Trop bon ça !!!!
Je viens de lire le tome 1, dessin scénario nickel.
Je suis bien rentré dans l'univers des auteurs, vraiment trop envie de lire la suite...
... que je viens de commander.
A suivre.
La lecture des oeuvres de Jean Racine peut sembler ardue à plus d'un. C'est pourquoi je trouve l'initiative des éditions Petit à petit fort intéressante pour s'y plonger.
"Phèdre" est la deuxième oeuvre de leur collection "Les Classiques du Théâtre en bandes dessinées" avec le Cid et Cyrano de Bergerac. Le parti pris est de respecter le texte original dans son intégralité.
C'est heureux tellement les textes sont beaux et particulièrement celui de Racine. Nous restons dans le théâtre le plus classique avec ses règles strictes.
Pour rendre l'oeuvre intelligible le travail de découpage et le positionnement des cadres est essentiel. Dans Phèdre, il y a certains moments où je me suis perdu mais cela n'a pas affecté ni la compréhension ni la beauté de la poésie du texte.
C'est le dessinateur Armel qui cumule dessin et découpage/scénario. Un tour de force à mon avis. Les dessins en noir et blanc sont simples, classiques et de bonne facture. Ils permettent de bien repérer les personnages : Phèdre, Hippolyte, Thésée et Aricie pour les principaux.
Le découpage est habilement fait pour mettre en valeur la dramaturgie liée aux dégâts provoqués par la passion de Phèdre. Phèdre une femme bien plus libre et moderne qu'il n'y parait.
Entre les aspirations naturelles du corps et les contraintes du contrat social ; elle ne fuit pas ses responsabilités et ne s'abrite pas derrière un fatum imposé par les dieux. Piégée par une fake-news elle ira au bout de ses véritables choix.
C'est une très bonne occasion de lire ou relire un " immanquable" du répertoire théâtral mondial. Je le conseille pour nos lycéens et les amoureux de la langue française.
Cet album est un documentaire assez détaillé sur la vie de Eddie Gein, un tueur en série connu qui avait choqué la société américaine des années 50 et inspiré de nombreux auteurs, dont Robert Bloch et son roman « Psychose » qui fut adapté en film par Alfred Hitchcock. On peut aussi rajouter Leatherface (de Massacre à la tronçonneuse) et Hannibal Lecter à cette brochette de tarés !
Les auteurs ont effectué beaucoup de recherches et rapportent tous les éléments de l’enquête : la jeunesse troublée d’Eddie, sa mère abusive, sont éducation très religieuse, le harcèlement à l’école… on suit sa lente dégradation mentale, et on découvre avec stupéfaction, en compagnie de la police lors de la fouille de sa maison, les horreurs qu’il a commises : il déterrait des cadavres du cimetière du coin, puis confectionnait des lampes, des chaises et même des masques, vêtements et combinaisons (qu’il portait) avec les restes putrifiés. Edifiant. Il finit par commettre des meurtres sur des vivants, ce qui mena à son arrestation, et à la réalisation collective que les « méchants » ne sont pas toujours des envahisseurs venus d’ailleurs (autre pays, autre planète) mais peuvent également être les gens que nous côtoyons régulièrement.
L’album se lit bien malgré les thèmes difficiles. Il contient beaucoup d’informations mais reste digeste. La mise en image est sobre mais parfaitement réussie.
Un album essentiel pour les amateurs d’histoires sordides de tueurs en série.
Mon vocabulaire louangeur va finir par s'étioler à force d'aviser les oeuvres de Nancy Peña.
Comme l'avis de Jerem je trouve que c'est l'opus le plus abouti de la trilogie (en cours ?) du Chat du Kimono.
Nancy est-elle de ces auteur(e)s qui surfent sur un succès pour nous faire un remake bien commercial ?
Et bien non messieurs !! Comme un train peut en cacher un autre pour se le prendre en pleine figure, un second défi culinaire peut cacher une histoire bien différente et plus élaborée à mon goût.
