Les derniers avis (39927 avis)

Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Planètes
Planètes

Vraiment spécial, ce manga... et déroutant ! En fait, la structure me fait penser à celle de Spirale dans la forme : un ensemble de petites histoires et d'aventures que rencontre un groupe de personnages, qui s'inscrivent dans un thème général (ici, l'espace du XXIeme siècle). En fait, je trouve ce manga... reposant. Pourtant, l'intrigue est assez active, les éléments s'enchaînent bien, mais j'ai ressenti une sorte de plénitude à la lecture de cette BD, c'est assez particulier. Les différents personnages sont très travaillés (je trouve que Fi est carrément craquante :)), leur psychologie est très développée. On s'attache vite à ces différents "éboueurs de l'espace" au futur improbable, et qui poursuivent un rêve qui leur est propre. Les différentes petites histoires sont millimétrées et très bien pensées, souvent originales. La fin du premier tome est particulièrement prenante... mais chut :) Le dessin est vraiment atypique. Très kitch dans les visages, simples et ronds, ce style "ligne claire" (si si, un peu quand même !) donne beaucoup de charme à la série. Toutefois, je trouve que les personnages, très simples parfois, ne s'intègrent pas bien aux décors qui eux sont très précis. Une série à découvrir, en tout cas, une très bonne surprise !

06/09/2003 (modifier)
Couverture de la série Amer Béton
Amer Béton

Attention, chef d’œuvre en voie de disparition ! Il semblerait que ce manga, publié en trois tomes, soit retiré du catalogue Tonkam fin août 2003. Publié en 1996, il n’a apparemment pas été réédité depuis, vous aurez donc peut-être quelques difficultés à le trouver… Évidemment, le manga c’est encore pour certains de la baston et du cul. Évidemment aussi en cette période assez faste d’ouverture au manga, le manga c’est une culture et un domaine très analogue à la bd franco-belge. Le truc, c’est que les mangas publiés en France restent finalement cantonnés à quelques domaines assez ciblés, et qu’assez peu sortent de ces sentiers plus ou moins battus. «Amer Béton» est donc (à ma connaissance, hein) le premier, et peut-être le seul, manga «underground» traduit en français… Enfin je ne suis sûr de rien, mais regardez un peu ce dessin, ça a tout de l’underground. Quoi qu’il en soit, ce même dessin aura probablement tendance à rebuter de prime abord : objets et décors gentiment fantaisistes, perspective approximative, expressions plus que caricaturales, et surtout il est assez moche, particulièrement au niveau des visages. Pour couronner le tout, le tome 1 a été un peu bâclé, et la résolution du scanner étant insuffisante, on a droit à un magnifique effet de pixellisation (qui fort heureusement disparaît par la suite). Alors bon, on se dit quand même que ce serait bête de louper un truc qui va disparaître, qu’au moins ça semble bien atypique, et que si «tellement» de gens bien informés en disent du bien sur certains sites, c’est que peut-être finalement ça ne sera pas si mal… On commence à lire le tome 1, c’est un peu bizarre, on ne comprend pas tout (un môme coiffé d’une tête de lion qui parle à la troisième personne, un autre perché sur un poteau électrique…), et puis au fil des pages on se retrouve à découvrir une histoire qui ressemble à une guerre des gangs, avec des flics, des gangsters, d’autres gangsters, une ville, et au milieu de tout ça, Blanko et Noiro (les deux héros), deux sales mômes qui tabassent et vivent dans une voiture, qui sont de vraies terreurs et qui composent le gang dit des chats. Blanko est un peu incomplet du côté intellectuel, Noiro est incomplet d’ailleurs, vous le découvrirez si vous lisez cette série. Noiro veille sur Blanko et le protège. Car le bordel va s’installer sur la ville… Guerre des gangs, lutte pour la ville que les chats considéraient jusqu’alors comme leur appartenant, étrange yakuza qui crée un parc d’attraction et veut tout dominer… Difficile de résumer, car «Amer Béton» c’est une foule de choses ! C’est de la brutalité urbaine, avec ces deux mômes et les bastons qu’ils provoquent. C’est des acrobaties improbables à n’en plus finir. Des jeux de pouvoir à la pelle. Mais c’est plus, bien plus que cela. «Amer béton» c’est aussi la question de l’identité : nous faisons ce que nous faisons parce que nous sommes qui nous sommes ; agir autrement revient à ne plus exister. C’est une vision proche de la mythologie scandinave : on sait que Ragnarok va arriver et que nous serons défaits, mais en attendant on a un destin à accomplir, et on le fera. De même que dans «Le seigneur des anneaux», c’est le changement et la résistance au changement, l’annonce d’une nouvelle ère, la disparition d’une ancienne et toutes les luttes que cela suppose. C’est de la folie, du rêve, de l’onirisme, des visions devenues réalité et une réalité parfois fuyante. «Amer Béton», c’est des symboles en veux-tu en voilà ! Des chats, des rats, des tortues, qui participent à la signification, quelques scènes absolument stupéfiantes de symbolisme et pourtant d’une limpidité absolue. C’est des oppositions en chaîne : Blanco / Noiro, Jour / Nuit, Chokola / Vanille, etc. C’est un graphisme fouillé où les trames se font rares, très très expressif et qu’on en vient à adorer. C’est un découpage des scènes dynamique, qui alterne parfois par chapitre, parfois par page. C’est quelque chose que quand on plonge dedans on est aspiré. «Amer Béton» c’est de la poésie urbaine, c’est un chef d’œuvre et il disparaît bientôt. Courez le chercher pendant qu’il en est encore temps !

