Histoire sans héros mais non sans héroïsme. Ce fut le premier récit de Van Hamme que j'ai lu et le dessin réaliste de Dany m'a agréablement surpris. Tout le scénario m'a impressionné. La mort de Bornstein, ainsi que le sacrifice de James Gray, m'ont fortement marqué. 20 ans plus tard, la magie ne fonctionnait plus, j'avais grandi, nous avions tous grandi. Une histoire policière et d'espionnage qui, pour moi, n'avait plus beaucoup à voir avec l'intrigue originale. J'attribue la note positive surtout au souvenir que j'ai du premier tome.
C'est l'œuvre de Taniguchi que j'ai le plus aimée jusqu'à présent. Les dessins me semblent encore meilleurs que dans d'autres œuvres, les personnages sont facilement reconnaissables et l'histoire se suit avec intérêt et curiosité.
Le voyage dans le passé est l'occasion d'explorer des sentiments et des émotions, parfois très fortes mais sans excès trop larmoyants. Le premier amour, la relation de Hiroshi avec ses parents, la conscience de ne pouvoir changer aucun aspect fondamental, sont des points forts. Personnellement, j'ai adoré la journée heureuse à la plage, elle m'a apporté des souvenirs très précieux.
J'ai lu très vite et j'ai la sensation d'avoir laissé quelques fils en suspens, donc il faudra que je relise tout. Je n'ai pas pu résister et à un moment de la lecture, j'ai sauté à la fin pour voir les réponses aux questions fondamentales qui se posaient à moi.
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé.
L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90.
L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit.
J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte.
J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.
Dans mes yeux fait partie des premières BDs de Vivès, elle est à la fois attendrissante et un peu perturbante.
Le concept est dans le titre, cette relativement courte BD conte l’histoire de la rencontre du narrateur avec une étudiante et de leurs premières discussions/date/etc. Tout ceci littéralement à travers les yeux du narrateur et tous les effets de mise en scène que cela implique. J’aime bien le concept. Ça part d’une bonne idée et c’est assez bien réalisé. Graphiquement c’est aussi très plaisant de voir les traits de crayons de couleur s’entremêler et ressentir le grain du papier.
Mon principal reproche serait principalement le côté « manic pixie dream girl » de la protagoniste féminine. Qu’il s’agisse de la rencontre, de ses réflexions et de ses manières d’agir, tout parait irréaliste avec ce personnage trop niais, bizarrement secret et émotif; on se croirait dans 500 Days of Summer.
Toutefois, c’est quand même une oeuvre que je recommande et qui vaut le coup d’oeil, c’est original, cute, et rapide à lire !
Une suite de gags en demi-planches qui revient avec humour sur les débuts des Rolling Stones, enfin plus particulièrement Mick Jagger et Keith Richards, entre anecdotes réelles, clins d'oeil musicaux et humour potache.
Comme je connais finalement assez peu les Stones, j'ai probablement raté une partie des références et notamment certaines traductions françaises de paroles de chansons glissées dans les dialogues même si j'en ai repéré plusieurs. Malgré ça, l'ensemble reste plutôt amusant et se lit facilement, même sans être un grand connaisseur du groupe.
Le format en petits sketches fonctionne bien pour raconter cette jeunesse encore maladroite et pleine de rêves de gloire, avec un Mick Jagger présenté comme très tourné vers la célébrité et les filles, et un Keith bien plus musicien mais taciturne. L'humour est parfois un peu appuyé ou répétitif, mais certains gags font mouche et le ton reste léger et sympathique.
Graphiquement, Boris Mirroir fait encore une fois un très bon travail. Son dessin caricatural et minimaliste colle parfaitement à l'esprit de l'album, avec ce petit côté rétro et détendu qui accompagne bien cette évocation des débuts du groupe.
Ce n'est pas un album hilarant et je ne sais pas s'il parlera vraiment aux grands fans des Rolling Stones, mais j'ai trouvé la lecture agréable et assez amusante.
Une des pires BDs que j’ai pu lire depuis longtemps !
François Ruffin fait sa campagne. Et à cette occasion, il sort une BD (ce qui est assez original) sur lui-même (ce qui peut être vu comme narcissique). Chaque petite histoire ressemble aux anecdotes dont il a l’habitude de raconter à la radio ou sur les plateaux télé et dans lesquelles il fait de lui le porte-parole de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer. Dit comme cela, il n’y a pas de mauvais fond, mais le tout est quand même très caricatural. Ruffin se définit lui-même comme le héros de toutes les situations. C’est lui qui réussit à raisonner les gentils contrôleurs et à contrôler les immigrés aigris. De manière globale, l’approche est bizarre.
