Alors que je n’ai toujours pas lu leur précédente collaboration (qui traîne pourtant sur mes étagères, honte à moi), je découvre le travail des auteurs avec ce tome, pas de comparaison donc.
Verdict. C’est très bon.
C’est léger, instructif et amusant, « sérieux » dans le sujet et loufoque dans le traitement, j’en suis sorti avec le smile.
J’ai bien une petite réserve sur la longueur de l’aventure, pour ce que ça raconte vraiment (je me comprends) mais Lupano tient son récit, on ne s’ennuie pas vraiment, emporté par les bons mots, des personnages barrés et surtout une partie graphique qui accompagne parfaitement la farce. J’ai vraiment succombé aux bouilles, au dynamisme du trait et aux couleurs.
Une BD qui revisite le conte « la belle au bois dormant ».
Un récit dont la narratrice n'est autre que Briar, une princesse plongée dans un sommeil léthargique. Elle n'attend qu'un baiser de son prince charmant pour se réveiller. Son prince viendra, mais pas fou le gars, point de baiser, juste un mariage pour s'octroyer quelques pouvoirs et ainsi guerroyer au nom du roi. Vous l'aurez compris notre jeune princesse va finir par se réveiller après un siècle de sommeil, mais son monde aura changé.
Un conte qui commence avec ces quelques mots « J'ai le regret de vous informer que le narrateur de mon conte de fées est mort ». Des fées seront présentes et évidemment, dans le lot, il y aura la méchante de service. Une histoire qui va s'éloigner du conte originel au fur et à mesure que l'intrigue avance. La belle va devenir rebelle. Une réécriture qui nous feras découvrir une princesse ambiguë, des compagnons de route originaux et la violence omniprésente dans les différents royaumes. Une intrigue au rythme soutenu qui m'a accroché malgré le fait qu'elle fasse un peu du surplace (ça tourne en rond par moment). Je suis contrarié pour le côté enfantin qui sévit par moment (et donc des dialogues qui vont avec). Le résultat, c'est une histoire de vengeance qui ne sait pas si elle doit viser un jeune public ou un autre plus mâture.
La partie graphique a du charme, elle apporte sa pierre à cet univers médiéval et fantastique.
J'ai une préférence pour le tome 1 et le dessin de German Garcia qui sous une apparence "bâclée" est efficace, expressif et tout en finesse. La colorisation nuancée de Matheus Lopes est réussie.
Pour le second opus, c'est Alex Lins qui est au crayon. Son dessin est plus classique dans un style dynamique et démonstratif. De même pour les couleurs plus tape à l'œil.
Sympathique, sans plus.
Cette intégrale des Lettres de mon moulin a été pour moi une triple découverte. D'abord celle du contenu de ces trois fameux "Meilleurs récits du journal Spirou" dont j'avais tant vu les couvertures dans ma jeunesse sans jamais pouvoir les lire. Ensuite celle des très célèbres Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet, dont j'ai énormément entendu parler sans les avoir jamais lues, au point de ne même pas savoir que La Chèvre de Monsieur Seguin, que je récitais pourtant presque par cœur étant plus jeune, en était issue. Enfin, celle d'une facette de Mitteï que j'ignorais complètement. Je ne le connaissais que comme scénariste et je ne m'attendais pas à découvrir un dessinateur aussi proche de l'École de Marcinelle que j'affectionne tant.
Les premières pages m'ont même fait croire un instant que je lisais du Walthéry, avec quelques accents de Gos et de Will. Son trait est rond, chaleureux, expressif, baigné de ces couleurs lumineuses qui évoquent immédiatement le Spirou de cette époque. C'est un vrai plaisir à parcourir et cela convient parfaitement aux contes provençaux de Daudet. À partir du deuxième tome, en revanche, le dessin évolue vers un style un peu plus réaliste lorsque Mitteï met davantage en scène Daudet lui-même et ses voyages. Personnellement, j'ai trouvé cette évolution moins séduisante et je préfère largement son approche plus franco-belge à gros nez de ces récits de contes.
J'ai ressenti la même chose concernant le contenu. Les adaptations des légendes provençales sont celles qui m'ont le plus plu. Malgré une ambiance souvent très catholique, elles dégagent ce parfum de merveilleux, de traditions populaires et parfois même de conte de Noël qui faisait tout le charme du Spirou d'autrefois. Les récits plus directement consacrés à Daudet, à ses rencontres ou à ses souvenirs de Provence (et un peu de Corse dans le troisième tome) ont un intérêt historique indéniable et permettent de découvrir la vie locale au XIXe siècle, mais ils m'ont moins captivé. J'y ai trouvé un peu trop de conversations, d'anecdotes ou de chroniques locales qui, sans être déplaisantes, peinent davantage à m'embarquer.
Je ne regrette absolument pas cette découverte, ne serait-ce que pour son dessin et pour le plaisir de parcourir enfin une oeuvre aussi emblématique du patrimoine franco-belge que de la littérature française. J'espérais toutefois être un peu plus emporté par les récits eux-mêmes, dont seuls les contes les plus poétiques m'ont réellement marqué.
