Les derniers avis (7 avis)

Par Miguelof
Note: 1/5
Couverture de la série L'Aventure des Belges
L'Aventure des Belges

Ce livre m'a été offert en 1970, alors que je ne savais rien de la Belgique, si ce n'est que c'était le pays de Tintin. À l'époque, je l'ai trouvé instructif, bien que je n'aimasse pas beaucoup les dessins. Aujourd'hui, je suis plus critique et je suis assez d'accord avec l'avis de Gaston : il est trop naïf et glorifie excessivement les exploits nationaux. Surtout, il parle de la « mission civilisatrice » et passe sous silence les atrocités du colonialisme au Congo. C'est une antiquité et elle doit rester uniquement comme une curiosité historique.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Adam et Eve - La Genèse
Adam et Eve - La Genèse

La collection « La Sagesse des mythes » se développait essentiellement autour des mythes de l’Antiquité – principalement grecque. Voilà que Glénat semble vouloir la prolonger d’une collection « proche » (par le nom, la direction de Luc Ferry – qui signe encore « l’analyse » dans le dossier en fin d’album). Mais cette collection « La sagesse des mythes, contes et légendes » me semble carrément fourre-tout : en effet, le mythe biblique d’Adam et Eve ici traité voisinera avec des choses plus « littéraires » comme Lancelot, Don Juan, Carmen, Tristan et Iseult (pour ceux qui sont d’ores et déjà publiés ou annoncés). Je ne suis pas convaincu par cette extension, qui fait un peu « ratissage » pour pouvoir prendre tout et n’importe quoi. Bon, je ne sais pas si cet apriori négatif a joué, mais toujours est-il que je n’ai pas aimé cet « Adam et Eve ». il peut se laisser lire, mais je l’ai trouvé creux, mièvre, manquant singulièrement d’allant, de force épique. On y trouve une version classique de la Genèse, autour d’Adam et d’Eve donc, puis de Caïn et Abel et de leur descendance, qui peuple la Terre en travaillant, subissant générations après générations les conséquences de la prétendue faute d’Eve. On reste dans une vision très sexiste, mais aussi manichéenne, autour de la notion de « mal ». Mais l’athée que je suis s’est ennuyé durant cette lecture (courte au demeurant), il n’y a pas là de merveilleux (comme dans le tableau de Bosch « Le jardin des délices – reproduit pour illustrer le texte de Ferry) pour contrebalancer un discours très normé et castrateur. Le texte de Ferry se concentre uniquement sur la notion de Mal/Satan, mais la partie BD semble exempte d’allégorie et, prise comme un récit lambda, elle est très quelconque. J’ajoute que je ne suis pas fan du rendu du dessin – et surtout de la colorisation (affaire de goût peut-être, c’est quand même très lisible).

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Nemoralia
Nemoralia

Bon, le second tome se fait pas mal attendre, au point qu’on puisse craindre un abandon de cette série ? Si sur le principe ça me gênerait, dans les faits mon regret serait atténué par le fait que je n’ai que très moyennement accroché à ce tome inaugural. En tout cas bien moins que mon prédécesseur. Le point de départ fait immanquablement penser à « Gladiator » (un général victorieux qui brusquement va tomber en disgrâce en s’approchant trop de l’empereur…). Ça s’en écarte ensuite pour se centrer sur la folie de Caligula, notre héros déchu, Falco se trouvant, avec une dizaine d’autres prisonniers divers (dont un chef barbare capturé par notre héros au départ) au cœur d’une chasse à l’homme, qui occupe entièrement la seconde moitié de cet album. C’est un peu léger et fait rapidement passer au second plan les critiques sociales entrevues (certains notables romains étant nostalgiques de la République). En fait plusieurs choses m’ont gêné. D’abord le beau frère de Falco est un peu caricatural, et je n’ai pas trop accroché au visage presque juvénile qu’on lui donne parfois (plus généralement, je n’ai pas accroché au rendu des visages…). Surtout, la chasse à l’homme occupe trop de place, et manque clairement de subtilités. Tous les hommes sont éliminés les uns après les autres (tous se sont bêtement isolés et sont victimes tour à tour de ce que Caligula envoie pour les tuer, tandis que Falco et le chef barbare sont bien évidemment plus malin (en plus d’être les plus forts au combat), je vous laisse deviner qui va s’en sortir. Contrairement aux archers Parthes, lions, Pictes qui poursuivent Falco, je pense l’abandonner… Note réelle 2,5/5.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série November
November

Un polar très sympathique. L’histoire en elle-même se laisse lire, mais c’est surtout la « mise en scène » qui la fait sortir du lot et rend relativement prenante l’intrigue. En effet, c’est assez « déconstruit » au départ, avec ces personnages (féminins surtout) qui ne se connaissent pas et sur lesquels on nous livre au compte-gouttes quelques infos, jusqu’à ce que leurs trajectoires se croisent et que l’histoire prenne corps et sens. J’ai quand même eu un peu de mal au début à saisir ce qui se passait et qui était qui. Même si ça s’éclaire au fur et à mesure, c’est un petit bémol me concernant. Surtout que pas mal de scènes sont « revues », vécues sous différents angles en fonction des protagonistes. A ces allers-retours et multiplications d’angles de vue s’ajoute le travail graphique, lui aussi s’écartant du gaufrier classique. De grandes cases alternent avec plein de toute petites. Et la colorisation, volontairement tranchée, parfois terne, donne une patine un peu vintage intéressante. L’ensemble est assez noir, même si la fin offre une respiration et presque un happy-end. Le personnage de Dee reste quand même jusqu’au bout un peu nihiliste et paumé. Un petit polar plaisant, dynamique, dont les deux tomes se lisent relativement vite. Note réelle 3,5/5.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Ce soir c'est cauchemar
Ce soir c'est cauchemar

