Les derniers avis (57 avis)

Couverture de la série Une Soeur
Une Soeur

Une très bonne BD pour ados comme pour adultes. Tout est exécuté avec beaucoup de finesse : le scénario, les dialogues, mais aussi le dessin. Vivès restitue particulièrement bien cette brume adolescente, nappée de questionnements, de découvertes, de gêne et d’émotions parfois difficiles à nommer. Personnellement, j’y ai retrouvé avec beaucoup de justesse certains sentiments de ma propre préadolescence. L’aspect sexuel est cru, mais il est pleinement assumé et m’a semblé plutôt réaliste dans ce qu’il raconte de cet âge-là. Je n’y ai donc pas vu de problème particulier, d’autant que cela s’intègre naturellement au reste du récit plutôt que de chercher la provocation. Le dessin est assez particulier, mais fonctionne très bien avec l’ensemble. Il a quelque chose de très rond, nébuleux, presque cotonneux, qui colle parfaitement à cette période flottante entre enfance et adolescence. La palette de gris et de brun est un choix assez audacieux, mais clairement payant.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Dans le silence de ton regard
Dans le silence de ton regard

Je n’ai pas vraiment compris où cette histoire voulait en venir, ni ce qu’elle cherchait à raconter au-delà de son point de départ assez convenu. L’amour de jeunesse qui ressurgit pour chambouler une petite vie bien rangée avec femme et enfants, pourquoi pas, mais pour que ça fonctionne il faut généralement un twist, un supplément, une friandise qui donne un peu de saveur à l’ensemble. Ici, à part des corps de femmes nues très généreusement dessinés, c’est maigre. Le récit avance un peu sans queue ni tête et je suis resté assez indifférent aux états d’âme des personnages. Le dessin relève quelque peu l’ensemble. Il est plutôt réussi et donne une jolie place aux corps (même si c'est parfois un peu exagéré), aux ébats et à la passion, ce qui correspond finalement assez bien au sujet. Mais aussi agréable soit-il, il ne suffit pas à donner au récit la profondeur ou l’intérêt qui m’ont manqué.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Princes d'Arclan
Les Princes d'Arclan

Une bonne BD de fantasy, qui rappelle un peu Gagner la Guerre dans son approche, mais en nettement plus brouillon. On reste sur un récit assez classique, avec plusieurs personnages aux aspirations différentes dont les trajectoires finissent par se croiser, sur fond d’intrigues politiques, d’aventure et de mystère. L’ensemble est plutôt bien construit et de qualité, mais sans vraiment rester dans les mémoires. La principale réussite vient des personnages, suffisamment différenciés pour donner du relief au récit. La construction générale de l'oeuvre fonctionne bien dans l’ensemble, même si on peine parfois à s’y retrouver et que quelques incohérences ou zones laissées inexpliquées prétéritent un peu la fluidité de l’histoire. C’est surtout au niveau du dessin que le bât blesse. On retrouve tous les codes graphiques de la fantasy, mais pas vraiment le niveau d’exécution attendu : certaines planches paraissent brouillonnes, les couleurs sont parfois assez fades et les proportions pas toujours totalement maîtrisées. Au final, c’est une bonne lecture, avec de vraies qualités, mais qui donne un peu l’impression d’un projet étudiant de qualité : prometteur, sérieux, parfois très réussi, mais pas complètement abouti.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Son of a gun!
Son of a gun!

C’est pas mal, mais c’est pas brillant. Son of a Gun est une BD ludique, facile à lire et franchement fun, avec un rythme efficace et un ton décalé qui fonctionne bien. Le problème, c’est qu’à mes yeux l’ensemble reste presque trop léger. Je n’y ai pas vraiment trouvé la satire intelligente du western que j’espérais, mais davantage une BD ado humoristique qui joue avec les codes du genre sans aller beaucoup plus loin. Ça se lit donc avec plaisir, sans ennui, mais sans laisser beaucoup de traces non plus. Les situations et les personnages font le boulot sur le moment, puis s’effacent assez vite une fois l’album refermé. C’est vraiment sympa à lire, mais clairement pas quelque chose qui me restera en mémoire. Le dessin n’est pas non plus ma tasse de thé. Il est cohérent avec le côté humoristique et caricatural du récit, et fonctionne bien dans ce registre, mais ce n’est simplement pas le type de trait que je préfère.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Une famille en guerre
Une famille en guerre

Une bonne BD historique, portée par un contexte alsacien particulièrement intéressant. La construction fonctionne bien, avec une trame au présent qui permet de remonter progressivement dans le passé. L'univers viticole apporte aussi une vraie matière au récit et évite que la série ne se résume à une simple chronique de guerre. Ce qui fait réellement sa force, ce sont surtout les dilemmes entre collaboration et résistance, mais plus encore la question de l'identité alsacienne, prise entre deux pays et deux cultures. Le choix de suivre différents membres d'une même famille permet de multiplier les points de vue et les aspirations sans tomber dans une opposition trop simpliste. L'ensemble est bien construit et les personnages servent efficacement cette complexité. Le dessin est de qualité tout au long de la série et accompagne très bien le récit. Au final, c'est une œuvre solide et très agréable à lire, mais peut-être un peu timide : elle fait beaucoup de choses bien sans jamais vraiment prendre le risque ou trouver la force qui la rendrait marquante.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Assassin Royal
L'Assassin Royal