Cette BD parue quelques années après la mort de Gotlib fait un petit tour d'horizon, en BD, de ce que fut la vie du patron de Fluide Glacial, un pilier de la BD franco-belge, un géant du médium.
Si je trouve que Fluide glacial en fait parfois un peu trop sur lui, je reconnais que c'est un personnage qui mérite qu'on s'y intéresse. Sa vie n'est pas non plus une aventure de chaque instant, mais chaque moment permet de comprendre et explorer ce que Gotlib va ensuite mettre dans ses BD. La BD découpe le tout en chapitre, chacun étant conduit par un fil narratif différent, comme par exemple un dialogue avec un personnage de Gotlib. Le tout est présenté avec des allers-retours dans le temps assez bien découpés, thématiques ou temporelles, sans jamais perdre le lecteur.
Et évidemment, la BD est bourrée, partout, de clin d’œil à l’œuvre de Gotlib. On notera des pages présentes dans les cases, mais aussi des clins d’œils aux inspirations, des petits gags ... Ça foisonne, surtout dans les dernières pages, mais c'est plus pour les fans que nécessaire à la compréhension de la BD.
La BD est très bien dessinée et inventive, visuellement riche. C'est le genre de BD qui exploite la biographie pour en faire une vraie BD, intéressante et dynamique, humaine et touchante, sans oublier d'être drôle pour un personnage qui nous aura souvent faire rire. En tant que telle, je trouve que ça donne une très bonne BD, que je ne peux que recommander.
Comme si souvent avec les albums collectifs, le résultat est assez hétéroclite. Les quarante auteurs réunis ici mettent leur talent au service d'une belle cause (la lutte contre le cancer des enfants), mais chacun le fait à sa manière. Certains racontent des histoires mettant en scène de véritables enfants atteints de la maladie, d'autres évoquent plus largement des enfants malades ou fragilisés, tandis que quelques-uns s'éloignent complètement du sujet pour livrer un récit qui cherche simplement à réchauffer le cœur ou à transmettre un message positif. Certains ressortent des personnages déjà bien connus de leur univers, d'autres créent des histoires inédites spécialement pour l'occasion.
Cette diversité fait à la fois la richesse et la limite de l'album. Les styles graphiques changent à chaque histoire, les sensibilités aussi. Certaines planches sont excellentes, aussi bien sur le fond que sur la forme, d'autres sont plus anecdotiques, parfois un peu convenues ou moins inspirées, même si elles sont toujours portées par de bonnes intentions. Chacun y trouvera sans doute ses préférées en fonction de ses goûts.
Au bout du compte, c'est un recueil inégal, comme le sont souvent les ouvrages de ce genre, mais dont la sincérité et la générosité ne font jamais de doute. L'ensemble se lit agréablement, permet de découvrir ou de retrouver de nombreux auteurs, et surtout de soutenir une initiative qui mérite largement d'être encouragée.
Charles-Henri, fils d'un puissant homme d'affaires, rêve de devenir danseur de mambo. Rejeté par son père pour cette ambition jugée ridicule, il entame un voyage complètement improbable qui le mènera à croiser un dieu du mambo, un dirigeable, un tunnelier, une princesse à trois jambes et bien d'autres personnages tout aussi extravagants.
Avec son trait rond, simple et très lisible, l'album possède un certain charme visuel et dégage une poésie indéniable, même si je dois admettre ne pas tellement apprécier la représentation physique du personnage principal. Le reste des personnages et les décors se prêtent bien à cette ambiance de conte étrange, oscillant entre merveilleux, humour absurde et fantaisie.
Dès les premières pages, on comprend que Christian Durieux ne cherche pas à raconter une histoire classique. Son récit accumule les digressions, les changements de décor, les personnages improbables et les idées loufoques, au point de donner parfois l'impression de feuilleter une succession de contes différents plutôt qu'une intrigue unique. Chaque nouvelle étape semble ouvrir une parenthèse qui en entraîne une autre, souvent sans véritable lien apparent avec ce qui précédait.
J'ai eu beaucoup de mal à comprendre où l'auteur voulait en venir. Derrière cette avalanche d'idées, il y a certainement un propos symbolique ou une fable plus profonde sur la différence, l'amour ou la liberté, mais je suis resté trop souvent à distance pour réellement l'apprécier. À plusieurs reprises, j'ai eu l'impression que le récit improvisait au gré de l'imagination de son auteur, sans véritable fil conducteur, ce qui m'a fait décrocher plus d'une fois.
Ce foisonnement permanent d'idées et de détours a fini par prendre le pas sur le récit lui-même. J'aurais eu besoin d'un peu plus de cohérence ou de direction pour rester pleinement impliqué. Une lecture originale mais dont le côté trop absurde, échevelé et volontairement décousu m'a laissé davantage perplexe que véritablement conquis.
