Les derniers avis (81 avis)

Couverture de la série Adam et Elle
Adam et Elle

La présentation de l’éditeur met en avant une proximité avec la Nouvelle vague cinématographique. Pourquoi pas ? On peut y retrouver certaines préoccupations de Rohmer, autour des relations amoureuses. Ou aussi une certaine vision cruelle du couple selon Chabrol. Toujours est-il que nous suivons – au milieu d’autres personnages, un couple nouvellement formé, sur des bases pas forcément fragiles, mais en tout cas parfois étonnantes. Adam, qui vient de rompre, est amoureux de Juliette (sentiment largement partagé). Alors que le couple semble se lancer dans une relation assez libre, mais classique, Adam se met en tête de « tester » la solidité des sentiments de Juliette et sous une fausse identité, lui tend des « pièges » en lui écrivant une lettre, puis des mails. Il pousse même le vice jusqu’à inciter un de ses potes à se faire passer pour son double, pour voir jusqu’où Juliette résisterait à une éventuelle tentation. Adam dévoile ainsi une personnalité paranoïaque et perverse, malsaine en tout cas. J’ai un temps cru à une mise en abimes. En effet, les principaux protagonistes masculins étant acteurs ou scénaristes, je me suis demandé si l’on n’avait pas ici une intrigue gigogne dans laquelle réalité et fiction n’auraient fait qu’une. Mais en fait non. Je n’ai pas trop aimé le procédé consistant parfois à avoir des commentaires de ce que font Juliette ou Adam. C’est artificiel et cela assèche et ralentit la narration. Cela fait bizarre. Et puis le dernier tiers du second album m’a laissé sur ma faim. Ou plutôt j’ai trouvé étrange cette fin, cette évolution d’un amour qui meure bizarrement. Reste que l’histoire se laisse globalement lire, et que Bonneval nous propose une comédie sentimentale à laquelle il manque peut-être quelque chose qui l’aurait fait sortir d’une certaine léthargie. Mais malgré mes remarques, la lecture n’est pas si désagréable. Le dessin de Sterckman n’est pas forcément mon truc, mais il est lisible, avec un trait à la fois moderne et classique, mais qui manque de détails. Qui est aussi parfois un chouia trop figé. Surtout, j’ai plusieurs fois eu du mal à distinguer plusieurs personnages masculin (le héros et un de ses potes), ce qui m’a forcé à quelques retours en arrière. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
Couverture de la série L’Été des oubliés
L’Été des oubliés

Quand on parle de film inachevé, on pense surtout au « Don Quichotte » de Terry Gilliam, qui sortit finalement en salles 18 ans après le début d’un tournage marqué par des péripéties de tous ordres. On connaît moins l’histoire entourant « La Fleur de l’âge », qu’avait entrepris de tourner Marcel Carné avec une brochette d’actrices et d’acteurs prestigieux : Paul Meurisse, Arletty, Martine Carol, Serge Reggiani et Anouk Aimée, qui elle faisait ses débuts au cinéma. Le réalisateur souhaitait raconter, sur un scénario de Jacques Prévert, les circonstances de la révolte d’adolescents détenus au bagne d’enfants de Belle-Île-en-Mer en 1934 (cela paraît difficile à croire, mais il y avait des bagnes pour enfants à cette époque !). Tout avait très mal commencé, puisqu’un premier tournage, en 1937, fut interrompu pour des raisons diverses, notamment la censure et les prises de position controversées de Prévert, pour reprendre dix ans plus tard. Mais de nouveau, les déboires ne firent que s’accumuler (aléas financiers, météo défavorable, tensions au sein de l’équipe, caprices de stars, grèves diverses... ), le projet s’avéra alors un fiasco total. C’est donc une histoire dans l’histoire que nous propose Simon Rochepeau, tout en se centrant plus particulièrement sur les circonstances du tournage. Si au départ, il évoque la façon dont la révolte de ces gamins s’est déclenchée, le récit bifurque assez vite sur l’arrivée de l’équipe du film à Belle-Île. Le sujet est potentiellement intéressant, mais force est de constater que la narration, avec sa structure kaléidoscopique égrenant des anecdotes diverses et variées, peut être déstabilisante. On pourra seulement dire qu’elle est réussie si l’objectif de Rochepeau était de retranscrire le contexte chaotique du tournage… En outre, que dire de la fin dont le propos poético-mystique m’a laissé au bord du chemin ? Il faut admettre que le dessin de Benjamin Bachelier n’en facilite pas la compréhension. Si certaines planches recèlent une beauté poétique évidente, grâce surtout à l’emploi de l’aquarelle pour les scènes nocturnes, on restera plus mesuré quant au trait à main levée, peu engageant selon mes critères et pour tout dire trop brouillon, mais qui surtout freine l’identification des personnages, par ailleurs assez nombreux. On ne comprend pas non plus le choix du découpage, parfois confus. Certains apprécieront sans doute les qualités poétiques de « L’Été des oubliés », mais celles-ci ne suffiront malheureusement pas pour en faire un ouvrage appréciable et suffisamment marquant, pour tout bédéphile amateur de narration un tant soit peu élaborée. Dommage, car la lecture s’annonçait plutôt digne d’intérêt.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Sex Addict Story
Sex Addict Story

