Une série jeunesse très sympathique !
Des dessins stylisés, avec un petit parti pris graphique tout en restant très accessible. Les dessins (et donc les albums) gagneraient même à être édités sur un format un peu plus grand. Ça fait plaisir.
Chaque tome à son ambiance, notamment sur les couleurs.
Les personnages sont attachants et les histoires bien rythmées.
En tant qu'adulte je trouve ça très agréable à lire !
Une vraie réussite.
Excellente série.
Des scénarios intéressants, bien découpés, rythmés. Des dessins (et une colorisation ! ) très beaux.
Ce personnage hautement sympathique dans la série de Spirou, débonnaire, tête en l'air et débrayé, est à contrario dans sa jeunesse plus posé et sérieux. C'est un parti pris bien trouvé à mon sens, inattendu et bienvenu.
Il a été choisi par les auteurs de l'ancrer dans l'histoire, où il côtoie des personnages historiques célèbres. Cette période se situe durant la seconde guerre mondiale et donne une tonalité de fond sérieux, de grisaille, voire d'un certain pessimisme. Ce qui détone également avec ce personnage truculent et joyeux que le Comte de Champignac est dans la série Spirou.
Après la lecture des 4 premiers tomes, je trouve cette série pour le moment très réussie !
Dans le 4ième tome l'idée d'inclure son amoureuse dans l'histoire est une excellente idée. Je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher !
Ouh, pas vraiment bonne cette biographie ! Je me suis forcé à la finir pour l'entrer sur le site mais j'avais pas envie de la finir, c'est dire.
J'aime beaucoup Angela Davis, une femme noire militante des droits humains, communiste et lesbienne dans les années 70. Disons que c'est pas un personnage ordinaire, professeure de philosophie et parlant très bien français de plus, une femme toujours sûre de nos jours dont les interviews en français sont consultables facilement en ligne. Bref une figure inspirante que j'avais envie de plus découvrir !
Et ben en sortant de cette BD, je ne connais rien de plus sur elle. Et c'est décevant. La BD est construite de façon à parler surtout des années 60 jusqu'à son emprisonnement début 70, son procès et sa libération. Sauf que la BD est un enchainement de réunion des clubs (notamment affiliés au Black Panthers), de coups de téléphone et d'échanges. Rien ne semble naturel, et je n'ai jamais compris où on était, ce qu'on faisait là. L'engagement d'Angela est définie avant la BD, jamais présenté, jamais détaillé, jamais contextualisé. Il manque toute la valeur du documentaire : les informations autour, le contexte (jamais détaillé), la pensée de Angela dans son ensemble, sa vie d'après, l'importance de son procès qui est construit comme un climax alors qu'il est présenté en deux pages. J'étais vite lassé des dialogues dont je ne comprenais ni le sens ni l'intérêt, jusqu'à un final qui semble vouloir montrer l'importance de tout ça sauf que rien n'est correctement introduit avant et permettrait de comprendre l'ensemble de sa vie.
Une biographie que je ne peux pas recommander, donc, d'autant que le dessin est franchement pas fameux. Les personnages sont assez raides et pas très détaillés, le graphisme est simple et pas toujours très clair, d'autant que l'enchainement ne fait pas toujours fluide. On dirait une biographie de commande mais l'autrice semble réellement avoir de l'intérêt pour la vie d'Angela Davis, et je trouve ça dommage qu'elle rate à ce point. C'est lisible mais franchement pas compréhensible. La fiche wikipédia m'a permis de comprendre pas mal d'éléments de la BD, et ça n'est pas normal que j'ai du faire des recherches extérieurs pour mieux comprendre.
De fait, je pense que pour comprendre cette femme admirable, je vais aller me pencher sur ses bouquins traduits en français.
Une BD assez difficile à noter car elle possède les défauts de ses qualités. En voulant vulgariser son propos et le rendre compréhensible de la plupart des lecteurs, Jancovici doit forcément faire des raccourcis et prendre des chemins de traverses.
