Je suis désolé, je vais en remettre une couche, mais bon sang, que c’est rébarbatif.
J’avais lu les avis avant, je savais donc à quoi m’attendre, surtout que je n’avais pas particulièrement aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale de la même autrice. Alison Bechdel est clairement une femme intelligente, elle maitrise l’écriture, la réflexion… mais je ne comprends tout simplement pas qui pourrait trouver un quelconque intérêt à ce monologue familial, nombriliste au possible, et à la narration super lourde.
Je suis pourtant amateur du genre « memoir » comme on dit en anglais, dans mes lectures récentes j’avais beaucoup aimé Come Home Indio.
Comme Noirdésir, je me suis forcé à lire une cinquantaine de pages, dans la douleur, et je n’en retiens absolument rien. Peut-être la pire BD que j’ai lue.
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage.
L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final.
Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant.
Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping.
Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série.
Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien.
L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif.
Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping.
Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.
Divertissement jeunesse à succès basé sur une tranche de vie décrivant à partir de la préadolescence, le quotidien d'une jeune fille, une intrigante relation mère-fille et un éveil au sentiment amoureux. L'on pense évidemment à la merveilleuse trilogie de Vanyda Celle que... et à bien d'autres titres plus légers.
Si l'humour, les couleurs et les situations sont assez classiques, ce titre se singularise surtout par ses illustrations géométriques atypiques et cette capacité à saisir un air du temps à la fois singulier et ultra contemporain.
La force de cette BD est aussi sa faiblesse : la société décrite avec grande sympathie est à la fois désagréable de vulgarité et de conformisme, tandis que l'humour trop rare ne parvient ni à alléger l'ensemble, ni à mettre en perspective notre société via un regard pertinent.
Une BD bien sage, qu'un appréciable humanisme en ces temps obscurs sauve de l'anecdotique.
Pris comme un recueil d'illustrations, cet album a sûrement des qualités. Il dégage un charme rétro assez séduisant, quelque part entre art déco et imagerie pin-up, avec ces femmes aux corps sculpturaux et aux seins en obus, très caractéristiques. Il y a un vrai sens de la composition, des couleurs et de l'esthétique, avec un côté rock'n'roll assumé qui peut rendre l'ensemble plaisant à feuilleter.
Mais dès qu'on le lit comme une BD, ça ne fonctionne plus du tout. On a l'impression d'un assemblage d'images sans véritable lien entre elles, comme si l'auteur avait juxtaposé des séquences au gré de ses envies de dessiner de belles femmes, sans se soucier de narration. Les dialogues sont le plus souvent débiles ou abscons, les personnages posent plus qu'ils ne vivent, sans naturel, et la mise en page éclatée n'aide en rien : on lit les planches un peu dans tous les sens, sans fluidité.
Les différentes histoires, ou fragments d'histoires, donnent une impression de vide. Cela fait davantage penser à des clips musicaux, où une succession d'images esthétiques s'enchaînent pour créer une ambiance ou une illusion de cohérence, mais sans jamais construire un véritable récit.
Et malgré ses qualités visuelles, le dessin lui-même a aussi ses limites. Il dégage une forme de froideur assez marquée, qui étouffe presque totalement tout aspect érotique. Là où il devrait y avoir sensualité ou trouble, il n'y a qu'une belle surface, assez distante.
Pour de l'illustration, c'est sans doute intéressant. Mais pour de la bande dessinée, c'est largement illisible.
La couverture et le graphisme m'avaient fait imaginer un album érotique assez classe, avec un charme rétro assumé, dans la lignée de ces aventures exotiques à l'ancienne. Il y avait quelque chose de prometteur dans ce mélange de lavis élégant et d'imaginaire colonial suranné.
