Les derniers avis (21 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Rouge signal
Rouge signal

Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde. Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée. Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art". Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre. J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.

10/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Foudroyants
Foudroyants

3.5 Une série jeunesse qui m'a bien captivé pour le moment. Certes, le premier tome était surtout introductif, mais l'univers créé par les auteurs est assez riche pour que cela ne m’ait pas dérangé qu'on découvre petit à petit la vie sur l'Atlantide. Et puis tout le long de l'album il y avait des péripéties et je n'avais jamais eu l'impression qu'on faisait du surplace ou qu'on étirait inutilement une scène comme c'est le cas avec pleins de tomes 1 de séries que j'ai lu jusqu'à présent. Les deux premiers tomes sont de qualités égales selon moi et j'espère que la suite va être du même niveau. Les personnages sont attachants même s'ils sont parfois un peu trop caricaturaux (en même temps c'est une série pour les jeunes), c'est remplis de rebondissement et le dessin est dynamique. Je pense que j'aurais adoré lire cette série durant ma propre jeunesse.

09/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Pêcheur et la Salamandre
Le Pêcheur et la Salamandre

2.5 Franchement déçu par la lecture de ce premier tome. Au vu des notes positif, je pensais que j'aillais adoré, mais ce ne fut pas le cas. La structure du scénario ressemble à un conte. Ce n'est pas pour me déplaire car j'aime bien les contes, mais le scénario est vraiment trop classique pour me passionner. À la limite, cela ne m'aurais pas trop dérangé si au moins les personnages étaient attachants, mais voilà le pécheur me laisse indifférent et la salamandre m'a vit énervé. C'est aussi encore une fois un premier tome introductif où il ne se passe pas grand chose pendant trop de pages afin que le tome se termine sur un cliffhanger qui insiste le lecteur à lire la suite. Parlons de la suite, j'ai vu que le second tome est sorti récemment et franchement je ne pense pas que j'ai vraiment envie de le lire un jour. Il reste le dessin qui est certes superbe, mais cela ne suffit pas à rendre un scénario captivant.

09/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Vent mauvais
Vent mauvais

Je pense que c'est une BD qui mérite un 3.5 mais que je rehausse parce qu'elle m'a pris par surprise et qu'elle m'a gardé pendant un long moment dans le flou quant à son histoire. Presque jusqu'au climax, je me demandais où tout cela allait mener. Cette histoire d'un homme qui craque et part à la campagne, contempler les éoliennes, a un petit gout de comédie française. Et d'ailleurs le début m'orientait dessus même si le personnage est justement en train d'écrire une comédie de ce genre. Un message de l'autrice annonciateur de la suite, c'est-à-dire une histoire bien différente de ces comédies qu'on nous ressert sur les néo-ruraux. Parce qu'ici le récit est mené très différemment, commençant dans une version presque idyllique de ces campagnes et du retour à la nature : nouvelle vie dans une maison, vue magnifique, voisine sympathique et charmante, des gens simples dans le bar local, l'inspiration qui revient, le dialogue avec ses filles ... Sauf que la vie n'est jamais aussi rose, et que progressivement il y aura le retour de manivelle. Ce que j'ai apprécié, c'est que la BD parle de plusieurs sujets qu'elle arrive à corréler sans pour autant indiquer que ce sont des sujets importants. Ils servent plutôt de toile de fond à la crise que vivra le personnage principal. Que ce soit la question de ses filles et de la violence scolaire, les discours des piliers de comptoir qui commencent par la lutte anti-éolienne mais finissent sur du sexisme et du rejet primaire. Les éoliennes sont aussi au centre de beaucoup de débats, pour lesquelles l'autrice ne donne aucune réponse mais qui montre à quel point n'importe quoi devient sujet de débat qui finissent en conflit. C'est une BD étrange, au ton assez triste malgré des personnages positifs (notamment Marjolaine qui doit supporter beaucoup), brocarde l'idée des néo-ruraux et amène des questions sur cet homme en crise. A qui la faute ? La BD est sans réponse claire même si elle montre au final des victimes d'une situation qui semble complexe. Pas vraiment de conclusion claire, mais une fin amère. Le dessin de Cati Baur que je connaissais par d'autres BD va assez bien à l'ensemble. C'est faussement naïf, parfois déformé dans les visages lorsqu'on s'approche mais sans jamais être mauvais non plus. Coloré et agréable, il a un bon rendu final. Lecture recommandée, franchement j'ai été surpris !

