Bon, difficile d'être original après la soixantaine d'avis déjà postés...
Le premier cycle est une merveille. C'est tout simplement le souffle d'une grande fresque romanesque, sans romantisme éculé. On voyage de la terre à la mer et de la mer à la terre, jusqu'au bout du voyage.
Niveau dessin, chaque plan de coupe d'un navire nous éclabousse de talent.
La moiteur des intérieurs nous étouffe et le mystère des horizons nous évade.
Note : *****
Le second cycle est moins réussi. On commence à suivre l'histoire d'une nouvelle héroïne mais, aveu de faiblesse de Bourgeon à mon sens, il ne peut s'empêcher de retourner sur les traces d'Isa. On a parfois l'impression d'assister à une leçon d'histoire.
La conclusion est très belle, cela dit.
Le dessin réaliste, toujours exceptionnel, souffre maintenant d'un talon d'Achille : les expressions faciales des protagonistes semblent sorties d'un mauvais roman-photo.
Note : ****
On retrouve tous les défauts précités dans le dernier cycle.
On en rajoute de nouveaux :
- un discours politique à sens unique (les communard sont des gentils et les monarchistes sont les méchants)
- des dialogues en breton pour faciliter la tâche du lecteur qui se farcit déjà une leçon d'histoire à digérer.
Visuellement, la reconstitution du Paris de la fin du XIXe siècle est admirable. Il n'y a pas grand monde qui puisse s'asseoir à la table de Bourgeon à ce niveau de détail.
Note : **
L'évolution artistique prise par Bourgeon au gré des tomes n'a pas su me convaincre, malgré des qualités que peu de bandes dessinées ont su approcher.
Une référence qui n'est pas sans défauts.
Dans un univers d'heroic-fantasy volontiers parodique, Agnès tente de devenir chevalier malgré le mépris général et l'aide très relative d'un mentor particulièrement lamentable.
Damien Geoffroy signe ici un album de fantasy humoristique en auteur complet, assurant non seulement le scénario et le dessin mais également les couleurs. Celles-ci sont d'ailleurs réussies et participent pleinement à la qualité visuelle de l'ensemble. Son trait fin et expressif, qui me rappelle toujours celui de David Ratte (Le Voyage des Pères), fonctionne très bien dans ce registre. Les décors sont soignés, les créatures convaincantes, et les personnages bénéficient de visages vivants dont les expressions renforcent souvent l'effet comique des scènes.
L'idée de départ est sympathique : dans un univers médiéval-fantastique profondément misogyne, Agnès rêve de gloire et d'honneur chevaleresque alors que personne ne la prend au sérieux. Humiliations, remarques condescendantes et vexations jalonnent son parcours, mais elle les encaisse avec une sagesse désarmante, oscillant entre naïveté apparente et intelligence bien plus fine qu'il n'y paraît. Face à tous ces mâles persuadés de leur supériorité, elle semble souvent être la seule à réellement comprendre ce qui se passe.
À ses côtés, Geoffroy lui adjoint un mentor savoureux : Gérard, un vieux chevalier qui évoque physiquement Don Quichotte mais dont la personnalité est à l'exact opposé. Là où l'hidalgo espagnol poursuivait des idéaux chevaleresques, Gérard ne pense qu'à boire, courir les prostituées et gagner de l'argent facile non sans se ridiculiser la majorité du temps. Le contraste entre les deux personnages fonctionne bien et nourrit une bonne partie des situations comiques.
L'album multiplie les piques contre la misogynie et les préjugés, mais l'humour ne repose pas uniquement sur cet aspect. Agnès est une héroïne attachante et il est difficile de ne pas avoir envie de la voir faire mentir tous ceux qui la méprisent, qu'il s'agisse des chevaliers machos qui croisent sa route ou même des monstres et dragons qui ignorent encore qu'ils ont affaire à celle qui va les massacrer.
La structure du récit trahit clairement sa prépublication dans Fluide Glacial : l'aventure est découpée en courtes séquences de quelques pages qui fonctionnent comme autant de saynètes dotées de leur propre chute. Cela donne un rythme agréable et une lecture fluide.