Bon, le dessin de Frétet est vraiment le principal attrait de cet album. Quel coup de crayon. Pourtant, pas exempt de menus défauts, mais plus que de qualités techniques proprement dites (parce que certains détails ne sont pas forcément réussis ou « beaux » en eux-mêmes), c’est le rendu que je trouve très beau, avec cette colorisation un peu cuivrée, proche parfois de photos insolées. C’est original et attractif en tout cas. L’intrigue de la principale histoire (qui donne son titre à l’album) est, comme le dessin, intéressante par certains à-côtés. En effet, la construction du récit est relativement originale, puisque chaque chapitre du principal récit donne successivement le point de vue d’un protagoniste, comme si c’était une course de relai. Cela dynamise ce récit, et renouvelle régulièrement centres d’intérêt et points de vue. Par contre la conclusion est franchement confuse et part dans tous les sens. « African Queen » est une histoire un peu bizarre. Nous suivons une Diane qui s’occupe de gorilles dans la jungle africaine. On part sur une sorte de récit d’une Diane Fossey (fantasmée par une jeune yougoslave !?) – mais qui aurait des allures de Druuna et des fantasmes bestiaux. C’est court, délirant, et plus illustré que construit. « Journal intime d’un dessinateur licencieux » présente une série de rencontres qu’aurait fait une sorte de double de l’auteur : des dames de la haute société le plus souvent. Un court texte, un ou deux dessins présentant les relations sexuelles entre eux. C’est probablement un carnet d’esquisses (d’histoires et de dessins) placé ici pour compléter l’album. Il n’y a pas en tout de réelle intrigue. Au final, c’est globalement plaisant à lire, même si ça reste très léger – en matière d’intrigue essentiellement. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Par Lukiluk
Note: 3/5
Couverture de la série Kenya
Kenya

Bonne bd en général que je viens de relire, je préfère le dessin de cette série à celui des mondes d'Aldébaran, les personnages sont un peu moins figés. L’héroïne Kathy Austin est très pétillante ! D'autres personnages sont aussi très intéressants, tel " l'ignoble écrivain" John Remington. Bonne intrigue en général, mais on regrettera un peu une fin qui tourne un peu court, et surtout des incohérences, principalement : Si les "boites" ont été enfouies dans ce qui devient le lac Victoria, et n'ont pas encore été découvertes, d’où viennent les premiers animaux vus dans la série ? Et surtout d’où viennent ceux qui remontent à la surface dans la cave du château et dans la mine (qui sont très éloignées du lac) ?? 3,3/5 pour moi.