Comme d'autres, je plussoie cette BD qui est très bien ! Les deux premiers tomes (semble-t-il toujours orphelins pour l'instant) mettent vite en place les personnages et la situation initiale, rentrant rapidement dans le vif du sujet. Et l'ambiance est vraiment bonne !
L'histoire d'un Paris dévastée par une catastrophe magique, dont l'origine n'est pas encore connue mais qui permet une aventure pleine d'actions avec des flics tentant de faire avec, dans une sorte de post-apocalypse magique, le tout dans un Paris fantastique. Le mélange est surprenant mais plutôt bien trouvé, la magie étant à la fois au centre du récit mais aussi une belle métaphore de la puissance disposée par certains qui sert pour d'autres. Que ce soit une sorte d'énergie, de science ou un mélange des deux, ça donne un aspect politique intéressant au récit, où s'opposent différentes valeurs quant à l'avenir de cette magie et de ce monde.
Niveau scénario on présent Paris comme la capitale mondiale de cette magie, expliquant que le récit se concentre seulement sur cette ville, mais j'avoue que j'aimerais bien voir le cadre étendu dans d'autres tomes. Si autres tomes il y a, la série étant sans nouveauté depuis près de trois ans ....
Le dessin est une force du récit, nerveux et dynamique, faisant la part belle aux scènes d'actions dignes d'un film hollywoodien. Sa colorisation et mise en page fait grandement le travail dans la lisibilité du récit. On est face à la BD divertissement pur jus, un petit plaisir de lecture qui maintient une tension sur deux tomes et qui donne envie de voir la suite. A quand le troisième tome ?
Il est assez amusant de réaliser qu'il s'agit ici d'une double adaptation : cette bande dessinée adapte le film de Marcel Pagnol (ou le roman qu'il en a tiré), lui-même inspiré de la nouvelle Naïs Micoulin d'Émile Zola. Pourtant, je ne m'en serais probablement jamais rendu compte tant les thèmes, les personnages et l'atmosphère respirent le Pagnol. J'y ai simplement trouvé un peu moins de cette gouaille et de cet humour discret qui irriguent ses œuvres les plus célèbres. Le ton est ici plus sérieux, avec une légère dimension dramatique, même si cela reste avant tout une histoire d'amour profondément humaine.
Le dessin de David Ratte épouse d'ailleurs parfaitement cette Provence lumineuse chère à Pagnol. Son trait chaleureux donne beaucoup de vie aux personnages et aux paysages baignés de soleil. Naïs est particulièrement réussie, à la fois lumineuse, attachante et pleine de naturel, tandis que chacun des protagonistes possède une véritable personnalité visuelle.
L'intrigue tient presque du huis clos puisqu'elle repose essentiellement sur quatre personnages. D'un côté, Naïs, amoureuse depuis toujours de Frédéric, le séduisant fils des propriétaires. De l'autre, Toine, le bossu qui aime Naïs en silence, et enfin Micoulin, son père, dont la jalousie maladive le pousse peu à peu vers la violence. C'est essentiellement autour de ce dernier que se construit la dimension dramatique du récit, avec une tension qui flirte parfois avec le polar.
Ce qui m'a surtout plu, c'est que l'histoire évite constamment les clichés. On pourrait croire assister au récit classique de la jeune paysanne séduite puis abandonnée par un riche héritier, ou à celui du bossu condamné à souffrir en silence de son amour impossible. Il n'en est rien. Naïs est parfaitement consciente de la situation et ne nourrit guère d'illusions : elle souhaite simplement vivre cet amour tant qu'il existe, sans reprocher à Frédéric de repartir un jour vers son univers. Celui-ci, qui ne voyait d'abord en elle qu'une conquête de vacances, découvre progressivement une véritable tendresse, puis sans doute un amour sincère. Quant à Toine, il est probablement le plus beau personnage de l'histoire : très vite, il dépasse sa propre peine pour ne rechercher qu'une chose, le bonheur de celle qu'il aime et de son ancien ami. Avec beaucoup d'intelligence, de générosité et même une certaine malice, il devient discrètement le meilleur allié de leur histoire d'amour.
Malgré la menace qui plane tout au long du récit, c'est finalement la bienveillance qui domine. A l'exception d'un dont le cas sera discrètement réglé, les personnages savent écouter, comprendre, renoncer lorsque c'est nécessaire et agir avec une humanité qui fait beaucoup de bien. Cette intelligence des dialogues et des réactions donne au dénouement une tonalité particulièrement optimiste et touchante. Une belle adaptation, portée par un dessin chaleureux et un récit qui, sans renier sa part de drame, préfère faire confiance à la bonté de ses personnages. Et j'aime beaucoup cette vision-là.
Une série relativement originale, mélangeant plusieurs genres. De la SF vaguement uchronique, des super-héros européens, et une volonté évidente de donner au récit un habillage proche de ce que les feuilletonnistes du début du XXème siècle proposaient à leurs lecteurs.