Au final, j'ai surtout découvert un objet déroutant, coincé entre un érotisme mièvre (digne d'un téléfilm cheap le dimanche soir sur M6 il y a trente ans), une histoire kitsch et mal fichue, et une forme de ridicule dont j'ai eu du mal à déterminer s'il était volontaire ou non. Je penche malgré tout pour une part de second degré (certains détails sont trop énormes pour être accidentels, comme cette scène finale avec un aveugle au lit accompagné de sa canne), mais la majorité du temps, ce décalage ne provoque pas le rire, plutôt un rictus circonspect et déçu.
Le scénario accumule les clichés et les facilités (Inde de pacotille, officier anglais héroïque, rajah caricatural, rivalités féminines convenues), avec des dialogues ampoulés et artificiels qui évoquent autant le roman-photo que le roman à l'eau de rose. L'ensemble a un côté daté, presque figé, qui peut se lire comme une parodie... sauf que je ne suis jamais vraiment sûr que ce soit assumé jusqu'au bout.
Côté dessin, il y a malgré tout un certain savoir-faire. Le lavis est élégant, certaines planches dégagent une sensualité indéniable, et il y a un fond de classe dans le trait, même si je ne le trouve pas exceptionnel non plus. En revanche, les scènes érotiques tombent le plus souvent à plat : raides, peu naturelles, parfois presque gênantes. Et je ne parle pas des gardiens indiens qui se masturbent avec des têtes ridicules en regardant les héros s'accoupler...
Mais mon principal problème reste la mise en page : le découpage est franchement chaotique, au point qu'il devient difficile de savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles. Cela casse complètement le rythme et rend la lecture profondément confuse.
J'ai l'impression d'un album qui aurait pu fonctionner comme pastiche ou comme objet érotique rétro assumé, mais qui reste coincé entre plusieurs intentions sans en maîtriser une seule. J'ai trouvé ça mièvre et bêta, et surtout pas émoustillant.
Je ressors frustré de cette lecture, mais paradoxalement c'est l'effet voulu par la BD. Parce que si vous voulez la lire en espérant comprendre ce qu'est l'Europe, vous n'aurez pas la réponse. Et c'est justement ce que l'auteur transmet : lui même n'est pas sur d'avoir compris
Je suis donc partagé sur mon ressenti, entre la frustration de ne pas comprendre parce que la BD n'est pas un documentaire didactique, mais en même temps j'apprécie que la BD ait cette honnêteté et tente de faire ressentir à quel point cette Europe est impalpable au grand nombre. Qu'est-ce qu'elle est, comment fonctionne-t-elle, qu'est-ce que ce "Bruxelles" dont tout le monde parle ?
Ce qui est bien, c'est que la BD étant faite par quelqu'un qui se met au niveau du citoyen moyen, offrant un regard assez lucide sur la complexité de l'amas juridique de cette Union Européenne. D'ailleurs j'ai tout de même appris quelques petites choses, notamment l’obscurantisme des transactions effectuées en secret, les négociations entre État et l'équilibre difficile du tout, la pression financière et juridique qui empêchent les réelles prises de décisions fortes, mais aussi les victoires de l'Europe.
Je dirais qu'en sortant de cette BD, je comprends mieux les arguments envers cette Europe et pourquoi elle est si défendue. Je continue de trouver que cette Europe est une porte d'entrée massive du libéralisme et du capitalisme débridée, ce qui est assez peu abordé, mais je suis plus ouvert au débat. Ce qui est par contre dommage, c'est de voir la guerre en Ukraine s'introduire dans les débats et la façon dont tout ceci gangrène les autres débats, notamment écologique par exemple.
En définitive, cette BD est une matière a réfléchir sur l'UE, structure vaste et complexe qui influe énormément sur notre vie. Il y a une vraie réflexion dans la BD sur le fait que le citoyen européen ne comprend pas ce qu'est cette structure si importante, mais qu'elle est presque inaccessible sans connaissances politiques, juridiques et économiques solides. Et même avec, la compréhension de ses rouages est obscur, et il semblerait que la corruption ou les débats à huis-clos enrayent encore la clarté de celle-ci.
