Les derniers avis (39914 avis)

Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Féroce (Muro Harriet)
Féroce (Muro Harriet)

Excellente BD, merci encore une fois à ce site et aux avis précédents pour la découverte et m'avoir donné envie de la lire. Le déroulement de l'histoire est prenant, elle commence doucement, mais une fois lancée, elle nous laisse aucun répit ! La grande surprise pour moi a été la mise en page époustouflante. Aucune planche ne se ressemble ! Souvent, une illustration occupe 1/4 ou la moitié de la page avec plusieurs cases superposées, offrant une profondeur et une meilleur compréhension de la scène . Le découpage semble chaotique et aléatoire, mais il est en réalité très bien pensé, avec beaucoup de cases par page (peut-être un peu trop parfois ?), de toutes tailles, souvent des rectangles occupant toute la largeur de la planche. Le dessin est superbement réalisé, très réaliste et détaillé. La colorisation nous plonge parfaitement dans cet hiver glacial, donnant presque des frissons. Bref, la collaboration entre ces trois artistes est, à mon avis, parfaite. Les scènes d'action sont bien réalisées, les tigres bien dessinés, et j'ai beaucoup apprécié le réalisme des véhicules/machines. Les bulles de dialogue sont parfois un peu surchargées à mon goût, surtout dans le premier tome, mais ça reste supportable et pas trop fréquent. Une belle découverte d'une BD d'action en forêt qui nous tient en haleine jusqu'au bout.

18/07/2024 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5
Couverture de la série L'Autoroute du soleil
L'Autoroute du soleil

Karim et Alexandre sont entrainés malgré eux dans une aventure aux multiples rebondissements qui va les confronter à ce que la société a de plus laid : la désindustrialisation, la montée de l'extrême droite, les ratonnades, les émeutes de cités et le trafic de drogue. Alors forcément c'est difficilement envisageable de s'attirer autant d'emmerdes d'un coup mais quand la poisse vous suit, elle ne vous lâche pas. Nos 2 lascars ne s'en laissent pas compter et n'en oublient pas les quelques plaisirs de la vie. Au niveau graphique une vrai attention a été portée aux décors que j'ai trouvé très soignés. Par contre les personnages c'est autres chose (la serveuse de la cafétéria aïe aïe aïe). C'est laid et cela peut rebuter de prime abord et pourtant, finalement, cela ne gêne en rien à la lecture. Je trouve même que cela correspond plutôt bien avec l'ambiance de l'ouvrage. Quand l'intégrale est arrivée à la maison, je me suis dis "ouh le pavé, ça va m'occuper un moment". Finalement je l'ai dévoré d'une traite, j'ai trouvé la lecture très facile et fluide, signe que c'est bien écrit et prenant malgré un scénario tiré par les cheveux. Assurément une belle découverte pour peu qu'on arrive à passer outre les premières planches

18/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série A quoi pensent les russes
A quoi pensent les russes

3.5 Un bon carnet de voyage sur ce que pensent certains habitants de la Russie après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le seul gros défaut de l'album est que c'est daté parce que les témoignages datent du début du conflit et j'aimerais bien voir ce que pense maintenant tout ce beau monde maintenant que cette guerre censé être facile pour les russes dure depuis plus de 2 ans. A part cela, c'est vraiment un bon carnet de voyage qui va plaire aux fans du genre. Il y a une belle diversité dans les témoignages et parlant de diversité on va aussi apercevoir quelques minorités culturelles pas très connu en dehors de la Russie et j'ai vraiment aimé. Le dessin est vraiment sympathique. J'espère que l'auteur va faire une suite !

17/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Love Addict - Confessions d'un tombeur en série
Love Addict - Confessions d'un tombeur en série