Pour avoir dévoré les tomes de Robin Hobb, je ne vais pas m’étendre sur le fond de l’histoire, que je trouve brillante. L’intérêt était surtout de voir comment une œuvre aussi dense, riche et complète pouvait être transposée en bande dessinée, et l’exercice est plutôt réussi. Forcément, il faut condenser énormément, mais l’adaptation conserve suffisamment bien l’univers, les personnages et les grandes dynamiques du récit pour ne jamais donner l’impression de trahir l’œuvre originale. Je suis un peu moins convaincu par le dessin, que je trouve parfois caricatural et un peu vieillot. J’aurais apprécié une approche plus dynamique, avec une identité graphique davantage tournée vers la fantasy. Cela reste malgré tout très agréable de mettre enfin des images et des couleurs sur un récit que l’on connaît déjà, et surtout je n’ai jamais eu le sentiment que les choix graphiques étaient réellement à côté de l’univers imaginé par Robin Hobb. Une adaptation solide d’une œuvre particulièrement difficile à condenser, qui vaut surtout pour le plaisir de retrouver Fitz et les Six-Duchés sous une autre forme.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Hyver 1709
Hyver 1709

Le choix de s'intéresser spécifiquement au terrible hiver de 1709 est probablement ce qui fait le principal intérêt de la série. Le contexte historique est bien exploité, entre famine, fortes inégalités de richesse et tensions religieuses, et donne une vraie consistance au récit. Au-delà de ça, rien de bien fou : on reste sur une bonne aventure historique, agréable à suivre et correctement construite. L'intrigue fonctionne bien, les personnages ont chacun leur petite personnalité, mais ni les uns ni l'autre ne sont vraiment transcendants. C'est solide, sans jamais devenir particulièrement marquant. C'est surtout le dessin qui m'avait donné envie de découvrir la série, et sur ce point je n'ai pas été déçu. Le trait très réaliste est de qualité et convient parfaitement à cette reconstitution historique. Une bonne lecture donc, principalement portée par son contexte et son dessin, mais qui manque d'un petit quelque chose pour réellement sortir du lot.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Échecs
Échecs

Une BD sur l’humain, tout simplement. La construction est assez classique : plusieurs vies, plusieurs trajectoires qui finissent par se croiser plus ou moins directement, avec le jeu d’échecs comme métaphore en toile de fond. Rien de révolutionnaire donc, mais l’ensemble est vraiment bien exécuté. Les personnages ont justement ce côté réaliste, presque « monsieur tout le monde », qui les rend faciles à suivre et attachants sans avoir besoin d’en faire trop. J’ai particulièrement apprécié le ton feel-good de l’ensemble. Ça fait du bien, sans tomber pour autant dans quelque chose de trop naïf ou artificiel. La mécanique du récit est maîtrisée, les différentes histoires s’articulent naturellement et, même si l’auteur ne prend pas énormément de risques, ce n’est pas vraiment ce qu’on demande à ce type de BD. Côté dessin, rien à redire non plus. Il accompagne très bien le récit, avec quelques petites touches empruntées au roman graphique ou au web qui apportent un peu de jeunesse et de dynamisme à l’ensemble. Une lecture simple dans son principe, mais très bien construite et particulièrement agréable.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Virgile
Virgile

Gros coup de cœur. Virgile parle de l’humain dans toute sa complexité, avec une subtilité assez remarquable. Malgré la gravité des sujets abordés, Zidrou garde constamment une forme d’humour et de légèreté qui empêche le récit de devenir pesant. Et c’est sans doute là que se trouve le véritable brio de l’œuvre : ce n’est finalement pas tant une histoire sur la mort ou la fin de vie qu’une histoire sur la vie. La tétraplégie permet notamment d’aborder de manière très concrète ce décalage étrange entre le corps et l’esprit : vivre dans une machine cassée sans l’être soi-même dans sa tête. Le sujet est dur, mais traité sans pathos inutile. Autour de Virgile, les personnages sont tous remarquablement construits. Chacun possède ses facettes, ses failles, son humanité, et surtout chacun apporte réellement quelque chose au récit. Le dessin de Lucy Mazel accompagne parfaitement cette approche. Il est beau, doux et presque mélodieux, avec une sensibilité qui ne cherche jamais à prendre le dessus sur le récit mais vient au contraire le prolonger et le sublimer. Une œuvre profondément humaine, légère sans être superficielle et émouvante sans jamais forcer l’émotion.

12/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Cahier bleu
Le Cahier bleu

J’ai bien aimé Le Cahier bleu, avant tout pour son scénario. Le récit se situe quelque part entre la romance et le roman policier, avec une intrigue qui se construit progressivement autour de plusieurs personnages dont les trajectoires finissent par s’entremêler de manière assez habile. On se laisse rapidement prendre au jeu et les rebondissements fonctionnent bien, même si certains ressorts sont parfois un peu tirés par les cheveux. L’ensemble reste néanmoins très cohérent. Les deux tomes se valent à mon sens, notamment dans leur structure et dans cette manière de faire intervenir plusieurs protagonistes au sein d’une même intrigue très intriquée. Les personnages sont plutôt attachants, mais ce sont surtout la construction du récit et la façon dont les différentes pièces finissent par s’emboîter qui restent en mémoire. Le dessin de Juillard est indéniablement beau et maîtrisé, mais il m’a paru un peu vieillot. Je suis sans doute mal habitué (et mon âge me trahit peut-être...) mais c’est clairement l’aspect qui m’a le moins séduit dans une œuvre dont l’intrigue reste, pour moi, la véritable réussite.

12/08/2026 (modifier)