C’est ce qui semble justifier l’apparition des surréalistes – Breton en tête. Je ne suis a priori pas fan de l’utilisation de Breton et du mouvement surréaliste à tort et à travers, surtout pour répéter plusieurs fois en deux pages l’image des « procès » de Breton (et semble-t-il lui-seul) envers ceux qui lui auraient déplu. Une idée fixe et fausse… Autre petit détail qui m’a chiffonné, lorsque Georges Spad (jeune femme centrale dans le récit, ayant été accueillie/recueillie par les surréalistes) affirme vers la fin que Breton lui a prêté de l’argent pour s’en sortir : non pas que je remette en question la générosité de Breton, mais je doute qu’il ait pu le faire, car contrairement à une idée reçue, il ne roulait pas sur l’or (en particulier dans les années 1930).
Bon, d’autres choses m’avaient fait tiquer (erreurs de dates/anachronismes pour des expos ou tracts, ou pour l’utilisation par Breton de l’anagramme Avida Dollars pour nommer Dali), mais les auteurs s’en expliquent dans le gros dossier final de l’intégrale dans laquelle j’ai lu la série. Dont acte.
Au-delà des surréalistes, les auteurs ont multiplié les allusions à de très nombreux auteurs/œuvres littéraires : les auteurs de SF français (dont beaucoup apparaissent même en chair et en os vers la fin), Kafka, etc. Les super héros américains aussi, voire le Blake de Jacobs. Et de multiples allusions au roman gothique ou au cinéma expressionniste allemand, avec en particulier le personnage de Mabuse, qui incarne une allégorie de la montée du nazisme (Hitler n’apparaissant que sur l’extrême fin – et de dos – le récit se finissant de façon glaçante sur l’horreur d’Auschwitz).
Et une foule de scientifiques, surtout la « dynastie » Curie : Marie bien sûr, mais surtout sa fille et son gendre.
Le tout à la fois ancré dans l’Histoire européenne de l’entre-deux guerres (essentiellement les années 1930) et traité comme un feuilleton SF/rétro.
Cette richesse, cette profusion de références, sont la force et une partie de la faiblesse de cette série. En effet, c’est on ne peut plus dense, il faut souvent s’accrocher pour suivre (je n’ai d’ailleurs probablement pas saisi toutes les allusions), on risque parfois l’indigestion. D’ailleurs, toutes ces références (qu’elles soient simples évocations/citations, ou qu’elles s’incarnent au travers de personnages) mettent presque en retrait la « Brigade chimérique », ces personnages aux pouvoirs et à l’aspect étranges. On bascule là aussi vers quelque chose d’allégorique (lutte du Bien contre le Mal), pas toujours facile à cerner.
En tout cas, c’est une lecture qui n’est clairement pas si facile. Mais qui m’a intéressé. La série est originale, ambitieuse. Peut-être trop ? Ou alors aurait-il peut-être fallu « diluer » un peu le matériau de base (alors que la plupart du temps ce genre de dilution est un reproche pour moi), pour rendre plus aisée, fluide, la lecture ?
Je ne sais pas. En tout cas c’est une lecture que je vous recommande. En particulier dans l’intégrale, bel objet, avec un dossier explicatif lui aussi d’une grande richesse, qui montre en tout cas que les auteurs ont bâti leur projet sur des bases extrêmement consistante en matière de références !
Certains de mes prédécesseurs comparent le dessin de Gess à celui de Mignola. Je l’ai trouvé meilleur (même si je n’ai lu que quelques séries de Mignola), même s’il n’est pas excellent, et si certains passages sont un peu « bâclés » (et s’il fera mieux sur ses séries plus récentes : voir les albums développant l’univers des « Contes de la pieuvre »).
Note réelle 3,5/5.
Après plusieurs lecture d'albums d'Emily Carroll, je pense qu'elle est mieux dans les one-shot que dans les histoires courtes. Avec une longue histoire, elle a plus le temps pour bien aborder les thèmes et traiter la psychologique de ses personnages. De plus, ses histoires courtes sont rarement marquantes, du moins celles que j'ai lues.
Dans le lot, seulement la dernière de cet album m'a semblé vraiment bonne. La première est pas mal non plus. Tout ce qui est au milieu est franchement oubliable. On retrouve le défaut récurrent des histoires courtes qui ne semblent pas terminer, on arrête juste brutalement le récit. La principale qualité est le dessin élégant de Carroll qui est un vrai plaisir pour les yeux. Elle sait aussi créer une atmosphère glauque, mais les récits ne sont pas vraiment effrayants. Il faut dire aussi que je trouve que le format BD n'est pas le meilleur medium pour effrayer. J'ai trouvé bien des bandes dessinées glauques, malsaines et dégoutantes, mais j'ai rarement eu vraiment peur en lisant une bd.
C'est un recueil qui se laisse lire.
