J'ai enfin lu un manga de Oh! Great, un mangaka qui n'a pas une bonne réputation, notamment sur ce site où toutes ses séries ont des notes moyennes en dessous de 3 étoiles ! J'avais vu il y a très longtemps l'adaptation en anime de deux de ses mangas et ça ne m'a pas du tout marqué.
Alors c'est l'histoire de deux ados masculins qui combattent des monstres pour je ne sais quelle raison et aussi ils sont entourés de belles filles qui semblent exister juste pour être jolies et dire des phrases de perverses exhibitionnistes. Par contre, niveau fanservice s'est plutôt faible comparé à d'autres shonen, il y a pas de trucs du genre les filles se retrouvent à poils par accident toutes les 5 pages. Enfin, de ce que j'ai lu parce que j'ai tenu le temps du premier tome et ensuite j'ai vaguement feuilleté les trois autres tomes suivants que j'avais emprunté à la bibliothèque.
Le dessin est correct, mais le scénario est pas terrible. J'ai pas trop compris les enjeux et les motivations des personnages, on nous balance plein d'infos sans vraiment bien expliquer. On dirait qu'il manque un chapitre d'introduction. J'aurais pu comprendre ce défaut si cela venait d'un auteur débutant, mais là l'auteur a plusieurs séries derrière lui et ça ne se voit pas trop. Les personnages disent ou font des trucs qui manquent de naturel. J'ai vite décroché parce que j'en avais marre d'être largué.
Bon, bah je ne vais pas diverger de l'avis de Gaston, ça c'est sûr.
L'aspect érotique c'est subjectif et ici c'est vraiment pas mon truc, tout est immature, trop exagéré pour vraiment ne serait-ce que m'intriguer. Les personnages féminins (j'allais dire les personnages de manière générale mais en fait il n'y a que des corps féminins de dessiné) sont tous fait du même plastique (rire), tout en seins bien larges et en tailles bien minces, pas la moindre variation à ce niveau-là. La mise en scène est répétitive, le scénario tout sauf inventif, … En fait voilà le premier point que m'amène à dire que tout ceci est immature : c'est exactement ce que j'imagine qui attirerait un adolescent masculin hétéros en pleine effervescence hormonale. Des gros seins, des expressions sur-exagérés, des personnages qui atteignent les portes du saint orgasme au moindre frôlement du partenaire et un scénario qui sert plus d'excuse au cul gratuit qu'autre chose.
Bon, sur ce dernier point on pourrait facilement me dire que je ne suis pas maligne de regretter qu'un récit aux ambitions porno n'utilise au final son fond narratif que comme un macguffin justifiant les diverses scènes de galipettes moldaves, mais j'ai bien envie de dire que non. Je ne suis pas vraiment la plus connaisseuse en matière d'érotisme, mais quand j'en lis j'aime justement les récits qui prennent le temps d'établir des personnages et leur situation un peu plus que comme une vulgaire introduction de porno lambda. Je veux vraiment voir des personnages avant tout pour pouvoir rentrer dans leur tête et, par là-même, leur intimité. Je ne sais pas, je ne dois pas être la seule à n'avoir l'attraction sexuelle uniquement activée après connaissance poussée de la personne, non ? Parce que là, vraiment, on écume les clichés des comédies érotiques sans grand génie ou subtilité et, malheureusement, ça me laisse de marbre.
Et c'est dommage parce qu'il y a les prémisses d'un propos sur une intelligence artificielle qui, cherchant à imiter les humains au mieux, finit par développer une conscience et reproduire les erreurs et défauts qui font de nous des êtres humains ; mis avec une romance et du cul ce n'est pas compliqué d'en tirer un récit engageant, non ?
Bon, pour revenir sur des défauts plus classiques (je n'en reviens pas d'introduire ça comme ça), il y aussi le fait que l'on appui un peu beaucoup passionnément à la folie le fait que Nadeshiko (l'androïde) ressemble à une jeune adolescente. Je dis ressemble, mais elle reproduit également certaines moues d'enfants, s'habille de manière infantile et la mise en scène appui à plusieurs reprises le fait que sa co-protagoniste est plus vieille qu'elle. Bon, c'est un défaut malheureusement récurrent dans de nombreux mangas de romantiques et érotiques, je ne vais pas non plus joué les choquées, mais je ne vais pas non plus applaudir…
Je ne m'attarderais pas sur le fait qu'Akane (la propriétaire de l'androïde) n'est pas consentante à de nombreuses reprises lors de leurs séances de lutte gréco-romaine, le CNC (Consent to Not Consent, pas le Centre National du Cinéma) et l'imagerie du sexe non-consenti sont en réalité très souvent présents dans l'imagerie érotique, en bien comme en mal, et je ne me sens pas vraiment légitime pour définir si oui ou non l’œuvre ici présente représente une forme de réappropriation de ces codes ou bien une banale apologie du viol. Je le signale tout de même pour les nombreuses concernées par le sujet.
