Les derniers avis (51 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série

Je ne connaissais rien de Ed Gein avant ma lecture et j'en ressors groggy. On va suivre son parcours, de son enfance à son procès. Harold Schechter, spécialiste des tueurs en série, a fait un travail de fourmi pour recouper les articles de presse, les diverses archives, les témoignages et les rapports psychiatriques, pour pénétrer sa psyché tourmentée. Et le résultat est stupéfiant. Une lecture dure, âpre avec des passages insoutenables, pas visuellement mais dans les mots. On ne naît pas sérial killer, on le devient et dans le cas de Ed, c'est le terreau familial avec un père alcoolique et surtout une mère qui baigne dans la religion qui feront de lui un détraqué. J'ai été happé dès les premières planches, je me suis attaché à ce jeune enfant qui ne voulait rien d'autre que d'être comme tout le monde, avant de le voir doucement mais sûrement basculer dans la folie. Un récit sans concessions, fort et irrespirable. Éric Powell a choisi toutes les nuances de gris pour la partie graphique et cela convient parfaitement à ce type d'histoire, rien de tel pour nous plonger dans le Wisconsin des années 50/60. Un trait puissant où les expressions des personnages sont le point fort. Ed Gein aura marqué au fer rouge une Amérique qui découvre que l'ennemi peut être aussi en son sein. Pour lecteurs avertis.

16/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Coeur de pierre
Coeur de pierre

Une jolie surprise que ce conte. Un triangle amoureux entre un garçon au cœur de pierre, une jeune fille au cœur d'artichaut et un autre garçon au cœur d'or. Une histoire triste et touchante. Une narration où la voix off du conteur, sous forme de poésie noire, m'a pris aux tripes. Sous cette noirceur la lumière jaillera, elle fera néanmoins un dommage collatéral. Un récit tout en subtilité et sensibilité qui interpelle sur ce merveilleux sentiment : l'amour. Une lecture rapide du fait de sa faible pagination, 29 planches. Un dessin soigné dans un style enfantin où chaque personnage a ses propres couleurs qui les suivent. Du très beau travail. Une fable pour les petits et les grands. Note réelle : 3,5.

16/05/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Ours de Ceausescu
L'Ours de Ceausescu

Depuis une dizaine d'années et plein d'albums, Aurélien Ducoudray s'est fait une solide réputation, celle d'un auteur au regard acéré sur différentes sociétés, mais aussi d'un potentiel comique qui fait grincer des dents. Ce nouvel album ne déroge par à cet adage, puisqu'il raconte, par le petit bout de la lorgnette, un évènement majeur de l'Histoire européenne de la fin du XXème siècle, à savoir la fin de règne de Nicolae Ceausescu. Et en effet c'est raconté d'une manière tout à fait surprenante ; nous avons sept citoyens lambda, dont on nous montre un bout de vie, et surtout l'épisode qui a pu les amener à être "choisis", se retrouver réunis dans un commissariat roumain, et laissé dans la plus complète ignorance des projets formés pour eux, jusqu'au dernier moment. On ne voit rien, ou presque, venir, jusqu'à cette révélation, qui donne un tout autre relief à leurs histoires individuelles. Ajoutez à cela l'ours(e) du titre, et vous avez une sorte de parabole socio-historique assez brillante sur la Roumanie des années 1980. C'est fin, osé, et cruellement drôle. Le petit point faible est pour moi le dessin de Gaël Henry, que je trouve immature, informe, mais c'est vrai que quelque part, ça se justifie par l'ambiance roumaine de l'époque, où tout était gris, vain, étouffé... Une bonne lecture, intelligente et drôle.

16/05/2022 (modifier)
Couverture de la série New York trilogie (Big City)
New York trilogie (Big City)

Premier tome de la trilogie New York, la ville (Big city) n'est pas un véritable récit. Will Eisner nous propose, à la place d'une histoire scénarisée et construite, une succession de clichés quasi photographiques sur la ville de son quotidien. C'est le fruit de nombreuses années d'observations sur ce qui fait la spécificité de NY mais aussi ce que l'on peut retrouver dans toutes les villes du monde. Eisner est à son meilleur (comme d'habitude) au niveau graphique ce qui élève la moindre poubelle dessinée au rang d'oeuvre d'art. Il reste maître du mouvement et des éclairages. Eisner s'essaye à plus avec le bruit ou l'odeur. Quelques planches sont caustiques voire dramatiques ce qui nous rappelle que cet océan de richesse ne profite pas à tous. Pas de personnage sur lequel porter durablement notre empathie, c'est plutôt un carnet de promenade au sein de sa ville chérie qui met en valeur son exceptionnel talent graphique.