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Alors que je n’ai toujours pas lu leur précédente collaboration (qui traîne pourtant sur mes étagères, honte à moi), je découvre le travail des auteurs avec ce tome, pas de comparaison donc. Verdict. C’est très bon. C’est léger, instructif et amusant, « sérieux » dans le sujet et loufoque dans le traitement, j’en suis sorti avec le smile. J’ai bien une petite réserve sur la longueur de l’aventure, pour ce que ça raconte vraiment (je me comprends) mais Lupano tient son récit, on ne s’ennuie pas vraiment, emporté par les bons mots, des personnages barrés et surtout une partie graphique qui accompagne parfaitement la farce. J’ai vraiment succombé aux bouilles, au dynamisme du trait et aux couleurs.
Briar - La Rebelle au bois dormant
Une BD qui revisite le conte « la belle au bois dormant ». Un récit dont la narratrice n'est autre que Briar, une princesse plongée dans un sommeil léthargique. Elle n'attend qu'un baiser de son prince charmant pour se réveiller. Son prince viendra, mais pas fou le gars, point de baiser, juste un mariage pour s'octroyer quelques pouvoirs et ainsi guerroyer au nom du roi. Vous l'aurez compris notre jeune princesse va finir par se réveiller après un siècle de sommeil, mais son monde aura changé. Un conte qui commence avec ces quelques mots « J'ai le regret de vous informer que le narrateur de mon conte de fées est mort ». Des fées seront présentes et évidemment, dans le lot, il y aura la méchante de service. Une histoire qui va s'éloigner du conte originel au fur et à mesure que l'intrigue avance. La belle va devenir rebelle. Une réécriture qui nous feras découvrir une princesse ambiguë, des compagnons de route originaux et la violence omniprésente dans les différents royaumes. Une intrigue au rythme soutenu qui m'a accroché malgré le fait qu'elle fasse un peu du surplace (ça tourne en rond par moment). Je suis contrarié pour le côté enfantin qui sévit par moment (et donc des dialogues qui vont avec). Le résultat, c'est une histoire de vengeance qui ne sait pas si elle doit viser un jeune public ou un autre plus mâture. La partie graphique a du charme, elle apporte sa pierre à cet univers médiéval et fantastique. J'ai une préférence pour le tome 1 et le dessin de German Garcia qui sous une apparence "bâclée" est efficace, expressif et tout en finesse. La colorisation nuancée de Matheus Lopes est réussie. Pour le second opus, c'est Alex Lins qui est au crayon. Son dessin est plus classique dans un style dynamique et démonstratif. De même pour les couleurs plus tape à l'œil. Sympathique, sans plus.
Les Lettres de mon Moulin
Cette intégrale des Lettres de mon moulin a été pour moi une triple découverte. D'abord celle du contenu de ces trois fameux "Meilleurs récits du journal Spirou" dont j'avais tant vu les couvertures dans ma jeunesse sans jamais pouvoir les lire. Ensuite celle des très célèbres Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet, dont j'ai énormément entendu parler sans les avoir jamais lues, au point de ne même pas savoir que La Chèvre de Monsieur Seguin, que je récitais pourtant presque par cœur étant plus jeune, en était issue. Enfin, celle d'une facette de Mitteï que j'ignorais complètement. Je ne le connaissais que comme scénariste et je ne m'attendais pas à découvrir un dessinateur aussi proche de l'École de Marcinelle que j'affectionne tant. Les premières pages m'ont même fait croire un instant que je lisais du Walthéry, avec quelques accents de Gos et de Will. Son trait est rond, chaleureux, expressif, baigné de ces couleurs lumineuses qui évoquent immédiatement le Spirou de cette époque. C'est un vrai plaisir à parcourir et cela convient parfaitement aux contes provençaux de Daudet. À partir du deuxième tome, en revanche, le dessin évolue vers un style un peu plus réaliste lorsque Mitteï met davantage en scène Daudet lui-même et ses voyages. Personnellement, j'ai trouvé cette évolution moins séduisante et je préfère largement son approche plus franco-belge à gros nez de ces récits de contes. J'ai ressenti la même chose concernant le contenu. Les adaptations des légendes provençales sont celles qui m'ont le plus plu. Malgré une ambiance souvent très catholique, elles dégagent ce parfum de merveilleux, de traditions populaires et parfois même de conte de Noël qui faisait tout le charme du Spirou d'autrefois. Les récits plus directement consacrés à Daudet, à ses rencontres ou à ses souvenirs de Provence (et un peu de Corse dans le troisième tome) ont un intérêt historique indéniable et permettent de découvrir la vie locale au XIXe siècle, mais ils m'ont moins captivé. J'y ai trouvé un peu trop de conversations, d'anecdotes ou de chroniques locales qui, sans être déplaisantes, peinent davantage à m'embarquer. Je ne regrette absolument pas cette découverte, ne serait-ce que pour son dessin et pour le plaisir de parcourir enfin une oeuvre aussi emblématique du patrimoine franco-belge que de la littérature française. J'espérais toutefois être un peu plus emporté par les récits eux-mêmes, dont seuls les contes les plus poétiques m'ont réellement marqué.
