J'ai trouvé cette bd terrible.
Le dessin est simple mais colle super bien à l'histoire et à l'ambiance que crée Larcenet autour de Marco et ses choix de vie.
J'ai adoré la façon dont les différents aspects de la vie de Marco sont traités. C'est fort et léger à la fois, les messages sont là mais posés de manières très fine, sans lourdeur, ni insistance.
J'ai trouvé très très fort la façon dont sont montrés ses paradoxes.
Et malgré une trame de fond assez triste, il y a des vrais moments d'humour ou j'ai vraiment éclaté de rire en lisant.
A mon sens, il faut absolument lire le combat ordinaire...
Mise à jour après lecture du tome 3:
Larcenet maîtrise sont art avec beaucoup de finesse et de justesse.
J'adore. De plus en plus. A chaque lecture.
J'y trouve un petit quelque chose de nouveau à chaque fois.
La SF, il y a ceux qui se contentent de répéter des clichés Space Opera/Post Apo ad vitam et pondent des albums dont l'épaisseur scénaristique est de l'ordre du micron (allez voir du côté de Soleil si j'y suis).
Et puis il y a les auteurs qui nous filent une grande baffe en nous offrant un univers original, cohérent et riche dont on ne s'arrache qu'à regret.
Inutile de vous dire que pour moi le tandem Bourgeon/Lacroix appartient à la deuxième catégorie.
L'univers des confins est incroyablement fouillé et étudié, foisonnant de détails "qui font vrai", parcourus par des personnages dotés d'un background solide et réaliste, et bien entendu desservi par un dessin extraordinaire.
Je n'aurais qu'un seul regret (mais c'est peu de choses): la révélation finale aurait peut être méritée d'être un peu plus étoffée plutôt qu'expédiée en une quinzaine de planches.
Mais bon, quel talent, quand même!
J'ai lu hier les 3 premiers tomes et là, paf, d'un coup, je lui mets la note maximale. En effet, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu une BD avec autant de plaisir, sans lui voir le moindre défaut, et bien au contraire en lui trouvant un nombre énorme de qualités.
Le dessin est très bon, pour commencer. Détaillé, précis, bourré de détails et de clins d'oeil, joli, tout ce qu'il faut, quoi. Bon, j'ai eu un peu de mal au tout début avec les perspectives mais passé 20 pages, je n'ai plus eu aucun soucis du tout, bien au contraire.
Idem pour le scénario : il y a tellement de personnages, le monde imaginé là fourmille tellement dans tous le sens, que j'ai eu quelques tous petits soucis à m'y intégrer. Mais arrivé à la fin du premier chapitre, au quart du tome 1, j'étais parfaitement entré dans l'histoire, y prenant déjà le plaisir qu'il allait ensuite encore me procurer à chaque page, chaque dialogue, chaque chapitre.
On est loin des oeuvres sombres auxquelles Alan Moore m'a habitué (et que j'aime tout autant) : ici, le ton est léger, l'humour est très présent, et je me suis même pas mal marré. Et pourtant, cette part de légèreté s'intègre à la perfection avec des histoires policières presque banales si elles n'avaient pas pour protagoniste des dizaines de super héros, de dieux, de monstres, d'aliens, etc...
La structure du récit s'apparente énormément à celle de séries télévisées comme Urgences ou NYPD Blues : on suit à la fois les enquêtes et la vie privée de toute une équipe de policiers, sans jamais que le rythme ne baisse. J'ai été en permanence captivé, plongé dans ces histoires multiples et simultannées. Moore reprend à sa sauce nombre de références des comics et de l'imaginaire et les mélange pêle-mêle dans un fouillis qui prend une forme parfaite et m'a fasciné et vraiment ravi. C'est vraiment très bon au niveau du scénario, non pas parce que l'intrigue est complexe et forme un tout à la manière des Watchmen, mais parce que tout au long de la Bd on suit une multitude d'histoires toutes aussi prenantes, amusantes, attisant la curiosité ou le simple plaisir de suivre les personnages auxquels on s'attache très très rapidement.
Vraiment prenant, vraiment bien foutu, sympa, excellent !
