Les derniers avis (59 avis)

Couverture de la série Aliénation
Aliénation

J’ai bien aimé le dessin de Beroy. Je n’avais pas trop aimé la colorisation des albums que j’avais déjà lus de lui, et ici le choix de n’utiliser que du Noir et Blanc et quelques nuances de gris donne quelque chose de bien plus agréable et abouti je trouve. L’histoire est difficile à résumer. Elle est même difficile à appréhender, j’ai mis du temps à entrer dedans, tant elle se révèle complexe. Elle se déroule sur plusieurs plans, mêle rêves et réalité, joue sur la folie. L’ambiance de l’intrigue – son point fort – s’accommode très bien du dessin et des choix de colorisation : peu de lumière, pour un récit se laisse apprivoiser lentement, sans forcément livrer toutes les clés. Un album intriguant, original.

02/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Nos pires fêtes foireuses
Nos pires fêtes foireuses

Ça n’est a priori pas le genre d’album que j’achèterais ou emprunterais (les auteurs, le genre, mais aussi le fait que je ne suis pas vraiment un « fêtard » et donc beaucoup de situations évoquées ici m’ont laissé de marbre). Mais je l’ai rencontré dans une boîte à livre (où il va retourner illico), et donc j’ai fait l’effort de le lire. Je dis bien l’effort, tant ça n’est pas ma came. C’est un album sans réelle ambition, comme le duo d’auteurs en a produit pas mal (Jim a poursuivi l’épuisement du filon tout seul sur certains albums). On est dans du « facile », de la BD de supermarché, des cadeaux pour les sans idées de cadeau je dirais (et m’offrir ça prouverait qu’on ne me connait pas du tout !). Bref, Jim arrive quand même à amener quelques idées, quelques gags, mais aucun ne m’a fait rire, et seuls quelques rares sourires forcés m’empêchent de mettre la note minimale. Surtout que le problème de ce type d’album, qui épuise jusqu’au bout du bout une idée de départ, c’est que rapidement il y a des redites, et « l’intro » des trois premières pages rassemble déjà la plupart des idées développées par la suite… Le dessin de Fredman est certes lisible, mais ça n’est clairement pas ma tasse de thé. Sans âme, pas vraiment joli. Il fait le boulot on va dire. Quant à la colorisation, je ne l’aime pas. Baveuse parfois, informatique et sans nuance, pas mon truc non plus. Pas mon truc donc.