16/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Spirite
Spirite

Deux tomes sur quatre sont parus à ce jour et je n'arrive pas encore à me forger une opinion claire sur cette série. Elle se déroule dans des années 30 imaginaires, teintées d'une petite dose de Steampunk, et où le spiritisme a une réelle influence, allant même jusqu'à permettre la création de machines alimentées par le pouvoir des âmes des fantômes. Les trois héros, un jeune scientifique du spiritisme, une journaliste et une aviatrice, sont confrontés à un dangereux fantôme bien concret aux allures de grand méchant de James Bond qui menace le monde depuis son dirigeable géant avec des robots fantômes à sa solde. Charge aux héros de découvrir les vrais motivations de leur ennemi et lever le voile sur le mystère de ce qu'il s'est passé une vingtaine d'années plus tôt pour entrainer ces désirs de vengeance entre fantômes. C'est une série d'aventure et d'action, sur fond de fantastique et de science-fiction. C'est un divertissement plutôt rythmé et sympathique. Le dessin est agréable, quoique parfois un peu léger en termes de décors, avec ça et là des allures d'animation Disney un peu cheap. Je ne suis pas très fan. Quant à l'intrigue, elle souffle le chaud et le froid. J'aime bien l'originalité de son concept, son décor et ses protagonistes. Toutefois, elle inclut aussi quelques facilités et autres raccourcis scénaristiques qui semblent l'adresser davantage à des lecteurs adolescents qu'adultes. Là encore, il y a un petit côté cheap qui n'arrive pas à me séduire. On se laisse toutefois assez bien porter par le récit qui est un bon divertissement et je lirai sans doute la suite.

16/05/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Astronef pirate
L'Astronef pirate

C’est une œuvre de jeunesse de Guido Crepax. En effet, la première édition italienne date de 1968. Il commençait alors tout juste à publier Valentina, et cherchait sans doute encore son style. Pas forcément graphique – quoi que, mais surtout au niveau des thèmes et de leur traitement. Ainsi, rien ici d’érotique, et les rares femmes présentes ne sont pas érotisées – pas de combinaison spatiale hyper moulante comme la Sally Forth de Wood ! Et donc on a une histoire SF assez foutraque, avec une intrigue qui sent parfois l’improvisation. Et qui mélange pas mal de sources d’inspiration. Les ancêtres américains pour certaines parties SF (Flash Gordon par exemple). Mais aussi un design et des costumes directement inspiré des chevaliers du XVème siècle, ou des spadassins du siècle suivant, les armures devenant combinaisons spatiales. Ce mélange esthétique est assez agréable à l’œil, même s'il écarte du coup l’histoire d’une certaine crédibilité. Il lui donne par contre un côté amusant, kitsch, pas désagréable. De plus, un certain nombre de planches sont clairement marquées par une esthétique psychédélique et pop, avec des arrondis, des décors distordus : aspect surtout sensible dans la deuxième moitié de l’album. Même en Noir et Blanc cet aspect est visible – et la couverture, en couleurs elle, le confirme. L’aspect foutraque est accentué par une accumulation de termes pseudos scientifiques (certains dialogues en sont parfois trop surchargés), de noms faisant références à des personnages de différentes époques. Comme d’autres œuvres du genre des années 1960-1970 (de Pichard ou de Forest par exemple), il se dégage une ambiance poétique de la naïveté de l’intrigue et de certains épisodes. C’est en tout cas une curiosité, qui ne manquera pas de surprendre les amateurs de Crepax – ceux qui ne jurent que par les dessins érotiques léchés qui ont fait ensuite sa renommée en sortiront frustrés. A noter que Crepax fera une allusion à l'univers de L'Astronef pirate dans un album de sa série Valentina ("Valentina Pirate"). Note réelle 2,5/5.

16/05/2022 (modifier)
Couverture de la série
"Ginette, Martine, Josianne...

Il n’y a pas vraiment d’histoire dans cet album, qui nous présente, sur une courte période, quelques personnages, qui se croisent, dans la rue et surtout dans un café, trainant leur mal être. Peu à peu ces bribes de vie se mélangent, comme si le décor enfin assemblé prenait vie et devenait lui-même un personnage. Je ne sais pas où Bézian voulait en venir, mais il réussit quand même avec l’assemblage de ces tranches de vie, à nous présenter un récit intéressant, qu’il conclut brutalement – dans tous les sens du terme. J’ai bien aimé son dessin, qui joue très bien d’un Noir et Blanc assez tranché. Bézian en était à ses débuts (c'est je crois son premier album personnel), et ses personnages n’ont pas encore des visages aux traits un peu anguleux, son dessin changera par la suite. Une petite curiosité, pour amateurs de romans graphiques d’ambiance.