D'ailleurs, le dessinateur et sans doute Moore au passage, s'amusent à glisser en permanence des clins d'oeil et autres personnages rapportés dans les décors et les rues bondées de Neopolis et d'ailleurs. On y retrouve par exemple (parmi beaucoup d'autres) Wallace et Gromit, Asterix et Obelix, Darth Vader, Donald, le légionnaire E.T. de Warner Bros, StarGate SG1 et même (et ça m'a surpris dans un comics) Ulysse 31 !
Dans la continuité de 666!!!
On ne peut pas dire pour le moment que cette suite soit de trop!
1000 ans après sa destruction Lilith revient et on peut dire qu'elle n'est pas contente!!! Carmody lui de son coté a été cloné et devient le nouveau Pape d'un clergé qui a plutôt bien évolué depuis notre époque!!!:D
Toujours autant d'humour (et toujours aussi fin!!!:D :D)
Les dessins quant à eux sont toujours aussi bons si ce n'est meilleurs (certaines planches comme celle de la nef amirale cathédrale sont vraiment superbes!!!). Les couleurs ont quant à elles bien changé, passage à l'ordi oblige, ce qui n'est pas un mal bien que certaines pages soient trop flashy à mon goût (saluons l'extermination d'Amazonia, le rose bonbon très peu pour moi!!!:D)
En Bref amis du jour bonjour, Amis des tripes bon trip!!!
Comme souvent, les voyages proposés par la collection "air libre", ne sont jamais décevants. Ce recit qui prend la guerre d'Indochine pour cadre, ne fait pas exception. On y apprend plein de choses, on est tenu en haleine par l'enquête du journaliste de l'histoire, on se pose plein de question tout au long de son parcours, bref, on est pris au jeu.
Encadrée par un graphisme très précis et agréable, cette mini série, dispose de toutes les qualités idéales pour un bon, un très bon moment de lecture.
Mon bémol ? La fin, digne d'un mauvais film du Delon des années 80. C'était inutile de boucler l'histoire de cette manière. Mais là, je chipote certainement...
Par contre, l'intérêt premier que je vois dans cette bd, c'est de constater combien la France (qui parfois se prend à donner la leçon aux autres pays), a du mal à éclaircir les points douloureux de son histoire. Le constat de la censure portant sur les événements cités dans la bd, qui date de 1986 est à ce titre, éloquent... Comme pour la guerre d'Algérie, on se rend compte que la France a du mal à exorciser les parties sombres de son histoire.
Sur ce plan précis, nos amis ricains sont beaucoup plus prompts que nous à faire leur mea culpa...
A méditer...
Vraiment excellent!!!
Sang, sexe et tripes chantait Gainsbourg... à moins que ça ne soit Carmody! Un bon gros délire à boire sans soif!!! Du Froideval pur et dur...
Une série à prendre au 3e 4e voir 5e degré!!!
Le monde est menacé par les hordes Démoniaques de Lilith venues des enfer, le père :D Carmody un prêtre aux penchants peu catholiques est mandaté par Rome pour repousser l'invasion!!!
Les dessins m'ont fait un peu peur au début et puis tout comptes faits on s'y habitue très vite et je peux même dire être assez fan aujourd'hui de ce que fait « il doctor Tacito »!!!
Amis des tripes à l'air et des gros bonnets vous allez trouver votre bonheur avec cette série!
Eh bien ! On peut dire que Tonkam a fait un bon choix éditorial en décidant de publier ce manga dès 1995 ! Il n'a malheureusement pas été réédité depuis, et comme les droits sont échus en 2003, il faut le dénicher en occasion, le commander en version anglaise (largement rééditée, elle), ou recourir à des moyens moins légaux. Bref, il faut le vouloir, mais on peut le trouver.
Asatte Dance ne peut que faire penser à Maison Ikkoku ("Juliette je t'aime") ou à d'autres mangas du même genre, avec un étudiant qui a des problèmes et qui est amoureux, ce pitch étant un grand classique... Il fait toutefois preuve d'un mélange absolument savoureux des genres puisqu'il conjugue humour, érotisme, drame et roman graphique avec beaucoup de naturel. Il faut dire que ses 1500 pages assez denses lui permettent d'explorer pas mal de chemins. Les personnages sont d'ailleurs nombreux et bien campés, multipliant encore les possibilités. A ce propos, cohérence et réalisme ne sont pas vraiment ce qu'il faut attendre en premier lieu d'Asatte Dance. Certains rebondissements passent en effet très bien en tant que fiction mais sont totalement irréalistes.
