C’est franchement une très belle réussite. Il est rare qu’une BD historique soit aussi captivante, ou qu’une BD d’aventure soit aussi instructive. Si l’histoire était entièrement fictive, elle fonctionnerait déjà très bien. Mais elle a en plus le mérite de raconter la vie d’un personnage majeur de l’histoire de l’art, de replacer son œuvre dans son contexte et de transmettre de nombreuses connaissances sans jamais donner l’impression de lire un cours.
La biographie est particulièrement bien rythmée et reste agréable à suivre du début à la fin. Je suis incapable d’en juger l’exactitude historique dans les moindres détails, et il y a probablement une part de réinterprétation, mais cela importe finalement assez peu tant le récit paraît cohérent et crédible.
Graphiquement, c’est superbe. Le dessin, très axé sur le trait, m’a parfois fait penser à La Prophétie des Deux Mondes.
Pour ne pas redire tout ce qui a déjà été écrit sur cette série, je dirais simplement que, pour moi, c’est LA BD (avec Astérix quand j’étais enfant) ; c’est elle qui m’a donné le goût de la bande dessinée. Je l’ai relue plusieurs fois, et chaque relecture m’apporte autant de plaisir, avec même une nouvelle appréciation de certains détails. C’est suffisamment rare pour être souligné.
Peu de séries parviennent à être aussi accessibles à un jeune adolescent qu’à un lecteur adulte sans perdre de leur intérêt. C’est probablement la meilleure preuve de sa qualité. Le dessin est facile d'accès mais recherché et véhicule parfaitement l'histoire. Quant au récit, tout a déjà été dit : il est cohérent, dense, rythmé, drôle et reste pourtant d’une lecture remarquablement fluide.
Je reconnais volontiers que mon jugement n’est sans doute pas totalement neutre : c’est probablement Lanfeust de Troy qui a façonné une grande partie de mes critères d’appréciation de la BD, notamment sur le plan graphique. Forcément, elle part avec un avantage puisque c’est en partie à son aune que je juge les autres séries. C’est un peu comme trouver que le mètre étalon a la dimension parfaite... Cela n’enlève toutefois rien au plaisir intact que j’ai à chaque relecture ni, à mes yeux, à l’immense qualité de cette série.
À dix-huit ans, Olivier a reçu au bord d'une piscine une déclaration d'amour... mais sans ses lunettes, il est incapable de distinguer le visage de la jeune fille. Vingt-six ans plus tard, un concours de circonstances le ramène dans la petite ville où tout s'est passé, avec l'envie de retrouver la trace de cette mystérieuse inconnue.
C'est une BD qui sent les vacances d'été. Pas celles passées en bord de mer, mais plutôt celles où l'on revient sur les lieux de sa jeunesse, où l'on retrouve d'anciens amis, où l'on redécouvre des endroits chargés de souvenirs et où l'on se demande ce qu'il est advenu de ceux qui ont croisé notre route. Il y a quelque chose de bien agréable dans cette atmosphère légère et chaleureuse, renforcée par l'enthousiasme communicatif avec lequel toute une petite ville se mobilise pour aider Olivier dans sa quête improbable. Ce côté "téléfilm estival" est pleinement assumé, avec tout ce que cela peut avoir de réconfortant.
Le dessin de Frédéric Peynet participe beaucoup à cette impression. Son trait est souple, lisible et très expressif, tandis que les couleurs chaudes donnent aux planches une sensation de confort et de douceur. Les décors respirent, les personnages sont vivants et l'ensemble se lit avec une grande fluidité.
L'intrigue, elle, repose davantage sur les rencontres, les retrouvailles et la nostalgie que sur le suspense. La recherche de cette jeune fille devient surtout un prétexte pour revisiter un passé que le héros avait laissé derrière lui et mesurer le chemin parcouru. J'ai aussi apprécié que le récit évite la conclusion la plus attendue. Olivier n'a plus dix-huit ans, il s'est construit une vie, avec ses réussites comme ses regrets, et transformer cette histoire en simple romance adolescente retrouvée aurait finalement sonné un peu faux. Ce choix donne au dénouement une tonalité plus juste et plus touchante.