Graphiquement, le style de dessin change d’histoire en histoire. C’est globalement moche (à part ceux de Jean-Denis Pendanx qui relèvent un peu le niveau). Le tout ressemble quand même beaucoup à une BD impersonnelle sur la forme et qui n’a aucun recul sur le fond.
Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni. En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique…
Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue.
C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même…
Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison…
Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …
Une série de courts récits humoristiques où trois personnages récurrents traversent les époques et se retrouvent mêlés, de près ou de loin, à la naissance de grandes œuvres ou figures de l'Histoire de l'art, de Lascaux à Picasso en passant par Dali ou Van gogh.
J'ai trouvé l'idée plutôt sympathique : au lieu d'avoir un véritable héros fixe, Téhem réutilise les mêmes trois personnages dans des rôles différents selon les périodes, ce qui rappelle un peu le principe du dessin animé Il était une fois... l'Homme. C'est une manière assez ludique de faire découvrir aux jeunes lecteurs des artistes ou des œuvres qu'ils ne connaissent pas forcément, avec des histoires courtes qui se lisent vite et facilement.
Le dessin est très sympathique et bien maîtrisé. L'humour, lui, fonctionne de façon inégale. Certains gags m'ont paru assez plats ou prévisibles, avec un côté un peu gentillet, mais il y a aussi quelques idées bien trouvées comme l'épisode sur Banksy qui m'a surpris.
Globalement, l'ensemble est agréable grâce au dessin lisible et expressif de Téhem, même si cela m'a davantage amusé par moments que réellement fait rire. Et quitte à vouloir instruire les jeunes lecteurs sur ces artistes et leurs oeuvres, c'est dommage de ne pas avoir inclus quelques photos de ces fameuses oeuvres pour qu'ils sachent vraiment de quoi on parle.
Une comédie absurde dans un restaurant d'autoroute à thème américain déserté par les clients, où une petite équipe de marginaux tente de faire survivre un rêve un peu pathétique entre burgers, astrologie et fantasmes des États-Unis des années 50.
La lecture n'est pas désagréable et l'idée de départ a une certaine originalité, autant dans son ambiance que dans ses personnages. Le dessin de Pochep fonctionne plutôt bien avec son trait caricatural et ses gueules improbables, même si l'humour m'a assez peu touché. J'ai rarement ri et je suis resté assez extérieur à l'ensemble.
Le problème principal vient surtout du fait que j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait réellement en venir. Entre satire sociale, chronique de loosers, réflexion sur les rêves ratés et nostalgie américaine, le récit donne l'impression de tourner autour de son sujet sans vraiment le développer. Il y a quelques idées et moments amusants, mais pas forcément assez pour justifier une histoire étirée sur autant de pages. J'ai lu l'album sans déplaisir, mais ça m'a laissé une impression assez vague une fois terminé.
Note : 2.5/5
Un petit recueil collectif, qui souffre comme la plupart du temps de proposer des choses éclectiques, avec une place allouée à chaque auteur pas toujours propice à de bons développements.
Je suis d’accord avec Paco sur son ressenti globalement décevant. Et aussi sur le fait que la deuxième et la quatrième histoire sont celles qui se révèlent les plus intéressantes – que ce soit le récit lui-même ou le dessin. Les deux autres (décevantes dans les deux mêmes domaines) sont clairement dispensables (ça n’est pas la première fois que Mignola me déçoit sur ce type de récits courts (dans « Le carnaval des cadavres » récemment par exemple).
La deuxième histoire aurait mérité un plus ample développement. Mais elle est intéressante et Becky Cloonan est parvenue à bien installer une ambiance noire, inquiétante, fantastique (et dessin et colorisation sont réussis). Cette histoire a d’ailleurs semble-t-il reçu un Eisner Award de la meilleure histoire courte (j’avais découvert cette auteure avec l’intéressant Somna).
La quatrième histoire est aussi intéressante, même si le dessin, bon dans l’ensemble, est inégal.
Entre chacun des récits, une courte histoire voit Powell dialoguer avec ses co-auteurs (là aussi avec costumes et ambiance victorienne). Cela « gonfle » un peu la pagination, sans apporter grand-chose en fait je trouve.