C'est toutefois sur l'humour que l'album m'a davantage laissé sur ma faim. Les noms de lieux et de nombreux personnages reposent presque systématiquement sur de gros jeux de mots. À force d'être omniprésents et très appuyés, ils m'ont régulièrement sorti de l'univers plutôt que de m'y plonger. De même, une partie des gags tourne beaucoup autour du sexe, des fesses ou d'un humour volontairement gras qui ne correspond pas à ce qui me fait rire, d'autant plus que le ton du récit autour d'Agnès elle-même semble en désaccord avec cet humour. J'ai trouvé cela parfois un peu lourdingue, alors que l'album possède par ailleurs suffisamment de qualités pour se passer de ce type de facilité.
Au final, mon sentiment reste assez partagé. J'ai beaucoup aimé le dessin, l'univers, les personnages et le principe même de cette héroïne qui avance avec obstination dans un monde qui refuse de la reconnaître à sa juste valeur. J'avais sincèrement envie de poursuivre l'aventure à ses côtés. En revanche, les jeux de mots incessants et un humour trop basique ou trop gras ont plusieurs fois freiné mon enthousiasme. Malgré ces réserves, l'album possède un vrai charme, une héroïne réussie et une personnalité bien affirmée. Je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là, mais j'ai eu l'impression de voir une bonne bande dessinée parfois desservie par un humour qui ne correspondait tout simplement pas à ma sensibilité.
Le plus difficile à comprendre dans une langue étrangère, c’est l’humour, je pense. Ici, il n’y a pas de difficulté, le dessin est si bon qu’on comprend tout parfaitement et c’est très drôle !
Les gags sont parfois forts : des sujets comme la stupidité et la violence de l’espèce humaine, le cléricalisme idiot, même la mort, sont transformés en humour par Franquin.
Les critiques les plus informés et éclairés concernant la vie de Franquin parlent de retour du refoulé, de règlement de comptes avec l’obéissance et le surmoi, forte tendance dépressive et défoulement… Peut-être, mais pour moi, ces livres me font rire et c’est cela qui est important !
P.S.1 : les jeux de mots de Gotlib m’ont causé quelques difficultés.
P.S.2: mon gag préféré est celui de la foi du curé...
P.S.3 : tout ça n’est peut-être pas indispensable, mais c’est très bon !
Et si le monde était gouverné par des bandits et des assassins ? La prémisse de base de cette œuvre n'est pas absurde, n'est-ce pas ?
Bien que techniquement bien réalisés, je ne trouve pas les dessins de JG Jones attrayants : un réalisme excessif et sans nuances, trop de grimaces des personnages !
Mais mon principal désaccord concerne le scénario : violence extrême et gratuite, jurons constants qui finissent par lasser. Il y a une volonté délibérée et puérile de choquer, de la part de Millar. L'adaptation cinématographique a en partie éliminé ces aspects, mais les incongruités et l'invraisemblance sont restées.
L'histoire mouvementée d'un mariage entre un écrivain, également scénariste de BD, et une peintre. Une plante mystérieuse joue ici le rôle énigmatique de muse inspiratrice. Il y a une certaine agressivité mais aussi de l'humour. Les conversations sur l'art ou le sexe n'ont pas beaucoup de profondeur ni d'originalité... mais elles ne sont pas prétentieuses non plus.
Le côté esthétique m'a beaucoup plu : des croquis rapides, expressionnistes, parfois proches de l'abstraction. Un trait noir fin, mis en valeur par de grandes taches rouges (un rouge plus chargé, presque brun dans la version originale) et une composition dynamique des pages, sans cases définies. Le livre, de petit format, a été primé au plus important salon de BD du Portugal.
3.5
L'Affaire Grégory doit être l'affaire criminelle française dont j'ai lu le plus de livres, il faut dire que c'est une enquête avec pleins de rebondissement et de versions des faits que c'est facile de s'y perdre.
Les auteurs font le parti pris de montrer l'histoire au travers du procès de Jean-Marie Villemin qui a tué son cousin Bernard Laroche, principal suspect de l'affaire qui était sorti de prison pendant que sa femme Christine Villemin était devenu le punching-ball d'une partie de la presse et des avocats de Laroche qui avait besoin d'un bouc émissaire. On voit au travers les témoignages comme le système médiatique et judiciaire ont dérapé. Le plus triste est qu'il y a des chances que l'affaire aurait été régler depuis longtemps si le premier juge d'instruction avait été quelqu'un de plus compétent que le juge Lambert.