Bref, je ne sais pas ce qu'est l'Europe en sortant de la BD, mais je comprends un peu mieux l'étendue de mon ignorance. C'est déjà ça !
Une BD sympathique sur un été en camp de vacances, où l'originalité est d'être un camp de vacances pour russophones aux États-Unis. Mais l'histoire est surtout celle d'une jeune femme qui découvre à la dure que l'amitié n'est pas si simple ...
Le récit est assez classique, mais bien mené. La jeune fille est enthousiaste et volontaire pour aller dans ce camp de vacances, mais déchante vite au contact de la méchanceté d'autres enfants, le sentiment d'être perdu et l'exclusion. Son été sera donc un apprentissage jusqu'à arriver à trouver une place, des liens et passer un meilleur moment que ses premiers jours.
Le déroulé est donc classique, assez mignon dans certains détails et attachant, mais lorsque j'en suis ressorti je me suis dit que la BD ne m'avait pas marqué spécialement non plus. La lecture est fluide et plaisante, mais pas marquante. Sans doute parce que j'ai lu d'autres récits jeunesses qui m'ont plus marqués. L'autrice est sincère dans sa démarche, mais je dois avouer que ça n'a pas suffit à me satisfaire. Tant pis !
"L'homme est un loup pour l'homme" est bizarrement la phrase qui m'est venue à l'esprit à la fin de ma lecture.
Dans le Japon médiéval, un jeune homme sur la route d'Osaka, fait une halte dans un village dont les habitants lui refusent gîte et couvert.
Contraint à dormir dehors, le ventre vide, le jeune homme trouve refuge, dans une étrange maison, une Okiya (maison de plaisirs, ndlr).
Après une nuit passée où les occupantes de la demeure, quatre mystérieuses geishas, mettront ses “talents” du guerrier à rude épreuve, il décide de reprendre la route.
A peine sorti de l'Okiya, cette dernière disparait comme par enchantement. Par quel mystère cela est il possible ?
Cette fable érotique se lit assez facilement et on est rapidement intrigué par cette mystérieuse demeure et on suit l'enquête du héros avec un certain intérêt.
Héros, qui pour ma part, n'aura jamais su attirer ma sympathie sans que cela ne vienne pour autant gâché ma lecture.
Les quelques scènes "pour adulte" sont assez subjectives sans pour autant être trash.
Le dessin de Jung n'est pas spécialement typé manga, il est classique mais assez agréable
Au final une BD qui se révèle être plaisante sans pour autant être indispensable. Elle vaut toutefois la peine que l'on se penche dessus si l'occasion se présente.
Ces jours qui disparaissant a un très beau titre et une couverture d'album qui ne l'est pas moins. Se voir évincé par un alter ego qui n'est autre qu'une autre personnalité qu'on porte en soi : quelle angoisse pas assez traitée en art ! Ceci dit, je ne vois pas pourquoi plusieurs personnalités ne collaboreraient pas, sans compter que ce pourrait être un remède à la solitude. Je referme la parenthèse.
Donc un problème de personnalité est ressenti de manière fantastique par la première personnalité en piste de l'individu si je puis dire vu que l'individu se divise. Quand on ne comprend pas, on ressent les choses de manière fantastique, et cela donne de beaux dessins, comme la couverture… Une psy lui dit ce qu'il en est, mais sera-t-il sauvé pour autant ? Et d'ailleurs, quelle personnalité allons-nous préférer, au final ?
La beauté des dessins assez doux et la tendresse des couleurs me faisant penser à quelque musique discrètement mélancolique, porte le lecteur. Et bigre, tant mieux, sinon un lecteur quelque peu oublieux pourrait se demander si sans s'en rendre compte, une autre personnalité que la sienne n'est pas aux commandes de sa vie !