Une lecture chaleureuse et très plaisante, portée par une ambiance estivale pleine de bienveillance et un dessin particulièrement réussi. L'histoire ne cherche pas à révolutionner le genre, mais elle raconte avec beaucoup de sincérité ces petits souvenirs qui nous accompagnent parfois toute une vie.
Je lisais ces histoires quand j'étais enfant et j'ai toujours aimé ça. Je garde les BD jusqu'à aujourd'hui, sous différents formats et langues, avec beaucoup d'affection et de nostalgie.
Les personnages sont drôles : du Sergent Garcia au serviteur muet Bernardo et au propre Diego de la Vega. Certaines señoritas très belles et en difficulté aussi. Selon les histoires, le Capitán ou Comandante finit toujours par voir ses plans déjoués.
Je savais qu'il y avait un dessinateur meilleur que les autres, mais je ne connaissais pas son nom. Aujourd'hui je sais qu'il s'agit d'Alex Toth, grand dessinateur de comics.
Londres, 1824. Le jeune Charles Dickens vit dans la misère tandis que son père est emprisonné pour dettes et que le futur écrivain doit gagner quelques sous dans une manufacture de cirage. Les auteurs imaginent alors sa rencontre avec des mudlarks, ces gamins qui fouillaient la vase de la Tamise à la recherche d'objets de valeur, et avec l'un d'eux en particulier, plus débrouillard que les autres, qui lui apprendra les combines de la rue et inspirera ses futurs ouvrages.
Ambiance victorienne avant l'heure dans les quartiers miséreux de Londres. Emmanuel Cassier fait ici le choix d'un graphisme lâché, légèrement inspiré de Loisel. Le trait apparait brouillon, avec des visages changeants souvent difficiles à reconnaître et des mains qui donnent régulièrement l'impression d'avoir été simplement esquissées, presque comme dans un storyboard. Même la mise en scène ne m'a pas convaincu, avec des cadrages et des angles de vue parfois étrangement choisis qui rendent confuses des scènes pourtant simples. Je suis d'autant plus surpris par ce parti pris que son dessin est bien différent et beaucoup plus soigné dans d'autres œuvres, comme le très joli Albert Kahn - L'Archiviste de la planète.
L'histoire est intéressante. J'ignorais à quel point la jeunesse de Charles Dickens avait été difficile, et j'ai trouvé l'idée de mêler réalité historique et rencontre fictive avec un Oliver assez pertinente. L'ensemble est enrichi par une intrigue faite de combines pour gagner un peu d'argent, tout en essayant d'échapper au terrible père d'Oliver, un escroc qui exploite les orphelins, et d'améliorer la situation familiale de Charles, partagé entre une mère peu aimante et un père endetté. Il se passe beaucoup de choses, racontées parfois de manière un peu embrouillée ou pas toujours très claire. Je n'ai notamment pas bien compris ce qui se joue entre le peintre et la mère de Charles vers la fin, ni ce qui la fait finalement changer d'avis. Même si l'ensemble tient la route, il y a quelque chose d'un peu bancal dans la narration, ainsi qu'une certaine artificialité, notamment dans la scène finale où la portée symbolique du couteau jeté dans la rivière m'a échappé (sans parler de la façon dont il flotte avant de couler).
Je reste donc moyennement convaincu par cette BD, qui a le mérite de proposer une histoire originale au croisement de l'Histoire, de la littérature et de la fiction, mais qui le fait avec un dessin et une mise en scène que je trouve assez brouillons.
Note : 2,5/5
Une série de Mitton qui passe un peu sous les radars et qui est pourtant de bonne qualité.