Gotlib - Une vie en Bandessinées
Cette BD parue quelques années après la mort de Gotlib fait un petit tour d'horizon, en BD, de ce que fut la vie du patron de Fluide Glacial, un pilier de la BD franco-belge, un géant du médium. Si je trouve que Fluide glacial en fait parfois un peu trop sur lui, je reconnais que c'est un personnage qui mérite qu'on s'y intéresse. Sa vie n'est pas non plus une aventure de chaque instant, mais chaque moment permet de comprendre et explorer ce que Gotlib va ensuite mettre dans ses BD. La BD découpe le tout en chapitre, chacun étant conduit par un fil narratif différent, comme par exemple un dialogue avec un personnage de Gotlib. Le tout est présenté avec des allers-retours dans le temps assez bien découpés, thématiques ou temporelles, sans jamais perdre le lecteur. Et évidemment, la BD est bourrée, partout, de clin d’œil à l’œuvre de Gotlib. On notera des pages présentes dans les cases, mais aussi des clins d’œils aux inspirations, des petits gags ... Ça foisonne, surtout dans les dernières pages, mais c'est plus pour les fans que nécessaire à la compréhension de la BD. La BD est très bien dessinée et inventive, visuellement riche. C'est le genre de BD qui exploite la biographie pour en faire une vraie BD, intéressante et dynamique, humaine et touchante, sans oublier d'être drôle pour un personnage qui nous aura souvent faire rire. En tant que telle, je trouve que ça donne une très bonne BD, que je ne peux que recommander.
La BD qui fait du bien
Comme si souvent avec les albums collectifs, le résultat est assez hétéroclite. Les quarante auteurs réunis ici mettent leur talent au service d'une belle cause (la lutte contre le cancer des enfants), mais chacun le fait à sa manière. Certains racontent des histoires mettant en scène de véritables enfants atteints de la maladie, d'autres évoquent plus largement des enfants malades ou fragilisés, tandis que quelques-uns s'éloignent complètement du sujet pour livrer un récit qui cherche simplement à réchauffer le cœur ou à transmettre un message positif. Certains ressortent des personnages déjà bien connus de leur univers, d'autres créent des histoires inédites spécialement pour l'occasion. Cette diversité fait à la fois la richesse et la limite de l'album. Les styles graphiques changent à chaque histoire, les sensibilités aussi. Certaines planches sont excellentes, aussi bien sur le fond que sur la forme, d'autres sont plus anecdotiques, parfois un peu convenues ou moins inspirées, même si elles sont toujours portées par de bonnes intentions. Chacun y trouvera sans doute ses préférées en fonction de ses goûts. Au bout du compte, c'est un recueil inégal, comme le sont souvent les ouvrages de ce genre, mais dont la sincérité et la générosité ne font jamais de doute. L'ensemble se lit agréablement, permet de découvrir ou de retrouver de nombreux auteurs, et surtout de soutenir une initiative qui mérite largement d'être encouragée.
Benito Mambo
Charles-Henri, fils d'un puissant homme d'affaires, rêve de devenir danseur de mambo. Rejeté par son père pour cette ambition jugée ridicule, il entame un voyage complètement improbable qui le mènera à croiser un dieu du mambo, un dirigeable, un tunnelier, une princesse à trois jambes et bien d'autres personnages tout aussi extravagants. Avec son trait rond, simple et très lisible, l'album possède un certain charme visuel et dégage une poésie indéniable, même si je dois admettre ne pas tellement apprécier la représentation physique du personnage principal. Le reste des personnages et les décors se prêtent bien à cette ambiance de conte étrange, oscillant entre merveilleux, humour absurde et fantaisie. Dès les premières pages, on comprend que Christian Durieux ne cherche pas à raconter une histoire classique. Son récit accumule les digressions, les changements de décor, les personnages improbables et les idées loufoques, au point de donner parfois l'impression de feuilleter une succession de contes différents plutôt qu'une intrigue unique. Chaque nouvelle étape semble ouvrir une parenthèse qui en entraîne une autre, souvent sans véritable lien apparent avec ce qui précédait. J'ai eu beaucoup de mal à comprendre où l'auteur voulait en venir. Derrière cette avalanche d'idées, il y a certainement un propos symbolique ou une fable plus profonde sur la différence, l'amour ou la liberté, mais je suis resté trop souvent à distance pour réellement l'apprécier. À plusieurs reprises, j'ai eu l'impression que le récit improvisait au gré de l'imagination de son auteur, sans véritable fil conducteur, ce qui m'a fait décrocher plus d'une fois. Ce foisonnement permanent d'idées et de détours a fini par prendre le pas sur le récit lui-même. J'aurais eu besoin d'un peu plus de cohérence ou de direction pour rester pleinement impliqué. Une lecture originale mais dont le côté trop absurde, échevelé et volontairement décousu m'a laissé davantage perplexe que véritablement conquis.