Les ressorts sont classiques mais si bien construits, enchaînés et présentés que Conan Doyle a dû en frémir d'aise dans sa tombe. Je ne dirai rien de plus de ce superbe scénario.
Les dessins sont au même niveau, racés, fins, élégants et toniques. Nancy Peña y ajoute sa poésie, sa culture et son humour dont je raffole.
A lire, à offrir et à faire connaître comme toute son oeuvre.
A part quelques rares personnages secondaires, nous suivons essentiellement un duo, Sock monkey (une poupée de singe en chiffon, que monsieur Corbeau appelle « oncle Gabby »), et monsieur Corbeau, un oiseau lui aussi simple jouet avec des boutons en guise d’yeux. Une poupée martyrisée (Poussette), un vieux marin délirant, et une petite fille que nous ne voyons presque jamais. Quelques animaux aussi, un tamanoir, une baleine, etc.
Très peu d’humains. Un casting enfantin donc. C’est parfois une sorte de Toy’s Story bien plus noir et poétique, une série de contes où une certaine poésie surréaliste (je pense en particulier à certains contes ou poèmes de Benjamin Péret) innerve des histoires qui se laissent lire agréablement, et plutôt rapidement, du moins pour les premières.
Il faut clairement être réceptif à cette atmosphère délirante, où les objets prennent vie, un piano peut devenir un bateau, un tamanoir une voile, etc.
J’ai déjà dit ailleurs tout le bien que je pensais de l’imagination de Tony millionnaire, de sa façon de marier des thématiques enfantines avec d’autres plus adultes, de tout miser sur une poésie merveilleuse. Mais c’est encore une fois réussi. Même si certains passages sont peut-être un peu longs. Et si la dernière partie, reprise dans la belle intégrale des éditions Huber (superbe travail éditorial, comme pour l’excellent Billy Noisettes) relève plus du conte illustré – et m’a un peu moins captivé.
Le dessin est très simple, avec quelques passages méticuleux (comme les immenses maisons victoriennes que l’on voit au début de plusieurs récits). Le rendu est proche parfois de gravures. Je préfère globalement en tout cas les récits en Noir et Blanc à ceux en couleur.
Tony Millionnaire développe un univers particulier, très riche, original, que je vous invite à découvrir.
Voilà un tableau nostalgique des luttes syndicales ouvrières des années 70 en France.
Christin et Bilal ne se sont pas trompés en peignant leur conte socio-utopique dans un des berceaux de l'industrialisation française , celle du Nord.
C'est une région que j'aime beaucoup et où j'ai travaillé de nombreuses années en Sidé.
C'est un petit reproche que je fais aux auteurs de mettre l'accent sur la pluie et la tristesse des villages Nordistes.
Je n'en ai pas du tout le même souvenir car c'est une région où il fait très bon vivre avec un patrimoine industriel, agricole et un bord de mer préservé magnifique.
La charge contre le patronnat paternaliste du Nord et leurs directeurs est bien présente mais sans plus à mon avis. Ces directeurs vont d'ailleurs adhérer assez vite au projet futuriste de Madeleine.
Là encore Bilal et Christin s'approprient un sujet innovant et révolutionnaire du moment: la création de ville nouvelle. Il y a un peu un côté Disneyland dans la ville de Madeleine,et l'on voit à la fin de l'ouvrage que c'est un demi-echec par manque d'ouverture. A villes nouvelles, idées nouvelles en terme d'urbanisme, de gestion, d'écologie semblaient proposer les auteurs.
C'est un thème d'une actualité vivante ici mais partout dans le monde.
Vraiment les oeuvres de Christin et Bilal méritent d'être relues avec un oeil contemporain.
Je ne m'étendrais pas sur la qualité du dessin de Bilal puisque tout a été dit. D'ailleurs je préfère son dessin de ses années de jeunesse que celui de Bug.
A lire et relire.
Ahhh, Goldorak ! Combien d'heures ai-je pu passer devant ce dessin animé quand j'étais môme, maudissant même mes entraînements de judo qui se télescopaient souvent aux mêmes plages horaires !
