Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre.
Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante.
Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance.
Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc).
Note réelle 2,5/5.
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art.
C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal.
J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques.
Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné.
En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique et sans réel suspense à mes yeux.
Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres.
Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante.
Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde.
Une lecture sympathique.
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc.
On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux.
Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine.
Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Impossible de passer à côté de ce bouquin.
Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^
Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique.
Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)
Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici.
Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination.
Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages.
Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable.
Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables.
Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
De mes lointains souvenirs d'écolier, il me semble qu'à l'époque du Moyen Age la société était divisée en 3 ordres : La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat; Les deux premiers imposant leur rang au 3ème qui était donc de fait soumis au nom de la volonté divine.
En partant de ce postulat, et surfant sur tout l'ésotérisme et l'obscurantisme entourant cette période dans l'imaginaire collectif, Dorison nous livre un scénario soigné et que j'ai trouvé pour ma part plaisant.
Dans "Le Maitre d'Armes" nous suivons les aventures de Hans Stalhoffer, ancien maitre d'armes du roi qui accompagne un jeune protestant dans son voyage vers la Suisse. Poursuivis par des fanatiques ainsi que par un ancien rival, leur crime est d'avoir voulu permettre aux vilains de lire la parole de Dieu.
Ce n'est pas la première fois que Dorison se risque sur le terrain de la religion médiévale, puisque déjà quasiment vingt ans avant il signait Le Troisième Testament.
Et comme son grand frère cet ouvrage semble souffrir des mêmes défauts aux yeux des passionnés d'Histoire.
J'avoue que, pour ma part, si je reste attacher à ce que les auteurs ne réinvente pas l'Histoire (Voir mes différents avis sur Watchmen ou Cinq branches de coton noir), je suis tellement ignorant de cette période que je ne suis pas choqué par les différents scénarios complotistes pouvant s'y dérouler.
Je trouve même que l'époque s'y prête très bien. Ayant si peu confiance en la nature humaine, je ne peux être surpris par l'oppression des faibles par les puissants afin de maintenir leurs privilèges.
Indépendamment de l'histoire écrite par Dorison, que j'ai donc appréciée (comme souvent avec lui), les dessins de Parnotte sont également très plaisants et pour la peine très imprégnants (ça se dit ?).
Leur travail conjoint nous a donc offert une belle œuvre.
J'ai donc lu cet ouvrage comme je regarde un bon film d'action, c'est à dire avec beaucoup de plaisir.
Par ailleurs le fait que cela ne soit qu'un one-shot ne gâche pas le plaisir bien au contraire.
3.5
Décidément, j'aime bien le travail de Lou Lucie. C'est une autrice pleine de talent qui bâtit des œuvres originales et variées.
Ici, c'est un documentaire qui parle des surdoués lorsqu'ils sont adultes et il y a un côté fiction vu qu'on va suivre un gars oiseau surdoué qui rencontre une fille poisson qui a des problèmes et se demande si elle ne serait pas surdouée.
Le sujet est intéressant et il y a tellement d'informations que cela aurait pu finir par être ennuyeux, mais heureusement c'est raconté de manière captivante. Il faut dire que le dessin est vraiment agréable. Rien qu'en regardant le dessin j'ai envie de lire le bande dessinée peu importe la quantité de texte. Les deux personnages principaux sont attachants et on emmène leurs problèmes de manière naturelle.
En tout cas, j'ai bien aimé cette lecture qui m'a appris plusieurs choses. On voit que les surdoués sont loin des stéréotypes qu'on voit habituellement dans les œuvres de fiction.
J'aime bien les œuvres de fiction qui reprennent des éléments de la mythologie grecque et celle-ci reprend deux mythes de manière originale.
J'ai bien aimé comment les autrices ont réussi à parler de certains de nos problèmes contemporains dans un univers qui semble se passer très loin dans le passé. Cette relecture du mythe d'Orphée mélangé avec celui de Pygmalion est faite de manière intelligente et il y a de bonnes idées. Le dessin est très beau, il y a de belles planches.