Des coups d'un soir - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il s'agit d'un récit autobiographique, réalisé par Koren Shadmi pour le scénario, les dessins et la mise en couleurs. La première édition date de 2016. Prologue : K (Koren) et son pote Brian sont chacun assis sur une chaise devant les marches qui mènent à l'entrée de l'immeuble où se trouve leur appartement. C'est l'été : ils ont une demi-douzaine de trucs à vendre, et surtout ils regardent passer les filles. Brian trouve que c'est le paradis, K que c'est un véritable supplice chinois. Brian se lève pour aller chercher à manger, et il demande à K de ne pas vendre son Transformer sans lui. Après son départ, deux copines s'arrêtent et souhaitent savoir combien ils vendent une de leurs chaises. K et elle se mettent d'accord sur 20 dollars. Avant de partir, elle lui laisse sa carte : Michelle Rove, réalisatrice de documentaires. Brian revient et félicite K pour la vente. Un an plus tard, Michelle et K emménage ensemble, et elle apporte la chaise qu'elle avait acheté à K. 6 mois plus tard, l'acrimonie est palpable et ils rompent. C'est l'hiver : K avec son pote Brian et un autre fête son anniversaire au bar Union dans Brooklyn. K explique qu'il est encore sous le coup de sa séparation avec Michelle. Les deux autres lui font observer qu'il y a plein de filles libres dans le bar qui est un lieu de rendez-vous bien connu, qu'il n'a pas à chercher un nouveau grand amour, mais qu'il peut chercher le coup d'un soir. K répond que ce n'est pas son truc, qu'il ne pense pas comme ça. Brian lui fait observer que les femmes ici présentes cherchent exactement la même chose que lui. De retour dans leur colocation, Brian pousse K de son ordinateur et lui ouvre un compte sur le site de rencontre Lovebug. Puis il réinstalle K devant le clavier et lui intime de compléter son profil. Il lui donne des conseils sur comment remplir en utilisant les statistiques de réussite des profils, sur la photographie à mettre dans son profil. Il ne reste plus qu'à attendre. Le lendemain soir, K n'a eu aucune réponse. Brian lui demande combien de messages il a envoyés : K répond 3. Son copain lui explique qu'il doit en envoyer au moins 60, et tous différents, personnalisés en fonction du profil de la dame. K se lance et en écrit 42 de plus. Il finit par avoir une réponse. Quelques jours plus tard, une femme lui indique qu'elle est au Mamma Bar et qu'il peut venir la rejoindre. Il hésite, Brian l'admoneste en lui disant qu'il doit y aller tout de suite. K répond qu'il arrive dans 15 minutes. Il rentre dans le bar et voit une jolie jeune femme au comptoir en train de descendre une bière. Il l'aborde : c'est bien elle. Il lui demande si elle a apprécié l'exposition sur les vins qu'elle est allée voir. Il sent l'odeur de l'alcool dans l'haleine de son interlocutrice. Elle fait une remarque sur les chaussures de K qu'elle trouve un peu féminine. Ils parlent de la gentrification du quartier. Elle accepte d'aller chez lui, tout en continuant à se montrer un peu sarcastique. Arrivée chez lui, elle lui demande s'il a quelque chose à boire. Ils s'allongent sur le canapé et elle enlève son teeshirt. Le sous-titre est clair : les confessions d'un dragueur en série. Le lecteur suite K pendant un an de son premier rendez-vous au rendez-vous numéro 75. L'auteur ne montre pas les 75 rendez-vous, mais quand même 24. Le principe du récit est simple : K s'est fait plaquer, son copain l'incite à tester un site de rencontres, et K se prend au jeu, jusqu'à enchaîner les rencontres. Il a peine à croire à la facilité avec laquelle tout ça se passe quand il se rend compte qu'il a réussi à coucher avec 3 femmes différentes en 3 nuits, chose qui ne lui était jamais arrivé. Le titre est également explicite : K va devenir dépendant à ces conquêtes d'un soir, au sexe facile. Le lecteur est donc témoin du comportement d'un individu en proie à une addiction. Pourtant, il n'y pas de leçon de morale, à peine un regard moral sur ces pratiques. K n'est pas un monstre. Il rencontre des jeunes femmes consentantes. Il n'y a pas de rapport de force ou de manipulations malsaines, d'abus de faiblesse, ou de rapport non consenti. Le personnage est bien fait de sa personne, sans être un Apollon. Il choisit des jeunes femmes également bien faites de leur personne, selon ses critères de beauté, avec un fétichisme pour une rencontre (coucher avec une culturiste) mais pas pour les autres. Il n'y a aucune déviance sexuelle, aucune tromperie de part et d'autre sur la nature de la relation recherchée. Pour raconter son histoire, Koren Shadmi dessine dans un registre réaliste avec un bon niveau de détails. Il représente très régulièrement les lieux où évoluent les personnages, la plupart relevant du quotidien. Le lecteur