Note réelle 2,5.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Histoire sans Héros
Histoire sans héros mais non sans héroïsme. Ce fut le premier récit de Van Hamme que j'ai lu et le dessin réaliste de Dany m'a agréablement surpris. Tout le scénario m'a impressionné. La mort de Bornstein, ainsi que le sacrifice de James Gray, m'ont fortement marqué. 20 ans plus tard, la magie ne fonctionnait plus, j'avais grandi, nous avions tous grandi. Une histoire policière et d'espionnage qui, pour moi, n'avait plus beaucoup à voir avec l'intrigue originale. J'attribue la note positive surtout au souvenir que j'ai du premier tome.
Quartier lointain
C'est l'œuvre de Taniguchi que j'ai le plus aimée jusqu'à présent. Les dessins me semblent encore meilleurs que dans d'autres œuvres, les personnages sont facilement reconnaissables et l'histoire se suit avec intérêt et curiosité. Le voyage dans le passé est l'occasion d'explorer des sentiments et des émotions, parfois très fortes mais sans excès trop larmoyants. Le premier amour, la relation de Hiroshi avec ses parents, la conscience de ne pouvoir changer aucun aspect fondamental, sont des points forts. Personnellement, j'ai adoré la journée heureuse à la plage, elle m'a apporté des souvenirs très précieux. J'ai lu très vite et j'ai la sensation d'avoir laissé quelques fils en suspens, donc il faudra que je relise tout. Je n'ai pas pu résister et à un moment de la lecture, j'ai sauté à la fin pour voir les réponses aux questions fondamentales qui se posaient à moi.
Une dernière partie de flipper... (Tilt)
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé. L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90. L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit. J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte. J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.
Dans mes yeux
Dans mes yeux fait partie des premières BDs de Vivès, elle est à la fois attendrissante et un peu perturbante. Le concept est dans le titre, cette relativement courte BD conte l’histoire de la rencontre du narrateur avec une étudiante et de leurs premières discussions/date/etc. Tout ceci littéralement à travers les yeux du narrateur et tous les effets de mise en scène que cela implique. J’aime bien le concept. Ça part d’une bonne idée et c’est assez bien réalisé. Graphiquement c’est aussi très plaisant de voir les traits de crayons de couleur s’entremêler et ressentir le grain du papier. Mon principal reproche serait principalement le côté « manic pixie dream girl » de la protagoniste féminine. Qu’il s’agisse de la rencontre, de ses réflexions et de ses manières d’agir, tout parait irréaliste avec ce personnage trop niais, bizarrement secret et émotif; on se croirait dans 500 Days of Summer. Toutefois, c’est quand même une oeuvre que je recommande et qui vaut le coup d’oeil, c’est original, cute, et rapide à lire !
Backstage
Une suite de gags en demi-planches qui revient avec humour sur les débuts des Rolling Stones, enfin plus particulièrement Mick Jagger et Keith Richards, entre anecdotes réelles, clins d'oeil musicaux et humour potache. Comme je connais finalement assez peu les Stones, j'ai probablement raté une partie des références et notamment certaines traductions françaises de paroles de chansons glissées dans les dialogues même si j'en ai repéré plusieurs. Malgré ça, l'ensemble reste plutôt amusant et se lit facilement, même sans être un grand connaisseur du groupe. Le format en petits sketches fonctionne bien pour raconter cette jeunesse encore maladroite et pleine de rêves de gloire, avec un Mick Jagger présenté comme très tourné vers la célébrité et les filles, et un Keith bien plus musicien mais taciturne. L'humour est parfois un peu appuyé ou répétitif, mais certains gags font mouche et le ton reste léger et sympathique. Graphiquement, Boris Mirroir fait encore une fois un très bon travail. Son dessin caricatural et minimaliste colle parfaitement à l'esprit de l'album, avec ce petit côté rétro et détendu qui accompagne bien cette évocation des débuts du groupe. Ce n'est pas un album hilarant et je ne sais pas s'il parlera vraiment aux grands fans des Rolling Stones, mais j'ai trouvé la lecture agréable et assez amusante.
Les Aventures de François Ruffin, député-reporter
Une des pires BDs que j’ai pu lire depuis longtemps ! François Ruffin fait sa campagne. Et à cette occasion, il sort une BD (ce qui est assez original) sur lui-même (ce qui peut être vu comme narcissique). Chaque petite histoire ressemble aux anecdotes dont il a l’habitude de raconter à la radio ou sur les plateaux télé et dans lesquelles il fait de lui le porte-parole de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer. Dit comme cela, il n’y a pas de mauvais fond, mais le tout est quand même très caricatural. Ruffin se définit lui-même comme le héros de toutes les situations. C’est lui qui réussit à raisonner les gentils contrôleurs et à contrôler les immigrés aigris. De manière globale, l’approche est bizarre. Graphiquement, le style de dessin change d’histoire en histoire. C’est globalement moche (à part ceux de Jean-Denis Pendanx qui relèvent un peu le niveau). Le tout ressemble quand même beaucoup à une BD impersonnelle sur la forme et qui n’a aucun recul sur le fond.