J'ai lu uniquement le premier cycle soit les trois premiers tomes. Le deuxième album, mélange de cruauté et d'érotisme, est typique du style Mitton.
Le scénario est riche en événements et sait utiliser les faits historiques à son avantage.
Tome 1 : ****
Tome 2 : *****
Tome 3 : ***
Attention l'avis d'Agecanonix ci dessous contient des spoilers qui peuvent vous gâcher le plaisir de lecture.
C'est dans mon top 3 des sagas maritimes, avec Les Passagers du vent et L'Epervier.
L'intérêt presque exclusif de cet album réside dans les dessins très beaux et sensuels de José Gonzalez. Le reste n'a ni cohérence ni unité : c'est un amalgame d'illustrations indépendantes, de pin-ups et de quelques BD courtes, y compris une histoire de Vampirella. L'érotisme est ici très soft et tout est assez daté, surtout les images en couleur et le maquillage des jeunes femmes.
Sur le papier, Lady Mechanika cochait toutes les cases de ce que j’apprécie : un univers steampunk riche et cohérent, une héroïne charismatique, beaucoup d’aventure, de mystère et un dessin de caractère. Pourtant, la lecture ne m’a jamais réellement convaincu. J’ai même fini par trouver l’ensemble assez lassant, alors que j’en attendais beaucoup.
Le principal point fort de la série est incontestablement sa partie graphique. Le dessin est superbe, extrêmement détaillé, avec un vrai soin apporté aux décors, aux costumes et à toute l’esthétique steampunk. Les illustrations d’interlude et les couvertures sont elles aussi magnifiques et participent énormément à l’identité de la série.
En revanche, le scénario ne décolle jamais vraiment. Les histoires donnent davantage l’impression de s’enchaîner que de construire un récit solide, et les personnages manquent de profondeur pour que l’on s’y attache réellement. Au final, il reste une très belle vitrine graphique, mais je garderai surtout le souvenir d’une série qui n’a pas été à la hauteur de son formidable potentiel.
Au premier regard, Lady Liberty m’a vraiment fait craindre une série pour adolescents assez quelconque. Entre le dessin, le sujet et une ambiance très romanesque, tout semblait annoncer quelque chose d’assez mièvre. Finalement, c’est une bonne surprise. Certes, le côté mielleux est bien présent et le style graphique, très influencé par le manga, ne plaira pas à tout le monde. Une fois cette première impression passée, l’ensemble fonctionne pourtant plutôt bien.
Le récit est dynamique et trouve un bon équilibre entre fiction et contexte historique. L’intrigue reste cohérente sur les trois tomes, les personnages sont attachants et l’ensemble se lit avec plaisir. Ce n’est pas une série qui révolutionne le genre, mais elle est bien mieux construite que ce que son apparence laisse penser.
J’ai été un peu à contre-courant de la plupart des avis : si beaucoup mettent avant tout en avant le dessin de Rosinski, c’est surtout le scénario qui m’a séduit. L’intrigue est remarquablement construite, cohérente et pleine de rebondissements, avec des personnages bien développés et une révélation finale qui fonctionne parfaitement. Le récit pousse juste assez loin les coïncidences et les faux-semblants pour dérouter le lecteur sans jamais sombrer dans l’invraisemblable. L’univers du marché de l’art, du Paris du XIXe siècle et même du Nouveau-Monde apporte une vraie richesse à l’ensemble.
Le dessin est indéniablement de grande qualité, mais il m’a un peu moins convaincu. Je le trouve parfois presque trop expressif et intense pour ce type de récit d’aventure et de mystère. En revanche, j’ai beaucoup apprécié les interludes réalisés sous forme de croquis pour les scènes intimes : ce changement de registre graphique est élégant et apporte une vraie sensibilité. Une très belle lecture, portée avant tout par un scénario maîtrisé.
