Les derniers avis (32 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'addiction s'il vous plaît !
L'addiction s'il vous plaît !

Bon, il y a du bon et du moins bon, je commence par quoi ? Allez, disons le négatif, pour rester dans la note positive ensuite : la BD est un peu foutraque. C'est déjanté, pas très linéaire, ça part dans plein de sens, ce n'est pas une construction parfaitement droite et linéaire, un récit entrainant qui permet de comprendre les rouages d'une addiction. Faut s'accrocher, d'autant que la partie graphique est tout autant dans le conceptuel, osant et abusant des visuels, entrecoupés de textes qui se chevauchent et se télescopent, appelant à moult références pop culture qui feront parfois mouche et parfois non. Donc je recommanderais de regarder la galerie, de feuilleter et d'éventuellement ensuite accepter le style et se lancer dans la lecture. Maintenant que c'est fini, passons à ce que j'en pense : j'ai adoré. C'est un livre qui m'évoque les références cités dedans. Ça part en tout sens comme du Bukowski qui vomit sa prose et son vin dans "Women", ça cite des références par palette juste pour la beauté du texte, de la sonorité, du bon mot et de la phrase qui claque. C'est pas du Molière, c'est du punk-rock alcoolisé qui sent les fonds de verre. Et ça parle, ça se déchaine visuellement, c'est du tout bon. Franchement, j'ai presque du mal à reconnaitre l'auteur de Il était une fois la famille - Systèmes familiaux et idéologie tant c'est inventif, fouillé, éloquent. Peut-être une plus grande liberté créative, peut-être un sujet plus proche, peut-être une volonté de s'amuser réellement. Mais franchement, j'ai adoré les visuels, ça claque et ça dépote. Continue comme ça et j'adhère à la suite sans mesure ! Et puis ça cite du Godspeed You ! Black Emperor dans les premières pages, enfin quelqu'un qui a le bon gout de reconnaitre ce groupe génial. Mais en dehors de toutes ces références balancées à la gueule du lecteur qui ne peut plus esquiver sous la masse, c'est un vrai récit d'alcoolique sincère et lucide. On ne dissèque pas les mécanismes, les effets ou les questions sur la place de l'alcool dans la société. C'est pas un traité d'addictologie, c'est un témoignage sous substance d'un type qui se soigne. Et l'alcool c'est pas cool, la cuite c'est triste, la dépendance c'est rude. On reconnait rarement ses déboires, mais la BD est touchante par la sincérité crue et presque violente de ce passé d'alcoolique qui fut le sien. Le déni, les rechutes, les soucis qui y ont conduit comme le poids de la famille ou un TDAH diagnostiqué tardivement (tiens, encore lui ! En même temps c'est un cas assez classique en addictologie ...), bref Terreur graphique parle de tout ce qu'est l'alcool pour lui. Pas de message au passé : un alcoolique le reste, c'est juste qu'il arrête de le boire. Mais l'alcool sera toujours là, le démon du verre le reprendra dès qu'il sera inattentif, et je reste toujours impressionné par la force morale de ceux qui arrivent à arrêter. Ce n'est pas si simple qu'on voudrait le croire ... Cette BD, c'est une bonne tarte dans la gueule, le genre qu'on apprécie parce qu'elle est brute et sans concession, où qu'on déteste pour les mêmes raisons. Ça ne prend pas de gants pour montrer l'ampleur du carnage, la déchéance d'un homme miné par un mal ancestral, celui qu'on peine encore aujourd'hui à reconnaitre en face de nos amis, nos voisins, nos familles. "L'alcool et le tabac ont le droit de tuer, car aux comptes de l’État rapportent leurs deniers ...", peut-on chanter pour se rassurer. Après tout la BD se finit bien, non ? Une BD à lire un verre de Kefir maison en main, une bonne citronnade triple sec ou un petit sirop sec si l'on a que ça. Parce qu'on a aussi le droit de ne pas boire, et souvent même le devoir. Un album qui m'a happé !