09/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Dimanche
Dimanche

Un petit bouquin de 30 pages, quasi sans texte et histoire, c'est juste une suite d'onomatopées et de petites cases où il se passe peu de choses, comme un Dimanche en fait, le titre l'indique. Ce sont 2 gars qui jouent aux jeux vidéos sur un toit d'une banlieue quelconque et uniforme. On essaie de tuer le temps. Les échos des téléviseurs se font entendre. On a également 4 planches à la fin sur l'observation de la nature, respectivement les oiseaux anglais, les animaux des jardins (mulots, renards...), les animaux des étangs et rivières et enfin les papillons (c'est là-dessus que j'étais le moins connaisseur).

09/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Automne
Automne

Il me semble que c'est par Automne que j'ai commencé ma découverte de McNaught en fin 2025. C'est une histoire sur la banalité d'un quotidien, morne, routinier. Le personnage principal est un jeune garçon qui se trouve être commis de cuisine dans une maison de retraite. Il a aussi un autre petit boulot et il aime les jeux vidéos. Les dialogues sont ultra-limités. L'album doit se lire en 5 minutes montre en main. Un peu plus si vous avez envie de détailler chaque case où une simple action, un simple décor comme le vol d'un oiseau ou la chute d'une feuille d'arbre peut être découpé sur 4 petites cases. Je lis héritier de Richard McGuire ou de Chris Ware, je ne suis pas étonné en terme de narration les habitués de M. Ware vont s'y retrouver ici. Palette de couleurs limitée et subtile.

09/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Démokratia
Démokratia

Un manga de seulement 5 tomes qui explore pas mal de sujets. Cela commence par 2 étudiants geek qui fabriquent un joli robot femme dans leur garage, tellement réaliste qu'on ne la distingue pas d'un humain. Il faut juste la rebrancher une fois de temps en temps. Passons sur l'exploit technique, ils décident de la coupler avec un système 'démocratique', c'est-à-dire qu'ils infectent par un virus l'ordinateur de 3000 personnes pour les faire participer à une expérience inédite. Cette communauté va pouvoir déterminer les actions du robot à la majorité parmi les propositions des uns et des autres. Pour que les participants ne reconnaissent pas les lieux, les noms et les visages, les créateurs mettent en place un système de brouillage. Pour le coup cela commence comme dans la série Code Lisa que je regardais gamin, mais le côté démocratique permet d'avoir tout un tas de réflexions philosophiques et reflétant la société dans le meilleur avec les connaissances cumulées des uns et des autres et aussi dans le pire avec des gens extrémistes qui vont faire dériver l'expérience. Par exemple c'est au début du tome 4 de mémoire qu'on trouve toute une séquence sur un vieil homme malade qui souhaite en finir avec sa vie, la robote par la voix d'une participante infirmière au fait du système de santé japonais lui parle de tout un tas de possibilités pour pouvoir être hospitalisé à domicile. Il y a toute une dialectique entre les 2 personnages sur le sujet de la fin de vie, problématique qui est aussi en discussions en France ces temps-ci. Parfois un peu longuet et bavard, c'est en tout cas une histoire solide autour de la psychologie sociale d'un groupe d'anonymes.