Alors voir débarquer dans les bacs cet album reprenant ou plutôt finalisant l'histoire de ce robot légendaire, ça fait quand même un peu peur. Heureusement, la brochette d'auteurs qui s'est lancée dans ce projet un peu fou ne sort pas non plus de nulle part, obtenant même l'aval et la bénédiction de son créateur Gô Nagai.
Et on peut dire que le pari est réussi haut la main ! Ce fût un réel plaisir de retrouver tous ces personnages et ces décors si familiers qui hantent encore l'imaginaire de mon enfance. Le parti pris graphique qui se pose à la frontière entre le manga et la franco-belge est de plus réussi, redonnant un trait actuel à tout ce petit monde. Les découpages et pleine pages sont majestueux, valorisés par une mise en couleur des plus réussies : un vrai plaisir pour les yeux !
Côté scénario, là aussi l'équilibre subtil qu'ont réussi à trouver les auteurs est remarquable, sachant garder le côté original un peu naïf tout en apportant une touche plus actuelle et "adulte". Et oui, les fans que nous étions ont grandi aussi !
C'est donc une belle oeuvre que nous propose ce quintet d'auteurs qui, tout en ayant su se faire plaisir, a aussi réussi à faire re vibrer nos souvenirs d'enfance de très belle manière.
j'ai vraiment beaucoup aimé cette série. Cette avancée militaire en terre inconnue, dans un attirail qui ressemble à l'empire romain, avec les rapports humains très bien décrits, où l'acceptation de la hiérarchie est rendue bien difficile par ce changement de cadre incompréhensible.
Le dessin et la couleur, d'abord, sont très spécifiques et intriguants. Le défit était sans doute de mettre le lecteur dans le même état d'esprit que des soldats avancés, perdus au milieu de nulle part. Et je trouve ça très réussi. La composition est très majestueuse, je trouve que la matière de l'image ressemble à un amas de pierres précieuses dans l'ombre. Bravo à la coloriste Sandra Démazières. L'équipement des troupes se fond dans cette masse colorée et sombre. les personnages retrouvent leur individualité, confronté à un commandement déboussolé. Les corps des militaires qui suivent d'ordinaires une chorégraphie prévue à l'avance hésitent dans une sorte d'éparpillement comme une fourmilière dérangée par le passage d'un engin. Je suppose que l'art du mouvement des corps stylisé de Bastien Vivès est ici à la manœuvre.
Ce va-et-vient peu bavard, entre des dialogues entre les individus qui cherchent la bonne chose à faire, vue très rapprochée, et une vision lointaine de la troupe comme une cohorte de fourmis, contribue à notre égarement de lecteur.
Mais les conversations sont suffisamment réalistes pour qu'on s'identifie à cette situation, et d'ailleurs, ne sommes-nous pas exactement dans cette situation ? Je veux dire à toute époque et en tout temps une troupe d'humains est au bord du connu et va vers l'inconnu... Pendant que les autres semblent vaquer à des occupations quotidiennes sans se poser de questions.
Riad Sattouf, c'est comme Marion Montaigne, il faut passer par dessus leur dessin qui a un coté brouillon, et leur humour générationnel. On a pu leur reprocher au début, mais maintenant qu'ils on suivi le précepte : "ce qu'on te reproche, cultive-le", ils se sont construits dessus et font passer chacun leur message avec humour et talent.
Je n'avais donc pas avisé cet album que j'avais acheté à sa sortie, pensant que c'était une petite publication humoristique réussie, mais que j'oublierai rapidement. En fait cette BD véhiculait une certaine critique sociale, dont je me rends compte aujourd'hui qu'elle a été structurante pour mes enfants. Ils sont arrivés dans la vie avec un outils supplémentaire de compréhension du monde qui les attendait, et en particulier des petits bourgeois citadins qu'ils n'avaient jamais approchés. Leurs copains ruraux qui n'avaient que les réseaux sociaux et les jeux vidéo pour aborder la vie se sont trouvés un peu en décalage pour prendre pied au lycée, voire à l'université pour les rares qui ont persévéré dans les voies scolaires.