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Je suis désolé, je vais en remettre une couche, mais bon sang, que c’est rébarbatif. J’avais lu les avis avant, je savais donc à quoi m’attendre, surtout que je n’avais pas particulièrement aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale de la même autrice. Alison Bechdel est clairement une femme intelligente, elle maitrise l’écriture, la réflexion… mais je ne comprends tout simplement pas qui pourrait trouver un quelconque intérêt à ce monologue familial, nombriliste au possible, et à la narration super lourde. Je suis pourtant amateur du genre « memoir » comme on dit en anglais, dans mes lectures récentes j’avais beaucoup aimé Come Home Indio. Comme Noirdésir, je me suis forcé à lire une cinquantaine de pages, dans la douleur, et je n’en retiens absolument rien. Peut-être la pire BD que j’ai lue.
Jean-Pierre Leureux
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage. L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final. Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant. Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Agathe et Tit' Boîte
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping. Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série. Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien. L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif. Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping. Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.
Lou !
Divertissement jeunesse à succès basé sur une tranche de vie décrivant à partir de la préadolescence, le quotidien d'une jeune fille, une intrigante relation mère-fille et un éveil au sentiment amoureux. L'on pense évidemment à la merveilleuse trilogie de Vanyda Celle que... et à bien d'autres titres plus légers. Si l'humour, les couleurs et les situations sont assez classiques, ce titre se singularise surtout par ses illustrations géométriques atypiques et cette capacité à saisir un air du temps à la fois singulier et ultra contemporain. La force de cette BD est aussi sa faiblesse : la société décrite avec grande sympathie est à la fois désagréable de vulgarité et de conformisme, tandis que l'humour trop rare ne parvient ni à alléger l'ensemble, ni à mettre en perspective notre société via un regard pertinent. Une BD bien sage, qu'un appréciable humanisme en ces temps obscurs sauve de l'anecdotique.
Lisa Bay
Pris comme un recueil d'illustrations, cet album a sûrement des qualités. Il dégage un charme rétro assez séduisant, quelque part entre art déco et imagerie pin-up, avec ces femmes aux corps sculpturaux et aux seins en obus, très caractéristiques. Il y a un vrai sens de la composition, des couleurs et de l'esthétique, avec un côté rock'n'roll assumé qui peut rendre l'ensemble plaisant à feuilleter. Mais dès qu'on le lit comme une BD, ça ne fonctionne plus du tout. On a l'impression d'un assemblage d'images sans véritable lien entre elles, comme si l'auteur avait juxtaposé des séquences au gré de ses envies de dessiner de belles femmes, sans se soucier de narration. Les dialogues sont le plus souvent débiles ou abscons, les personnages posent plus qu'ils ne vivent, sans naturel, et la mise en page éclatée n'aide en rien : on lit les planches un peu dans tous les sens, sans fluidité. Les différentes histoires, ou fragments d'histoires, donnent une impression de vide. Cela fait davantage penser à des clips musicaux, où une succession d'images esthétiques s'enchaînent pour créer une ambiance ou une illusion de cohérence, mais sans jamais construire un véritable récit. Et malgré ses qualités visuelles, le dessin lui-même a aussi ses limites. Il dégage une forme de froideur assez marquée, qui étouffe presque totalement tout aspect érotique. Là où il devrait y avoir sensualité ou trouble, il n'y a qu'une belle surface, assez distante. Pour de l'illustration, c'est sans doute intéressant. Mais pour de la bande dessinée, c'est largement illisible.