De plus en tant qu'ingénieur travaillant sur ces thématiques de la transition climatique et énergétique (mais plutôt axé sur la protection de la ressource en eau), je ne suis clairement pas la première cible des messages véhiculés car baignant dedans au quotidien dans le cadre de mon boulot.
A chaud, je dirais que les constats réalisés sur notre dépendance progressive aux énergies fossiles entrainant une modification profonde de la société et un rapport à l'autre différents (en gros la première moitié du livre) devraient être enseignés dans tous les collèges et lycées de France pour une prise de conscience collective des jeunes générations. C'est très bien expliqué avec des exemples et des illustrations facilitant la compréhension.
Comme certains aviseurs précédents, je suis un peu plus gêné par la seconde moitié de l'ouvrage relatif aux solutions à mettre en œuvre pour se sortir de la spirale infernale dans laquelle le monde est plongé. L'éloge du nucléaire comme unique solution pour décarboner notre production électrique est de mon point de vue un peu trop tranchée et minimise ou élude certaines limites ou frein à cette solution (même si je comprends les arguments de l'auteur). La plupart des spécialistes prônent en effet la diversification des productions énergétiques (nucléaire, éolien, solaire, etc.), car un système qui se veut robuste ne doit pas tout miser sur une solution unique.
Deux exemples pour illustrer mon propos :
- Dans la première partie sur les constats, Jancovici aborde la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes en lien avec l'aggravation du changement climatique (inondations, canicules, réchauffement des eaux, cyclones, etc.). Ce genre de phénomènes, en partie à l'origine de la catastrophe de Fukushima, ne fait généralement pas bon ménage avec le nucléaire et ne doit pas être minimisé dans un pays où les effets du changement climatique seront plus forts que dans la plupart du reste du monde (si on excepte la zone équatoriale).
- Le réchauffement estival des eaux rendra difficile à l'avenir la nécessité de refroidir les process avec de l'eau de mer ou de l'eau douce issue de fleuve. Durant certaines années particulièrement chaudes en France (2018 et 2022), ce fut déjà la cas avec le Rhône qui était déjà très chaud, et encore plus à l'aval des centrales nucléaires, aggravant l'impact sur la biodiversité aquatique.
Côté graphisme, je tiens à saluer la virtuosité du dessinateur pour mettre en images les théories et concepts développés par Jancovici avec un humour plutôt bienvenu, au vu de la gravité du thème traité...
Au final, une BD que je ne noterai pas en dessous de 4/5 car elle a le mérite de toucher d'autres publiques que celui habituellement intéressé par ce type de sujet tout en suscitant le débat sur les solutions à apporter pour s'adapter aux effets inéluctables du changement climatiques (on le voit au vu des avis précédents mais également du mien !). De plus, le dessin, le ton et les touches d'humour tentant de dédramatiser les messages permettent d'éviter de basculer dans l'écoanxiété la plus extrême en ayant refermé ce livre.
A lire et à partager pour en débattre.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8,5/10
NOTE GLOBALE : 15,5/20
Chalandon s’inspire ici de faits et de personnages réels, ça se sent au niveau de l’intensité des dialogues – ou des silences – alors même qu’il n’y a finalement que peu d’action ou de texte.
Le récit est centré sur quelques migrants qui rêvent de quitter la Tunisie pour rejoindre l’Europe (ils ont parfois déjà tenté ailleurs, et leur parcours a aussi commencé loin d’ici en Afrique subsaharienne), mais aussi sur Chamesddine, un homme qui consacre une bonne partie de son temps à recueillir les migrants, et, hélas, à donner une sépulture décente aux cadavres rejetés par la Méditerranée. Comme fil rouge, la destinée d’Abdoulaye, un gamin guinéen ayant échappé à un naufrage, qui recherche sa mère.