Mais alors me diras-tu, ô lecteur impatient et fébrile, qu'est-ce qui fait que cette série est si géniale ?
Eh bien beaucoup de choses, en fait. Déjà les personnages sont vraiment attachants. Ils débordent pour certains de vitalité (Aya, Ikezu), d'émotion. D'autres (Tachimi, le Yakuza, puis Sue vers la fin) sont d'une sobriété qui contraste de façon absolument magnifique. La grandiloquence caricaturée à l'extrême a aussi sa place avec Koki. Il y a encore Munakata, incroyable pot de colle éconduit et larmoyant, qui est souvent représenté à la façon des films d'horreur... Bien posés sans être figés, ils dévoilent petit à petit de plus en plus des facettes de leur personnalité. On sent de la part de l'auteur une certaine tendresse envers eux, et il est bien difficile de ne pas les trouver attachants. Très vivants, Aya et Suekichi révèleront au fil des tomes leurs véritables sentiments, étonnament réalistes... on en a parfois mal pour eux.
Ensuite pour l'absence de gnangantitude habituelle au genre. Dans Ah! My Goddess! par exemple, les situations entre les personnages sont complètement figés. Pas d'évolution, et pas de bisou surtout pas ouhlala c'est sale ! Ici c'est le contraire. Il ne faut pas attendre plus loin que la page 59 du premier tome pour voir Aya à poil, et les scènes de sexe, pour érotiques (= non porno, Don Lope et Kael ce manga n'est pas pour vous) qu'elles soient, sont quand même bien explicites. Cette absence des tabous habituels se retrouve d'ailleurs aussi largement dans les dialogues. Quant à l'évolution... eh bien au fil de ces sept tomes, il y en a beaucoup. Trop, peut-être, mais cette dynamique participe largement au charme de cette série.
Chose rare à mon avis, les dialogues sont probablement une des forces majeures d'Asatte Dance. C'est bien simple, par moments ils pétillent de malice, de répartie, d'humour, et en plus ils sonnent juste (à ce propos, pour ce que j'en ai vu, la traduction française me semble bien meilleure que la version américaine)... L'auteur s'amuse en plus à mettre des petits textes off soit en décalage avec l'action, soit venant la renforcer, et ça marche vraiment bien. Le personnage de Koki, qui disparaît d'ailleurs rapidement, illustre bien cet aspect, puisqu'il a un langage précieux et outré vraiment excellent.
Outre tout cela il y a évidemment la mutltitude de petits délires qui parsèment ces pages. Petits textes off, réparties bien senties, situations invraisemblables, rêves éveillés, autodérision allusives ou en scènes complètes en sont les principales manifestations. Ce qui frappe, c'est l'adéquation du dessin, du dialogue et de l'esprit de ces délires. Ils forment un tout vraiment impressionnant.
300 align="left">Enfin le dessin d'Asatte Dance est tout simplement excellent. Extrêmement expressif, parfois troublant (hum), les décors ont tendance à être fouillés et bien réalisés. On peut toutefois décerner à Tonkam la palme de l'impression la plus dégueulasse et salopée pour les tomes 1 et 2 : la résolution des images étant largement insuffisante, on a droit a un effet d'escalier absolument ignoble.
Je m'aperçois que j'ai beaucoup parlé des délires et de l'aspect comique... Mais attention, Asatte Dance c'est loin de n'être que ça ! C'est vraiment un tourbillon de sentiments, et c'est très loin d'être mièvre. Doutes, tristesse, jalousie, luxure, duplicité, découragement et égoïsme côtoient rires et délires, beuveries et sentiments plus roses.
Pour toutes ces raisons, la lecture d'Asatte Dance est un grand (et long !) moment de bonheur. J'ai rarement autant ri devant de tels délires, et le tome 7, lourd d'incertitude et de mélancolie, est assez poignant. Au final je suis ressorti de cette lecture avec une furieuse envie d'y retourner.
Vous trouverez ici le premier chapitre en français. Le scan est très mauvais, mais c'est déjà ça.
Mes félicitations à l'auteur qui a su traiter d'un sujet mortel sans prétention mais avec légèreté, humour et tendresse. Il a su reproduire les angoisses du compagnon d'une femme séropositive, quitte à faire appel à un rhino métaphorique. Il parvient à dédramatiser le sujet sans le banaliser pour autant : il le remet à sa juste valeur. Nous sommes de la génération sida, et pourtant, à moins d'avoir été personnellement, directement ou non, touché par la maladie, elle reste assez mystérieuse et empreinte de préjugés très négatifs. Alors ne parlons pas des générations qui nous précèdent!