Bon, on ne va pas non plus s'éterniser 107 ans sur cette série, je ne suis tout simplement pas le public cible.
Il s'agit d'un ecchi sans grand génie visant principalement un public que je définirais comme adolescent, masculin et hétéros (pour toutes les autres personnes sortant de cette catégorie et appréciant l’œuvre je m'excuse pour le molard que vous venez de vous prendre en dommage collatéral), malheureusement je ne suis pas un homme (comme Eowyn), j'ai 25 ans passés et je suis tout sauf hétéro (c'est con du coup qu'une romance érotique saphique me passe au dessus de la tête).
Je précise que je n'ai pas lu la série dans sa version française et que je ne peux donc pas parler de la moindre spécificité propre à ladite version. Je précise également que je n'ai pas lu plus loin que le deuxième album, j'ai décidé d'être la plus honnête possible dans cet avis et d'aller jusqu'au bout de la publication présente dans le commerce francophone, mais on ne vas pas abuser non plus.
Je pense qu'il y a une unité entre les cinq histoires : les animaux. Du chien de famille qui meurt, à l'adoption du chat et aux chatons qui naissent. On suit la famille et sa relation avec tous ces événements et nouveautés.
Oui, il y a aussi un lien avec d'autres œuvres de l'auteur, dans quasiment toutes ces histoires.
Les dessins sont beaux, détaillés, parfois très jolis ! Plus que les personnages humains, j'admire la sensibilité et le talent de l'auteur pour capter les expressions des animaux.
Mais j'ai été surtout impressionné par la dernière histoire. L'ascension des montagnes, la rencontre avec le léopard des neiges ! Pour moi, c'est le plus bel animal de tous, avec le tigre de Sibérie. J'ai trouvé particulièrement touchante la collaboration, l'aide et l'identification, même imaginaire, avec le léopard. Ce sont, pour moi, les images les plus parfaites du livre.
Ce qui me dérange un peu, c'est l'appel constant de Taniguchi au sentimentalisme. Même si parfois subtil, je trouve cela totalement superflu voire irritant.
Si je devais choisir UNE BD dans mon top, ce serait probablement celle-ci. Et ça fait plusieurs années que ça dure.
Les Indes fourbes est une rare réussite d’aventure, d’humour et de rebondissements. La construction de la timeline, la manière de jouer avec le lecteur, de lui montrer certaines choses puis de les recontextualiser, est d’une finesse remarquable. Le personnage central est absolument délicieux à suivre, mais tout ce qui gravite autour de lui est suffisamment travaillé pour donner de l’épaisseur à l’ensemble.
C’est typiquement le genre d’œuvre qui se passe presque d’un long avis, tellement tout paraît cohérent, bien ficelé et soigneusement exécuté. En lisant, on a parfois l’impression que tout est facile, évident, naturel. Et c’est justement là que se révèle tout le travail brillant derrière cette apparente simplicité.
Pour terminer, le dessin se passe de mots. Guarnido est simplement à la hauteur de ce chef-d’œuvre global de bande dessinée.
C'est typiquement une BD feel-good qui pourrait très bien faire le scénario d'un film. Sans tomber complètement dans l'eau de rose (sans jeu de mots...) ou dans l'accumulation de clichés, le récit propose une belle évolution de son personnage principal dans un univers vraiment touchant. Le choc des cultures, l'histoire d'amour et tout ce qui tourne autour de la restauration donnent suffisamment d'épaisseur à l'ensemble pour dépasser le simple récit sympathique.
Le scénario n'est clairement pas révolutionnaire et on pourra lui reprocher une certaine prévisibilité. Mais il y a, à mon sens, un vrai soin apporté aux détails et une certaine finesse dans la manière d'aborder les différents thèmes. Cela permet au récit de rester humain sans devenir trop démonstratif.