Un récit assez sec, documenté (un dossier photographique montre que Galandon est allé lui-même dans cette région de Tunisie), montrant de façon cruelle ce que vivent ces populations fuyant la misère pour l’eldorado supposé de l’Europe. Régulièrement, certains protagonistes regardent la télé, où les reportages sur l’accueil des réfugiés ukrainiens montrent évidemment l’inégalité de traitement de la part des décideurs européens.
Un documentaire intéressant, plutôt bien mené.
Le dessin de Castaldi est plein de qualités, mais j’ai eu du mal à m’y faire. Il est inégal, et pas forcément ma came a priori.
Bon je ne serai pas dès plus objectif à la vue des auteurs mais j’ai trouvé ce 1er tome fort réussi.
Précisons aussi que les Sentai sont loin d’être ma came et pourtant j’ai avalé l’album, j’ai adhéré à toutes les idées proposées, graphique comme scénaristique. Cette série amène un petit vent de fraîcheur, l’angle d’attaque est excellent et permet de développer bien bien plus que ce que le lecteur pourrait penser trouver dans ce registre.
Il n’y a pas de références directes (pas plus mal dans le cas présent), comme avec les albums sur Goldorak, Capitaine Flam … mais on touche à la part de l’enfance avec ce type de héros. Les auteurs réussissent haut la main leur pari de la modernisation.
Bravo à eux et vivement la suite.
Un petit pas mal à l’arrache, je suis bien trop partagé sur cet album, scénario comme dessins. Il y a des choses que j’ai trouvé vraiment sympa mais aussi d’autres trucs qui m’ont gentiment horripilé.
Le sans faute ira pour les couleurs que j’ai trouvé assez réussies.
Je serai plus critique sur le trait et narration, qui alternent le très bon et parfois le ridicule. Il y a des images iconiques (le guitariste dans la mine) et passages qui en jettent, mais à côté de ça on a un design de notre héroïne (en mode outlaw) que j’exècre. C’est quoi ces multi ceintures, cette carrure (alors qu’elle est toute fine), cette mèche rebelle … on la croirait sorti des années 90, tous les tics tapent à l’œil de l’époque sont là. Cette représentation m’a plusieurs fois fait sortir de ma lecture, ça a été le gros point noir pour moi.
Quand à l’histoire, j’aime l’idée de départ (et la fin) mais ça se traine pas mal en cours de route, les flash-back n’amènent pas grand chose, et surtout l’héroïne (en plus de sa représentation graphique) n’est pas des plus attachantes.
2,5
Je n’ai pas accroché à ce tome mais je reste toutefois curieux de découvrir les autres collaborations des auteurs.
Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre.
Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur.
Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire.
Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail.
Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée.
Note réelle 3,5/5.
Se tenir la main...
Bliss édition nous gratifie d'un roman graphique qui se démarque dans sa collection Bad Idea. Ici, nous sommes dans le monde réel, tristement réel, hélas.
Nous sommes en 1985, la jeune Jen End vit dans une petite bourgade de Californie, elle fait partie d'une bande de skinheads dont son frère est le chef. Son père, soldat pendant la seconde guerre mondiale, est alcoolique et sa mère est régulièrement battue par ce dernier. On est loin de la famille idyllique. Elle est amoureuse d'Angelo, un jeune portoricain, il vit à Oceanside. Elle va le rejoindre cet été pour s'occuper de son grand-père malade. Leur relation amoureuse va prendre l'eau lorsque Angelo va découvrir la face cachée de Jen. Le pire est à venir lorsque le frère de Jen va découvrir l'existence de son petit copain, il organise un rassemblement de skinheads à Oceanside pour laver cet affront et déclencher une guerre civile. D'anciens soldats vont reprendre les armes pour faire régner l'ordre.
Un récit sombre avec le racisme, l'éducation et les séquelles post-traumatiques de la guerre comme files conducteurs. Un narration bien équilibrée entre le présent et les flash-back de la seconde guerre mondiale, elle prend aussi le temps d'éclairer nos lanternes sur la psychologie des nombreux personnages. Rien de manichéen. Une tragédie bien construite et bien réalisée, elle est le miroir d'une société qui crée des monstres. Et aussi une triste histoire d'amour.