La morale de l'histoire est simple : les séropositifs ne sont pas que séropos, la vie continue, bon gré mal gré. Cette "morale" peut s'étendre à pas mal de sujets, plus précisément à toutes les personnes qui vivent avec une différence dérangeante (handicap, origines, personnalité, etc).
Simple mais pas évident à transmettre! Alors bravo.
Des jeunes new-yorkais qui après leurs études sont remplis de rancœur et de désillusions car leur avenir n'est ni rose ni tout tracé.
Sherman est un écrivain qui rêve d'être édité mais il a un job de libraire qu'il considère minable. Sa patronne surnommée "Dragon" lui mène la vie dure. Il ne cesse de ressasser qu'il ne mérite pas ça.
Ed son ami est un garçon au physique ingrat, encore puceau, fan de Starwars qui se lamente de travailler dans la quincaillerie de son père car il voudrait être dessinateur de comics de super héros.
Jane et Stephen sont les colocataires de Sherman, Stephen est prof d'histoire son métier le passionne, il est physiquement impressionnant mais c'est un coeur d'or. Jane sa petite amie est la gentille peste de l'histoire, volontier mesquine elle est attachante, elle aspire à être auteur de Bandes Dessinées.
Et puis Dorothy: Alcoolique, bordélique, explosive et menteuse qui est rédactrice dans un magazine féminin "Hype": Métro chic.
Bien sûr énormément de gens les croisent tout au long de la BD, cela crée des rapports compliqués, conflictuels ou sympathiques entre les différents personnages.
Une rencontre entre Ed et Lazor, vieux monsieur aigri mais passionnant sera le point d'orgue de cette histoire...
Je trouve que cette BD dans son traitement est très comparable au film « Short cuts » de Robert Altman, plutôt qu'une insipide resucée de Friends ou autre sitcom comme son thème pourrait le laisser supposer.
L'auteur est très habile pour faire s'enchaîner les évènements sans brusquerie ni facilité scénaristique grossière, les personnages évoluent de façon naturelle et c'est un plaisir de les accompagner en lecture. De plus ils ont tous une vraie profondeur ça les rend très humains.
En plus l'humour est présent et l'on passe souvent du rire au drame au fil des pages.
Cette oeuvre est d'une richesse colossale, impossible de tout décrire, l'auteur dit avoir mit six ans pour achever ce pavé de 600 pages!
Lisez le! Vous y penserez longtemps encore après l'avoir fermée.
Plus j'y pense, moins j'ai été enthousiasmé par Monster, du même auteur (je vais de ce pas retirer une étoile d'ailleurs). La lecture de "20th Century Boy" n'a fait que renforcer cette impression tant cette série plane 20 000 pieds au dessus.
"20th Century Boy", c'est l'art de faire croire à l'invraisemblable. Quand on y réfléchit à tête reposée, on ne peut pas croire deux secondes à ce complot planétaire et surtout à la facilité avec laquelle la secte d'Ami arrive au pouvoir. Pourtant, à aucun moment, ces invraisemblances ne viennent gacher la lecture tant tout est maîtrisé et tant le talent narratif d'Urasawa est étincelant.
"20th Century Boy" est autant un thriller (super efficace et haletant) qu'une analyse de la société japonaise, un décryptage des moeurs de ce pays comme Urasawa a pu le faire sur l'Allemagne et la République Tchèque dans Monster, avec le même talent. S'il parvient à nous faire croire à l'incroyable, c'est justement parce qu'il ancre profondément son récit dans la société réelle, par le biais de multiples détails et références historiques.
Urasawa, réussit de plus à multiplier les personnages et surtout les époques avec une vraie maestria. Toujours clair, relançant sans cesse l'intérêt du récit à mesure qu'il rajoute ou éclaircit une époque, il arrive à ne jamais provoquer de lassitude (ce qui n'est à mon avis définitivement pas le cas de Monster où on s'essouffle nettement après les 10 premiers tomes) et, tout en préservant le mystère, à apporter suffisament de réponses à chaque tome pour exciter davantage.
