concernant l’album. Je me suis ennuyé à plusieurs reprises, les échanges via le minitel en particulier ralentissant le rythme. Et il faut dire qu’en soi l’intrigue n’est ni originale, ni fouillée ou emballante. Mais je vais quand même arrondir aux trois étoiles. Car Boilet – comme souvent chez lui – se met en scène (pas mal d’éléments autobiographiques j’imagine à la base de ce récit) et à nu, jouant sur un certain érotisme (plusieurs pages sont même occupées par des scènes de sexe – sans que ce soit vraiment porno). Surtout, la construction, un peu saccadée parfois, longuette, parfois artificielle, est, à d’autres moments, plutôt intéressantes, avec une mise en abime (on observe le héros écrivant sa BD au moment où il vit les événements (on ajoute un niveau si ce héros est l’auteur lui-même…) qui dynamise le récit. En particulier le jeu entre réalité et fantasmes/possibilités est bien exploité avec les deux conclusions proposées. Une cote mal taillée pour la note, un album sur lequel je ne reviendrai sans doute pas, mais un récit qui possède de réelles qualités. Je précise que j’ai lu l’édition originale des Humanos, et je ne sais pas si la réédition d’ego comme x a modifié ou ajouté quelque chose à ce récit. Note réelle 2,5/5.

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Trilogie Berlinoise
La Trilogie Berlinoise

Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes. Ah la Trilogie Berlinoise ! Quel amateur de polars n'a jamais eu cette série culte entre les mains ? Une série qui a même désormais ses pages Wikipedia. On l'avait découverte à sa réédition en 2008 (même si les premières éditions en français dataient des années 90) et les enquêtes de Bernie Gunther dans le Berlin nazi venaient à point nommé pour nous sortir du matraquage marketing autour d'une autre saga culte, celle du suédois Stieg Larsson avec Millénium : au début des années 2000, le rayon polar envahissait les tables grand public des libraires. Près de vingt ans plus tard, nous sommes de nouveau bien gâtés avec cette adaptation en BD, particulièrement réussie. Deux albums sont disponibles (aux éditions Les Arènes) qui correspondent aux deux premières novellas de la trilogie. L'été de cristal est sorti en novembre 2021 et La pâle figure en avril 2025. Le scénario de Philip Kerr est adapté par Pierre Boisserie, un habitué des intrigues historiques, et les dessins sont signés François Warzala. Le personnage clé de cette série c'est bien entendu le flic Bernie Gunther. Selon les époques et les épisodes, on le retrouve tantôt flic à la Kripo (la KriminalPolizei du Reich dont le siège - l'Alex - se trouve Alexander Platz au centre de Berlin), tantôt comme simple détective privé, ou même détective du célèbre hôtel Adlon. Un amateur de jolies femmes et de bons alcools, aussi désabusé qu'impertinent, qui peut évoquer un Philip Marlowe ou un Nestor Burma. Dans les années 30 il était bien difficile de ne pas composer avec le pouvoir nazi et Bernie est un personnage complexe, qui se permet de côtoyer les figures les plus emblématiques du Reich (les Göring, les Himmler, les Heydrich, ... l'auteur était plus soucieux de pédagogie que de vraisemblance). Heureusement son humour grinçant et sarcastique lui permet de garder ses distances en évitant une trop grande compromission avec les nazis. « - Avez-vous lu Mein Kampf ? - Ce vieux bouquin qu'ils distribuent aux jeunes mariés ? Pour moi, c'est la meilleure raison que j'ai trouvée de rester célibataire. » « La seule raison pour laquelle il n'y a pas de miroir dans les toilettes de l'Alex, c'est pour que personne ne soit obligé de se regarder en face. » « Au fond, le plus surprenant dans tout ceci était ma capacité à être encore surpris par ce qui se passait en Allemagne. » Ce qui lui vaudra également quelques dangereuses inimitiés. Bernie essaie de surnager dans ces eaux nauséabondes en égratignant au passage tous les profiteurs du nouveau régime. « - Pour quelle raison avez-vous quitté la Kripo ? L'avez-vous quittée de votre propre chef, d'ailleurs ? [...] - C'est moi qui suis parti. Je ne suis pas national-socialiste, et si vous n'êtes pas avec eux, vous êtes contre eux. Alors ils se seraient débarrassés de moi de toute manière. [...] - De nos jours, j'enquête sur les disparitions, en forte hausse depuis que les nationaux-socialistes sont au pouvoir. - Ne fais pas attention à ce que dit Bernie, il a parfois un humour déroutant. » Le premier épisode, L'été de cristal, se déroule en 1936 alors que l'Allemagne prépare les JO de Berlin, en pleine ascension du parti National-Socialiste. Le titre en VO (March violets) évoque « les violettes de mars », lorsque fleurirent toutes les adhésions "spontanées" à ce parti nazi sans qui les affaires ne peuvent prospérer et le trafic pour obtenir un "petit" numéro d'adhérent prouvant ainsi sa longue fidélité à la nouvelle doctrine en vogue. À la demande d'un riche patron, le détective Bernie enquête sur le meurtre de sa fille et de son gendre nazi. Le second album, La pâle figure (le titre fait référence à Nietzsche), nous amène en 1938 alors que l'Allemagne envahit les Sudètes. Le privé a réintégré la police officielle, pour un temps, et part sur les traces d'un serial killer... et sur celles de la propagande qui prépare la nuit de cristal... Une fois que tout le contexte a été mis en place dans le premier tome, ce second épisode est encore plus fluide et l'intrigue, bien homogène, bien rythmée, en est encore plus captivante. Il nous reste à attendre impatiemment le prochain épisode qui devrait reprendre Un requiem allemand : 1947, la guerre est enfin terminée et Vienne est devenue un nid d'espions. Le texte de cette BD assez bavard (notamment avec le monologue intérieure de Bernie en voix off) et reste particulièrement fidèle au bouquin de Philip Kerr, souvent mot pour mot. Les enquêtes policières ne sont que le prétexte à une visite guidée très complète de l'Allemagne nazie et chaque épisode met en scène des événements bien réels. La série de Philip Kerr avait été abondamment surexploitée par les éditeurs et s'était un peu usée au fil du temps : ces albums tombent à pic pour donner un petit coup de renouveau à ces intrigues qui sont restées passionnantes et surtout très instructives. Il est vraiment plaisant de se livrer à cette relecture de ces grands classiques. Même si ces albums peuvent toutefois se lire sans connaître l'original, je pense, et donneront peut-être envie de s'y (re-)plonger. Le dessin de Warzala est celui d'une ligne claire franco-belge très pure qui rappelle Blake et Mortimer, et dont le trait un peu désuet convient parfaitement à cette reconstitution des années 30. Dessin et mise en page restent plutôt sages pour laisser toute sa place au récit.