L'album est prenant même si je connaissais déjà tous les détails et on ressent la tristesse du couple Villemin. Cela dit, je me demande ce que penserait un lecteur qui ne connait que vaguement l'affaire. Le récit ne reconstitue pas l'affaire de façon linéaire et si je ne me suis pas perdu dans les nombreux allers-retours dans le passé, c'est en grande partie parce que je connaissais déjà l'affaire. Il y aussi le fait que certains éléments sont vite survolés ou pas du tout évoqué. En tout cas, c'est un bon résumé de l'affaire, mais le meilleur livre sur le sujet reste pour moi Le Bûcher des innocents de Laurence Lacour.
Je suis un grand fan de Jean-Claude Fournier qui pour moi est un auteur qui n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et dont les excellents albums de Spirou sont moins reconnu que ceux de Franquin ou Tome et Janry. C'est donc avec enthousiasme que j'ai commencé à lire cet album d'anecdotes.
Le résultat est une lecture agréable, mais pas particulièrement marquante. Il faut dire que Fournier passe beaucoup de temps à montrer sa jeunesse et si certaines anecdotes de son enfance sont touchantes, il y en a d'autres dont l'intérêt me semblait limité. La partie qui m'a le plus intéressé est lorsque Fournier devient un professionnel, mais je connaissais déjà plusieurs informations que Fournier avait déjà données dans les textes de présentations des intégrales de ses différentes sortis chez Dupuis ou dans l'excellent ''Dans l'atelier de Fournier''.
C'est pas mauvais, on ressent la sincérité de l'auteur et le dessin de Fournier est toujours aussi excellent, c'est un des grands de l'école Marcinelle, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Je pense aussi que j'avais des attentes un peu trop élevé vu que c'est un auteur que j'admire beaucoup. Cela reste une lecture agréable si on est fan de Fournier.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Passagers du vent
Bon, difficile d'être original après la soixantaine d'avis déjà postés... Le premier cycle est une merveille. C'est tout simplement le souffle d'une grande fresque romanesque, sans romantisme éculé. On voyage de la terre à la mer et de la mer à la terre, jusqu'au bout du voyage. Niveau dessin, chaque plan de coupe d'un navire nous éclabousse de talent. La moiteur des intérieurs nous étouffe et le mystère des horizons nous évade. Note : ***** Le second cycle est moins réussi. On commence à suivre l'histoire d'une nouvelle héroïne mais, aveu de faiblesse de Bourgeon à mon sens, il ne peut s'empêcher de retourner sur les traces d'Isa. On a parfois l'impression d'assister à une leçon d'histoire. La conclusion est très belle, cela dit. Le dessin réaliste, toujours exceptionnel, souffre maintenant d'un talon d'Achille : les expressions faciales des protagonistes semblent sorties d'un mauvais roman-photo. Note : **** On retrouve tous les défauts précités dans le dernier cycle. On en rajoute de nouveaux : - un discours politique à sens unique (les communard sont des gentils et les monarchistes sont les méchants) - des dialogues en breton pour faciliter la tâche du lecteur qui se farcit déjà une leçon d'histoire à digérer. Visuellement, la reconstitution du Paris de la fin du XIXe siècle est admirable. Il n'y a pas grand monde qui puisse s'asseoir à la table de Bourgeon à ce niveau de détail. Note : ** L'évolution artistique prise par Bourgeon au gré des tomes n'a pas su me convaincre, malgré des qualités que peu de bandes dessinées ont su approcher. Une référence qui n'est pas sans défauts.