Depuis quelques années, les éditions Cornélius ont entrepris de rééditer toute l’œuvre de Nicole Claveloux. Ils poursuivent leur travail avec cet album inédit. Comme à leur habitude ils le font très bien, avec un très beau travail éditorial, qui met en valeur une histoire très originale. Dans ce récit, nous entrons dans le cerveau endormi de l’auteure, pour pénétrer au cœur de ses rêves. Mais rêves et réalité se mélangent. Comme se mélangent propos réalistes et décors et situations quasi surréalistes. Durant son sommeil, le subconscient de Claveloux est très animé. Les très nombreux personnages se partagent l’animation, la mise en fonctionnement de ce qui pourrait s’apparenter à une petite entreprise, qui subit une sorte de « contrôle de gestion », de la part de Charles Chaposec, qui exige logique et raison, singulièrement éloignés du mode de fonctionnement d’autres personnages. Claveloux penche nettement vers ceux qui apportent imprévus et magie aux rêves (comme Loïc Lalune): l'imagination doit garder le pouvoir ! La plupart des cases sont très chargées. D’abord avec un texte très abondant (c’est un peu ce qui m’a parfois gêné, c’est parfois indigeste – même si finalement ça passe). Mais surtout avec ce dessin, qui mélange personnages humains et animaliers, avec des décors très riches (qui font penser parfois à ceux du Douanier Rousseau), avec une multitude de détails en arrière-plan. Se chargeant elle-même de la colorisation (couleurs peintes avec des encres à eau), Claveloux nous propose ici quelque chose de très réussi, prouvant qu’à son « grand âge » elle n’a pas perdu la main. Si le récit est parfois difficile à suivre, il est néanmoins plaisant à lire, et très original, avec une partie graphique que j’ai vraiment beaucoup aimée.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Off
Off

Franchement bien me parait un peu excessif mais « pas mal » me semble a contrario très réducteur… Off est en fait un bon récit sans doute trop prévisible. Je suis plutôt amateur du genre (thriller d’anticipation) et je ne vais donc pas bouder mon plaisir car j’ai retrouvé les éléments attendus : des références scientifiques, des clins d’œil politiques, une vision assez sombre du futur, un dessin efficace, un rythme soutenu, un bon casting avec des personnages plus complexes qu’il n’y parait au premier abord… Et, pour le Belge que je suis, un ancrage national bien marqué avec pas mal de références faites à la situation actuelle de la Belgique. Tout est bon… mais rien n’est vraiment exceptionnel. Il manque LA super idée ou LE personnage envoûtant. Ici, le récit ronronne. Ça sent le téléfilm grand public, que l’on suit avec un plaisir coupable, en appréciant les références et le soin apporté mais durant lequel on sait pouvoir fermer les yeux cinq minutes sans perdre le fil d’un récit à la trajectoire annoncée. C’est le genre de lecture que je conseille vivement aux lecteurs ‘classiques’ (Yann135, tu devrais bien accrocher) mais je crains qu’il ne laisse sur leur faim les plus aventureux. Pas mal du tout… mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le cran supérieur.

04/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mina Loween
Mina Loween

Une adolescente en deuil se retrouve entraînée, le soir d'Halloween, dans le monde des morts, où elle tente de retrouver sa mère tout en affrontant des forces qui la dépassent. J'ai été assez surpris, et même un peu peiné, de découvrir que Mina Loween s'était arrêtée dès son premier tome, parce que ce début n'avait rien de honteux, loin de là. On sent clairement une œuvre encore en construction, avec des défauts de jeunesse, mais aussi un vrai potentiel qui donnait envie de lire la suite. Le dessin, notamment, démarre de manière un peu hésitante, avec des proportions parfois approximatives et un manque de volume sur certaines planches. Mais assez vite, le trait gagne en assurance, affirme une jolie personnalité et s'accompagne de couleurs travaillées qui apportent beaucoup à l'ambiance. Il y a quelque chose de sincère et de déjà assez singulier dans ce style, qui ne demandait qu'à mûrir. Même impression côté scénario. Le début peut donner l'impression d'un récit un peu adolescent, avec un cadre et des codes assez familiers autour de cette jeune héroïne plongée dans le monde des morts. Mais plus on avance, plus l'univers se révèle intéressant, avec des idées qui sortent un peu des sentiers battus, des personnages qui sonnent juste dans leurs réactions et leurs dialogues, et surtout plusieurs éléments de mystère (les crâmés, les nécromanciens, le fonctionnement de ce monde des morts) qui donnent envie d'en apprendre davantage. Ce n'est pas parfait, il y a parfois un peu trop d'informations qui s'accumulent et une narration encore un peu maladroite, mais l'ensemble est agréable à suivre. On sent qu'il y avait matière à développer quelque chose de plus ambitieux sur la durée. Du coup, difficile de ne pas regretter l'arrêt prématuré de la série. Savoir que cela tient en partie aux conditions compliquées chez Les Humanoïdes Associés à l'époque, avec des auteurs mal rémunérés, rend la chose d'autant plus amère, d'autant que cela semble s'être répété pour d'autres auteurs ces derniers temps. Quand on voit ce que ce premier tome laissait entrevoir, on se dit qu'il y avait les éléments pour construire une sympathique série.

04/05/2026 (modifier)