Riad Sattouf décrit un collège de bourgeois parisiens avec une férocité réjouissante, surtout pour nous, ploucs provinciaux. Ce genre de livre a je pense contribué à désacraliser les classes sociales supérieures, bien que celles-ci n'aient besoin de personne pour se ridiculiser . Sans s'en rendre compte lui-même, l'auteur sans prétention est venu saper à la base les ambitions scolaires et sociales qui nous ont été transmise depuis le berceau. En cela, la révolution est typiquement actuelle puisqu'on forme des ingénieurs qui abandonnent leur métier pour devenir boulangers ou des commissaires au compte qui se lancent dans la maçonnerie.
Il n'est sans doute pas le premier à écorner l'école, mais là où Cabu, dans les aventures du grand Duduche, ridiculisait surtout les profs, ou les militaires, voire les curés, pour s'attaquer à l'autorité, ici ce sont les élèves les cibles. Comment de petits cons boutonneux, fils à papa incultes, pourront trouver une légitimité à me commander plus tard ? De mon point de vue, les travers des collégiens du seizième arrondissement ont beaucoup de points communs avec ceux de tout ado en chamboulement psychique et hormonal, mais cette petite nuance sociale, n'est pas involontaire, il me semble. Et elle est raccord avec notre époque.
Conclusion : voici un outil de connaissance sociale indispensable à offrir à tout collégien débutant. Même s'il/elle ne reconnaît que ses camarades, en s'écartant du tableau, l'observation sera salutaire.
Je vous invite à lire l'avis de Mac Arthur qui est très complet.
Je suis du même avis: la BD se lit vite, mais elle a quelque chose de décalé et de piquant qui fait qu'on a pas envie de la quitter sans l'avoir finie.
Assez peu de dialogues, mais ceux-ci sont acérés et très drôles.
J'ai un peu moins aimé le style du dessin.
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Un putain de salopard
Trop bon ça !!!! Je viens de lire le tome 1, dessin scénario nickel. Je suis bien rentré dans l'univers des auteurs, vraiment trop envie de lire la suite... ... que je viens de commander. A suivre.
Phèdre en bandes dessinées
La lecture des oeuvres de Jean Racine peut sembler ardue à plus d'un. C'est pourquoi je trouve l'initiative des éditions Petit à petit fort intéressante pour s'y plonger. "Phèdre" est la deuxième oeuvre de leur collection "Les Classiques du Théâtre en bandes dessinées" avec le Cid et Cyrano de Bergerac. Le parti pris est de respecter le texte original dans son intégralité. C'est heureux tellement les textes sont beaux et particulièrement celui de Racine. Nous restons dans le théâtre le plus classique avec ses règles strictes. Pour rendre l'oeuvre intelligible le travail de découpage et le positionnement des cadres est essentiel. Dans Phèdre, il y a certains moments où je me suis perdu mais cela n'a pas affecté ni la compréhension ni la beauté de la poésie du texte. C'est le dessinateur Armel qui cumule dessin et découpage/scénario. Un tour de force à mon avis. Les dessins en noir et blanc sont simples, classiques et de bonne facture. Ils permettent de bien repérer les personnages : Phèdre, Hippolyte, Thésée et Aricie pour les principaux. Le découpage est habilement fait pour mettre en valeur la dramaturgie liée aux dégâts provoqués par la passion de Phèdre. Phèdre une femme bien plus libre et moderne qu'il n'y parait. Entre les aspirations naturelles du corps et les contraintes du contrat social ; elle ne fuit pas ses responsabilités et ne s'abrite pas derrière un fatum imposé par les dieux. Piégée par une fake-news elle ira au bout de ses véritables choix. C'est une très bonne occasion de lire ou relire un " immanquable" du répertoire théâtral mondial. Je le conseille pour nos lycéens et les amoureux de la langue française.