06/09/2003 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Agadamgorodok
Agadamgorodok

Un album noir, dans lequel les maigres espoirs des personnages sont broyés d’un seul coup, avec une brutalité qui laisse pantois. Loin de l’optimisme et de la légèreté de sa série enfantine « Ludo », Pierre Bailly donne ici dans la beauté glaciale et sombre. Jouant d’un merveilleux contraste entre couleurs froides et chaudes, il offre un album d’une beauté graphique envoûtante et troublante. Le scénario de Lapière est sans doute l’un des plus noirs que ce scénariste très éclectique ait jamais écrit. Personnellement, je ne croyais pas le scénariste de « Ludo » ou de « Tif et Tondu » capable d’autant de cruauté envers ses personnages. Il nous avait déjà fait part de sa verve « romanesque » dans des œuvres comme « Un peu de fumée bleue » mais il y avait toujours cette lueur d’espoir auquel les personnages pouvaient se raccrocher… Ici, l’album débouche sur le néant le plus absolu… Aux risques de ne pas être apprécié par la plupart des lecteurs, Lapière a osé et c’est tant mieux.

05/09/2003 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Dusk
Dusk

Moi, j'aime bien Dusk. Question d'ambiance, sûrement, de conditions de lecture... En tout cas, cette série m'a fait oublier la réalité l'espace d'un instant, en imprégnant les lieux d'une atmosphère lourde, noire, parfaite pour un récit policier assez original, bien pensé. Les différents personnages ont fait l'objet d'un travail de personnalisation de qualité, permettant à chacun d'entre eux de révéler sa véritable nature au fur et à mesure du récit. Rien de vraiment manichéen ici donc, ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, rendant l'histoire beaucoup plus humaines que dans bon nombre d'autres scénarii policiers. Les différents one-shot de cette série sont bien conçus, sans réel temps mort, bien rythmés. On pénètre petit à petit dans une enquête qui semble un peu dépasser les enquêteurs du "bureau" à première vue, et le scénariste arrive à nous surprendre parfois par ses retournements de situations. Le dessin quant à lui, est assez inégal, et tout en couleurs directes. Parfois d'une grande précision, parfois proche du pâté, on ne reconnaît pas toujours les personnages au premier coup d'oeil (cf tom, du tome 1, où cela est flagrant). Toutefois, cette atmosphère lourde si propice à ce type de récits est avant tout instaurée par ce style graphique hors norme, et ce découpage particulier. N'attendez pas de dynamisme et autres effets de style, c'est tout de même assez statique par la méthode employée, évidemment... Moi, j'aime bien Dusk.

