2.5
Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier.
On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle.
Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
Ce manga commence bien avec un premier tome introductif bien excitant.
Il y a tout d'abord le dessin qui est vraiment dynamique et très beau à regarder. C'est le style de dessin que j'aime lire dans un manga. Pour ce qui est du scénario, l'autrice reprends le thème des cupidons de manière originale. Notre héroïne est morte de manière tragique est devenue un cupidon. À travers ces yeux de recrue, on découvre le métier de cupidon et l'autrice n'a pas peur de partir dans un gros délire parce que ses cupidons n'utilisent pas du tout l'arc pour toucher le cœur des gens ! L'humour fonctionne bien et il y a un bon équilibre entre les moments rigolos et le coté tragique du premier arc narratif. En effet, l'héroïne va retrouver quelqu'un de son passé lors de sa première mission et on traite du drame avec pudeur et intelligence. Les différents cupidons sont attachants.
J'espère que la suite va être aussi bonne.
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga.
Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ».
Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série.
D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts.
Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer !
Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage.
Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements.
Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Ce dérivé des Profs ne démérite pas, d'autant qu'on retrouve ci et là les protagonistes de la série mère.
Comme bcp de recueils de gags, il faut lire quelques pages, sinon c'est l'overdose, ça peut vite lasser.
Rien de méchant, rien de subversif, une BD très honnêtement dessinée par Mauricet puis Stédo, qui ne sont pas des débutants et qui savent manier le crayon. Bref, c'est plus que largement correct graphiquement. Pour les scénarios, parfois, il y a des redites, c'est un peu normal. Certains albums sont très thématiques, comme celui des vacances. Mais globalement, ça tient bien la route, on va dire que c'est au dessus du panier.
Chose amusante, la petite amie de Boulard n'est pas la même dans les 2 séries, mais ce n'est pas très gênant.
Je trouve le graphisme du petit frère un peu loupé : il fait nettement trop âgé dans les 1er albums.
Emporté par mon élan, j'attribue 4 étoiles à ce genre de BD souvent injustement décriée, dont le but est de divertir.
Attiré par son titre provocateur, j'ai apprécié me plonger dans Je ne veux pas travailler de Nele Jongeling.
Depuis qu'elle a terminé ses études, Edith est en recherche d'emploi depuis 1 an. Elle décide de participer à un show TV intitulé « Job de Rêve », mettant en concurrence cinq candidats dans des épreuves censées évaluer leur motivation, apprendre à augmenter sa productivité ou bien développer ses capacités de communication. A la clef : une offre d'emploi correspondant au job de ses rêves. Oui mais il y a un problème, Edith n'a aucune idée de son job de rêve à elle.
Si cette BD a aussi bien fonctionné sur moi c'est que je crois que je me retrouve dans le constat d'Edith (pas de spoil c'est au début) : « C'est que je veux bien travailler… mais dès que je vois une offre d'emploi … j'ai honte de le dire mais la semaine de 40 heures, le travail en équipe, les responsabilités, tout ça me dépasse complètement ».
Je trouve que cette BD arrive à mettre en scène un problème actuel : L'accès à l'emploi devient de moins en moins garanti alors que travailler est indispensable pour exister socialement. Je suis toujours un peu gêné lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, non pas que mon travail soit dévalorisant mais vraiment ça ne me représente pas.
Pour en revenir à l'ouvrage, la BD est un beau pavé de 300 pages mais se lit assez rapidement (environ 1h30). Au-delà du propos, j'ai trouvé les personnages très attachants et bien écrits. La parodie des discours managériaux prônant le bien être des employés (uniquement pour maximiser leur rentabilité) m'a beaucoup fait sourire.
La construction des planches est efficace (j'ai beaucoup aimé par exemple la multitude de petites cases sur une planche pour représenter le quotidien chargé d'une mère devant s'occuper de ses enfants et trouver un travail).
Je dois tout de même mettre un bémol sur le dessin et les couleurs qui peuvent rebuter.
Et vous, vous faites quoi dans la vie ?
L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim.
Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu.
Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique.
J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction).
Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.
La lecture est relativement rapide, mais plutôt intéressante.
Sur un sujet d’actualité (les migrations clandestines – ici venues de la Syrie en guerre – et le rôle des filières mafieuses de « passeurs »), l’album nous présente une histoire romancée et vaguement policière, mais qui hélas parait fortement teintée de réalité. Et c’est une histoire dure.
Cette âpreté, dessin et colorisation la rendent assez bien. Des couleurs ternes, un gris bleuté, accentuent une certaine tristesse du récit.
Les personnages sont assez typés et relativement manichéen (des passeurs sans scrupules ni empathie, des migrants fatalistes sans réaction face aux violences), à part le duo de personnages principaux : un des passeurs (dont on apprend via des flash-backs comment il en est arrivé là et la douleur cachée qui l’obsède) et une jeune migrante kurde portant une des seules traces de couleurs sur elle un foulard des combattante kurdes des YPG. Ces deux personnages donnent un peu plus de nuances au récit. Plus d’humanité aussi. Mais pas moins de violence finalement.
Le récit est intéressant, et il est très bien complété par un excellent dossier (assez copieux et très détaillé en fin d’album).
La lecture est recommandée en tout cas, narration et dessin étant très fluides.
Note réelle 3,5/5.
Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus riche en péripéties.
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie.
Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration.
Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste.
C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série.
Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion.
Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas.
Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.