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Au temps pour elle
Au temps pour elle

Une pianiste virtuose perd soudain toute capacité à jouer quelques heures avant le concert le plus important de sa carrière, plongeant ses partenaires et les organisateurs dans un véritable casse-tête : faut-il la remplacer, annuler le spectacle ou tenter de comprendre ce qui lui arrive ? Cette histoire, résolument centrée sur la musique et la création artistique, prend une surprenante allure de vaudeville. Unité de lieu avec cette scène de théâtre encore vide de spectateurs, unité de personnages autour des quatre musiciens, de la responsable marketing et du propriétaire des lieux, ponctuées par les allées et venues de la femme de ménage. Les portes claquent, les personnages s'agitent tandis que la pianiste, presque mutique, semble observer tout cela de loin, enfermée dans son propre monde. Lorsqu'elle retrouve enfin ses mains, c'est pour jouer une musique totalement différente, comme si son blocage n'était pas une incapacité mais le refus inconscient de continuer à interpréter ce que les autres attendent d'elle. Le dessin accompagne bien le récit, avec un trait doux et agréable à lire, même si les décors restent assez sobres et que les expressions des visages manquent parfois de diversité et de finesse. Il y a un petit côté BD jeunesse dans ce dessin qui détonne avec le sujet un peu plus adulte. Le propos est finalement assez clair : l'art ne devrait pas se laisser enfermer dans un carcan, même lorsqu'il est couronné de succès. En revanche, la forme choisie pour le raconter a de quoi désarçonner. Cette ambiance de pièce de théâtre, avec ses personnages volontairement archétypaux, ses réactions parfois un peu forcées et son humour discret, instaure une certaine distance qui m'a laissé circonspect. Ce n'est ni vraiment humoristique, ni vraiment une analyse intimiste ou psychologique de ce blocage artistique. Je retiens donc surtout une BD originale dans son dispositif et pertinente dans son message sur la création artistique. J'ai trouvé l'idée intéressante, mais le ton adopté, à mi-chemin entre le théâtre de boulevard et la réflexion sur l'art, ne m'a pas complètement convaincu et m'a laissé un peu en dehors du récit.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

J’ai vraiment été déçu par cette série. Le concept est excellent sur le papier : imaginer des civilisations précolombiennes ayant poursuivi leur développement pendant que l’Europe s’effondre est une idée très originale. Pourtant, j’ai eu l’impression que la BD n’en faisait finalement pas grand-chose. On tourne les pages avec curiosité en espérant comprendre où le scénario veut nous emmener, mais cette sensation n’a jamais vraiment été récompensée. L’aventure reste agréable à suivre et suffisamment intrigante pour donner envie d’aller jusqu’au bout. En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à saisir le rôle des zombies dans le récit. Qu’ils expliquent la chute de l’Europe, pourquoi pas, mais leur présence semble ensuite assez gratuite et je peine à voir ce qu’elle apporte réellement au propos. Le dessin n’est clairement pas dans mes goûts, avec un style très déformé et exagéré. Cela ne m’aurait pas dérangé si le récit m’avait davantage convaincu ; au contraire, un parti pris graphique fort peut très bien fonctionner lorsqu’il sert une histoire solide. Ici, j’ai plutôt eu l’impression que le fond et la forme me laissaient tous les deux à distance.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Feul
Le Feul