In Memoriam
Comme d'autres, je plussoie cette BD qui est très bien ! Les deux premiers tomes (semble-t-il toujours orphelins pour l'instant) mettent vite en place les personnages et la situation initiale, rentrant rapidement dans le vif du sujet. Et l'ambiance est vraiment bonne ! L'histoire d'un Paris dévastée par une catastrophe magique, dont l'origine n'est pas encore connue mais qui permet une aventure pleine d'actions avec des flics tentant de faire avec, dans une sorte de post-apocalypse magique, le tout dans un Paris fantastique. Le mélange est surprenant mais plutôt bien trouvé, la magie étant à la fois au centre du récit mais aussi une belle métaphore de la puissance disposée par certains qui sert pour d'autres. Que ce soit une sorte d'énergie, de science ou un mélange des deux, ça donne un aspect politique intéressant au récit, où s'opposent différentes valeurs quant à l'avenir de cette magie et de ce monde. Niveau scénario on présent Paris comme la capitale mondiale de cette magie, expliquant que le récit se concentre seulement sur cette ville, mais j'avoue que j'aimerais bien voir le cadre étendu dans d'autres tomes. Si autres tomes il y a, la série étant sans nouveauté depuis près de trois ans .... Le dessin est une force du récit, nerveux et dynamique, faisant la part belle aux scènes d'actions dignes d'un film hollywoodien. Sa colorisation et mise en page fait grandement le travail dans la lisibilité du récit. On est face à la BD divertissement pur jus, un petit plaisir de lecture qui maintient une tension sur deux tomes et qui donne envie de voir la suite. A quand le troisième tome ?
Naïs
Il est assez amusant de réaliser qu'il s'agit ici d'une double adaptation : cette bande dessinée adapte le film de Marcel Pagnol (ou le roman qu'il en a tiré), lui-même inspiré de la nouvelle Naïs Micoulin d'Émile Zola. Pourtant, je ne m'en serais probablement jamais rendu compte tant les thèmes, les personnages et l'atmosphère respirent le Pagnol. J'y ai simplement trouvé un peu moins de cette gouaille et de cet humour discret qui irriguent ses œuvres les plus célèbres. Le ton est ici plus sérieux, avec une légère dimension dramatique, même si cela reste avant tout une histoire d'amour profondément humaine. Le dessin de David Ratte épouse d'ailleurs parfaitement cette Provence lumineuse chère à Pagnol. Son trait chaleureux donne beaucoup de vie aux personnages et aux paysages baignés de soleil. Naïs est particulièrement réussie, à la fois lumineuse, attachante et pleine de naturel, tandis que chacun des protagonistes possède une véritable personnalité visuelle. L'intrigue tient presque du huis clos puisqu'elle repose essentiellement sur quatre personnages. D'un côté, Naïs, amoureuse depuis toujours de Frédéric, le séduisant fils des propriétaires. De l'autre, Toine, le bossu qui aime Naïs en silence, et enfin Micoulin, son père, dont la jalousie maladive le pousse peu à peu vers la violence. C'est essentiellement autour de ce dernier que se construit la dimension dramatique du récit, avec une tension qui flirte parfois avec le polar. Ce qui m'a surtout plu, c'est que l'histoire évite constamment les clichés. On pourrait croire assister au récit classique de la jeune paysanne séduite puis abandonnée par un riche héritier, ou à celui du bossu condamné à souffrir en silence de son amour impossible. Il n'en est rien. Naïs est parfaitement consciente de la situation et ne nourrit guère d'illusions : elle souhaite simplement vivre cet amour tant qu'il existe, sans reprocher à Frédéric de repartir un jour vers son univers. Celui-ci, qui ne voyait d'abord en elle qu'une conquête de vacances, découvre progressivement une véritable tendresse, puis sans doute un amour sincère. Quant à Toine, il est probablement le plus beau personnage de l'histoire : très vite, il dépasse sa propre peine pour ne rechercher qu'une chose, le bonheur de celle qu'il aime et de son ancien ami. Avec beaucoup d'intelligence, de générosité et même une certaine malice, il devient discrètement le meilleur allié de leur histoire d'amour. Malgré la menace qui plane tout au long du récit, c'est finalement la bienveillance qui domine. A l'exception d'un dont le cas sera discrètement réglé, les personnages savent écouter, comprendre, renoncer lorsque c'est nécessaire et agir avec une humanité qui fait beaucoup de bien. Cette intelligence des dialogues et des réactions donne au dénouement une tonalité particulièrement optimiste et touchante. Une belle adaptation, portée par un dessin chaleureux et un récit qui, sans renier sa part de drame, préfère faire confiance à la bonté de ses personnages. Et j'aime beaucoup cette vision-là.