Le dessin me plaît bien : moderne, assez dynamique, avec une vraie patte graphique qui donne du caractère à l'ensemble. Et comme cerise sur le gâteau, les petites recettes intégrées au récit fonctionnent très bien et prolongent naturellement tout l'univers autour de la cuisine.
C’est un peu la quintessence de la BD feel-good et introspective. C’est lent, contemplatif, presque méditatif, avec très peu de place laissée à l’intrigue au sens classique. Pour les amateurs d’aventure et de rebondissements, mieux vaut clairement passer son chemin ; en revanche, pour ceux qui apprécient les récits plus intérieurs, c’est un bon choix. La série cherche surtout à faire réfléchir sur soi-même, ses choix, son rapport aux autres et à la vie, avec parfois même l’impression qu’elle peut faire avancer un peu le lecteur.
Évidemment, tout cela vient avec quelques clichés : c’est très "sarouel, méditation, gourou" et développement personnel. Il y a aussi des passages un peu gnangnan, mais sans que cela ne devienne vraiment pesant. Malgré ces facilités, l’ensemble reste sincère, bien construit et surtout très agréable à lire. La dimension philosophique est accessible sans devenir trop démonstrative, ce qui permet à la série de conserver une certaine légèreté.
Le dessin n’est clairement pas le centre de l’œuvre, mais il remplit parfaitement son rôle. Le trait est rond, doux, propre et totalement cohérent avec cette ambiance apaisée et bienveillante.
Tiens, Raymond Briggs n’a pas réalisé que des livres pour enfants… « Ethel & Ernest » est un hommage à ses parents, et une BD « roman graphique » autobiographique pure souche. Elle ne convertira pas les allergiques au genre : la vie des parents de l’auteur est terriblement banale, et le style narratif linéaire et académique au possible, même si des touches d’humours viennent égayer l’ensemble.
Pourquoi la bonne note alors ? Tout simplement parce que cette histoire constitue une véritable mini encyclopédie sur la vie en Angleterre entre les années 40 et 70 : guerre, rations, politiques intérieure, mais aussi des sujets et détails plus légers : styles vestimentaires, décors dans les maisons, arrivé de la premières télé, mœurs, langage etc… un vrai délice pour moi qui habite en Angleterre… reste à voir si ce genre de détails historiques vous intéressent.
Voila, un roman graphique comme tant d’autres, mais dont le contexte historique m’a beaucoup intéressé…
MAJ 2026 : Je me permets une petite MAJ pour signaler l’excellente adaptation en film d’animation (sortie : 2016), avec la participation de Briggs et un casting VO réussi. Plus d’infos sur la fiche Allo Ciné.
Très belle BD, qui aborde des sujets lourds comme la mort et le suicide avec une approche étonnamment légère, directe et parfois crue. Derrière ce rideau de sarcasme et de fantaisie, le propos reste fin et sensible. Le côté métaphysique est bien présent, mais sans devenir abstrait ou prétentieux.
Les personnages sont vraiment attachants et évoluent avec justesse. Certains traits ou certaines situations peuvent sembler un peu clichés, mais cela fonctionne plutôt bien ici : ils rendent le propos immédiatement lisible et permettent surtout de conserver cette légèreté qui équilibre parfaitement le fond beaucoup plus sombre.
Graphiquement, c’est une vraie réussite. Les couleurs sont expressives et particulièrement bien choisies, mais c’est surtout le travail sur les points de vue et les perspectives qui impressionne. Guillem March multiplie les cadrages inhabituels sans jamais tomber dans l’exercice de style gratuit : ils accompagnent directement ce regard décalé porté sur sa propre mort et donnent énormément de personnalité au récit. Karmen, elle, est remarquable, aussi bien dans son écriture que dans sa présence graphique.
Une très belle BD, intelligente, sensible et visuellement très maîtrisée.
Petit Paul est amusant, tout simplement. Il ne s'agit pas d'inceste ni de pédophilie. Ce n'est même pas un fantasme. Ce n'est une incitation à rien du tout! Ceux qui ne comprennent pas cela ne connaissent rien à l'histoire de l'art, à la littérature, au cinéma ou à la bande dessinée. Et il me semble qu'ils refusent d'apprendre !