suit donc K dans des bars, dans son appartement en colocation, à une exposition d'art africain, dans un parc (une erreur tactique), dans un sexshop (une demoiselle un peu fofolle), dans un cinéma, dans un parc avec sa sœur, sur son lieu de travail (un studio d'animation). À chaque fois, il s'agit d'endroits avec des détails particuliers qui rendent les lieux plausibles et uniques. Les personnages se positionnent en fonction des meubles et des accessoires, interagissant avec le décor. Le passage le plus exotique se déroule à Atlantic City pour un week-end avec May, à jouer au Casino et à se promener le long de la plage. L'artiste se concentre sur l'objectif que le lecteur comprenne où se trouvent les personnages, sans passer en mode tourisme avec un luxe de détails qui seraient hors de propos. Il réalise lui-même sa mise en couleurs avec des couleurs douces un peu foncées, apportant plus de matière à chaque surface, sans utiliser d'effets spéciaux propres à l'infographie. Le dessinateur utilise une approche naturaliste pour les personnages. Il n'exagère pas leur anatomie, ni leurs gestes. Le lecteur remarque qu'il adoucit les traits de leur visage pour les rendre plus expressifs, souvent sympathiques. C'est encore plus vrai pour le visage de K, très épuré, avec des airs qui évoquent parfois Woody Allen jeune. Il n'hésite pas à représenter la nudité y compris de face : il n'y a pas d'hypocrisie visuelle par rapport au sujet du récit. Pourtant les parties de jambes en l'air ne dégagent pas d'érotisme, et n'ont rien de pornographique. Il n'y a pas de gros plan de pénétration, ni sur les organes génitaux. Les rapports sont montrés en une page ou moins et comme étant une occupation tout ce qu'il y a de plus naturelle, quasiment dépourvue de toute charge affective. Cela n'empêche pas K de se montrer toujours respectueux de sa partenaire du soir, et que chacune se comporte de manière différente. Du coup, le lecteur se rend compte qu'il ne sent pas dans une position de voyeur, mais d'observateur d'un moment banal de la vie de K. Il peut admirer des corps féminins différents, il peut comprendre le désir de K, sans pour autant l'éprouver lui-même. C'est un phénomène assez étrange, comme si l'abondance de relations en venait à les rendre insignifiantes sur le plan du désir. Le dessinateur rend admirablement bien compte de la diversité des femmes, de leur individualité, prenant soin de leur attribuer des tenues vestimentaires adaptées aux conditions climatiques et à leur personnalité. Le lecteur peut s'interroger sur le fait que le personnage principal ne soit appelé que par la lettre K, l'initiale du prénom de l'auteur. Mais rien ne permet de savoir s'il s'agit d'un récit autobiographique plus ou moins fidèle, d'une autofiction ou d'une complète fiction. Le titre et le sous-titre indique que le lecteur va observer un individu devenant dépendant, mais l'auteur ne va pas jusqu'à la déchéance, il ne sort pas de la normalité d'un jeune homme ayant décidé de prendre du bon temps. K profite des bons conseils de son ami Brian qui a plus d'expérience que lui. D'ailleurs tout du long, Brian est un plus gros consommateur que son pote, allant jusqu'à se créer un deuxième profil pour séduire des femmes qui ne seraient pas attirées par son profil initial. En fonction de ses propres convictions morales (et de sa santé), le lecteur se retrouve libre de porter le jugement qu'il veut sur la vie de K, car il n'y a que des adultes consentants. Les femmes ne se comportent pas en victime, ni même en victime consentante, et l'une d'elle utilise le corps de K quasiment comme un objet, uniquement soucieuse de son propre plaisir. Cette vie de bâton de chaise semble bien convenir à Brian, avec finalement peu de mauvaises surprises. Finalement la notion d'addiction reste sous-jacente, et l'auteur donne l'impression de forcer la dose pour le rencart 70, car il conserve un ton léger tout le long du récit. Pour autant, le dénouement ne tombe pas à plat. Il n'y a pas de justice immanente ni de punition morale. Il y a une situation qui met en lumière les limites affectives de relations de ce type. La couverture semble promettre un récit sulfureux dans le genre : j'étais un accro des sites de rencontre. La lecture s'avère beaucoup plus agréable, dépourvu de côté malsain ou moralisateur. La narration visuelle se fait par des pages à l'ambiance douce, avec des dessins précis sans prétention photographique, et des personnages très incarnés, y compris les conquêtes d'un soir. Il n'y a pas d'hypocrisie visuelle sur le sujet, la nudité étant une évidence au vu du type de récit. Koren Shadmi ne diabolise à aucun moment ni le personnage ni la pratique, et le ton reste amusé, sans condescendance. Le lecteur est libre de se faire son opinion sur ce type de vie.