Le seul problème est que je trouve que ça se lit trop vite et qu'au final le scénario semble léger malgré le fait que le récit contient plusieurs thèmes. En fait, en dehors d'une scène dans les dernières pages il y a pas grand chose qui m'a marqué. C'est une lecture agréable et les autrices ont du talent, mais je ne mettrais pas ce one-shot dans mes indispensables.
Le long résumé, que je n'avais pas lu avant ma lecture, en dit beaucoup de l'histoire. Ce n'est donc pas une thématique animalière mais autour de relations adolescentes. Un trio uni depuis l'enfance d'une part avec 2 garçons et une fille, et d'autre part un 4ème larron nouvel arrivant qui vient semer le trouble dans l'esprit du protagoniste. Cela tourne rapidement sur le sujet de l'homosexualité. Une lecture agréable et fluide, les dialogues sont biens et le dessin aussi. Bref Ewen Blain (un breton ? en fait il serait natif d'Orléans) que je ne connaissais pas a une belle faculté de raconteur même si je ne suis pas spécialement le public cible du sujet.
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Pour une nuit - Fantasmes au féminin
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre. Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante. Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance. Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc). Note réelle 2,5/5.
Blacksad Stories
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art. C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal. J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques. Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné. En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique et sans réel suspense à mes yeux. Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
Mesdames
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres. Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante. Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde. Une lecture sympathique.
Dewi et ses soeurs
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc. On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux. Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine. Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Vega
Impossible de passer à côté de ce bouquin. Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^ Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique. Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)
Dorohedoro
Ce qui est assez amusant avec cette série, c'est qu'à y lire les avis précèdents, bons comme mauvais, j'y retrouve des éléments que je pourrais renoter ici. Oui, il s'agit d'un Seinen assez original à première vue qui semble compiler plusieurs détails inédits mais sur la longueur, il s'agit d'un leurre et d'une histoire assez toute invraisemblable que l'autrice a du concevoir au fur et à mesure de son succès et de son imagination. Jugez plutôt : Hole est une vie industrielle grise et crasseuse dans une époque indeterminée où cohabitent paumés tentant de survivre comme ils peuvent. Le quotidien est agité par l'arrivée de mages par des portes interdimensionnelles venant s'exercer sur les humains réduits à l'état de cobaye. Notre héros, Caïman, est un amnésique à tête de reptile. Il ne se souvient de presque rien sauf que sa situation serait due à un sort jeté par un de ces fameux mages. Son but est donc de faire la chasse aux mages et de retrouver son responsable, aidé en cela par la tenancière d'un restaurant de gyozas et d'une tête cohabitant à l'intérieur de sa gueule qui semble savoit qui est le responsable. Si ce que je viens d'écrire vous semble surréaliste, il ne s'agit que du pitch principal. Le trait charbonneux de l'autrice donne un certain cachet punk mais le mélange des récits semble artificiel même après plusieurs tomes et j'ai eu la sensation de survoler régulièrement le récit sans m'y impliquer. Personne n'est bon ou mauvais par contre les personnages sont irresponsables. Dorohedoro n'est pas une mauvaise lecture en soit et je comprends facilement le succès de cet empilage d'arcs plus ou moins cohérents mais je pense être passé complètement à côté des propos tant ma lecture fut fastidieuse. Ajoutons à celà un humour faisant rarement mouche et une violence finalement pas si jouissive et j'ai bien du me résoudre que je n'étais surement pas la cible.