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Cet album est un documentaire assez détaillé sur la vie de Eddie Gein, un tueur en série connu qui avait choqué la société américaine des années 50 et inspiré de nombreux auteurs, dont Robert Bloch et son roman « Psychose » qui fut adapté en film par Alfred Hitchcock. On peut aussi rajouter Leatherface (de Massacre à la tronçonneuse) et Hannibal Lecter à cette brochette de tarés ! Les auteurs ont effectué beaucoup de recherches et rapportent tous les éléments de l’enquête : la jeunesse troublée d’Eddie, sa mère abusive, sont éducation très religieuse, le harcèlement à l’école… on suit sa lente dégradation mentale, et on découvre avec stupéfaction, en compagnie de la police lors de la fouille de sa maison, les horreurs qu’il a commises : il déterrait des cadavres du cimetière du coin, puis confectionnait des lampes, des chaises et même des masques, vêtements et combinaisons (qu’il portait) avec les restes putrifiés. Edifiant. Il finit par commettre des meurtres sur des vivants, ce qui mena à son arrestation, et à la réalisation collective que les « méchants » ne sont pas toujours des envahisseurs venus d’ailleurs (autre pays, autre planète) mais peuvent également être les gens que nous côtoyons régulièrement. L’album se lit bien malgré les thèmes difficiles. Il contient beaucoup d’informations mais reste digeste. La mise en image est sobre mais parfaitement réussie. Un album essentiel pour les amateurs d’histoires sordides de tueurs en série.
It's not a Piece of Cake
Mon vocabulaire louangeur va finir par s'étioler à force d'aviser les oeuvres de Nancy Peña. Comme l'avis de Jerem je trouve que c'est l'opus le plus abouti de la trilogie (en cours ?) du Chat du Kimono. Nancy est-elle de ces auteur(e)s qui surfent sur un succès pour nous faire un remake bien commercial ? Et bien non messieurs !! Comme un train peut en cacher un autre pour se le prendre en pleine figure, un second défi culinaire peut cacher une histoire bien différente et plus élaborée à mon goût. Les ressorts sont classiques mais si bien construits, enchaînés et présentés que Conan Doyle a dû en frémir d'aise dans sa tombe. Je ne dirai rien de plus de ce superbe scénario. Les dessins sont au même niveau, racés, fins, élégants et toniques. Nancy Peña y ajoute sa poésie, sa culture et son humour dont je raffole. A lire, à offrir et à faire connaître comme toute son oeuvre.
Sock monkey
A part quelques rares personnages secondaires, nous suivons essentiellement un duo, Sock monkey (une poupée de singe en chiffon, que monsieur Corbeau appelle « oncle Gabby »), et monsieur Corbeau, un oiseau lui aussi simple jouet avec des boutons en guise d’yeux. Une poupée martyrisée (Poussette), un vieux marin délirant, et une petite fille que nous ne voyons presque jamais. Quelques animaux aussi, un tamanoir, une baleine, etc. Très peu d’humains. Un casting enfantin donc. C’est parfois une sorte de Toy’s Story bien plus noir et poétique, une série de contes où une certaine poésie surréaliste (je pense en particulier à certains contes ou poèmes de Benjamin Péret) innerve des histoires qui se laissent lire agréablement, et plutôt rapidement, du moins pour les premières. Il faut clairement être réceptif à cette atmosphère délirante, où les objets prennent vie, un piano peut devenir un bateau, un tamanoir une voile, etc. J’ai déjà dit ailleurs tout le bien que je pensais de l’imagination de Tony millionnaire, de sa façon de marier des thématiques enfantines avec d’autres plus adultes, de tout miser sur une poésie merveilleuse. Mais c’est encore une fois réussi. Même si certains passages sont peut-être un peu longs. Et si la dernière partie, reprise dans la belle intégrale des éditions Huber (superbe travail éditorial, comme pour l’excellent Billy Noisettes) relève plus du conte illustré – et m’a un peu moins captivé. Le dessin est très simple, avec quelques passages méticuleux (comme les immenses maisons victoriennes que l’on voit au début de plusieurs récits). Le rendu est proche parfois de gravures. Je préfère globalement en tout cas les récits en Noir et Blanc à ceux en couleur. Tony Millionnaire développe un univers particulier, très riche, original, que je vous invite à découvrir.