La Brigade Chimérique
Une série relativement originale, mélangeant plusieurs genres. De la SF vaguement uchronique, des super-héros européens, et une volonté évidente de donner au récit un habillage proche de ce que les feuilletonnistes du début du XXème siècle proposaient à leurs lecteurs. C’est ce qui semble justifier l’apparition des surréalistes – Breton en tête. Je ne suis a priori pas fan de l’utilisation de Breton et du mouvement surréaliste à tort et à travers, surtout pour répéter plusieurs fois en deux pages l’image des « procès » de Breton (et semble-t-il lui-seul) envers ceux qui lui auraient déplu. Une idée fixe et fausse… Autre petit détail qui m’a chiffonné, lorsque Georges Spad (jeune femme centrale dans le récit, ayant été accueillie/recueillie par les surréalistes) affirme vers la fin que Breton lui a prêté de l’argent pour s’en sortir : non pas que je remette en question la générosité de Breton, mais je doute qu’il ait pu le faire, car contrairement à une idée reçue, il ne roulait pas sur l’or (en particulier dans les années 1930). Bon, d’autres choses m’avaient fait tiquer (erreurs de dates/anachronismes pour des expos ou tracts, ou pour l’utilisation par Breton de l’anagramme Avida Dollars pour nommer Dali), mais les auteurs s’en expliquent dans le gros dossier final de l’intégrale dans laquelle j’ai lu la série. Dont acte. Au-delà des surréalistes, les auteurs ont multiplié les allusions à de très nombreux auteurs/œuvres littéraires : les auteurs de SF français (dont beaucoup apparaissent même en chair et en os vers la fin), Kafka, etc. Les super héros américains aussi, voire le Blake de Jacobs. Et de multiples allusions au roman gothique ou au cinéma expressionniste allemand, avec en particulier le personnage de Mabuse, qui incarne une allégorie de la montée du nazisme (Hitler n’apparaissant que sur l’extrême fin – et de dos – le récit se finissant de façon glaçante sur l’horreur d’Auschwitz). Et une foule de scientifiques, surtout la « dynastie » Curie : Marie bien sûr, mais surtout sa fille et son gendre. Le tout à la fois ancré dans l’Histoire européenne de l’entre-deux guerres (essentiellement les années 1930) et traité comme un feuilleton SF/rétro. Cette richesse, cette profusion de références, sont la force et une partie de la faiblesse de cette série. En effet, c’est on ne peut plus dense, il faut souvent s’accrocher pour suivre (je n’ai d’ailleurs probablement pas saisi toutes les allusions), on risque parfois l’indigestion. D’ailleurs, toutes ces références (qu’elles soient simples évocations/citations, ou qu’elles s’incarnent au travers de personnages) mettent presque en retrait la « Brigade chimérique », ces personnages aux pouvoirs et à l’aspect étranges. On bascule là aussi vers quelque chose d’allégorique (lutte du Bien contre le Mal), pas toujours facile à cerner. En tout cas, c’est une lecture qui n’est clairement pas si facile. Mais qui m’a intéressé. La série est originale, ambitieuse. Peut-être trop ? Ou alors aurait-il peut-être fallu « diluer » un peu le matériau de base (alors que la plupart du temps ce genre de dilution est un reproche pour moi), pour rendre plus aisée, fluide, la lecture ? Je ne sais pas. En tout cas c’est une lecture que je vous recommande. En particulier dans l’intégrale, bel objet, avec un dossier explicatif lui aussi d’une grande richesse, qui montre en tout cas que les auteurs ont bâti leur projet sur des bases extrêmement consistante en matière de références ! Certains de mes prédécesseurs comparent le dessin de Gess à celui de Mignola. Je l’ai trouvé meilleur (même si je n’ai lu que quelques séries de Mignola), même s’il n’est pas excellent, et si certains passages sont un peu « bâclés » (et s’il fera mieux sur ses séries plus récentes : voir les albums développant l’univers des « Contes de la pieuvre »). Note réelle 3,5/5.
Dans les bois
Après plusieurs lecture d'albums d'Emily Carroll, je pense qu'elle est mieux dans les one-shot que dans les histoires courtes. Avec une longue histoire, elle a plus le temps pour bien aborder les thèmes et traiter la psychologique de ses personnages. De plus, ses histoires courtes sont rarement marquantes, du moins celles que j'ai lues. Dans le lot, seulement la dernière de cet album m'a semblé vraiment bonne. La première est pas mal non plus. Tout ce qui est au milieu est franchement oubliable. On retrouve le défaut récurrent des histoires courtes qui ne semblent pas terminer, on arrête juste brutalement le récit. La principale qualité est le dessin élégant de Carroll qui est un vrai plaisir pour les yeux. Elle sait aussi créer une atmosphère glauque, mais les récits ne sont pas vraiment effrayants. Il faut dire aussi que je trouve que le format BD n'est pas le meilleur medium pour effrayer. J'ai trouvé bien des bandes dessinées glauques, malsaines et dégoutantes, mais j'ai rarement eu vraiment peur en lisant une bd. C'est un recueil qui se laisse lire.