Le Feul est une bonne série de fantasy qui m’a laissé un sentiment assez mitigé. Le scénario est globalement cohérent et propose de nombreuses bonnes idées, avec un univers travaillé et une mise en avant intéressante des différences culturelles entre les différents peuples. L’ensemble est suffisamment original pour donner envie de découvrir la suite, même si le rythme est parfois un peu lent. En revanche, j’ai trouvé que plusieurs concepts prometteurs étaient finalement trop peu exploités. La conclusion est intrigante, mais j’aurais aimé qu’elle soit davantage développée et expliquée. Le dessin n’est pas vraiment dans mes goûts et accuse un peu son âge, mais il reste cohérent avec l’univers et remplit bien son rôle. Une série agréable à lire, avec de vraies qualités, qui manque toutefois d’un peu plus de cohérence pour pleinement convaincre.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Avant de découvrir Le Château des Animaux, je craignais qu’il soit nécessaire d’avoir lu La Ferme des animaux pour en apprécier toute la portée. Finalement, cette série se suffit largement à elle-même. Le parallèle politique est remarquablement construit, avec une satire fine qui ne tombe jamais dans la démonstration lourde. Le récit progresse avec beaucoup de maîtrise : pas de temps mort, pas de superflu, chaque scène fait avancer l’histoire ou enrichit le propos. Les quatre tomes forment un ensemble particulièrement cohérent. Les personnages sont eux aussi une grande réussite. Chacun trouve naturellement sa place dans l’allégorie et incarne une idée ou un rôle sans jamais perdre son épaisseur. Le message est fort, mais suffisamment nuancé pour laisser le lecteur réfléchir par lui-même. C’est le genre de série qui donne envie d’être relue quelques années plus tard pour en saisir de nouvelles subtilités. Graphiquement, c’est superbe. Le trait, doux et sensible, contraste avec la dureté du récit et renforce son impact. Le choix d’animaux aux apparences parfois presque enfantines, associés à des rôles sociaux très évocateurs, fonctionne à merveille : cette esthétique un peu native apporte une profondeur supplémentaire à une histoire pourtant très mature et d’une grande lucidité sur les rapports de pouvoir et la nature humaine.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Ce monde n'existe pas
Ce monde n'existe pas

J’ai eu du mal avec cet album, que ce soit au niveau du dessin ou celui de l’histoire elle-même. Et pourtant, je ne peux pas trop lui taper dessus. Car il possède de réelles qualités, et il se révèle relativement original. Le dessin n’est pas vraiment mon truc, et il n’est pas toujours lisible. Mais le travail à l’aquarelle sort de l’ordinaire. L’histoire est un peu décousue, et un peu « légère », autour de ce jeune homme qui, traité injustement par la société, se retrouve incarcéré, puis contraint d’aller bourlinguer pour l’armée à l’autre bout du monde. Il y a quelque chose d’intéressant dans ce destin, cet amour contrarié, mais la narration un peu froide, et la construction un peu – beaucoup – éclatée m’ont détaché de cette histoire. Affaire de goûts sans doute (mon prédécesseur y a semble-t-il davantage trouvé son compte), mais c’est un album qui m’a laissé de côté. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Swamp
Swamp

Une lecture sympathique, tout public (probablement davantage destinée à un jeune lectorat quand même je pense), qui met en avant quelques belles valeurs : l’amitié, le refus des discriminations (ici du racisme), autour essentiellement de trois enfants, au cours de quelques semaines d’été dans le sud des États-Unis. Le dessin est tout mignon, et plaira au jeune lectorat aussi. On peut quand même pointer quelques facilités, une vision parfois un peu trop « gentille » d’une certaine réalité – même si tout n’est pas édulcoré. En effet, l’amitié entre le jeune Noir Otis et le jeune Blanc Red est improbable en Louisiane à cette époque (fin des années 1930), tant le racisme est implanté dans ce sud des États-Unis. Et l’apparition miraculeuse de cette artiste et de sa fille (Shelley, qui va devenir amie d’Otis et de Red), franchement très tolérante (elle vient du Nord-Ouest plus ouvert) est parfois un peu caricaturale. Mais bon, ceci étant dit, ça se laisse lire agréablement, et les valeurs mises en avant sont plutôt sympathiques. Je note quand même une fin un peu brutale (on aurait pu voir davantage éclairées les magouilles du shérif).

29/06/2026 (modifier)