Les Perles de l'Amour
La couverture et le graphisme m'avaient fait imaginer un album érotique assez classe, avec un charme rétro assumé, dans la lignée de ces aventures exotiques à l'ancienne. Il y avait quelque chose de prometteur dans ce mélange de lavis élégant et d'imaginaire colonial suranné. Au final, j'ai surtout découvert un objet déroutant, coincé entre un érotisme mièvre (digne d'un téléfilm cheap le dimanche soir sur M6 il y a trente ans), une histoire kitsch et mal fichue, et une forme de ridicule dont j'ai eu du mal à déterminer s'il était volontaire ou non. Je penche malgré tout pour une part de second degré (certains détails sont trop énormes pour être accidentels, comme cette scène finale avec un aveugle au lit accompagné de sa canne), mais la majorité du temps, ce décalage ne provoque pas le rire, plutôt un rictus circonspect et déçu. Le scénario accumule les clichés et les facilités (Inde de pacotille, officier anglais héroïque, rajah caricatural, rivalités féminines convenues), avec des dialogues ampoulés et artificiels qui évoquent autant le roman-photo que le roman à l'eau de rose. L'ensemble a un côté daté, presque figé, qui peut se lire comme une parodie... sauf que je ne suis jamais vraiment sûr que ce soit assumé jusqu'au bout. Côté dessin, il y a malgré tout un certain savoir-faire. Le lavis est élégant, certaines planches dégagent une sensualité indéniable, et il y a un fond de classe dans le trait, même si je ne le trouve pas exceptionnel non plus. En revanche, les scènes érotiques tombent le plus souvent à plat : raides, peu naturelles, parfois presque gênantes. Et je ne parle pas des gardiens indiens qui se masturbent avec des têtes ridicules en regardant les héros s'accoupler... Mais mon principal problème reste la mise en page : le découpage est franchement chaotique, au point qu'il devient difficile de savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles. Cela casse complètement le rythme et rend la lecture profondément confuse. J'ai l'impression d'un album qui aurait pu fonctionner comme pastiche ou comme objet érotique rétro assumé, mais qui reste coincé entre plusieurs intentions sans en maîtriser une seule. J'ai trouvé ça mièvre et bêta, et surtout pas émoustillant.
La Tour de Babel - Voyages au coeur du grand bazar européen
Je ressors frustré de cette lecture, mais paradoxalement c'est l'effet voulu par la BD. Parce que si vous voulez la lire en espérant comprendre ce qu'est l'Europe, vous n'aurez pas la réponse. Et c'est justement ce que l'auteur transmet : lui même n'est pas sur d'avoir compris Je suis donc partagé sur mon ressenti, entre la frustration de ne pas comprendre parce que la BD n'est pas un documentaire didactique, mais en même temps j'apprécie que la BD ait cette honnêteté et tente de faire ressentir à quel point cette Europe est impalpable au grand nombre. Qu'est-ce qu'elle est, comment fonctionne-t-elle, qu'est-ce que ce "Bruxelles" dont tout le monde parle ? Ce qui est bien, c'est que la BD étant faite par quelqu'un qui se met au niveau du citoyen moyen, offrant un regard assez lucide sur la complexité de l'amas juridique de cette Union Européenne. D'ailleurs j'ai tout de même appris quelques petites choses, notamment l’obscurantisme des transactions effectuées en secret, les négociations entre État et l'équilibre difficile du tout, la pression financière et juridique qui empêchent les réelles prises de décisions fortes, mais aussi les victoires de l'Europe. Je dirais qu'en sortant de cette BD, je comprends mieux les arguments envers cette Europe et pourquoi elle est si défendue. Je continue de trouver que cette Europe est une porte d'entrée massive du libéralisme et du capitalisme débridée, ce qui est assez peu abordé, mais je suis plus ouvert au débat. Ce qui est par contre dommage, c'est de voir la guerre en Ukraine s'introduire dans les débats et la façon dont tout ceci gangrène les autres débats, notamment écologique par exemple. En définitive, cette BD est une matière a réfléchir sur l'UE, structure vaste et complexe qui influe énormément sur notre vie. Il y a une vraie réflexion dans la BD sur le fait que le citoyen européen ne comprend pas ce qu'est cette structure si importante, mais qu'elle est presque inaccessible sans connaissances politiques, juridiques et économiques solides. Et même avec, la compréhension de ses rouages est obscur, et il semblerait que la corruption ou les débats à huis-clos enrayent encore la clarté de celle-ci. Bref, je ne sais pas ce qu'est l'Europe en sortant de la BD, mais je comprends un peu mieux l'étendue de mon ignorance. C'est déjà ça !