17/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman - Curse of the White Knight
Batman - Curse of the White Knight

Post héros - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il regroupe les 5 épisodes, initialement parus en 2020, écrits, dessinés en encrés par Sean Murphy, avec une mise en couleurs réalisée par Matt Hollingsworth. Elle fait suite à Batman - White knight (2018), réalisé par la même équipe, qu'il vaut mieux avoir lu avant. Il contient également l'épisode supplémentaire Batman: White Knight Presents Von Freeze, paru en 2020, écrit par Sean Murphy, dessiné et encré par Klaus Janson, et mis en couleurs par Matt Hollingsworth. En 1685, au manoir des Wayne, le maître de céans Edmond Wayne passe Lafayette Arkham par le fil de son épée, sous les yeux de Bakkar. Il jette son cadavre par une ouverture circulaire et celui-ci tombe au plus profond des grottes souterraines, tout en continuant de rire comme un dément, ses canines de vampire clairement apparentes. Au temps présent, le responsable de l'asile d'Arkham vient ouvrir la cellule de Joker en lui apportant ce qu'il a demandé, bien emballé dans un long sac. Il lui a également apporté les clés de son ancienne cellule. Alors qu'ils descendent les escaliers pour s'y rendre, Joker demande où se trouvent les autres détenus. Ils ont été transférés dans un autre établissement afin que la rénovation de l'asile puisse commencer. Cela fait partie du Projet Napier. Joker s'énerve en entendant ce nom, et exige que le directeur ne le prononce plus devant lui. Finalement arrivé devant son ancienne cellule, Joker prend en charge son long paquet, et poignarde le directeur à la gorge avec son stylo. Au manoir Wayne, Bruce a trouvé l'enveloppe qu'Alfred lui a laissée, et en fait la lecture. Alfred espère que Bruce ne s'isolera pas davantage et qu'il ne coupera pas la communication avec Richard et Barbara. Il ajoute qu'il lui a laissé un coffret sous une lame de parquet de sa chambre. Bruceval'y retirer et en sort un coffret ancien contenant un journal avec une couverture de cuir. Batman répond au symbole lumineux de la chauve-souris qui apparaît sur les nuages. Il se rend à l'asile d'Arkham où il est reçu par le commissaire James Gordon. Ce dernier lui apprend l'évasion de Joker, et il évoque la réserve étrange du directeur qui ne répond pas franchement aux questions. Batman interroge à son tour le directeur en l'intimidant et le mettant face à ses contradictions. Il finit par apprendre que Joker a fait une découverte dans sa cellule. Gordon et lui s'y rendent. Ils découvrent une pièce secrète derrière un mur : le fond d'un puits. Il y a un message en lettres de sang sur un mur, trop effacé pour être déchiffrable, et un os humain qui dépasse du sol, indiquant la présence d'un cadavre enterré. Ruth Redford se fait déposer par son chauffeur, à l'entrée de l'immeuble où se trouvent ses bureaux. Elle rentre dans son bureau, une grande pièce avec vue et y découvre Joker assis dans son fauteuil en cuir, avec ses pieds sur le plateau en acajou de son bureau. La conversation s'engage. Dans la batcave, Bruce Wayne explique à Dick Grayson les raisons pour lesquelles il va révéler son identité réelle aux habitants de Gotham. Le lecteur constate tout de suite qu'il s'agit de la continuation du tome précédent. Il retrouve cette version un peu différente de Batman (Bruce Wayne), de Richard Grayson, de Barbara Gordon du commissaire Gordon, de Joker, de Harley Quinzel, et bien d'autres personnages récurrents de l'univers de Batman. L'auteur en respecte les caractéristiques principales, et aménage quelques caractéristiques secondaires. Ainsi, Joker fut par le passé Jack Napier, Grayson travaille pour une unité spéciale de la police de Gotham sous son identité de superhéros Nightwing, et cette unité a intégré dans son parc de véhicules des Batmobiles. Il est fait référence aux événements du tome précédent, et Batman songe à révéler son identité, comme suite logique desdits événements. La quatrième de couverture permet de découvrir qu'Azrael intervient dans l'histoire, dans une version un peu différente de la continuité (ou des continuités) précédemment établie. À plusieurs reprises, l'auteur réarrange des faits, à commencer par l'histoire de la fondation de Gotham, et l'histoire de la dynastie des Wayne. Il ajoute également au mythe, avec le personnage de Bakkar, le personnage de Ruth Redford, et la mystérieuse Élite de Gotham qui reste dans l'ombre tout en exerçant une forte influence politique. Il est possible que le lecteur revienne avant tout pour la partie graphique, plus que pour l'intrigue. Sean Murphy est toujours investi dans sa narration visuelle, avec des moments extraordinaires : Edmond Wayne aussi élégant qu'Errol Flynn (1909-1959), Ruth Redford aussi autoritaire que la version initiale d'Amanda Waller, l'épée d'Azrael flamboyante et inquiétante, le transfert des prisonniers d'Arkham avec leur combinaison orange, l'entrain contagieux de Barbara Gordon, quelques course-poursuites dans Gotham toujours aussi réussies, et de beaux affrontements physiques. Les personnages disposent tous d'une réelle prestance, et d'une réelle personnalité visuelle : Batman avec ses cuissardes et sa cape serrée, Harley Quinn et sa silhouette mince, Ruth Redford et sa forte présence physique, Edmond Wayne et son côté pirate élégant, Joker et son exubérance ainsi que son long nez (le seul à avoir conservé un appendice nasal aussi allongé). Déjà acclimaté avec le tome précédent, le lecteur apprécie pleinement la personnalité graphique de l'artiste, ce mélange de traits fins et secs, d'aplats de noir aux contours complexes, d'alternance entre des plans focalisés sur les personnages pour les scènes d'action intenses, et de décors détaillés pour les moments civils ou les séquences de dialogue. Il sait donner vie à chaque personnage, et entremêler des séquences du dix-septième siècle avec celles au temps présent, les éléments gothiques avec la technologie présentant une touche futuriste, des personnages avec une touche romantisme, et une touche de folie. L'intrigue s'avère rapidement dense sans être trop complexe, avec l'évasion de Joker, l'histoire de la famille Wayne, l'ordre de Saint Dumas, et un secret caché depuis plusieurs siècles, susceptible de faire perdre pied à Bruce Wayne. Dans le même temps, la vie des personnages continue. Bruce Wayne tire les enseignements des événements du précédent tome, et James Gordon fait de même de son côté, chacun arrivant à sa conclusion. Harleen Quinzel doit gérer les conséquences de sa relation avec Jack Napier, ainsi que la disparition de ce dernier. Richard Grayson et Barbara Gordon entretiennent des relations un peu différentes avec l'unité spéciale de la police de Gotham. Ils doivent faire face plus ou moins unis à la fois à Joker à nouveau dans la nature, à la mystérieuse Élite représentée par Ruth Redford, et à l'arrivée d'un représentant de l'Ordre de Saint Dumas doté d'une épée, et jouant les vigilants à sa manière. Le lecteur se rend compte que cette fois-ci l'enjeu n'est plus politique, que l'intrigue prime dans la narration. Il peut en être un peu frustré car cette fameuse Élite reste très fumeuse, sans réelle consistance, désincarnée, même pas une caricature d'individus capitalistes. Outre de savoir si Batman et ses alliés pourront endiguer la montée des criminels, le véritable enjeu réside dans la capacité de Bruce Wayne à changer. Sa place en tant que Batman est remise en question. La place de sa famille dans l'histoire de Gotham est remise en question. Sa collaboration avec James Gordon est remise en question. L'héritage de Jack Napier et sa fondation ont plus d'impact bénéfique que ses actions en tant que Batman. Le lecteur peut y voir une réflexion sur ce qui fait l'identité d'un individu, ainsi qu'une réflexion sur l'intérêt de l'action d'un individu isolé pour lutter contre le crime. Ces axes sont moins superficiels que l'existence de l'Élite, mais ils ne débouchent pas sur une réflexion sur la nature de l'identité personnelle, ni de l'héroïsme individuel. Cette suite constitue une aventure de haut vol pour la narration visuelle, la cohérence de l'univers créé, le charisme des personnages créés, avec une intrigue fournie et divertissante, et des thèmes sous-jacents intéressants, même s'ils ne sont pas développés. Von Freeze : 45 pages, scénario de Sean Murphy, dessins et encrage de Klaus Janson, couleurs de Matt Hollingsworth. Il y a quelques années de cela, Nora fait irruption dans le laboratoire de Victor von Fries expliquant qu'elle ne peut pas accepter son offre d'emploi. Puis un laborantin vient les interrompre pour leur indiquer que Martha Wayne vient de faire un malaise dans la grande salle. Ils se précipitent pour lui venir en aide, et von Fries doit opérer. Ce tome comprend donc un numéro hors-série pour une histoire qui trouve sa place entre les épisodes 6 et 7 de la première saison. Dans une page d'introduction, le scénariste exprime toute sa gratitude d'avoir ainsi pu travailler avec un des artistes qu'il admire et avec qui il est devenu ami. Janson effectue un excellent travail narratif pour cette histoire se déroulant en Allemagne sous le régime nazi, avec une mise en retenue, très adaptée, dans des tons gris acier. Le lecteur en apprend plus sur ce personnage, en découvrant son histoire personnelle, dans un récit qui évite le manichéisme.