03/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Fils du chien
Le Fils du chien

Étrange BD avec laquelle j'ai du mal à trancher sur mon avis. D'un côté je n'ai pas l'impression que cette BD restera dans mon esprit, d'un autre côté je ne peux pas nier que j'étais impliqué dans la lecture et que j'en attendais la suite. La fin ne fut pas à la hauteur de mes attentes, mais il semblerait qu'elle ait capté quelque chose qui m'a suffisamment impliqué pour que je la lise d'une traite sans m'arrêter. Difficile de juger, donc. L'un des plus gros écueils que j'ai avec la BD c'est que son personnage principal ne m'est pas très sympathique. Par exemple son aventure extra-conjugale n'est jamais présentée comme un problème de communication, alors même que c'est potentiellement un des thèmes de la BD. De même sa façon d'être odieux avec son potentiel père biologique (même si je comprends l'origine de cette violence) est assez démonstrative d'un manque cruel de capacité à communiquer. Et ce manque imprègne toutes ses relations : avec sa femme, ses enfants, sa maitresse, son père. Mais cet aspect me l'a rendu assez vite antipathique, puisque je déteste ce genre d'individus qui croit que parce qu'il a des soucis il ne peut plus parler et communiquer. D'autre part, le récit avance peu son propos, le final n'est pas très clair quant au devenir des deux axes présentés en son sein et il manque un véritable déroulement narratif. Qu'en tire le protagoniste, que veut-il faire ensuite, que va-t-il décider ? Rien n'est clair, et d'ailleurs j'ai l'impression que la fin de la BD est la fin des vacances, rien de plus. Par contre, comme signalé plus haut, la BD est tout de même prenante. Le ton est lent, posé, introspectif et donne envie de voir ce qu'il va advenir de la suite. J'ai fini par me rendre comte qu'on ne verrait pas le personnage principal comme antagoniste, mais pendant un moment j'attendais un retournement de fin ou une révélation intéressante qui m'aurait cueilli, notamment sur le père. Mais en tout cas, l'histoire m'a entrainé dans son récit, même si j'ai trouvé que le final faisait retomber mes espoirs. Et qu'elle m'entraine ainsi donne l'impression qu'il y a suffisamment de bon éléments pour que je ne puisse pas la noter moins. C'est bon, pas assez pour me marquer mais assez pour m'intéresser.

02/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série L'Enfer est pavé de bonnes intentions
L'Enfer est pavé de bonnes intentions

Troisième album de Gilbert Hernandez et c'est le moins bon que j'ai lu pour le moment ou du moins celui que je trouve le plus mauvais. Je ne l'ai même pas fini alors qui me restait 30 pages à lire. L'histoire contient des moments très trash. Au vu du titre, j'imagine que le but de l'auteur est de montré toute la violence de la société, surtout sexuel (des jeunes agressé sexuellement, un mort lors d'une partie de bondage) et comment cela marque une petite fille vivant dans un milieu défavorisé. En tout cas, c'est ce que j'ai compris de ce récit qui m'a surtout être une suite de scènes un peu décousu. En tout cas, souvent je ne comprenais pas trop le comportement de certains personnages et où l'auteur voulait vraiment en venir. J'ai fini par trouver ennuyeux ce récit qui me semblait nihiliste. C'est dommage parce que c'est la première fois que je vois le dessin de Hernandez en noir et blanc et j'ai mieux apprécié son trait que lorsqu'il y a des couleurs. Encore un auteur qui n'est pas pour moi je pense.

02/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Souvenirs de la mer assoupie
Souvenirs de la mer assoupie

C'est un récit tout en douceur, en poésie et en absurde onirique, composé pour les trois quarts des histoires courtes de Souvenirs de la mer assoupie, qui se déroulent dans une ville balnéaire ensoleillée, baignée de ciel bleu et de mer limpide. On y suit Lisa dans un quotidien fait de petites aventures émerveillées, entre poésie, rêve éveillé et fantastique discret, avec un univers très proche de Miyazaki, où l'étrange et le merveilleux s'invitent sans jamais rompre la douceur générale. Le reste du volume est constitué de Chroniques de la colline aux rumeurs, saynètes en une page situées dans un décor plus terrestre, mais encore plus loufoque, jouant davantage sur l'humour et l'absurde pur. L'ensemble séduit surtout par son ambiance chaleureuse, ses couleurs dominées par les bleus et la beauté de son dessin plein de rondeur et de détails. En revanche, j'ai trouvé que la première partie reste très charmante mais un peu trop enfantine et naïve pour vraiment m'embarquer pleinement, malgré un potentiel très fort d'émerveillement. La seconde série, plus décalée, m'a paru amusante et pleine d'idées, mais globalement moins marquante. Il en ressort une lecture agréable et douce, très cohérente dans son atmosphère, mais un peu trop sage et mignonne pour réellement me toucher en profondeur.