Un été d'enfer !
Une BD sympathique sur un été en camp de vacances, où l'originalité est d'être un camp de vacances pour russophones aux États-Unis. Mais l'histoire est surtout celle d'une jeune femme qui découvre à la dure que l'amitié n'est pas si simple ... Le récit est assez classique, mais bien mené. La jeune fille est enthousiaste et volontaire pour aller dans ce camp de vacances, mais déchante vite au contact de la méchanceté d'autres enfants, le sentiment d'être perdu et l'exclusion. Son été sera donc un apprentissage jusqu'à arriver à trouver une place, des liens et passer un meilleur moment que ses premiers jours. Le déroulé est donc classique, assez mignon dans certains détails et attachant, mais lorsque j'en suis ressorti je me suis dit que la BD ne m'avait pas marqué spécialement non plus. La lecture est fluide et plaisante, mais pas marquante. Sans doute parce que j'ai lu d'autres récits jeunesses qui m'ont plus marqués. L'autrice est sincère dans sa démarche, mais je dois avouer que ça n'a pas suffit à me satisfaire. Tant pis !
Okiya - La Maison des plaisirs défendus
"L'homme est un loup pour l'homme" est bizarrement la phrase qui m'est venue à l'esprit à la fin de ma lecture. Dans le Japon médiéval, un jeune homme sur la route d'Osaka, fait une halte dans un village dont les habitants lui refusent gîte et couvert. Contraint à dormir dehors, le ventre vide, le jeune homme trouve refuge, dans une étrange maison, une Okiya (maison de plaisirs, ndlr). Après une nuit passée où les occupantes de la demeure, quatre mystérieuses geishas, mettront ses “talents” du guerrier à rude épreuve, il décide de reprendre la route. A peine sorti de l'Okiya, cette dernière disparait comme par enchantement. Par quel mystère cela est il possible ? Cette fable érotique se lit assez facilement et on est rapidement intrigué par cette mystérieuse demeure et on suit l'enquête du héros avec un certain intérêt. Héros, qui pour ma part, n'aura jamais su attirer ma sympathie sans que cela ne vienne pour autant gâché ma lecture. Les quelques scènes "pour adulte" sont assez subjectives sans pour autant être trash. Le dessin de Jung n'est pas spécialement typé manga, il est classique mais assez agréable Au final une BD qui se révèle être plaisante sans pour autant être indispensable. Elle vaut toutefois la peine que l'on se penche dessus si l'occasion se présente.
Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissant a un très beau titre et une couverture d'album qui ne l'est pas moins. Se voir évincé par un alter ego qui n'est autre qu'une autre personnalité qu'on porte en soi : quelle angoisse pas assez traitée en art ! Ceci dit, je ne vois pas pourquoi plusieurs personnalités ne collaboreraient pas, sans compter que ce pourrait être un remède à la solitude. Je referme la parenthèse. Donc un problème de personnalité est ressenti de manière fantastique par la première personnalité en piste de l'individu si je puis dire vu que l'individu se divise. Quand on ne comprend pas, on ressent les choses de manière fantastique, et cela donne de beaux dessins, comme la couverture… Une psy lui dit ce qu'il en est, mais sera-t-il sauvé pour autant ? Et d'ailleurs, quelle personnalité allons-nous préférer, au final ? La beauté des dessins assez doux et la tendresse des couleurs me faisant penser à quelque musique discrètement mélancolique, porte le lecteur. Et bigre, tant mieux, sinon un lecteur quelque peu oublieux pourrait se demander si sans s'en rendre compte, une autre personnalité que la sienne n'est pas aux commandes de sa vie !