17/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goodnight paradise
Goodnight paradise

Aux côtés d'un sans-abri dans un polar ensoleillé - Ce tome contient une histoire complète et indépendante de toute autre. L'éditeur a pris le parti de publier en même temps la version en épisode, et la version en recueil. Ce tome a été publié initialement en 2018, écrit par Joshua Dysart, dessiné et encré par Alberto Ponticelli, avec une mise en couleurs réalisée par Giulia Brusco. La forêt est en train de brûler. À Venice Beach en Californie, il fait beau : ciel bleu, soleil brillant, la fumée de l'incendie n'est pas encore arrivée. Eddie Quinones, un sans-abri, marche tranquillement, la capuche de sa veste rabattue sur sa tête. Il entre dans la bibliothèque municipale : les toilettes en sont fermées, ce qui lui rappelle qu'il a vraiment très mal au ventre. Il salue Tom, un jeune homme en train de lire, et se rend à un des postes informatiques en libre -service. Il consulte son courriel : il a un message de son fils Jeronimo Duran qui lui indique qu'il passera à Venice dans deux semaines et qu'il aimerait bien le rencontrer. Eddie ressort en disant au revoir à Tom, et se rend chez son meilleur ami Bob qui habite dans un camping-car. Ce dernier lui propose de rentrer, et lui offre une bière. Il se plaint de son pied qui ne guérit pas, ce qui à terme pourrait l'empêcher de conduire. Puis il s'installe aux toilettes, tout en continuant à discuter avec son pote. Il l'informe que son fils va venir et qu'il souhaite le voir. Bob lui propose de lui laisser son camping-car le temps que son fils sera là, lui ira dormir chez sa copine. Eddie sort des toilettes sans avoir rien pu faire. Il esquisse quelques pas de danse en chantant, et explique qu'il pense qu'il n'arrivera plus jamais à aller à la selle. Bob a sorti sa guitare et gratte un peu pour accompagner son pote. Une fois qu'il se sont détendus en fumant une cigarette qui fait rire, ils décident d'aller faire un tour le long de la plage. Une fois à l'extérieur, ils se promènent sur l'allée qui longe la plage. Eddie s'arrête pour saluer une sans abri, allongée par terre avec son chien Snap à ses côtés : Tessa Kerrs. Le chien grogne et montre les dents empêchant Eddie de l'approcher, et elle semble partie dans un mauvais trip. Il continue à se promener tout seul, et est interpellé par Hogan, un individu à l'allure de clochard, mais visiblement aussi un facilitateur entre les sans-abris et les aides publiques ou privées. Hogan lui donne un petit plateau repas pris sur le stand sur la promenade, et lui fait observer la présence de jeunes gens fortunés en provenance de Santa Monica, avec leurs gardes du corps. Il lui indique qu'ils sont le symptôme d'une opération de renouvellement urbain imminente. Enfin, il confie un téléphone portable à Eddie, un don du gouvernement Obama. Enfin Eddie arrive près d'un banc squatté par Friday, un autre sans-abri de ses amis. Il s'assoit à ses côtés, et Friday lui offre une bière. Ils papotent un peu, et Eddie voit passer Tessa accompagnée de son copain Jacq. Il leur adresse la parole, mais Jacq lui intime de les laisser tranquille avec des mots crus. La nuit tombe. Eddie et Friday regardent passer un troupeau de cyclistes. Eddie décide d'aller faire le tour des conteneurs à déchets pour voir ce qu'il peut récupérer : il découvre le cadavre de Tessa et de son chien dans l'un d'eux. TKO est une maison d'édition de comics fondée en 2017 par Tze Chun et Salvatore Simeone, ayant fait appel à des créateurs réputés pour leurs premières parution comme Garth Ennis pour SARA avec Steve Epting, et Jeff Lemire pour Sentient , avec Gabriel Hernández Walta. Joshua Dysart et Alberto Ponticelli ont déjà collaboré sur une série mémorable : Soldat Inconnu (2008-2010, 25 épisodes) sur la guerre en Ouganda. Le lecteur découvre vite le type de récit du présent tome : un polar. Le personnage principal est donc un sans-abri, visiblement depuis de nombreuses années, qui vit dans une région ensoleillée des États-Unis, vivant dehors, sans domicile fixe, dormant souvent dans la rue, se nourrissant mal, ne disposant d'aucune couverture sociale, avec quelques difficultés de concentration, ne buvant que des bières, mais pas beaucoup car il n'a pas le moyen de s'en acheter. Le meurtre concerne une autre personne à la rue, une jeune fille, visiblement pas très bien dans sa tête, au point de parler à haute voix toute seule, dormant elle aussi dans la rue. Les auteurs n'utilisent pas un sans-abri juste pour avoir un point de vue original. Les caractéristiques de la vie à la rue ne disparaissent pas comme enchantement au bout d'une dizaine de pages : elles sont présentes tout du long du récit. Eddie ne devient ni un individu particulièrement costaud, ou particulièrement