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Le Caravage
C’est franchement une très belle réussite. Il est rare qu’une BD historique soit aussi captivante, ou qu’une BD d’aventure soit aussi instructive. Si l’histoire était entièrement fictive, elle fonctionnerait déjà très bien. Mais elle a en plus le mérite de raconter la vie d’un personnage majeur de l’histoire de l’art, de replacer son œuvre dans son contexte et de transmettre de nombreuses connaissances sans jamais donner l’impression de lire un cours. La biographie est particulièrement bien rythmée et reste agréable à suivre du début à la fin. Je suis incapable d’en juger l’exactitude historique dans les moindres détails, et il y a probablement une part de réinterprétation, mais cela importe finalement assez peu tant le récit paraît cohérent et crédible. Graphiquement, c’est superbe. Le dessin, très axé sur le trait, m’a parfois fait penser à La Prophétie des Deux Mondes.
Lanfeust de Troy
Pour ne pas redire tout ce qui a déjà été écrit sur cette série, je dirais simplement que, pour moi, c’est LA BD (avec Astérix quand j’étais enfant) ; c’est elle qui m’a donné le goût de la bande dessinée. Je l’ai relue plusieurs fois, et chaque relecture m’apporte autant de plaisir, avec même une nouvelle appréciation de certains détails. C’est suffisamment rare pour être souligné. Peu de séries parviennent à être aussi accessibles à un jeune adolescent qu’à un lecteur adulte sans perdre de leur intérêt. C’est probablement la meilleure preuve de sa qualité. Le dessin est facile d'accès mais recherché et véhicule parfaitement l'histoire. Quant au récit, tout a déjà été dit : il est cohérent, dense, rythmé, drôle et reste pourtant d’une lecture remarquablement fluide. Je reconnais volontiers que mon jugement n’est sans doute pas totalement neutre : c’est probablement Lanfeust de Troy qui a façonné une grande partie de mes critères d’appréciation de la BD, notamment sur le plan graphique. Forcément, elle part avec un avantage puisque c’est en partie à son aune que je juge les autres séries. C’est un peu comme trouver que le mètre étalon a la dimension parfaite... Cela n’enlève toutefois rien au plaisir intact que j’ai à chaque relecture ni, à mes yeux, à l’immense qualité de cette série.
Equation à une inconnue
À dix-huit ans, Olivier a reçu au bord d'une piscine une déclaration d'amour... mais sans ses lunettes, il est incapable de distinguer le visage de la jeune fille. Vingt-six ans plus tard, un concours de circonstances le ramène dans la petite ville où tout s'est passé, avec l'envie de retrouver la trace de cette mystérieuse inconnue. C'est une BD qui sent les vacances d'été. Pas celles passées en bord de mer, mais plutôt celles où l'on revient sur les lieux de sa jeunesse, où l'on retrouve d'anciens amis, où l'on redécouvre des endroits chargés de souvenirs et où l'on se demande ce qu'il est advenu de ceux qui ont croisé notre route. Il y a quelque chose de bien agréable dans cette atmosphère légère et chaleureuse, renforcée par l'enthousiasme communicatif avec lequel toute une petite ville se mobilise pour aider Olivier dans sa quête improbable. Ce côté "téléfilm estival" est pleinement assumé, avec tout ce que cela peut avoir de réconfortant. Le dessin de Frédéric Peynet participe beaucoup à cette impression. Son trait est souple, lisible et très expressif, tandis que les couleurs chaudes donnent aux planches une sensation de confort et de douceur. Les décors respirent, les personnages sont vivants et l'ensemble se lit avec une grande fluidité. L'intrigue, elle, repose davantage sur les rencontres, les retrouvailles et la nostalgie que sur le suspense. La recherche de cette jeune fille devient surtout un prétexte pour revisiter un passé que le héros avait laissé derrière lui et mesurer le chemin parcouru. J'ai aussi apprécié que le récit évite la conclusion la plus attendue. Olivier n'a plus dix-huit ans, il s'est construit une vie, avec ses réussites comme ses regrets, et transformer cette histoire en simple romance adolescente retrouvée aurait finalement sonné un peu faux. Ce choix donne au dénouement une tonalité plus juste et plus touchante. Une lecture chaleureuse et très plaisante, portée par une ambiance estivale pleine de bienveillance et un dessin particulièrement réussi. L'histoire ne cherche pas à révolutionner le genre, mais elle raconte avec beaucoup de sincérité ces petits souvenirs qui nous accompagnent parfois toute une vie.