Pour balancer cet avis dythirambique, je ferai quelques remarques:
- les tomes se situant lors de la quatrième époque, c'est-à-dire à partir du tome 17 ou 18, sont un poil moins passionnants ; les dialogues autour du justicier musicien étant parfois à la limite du ridicule.
- le tome 22 sensé conclure en beauté cette série ne conclue rien du tout et nous laisse pantois en pleine action. J'entends parler de deux tomes à suivre sous le nom de 21st Century Boy ; j'espère qu'ils apportent toutes les réponses attendues au risque de me facher tout rouge !
- enfin, je regrette un peu que le même gimmick sur la perte supposée de mémoire des différents protagonistes soit utilisé plus que régulièrement : on oublie et finalement on se rappelle pour faire progresser l'intrigue, faire réapparaitre un personne voire même créer un nouveau personnage dont on n'avait jamais entendu parler pendant 20 tomes (le DJ pour ne pas le citer). Cette répétitivité scénaristique, un peu la même que dans Monster devient lassante. J'aurais bien racourci la série de quelques tomes.
A part ça rien à jeter, attention chef d'oeuvre.
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Le combat ordinaire
J'ai trouvé cette bd terrible. Le dessin est simple mais colle super bien à l'histoire et à l'ambiance que crée Larcenet autour de Marco et ses choix de vie. J'ai adoré la façon dont les différents aspects de la vie de Marco sont traités. C'est fort et léger à la fois, les messages sont là mais posés de manières très fine, sans lourdeur, ni insistance. J'ai trouvé très très fort la façon dont sont montrés ses paradoxes. Et malgré une trame de fond assez triste, il y a des vrais moments d'humour ou j'ai vraiment éclaté de rire en lisant. A mon sens, il faut absolument lire le combat ordinaire... Mise à jour après lecture du tome 3: Larcenet maîtrise sont art avec beaucoup de finesse et de justesse. J'adore. De plus en plus. A chaque lecture. J'y trouve un petit quelque chose de nouveau à chaque fois.
Le Cycle de Cyann
La SF, il y a ceux qui se contentent de répéter des clichés Space Opera/Post Apo ad vitam et pondent des albums dont l'épaisseur scénaristique est de l'ordre du micron (allez voir du côté de Soleil si j'y suis). Et puis il y a les auteurs qui nous filent une grande baffe en nous offrant un univers original, cohérent et riche dont on ne s'arrache qu'à regret. Inutile de vous dire que pour moi le tandem Bourgeon/Lacroix appartient à la deuxième catégorie. L'univers des confins est incroyablement fouillé et étudié, foisonnant de détails "qui font vrai", parcourus par des personnages dotés d'un background solide et réaliste, et bien entendu desservi par un dessin extraordinaire. Je n'aurais qu'un seul regret (mais c'est peu de choses): la révélation finale aurait peut être méritée d'être un peu plus étoffée plutôt qu'expédiée en une quinzaine de planches. Mais bon, quel talent, quand même!
Top 10
J'ai lu hier les 3 premiers tomes et là, paf, d'un coup, je lui mets la note maximale. En effet, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu une BD avec autant de plaisir, sans lui voir le moindre défaut, et bien au contraire en lui trouvant un nombre énorme de qualités. Le dessin est très bon, pour commencer. Détaillé, précis, bourré de détails et de clins d'oeil, joli, tout ce qu'il faut, quoi. Bon, j'ai eu un peu de mal au tout début avec les perspectives mais passé 20 pages, je n'ai plus eu aucun soucis du tout, bien au contraire. Idem pour le scénario : il y a tellement de personnages, le monde imaginé là fourmille tellement dans tous le sens, que j'ai eu quelques tous petits soucis à m'y intégrer. Mais arrivé à la fin du premier chapitre, au quart du tome 1, j'étais parfaitement entré dans l'histoire, y prenant déjà le plaisir qu'il allait ensuite encore me procurer à chaque page, chaque dialogue, chaque chapitre. On est loin des oeuvres sombres auxquelles Alan Moore m'a habitué (et que j'aime tout autant) : ici, le ton est léger, l'humour est très présent, et je me suis même pas mal marré. Et pourtant, cette part de légèreté s'intègre à la perfection avec des histoires policières presque banales si