Le Maître d'armes
De mes lointains souvenirs d'écolier, il me semble qu'à l'époque du Moyen Age la société était divisée en 3 ordres : La Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat; Les deux premiers imposant leur rang au 3ème qui était donc de fait soumis au nom de la volonté divine. En partant de ce postulat, et surfant sur tout l'ésotérisme et l'obscurantisme entourant cette période dans l'imaginaire collectif, Dorison nous livre un scénario soigné et que j'ai trouvé pour ma part plaisant. Dans "Le Maitre d'Armes" nous suivons les aventures de Hans Stalhoffer, ancien maitre d'armes du roi qui accompagne un jeune protestant dans son voyage vers la Suisse. Poursuivis par des fanatiques ainsi que par un ancien rival, leur crime est d'avoir voulu permettre aux vilains de lire la parole de Dieu. Ce n'est pas la première fois que Dorison se risque sur le terrain de la religion médiévale, puisque déjà quasiment vingt ans avant il signait Le Troisième Testament. Et comme son grand frère cet ouvrage semble souffrir des mêmes défauts aux yeux des passionnés d'Histoire. J'avoue que, pour ma part, si je reste attacher à ce que les auteurs ne réinvente pas l'Histoire (Voir mes différents avis sur Watchmen ou Cinq branches de coton noir), je suis tellement ignorant de cette période que je ne suis pas choqué par les différents scénarios complotistes pouvant s'y dérouler. Je trouve même que l'époque s'y prête très bien. Ayant si peu confiance en la nature humaine, je ne peux être surpris par l'oppression des faibles par les puissants afin de maintenir leurs privilèges. Indépendamment de l'histoire écrite par Dorison, que j'ai donc appréciée (comme souvent avec lui), les dessins de Parnotte sont également très plaisants et pour la peine très imprégnants (ça se dit ?). Leur travail conjoint nous a donc offert une belle œuvre. J'ai donc lu cet ouvrage comme je regarde un bon film d'action, c'est à dire avec beaucoup de plaisir. Par ailleurs le fait que cela ne soit qu'un one-shot ne gâche pas le plaisir bien au contraire.
Comme un oiseau dans un bocal - Portraits de surdoués
3.5 Décidément, j'aime bien le travail de Lou Lucie. C'est une autrice pleine de talent qui bâtit des œuvres originales et variées. Ici, c'est un documentaire qui parle des surdoués lorsqu'ils sont adultes et il y a un côté fiction vu qu'on va suivre un gars oiseau surdoué qui rencontre une fille poisson qui a des problèmes et se demande si elle ne serait pas surdouée. Le sujet est intéressant et il y a tellement d'informations que cela aurait pu finir par être ennuyeux, mais heureusement c'est raconté de manière captivante. Il faut dire que le dessin est vraiment agréable. Rien qu'en regardant le dessin j'ai envie de lire le bande dessinée peu importe la quantité de texte. Les deux personnages principaux sont attachants et on emmène leurs problèmes de manière naturelle. En tout cas, j'ai bien aimé cette lecture qui m'a appris plusieurs choses. On voit que les surdoués sont loin des stéréotypes qu'on voit habituellement dans les œuvres de fiction.
Eurydice
J'aime bien les œuvres de fiction qui reprennent des éléments de la mythologie grecque et celle-ci reprend deux mythes de manière originale. J'ai bien aimé comment les autrices ont réussi à parler de certains de nos problèmes contemporains dans un univers qui semble se passer très loin dans le passé. Cette relecture du mythe d'Orphée mélangé avec celui de Pygmalion est faite de manière intelligente et il y a de bonnes idées. Le dessin est très beau, il y a de belles planches. Le seul problème est que je trouve que ça se lit trop vite et qu'au final le scénario semble léger malgré le fait que le récit contient plusieurs thèmes. En fait, en dehors d'une scène dans les dernières pages il y a pas grand chose qui m'a marqué. C'est une lecture agréable et les autrices ont du talent, mais je ne mettrais pas ce one-shot dans mes indispensables.
Le Masque du renard
Le long résumé, que je n'avais pas lu avant ma lecture, en dit beaucoup de l'histoire. Ce n'est donc pas une thématique animalière mais autour de relations adolescentes. Un trio uni depuis l'enfance d'une part avec 2 garçons et une fille, et d'autre part un 4ème larron nouvel arrivant qui vient semer le trouble dans l'esprit du protagoniste. Cela tourne rapidement sur le sujet de l'homosexualité. Une lecture agréable et fluide, les dialogues sont biens et le dessin aussi. Bref Ewen Blain (un breton ? en fait il serait natif d'Orléans) que je ne connaissais pas a une belle faculté de raconteur même si je ne suis pas spécialement le public cible du sujet.