brillant dans ses déductions, et sa façon d'appréhender la réalité reste tout du long en décalage avec celle d'un individu intégré à la société. Au fur et à mesure que l'enquête progresse, le lecteur découvre avec Eddie, des ramifications dans la prostitution, le mondes des affaires avec l'implication d'un promoteur immobilier, et celui des hommes de main. Au cours du chapitre 4, les auteurs consacrent une page à la création de Venice Beach et de ses canaux par Abbot Kinney (1850-1920). Là aussi, la localisation de l'affaire ne se limite pas à juste disposer d'un joli décor avec la mer et des palmiers, mais participe à l'intrigue qui n'aurait pas été la même si elle s'était déroulée dans un autre lieu. Les errances et les recherches plus ou moins conscientes du sans-abri font apparaître des caractéristiques économiques de la société dans laquelle il évolue ou qui l'entoure, faisant de ce récit un véritable polar, un révélateur et un commentaire social. La vie des différents personnages est façonnée par les forces qui modèlent la société dans ce quartier de Venice Beach. Le scénariste s'inspire des meilleurs auteurs de polar, la Californie faisant penser à un écrivain y ayant situé la plupart de ses polars : Ross McDonald (1915-1983, de son vrai nom Kenneth Millar). D'expérience de lecteur, il n'est pas facile de raconter un polar en bande dessinée, car le mécanisme de l'enquête est beaucoup plus visible et peut vite paraître artificiel. Les auteurs évitent cet écueil d'une part parce que le personnage principal est un sans-abri, d'autre part grâce à la narration visuelle. Eddie n'est pas un enquêteur professionnel, ni même amateur : il poursuit une idée, ou un questionnement, souvent sur la base d'une logique très partiale et très partielle. L'artiste prend bien soin de montrer les personnages comme des individus plausibles et réalistes, sans les idéaliser ou leur donner une allure romantique. Les différents sans-abris arborent des expressions de visage montrant une forme de conscience de vivre en marge, avec des gestes présentant parfois une apparence différente, des postures ou des mouvements que n'auraient pas un individu intégré à la société. Ponticelli n'en rajoute pas sur la crasse, l'hygiène douteuse, ou la vie dans les détritus. Il montre de manière factuelle et dans le fil du récit des facettes de la vie de sans-abri : le bandage sale du pied de Bob, le visage jamais rasé d'Eddie et ses habits crasseux, le bazar dans le camping-car usagé de Bob, le coin de mur contre lequel Tessa se repose, les trottoirs de Skid Row envahis par les tentes des sans-abris, le décalage entre une banlieue propre et pimpante et la présence de sans-abris en train de manifester. Dès la première page, le dessinateur investit du temps pour représenter Venice Beach, sa plage, sa promenade le long de l'océan, le type d'immeubles et de pavillons en fonction des quartiers. Il ne s'agit pas de tourisme, mais juste de représenter l’environnement dans lequel se déroule une séquence dans la rue, ou à l'intérieur d'un immeuble ou d'une maison. Il représente avec le même naturel les accessoires de la vie courante comme les téléphones portables ou les canettes de bière. De temps à autre, le lecteur remarque une suite de cases avec un cadrage de type plan poitrine ou plus rapproché, sans rien en arrière-plan. D'un autre côté, la coloriste sait mettre en place une teinte principale dans chaque scène et la décliner lorsqu'il faut habiller un fond de case. Il n'y a que dans le cinquième épisode que le dispositif narratif montre ses limites. Eddie s'est déplacé d'un endroit à l'autre pour rencontrer des individus au gré de sa fantaisie, de ce qu'il pouvait comprendre. Le lecteur découvre ces scènes du point de vue du personnage qu'il a croisé, replacées dans le contexte du moment de la vie de cet autre personnage. Le scénariste montre alors ses trucs de manière un peu artificielle, les personnages expliquant à Eddie, ou même directement au lecteur ce qu'il a fait. Pendant ces moments-là, Dysart ne parvient pas à échapper à la mécanique du roman policier avec les phases d'explication ou de révélation quant à ce qui s'est vraiment joué pendant telle ou telle scène. Joshua Dysart & Alberto Ponticelli relèvent le défi de raconter un vrai polar : une enquête criminelle inscrite dans un milieu social particulier et qui sert de révélateur. L'histoire tient cette promesse de manière aussi ambitieuse que naturelle, avec un personnage principal inhabituel : un sans-abri montré de manière naturaliste du début jusqu'à la fin, sans exagération romantique, sans qu'il ne se transforme en personnage d'action générique en cours de route. Le lecteur se retrouve emporté à Venice Beach, à côtoyer des sans-abris désocialisés, mais gênant de plusieurs manières.

