Nada

Note: 2.83/5
(2.83/5 pour 6 avis)

Ils sont six : Épaulard, l'expert vieillissant ; D'Arcy, l'alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le caméléon aux identités multiples ; Treuffais, le prof de philo désabusé ; le jeune Meyer, dont la femme folle finira bien par le tuer un de ces quatre ; et Cash, la putain auto-proclamée à l'intelligence troublante. Des profils aussi disparates que leurs passés respectifs. Pourtant, ensemble, ces paumés d'extrême gauche formeront le groupe « Nada ». Leur premier coup d'éclat : enlever l'ambassadeur américain, en visite discrète dans une maison close parisienne.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Adaptations de romans en BD Paris Région parisienne

Ils sont six : Épaulard, l'expert vieillissant ; D'Arcy, l'alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le caméléon aux identités multiples ; Treuffais, le prof de philo désabusé ; le jeune Meyer, dont la femme folle finira bien par le tuer un de ces quatre ; et Cash, la putain auto-proclamée à l'intelligence troublante. Des profils aussi disparates que leurs passés respectifs. Pourtant, ensemble, ces paumés d'extrême gauche formeront le groupe « Nada ». Leur premier coup d'éclat : enlever l'ambassadeur américain, en visite discrète dans une maison close parisienne. Une opération aussi risquée exige audace et maîtrise. Mais si le gang de marginaux l'exécute sans coup férir, la suite ne sera pas si simple. Chargé de l'affaire, le rusé commissaire Goémond va mener une sanglante traque aux "anarchistes"... Entre morts inutiles, dégâts collatéraux et pressions politiques, les membres du groupe « Nada » s'apprêtent à passer les plus longues heures de leur existence... Avant quelle fin ? Chef-d’œuvre du néo-polar écrit en 1972 par Jean-Patrick Manchette, puis adapté au cinéma par Claude Chabrol, « Nada » dessine les trajectoires écorchées d'une poignée de desperados révoltés.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Octobre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Nada © Dupuis 2018
Les notes
Note: 2.83/5
(2.83/5 pour 6 avis)
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04/10/2018 | Ro
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Par gruizzli
Note: 2/5
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Ah oui, non, là j'ai pas franchement aimé le récit. C'est imputable à deux soucis : déjà j'ai eu du mal avec l'adaptation, et ensuite j'ai eu du mal avec le type de récit. L'adaptation de livre en BD souffre souvent d'un défaut que j'ai déjà repéré sur d'autres lectures : la volonté de reprendre la narration du livre. Hors si les deux médias (BD et livres) sont souvent identifiés comme proche, j'estime qu'ils sont fondamentalement différents sur la forme. La BD est une narration visuelle, le livre est une narration narrative. Lorsqu'on décrit dans un livre, c'est le choix du mot, de la phrase, du rythme qui crée la fluidité et le plaisir de lecture. Dans une BD, c'est le dessin, son arrangement, sa façon de rythmer la page, les temps de narration par phylactère qui ponctuent l'action. Bref, c'est une façon tout à fait différente de traiter le média, et cela n'empêche pas la BD d'être bavarde (je pense à la série Le Tueur qui comprend de long monologues dudit tueur). Mais ici, je vois et je sens que le texte est celui du livre, de l'auteur d'origine. Sauf que si je veux ce texte, je peux aller voir le livre. Là, j'ai une BD et je trouve que commencer directement par cette voix-off omnisciente qui n'est ni la voix d'un protagoniste ni un descriptif, mais bien la narration de l'auteur, manque clairement d'intérêt pour moi. La lecture devient celle d'un texte de livre mis en image, parfois en dialogue. Mais j'ai passé une bonne partie du début de la BD à me dire que j'aurais aimé voir ce texte réellement adapté. C'est dommage puisque la BD en elle-même pose une ambiance avec son dessin de bas-fonds parisien, de tripot paumé et de gueules abimés. Ce dessin aurait mérité d'être développé plus et d'être le vrai support de la narration. C'est un défaut formel à mes yeux, et ça m'a agacé plus qu'autre chose lors de ma lecture. L'autre souci, donc, c'est que le contenu de la lecture est très typé polar noir et que j'étais pas franchement convaincu. Le milieu militant anarchiste, gauche revendicatrice et révolutionnaire, l'ambiance de fin de conviction dans une France qui s'assagit pourrait être intéressante. Mais il manque les motivations de leurs anarchismes, les raisons d'y croire encore et de lutter, les violences de ce monde existantes ... D'ailleurs que le seul personnage féminin du récit s'auto-qualifie de pute directement pourrait être un commentaire sur la place sociétale des femmes, mais ne sert à rien au récit. Si ce n'est qu'elle est sexy et qu'un des types veut -et va- se la taper. Merci la potiche qu'on aurait pu remplacer par une plante en pot ! Ce qui est le plus embêtant, c'est que tout le contexte anarchistes et gauche révolutionnaire prête à faire des attentats ne sert presque pas. Le récit aurait été le même avec des truands ordinaires sur un gros coups, à la différence d'un message final laissé par un des types sur les erreurs de son engagement. Sauf que ce message est trop tardif, il n'y a pas eu de vrai engagement de leurs parts et la finalité est celle d'un coup qui tourne mal, comme je l'ai vu dans des dizaines d'histoires avec de simples mafieux. Je ne comprends pas trop l'importance de ce passé politique, toujours en marge mais jamais clairement traité. C'est un coup manqué pour moi, ce qui aurait donné l'intérêt à l'histoire. Bref, une histoire qui a deux gros défauts que je me devais de reprendre parce qu'ils m'ont clairement bloqué lors de ma lecture. J'en ressors sans avoir de eu de réel plaisir de lecture ni d'intérêt à long terme. Je laisse cette BD à ceux qui l'apprécient, je m'en vais lire autre chose !