02/05/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Diosamante
Diosamante

Diosamante ouvre les yeux, et par ses yeux c’est l’Univers qui regarde… - Lecture de l'intégrale qui rassemble le premier tome de la série, ainsi que la vingtaine de pages du deuxième resté inachevé : La Passion de Diosamante (1992) et Les enfants de Diosamante. Sa première édition date de 2010. Ils ont été réalisés par Alejandro Jodorowsky pour le scénario et par Jean-Claude Gal (1942-1992) pour les dessins et les couleurs. Cette intégrale comprend soixante-quatorze pages de bande dessinée, cinquante-cinq pour le tome 1, dix-neuf pour le début du tome 2. La série a été interrompue suite au décès du dessinateur. Le scénariste a réalisé la suite : La parabole du fils perdu (2002) avec Igor Kordey. Chapitre 1 L’ascension de l’âme. Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé. – Pascal. Le sage avait raison qui disait : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne… Diosamante, reine d’Arhas, lui opposa un tel déni que le Destin lui fit tout perdre en l’espace d’un instant. Dans le même temps, par le fait même qu’une telle perte équivalait à une renonciation infinie, il lui faisait regagner l’essentiel : son impénétrable Vérité. Diosamante était d’une beauté si intense qu’en Arhas, toutes les autres femmes ne furent bientôt qu’insignifiantes ombres domestiques et que les hommes, partageant un seul et même rêve ne vivaient plus que pour devenir un jour son amant. Jeunes ou vieux, riches ou pauvres, nobles ou serfs, abandonnant tout autre activité, s’employaient à acquérir force et adresse dans le maniement des armes, avec l’espoir de triompher lors de la Joute et d’être le Champion qui, pendant la première nuit du Nouvel An, mériterait de partager la Couche Royale pour accepter ensuite qu’au cours du derniers mois, à l’occasion du Solstice d’Hiver, elle lui arrachât le cœur, en guise d’atroce démonstration d’amour, afin d’en dévorer un morceau et de précipiter le reste de la dépouille encore palpitante entre les crocs de ses hyènes noires. Voilà pourquoi de farouches guerriers, après avoir abandonné des épouses aux yeux secs, avancent à présent en trébuchant sur les rats téméraires des ruelles désertées, ivres de haine et de désir, vers le Palais Ardent où les attend l’unique femelle du Royaume, nue et luisante telle la lune en son plein… Voilà pourquoi des fossoyeurs souriants creusent d’innombrables sépultures : aujourd’hui est la première nuit du Nouvel An. Das la cité d’Arhas, les deux servantes de la reine lui ôtent son voile, et elles se retrouve nue dans son immense chambre. Elle va s’allonger sur sa couche, congédiant les deux jeunes filles, et regardant les deux prétendants s’affronter en ombre chinoise derrière le voile tendu devant l’entrée. Les deux guerriers combattent à l’épée, vantant la force suprême de leur amour pour la reine, malgré sa cruauté. L’un des deux triomphe et décapite son adversaire pour offrir sa tête tranchée à Diosamante qui l’accueille avec volupté dans sa couche… Et il s’écroule sur elle, mort, un morceau d’épée planté dans son dos. Elle repousse le corps en disant qu’elle voulait un amant, pas un cadavre. Et elle lève, se drape du voile comme d’une robe, s’équipe d’une épée dans son fourreau ceint à sa taille et sort pour contempler la ville. Elle la découvre en proie aux flammes, les habitants en train d’être massacrés par les Barbares. Les années ayant passé, les décennies également, le lecteur dispose des informations relatives à ce projet éditorial, au fait que la série ait été laissée inachevée, un second tome ayant vu le jour bien plus tard, dessiné par Igor Kordey, excellent artiste, n’ayant pour seul tort ne pas être Jean-Claude Gal. Les deux derniers tomes n’ont jamais été réalisés. Dans son introduction de janvier 2010, le scénariste évoque sa rencontre avec le dessinateur, la série Arn scénarisée par Jean-Pierre Dionnet, également connue sous le nom de Epopées fantastiques (Arn / Les armées du conquérant), et l’accord qu’il obtient de l’artiste lui-même de réaliser une série en couleurs. Puis il raconte que : Les trois premiers albums de Gal racontant les aventures de guerriers virils, il a décidé dans sa recherche sacrée de la différence de créer une héroïne, Diosamante, une femme hors du commun, qui réunit en son âme la sagesse et la beauté. Il a imaginé une histoire en quatre tomes. Dans le premier, Diosamante rencontre son amour, un saint homme avec qui elle aura trois fils. Dans le deuxième tome, elle sauve le premier d’entre eux. Dans les deux derniers tomes, elle libère ses autres enfants et retrouve sa vie d’avant la guerre. Et voilà tout est dit, le lecteur découvre que l’histoire est exactement conforme à ce qu’annonce le scénariste. Il est possible que le lecteur entame ce tome avec une petite arrière-pensée irrépressible du genre : Ça va être compliqué. Il peut avoir en tête d’autres ouvrages de ce même scénariste à forte teneur mystique ou ésotérique, ou enfilant des horreurs insoutenables l’une après l’autre. Il éprouve la sensation que ses a priori s’avèrent fondés en découvrant la première page : un texte avec une illustration courant au pied et sur la partie gauche de la page. Or la page de texte constitue un repoussoir réflexe pour qui est venu lire une bande dessinée. Dans les faits, cette