17/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Après le 13 novembre
Après le 13 novembre

L'avis de Paco résume franchement bien l'album. Pour une BD sur le Bataclan et son massacre, elle est étonnamment "sobre" mais efficace. Se concentrant plus sur l'après et revenant sur l'évènement par petites touches seulement, découpant cet épisode à chaque fois que Sophie le raconte une nouvelle fois. Le dessin est là aussi clair et efficace, sachant représenter tout ce qui affecte Sophie après l'évènement, retranscrivant les différents traumatismes qu'elle vit chaque jour alors que le temps passe. C'est d'autant plus efficace que le graphisme mignon contraste avec la fureur de l'évènement et surtout la vision qu'elle en a. Cette retranscription participe au ressenti et l'angoisse qui l'assaille. La BD ne se contente pas des évènements et revient surtout sur le long parcours, très complexe, que Sophie dû affronter ensuite : l'hôpital, le retour à la vie normale, les psys et les galères, la souffrance physique, morale, comment elle dut batailler pour une indemnité, le manque de compassion et surtout la solitude dans laquelle elle se retrouva ensuite. Personne ne l'a aidé, et semble-t-il ne l'a même envisagé. C'est en lisant que je me suis rendu compte qu'elle a eut une chance énorme d'avoir un entourage proche et solide sur lequel compter. Je n'ose imaginer le calvaire que ce fut pour ceux qui étaient désespérément seuls. C'est une très bonne BD sur les traumatismes d'un attentat, la vie qui doit continuer et la façon dont notre société tente de balayer sous le tapis la poussière des survivants. La BD est triste mais optimiste et sa violence est tempéré par les auteurs, ce qui la rend lisible et accessible. Je la déconseille quand même aux personnes sensibles, l'ensemble reste lourd. Mais très franchement bon.

17/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Urgence climatique
Urgence climatique