02/06/2026 (modifier)
Couverture de la série 1949
1949

Je ressors avec un sentiment mitigé de cette lecture. La couverture et le pitch de départ sont relativement intrigants, avec ce personnage qui navigue entre deux mondes/époques, sans que l’on sache tout de suite si c’est la femme de 1949 qui rêve le « futur » ou si c’est une femme du « futur » qui est envoyée dans le passé en 1949. L’intrigue se laisse lire, mais plusieurs choses m’ont un peu laissé sur ma faim. D’abord l’histoire elle-même est finalement assez légère, manque d’un peu de consistance (surtout pour la partie SF, sur laquelle j’aurais aimé en savoir davantage). Ensuite la fin m’est apparu un peu brutale. Comme si elle avait été précipitée et que manquait un bon développement. Une petite curiosité, qui me laisse l’impression d’un matériau insuffisamment exploité. Note réelle 2,5/5.

02/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Chants du Chaos
Les Chants du Chaos

L’album a été sèchement cueilli par les premiers avis. Mais la couverture me faisait de l’œil, et j’ai donc emprunté ce tome inaugural. S’il m’a laissé un peu frustré et sur ma faim, je vais quand même être moins dur que les premiers aviseurs. D’abord parce que le dessin est « joli ». La colorisation manque elle sans doute de nuance, mais est aussi globalement agréable. En tout cas l’habillage d’ensemble est agréable, avec un univers qui fait penser à un moyen-âge fantasmé d’Europe orientale, et des bestioles « fantastiques » originale, intrigante. C’est d’ailleurs l’intrigue qui est intrigante, qui donne envie d’en savoir plus, et ce dès le départ. Mais voilà, avec une pagination pourtant conséquente (près de 110 pages), j’ai trouvé que l’intrigue n’avait pas beaucoup avancé « globalement » (il en est autrement pour les relations entretenues par plusieurs personnages – relation homosexuelle qu’on voit arriver très en amont). Ça s’étire, le rythme est lent, et l’univers n’est pas très développé finalement. Je ne sais pas combien de tomes sont prévus, mais j’espérais en savoir plus sur les deux côtés du « mur », sur ce qui s’était passé avant la séparation des deux mondes, et surtout sur ces animaux fantastiques et redoutés. A voir donc pour la suite, mais il faudra sans doute resserrer l’intrigue et lui donner davantage de rythme, le lecteur que je suis ayant le sentiment qu’un certain potentiel n’est pas exploité. Note réelle 2,5/5.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ralentir
Ralentir