Agnès la Chevaleresse
Dans un univers d'heroic-fantasy volontiers parodique, Agnès tente de devenir chevalier malgré le mépris général et l'aide très relative d'un mentor particulièrement lamentable. Damien Geoffroy signe ici un album de fantasy humoristique en auteur complet, assurant non seulement le scénario et le dessin mais également les couleurs. Celles-ci sont d'ailleurs réussies et participent pleinement à la qualité visuelle de l'ensemble. Son trait fin et expressif, qui me rappelle toujours celui de David Ratte (Le Voyage des Pères), fonctionne très bien dans ce registre. Les décors sont soignés, les créatures convaincantes, et les personnages bénéficient de visages vivants dont les expressions renforcent souvent l'effet comique des scènes. L'idée de départ est sympathique : dans un univers médiéval-fantastique profondément misogyne, Agnès rêve de gloire et d'honneur chevaleresque alors que personne ne la prend au sérieux. Humiliations, remarques condescendantes et vexations jalonnent son parcours, mais elle les encaisse avec une sagesse désarmante, oscillant entre naïveté apparente et intelligence bien plus fine qu'il n'y paraît. Face à tous ces mâles persuadés de leur supériorité, elle semble souvent être la seule à réellement comprendre ce qui se passe. À ses côtés, Geoffroy lui adjoint un mentor savoureux : Gérard, un vieux chevalier qui évoque physiquement Don Quichotte mais dont la personnalité est à l'exact opposé. Là où l'hidalgo espagnol poursuivait des idéaux chevaleresques, Gérard ne pense qu'à boire, courir les prostituées et gagner de l'argent facile non sans se ridiculiser la majorité du temps. Le contraste entre les deux personnages fonctionne bien et nourrit une bonne partie des situations comiques. L'album multiplie les piques contre la misogynie et les préjugés, mais l'humour ne repose pas uniquement sur cet aspect. Agnès est une héroïne attachante et il est difficile de ne pas avoir envie de la voir faire mentir tous ceux qui la méprisent, qu'il s'agisse des chevaliers machos qui croisent sa route ou même des monstres et dragons qui ignorent encore qu'ils ont affaire à celle qui va les massacrer. La structure du récit trahit clairement sa prépublication dans Fluide Glacial : l'aventure est découpée en courtes séquences de quelques pages qui fonctionnent comme autant de saynètes dotées de leur propre chute. Cela donne un rythme agréable et une lecture fluide. C'est toutefois sur l'humour que l'album m'a davantage laissé sur ma faim. Les noms de lieux et de nombreux personnages reposent presque systématiquement sur de gros jeux de mots. À force d'être omniprésents et très appuyés, ils m'ont régulièrement sorti de l'univers plutôt que de m'y plonger. De même, une partie des gags tourne beaucoup autour du sexe, des fesses ou d'un humour volontairement gras qui ne correspond pas à ce qui me fait rire, d'autant plus que le ton du récit autour d'Agnès elle-même semble en désaccord avec cet humour. J'ai trouvé cela parfois un peu lourdingue, alors que l'album possède par ailleurs suffisamment de qualités pour se passer de ce type de facilité. Au final, mon sentiment reste assez partagé. J'ai beaucoup aimé le dessin, l'univers, les personnages et le principe même de cette héroïne qui avance avec obstination dans un monde qui refuse de la reconnaître à sa juste valeur. J'avais sincèrement envie de poursuivre l'aventure à ses côtés. En revanche, les jeux de mots incessants et un humour trop basique ou trop gras ont plusieurs fois freiné mon enthousiasme. Malgré ces réserves, l'album possède un vrai charme, une héroïne réussie et une personnalité bien affirmée. Je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là, mais j'ai eu l'impression de voir une bonne bande dessinée parfois desservie par un humour qui ne correspondait tout simplement pas à ma sensibilité.
Idées Noires
Le plus difficile à comprendre dans une langue étrangère, c’est l’humour, je pense. Ici, il n’y a pas de difficulté, le dessin est si bon qu’on comprend tout parfaitement et c’est très drôle ! Les gags sont parfois forts : des sujets comme la stupidité et la violence de l’espèce humaine, le cléricalisme idiot, même la mort, sont transformés en humour par Franquin. Les critiques les plus informés et éclairés concernant la vie de Franquin parlent de retour du refoulé, de règlement de comptes avec l’obéissance et le surmoi, forte tendance dépressive et défoulement… Peut-être, mais pour moi, ces livres me font rire et c’est cela qui est important ! P.S.1 : les jeux de mots de Gotlib m’ont causé quelques difficultés. P.S.2: mon gag préféré est celui de la foi du curé... P.S.3 : tout ça n’est peut-être pas indispensable, mais c’est très bon !