À un autre niveau, plus physiologique, ils ne comprennent même pas ou ne veulent pas reconnaître ce qu'est un garçon et ses pulsions involontaires. Bien sûr, ici tout est une métaphore exagérée, farfelu, loufoque, ce n'est pas fait pour être lu ou vu littéralement ! On aime ou on n'aime pas, puis on explique pourquoi. Personne n'est obligé de lire ou d'acheter ! C'est le privilège de vivre dans des sociétés démocratiques avec liberté d'expression. Parfois, nous ne savons même pas la chance que nous avons !
Les dessins sont bons, j'aime le style apparemment décontracté et simplifié de l'auteur : le sentiment de mouvement et les effets comiques sont très bien traduits par lui. Le trait de Vivès est immédiatement reconnaissable !
Je suis vraimen préoccupé par la montée du puritanisme persécutif et de la censure en France et au monde. Bastien Vivès est un artiste sensible, responsable et plein de talent . Il ne méritait rien de tout ce qui lui est arrivé. J'ai déjà donné ici sur le site mon avis sur «L'affaire Vivès». J'ajoute maintenant une banalité : « Je peux ne pas être d'accord avec ce que tu dis, mais je défendrai jusqu'à la mort ton droit de le dire. »
Si nous voulons commencer à détruire, il faudra commencer au Vatican, avec les putti embrassant les seins de femmes splendides. Ou alors Balthus dans les musées de France !
Avec tout cela, je me rends compte que je n'ai pas parlé des histoires si drôles de Petit Paul... j'en ajouterai un de ces jours!
Strapontin est une série que je lis en ce moment par pure nostalgie. Quand j'étais enfant, j'ai lu la plupart des histoires dans le journal Tintin. Ensuite, j'ai acheté le volume des « Classiques du Rire ». Comme il n'était pas complet, j'ai acquis quelques autres histoires de la collection Jeune Europe.
J'aime beaucoup les dessins de Berck, comiques et expressifs. Les intrigues de Goscinny sont bien, mais j'aime encore plus celles d'Acar, encore plus folles et inattendues ! Un Zeste de violence et surtout Strapontin contre Mygalex ont marqué mon imaginaire !
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Kaijin Fugeki - Kindled Spirits
J'ai enfin lu un manga de Oh! Great, un mangaka qui n'a pas une bonne réputation, notamment sur ce site où toutes ses séries ont des notes moyennes en dessous de 3 étoiles ! J'avais vu il y a très longtemps l'adaptation en anime de deux de ses mangas et ça ne m'a pas du tout marqué. Alors c'est l'histoire de deux ados masculins qui combattent des monstres pour je ne sais quelle raison et aussi ils sont entourés de belles filles qui semblent exister juste pour être jolies et dire des phrases de perverses exhibitionnistes. Par contre, niveau fanservice s'est plutôt faible comparé à d'autres shonen, il y a pas de trucs du genre les filles se retrouvent à poils par accident toutes les 5 pages. Enfin, de ce que j'ai lu parce que j'ai tenu le temps du premier tome et ensuite j'ai vaguement feuilleté les trois autres tomes suivants que j'avais emprunté à la bibliothèque. Le dessin est correct, mais le scénario est pas terrible. J'ai pas trop compris les enjeux et les motivations des personnages, on nous balance plein d'infos sans vraiment bien expliquer. On dirait qu'il manque un chapitre d'introduction. J'aurais pu comprendre ce défaut si cela venait d'un auteur débutant, mais là l'auteur a plusieurs séries derrière lui et ça ne se voit pas trop. Les personnages disent ou font des trucs qui manquent de naturel. J'ai vite décroché parce que j'en avais marre d'être largué.
Est-ce qu'un androïde compte pour une première fois ?