introduction se lit facilement, amenant à une scène d’action dès la deuxième planche, le lecteur soupire, tout va bien se passer. L’ensemble du récit illustré par Gal se compose de cinq chapitres avec les titres suivants : L’ascension de l’Âme, Les contraires unis par l’Amour, La Vérité de l’Illusion, Rien n’est fait pour durer et toujours sur lui-même le Monde se referme, La force de l’Amour triomphe de toutes les épreuves. Les quatre premiers chapitres s’ouvrent avec une citation de Blaise Pascal (1623-1662), puis de Angelus Silesius (1624-1677), El Topo (personnage principal du film du même nom de 1970, réalisé par Jodorowsky), Lao Tseu (VIe ou Ve siècle avant JC). Ces citations sont suivies par un paragraphe commençant par : Le Sage avait raison qui disait… Par exemple pour le premier chapitre : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne… En fait, une fois passé le texte introductif du premier chapitre, le lecteur en prend plein les yeux et ces considérations se trouvent reléguées au second plan. Quel spectacle ! Il s’agit d’un récit appartenant au genre Heroic Fantasy : il saute immédiatement aux yeux du lecteur que l’artiste (et cette appellation est totalement méritée) veut donner à voir ce monde imaginaire dans ses moindres détails, qu’il soit possible d’éprouver la sensation de le toucher, d’imaginer ce qui se trouve après la bordure de chaque case. Et c’est une réussite exemplaire. En fait, dès la page de texte avec cette illustration, c’est déjà incroyable : la texture de la pierre variant à chaque endroit, la sculpture finement ouvragée, le serpent, la jarre, les rochers, tout mérite que le lecteur y prenne son temps pour observer et scruter. La deuxième planche s’ouvre avec une case de la largeur de la page montrant plusieurs édifices en pierre de la cité, avec ce même soin apporté à définir chaque volume, à retranscrire le matériau dans toutes ses aspérités, avec un serpent au premier plan à gauche, une petite statue d’une déesse, les façades sculptées dans la pierre des temples… À nouveau il est possible d’y consacrer plusieurs minutes sans épuiser la richesse du dessin. Les parois de la chambre de la reine présentent tout autant de détails, de sculptures finement ouvragées. Les tenues de cérémonie des deux guerriers regorgent de détails. Etc. C’est un festin à chaque case. Il est impossible de rendre compte de la munificence de chaque planche, chaque case étant un spectacle à elle seule. Visiblement le scénariste en a pleinement conscience, car il laisse les images porter la narration, en se faisant moins dissert qu’à son habitude. Alors le lecteur se laisse emmener dans ces lieux pleinement réalisés et ces séquences tangibles : attaque des Barbares, combats sanglants, magnificence de l’enceinte de la cité de Sarabba, beauté baroque du palais d’Urbal avec le trône gigantesque à l’extrémité d’un pont surplombant un bassin, ruine d’une autre cité où deux clans se font la guerre avec l’extermination mutuelle comme seule issue envisageable, temple perdu dans les montagnes avec ses statues de moines méditant, navire voguant sur les flots, etc. L’investissement et la minutie de l’artiste sont totaux et sans compromission de la première à la dernière case, un travail de titan. Dans son introduction, le scénariste indique qu’il avait accepté de travailler avec l’artiste sous réserve que celui-ci relève le défi de travailler en couleurs, ce qu’il a fait. Il sait coloriser les formes sans jamais les noyer, tout en travaillant pour aboutir à une ambiance pour chaque scène, en conservant la sensation d’une approche réaliste, du grand art. Émerveillé par la narration visuelle enchanteresse et extraordinaire, le lecteur laisse l’intrigue passer au second plan. Fidèle à lui-même, le scénariste imagine une suite d’épreuves terribles et parfois sadiques comme métaphore de la progression spirituelle de son héroïne. Celle-ci avait littéralement le monde à ses pieds, et elle doit cheminer vers l’humilité, l’éveil spirituel, pour pouvoir obtenir ce que son cœur désire plus que tout : un mari et des enfants… Bon un peu plus que ça. Comme tous les héros mâles du scénariste, elle doit souffrir dans sa chair, et se faire humilier jusqu’au dernier degré, Jodorowsky se montrant d’une cruauté inventive quel que soit le genre des personnages. Le décès de l’artiste met un terme aux aventures avant qu’elle ne puisse sauver ses trois enfants et regagner son foyer. Toutefois, elle aura progressé sur le chemin de l’amélioration personnelle cher au scénariste, devant apprendre la leçon de l’humilité de manière répétée et à chaque fois plus humiliante. Le lecteur sait en commençant cette série qu’elle n’a pas eu de fin. S’il commence par l’introduction du scénariste, il en découvre l’issue qu’il voulait lui donner, en même temps qu’une version synthétique des pages qu’il va lire. Rien ne peut le préparer à la solidité du monde dans lequel il va s’immerger, à la méticulosité des planches approchant le photoréalisme pour un monde imaginaire d’une richesse visuelle inouïe. Alors que tous les hommes tombent amoureux de Diosamante, lui tombe amoureux de la puissance incroyable des lieux et des personnages. Une trame narrative classique pour Jodorowsky, sublimée par la narration visuelle de Jean-Claude Gal. Un voyage inoubliable, qui importe plus que la destination.