17/08/2003 (modifier)
Par Thanos
Note: 4/5
Couverture de la série Archipel
Archipel

Encore une nouvelle série de Corbeyran, et encore un excellent premier album Les dessins de Barbay sont vraiment superbes, pour un premier album c’est impressionnant. Graphiquement rien à redire : dessins et couleurs sont magnifiques, et installent une bonne ambiance qui collent bien avec l’intrigue de l’album. Pour le scénar ce n'est qu’un premier tome mais on est tout de suite dans l’intrigue pas de temps mort pour présenter les différents persos, on les découvre pas à pas au fil des pages. C’est encore une fois de la part de Corbeyran très bien fait, très agréable à lire et à suivre rien à redire sur cet album, la suite, vite!

17/08/2003 (modifier)
Par Obélix
Note: 5/5
Couverture de la série Janus
Janus

Une atmosphère de tension s’installe dès la première case. Une très belle femme dirige une séance de spiritisme. L’inquiétude, de chaque participant, grandit de case en case. Ce qui est en train de se produire les fera tous paniquer (ce n’est que la première planche). Cady et Van Winsen ont su me captiver, m’intriguer, et me surprendre du début jusqu’à la fin. Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture. Même si la suite s’avérait ne pas être à la hauteur, je ne regretterais pas l’achat de ce premier tome.

16/08/2003 (modifier)
Par hipopom
Note: 4/5
Couverture de la série Le Temps des Bombes
Le Temps des Bombes

Le Paris fin de siècle est très bien rendu dans cette bd, ici en noir et blanc, ainsi que le milieu anarchiste. L'utopie se dégage des planches et les personnages sont vraiment très 1890's, un régal. L'histoire est prenante même si elle reste plus ou moins prévisible, n'empêche elle nous accroche et est très bien construite. Les personnages sont bien étudiés et sont attachants. La bd ne sombre jamais dans la niaiserie quand elle le pourrait. Le dessin est très vivant et le noir et blanc est une bonne idée. On suit avec passion les aventures de ces "scélérats".

16/08/2003 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5
Couverture de la série Laissez-moi imaginer
Laissez-moi imaginer

Devant tant de talent je ne peux que m'incliner. Quino est un génie. Je le connais assez mal mais je vois mal comment m'arrêter là après un album comme celui-ci. Il y a, dans cet album peut-être deux types de gags : celui qui n'est qu'une pure trouvaille visuelle, amusante et inventive, et le gag qui dit quelque chose sur les hommes, leurs désirs, leur caractère. Certains gags confine à la métaphysique! Et quand un gag appartient à ces deux catégories à la fois, on est devant un petit bijou! Le dessin? Et bien, il est très bien, ce n'est pas nécessairement l'important dans ce genre d'humour, mais ici c'est beau, très propre et très soigné, ce qui ne gâche rien, que du contraire. Voilà, il FAUT lire Quino, c'est un grand!

16/08/2003 (modifier)
Par Poukram
Note: 5/5
Couverture de la série Le Troisième Testament
Le Troisième Testament

Un chef d'oeuvre. Que dire de plus! Tout y est : * Un scénario impeccable qui nous tient en haleine durant les quatre tomes de la série. On sent que le scénariste a potassé son sujet longtemps et a disposé d'une très bonne base bibliographique historique tant les détails foisonnent. Se servir ainsi des faits de l'histoire de France et du monde eclésiastique pour y apporter ses interprétations avec en plus une grande dose de fantastique tient lieu du génie. Adeptes des scénarios complexes, foncez sur ce must. * Un dessin soigné, sombre par moments, présenté régulièrement sous forme de fresques. Toutes les émotions du scénario y transparaissent. On sent que la coopération entre Alice et Dorison était la seule qui pouvait donner cette âme à cette bd. Si vous êtes comme moi un adepte des relectures de bd afin de vérifier tous les détails de scénarios, achetez donc cette série. Elle est sans faille.