Une BD dans l'air du temps, même si elle est sortie pré-covid, sur la nécessité de ralentir dans une société de plus en plus rapide en tout, où plus personne n'a le temps et que l'on fonce partout, tout le temps, au plus vite. Autant dire que je suis assez d'accord avec les bases de cette BD, à savoir qu'on a besoin de temps pour nous, que rien ne remplacera les relations humaines en direct et que l'on vit dans un monde qui ne sait souvent pas prendre le temps de simplement s'arrêter. Mais encore une fois, ce n'est pas parce que je suis en accord avec la BD qu'elle va forcément me plaire. Et là, c'est une BD qui manque un peu de peps dans son développement. L'histoire est assez classique dans le récit : lui, engoncé dans sa routine, costard et cravate, commercial toujours sur les routes et en mouvement, sacrifiant tout à son travail. Elle, libre et jeune, engagée et déconnectée, prônant le temps pour soi et le contact humain. Ils se rencontrent, ne s'apprécient pas mais surpris par les évènements vont se retrouver bien malgré eux à partager un moment de vie qui va les faire comprendre l'autre. Franchement, on rajoute une romance et on a la comédie romantique anglaise de l'année, non ? Et c'est un peu le souci, c'est que c'est classique et prévisible. Le revirement de David en une soirée est sympathique, mais j'y crois moyen. De même que l'exemple qu'ils voient dans la soirée est certes intéressant et bien foutu, mais bien trop idéaliste. Le côté indépendant en tout (eau et électricité notamment) est un peu trop poétique pour être vrai, et même si j'aime cette idée de petit hameau retapée qui s'ouvre aux autres pour un moment déconnecté, je sais qu'il ne suffit pas de ça pour que l'on change de modèle de vie. Souvent une soirée comme ça s'oublie dans la nuit et reste un beau souvenir qui ne change rien aux habitudes. Mais ça c'est mon côté cynique sans doute ! Parce que sinon, la BD montre assez bien l'idée de vivre autrement, travailler sans se crever à la tâche, vivre pour soi et non pour gagner plus. Bref, vivre vraiment, quoi ! Et j'aime cette philosophie que j'aimerai voir beaucoup plus développée dans nos imaginaires collectifs. En tout cas c'est une BD qui donnerait envie de voir des milliers d'autres proposer des alternatives ralentissant le temps pour tous ... Juste un petit mot sur le dessin, efficace mais trop lisse pour véhiculer l'émotion. Il manquerait la magnificence de l'extérieur, de la nature et la concrétisation visuelle du temps qui passe plus lentement, s'étire dans un moment où les heures s'oublient. Je pense que c'est réellement ce qui aurait propulsée la BD plus loin, en l'état c'est très fonctionnel. Une BD pas mauvaise qui va dans le sens de bien d'autres sur la décroissance, le ralentissement de notre activité, la promotion du lien social et de la communauté, que de belles choses que j'apprécie mais pas suffisamment bien développée. Une BD qui rate un peu le coche en ce qui me concerne.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Année fantôme
L'Année fantôme

Tronchet a changé quelque peu son style de BD et je dois dire qu'il me plait bien dans son nouveau style, moins drôle et plus intimiste. Cette BD semble aller dans la veine de Le Chanteur perdu mais avec une histoire inventée de toute pièce. C'est une histoire banale d'humoriste qui voit sa vie se délier alors qu'il prend conscience qu'il a des trous dans son histoire familiale. Si le début est très centré sur un type dont l'humour était la façon d'échapper au poids de la vie (métaphore de Tronchet lui-même), accompagné de sa femme qui reste en permanence au premier degré (personnage dont le décalage est souvent la principale source d'humour) et de son fils qui voit cette famille inconnue débarquer dans sa vie. Le récit est clairement découpé en deux périodes, d'abord la façon dont cet humoriste voit sa vie changer brutalement avec sa prise de conscience intérieure, tandis que la deuxième partie est la chasse aux secrets de famille et la résolution de ceux-ci. Le souci, c'est qu'à part la question de se retrouver soi-même et comprendre son passé, qui tourne autour du protagoniste, l'ensemble est assez peu lié. Finalement c'est une histoire de tournant dans la vie, puis une histoire de secret de famille. Le tout sans grand lien, la fin ne rebouclant pas vraiment sur la première partie ni les questions en suspens sur le personnage principal. On s'est beaucoup trop attardé sur sa vie pour conclure sans rien dessus : reprendra-t-il l'humour, va-t-il changer de voie, comment se sent-il professionnellement ? Rien n'est dit, et ça donne l'impression que le début n'est qu'une longue, très longue préparation aux secrets de familles qui vont éclater ensuite, et c'est dommage. J'aurais bien aimé avoir l'après révélation, ce que ça dit sur lui, sa famille et son travail. Tronchet a son style de dessin, qui surprend un peu dans la bouille du personnage principal, avec son long nez et son air permanent de mec plus malin que tout le monde (qui me l'a vite rendu antipathique avant qu'il ne change), mais il se tient et Tronchet sait clairement ce qu'il fait. C'est joli dans les décors du sud, on sent qu'il prend également son temps lorsqu'il faut pour présenter les choses. Après, avec autant d'expérience ce serait étrange de rater une BD. Pas mauvaise du tout, donc, mais avec une petite déception sur ces deux parties assez peu reliées à mon gout. Ce n'est pas incohérent, mais pas assez exploité non plus. C'était aussi le cas dans Le Chanteur perdu avec deux parties axées autour de la recherche, mais elles étaient plus liées thématiquement et le final rebouclait assez bien sur l'ensemble. Donc ce n'est pas déconseillé comme lecture mais j'aurais aimé plus.