12/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Dina et le millimonde
Dina et le millimonde

Venue passer les vacances chez sa grand-mère dans un petit village d'Italie, la jeune Dina se retrouve miniaturisée après avoir mangé une part de gâteau pour le moins mystérieuse. Cette transformation ne serait pas un cas isolé : elle a déjà touché une partie des habitants du village des années auparavant, dont le grand-père de Dina. Les survivants ont depuis fondé une petite civilisation secrète à leur échelle. Dina va devoir s'y intégrer à la fois pour survivre dans ce monde nouveau et pour percer le mystère à l'origine de cette situation. Il s'agit d'un récit d'aventure léger, destiné aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le graphisme, signé Antonello Dalena (l'auteur de Ernest & Rebecca), affiche un trait très italien, proche de l'école Disney, avec des couleurs évoquant le travail de Barbara Canepa. Le style est vivant et moderne, pas toujours irréprochable dès que l'on s'éloigne des éléments les mieux maîtrisés par l'auteur, mais globalement efficace et agréable. Le principe et les décors miniaturisés évoqueront sans doute Arthur et les Minimoys ou encore Maman j'ai rétréci les gosses, mais l'album parvient à s'en détacher grâce à une touche personnelle et à un vrai sens de l'humour. Cela passe notamment par l'ambiance très italienne du séjour chez la grand-mère et par l'atmosphère du village portuaire. Cette longue introduction permet de s'attacher aux personnages et de s'imprégner du drame qui a frappé les villageois et la famille de l'héroïne. Une fois la transformation opérée, le récit devient plus rythmé et nettement plus orienté vers l'action. Cette partie accumule toutefois quelques facilités : un antagoniste un peu pénible que l'on espère voir rester secondaire, un jeu d'échelles très libre, et une notion du danger à géométrie variable. Tantôt les araignées deviennent gigantesques, tantôt les héros descendent sans difficulté d'une table, tantôt les distances semblent immenses, tantôt tout le monde se retrouve au même endroit comme par hasard. Si cette souplesse sert le rythme et l'efficacité de l'action (il s'agit après tout d'un divertissement jeunesse, pas d'un documentaire sur la survie d'humains miniaturisés), elle nuit aussi à la cohérence interne et empêche parfois une immersion totale. Le cliffhanger de fin de premier tome, par ailleurs, se voit venir de très loin. En résumé, j'ai beaucoup apprécié la mise en place et l'ambiance italienne du début, tandis que la partie action, une fois l'héroïne miniaturisée, m'a paru plus convenue et un peu moins convaincante. Cela reste toutefois un tome clairement introductif, qui pose des bases solides. Les ingrédients sont là pour proposer une suite bien plus aboutie : j'attends donc la suite pour me faire un avis définitif.