L’Élu (Risuleo & Pronostico)
Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni. En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique… Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue. C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même… Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison… Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …
Nowan
Une série de courts récits humoristiques où trois personnages récurrents traversent les époques et se retrouvent mêlés, de près ou de loin, à la naissance de grandes œuvres ou figures de l'Histoire de l'art, de Lascaux à Picasso en passant par Dali ou Van gogh. J'ai trouvé l'idée plutôt sympathique : au lieu d'avoir un véritable héros fixe, Téhem réutilise les mêmes trois personnages dans des rôles différents selon les périodes, ce qui rappelle un peu le principe du dessin animé Il était une fois... l'Homme. C'est une manière assez ludique de faire découvrir aux jeunes lecteurs des artistes ou des œuvres qu'ils ne connaissent pas forcément, avec des histoires courtes qui se lisent vite et facilement. Le dessin est très sympathique et bien maîtrisé. L'humour, lui, fonctionne de façon inégale. Certains gags m'ont paru assez plats ou prévisibles, avec un côté un peu gentillet, mais il y a aussi quelques idées bien trouvées comme l'épisode sur Banksy qui m'a surpris. Globalement, l'ensemble est agréable grâce au dessin lisible et expressif de Téhem, même si cela m'a davantage amusé par moments que réellement fait rire. Et quitte à vouloir instruire les jeunes lecteurs sur ces artistes et leurs oeuvres, c'est dommage de ne pas avoir inclus quelques photos de ces fameuses oeuvres pour qu'ils sachent vraiment de quoi on parle.
Donny Diner
Une comédie absurde dans un restaurant d'autoroute à thème américain déserté par les clients, où une petite équipe de marginaux tente de faire survivre un rêve un peu pathétique entre burgers, astrologie et fantasmes des États-Unis des années 50. La lecture n'est pas désagréable et l'idée de départ a une certaine originalité, autant dans son ambiance que dans ses personnages. Le dessin de Pochep fonctionne plutôt bien avec son trait caricatural et ses gueules improbables, même si l'humour m'a assez peu touché. J'ai rarement ri et je suis resté assez extérieur à l'ensemble. Le problème principal vient surtout du fait que j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait réellement en venir. Entre satire sociale, chronique de loosers, réflexion sur les rêves ratés et nostalgie américaine, le récit donne l'impression de tourner autour de son sujet sans vraiment le développer. Il y a quelques idées et moments amusants, mais pas forcément assez pour justifier une histoire étirée sur autant de pages. J'ai lu l'album sans déplaisir, mais ça m'a laissé une impression assez vague une fois terminé. Note : 2.5/5
Petits Contes Macabres
Un petit recueil collectif, qui souffre comme la plupart du temps de proposer des choses éclectiques, avec une place allouée à chaque auteur pas toujours propice à de bons développements. Je suis d’accord avec Paco sur son ressenti globalement décevant. Et aussi sur le fait que la deuxième et la quatrième histoire sont celles qui se révèlent les plus intéressantes – que ce soit le récit lui-même ou le dessin. Les deux autres (décevantes dans les deux mêmes domaines) sont clairement dispensables (ça n’est pas la première fois que Mignola me déçoit sur ce type de récits courts (dans « Le carnaval des cadavres » récemment par exemple). La deuxième histoire aurait mérité un plus ample développement. Mais elle est intéressante et Becky Cloonan est parvenue à bien installer une ambiance noire, inquiétante, fantastique (et dessin et colorisation sont réussis). Cette histoire a d’ailleurs semble-t-il reçu un Eisner Award de la meilleure histoire courte (j’avais découvert cette auteure avec l’intéressant Somna). La quatrième histoire est aussi intéressante, même si le dessin, bon dans l’ensemble, est inégal. Entre chacun des récits, une courte histoire voit Powell dialoguer avec ses co-auteurs (là aussi avec costumes et ambiance victorienne). Cela « gonfle » un peu la pagination, sans apporter grand-chose en fait je trouve. Note réelle 2,5.