02/06/2026 (modifier)
Par Michefra
Note: 4/5
Couverture de la série Une nuit avec toi
Une nuit avec toi

Dans Une nuit avec toi de Maran Hrachyan, on suit l’histoire de Brune, une jeune femme parisienne plutôt jolie. Comme beaucoup de femmes de son âge, Brune est angoissée lorsqu’elle se promène seule dans la rue. Alors qu’elle accepte de se laisser raccompagner par un ami en fin de soirée, Brune découvre que celui-ci est intéressé par elle et se montre de plus en plus insistant malgré ses refus. De cette situation (déjà vécue par de nombreuses femmes), la tension va monter et un drame (pas forcément là où on l’attendrait) va se produire, en découlera un véritable cauchemar pour Brune dont la situation ne fera qu’empirer. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la BD (contemporaine), je crois que cette BD a été la première à me faire un effet pareil. Plutôt que de nous expliquer ce que sont les VSS et l’importance du consentement, l’autrice parvient à nous faire ressentir l’insécurité ambiante que peut ressentir une femme dans des situations banales. L’intrigue peut en effet paraître prévisible à certains passages mais l’intérêt se situe plutôt dans l’ambiance. Au premier regard, le dessin semble froid et peu agréable mais colle parfaitement au ton de la BD. La mise en scène et le rythme sont réussis, on prend plaisir à parcourir les planches (La BD se lit assez vite). La construction des planches est assez graphique avec peu de texte, on alterne entre gros plans (petites cases) et plans larges (cases plus grandes) ce qui renforce à mon sens le côté oppressant.

02/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série On se reposera plus tard
On se reposera plus tard

J'ai lu cette BD sans grand plaisir ni déplaisir, tout en me demandant où on allait. Et le final est : pas fou du tout. En gros, c'est une histoire fictive sur un type d'EPADH que je ne connaissais pas, mais dont la révélation de l'existence n'a strictement rien changé à la mienne. C'est gentil, vaguement informatif, mais pas spécialement intéressant. Même si je ne connais pas grand chose aux EPADH, cette BD n'a pas spécialement donné plus envie de m'y intéresser. Le souci est que la BD part d'un exemple de vieille femme obligée de s'y installer suite à une complication de santé et personne pour s'occuper d'elle. Très vite elle découvre l'univers et les habitants, avec leurs travers et chacun spécifiquement typé (la dame qui râle sur tout, la vieille qui perd la boule, le vieux en scooter électrique ...), dans une ambiance sympathique et bon enfant. Puis voila, ils font leur petite vie et à la fin elle repart contente d'avoir vécue ce bout de vie et j'ai envie de lui dire "Chic pour toi". Si le résumé vous parait lapidaire, c'est qu'en fin de compte il est assez représentatif de la BD : il ne se passe pas grand chose. Le récit aurait pu être plus émotif sur les vieux qui deviennent progressivement grabataires et dépendants, la perte de leurs mémoire et leur identité, ou simplement la question de la solitude, de l'isolement. Ici on a une histoire autour de nains de jardin pour montrer comment il se sortent d'une certaine passivité, mais c'est presque la seule péripétie de l'ensemble. C'est le genre de BD qui fait BD de commande pour vanter les mérites de ces institutions. Je ne doute pas qu'elles sont intéressantes et probablement très bien pour un public de personnes âgées. Mais en même temps, je ne peux pas vraiment recommander la BD qui est franchement moyenne, pas désagréable à lire mais qui n'a pas de réel tenant et aboutissant, qui fait très propre dans son déroulé, sans risque et sans histoire. Et fatalement, ça m'ennuie.

02/06/2026 (modifier)