16/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Curriculum BD
Curriculum BD

Cet album est un recueil d’histoires courtes, qui sont sans doute les premiers travaux publiés par Annie Goetzinger dans diverses revues, seule ou aidée au scénario (voir fiche de l’album pour plus de détails). Forcément l’ensemble est très hétéroclite, étant données les scénaristes différents, et relativement frustrant, la plupart des histoires étant vraiment courtes. Inégal donc, mais aussi globalement décevant. Seules quelques histoires m’ont réellement intéressé et convaincu. Surtout la dernière, Xacooma, dont le scénario est signé de Lob, avec une chute vraiment bien fichue (en plus c’est une des plus longues !). D’autres histoires possèdent des qualités (dont, une fois n’est pas coutume, une histoire scénarisée par Goetzinger elle-même – il est vrai que j’ai rarement été convaincue par son travail de scénariste – avec une chute amusante), ou une histoire usant d’un fantastique et d’un mystère léger, sur une idée de Giraud. L’histoire intitulée Edelweiss est surprenante (je n’ai rien compris à ces trois pages où l’on passe de façon abrupte d’une nuit d’amour à un assassinat dans un camp de concentration ?). C’est un album qui intéressera avant tout les amateurs complétistes de Goetzinger. Car pour le coup ce recueil est intéressant, montrant ses hésitations au niveau de son style graphique. Un trait assez gras dans les premières histoires (avec quelques couleurs parfois psychédéliques, époque aidant), puis qui s’affirme et s’affine au fur et à mesure, pour se rapprocher enfin du style classique, fin et un peu figé qui sera le sien pour la plupart de ses futures publications. Note réelle 2,5/5.

16/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Pays des Purs
Le Pays des Purs

J'ai été captivé par ce reportage/témoignage du travail de la photographe Sarah Caron. Le Pays des Purs nous rapporte son travail durant les quelques semaines où elle se trouvait au Pakistan fin 2008. Le récit mélange témoignage et reportage d'une période courte mais au combien intense. Par opportunité et grâce à son professionnalisme madame Caron va pouvoir être la témoin d'un "Flash-Protest", interviewer Benazir Butto, être enfermée 4 jours avec l'ex-première ministre et son entourage, pénétrer la zone tribale interdite des Talibans et se retrouver au milieu des manifestants à la mort de Butto. C'est le côté reportage qui est magnifié par le témoignage vécu. En effet les actes posés s'inscrivent dans la vraie vie où son statut d'étrangère, de femme et de journaliste occidentale peuvent lui valoir l'angoisse de la prison, du kidnapping voire de l'exécution au coin d'une rue. C'est très bien exprimé en plusieurs points du récit. D'autre part, l'auteure ne cache pas les très belles rencontres sans lesquelles rien n'aurait été possible. Hubert Maury connait très bien le pays, ce qui lui permet d'être raccord avec l'histoire de Sarah. Son récit est assez didactique avec des explications sur l'hospitalité et ses limites qui sont vraiment fluides et importantes pour comprendre le pourquoi des actes des uns et des autres. Les auteurs sont sans concession pour la caste politique souvent corrompue, Butto comprise, et montrent le regard déformé des occidentaux loin des réalités d'un peuple dégoûté. Il y a quelques passages très fins et amusants qui montrent la puissance d'une photo pour renforcer ou décrédibiliser le discours d'une personne politique. L'ouvrage commence avec quelques photos de Sarah Caron prises à ces moments. Le dessin en bichromie est de type reportage qui met l'accent sur le dynamisme de l'action et les sentiments des intervenants. Les enchaînements sont bien pensés et la lecture est très fluide. Aucun besoin d'être un spécialiste pour comprendre immédiatement. La conclusion du récit est sans illusion ce qui montre que le reportage avait peu de chance de modifier les choses. Une lecture plaisante toujours d'actualité tellement cette partie du monde influence la politique internationale pour longtemps.

16/05/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 3/5
Couverture de la série Le Masque aux mille larmes
Le Masque aux mille larmes

J'avais vraiment bien aimé le premier tome, des personnages et une histoire assez sympathique. Mais malheureusement, j'ai beaucoup moins apprécié le second et dernier tome. En fait il se passe nettement moins de choses, les personnages restent sur un même lieu en attendant la fin. La fin qui est en rupture de ton totale par rapport au reste de l'histoire et que personnellement je n'ai pas tellement apprécié. Après avoir bouclé la série, je m'aperçois également que le contexte de Japon médiéval (fantastique), ce qui m'a attiré sur cette série, n'est finalement pas tellement exploité. La même histoire aurait très bien pu être racontée dans une Europe médiévale fantastique en changeant les costumes et les décors. Dommage. Pour finir sur une note positive, j'ai vraiment bien aimé les dessins, très détaillés, avec des visages expressifs sans être caricaturaux.

16/05/2022 (modifier)