elles n'avaient pas pour protagoniste des dizaines de super héros, de dieux, de monstres, d'aliens, etc... La structure du récit s'apparente énormément à celle de séries télévisées comme Urgences ou NYPD Blues : on suit à la fois les enquêtes et la vie privée de toute une équipe de policiers, sans jamais que le rythme ne baisse. J'ai été en permanence captivé, plongé dans ces histoires multiples et simultannées. Moore reprend à sa sauce nombre de références des comics et de l'imaginaire et les mélange pêle-mêle dans un fouillis qui prend une forme parfaite et m'a fasciné et vraiment ravi. C'est vraiment très bon au niveau du scénario, non pas parce que l'intrigue est complexe et forme un tout à la manière des Watchmen, mais parce que tout au long de la Bd on suit une multitude d'histoires toutes aussi prenantes, amusantes, attisant la curiosité ou le simple plaisir de suivre les personnages auxquels on s'attache très très rapidement. Vraiment prenant, vraiment bien foutu, sympa, excellent ! D'ailleurs, le dessinateur et sans doute Moore au passage, s'amusent à glisser en permanence des clins d'oeil et autres personnages rapportés dans les décors et les rues bondées de Neopolis et d'ailleurs. On y retrouve par exemple (parmi beaucoup d'autres) Wallace et Gromit, Asterix et Obelix, Darth Vader, Donald, le légionnaire E.T. de Warner Bros, StarGate SG1 et même (et ça m'a surpris dans un comics) Ulysse 31 !
6666
Dans la continuité de 666!!! On ne peut pas dire pour le moment que cette suite soit de trop! 1000 ans après sa destruction Lilith revient et on peut dire qu'elle n'est pas contente!!! Carmody lui de son coté a été cloné et devient le nouveau Pape d'un clergé qui a plutôt bien évolué depuis notre époque!!!:D Toujours autant d'humour (et toujours aussi fin!!!:D :D) Les dessins quant à eux sont toujours aussi bons si ce n'est meilleurs (certaines planches comme celle de la nef amirale cathédrale sont vraiment superbes!!!). Les couleurs ont quant à elles bien changé, passage à l'ordi oblige, ce qui n'est pas un mal bien que certaines pages soient trop flashy à mon goût (saluons l'extermination d'Amazonia, le rose bonbon très peu pour moi!!!:D) En Bref amis du jour bonjour, Amis des tripes bon trip!!!
Les oubliés d'Annam
Comme souvent, les voyages proposés par la collection "air libre", ne sont jamais décevants. Ce recit qui prend la guerre d'Indochine pour cadre, ne fait pas exception. On y apprend plein de choses, on est tenu en haleine par l'enquête du journaliste de l'histoire, on se pose plein de question tout au long de son parcours, bref, on est pris au jeu. Encadrée par un graphisme très précis et agréable, cette mini série, dispose de toutes les qualités idéales pour un bon, un très bon moment de lecture. Mon bémol ? La fin, digne d'un mauvais film du Delon des années 80. C'était inutile de boucler l'histoire de cette manière. Mais là, je chipote certainement... Par contre, l'intérêt premier que je vois dans cette bd, c'est de constater combien la France (qui parfois se prend à donner la leçon aux autres pays), a du mal à éclaircir les points douloureux de son histoire. Le constat de la censure portant sur les événements cités dans la bd, qui date de 1986 est à ce titre, éloquent... Comme pour la guerre d'Algérie, on se rend compte que la France a du mal à exorciser les parties sombres de son histoire. Sur ce plan précis, nos amis ricains sont beaucoup plus prompts que nous à faire leur mea culpa... A méditer...
666
Vraiment excellent!!! Sang, sexe et tripes chantait Gainsbourg... à moins que ça ne soit Carmody! Un bon gros délire à boire sans soif!!! Du Froideval pur et dur... Une série à prendre au 3e 4e voir 5e degré!!! Le monde est menacé par les hordes Démoniaques de Lilith venues des enfer, le père :D Carmody un prêtre aux penchants peu catholiques est mandaté par Rome pour repousser l'invasion!!! Les dessins m'ont fait un peu peur au début et puis tout comptes faits on s'y habitue très vite et je peux même dire être assez fan aujourd'hui de ce que fait « il doctor Tacito »!!! Amis des tripes à l'air et des gros bonnets vous allez trouver votre bonheur avec cette série!