Graphiquement, David Lapham va à l'essentiel, pas d'esbroufes, avec son coup de crayon précis et expressif. Un rendu vintage qui est bien mis valeur par les couleurs de Bill Crabtree. La couverture est un superbe condensé du récit.
L'album se termine par de petits récits en noir et blanc. Ils permettent d'en apprendre un peu plus sur les différents personnages.
Lecture conseillée.
Se tenir la main...
Immersion totale ! Une des meilleures bande dessinée historique, voire BD que j'ai lu. Immersion totale ! Le dessin est parfait, l'histoire aussi. On s'immerge peu à peu dans le chaos, la violence, pour s'en détacher. En passant, un rappel des causes, de la religion et des mythes. On s'attache même aux pires personnages sans adhérer à leurs fautes, on le fait plus encore des victimes, pas réduites à ce qu'elles subissent, comme trop souvent. Mériterait d'innombrables relectures, mais problème, le lecteur veut-il se les infliger ? Le temps long, les causes lointaines, la culture locale, avec des références aux étoiles qui ouvrent les images sur le cosmos, donnent un arrière fond lointain, les blagues, la cabaretière et la bière de banane un peu de chaleur humaine, malgré tout.
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Astrid Bromure
Une série jeunesse très sympathique ! Des dessins stylisés, avec un petit parti pris graphique tout en restant très accessible. Les dessins (et donc les albums) gagneraient même à être édités sur un format un peu plus grand. Ça fait plaisir. Chaque tome à son ambiance, notamment sur les couleurs. Les personnages sont attachants et les histoires bien rythmées. En tant qu'adulte je trouve ça très agréable à lire ! Une vraie réussite.
Champignac
Excellente série. Des scénarios intéressants, bien découpés, rythmés. Des dessins (et une colorisation ! ) très beaux. Ce personnage hautement sympathique dans la série de Spirou, débonnaire, tête en l'air et débrayé, est à contrario dans sa jeunesse plus posé et sérieux. C'est un parti pris bien trouvé à mon sens, inattendu et bienvenu. Il a été choisi par les auteurs de l'ancrer dans l'histoire, où il côtoie des personnages historiques célèbres. Cette période se situe durant la seconde guerre mondiale et donne une tonalité de fond sérieux, de grisaille, voire d'un certain pessimisme. Ce qui détone également avec ce personnage truculent et joyeux que le Comte de Champignac est dans la série Spirou. Après la lecture des 4 premiers tomes, je trouve cette série pour le moment très réussie ! Dans le 4ième tome l'idée d'inclure son amoureuse dans l'histoire est une excellente idée. Je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher !
Angela Davis
Ouh, pas vraiment bonne cette biographie ! Je me suis forcé à la finir pour l'entrer sur le site mais j'avais pas envie de la finir, c'est dire. J'aime beaucoup Angela Davis, une femme noire militante des droits humains, communiste et lesbienne dans les années 70. Disons que c'est pas un personnage ordinaire, professeure de philosophie et parlant très bien français de plus, une femme toujours sûre de nos jours dont les interviews en français sont consultables facilement en ligne. Bref une figure inspirante que j'avais envie de plus découvrir ! Et ben en sortant de cette BD, je ne connais rien de plus sur elle. Et c'est décevant. La BD est construite de façon à parler surtout des années 60 jusqu'à son emprisonnement début 70, son procès et sa libération. Sauf que la BD est un enchainement de réunion des clubs (notamment affiliés au Black Panthers), de coups de téléphone et d'échanges. Rien ne semble naturel, et je n'ai jamais compris où on était, ce qu'on faisait là. L'engagement d'Angela est définie avant la BD, jamais présenté, jamais détaillé, jamais contextualisé. Il manque toute la valeur du documentaire : les informations autour, le contexte (jamais détaillé), la pensée de Angela dans son ensemble, sa vie d'après, l'importance de son procès qui est construit comme un climax alors qu'il est présenté en deux pages. J'étais vite lassé des dialogues dont je ne comprenais ni le sens ni l'intérêt, jusqu'à un final qui semble vouloir montrer l'importance de tout ça sauf que rien n'est correctement introduit avant et permettrait de comprendre l'ensemble de sa vie. Une biographie que je ne peux pas recommander, donc, d'autant que le dessin est franchement pas fameux. Les personnages sont assez raides et pas très détaillés, le graphisme est simple et pas toujours très clair, d'autant que l'enchainement ne fait pas toujours fluide. On dirait une biographie de commande mais l'autrice semble réellement avoir de l'intérêt pour la vie d'Angela Davis, et je trouve ça dommage qu'elle rate à ce point. C'est lisible mais franchement pas compréhensible. La fiche wikipédia m'a permis de comprendre pas mal d'éléments de la BD, et ça n'est pas normal que j'ai du faire des recherches extérieurs pour mieux comprendre. De fait, je pense que pour comprendre cette femme admirable, je vais aller me pencher sur ses bouquins traduits en français.