02/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Ephemera
Ephemera

2.5 Tiens, un autre comics où une autrice raconte un événement traumatisant de son enfance. On suit parallèlement le personnage principal féminin (l'autrice, donc) comme adulte qui se remémore un mauvais souvenir et comme enfant qui va vivre un horrible événement. J'avoue qu'au début je ne comprenais pas trop bien où l'autrice voulait en venir jusqu'à ce que la tragédie arrive. Il y a peu de textes et l'autrice traite le tout avec pudeur. On a donc pas beaucoup d'explications, mais le lecteur peut facilement comprendre ce qui s'est passé en regardant le dessin. Après qu'on voit le passé de la femme, on va la voir accepter ce qui s'est passé et faire la paix avec son passée. La BD m'a un peu ému, mais ça se lit tellement vite qu'au final ce n'est pas une lecture qui m'a particulièrement marqué. C'est vraiment une lecture pour les fans de romans graphiques un peu contemplatif (si vous aimez l'action, vous allez vous ennuyez ferme). Le dessin est correct et sobre.

02/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Fuck ze tourists !
Fuck ze tourists !

Zidrou et Maltaite se moquent des travers des touristes et l'humour n'a pas fonctionné sur moi. Je sais que lorsqu'on fait de la satire social, les défauts sont exagérés pour l'humour, mais ici c'est trop caricaturaux pour moi. Un autre problème est que si Zidrou n'a jamais été un scénariste subtile, ici j'ai eu l'impression que c'était pire que d'habitude. Les messages qu'il essai de passer sont emmenés avec des gros sabots. Il faut dire aussi qu'on change de personnages à chaque récit. Si on suivait les mêmes touristes, peut-être que je me serais attaché à eux malgré leurs défauts comme c'est le cas avec une série comme 'Les Bidochons', mais ici on a juste droit à une gallérie de touristes antipathiques qui n'ont rien d'autres à faire qu'être cons et méchants. L'humour est lourd. Il reste le dessin de Maltaite qui est pas mal dans le genre bd humoristique à gros nez.

02/05/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Mégantic - Un train dans la nuit
Mégantic - Un train dans la nuit

L'œuvre me touche entre autre parce qu'elle ne manipule pas : elle montre ce qui arrive quand un pouvoir, ici financier, a trop de pouvoir : des abus aux conséquences très graves. Elle ne diabolise pas, elle montre des mécanismes qu'il faut changer, le décalage entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent. Est-ce qu'il faut surjouer en en rajoutant dans la souffrance des victimes ? Moi, je trouve beau le dessin, beau, sérieux et sévère, en accord avec le climat glacial des contrées théâtre du drame.

01/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Silverfish
Silverfish

Pas le polar du siècle, et finalement l’intrigue se révèle quelque peu linéaire. Mais pourtant c’est une lecture très recommandable pour les amateurs de polar. Une intrigue qui mise presque tout sur l’ambiance – de plus en plus noire – et le rythme – de plus en plus rapide. De fait, on ne s’ennuie vraiment pas en lisant ce récit, dont la tension monte crescendo, après quelques scènes d’exposition, plantant le décor, et présentant brièvement les principaux protagonistes. Tout s’enchaine ensuite rapidement, sur un rythme haletant, dans une sorte d’exercice de style, dans lequel Lapham multiplie les coups d’accélérateurs. Peut-être un peu trop sur la fin dans la fête foraine. Autre petit bémol, je n’ai pas trop compris comment Daniel avait trouvé l’endroit exact où se trouvait Mia – et donc Suzanne (à moins qu’un détail m’ait échappé). Pour densifier l’intrigue et la faire paraître moins linéaire, Lapham fait apparaitre les troubles mentaux du psychopathe Daniel de façon originale (ce qui donne aussi son titre à l’album – voir aussi la quatrième de couverture), Daniel ayant quelques poissons lui grignotant la tête – et les neurones ? Ceci pour finir sur le dessin, plutôt bon, lisible et dynamique. Le Noir et Blanc convient très bien à ce type de récit. Note réelle 3,5/5.