12/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Echo des jours brisés
L'Echo des jours brisés

1972, dans un village de Galice, un vieux vagabond se fait peu à peu adopter par la population après avoir sauvé un cochon en fuite. Affable et doué à la guitare, il suscite rapidement l'attachement des villageois, à l'exception de quelques notables guindés qui voient d'un mauvais oeil ce clochard trop souriant, ainsi que d'une bande de gamins qui lui reprochent d'avoir été hébergé temporairement dans l'endroit leur servant de cachette secrète. En s'y introduisant pour fouiller ses affaires, ils découvrent un revolver et des balles. Si ces objets appartiennent bien au vieil homme, celui-ci est incapable d'expliquer leur provenance : amnésique, il a totalement occulté son passé. Par bien des aspects, cette BD m'a fait penser à Magasin général de Tripp et Loisel. On y retrouve ce décor de petit village où tout le monde se connait et vit dans une relative harmonie, mais aussi une mise en scène et un graphisme proches, notamment dans le dessin des personnages et même dans les pages de garde représentant une vue globale du village. Il y a enfin ce même mélange entre chronique sociale et ancrage dans un cadre historico-géographique très marqué. À la différence près qu'il ne s'agit pas ici du Québec du début du XXe siècle, mais de l'Espagne des années 1970, encore engluée dans le franquisme et lourdement marquée par le souvenir de la guerre civile et des fractures qu'elle a laissées dans la société. Et, forcément, le mystère entourant ce vieillard est intimement lié à ce contexte. L'intrigue se révèle engageante et assez originale et, malgré un sujet sérieux, dégage un côté feel good agréable. Il y a quelques facilités, comme la rapidité avec laquelle le vieillard est adopté par la population juste parce qu'il a attrapé un cochon. Mais à côté de ça, le scénario ne se livre pas trop facilement et les personnages évitent d'être figés dans des archétypes trop attendus, ce qui est appréciable. Le dessin manque parfois d'aisance, mais reste agréable à suivre. On tient surtout une histoire solide, bien rythmée, qui fonctionne parfaitement en un seul album, sans sensation de longueur ni de frustration. Une lecture simple mais réussie.

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série 20th Century Boys
20th Century Boys

Oui on peut le dire, c'est une œuvre culte. Voilà un manga que j'ai croisé pendant 10 ans. J'ai aussi croisé des personnes qui me l'ont vivement recommandé. J'avais essayé de lire le 1er tome une première fois et je n'avais pas dépassé quelques chapitres. Idem des années plus tard. En général j'arrête là, tous les goûts sont dans la nature et nous n'avons parfois pas les mêmes, c'est la vie. Pourtant, je sentais que j'étais passé à côté de quelque chose, ce n'était pas une histoire de gout. Alors je suis allé à la médiathèque et j'ai pris les 5 premiers tomes. Et j'ai compris. A mon sens, en dehors des analyses des nombreux commentaires précédents, plus fins que ce que je peux bien écrire, il y a un cocktail génial : une intrigue addictive, très originale et une ambiance tout aussi particulière. L'ensemble construit un récit vraiment surprenant, dans son fondement et son déroulement. Presque déroutant parfois. Je rejoins d'ailleurs le commentaire d'Antoine en particulier. En plus de ça c'est mécaniquement un "page-turner" comme on dit. Côté dessin je serais un peu moins dithyrambique mais ils sont efficaces et plaisants. Un manga à lire !