Le Monde sans fin
Une BD assez difficile à noter car elle possède les défauts de ses qualités. En voulant vulgariser son propos et le rendre compréhensible de la plupart des lecteurs, Jancovici doit forcément faire des raccourcis et prendre des chemins de traverses. De plus en tant qu'ingénieur travaillant sur ces thématiques de la transition climatique et énergétique (mais plutôt axé sur la protection de la ressource en eau), je ne suis clairement pas la première cible des messages véhiculés car baignant dedans au quotidien dans le cadre de mon boulot. A chaud, je dirais que les constats réalisés sur notre dépendance progressive aux énergies fossiles entrainant une modification profonde de la société et un rapport à l'autre différents (en gros la première moitié du livre) devraient être enseignés dans tous les collèges et lycées de France pour une prise de conscience collective des jeunes générations. C'est très bien expliqué avec des exemples et des illustrations facilitant la compréhension. Comme certains aviseurs précédents, je suis un peu plus gêné par la seconde moitié de l'ouvrage relatif aux solutions à mettre en œuvre pour se sortir de la spirale infernale dans laquelle le monde est plongé. L'éloge du nucléaire comme unique solution pour décarboner notre production électrique est de mon point de vue un peu trop tranchée et minimise ou élude certaines limites ou frein à cette solution (même si je comprends les arguments de l'auteur). La plupart des spécialistes prônent en effet la diversification des productions énergétiques (nucléaire, éolien, solaire, etc.), car un système qui se veut robuste ne doit pas tout miser sur une solution unique. Deux exemples pour illustrer mon propos : - Dans la première partie sur les constats, Jancovici aborde la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes en lien avec l'aggravation du changement climatique (inondations, canicules, réchauffement des eaux, cyclones, etc.). Ce genre de phénomènes, en partie à l'origine de la catastrophe de Fukushima, ne fait généralement pas bon ménage avec le nucléaire et ne doit pas être minimisé dans un pays où les effets du changement climatique seront plus forts que dans la plupart du reste du monde (si on excepte la zone équatoriale). - Le réchauffement estival des eaux rendra difficile à l'avenir la nécessité de refroidir les process avec de l'eau de mer ou de l'eau douce issue de fleuve. Durant certaines années particulièrement chaudes en France (2018 et 2022), ce fut déjà la cas avec le Rhône qui était déjà très chaud, et encore plus à l'aval des centrales nucléaires, aggravant l'impact sur la biodiversité aquatique. Côté graphisme, je tiens à saluer la virtuosité du dessinateur pour mettre en images les théories et concepts développés par Jancovici avec un humour plutôt bienvenu, au vu de la gravité du thème traité... Au final, une BD que je ne noterai pas en dessous de 4/5 car elle a le mérite de toucher d'autres publiques que celui habituellement intéressé par ce type de sujet tout en suscitant le débat sur les solutions à apporter pour s'adapter aux effets inéluctables du changement climatiques (on le voit au vu des avis précédents mais également du mien !). De plus, le dessin, le ton et les touches d'humour tentant de dédramatiser les messages permettent d'éviter de basculer dans l'écoanxiété la plus extrême en ayant refermé ce livre. A lire et à partager pour en débattre. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8,5/10 NOTE GLOBALE : 15,5/20