Wanted (J.G. Jones)
Et si le monde était gouverné par des bandits et des assassins ? La prémisse de base de cette œuvre n'est pas absurde, n'est-ce pas ? Bien que techniquement bien réalisés, je ne trouve pas les dessins de JG Jones attrayants : un réalisme excessif et sans nuances, trop de grimaces des personnages ! Mais mon principal désaccord concerne le scénario : violence extrême et gratuite, jurons constants qui finissent par lasser. Il y a une volonté délibérée et puérile de choquer, de la part de Millar. L'adaptation cinématographique a en partie éliminé ces aspects, mais les incongruités et l'invraisemblance sont restées.
Celle de ma vie - Celle de mes rêves
L'histoire mouvementée d'un mariage entre un écrivain, également scénariste de BD, et une peintre. Une plante mystérieuse joue ici le rôle énigmatique de muse inspiratrice. Il y a une certaine agressivité mais aussi de l'humour. Les conversations sur l'art ou le sexe n'ont pas beaucoup de profondeur ni d'originalité... mais elles ne sont pas prétentieuses non plus. Le côté esthétique m'a beaucoup plu : des croquis rapides, expressionnistes, parfois proches de l'abstraction. Un trait noir fin, mis en valeur par de grandes taches rouges (un rouge plus chargé, presque brun dans la version originale) et une composition dynamique des pages, sans cases définies. Le livre, de petit format, a été primé au plus important salon de BD du Portugal.
Grégory
3.5 L'Affaire Grégory doit être l'affaire criminelle française dont j'ai lu le plus de livres, il faut dire que c'est une enquête avec pleins de rebondissement et de versions des faits que c'est facile de s'y perdre. Les auteurs font le parti pris de montrer l'histoire au travers du procès de Jean-Marie Villemin qui a tué son cousin Bernard Laroche, principal suspect de l'affaire qui était sorti de prison pendant que sa femme Christine Villemin était devenu le punching-ball d'une partie de la presse et des avocats de Laroche qui avait besoin d'un bouc émissaire. On voit au travers les témoignages comme le système médiatique et judiciaire ont dérapé. Le plus triste est qu'il y a des chances que l'affaire aurait été régler depuis longtemps si le premier juge d'instruction avait été quelqu'un de plus compétent que le juge Lambert. L'album est prenant même si je connaissais déjà tous les détails et on ressent la tristesse du couple Villemin. Cela dit, je me demande ce que penserait un lecteur qui ne connait que vaguement l'affaire. Le récit ne reconstitue pas l'affaire de façon linéaire et si je ne me suis pas perdu dans les nombreux allers-retours dans le passé, c'est en grande partie parce que je connaissais déjà l'affaire. Il y aussi le fait que certains éléments sont vite survolés ou pas du tout évoqué. En tout cas, c'est un bon résumé de l'affaire, mais le meilleur livre sur le sujet reste pour moi Le Bûcher des innocents de Laurence Lacour.
Fournier - Ma vie de rêves
Je suis un grand fan de Jean-Claude Fournier qui pour moi est un auteur qui n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et dont les excellents albums de Spirou sont moins reconnu que ceux de Franquin ou Tome et Janry. C'est donc avec enthousiasme que j'ai commencé à lire cet album d'anecdotes. Le résultat est une lecture agréable, mais pas particulièrement marquante. Il faut dire que Fournier passe beaucoup de temps à montrer sa jeunesse et si certaines anecdotes de son enfance sont touchantes, il y en a d'autres dont l'intérêt me semblait limité. La partie qui m'a le plus intéressé est lorsque Fournier devient un professionnel, mais je connaissais déjà plusieurs informations que Fournier avait déjà données dans les textes de présentations des intégrales de ses différentes sortis chez Dupuis ou dans l'excellent ''Dans l'atelier de Fournier''. C'est pas mauvais, on ressent la sincérité de l'auteur et le dessin de Fournier est toujours aussi excellent, c'est un des grands de l'école Marcinelle, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Je pense aussi que j'avais des attentes un peu trop élevé vu que c'est un auteur que j'admire beaucoup. Cela reste une lecture agréable si on est fan de Fournier.