Bon, bah je ne vais pas diverger de l'avis de Gaston, ça c'est sûr. L'aspect érotique c'est subjectif et ici c'est vraiment pas mon truc, tout est immature, trop exagéré pour vraiment ne serait-ce que m'intriguer. Les personnages féminins (j'allais dire les personnages de manière générale mais en fait il n'y a que des corps féminins de dessiné) sont tous fait du même plastique (rire), tout en seins bien larges et en tailles bien minces, pas la moindre variation à ce niveau-là. La mise en scène est répétitive, le scénario tout sauf inventif, … En fait voilà le premier point que m'amène à dire que tout ceci est immature : c'est exactement ce que j'imagine qui attirerait un adolescent masculin hétéros en pleine effervescence hormonale. Des gros seins, des expressions sur-exagérés, des personnages qui atteignent les portes du saint orgasme au moindre frôlement du partenaire et un scénario qui sert plus d'excuse au cul gratuit qu'autre chose. Bon, sur ce dernier point on pourrait facilement me dire que je ne suis pas maligne de regretter qu'un récit aux ambitions porno n'utilise au final son fond narratif que comme un macguffin justifiant les diverses scènes de galipettes moldaves, mais j'ai bien envie de dire que non. Je ne suis pas vraiment la plus connaisseuse en matière d'érotisme, mais quand j'en lis j'aime justement les récits qui prennent le temps d'établir des personnages et leur situation un peu plus que comme une vulgaire introduction de porno lambda. Je veux vraiment voir des personnages avant tout pour pouvoir rentrer dans leur tête et, par là-même, leur intimité. Je ne sais pas, je ne dois pas être la seule à n'avoir l'attraction sexuelle uniquement activée après connaissance poussée de la personne, non ? Parce que là, vraiment, on écume les clichés des comédies érotiques sans grand génie ou subtilité et, malheureusement, ça me laisse de marbre. Et c'est dommage parce qu'il y a les prémisses d'un propos sur une intelligence artificielle qui, cherchant à imiter les humains au mieux, finit par développer une conscience et reproduire les erreurs et défauts qui font de nous des êtres humains ; mis avec une romance et du cul ce n'est pas compliqué d'en tirer un récit engageant, non ? Bon, pour revenir sur des défauts plus classiques (je n'en reviens pas d'introduire ça comme ça), il y aussi le fait que l'on appui un peu beaucoup passionnément à la folie le fait que Nadeshiko (l'androïde) ressemble à une jeune adolescente. Je dis ressemble, mais elle reproduit également certaines moues d'enfants, s'habille de manière infantile et la mise en scène appui à plusieurs reprises le fait que sa co-protagoniste est plus vieille qu'elle. Bon, c'est un défaut malheureusement récurrent dans de nombreux mangas de romantiques et érotiques, je ne vais pas non plus joué les choquées, mais je ne vais pas non plus applaudir… Je ne m'attarderais pas sur le fait qu'Akane (la propriétaire de l'androïde) n'est pas consentante à de nombreuses reprises lors de leurs séances de lutte gréco-romaine, le CNC (Consent to Not Consent, pas le Centre National du Cinéma) et l'imagerie du sexe non-consenti sont en réalité très souvent présents dans l'imagerie érotique, en bien comme en mal, et je ne me sens pas vraiment légitime pour définir si oui ou non l’œuvre ici présente représente une forme de réappropriation de ces codes ou bien une banale apologie du viol. Je le signale tout de même pour les nombreuses concernées par le sujet. Bon, on ne va pas non plus s'éterniser 107 ans sur cette série, je ne suis tout simplement pas le public cible. Il s'agit d'un ecchi sans grand génie visant principalement un public que je définirais comme adolescent, masculin et hétéros (pour toutes les autres personnes sortant de cette catégorie et appréciant l’œuvre je m'excuse pour le molard que vous venez de vous prendre en dommage collatéral), malheureusement je ne suis pas un homme (comme Eowyn), j'ai 25 ans passés et je suis tout sauf hétéro (c'est con du coup qu'une romance érotique saphique me passe au dessus de la tête). Je précise que je n'ai pas lu la série dans sa version française et que je ne peux donc pas parler de la moindre spécificité propre à ladite version. Je précise également que je n'ai pas lu plus loin que le deuxième album, j'ai décidé d'être la plus honnête possible dans cet avis et d'aller jusqu'au bout de la publication présente dans le commerce francophone, mais on ne vas pas abuser non plus.
Terre de rêves
Je pense qu'il y a une unité entre les cinq histoires : les animaux. Du chien de famille qui meurt, à l'adoption du chat et aux chatons qui naissent. On suit la famille et sa relation avec tous ces événements et nouveautés. Oui, il y a aussi un lien avec d'autres œuvres de l'auteur, dans quasiment toutes ces histoires. Les dessins sont beaux, détaillés, parfois très jolis ! Plus que les personnages humains, j'admire la sensibilité et le talent de l'auteur pour capter les expressions des animaux. Mais j'ai été surtout impressionné par la dernière histoire. L'ascension des montagnes, la rencontre avec le léopard des neiges ! Pour moi, c'est le plus bel animal de tous, avec le tigre de Sibérie. J'ai trouvé particulièrement touchante la collaboration, l'aide et l'identification, même imaginaire, avec le léopard. Ce sont, pour moi, les images les plus parfaites du livre. Ce qui me dérange un peu, c'est l'appel constant de Taniguchi au sentimentalisme. Même si parfois subtil, je trouve cela totalement superflu voire irritant.