Le Dernier Costume n'a pas de poche
Chalandon s’inspire ici de faits et de personnages réels, ça se sent au niveau de l’intensité des dialogues – ou des silences – alors même qu’il n’y a finalement que peu d’action ou de texte. Le récit est centré sur quelques migrants qui rêvent de quitter la Tunisie pour rejoindre l’Europe (ils ont parfois déjà tenté ailleurs, et leur parcours a aussi commencé loin d’ici en Afrique subsaharienne), mais aussi sur Chamesddine, un homme qui consacre une bonne partie de son temps à recueillir les migrants, et, hélas, à donner une sépulture décente aux cadavres rejetés par la Méditerranée. Comme fil rouge, la destinée d’Abdoulaye, un gamin guinéen ayant échappé à un naufrage, qui recherche sa mère. Un récit assez sec, documenté (un dossier photographique montre que Galandon est allé lui-même dans cette région de Tunisie), montrant de façon cruelle ce que vivent ces populations fuyant la misère pour l’eldorado supposé de l’Europe. Régulièrement, certains protagonistes regardent la télé, où les reportages sur l’accueil des réfugiés ukrainiens montrent évidemment l’inégalité de traitement de la part des décideurs européens. Un documentaire intéressant, plutôt bien mené. Le dessin de Castaldi est plein de qualités, mais j’ai eu du mal à m’y faire. Il est inégal, et pas forcément ma came a priori.
Shin Zero
Bon je ne serai pas dès plus objectif à la vue des auteurs mais j’ai trouvé ce 1er tome fort réussi. Précisons aussi que les Sentai sont loin d’être ma came et pourtant j’ai avalé l’album, j’ai adhéré à toutes les idées proposées, graphique comme scénaristique. Cette série amène un petit vent de fraîcheur, l’angle d’attaque est excellent et permet de développer bien bien plus que ce que le lecteur pourrait penser trouver dans ce registre. Il n’y a pas de références directes (pas plus mal dans le cas présent), comme avec les albums sur Goldorak, Capitaine Flam … mais on touche à la part de l’enfance avec ce type de héros. Les auteurs réussissent haut la main leur pari de la modernisation. Bravo à eux et vivement la suite.
Aucune tombe assez profonde
Un petit pas mal à l’arrache, je suis bien trop partagé sur cet album, scénario comme dessins. Il y a des choses que j’ai trouvé vraiment sympa mais aussi d’autres trucs qui m’ont gentiment horripilé. Le sans faute ira pour les couleurs que j’ai trouvé assez réussies. Je serai plus critique sur le trait et narration, qui alternent le très bon et parfois le ridicule. Il y a des images iconiques (le guitariste dans la mine) et passages qui en jettent, mais à côté de ça on a un design de notre héroïne (en mode outlaw) que j’exècre. C’est quoi ces multi ceintures, cette carrure (alors qu’elle est toute fine), cette mèche rebelle … on la croirait sorti des années 90, tous les tics tapent à l’œil de l’époque sont là. Cette représentation m’a plusieurs fois fait sortir de ma lecture, ça a été le gros point noir pour moi. Quand à l’histoire, j’aime l’idée de départ (et la fin) mais ça se traine pas mal en cours de route, les flash-back n’amènent pas grand chose, et surtout l’héroïne (en plus de sa représentation graphique) n’est pas des plus attachantes. 2,5 Je n’ai pas accroché à ce tome mais je reste toutefois curieux de découvrir les autres collaborations des auteurs.