Dans la même veine que Horizons climatiques - Rencontre avec neuf scientifiques du G.I.E.C. ou Le Monde sans fin, cette BD de Lécroart se veut un petit aperçu de la situation du changement climatique à l'aulne des connaissances actuelles. Et oui, c'est pas le genre de truc qu'on doit lire lorsqu'on se sent mal, parce que ça met toujours une petite claque au moral. "Urgence climatique" est une BD moins dense et moins précise que les deux autres mentionnées ci-dessus, et ce n'est sans doute pas plus mal. Parce qu'elle remet aussi en perspective les faits avec une question politique, ciblant clairement le capitalisme, le libéralisme et le libre-échange comme des monstres à abattre pour sauver nos vies. Un choix judicieux ! Je ne m'attendais pas à ce que Lécroart soit investigateur dans ce domaine, plus habitué que je suis à ses BD de l'OuBaPo ou ses gags dans Fluide Glacial. Et pourtant tout cela passe parfaitement bien, parce que son style est précis dans les personnages et permet l'utilisation facile de caricature, de rôles stéréotypés ou de schémas qui s'intègrent bien. D'autre part, parce qu'il joue sur des couleurs avec lesquels l'auteur joue pour donner du relief au dessin et accrocher l’œil malgré une abondance de texte. Niveau contenu, c'est un long échange entre Lécroart et son ami Ivar Ekeland qui permets de cerner plusieurs aspects du changement climatique. Comme à chaque fois plusieurs choses reviennent et les auteurs ne se cachent pas de la résonance entre leur message et celui de Jancovici qui est une source d'inspiration cité. La BD sera donc redondante avec d'autres ouvrages plus pointu ou détaillé sur le sujet, mais elle est assez bien faite pour donner un aperçu global du sujet et inviter à creuser d'autant plus ensuite. Une introduction déjà détaillé, peut-être moins factuel mais ajoutant la dimension politique de Ekeland que j'apprécie beaucoup : arrêter de croire dans les sirènes du Néo-libéralisme et enfin accepter que le capitalisme est un système qui nous conduit dans le mur. Comme souvent dans les productions de ce genre, la BD finit sur une liste de projets qui voient le jour et donnent espoir. Ces milliers de gouttes d'eau dans un océan de problèmes sont le signe que quelque chose change. La BD est écrite durant la pandémie de Covid et je constate après celle-ci que si l'espoir de voir le monde changer brutalement a disparu, il y a néanmoins beaucoup de petits détails qui sont apparus, beaucoup de gens ont eu une prise de conscience et des nouveautés sortent chaque jour. Le changement climatique est désormais partout dans les discours et les initiatives se multiplient, surtout localement. La fin est d'ailleurs claire là-dessus : ce n'est probablement pas la génération élevé à la voiture/télé/avion qui va changer le monde, mais les jeunes informés. Le travail est donc titanesque mais curieusement plus je m'informe, plus je retrouve espoir. Une BD qui fait ce qu'elle a à faire d'une bonne façon et ouvre à plus de détails qui seront à retrouver dans toutes les BD déjà sorties sur ce sujet, et sans aucun doute sur toutes celles qui vont arriver. "Urgence climatique" s'inscrit dans la lignée des BD à fort caractère informatif que je ne peux que conseiller au grand nombre.

17/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

J'ai vraiment adoré cette BD, au point d'y penser longtemps après l'avoir lu, même en m'endormant. Tout d'abord, il est important de préciser qu'il s'agit ici de trouble dissociatif de la personnalité et non de schizophrénie, une confusion courante (le personnage de Lubin lui-même fait cette amalgame avant de rencontrer la thérapeute). Le sujet traité avec une touche de science-fiction, m'a beaucoup plu. J'imagine bien une adaptation en film ! d'ailleurs, ça m'a beaucoup fait penser à l'un de mes films préférés, 'Click', surtout vers la fin. J'ai bien aimé le style de dessin. Le fameux pot de peinture qui simplifie la colorisation est bien utilisé même si je ne suis pas fan de cette technique, cela dit le travail d'ombrage est plus détaillé que dans d'autres BD similaires. La lecture est fluide, rapide et agréable. Je ne me suis pas ennuyé du tout. Bien que j'aurais préféré une autre conclusion, j'ai été surpris par cette fin inattendue que j'ai finalement appréciée, car l'auteur nous emmène là où on ne s'attend pas, loin d'un happy end classique. Par contre, j'ai été un peu déçu de ne pas voir une journée du point de vue de "l'autre", mais ça apporte une certaine originalité à la narration, donc pourquoi pas. Je m'étais aussi beaucoup attaché à Tamara, ressentant souvent des pincements au cœur lors des séparations.C'était un personnage que j'aurais voulu voir d'avantage dans la lutte pour soutenir Lubin1. Bref, l'histoire m'a touché, c'est une très belle BD avec un scénario original, ce genre de lecture ça fait plaisir !

17/07/2024 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Féroce (Muro Harriet)
Féroce (Muro Harriet)

Avec cette série vous plongerez allégrement dans un univers où la nature se déchaîne et où personne n’est à l’abri ! L’histoire se déroule sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord. Un tigre de Sibérie, blessé par un braconnier, se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim, mais plutôt par vengeance. Le sang de ses victimes donnera un peu de rouge dans cette taïga sibérienne immaculée ! Les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, les agents du Centre du Tigre de l’Amur et les groupes environnementaux ne sont pas en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse. Inspirée de faits réels, cette série fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. L’horreur peut surgir à tout instant ! Au-delà de cette traque impitoyable, le graphisme d’Alex Macho va vous scotcher ! Les paysages hivernaux sont incroyablement beaux. Quant à l’histoire, cela part dans tous les sens pour mieux vous perdre. C’est délicieux de s’égarer dans cette taïga sibérienne. Deux albums captivants qui mêlent nature sauvage, vengeance et suspens. Un thriller remarquable avec de nombreux rebondissements. Je ne peux que recommander de lire ces deux albums bien au chaud chez soi. Frissons garantis.

17/07/2024 (modifier)