01/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Petits contes cruels pour grands enfants pas sages
Petits contes cruels pour grands enfants pas sages

Je découvre cet auteur avec cet album, et c’est plutôt une bonne pioche. J’ai déjà bien aimé tout le côté graphique – sans doute le point fort de cet album. Chaque histoire bénéficie d’une bichromie différente (mais le rendu d'ensemble est assez chouette). Le dessin est lui aussi agréable, avec quelques airs de Tim Burton parfois. Quelques planches sont un chouia trop chargées quand même. Concernant les histoires, c’est assez éclectique et inégal. Du fantastique, de l’humour noir parfois (deux ou trois chutes sont vraiment bien vues). Mais, globalement, c’est une lecture très sympathique. Si j’ai l’occasion de tomber dessus, j’achèterai aussi l’autre recueil que l’auteur a fait paraître chez le même éditeur quelques années plus tard.

01/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Dungeon elf
Dungeon elf

Un manga de fantasy type RPG où l'on suit une elfe solitaire et surpuissante qui s'est donnée pour mission de déposer des coffres aux trésors dans des donjons, qu'elle traverse sans effort en éliminant monstres et dangers sur son passage. L'influence de la série Frieren est évidente : une elfe très âgée, quasi immortelle, surpuissante et détachée. Mais ici, Snail rejette la magie et règle tout à l'épée avec une facilité déconcertante : trancher en deux un dragon millénaire est une formalité pour elle. L'idée de base d'aller déposer les coffres dans les donjons est amusante et permet d'enchaîner des environnements variés. Le ton est assez particulier, nonchalant presque apaisant malgré les dangers, avec un côté iyashikei assumé. On suit ses explorations sans tension, ponctuées de scènes où elle cuisine les monstres qu'elle vient d'abattre, avec parfois un peu d'humour comme quand les mignons bébés monstres la mettent trop en appétit, ce qui évoque Gloutons & Dragons. Le dessin est très soigné, le trait impeccable, et les décors de donjons et de paysages grandioses sont souvent superbes, avec un vrai sens de l'ambiance inspiré des JRPG. Seul bémol, le design de l'héroïne, dont la poitrine démesurée apporte un côté aguicheur gratuit qui m'a parfois agacé. Malheureusement, il n'y a pour l'instant quasiment pas d'intrigue. Pas de véritable fil conducteur, aucun personnage secondaire doué de conscience et parole, et juste une succession de donjons et de lieux dangereux qui finit par donner une impression de répétition. C'est donc une lecture agréable et plutôt originale dans sa proposition, mais qui repose beaucoup sur son concept et son esthétique. Sans mise en place d'une vraie histoire, le risque est que l'intérêt retombe assez vite malgré ses qualités graphiques.

01/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Les Amours de Zeus (Bruneau/Duarte)
Les Amours de Zeus (Bruneau/Duarte)

À ma connaissance, c'est clairement l'album le plus vite lu de toute la collection La Sagesse des Mythes. J'ai été assez surpris d'arriver déjà à la fin en ayant l'impression qu'il ne s'était quasiment rien passé. L'album enchaîne en réalité plusieurs escapades amoureuses de Zeus (de Némésis à Alcmène en passant par Europe et Danaé), mais sans jamais vraiment raconter d'histoire. On assiste surtout à une succession de poursuites, de métamorphoses et de ruses pour parvenir à séduire ou contraindre ces femmes, avec à chaque fois la mention rapide de la descendance semi-divine qui en découle. Mais tout cela reste extrêmement superficiel : rien n'est développé, rien n'est approfondi, et surtout aucune de ces histoires ne trouve de véritable prolongement. Du coup, l'ensemble donne vraiment une impression de catalogue. On coche des mythes connus les uns après les autres, sans jamais prendre le temps de les raconter ni de les incarner. Seuls ceux qui connaissent déjà la suite de ces légendes pourront éventuellement replacer ces épisodes dans un contexte plus large, mais même dans ce cas, il n'y a pas grand-chose à savourer tant tout est survolé. On n'apprend finalement pas grand-chose, si ce n'est une répétition des stratagèmes de Zeus, et encore moins sur les personnages qui l'entourent. Cela rend la lecture assez creuse, malgré un sujet qui aurait pu être bien plus riche, voire dérangeant ou intéressant à explorer sous un angle plus construit. Ici, même la dimension potentiellement tragique ou symbolique de certains récits est à peine esquissée. Côté dessin, c'est propre et professionnel, avec un style lisse et très formaté, parfaitement dans les standards de la collection. Cela se lit sans déplaisir, mais sans vraie personnalité marquante non plus. J'ai surtout eu l'impression de parcourir un résumé illustré plutôt qu'une véritable bande dessinée construite, ce qui explique sans doute ma sensation de lecture expédiée et assez peu mémorable.

01/05/2026 (modifier)