22/12/2025 (modifier)
Par Solo
Note: 3/5
L'avatar du posteur Solo

Une histoire d'ambiance Beaucoup des qualités de cette BD sont liées à l'ambiance générale qui se dégage de l'écriture (tirée directement du roman?) et de la très belle adaptation graphique. Il y a vraiment quelque chose dans l'air qui donne à cette histoire un supplément d'âme. Je ne connais pas du tout le romancier, mais peu de doute à penser que Cabanes et Headline ont su garder l'esprit du polar vu par Manchette. Les personnages du groupe Nada sont profondément paumés et, voyant leurs jours de gloire terminés, errent sans réelle motivation dans un monde qu'ils haïssent et qu'ils ne comprennent pas. Ces roublards et roublarde m'attristent mais je ressens pour eux du respect pour leur combat personnel et pour leur force d'indépendance face à pas mal de choses. Les autres personnages sont tout aussi intéressants. Considérés comme étant placés soi-disant du "bon côté", les enflures de première nous permettent de découvrir les dérives politiques machiavéliques ou les actes illégaux de la flicaille. En ce qui les concerne, la narration et leur "sale gueule" nous donnent clairement un certain dégoût et il est toujours intéressant de ressentir ce genre d'émotion. Globalement, on sent à travers les personnages qu'on retourne dans une période française bien précise et dans des groupes sociaux bien précis. Et c'est très intéressant de découvrir cette vision de la société ainsi. Le dessin, j'ai du mal à me placer mais je ne veux vraiment pas être sévère car le rendu global est excellent... Des fois je suis complètement happé par ce que je vois, à commencer par le décor (qui est vraiment magnifique de réalisme) et d'autres fois je suis un petit peu bloqué par le rendu esquissé de certaines scènes ou personnages. Mais de manière générale, je suis clairement tombé sous le charme, la trogne du casting et les expressions transmettent beaucoup de choses. Enfin, peut-être que c'est le scénario qui me fait retirer une étoile. J'ai un peu trop eu l'impression de lire un roman, tellement la narration est omniprésente. Bien qu'elle soit formidablement écrite, tout ce côté descriptif vient alourdir les cases alors que l'image pourrait de temps en temps suffire à elle-même. Et puis la narration donne aussi un rendu passif et sa forte présence est venue atténuer mon engouement en pleine lecture. Sinon, en termes de cohérence c'est impeccable. Un bon 3,5/5 ce coup ci, mieux encore que Fatale à mes yeux (du même scénariste/dessinateur). Je vais continuer d'explorer le monde de Manchette à travers les yeux de Cabanes, ce sont de beaux ouvrages. Je vous invite à faire la même chose si les polars vous intéressent.