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Sorcières (Igarashi)
Sorcières (Igarashi)

J'ai accroché, terriblement accroché ! D'abord à ce dessin à la fois génial et bancal. Un dessin qui peut se montré travaillé et parfois presque bâclé. Ca donne un sentiment d'un dessin un peu raide à la base mais très lâché, parfois trop. N'est pas Eiichiro Oda qui veut. Alors il arrive que certains piquent un peu les yeux… Cependant souvent on se prend à admirer les planches ou une case en particulier. Bref j'ai adoré, je suis allé regardé sur notre site bd préféré qu'est bdthèque ce que cet auteur avait publié d'autres. Je suis heureux de cette découverte Côté scénario les récits de sorcières sont originaux et je me suis facilement laissé emporté. Chaque récit est bien distinct dans son ambiance et ses décors. L'imaginaire déployé est réussi et souvent surprenant. La magie indicible de ces sorcières évite les clichés habituels avec une dimension mystique, parfois inquiétante, qui fonctionne très bien dans chacun des 2 tomes. A noter que le 1er récit est peut être le moins réussi (tant niveau dessin que scénario). Je vous recommande cette bd pour son graphisme et si vous aimez les récits (de sorcières) inspirants !

12/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Paul
Paul

Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album. Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme. On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre. Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.

12/01/2026 (modifier)
Par Mashiro
Note: 2/5
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Je n’ai pas l’habitude de lire de la science-fiction mais il est dur de résister à la lecture de Shangri-La tant le dessin est beau ! Shangri-La nous emporte dans un monde lointain où la Terre a été détruite et une partie de l’humanité a survécu sur une gigantesque station spatiale régie par une multinationale symbole du capitalisme le plus extrême. Le monde est régi par le travail et fait un peu penser au PCC. Différents héros trouvent certaines failles dans le système et cherchent tant bien que mal à se rebeller. La grande force de cet ouvrage c’est son dessin. Mathieu Bablet transcrit parfaitement la beauté de l’espace et sa grandeur. La taille de la BD permet de rendre compte d’autant plus de tous les détails du dessins, la multitude de traits qui fait de chaque page une œuvre d’art en tant que telle. J’aime également beaucoup les différentes palettes de couleurs qui sont vraiment bien utilisées. Je n’ai juste malheureusement pas accroché au scénario malgré quelques bonnes idées. Il y a une volonté de dénoncer le système capitaliste (avec une dictature chinoise poussant toujours à la consommation), le racisme (avec l’incarnation d’une nouvelle race animaux-humain qui se prend tous les maux du monde) et l’exploitation animale (avec des usines de chiens qui construisent des iPhones). Mais c’est toujours trop vulgairement amené, trop lourd, trop évident. Je n’ai pas aimé le manque de subtilité et la dénonciation trop facile avec des héros trop naïfs. À lire pour le dessin !

12/01/2026 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen
Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen

Le Yémen est connu pour sa pauvreté, ses guerres et parfois aussi pour sa pratique dure de la religion. Cette bande dessinée nous offre une porte d’entrée unique à travers le destin de différentes femmes au Yémen. En 2012, Agnès Montanari part en photo-reportage au Yémen et rencontre Aïcha, une yéménite d’apparence comme les autres femmes, voilée de la tête au pied, et avec qui elle se lie soudainement d’amitié. Aïcha lui fait par la suite rencontrer d’autres femmes qui lui conteront leurs vies, leurs aspirations ainsi que les difficultés d’être une femme au Yémen, hier et aujourd’hui. De cela en découle une série de photos et de portraits (voilés) que l’on peut partiellement retrouver à la fin de l’ouvrage. Ugo Bertotti utilise l’ensemble de ces témoignages visuels et textuels pour nous raconter ces histoires de femme. J’ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage tant il est intéressant d’un point de vue historique et journalistique. C’est comme regarder une vidéo Youtube Arte mais en BD. L’histoire de Sabiha au début m’a également touché car elle est le symbole de l’absurdité des traditions, de l’oppression que peut représenter les questions d’honneur et de l’injustice qui repose derrière ce système patriarcale. Cette BD m’a beaucoup pensé au travail de Troubs avec sa BD sur le Turkménistan, à la fois dans le style, la narration, et les enchainements entre une certaine beauté de la vie qui finit toujours par être remis à sa place par un système rigide. Le monde d’Aïcha date de 2013. Soit une éternité dans l’histoire récente du Yémen dans laquelle, suite à la chute du président en 2012, le processus démocratique a échoué et s’en est suit une guerre meurtrière depuis 2014 avec de large mouvements de population, des famines, et de nombreuses pandémies ou autres malheurs. Nul doute que les faibles espoirs sur lesquels s’entrouvait la BD ont malheureusement été mis à mal par le contexte qui a suivi. Je recommande fortement cette première oeuvre de Bertotti qui ouvre les portes d’un pays méconnu et d’une culture à l’accès compliqué.

12/01/2026 (modifier)