Ohio - La Belle Rivière
Période et localisation dans lesquelles se déroule l’intrigue m’intéressent a priori beaucoup. Et ces cadres historiques et géographiques ont déjà pas mal été utilisés en bande dessinée. Mais cette série, sans trop innover, nous propose quelque chose d’agréable à suivre. Deux tomes sont parus pour le moment (la conclusion viendra dans le prochain), et Duval nous livre une histoire plaisante, avec une narration fluide, des personnages auxquels on s’attache (seule Loutre m’est apparu un chouia trop « invincible » pour le moment), et suffisamment de rebondissements ou d’intrigues annexes pour captiver le lecteur. Les digressions autour du passé pirates de certains personnages alimentent l’intrigue sans la faire dévier artificiellement vers le n’importe quoi, et les rivalités franco-anglaises (nous sommes à l’aube de la guerre de Sept ans), et en parallèle celles opposant Hurons et Iroquois, dynamisent intelligemment l’histoire. Si le dessin de Brada n’est pas celui de Prugne ou de Pratt (pour citer deux auteurs ayant magnifié ces sous-bois), je l’ai trouvé agréable. La colorisation de Fernandez manque un peu de nuances, mais elle aussi fait le travail. Bref, en attente de la conclusion, voilà une série d’aventure historiques plutôt bien menée. Note réelle 3,5/5.
The Ends - Un été à Oceanside
Se tenir la main... Bliss édition nous gratifie d'un roman graphique qui se démarque dans sa collection Bad Idea. Ici, nous sommes dans le monde réel, tristement réel, hélas. Nous sommes en 1985, la jeune Jen End vit dans une petite bourgade de Californie, elle fait partie d'une bande de skinheads dont son frère est le chef. Son père, soldat pendant la seconde guerre mondiale, est alcoolique et sa mère est régulièrement battue par ce dernier. On est loin de la famille idyllique. Elle est amoureuse d'Angelo, un jeune portoricain, il vit à Oceanside. Elle va le rejoindre cet été pour s'occuper de son grand-père malade. Leur relation amoureuse va prendre l'eau lorsque Angelo va découvrir la face cachée de Jen. Le pire est à venir lorsque le frère de Jen va découvrir l'existence de son petit copain, il organise un rassemblement de skinheads à Oceanside pour laver cet affront et déclencher une guerre civile. D'anciens soldats vont reprendre les armes pour faire régner l'ordre. Un récit sombre avec le racisme, l'éducation et les séquelles post-traumatiques de la guerre comme files conducteurs. Un narration bien équilibrée entre le présent et les flash-back de la seconde guerre mondiale, elle prend aussi le temps d'éclairer nos lanternes sur la psychologie des nombreux personnages. Rien de manichéen. Une tragédie bien construite et bien réalisée, elle est le miroir d'une société qui crée des monstres. Et aussi une triste histoire d'amour. Graphiquement, David Lapham va à l'essentiel, pas d'esbroufes, avec son coup de crayon précis et expressif. Un rendu vintage qui est bien mis valeur par les couleurs de Bill Crabtree. La couverture est un superbe condensé du récit. L'album se termine par de petits récits en noir et blanc. Ils permettent d'en apprendre un peu plus sur les différents personnages. Lecture conseillée. Se tenir la main...
Déogratias
Immersion totale ! Une des meilleures bande dessinée historique, voire BD que j'ai lu. Immersion totale ! Le dessin est parfait, l'histoire aussi. On s'immerge peu à peu dans le chaos, la violence, pour s'en détacher. En passant, un rappel des causes, de la religion et des mythes. On s'attache même aux pires personnages sans adhérer à leurs fautes, on le fait plus encore des victimes, pas réduites à ce qu'elles subissent, comme trop souvent. Mériterait d'innombrables relectures, mais problème, le lecteur veut-il se les infliger ? Le temps long, les causes lointaines, la culture locale, avec des références aux étoiles qui ouvrent les images sur le cosmos, donnent un arrière fond lointain, les blagues, la cabaretière et la bière de banane un peu de chaleur humaine, malgré tout.