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Semences
2.5 Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier. On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle. Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
Love Bullet
Ce manga commence bien avec un premier tome introductif bien excitant. Il y a tout d'abord le dessin qui est vraiment dynamique et très beau à regarder. C'est le style de dessin que j'aime lire dans un manga. Pour ce qui est du scénario, l'autrice reprends le thème des cupidons de manière originale. Notre héroïne est morte de manière tragique est devenue un cupidon. À travers ces yeux de recrue, on découvre le métier de cupidon et l'autrice n'a pas peur de partir dans un gros délire parce que ses cupidons n'utilisent pas du tout l'arc pour toucher le cœur des gens ! L'humour fonctionne bien et il y a un bon équilibre entre les moments rigolos et le coté tragique du premier arc narratif. En effet, l'héroïne va retrouver quelqu'un de son passé lors de sa première mission et on traite du drame avec pudeur et intelligence. Les différents cupidons sont attachants. J'espère que la suite va être aussi bonne.
L'Ecole emportée
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga. Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ». Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série. D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts. Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer ! Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage. Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements. Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Boulard
Ce dérivé des Profs ne démérite pas, d'autant qu'on retrouve ci et là les protagonistes de la série mère. Comme bcp de recueils de gags, il faut lire quelques pages, sinon c'est l'overdose, ça peut vite lasser. Rien de méchant, rien de subversif, une BD très honnêtement dessinée par Mauricet puis Stédo, qui ne sont pas des débutants et qui savent manier le crayon. Bref, c'est plus que largement correct graphiquement. Pour les scénarios, parfois, il y a des redites, c'est un peu normal. Certains albums sont très thématiques, comme celui des vacances. Mais globalement, ça tient bien la route, on va dire que c'est au dessus du panier. Chose amusante, la petite amie de Boulard n'est pas la même dans les 2 séries, mais ce n'est pas très gênant. Je trouve le graphisme du petit frère un peu loupé : il fait nettement trop âgé dans les 1er albums. Emporté par mon élan, j'attribue 4 étoiles à ce genre de BD souvent injustement décriée, dont le but est de divertir.
Je ne veux pas travailler
Attiré par son titre provocateur, j'ai apprécié me plonger dans Je ne veux pas travailler de Nele Jongeling. Depuis qu'elle a terminé ses études, Edith est en recherche d'emploi depuis 1 an. Elle décide de participer à un show TV intitulé « Job de Rêve », mettant en concurrence cinq candidats dans des épreuves censées évaluer leur motivation, apprendre à augmenter sa productivité ou bien développer ses capacités de communication. A la clef : une offre d'emploi correspondant au job de ses rêves. Oui mais il y a un problème, Edith n'a aucune idée de son job de rêve à elle. Si cette BD a aussi bien fonctionné sur moi c'est que je crois que je me retrouve dans le constat d'Edith (pas de spoil c'est au début) : « C'est que je veux bien travailler… mais dès que je vois une offre d'emploi … j'ai honte de le dire mais la semaine de 40 heures, le travail en équipe, les responsabilités, tout ça me dépasse complètement ». Je trouve que cette BD arrive à mettre en scène un problème actuel : L'accès à l'emploi devient de moins en moins garanti alors que travailler est indispensable pour exister socialement. Je suis toujours un peu gêné lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, non pas que mon travail soit dévalorisant mais vraiment ça ne me représente pas. Pour en revenir à l'ouvrage, la BD est un beau pavé de 300 pages mais se lit assez rapidement (environ 1h30). Au-delà du propos, j'ai trouvé les personnages très attachants et bien écrits. La parodie des discours managériaux prônant le bien être des employés (uniquement pour maximiser leur rentabilité) m'a beaucoup fait sourire. La construction des planches est efficace (j'ai beaucoup aimé par exemple la multitude de petites cases sur une planche pour représenter le quotidien chargé d'une mère devant s'occuper de ses enfants et trouver un travail). Je dois tout de même mettre un bémol sur le dessin et les couleurs qui peuvent rebuter. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?
Sorcières - Hypathie
L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim. Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu. Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique. J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction). Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.
Passeur(s)
La lecture est relativement rapide, mais plutôt intéressante. Sur un sujet d’actualité (les migrations clandestines – ici venues de la Syrie en guerre – et le rôle des filières mafieuses de « passeurs »), l’album nous présente une histoire romancée et vaguement policière, mais qui hélas parait fortement teintée de réalité. Et c’est une histoire dure. Cette âpreté, dessin et colorisation la rendent assez bien. Des couleurs ternes, un gris bleuté, accentuent une certaine tristesse du récit. Les personnages sont assez typés et relativement manichéen (des passeurs sans scrupules ni empathie, des migrants fatalistes sans réaction face aux violences), à part le duo de personnages principaux : un des passeurs (dont on apprend via des flash-backs comment il en est arrivé là et la douleur cachée qui l’obsède) et une jeune migrante kurde portant une des seules traces de couleurs sur elle un foulard des combattante kurdes des YPG. Ces deux personnages donnent un peu plus de nuances au récit. Plus d’humanité aussi. Mais pas moins de violence finalement. Le récit est intéressant, et il est très bien complété par un excellent dossier (assez copieux et très détaillé en fin d’album). La lecture est recommandée en tout cas, narration et dessin étant très fluides. Note réelle 3,5/5.
L'Aile brisée
Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus riche en péripéties.
Rosamée
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie. Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration. Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste. C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série. Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion. Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
Valérian
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas. Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.