Les Indes fourbes
Si je devais choisir UNE BD dans mon top, ce serait probablement celle-ci. Et ça fait plusieurs années que ça dure. Les Indes fourbes est une rare réussite d’aventure, d’humour et de rebondissements. La construction de la timeline, la manière de jouer avec le lecteur, de lui montrer certaines choses puis de les recontextualiser, est d’une finesse remarquable. Le personnage central est absolument délicieux à suivre, mais tout ce qui gravite autour de lui est suffisamment travaillé pour donner de l’épaisseur à l’ensemble. C’est typiquement le genre d’œuvre qui se passe presque d’un long avis, tellement tout paraît cohérent, bien ficelé et soigneusement exécuté. En lisant, on a parfois l’impression que tout est facile, évident, naturel. Et c’est justement là que se révèle tout le travail brillant derrière cette apparente simplicité. Pour terminer, le dessin se passe de mots. Guarnido est simplement à la hauteur de ce chef-d’œuvre global de bande dessinée.
Les Pays d'Amir
C'est typiquement une BD feel-good qui pourrait très bien faire le scénario d'un film. Sans tomber complètement dans l'eau de rose (sans jeu de mots...) ou dans l'accumulation de clichés, le récit propose une belle évolution de son personnage principal dans un univers vraiment touchant. Le choc des cultures, l'histoire d'amour et tout ce qui tourne autour de la restauration donnent suffisamment d'épaisseur à l'ensemble pour dépasser le simple récit sympathique. Le scénario n'est clairement pas révolutionnaire et on pourra lui reprocher une certaine prévisibilité. Mais il y a, à mon sens, un vrai soin apporté aux détails et une certaine finesse dans la manière d'aborder les différents thèmes. Cela permet au récit de rester humain sans devenir trop démonstratif. Le dessin me plaît bien : moderne, assez dynamique, avec une vraie patte graphique qui donne du caractère à l'ensemble. Et comme cerise sur le gâteau, les petites recettes intégrées au récit fonctionnent très bien et prolongent naturellement tout l'univers autour de la cuisine.
Le Jour où...
C’est un peu la quintessence de la BD feel-good et introspective. C’est lent, contemplatif, presque méditatif, avec très peu de place laissée à l’intrigue au sens classique. Pour les amateurs d’aventure et de rebondissements, mieux vaut clairement passer son chemin ; en revanche, pour ceux qui apprécient les récits plus intérieurs, c’est un bon choix. La série cherche surtout à faire réfléchir sur soi-même, ses choix, son rapport aux autres et à la vie, avec parfois même l’impression qu’elle peut faire avancer un peu le lecteur. Évidemment, tout cela vient avec quelques clichés : c’est très "sarouel, méditation, gourou" et développement personnel. Il y a aussi des passages un peu gnangnan, mais sans que cela ne devienne vraiment pesant. Malgré ces facilités, l’ensemble reste sincère, bien construit et surtout très agréable à lire. La dimension philosophique est accessible sans devenir trop démonstrative, ce qui permet à la série de conserver une certaine légèreté. Le dessin n’est clairement pas le centre de l’œuvre, mais il remplit parfaitement son rôle. Le trait est rond, doux, propre et totalement cohérent avec cette ambiance apaisée et bienveillante.
Ethel & Ernest
Tiens, Raymond Briggs n’a pas réalisé que des livres pour enfants… « Ethel & Ernest » est un hommage à ses parents, et une BD « roman graphique » autobiographique pure souche. Elle ne convertira pas les allergiques au genre : la vie des parents de l’auteur est terriblement banale, et le style narratif linéaire et académique au possible, même si des touches d’humours viennent égayer l’ensemble. Pourquoi la bonne note alors ? Tout simplement parce que cette histoire constitue une véritable mini encyclopédie sur la vie en Angleterre entre les années 40 et 70 : guerre, rations, politiques intérieure, mais aussi des sujets et détails plus légers : styles vestimentaires, décors dans les maisons, arrivé de la premières télé, mœurs, langage etc… un vrai délice pour moi qui habite en Angleterre… reste à voir si ce genre de détails historiques vous intéressent. Voila, un roman graphique comme tant d’autres, mais dont le contexte historique m’a beaucoup intéressé… MAJ 2026 : Je me permets une petite MAJ pour signaler l’excellente adaptation en film d’animation (sortie : 2016), avec la participation de Briggs et un casting VO réussi. Plus d’infos sur la fiche Allo Ciné.