Zorro (Disney)
Je lisais ces histoires quand j'étais enfant et j'ai toujours aimé ça. Je garde les BD jusqu'à aujourd'hui, sous différents formats et langues, avec beaucoup d'affection et de nostalgie. Les personnages sont drôles : du Sergent Garcia au serviteur muet Bernardo et au propre Diego de la Vega. Certaines señoritas très belles et en difficulté aussi. Selon les histoires, le Capitán ou Comandante finit toujours par voir ses plans déjoués. Je savais qu'il y avait un dessinateur meilleur que les autres, mais je ne connaissais pas son nom. Aujourd'hui je sais qu'il s'agit d'Alex Toth, grand dessinateur de comics.
Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain
Londres, 1824. Le jeune Charles Dickens vit dans la misère tandis que son père est emprisonné pour dettes et que le futur écrivain doit gagner quelques sous dans une manufacture de cirage. Les auteurs imaginent alors sa rencontre avec des mudlarks, ces gamins qui fouillaient la vase de la Tamise à la recherche d'objets de valeur, et avec l'un d'eux en particulier, plus débrouillard que les autres, qui lui apprendra les combines de la rue et inspirera ses futurs ouvrages. Ambiance victorienne avant l'heure dans les quartiers miséreux de Londres. Emmanuel Cassier fait ici le choix d'un graphisme lâché, légèrement inspiré de Loisel. Le trait apparait brouillon, avec des visages changeants souvent difficiles à reconnaître et des mains qui donnent régulièrement l'impression d'avoir été simplement esquissées, presque comme dans un storyboard. Même la mise en scène ne m'a pas convaincu, avec des cadrages et des angles de vue parfois étrangement choisis qui rendent confuses des scènes pourtant simples. Je suis d'autant plus surpris par ce parti pris que son dessin est bien différent et beaucoup plus soigné dans d'autres œuvres, comme le très joli Albert Kahn - L'Archiviste de la planète. L'histoire est intéressante. J'ignorais à quel point la jeunesse de Charles Dickens avait été difficile, et j'ai trouvé l'idée de mêler réalité historique et rencontre fictive avec un Oliver assez pertinente. L'ensemble est enrichi par une intrigue faite de combines pour gagner un peu d'argent, tout en essayant d'échapper au terrible père d'Oliver, un escroc qui exploite les orphelins, et d'améliorer la situation familiale de Charles, partagé entre une mère peu aimante et un père endetté. Il se passe beaucoup de choses, racontées parfois de manière un peu embrouillée ou pas toujours très claire. Je n'ai notamment pas bien compris ce qui se joue entre le peintre et la mère de Charles vers la fin, ni ce qui la fait finalement changer d'avis. Même si l'ensemble tient la route, il y a quelque chose d'un peu bancal dans la narration, ainsi qu'une certaine artificialité, notamment dans la scène finale où la portée symbolique du couteau jeté dans la rivière m'a échappé (sans parler de la façon dont il flotte avant de couler). Je reste donc moyennement convaincu par cette BD, qui a le mérite de proposer une histoire originale au croisement de l'Histoire, de la littérature et de la fiction, mais qui le fait avec un dessin et une mise en scène que je trouve assez brouillons. Note : 2,5/5
Les Survivants de l'Atlantique
Une série de Mitton qui passe un peu sous les radars et qui est pourtant de bonne qualité. J'ai lu uniquement le premier cycle soit les trois premiers tomes. Le deuxième album, mélange de cruauté et d'érotisme, est typique du style Mitton. Le scénario est riche en événements et sait utiliser les faits historiques à son avantage. Tome 1 : **** Tome 2 : ***** Tome 3 : *** Attention l'avis d'Agecanonix ci dessous contient des spoilers qui peuvent vous gâcher le plaisir de lecture. C'est dans mon top 3 des sagas maritimes, avec Les Passagers du vent et L'Epervier.