La Ville qui n'existait pas
Voilà un tableau nostalgique des luttes syndicales ouvrières des années 70 en France. Christin et Bilal ne se sont pas trompés en peignant leur conte socio-utopique dans un des berceaux de l'industrialisation française , celle du Nord. C'est une région que j'aime beaucoup et où j'ai travaillé de nombreuses années en Sidé. C'est un petit reproche que je fais aux auteurs de mettre l'accent sur la pluie et la tristesse des villages Nordistes. Je n'en ai pas du tout le même souvenir car c'est une région où il fait très bon vivre avec un patrimoine industriel, agricole et un bord de mer préservé magnifique. La charge contre le patronnat paternaliste du Nord et leurs directeurs est bien présente mais sans plus à mon avis. Ces directeurs vont d'ailleurs adhérer assez vite au projet futuriste de Madeleine. Là encore Bilal et Christin s'approprient un sujet innovant et révolutionnaire du moment: la création de ville nouvelle. Il y a un peu un côté Disneyland dans la ville de Madeleine,et l'on voit à la fin de l'ouvrage que c'est un demi-echec par manque d'ouverture. A villes nouvelles, idées nouvelles en terme d'urbanisme, de gestion, d'écologie semblaient proposer les auteurs. C'est un thème d'une actualité vivante ici mais partout dans le monde. Vraiment les oeuvres de Christin et Bilal méritent d'être relues avec un oeil contemporain. Je ne m'étendrais pas sur la qualité du dessin de Bilal puisque tout a été dit. D'ailleurs je préfère son dessin de ses années de jeunesse que celui de Bug. A lire et relire.
Goldorak
Ahhh, Goldorak ! Combien d'heures ai-je pu passer devant ce dessin animé quand j'étais môme, maudissant même mes entraînements de judo qui se télescopaient souvent aux mêmes plages horaires ! Alors voir débarquer dans les bacs cet album reprenant ou plutôt finalisant l'histoire de ce robot légendaire, ça fait quand même un peu peur. Heureusement, la brochette d'auteurs qui s'est lancée dans ce projet un peu fou ne sort pas non plus de nulle part, obtenant même l'aval et la bénédiction de son créateur Gô Nagai. Et on peut dire que le pari est réussi haut la main ! Ce fût un réel plaisir de retrouver tous ces personnages et ces décors si familiers qui hantent encore l'imaginaire de mon enfance. Le parti pris graphique qui se pose à la frontière entre le manga et la franco-belge est de plus réussi, redonnant un trait actuel à tout ce petit monde. Les découpages et pleine pages sont majestueux, valorisés par une mise en couleur des plus réussies : un vrai plaisir pour les yeux ! Côté scénario, là aussi l'équilibre subtil qu'ont réussi à trouver les auteurs est remarquable, sachant garder le côté original un peu naïf tout en apportant une touche plus actuelle et "adulte". Et oui, les fans que nous étions ont grandi aussi ! C'est donc une belle oeuvre que nous propose ce quintet d'auteurs qui, tout en ayant su se faire plaisir, a aussi réussi à faire re vibrer nos souvenirs d'enfance de très belle manière.