Karmen
Très belle BD, qui aborde des sujets lourds comme la mort et le suicide avec une approche étonnamment légère, directe et parfois crue. Derrière ce rideau de sarcasme et de fantaisie, le propos reste fin et sensible. Le côté métaphysique est bien présent, mais sans devenir abstrait ou prétentieux. Les personnages sont vraiment attachants et évoluent avec justesse. Certains traits ou certaines situations peuvent sembler un peu clichés, mais cela fonctionne plutôt bien ici : ils rendent le propos immédiatement lisible et permettent surtout de conserver cette légèreté qui équilibre parfaitement le fond beaucoup plus sombre. Graphiquement, c’est une vraie réussite. Les couleurs sont expressives et particulièrement bien choisies, mais c’est surtout le travail sur les points de vue et les perspectives qui impressionne. Guillem March multiplie les cadrages inhabituels sans jamais tomber dans l’exercice de style gratuit : ils accompagnent directement ce regard décalé porté sur sa propre mort et donnent énormément de personnalité au récit. Karmen, elle, est remarquable, aussi bien dans son écriture que dans sa présence graphique. Une très belle BD, intelligente, sensible et visuellement très maîtrisée.
Petit Paul
Petit Paul est amusant, tout simplement. Il ne s'agit pas d'inceste ni de pédophilie. Ce n'est même pas un fantasme. Ce n'est une incitation à rien du tout! Ceux qui ne comprennent pas cela ne connaissent rien à l'histoire de l'art, à la littérature, au cinéma ou à la bande dessinée. Et il me semble qu'ils refusent d'apprendre ! À un autre niveau, plus physiologique, ils ne comprennent même pas ou ne veulent pas reconnaître ce qu'est un garçon et ses pulsions involontaires. Bien sûr, ici tout est une métaphore exagérée, farfelu, loufoque, ce n'est pas fait pour être lu ou vu littéralement ! On aime ou on n'aime pas, puis on explique pourquoi. Personne n'est obligé de lire ou d'acheter ! C'est le privilège de vivre dans des sociétés démocratiques avec liberté d'expression. Parfois, nous ne savons même pas la chance que nous avons ! Les dessins sont bons, j'aime le style apparemment décontracté et simplifié de l'auteur : le sentiment de mouvement et les effets comiques sont très bien traduits par lui. Le trait de Vivès est immédiatement reconnaissable ! Je suis vraimen préoccupé par la montée du puritanisme persécutif et de la censure en France et au monde. Bastien Vivès est un artiste sensible, responsable et plein de talent . Il ne méritait rien de tout ce qui lui est arrivé. J'ai déjà donné ici sur le site mon avis sur «L'affaire Vivès». J'ajoute maintenant une banalité : « Je peux ne pas être d'accord avec ce que tu dis, mais je défendrai jusqu'à la mort ton droit de le dire. » Si nous voulons commencer à détruire, il faudra commencer au Vatican, avec les putti embrassant les seins de femmes splendides. Ou alors Balthus dans les musées de France ! Avec tout cela, je me rends compte que je n'ai pas parlé des histoires si drôles de Petit Paul... j'en ajouterai un de ces jours!
Strapontin
Strapontin est une série que je lis en ce moment par pure nostalgie. Quand j'étais enfant, j'ai lu la plupart des histoires dans le journal Tintin. Ensuite, j'ai acheté le volume des « Classiques du Rire ». Comme il n'était pas complet, j'ai acquis quelques autres histoires de la collection Jeune Europe. J'aime beaucoup les dessins de Berck, comiques et expressifs. Les intrigues de Goscinny sont bien, mais j'aime encore plus celles d'Acar, encore plus folles et inattendues ! Un Zeste de violence et surtout Strapontin contre Mygalex ont marqué mon imaginaire !