16/08/2003 (modifier)
Par Fubuki
Note: 5/5
Couverture de la série Monster
Monster

Que les anti-mangas, les défenseurs de la BD franco-belge coûte que coûte, qui les nomme "japoniaiserie" se cachent ! Nous sommes loin des productions "ordinaires", qui peuvent (globalement) se résumer à baston, cul et j'en passe et des meilleurs qui finissent par donner une mauvaise image du manga. "Monster" est (selon moi) LE manga adulte par excellence ! Après avoir lu la totalité des tomes on ne peut que se dire "Wouha ! mais ce Naoki Urasawa est un génie, et je n'en suis qu'à la moitié de la série !". J'irai même plus loin en poussant le vice et clamer que "Monster" est l'un des plus impressionnants ouvrages policiers qui m'ait été donné de lire. Le scénario est à n'en pas douter l'atout principal de cette série, ficelé, impressionnant, et humain. Comment ça humain ? J'expliquerai ça après. ;) Le lecteur est transporté en Allemagne, aux côtés du Docteur Temna, le plus grand neurochirurgien du pays. On y découvre dans un premier temps les petites magouilles des hôpitaux qui restent tout de même basées sur la renommée et par la même occasion le caractère de Kenzô Temna : sérieux et humain. En effet celui-ci se rend bien vite compte qu'un tel système ne peut pas se préoccuper des patients. Pour lui une vie humaine est ce qu'il y a de plus important. Vous voyez ? Uniquement dans les premières pages on arrive à se faire une idée du personnage principal qui est intéressant. L'intrigue est elle-même captivante et originale, mais ce qui est surtout époustouflant c'est la façon dont elle est menée. Le lecteur participe à l'enquête, Naoki Urasawa n'hésite pas à temporiser les évènements pour créer une part de suspense. Morceau par morceau l'enquête se complète, s'intensifie. Si le tome 1 est légèrement plus lent que les autres c'est certainement parce qu'il fallait poser les bases qui, on s'en rend compte ensuite, sont essentielles, le reste garde toujours la même force de captation grâce à des éléments supplémentaires qui s'ajoutent. Lorsqu'on termine un opus on commence par se poser une tonne de question, pour ensuite ne plus tenir et se jeter sur le prochain. Revenons sur le côté humain. Naoki Urasawa crée une galerie de personnage impressionnante. Mais à quoi ça sert ? Et bien tout simplement à épauler les personnages principaux ! Une tonne de petites histoires viennent se greffer à la trame générale et à chaque fois on se rend compte que grâce à celles-ci l'histoire est relancée de plus belle. Ces petites histoires sont intéressantes car elles mettent en jeu des protagonistes humains, qui ont une certaine sensibilité. Toutes les réactions nous (me) paraissent naturelles. Seul un personnage se montre insondable (quoique...au fil des tomes...) : Johann. Ah ! Johann est des personnages le plus charismatiques que j'ai pu connaître. Le rôle du méchant lui va comme un gant mais à aucun moment on n'a envie de le détester, on n'éprouve de la haine, tout ce qu’intéresse le lecteur c'est ce qu'il est ? Avec son air d'ange on ne peut pas le détester. Tous les protagonistes de l'histoire ont un côté travaillé, fourni, que cela soit Dieter ou Eva et j'en oublie ! Quant au dessin, personnellement j'adore, un mélange plus qu'intéressant du graphisme européen et japonais. Le seul élément qui puisse nous renseigner sur le fait que l'on soit bien dans un manga c'est les personnages et encore... Les visages se rapprochent du Japon alors que le buste s'en éloigne. Est-ce dû au fait que l'histoire se passe en Europe ? Toujours est-il que les décors sont époustouflants, quelle maîtrise du noir et blanc ! Et d'une justesse pas croyable. On sent qu'il y a derrière tout ça une recherche très importante de documentation, d'implication. Il faut tout de même savoir que "Monster" a été nominé aux Alph'Arts d'Angoulême en 2003 dans la catégorie meilleur scénario. Je trouve que c'est une grande avancée dans l'histoire de la BD franco-belge que d'admettre enfin la qualité des productions japonaise et se rendre compte qu'elles sont dignes d'égaler, voire même de surpasser bon nombre de séries de BD ! La suite, vite ! Et je peux vous assurer que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Un scénario mené comme un maître, des personnages réalistes et sensibles, des dessins impeccables : je suis conquis par "Monster" et Urasawa...

16/08/2003 (modifier)