09/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Marathon
Marathon

La petite histoire d'un marathon, d'un vainqueur particulier et d'un contexte. Et c'est un peu tout ... C'est le genre de BD très bien faite et parfaitement exécutée, dont la problématique à mes yeux est l'ambition de base. C'est une histoire d'un marathon, celui de 1928 et de son résultat. On a le descriptif presque instant par instant et je dois dire que je ne vois pas spécialement l'intérêt au-delà de la première lecture. Le rendu en petites cases découpe chaque instant pour nous faire ressentir ce marathon, donnant l'impression de le vivre en même temps. La narration visuelle est parfaitement réussie, avec des tons ocres qui rappellent les photos anciennes. Sans doute est-ce une volonté de donner un aspect ancien. Je n'aurais pas grand chose à en dire, cette BD est vraiment le problème qu'on a parfois avec des récits qui sont bien menés mais qui ne suffisent pas. A mon goût, ça donne une BD que j'ai lu sans déplaisir, que j'oublierais vite parce que l'histoire racontée n'est pas suffisamment marquante et que je ne peux pas dire mauvaise non plus. Donc voila, pas recommandée mais en même temps pas du tout raté. Une BD pas à mon gout, simplement.

09/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Éternité béante
L'Éternité béante

J'ai mis la BD dans le genre du documentaire, mais c'est presque faux. Car si la BD est bel et bien un documentaire sur Einstein, la forme est bien plus de l'ordre de l'exploration commentée. Disons que ça n'a pas strictement la forme du documentaire, dans le déroulé autant que dans la présentation. De fait, c'est une exploration de la vie d'Einstein et de ses travaux, le tout commenté par Étienne Klein. Le tout dans une synthèse assez décousue de sa vie, je dois dire. Je connais un peu sa vie et son œuvre, mais je n'étais pas loin d'être perdu dans le récit. C'est assez dur de s'y retrouver, d'autant que c'est un dialogue constant avec Etienne Klein qui rajoute des détails mais aussi des commentaires, liés parfois à sa propre vie. Disons que la lecture n'est pas simplifiée et que je recommanderais pour une prochaine BD de penser avant tout à l'accessibilité au plus grand nombre. Maintenant, ce gros défaut étant passé, la BD est une sorte de synthèse de la vie de Einstein donc. On apprend ses différentes phases de la vie, l'apparition de son pacifisme notamment, son implication dans les grandes découvertes de la mécanique quantique et ses échecs, son exil américain et ainsi de suite. La BD explore donc en profondeur sa pensée et ses engagements, ses plus grandes découvertes et échecs, mais arrive également à transmettre les valeurs que Einstein défendait par un discours final plein de sens directement délivré au spectateur. Inspiré par ses écrits, les auteurs ont décidés ici de donner un message de Einstein à notre époque. L'exercice est osé, et je ne dirais pas que c'est ce qu'Einstein dirait, mais que c'est ce qu'on pourrait extrapoler de sa vie adapté à notre temps. De toute façon, je trouve le message pertinent et sans doute important à entendre. La BD a un dessin assez quelconque, bloquée sans doute par l'obligation de rester proche de personnes et de décors réels. Même si quelques détails dans la mise en scène se notent, ce n'est vraiment pas le genre de BD dont j'arrive à garder en tête le dessin et le rendu, notamment dans les visages qui semblent étrangement figés. C'est sans doute la contrainte qui donne ce genre de résultats. Une BD assez mal équilibrée, donc. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, malgré les bonnes intentions de la BD. C'est trop maladroit dans l'exécution et dans le traitement, pétri de bons sentiments mais pas assez bien mené. Une personne ne connaissant pas Einstein sera probablement perdue et pour les autres, il y a des bons passages pas assez bien reliés.

09/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Lightfall
Lightfall

Une série jeunesse mais qui peut tout à fait se lire par un public adulte. Le dessin est vraiment tout mignon avec de belles couleurs, je ne suis pas surpris de voir que l'auteur a une expérience en studio d'animation car on est proche d'un animé comics. On a de gros pavés mais cela se lit bien. Pour une fois on a une héroïne féminine dans une histoire d'aventure pur jus avec une quête sur les traces de son grand-père. On rajoute quelques personnages rigolos comme un cochon sorcier. Bref on sent que l'auteur en a sous le pied pour développer son histoire, en espérant que cela ne s'essouffle pas sur la longueur.

09/02/2026 (modifier)