06/01/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

On retrouve bien le style de Manchette (ici adapté) dans cet album. En effet, il y a presque plus de texte en off que de réels dialogues, le ton général est très désabusé, les personnages – et les commentaires en off étant très froids, dépassionnés. L’ensemble donnant une impression de fatalité dans le déroulement, un petit côté « drame antique », destin vampirisant le scénario et les acteurs, engloutis dans une violence complètement subie. L’intrigue adaptée par Headline se laisse lire – pour peu donc que l’on soit réceptif à ce style, qui peut rebuter. Le décor est celui du Paris du début des années 1970, avec des personnages qui ont encore en eux des réflexes, des réflexions influencés par les courants gauchistes des années précédentes, et qui ont bourlingué, pour finir dans une opération improbable, à savoir l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-Unis. A cela s’ajoutent les atermoiements et le cynisme des décideurs politiques, l’action de barbouzes et la guerre des services. L’intrigue semble squelettique, mais tous ces ingrédients la densifient, la dynamisent, même si c’est sur un « faux rythme ». Le dessin de Cabanes est bon, intéressant. Mais aussi surprenant. En effet, une partie des décors – des personnages aussi – donnent l’impression d’être de simples crayonnés incomplètement « finis », incomplètement « colorisés », alors que par ailleurs, Cabanes a vraiment eu le soucis de bien reconstituer l’époque à laquelle se déroule cette histoire. Mais j’ai bien aimé l’aspect graphique, finalement très raccord avec le ton de l’intrigue.

21/11/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai moins accroché à cette adaptation de Manchette que les deux autres adaptations de Cabanes et Headline. C'est dommage parce que j'aime bien comment le scénario montre bien le côté sombre de la France des années 70 où les militants d’extrême-gauche sont au final aussi pourris que l'ordre qu'ils combattent. L'histoire se laisse lire même si effectivement la narration peut être un peu énervante par moment. Personnellement, ce qui m'a surtout gêné ce sont certaines ellipses, comme lorsqu'un personnage se bat avec sa femme. C'est difficile à expliquer, mais lorsque j'ai lu cette scène j'ai vraiment eu l'impression qu'elle sortait de nulle part et qu'elle manquait de naturel. Sinon, un autre problème est que si les personnages sont un peu intéressants, je me suis attaché à aucun et je me foutais un peu de leurs destins. Je n'ai donc ressenti aucune tension durant tout l'album. Le dessin de Cabanes est excellent comme d'habitude.

28/02/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
L'avatar du posteur Erik

Visiblement, ce style de polar assez pompeux ne m'intéresse guère. Il faut dire que la narration est d'emblée assez assommante avec également un caractère de lettrage assez illisible. Dès lors, j'ai eu du mal à me relever et suivre cette aventure sans intérêt. C'est assez vieux jeu dans la mise en scène. Il n'y a rien à faire: je n'apprécie pas vraiment ce genre de polar. Certes, on pourra reconnaître que c'est dans un bel écrin et que c'est assez soigné dans l'emballage. Cependant, en ce qui concerne, cela ne le fait pas.

24/02/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Adapté du roman du même nom, Nada se déroule en 1972 et met en scène un petit groupe de gauchistes bien décidés à passer à l'acte contre la société capitaliste et le pouvoir en place. Leur objectif : kidnapper l'ambassadeur américain à Paris pour obtenir à la fois une rançon, faire publier leur manifeste politique mais aussi et surtout se révolter contre le monde qui les entoure. Ce groupe est formé de 6 caractères forts et très différents : un vieil expert désabusé qui s'engage avec eux par désespoir, un ancien militant extrémiste et violent, un fils de famille poivrot, un prof de philo révolté et violent, un mari affligé par la folie de sa femme et enfin une femme fatale à la personnalité indéfinissable, se définissant elle-même comme une salope prostituée. Et dans le camp d'en face, une autre belle brochette de personnages tout aussi marqués, que ce soit l'ambassadeur dépravé mais intelligent, un ministre hautain et politicien, un secrétaire d'état sournois ou encore un commissaire adepte de barbouzeries et de la méthode forte. Nada est une peinture réaliste et sombre de la société politique et extrémiste de la France des années 70, avec des personnages très crédibles et pittoresques qui donnent envie d'être suivis et à d'être vus interagir. Il ressort d'eux un réel désespoir, une fuite en avant vers la violence et la rébellion qui se présente comme une inéluctable fatalité et se révèle intéressante tant sur le plan sociologique que psychologique. Sur le fond, Manchette dresse dans ce récit autant la critique du pouvoir en place, du simple flic servile jusqu'au ministre pourri, que de ces groupuscules d'extrême-gauche aux motivations floues et aux méthodes très discutables. L'adaptation est réussie. On ne sent pas la moindre lourdeur d'un livre transposé en BD. La densité du roman se reflète uniquement dans la taille de l'ouvrage qui fait pas loin de 200 pages. Ce nombre est d'autant plus impressionnant que chaque planche est finement dessinée par un Cabanes qui maîtrise parfaitement son art et offre de superbes dessins. Son trait est excellent, ses personnages sont vivants et ses décors nous plongent immédiatement dans le Paris et sa banlieue de l'époque. Et les couleurs ne sont pas en reste puisque chaque page possède sa propre teinte chromatique harmonieuse et belle. Très bel ouvrage.

04/10/2018 (modifier)