Femmes de rêve
L'intérêt presque exclusif de cet album réside dans les dessins très beaux et sensuels de José Gonzalez. Le reste n'a ni cohérence ni unité : c'est un amalgame d'illustrations indépendantes, de pin-ups et de quelques BD courtes, y compris une histoire de Vampirella. L'érotisme est ici très soft et tout est assez daté, surtout les images en couleur et le maquillage des jeunes femmes.
Lady Mechanika
Sur le papier, Lady Mechanika cochait toutes les cases de ce que j’apprécie : un univers steampunk riche et cohérent, une héroïne charismatique, beaucoup d’aventure, de mystère et un dessin de caractère. Pourtant, la lecture ne m’a jamais réellement convaincu. J’ai même fini par trouver l’ensemble assez lassant, alors que j’en attendais beaucoup. Le principal point fort de la série est incontestablement sa partie graphique. Le dessin est superbe, extrêmement détaillé, avec un vrai soin apporté aux décors, aux costumes et à toute l’esthétique steampunk. Les illustrations d’interlude et les couvertures sont elles aussi magnifiques et participent énormément à l’identité de la série. En revanche, le scénario ne décolle jamais vraiment. Les histoires donnent davantage l’impression de s’enchaîner que de construire un récit solide, et les personnages manquent de profondeur pour que l’on s’y attache réellement. Au final, il reste une très belle vitrine graphique, mais je garderai surtout le souvenir d’une série qui n’a pas été à la hauteur de son formidable potentiel.
Lady Liberty
Au premier regard, Lady Liberty m’a vraiment fait craindre une série pour adolescents assez quelconque. Entre le dessin, le sujet et une ambiance très romanesque, tout semblait annoncer quelque chose d’assez mièvre. Finalement, c’est une bonne surprise. Certes, le côté mielleux est bien présent et le style graphique, très influencé par le manga, ne plaira pas à tout le monde. Une fois cette première impression passée, l’ensemble fonctionne pourtant plutôt bien. Le récit est dynamique et trouve un bon équilibre entre fiction et contexte historique. L’intrigue reste cohérente sur les trois tomes, les personnages sont attachants et l’ensemble se lit avec plaisir. Ce n’est pas une série qui révolutionne le genre, mais elle est bien mieux construite que ce que son apparence laisse penser.
La Vengeance du Comte Skarbek
J’ai été un peu à contre-courant de la plupart des avis : si beaucoup mettent avant tout en avant le dessin de Rosinski, c’est surtout le scénario qui m’a séduit. L’intrigue est remarquablement construite, cohérente et pleine de rebondissements, avec des personnages bien développés et une révélation finale qui fonctionne parfaitement. Le récit pousse juste assez loin les coïncidences et les faux-semblants pour dérouter le lecteur sans jamais sombrer dans l’invraisemblable. L’univers du marché de l’art, du Paris du XIXe siècle et même du Nouveau-Monde apporte une vraie richesse à l’ensemble. Le dessin est indéniablement de grande qualité, mais il m’a un peu moins convaincu. Je le trouve parfois presque trop expressif et intense pour ce type de récit d’aventure et de mystère. En revanche, j’ai beaucoup apprécié les interludes réalisés sous forme de croquis pour les scènes intimes : ce changement de registre graphique est élégant et apporte une vraie sensibilité. Une très belle lecture, portée avant tout par un scénario maîtrisé.