Pour l'Empire
j'ai vraiment beaucoup aimé cette série. Cette avancée militaire en terre inconnue, dans un attirail qui ressemble à l'empire romain, avec les rapports humains très bien décrits, où l'acceptation de la hiérarchie est rendue bien difficile par ce changement de cadre incompréhensible. Le dessin et la couleur, d'abord, sont très spécifiques et intriguants. Le défit était sans doute de mettre le lecteur dans le même état d'esprit que des soldats avancés, perdus au milieu de nulle part. Et je trouve ça très réussi. La composition est très majestueuse, je trouve que la matière de l'image ressemble à un amas de pierres précieuses dans l'ombre. Bravo à la coloriste Sandra Démazières. L'équipement des troupes se fond dans cette masse colorée et sombre. les personnages retrouvent leur individualité, confronté à un commandement déboussolé. Les corps des militaires qui suivent d'ordinaires une chorégraphie prévue à l'avance hésitent dans une sorte d'éparpillement comme une fourmilière dérangée par le passage d'un engin. Je suppose que l'art du mouvement des corps stylisé de Bastien Vivès est ici à la manœuvre. Ce va-et-vient peu bavard, entre des dialogues entre les individus qui cherchent la bonne chose à faire, vue très rapprochée, et une vision lointaine de la troupe comme une cohorte de fourmis, contribue à notre égarement de lecteur. Mais les conversations sont suffisamment réalistes pour qu'on s'identifie à cette situation, et d'ailleurs, ne sommes-nous pas exactement dans cette situation ? Je veux dire à toute époque et en tout temps une troupe d'humains est au bord du connu et va vers l'inconnu... Pendant que les autres semblent vaquer à des occupations quotidiennes sans se poser de questions.
Retour au collège
Riad Sattouf, c'est comme Marion Montaigne, il faut passer par dessus leur dessin qui a un coté brouillon, et leur humour générationnel. On a pu leur reprocher au début, mais maintenant qu'ils on suivi le précepte : "ce qu'on te reproche, cultive-le", ils se sont construits dessus et font passer chacun leur message avec humour et talent. Je n'avais donc pas avisé cet album que j'avais acheté à sa sortie, pensant que c'était une petite publication humoristique réussie, mais que j'oublierai rapidement. En fait cette BD véhiculait une certaine critique sociale, dont je me rends compte aujourd'hui qu'elle a été structurante pour mes enfants. Ils sont arrivés dans la vie avec un outils supplémentaire de compréhension du monde qui les attendait, et en particulier des petits bourgeois citadins qu'ils n'avaient jamais approchés. Leurs copains ruraux qui n'avaient que les réseaux sociaux et les jeux vidéo pour aborder la vie se sont trouvés un peu en décalage pour prendre pied au lycée, voire à l'université pour les rares qui ont persévéré dans les voies scolaires. Riad Sattouf décrit un collège de bourgeois parisiens avec une férocité réjouissante, surtout pour nous, ploucs provinciaux. Ce genre de livre a je pense contribué à désacraliser les classes sociales supérieures, bien que celles-ci n'aient besoin de personne pour se ridiculiser . Sans s'en rendre compte lui-même, l'auteur sans prétention est venu saper à la base les ambitions scolaires et sociales qui nous ont été transmise depuis le berceau. En cela, la révolution est typiquement actuelle puisqu'on forme des ingénieurs qui abandonnent leur métier pour devenir boulangers ou des commissaires au compte qui se lancent dans la maçonnerie. Il n'est sans doute pas le premier à écorner l'école, mais là où Cabu, dans les aventures du grand Duduche, ridiculisait surtout les profs, ou les militaires, voire les curés, pour s'attaquer à l'autorité, ici ce sont les élèves les cibles. Comment de petits cons boutonneux, fils à papa incultes, pourront trouver une légitimité à me commander plus tard ? De mon point de vue, les travers des collégiens du seizième arrondissement ont beaucoup de points communs avec ceux de tout ado en chamboulement psychique et hormonal, mais cette petite nuance sociale, n'est pas involontaire, il me semble. Et elle est raccord avec notre époque. Conclusion : voici un outil de connaissance sociale indispensable à offrir à tout collégien débutant. Même s'il/elle ne reconnaît que ses camarades, en s'écartant du tableau, l'observation sera salutaire.
Traverser l'autoroute
Je vous invite à lire l'avis de Mac Arthur qui est très complet. Je suis du même avis: la BD se lit vite, mais elle a quelque chose de décalé et de piquant qui fait qu'on a pas envie de la quitter sans l'avoir finie. Assez peu de dialogues, mais ceux-ci sont acérés et très drôles. J'ai un peu moins aimé le style du dessin.