Asatte Dance
Eh bien ! On peut dire que Tonkam a fait un bon choix éditorial en décidant de publier ce manga dès 1995 ! Il n'a malheureusement pas été réédité depuis, et comme les droits sont échus en 2003, il faut le dénicher en occasion, le commander en version anglaise (largement rééditée, elle), ou recourir à des moyens moins légaux. Bref, il faut le vouloir, mais on peut le trouver.
Asatte Dance ne peut que faire penser à Maison Ikkoku ("Juliette je t'aime") ou à d'autres mangas du même genre, avec un étudiant qui a des problèmes et qui est amoureux, ce pitch étant un grand classique... Il fait toutefois preuve d'un mélange absolument savoureux des genres puisqu'il conjugue humour, érotisme, drame et roman graphique avec beaucoup de naturel. Il faut dire que ses 1500 pages assez denses lui permettent d'explorer pas mal de chemins. Les personnages sont d'ailleurs nombreux et bien campés, multipliant encore les possibilités. A ce propos, cohérence et réalisme ne sont pas vraiment ce qu'il faut attendre en premier lieu d'Asatte Dance. Certains rebondissements passent en effet très bien en tant que fiction mais sont totalement irréalistes.
Mais alors me diras-tu, ô lecteur impatient et fébrile, qu'est-ce qui fait que cette série est si géniale ?
Eh bien beaucoup de choses, en fait. Déjà les personnages sont vraiment attachants. Ils débordent pour certains de vitalité (Aya, Ikezu), d'émotion. D'autres (Tachimi, le Yakuza, puis Sue vers la fin) sont d'une sobriété qui contraste de façon absolument magnifique. La grandiloquence caricaturée à l'extrême a aussi sa place avec Koki. Il y a encore Munakata, incroyable pot de colle éconduit et larmoyant, qui est souvent représenté à la façon des films d'horreur... Bien posés sans être figés, ils dévoilent petit à petit de plus en plus des facettes de leur personnalité. On sent de la part de l'auteur une certaine tendresse envers eux, et il est bien difficile de ne pas les trouver attachants. Très vivants, Aya et Suekichi révèleront au fil des tomes leurs véritables sentiments, étonnament réalistes... on en a parfois mal pour eux.
Ensuite pour l'absence de gnangantitude habituelle au genre. Dans Ah! My Goddess! par exemple, les situations entre les personnages sont complètement figés. Pas d'évolution, et pas de bisou surtout pas ouhlala c'est sale ! Ici c'est le contraire. Il ne faut pas attendre plus loin que la page 59 du premier tome pour voir Aya à poil, et les scènes de sexe, pour érotiques (= non porno, Don Lope et Kael ce manga n'est pas pour vous) qu'elles soient, sont quand même bien explicites. Cette absence des tabous habituels se retrouve d'ailleurs aussi largement dans les dialogues. Quant à l'évolution... eh bien au fil de ces sept tomes, il y en a beaucoup. Trop, peut-être, mais cette dynamique participe largement au charme de cette série.
Chose rare à mon avis, les dialogues sont probablement une des forces majeures d'Asatte Dance. C'est bien simple, par moments ils pétillent de malice, de répartie, d'humour, et en plus ils sonnent juste (à ce propos, pour ce que j'en ai vu, la traduction française me semble bien meilleure que la version américaine)... L'auteur s'amuse en plus à mettre des petits textes off soit en décalage avec l'action, soit venant la renforcer, et ça marche vraiment bien. Le personnage de Koki, qui disparaît d'ailleurs rapidement, illustre bien cet aspect, puisqu'il a un langage précieux et outré vraiment excellent.
Outre tout cela il y a évidemment la mutltitude de petits délires qui parsèment ces pages. Petits textes off, réparties bien senties, situations invraisemblables, rêves éveillés, autodérision allusives ou en scènes complètes en sont les principales manifestations. Ce qui frappe, c'est l'adéquation du dessin, du dialogue et de l'esprit de ces délires. Ils forment un tout vraiment impressionnant.
300 align="left">Enfin le dessin d'Asatte Dance est tout simplement excellent. Extrêmement expressif, parfois troublant (hum), les décors ont tendance à être fouillés et bien réalisés. On peut toutefois décerner à Tonkam la palme de l'impression la plus dégueulasse et salopée pour les tomes 1 et 2 : la résolution des images étant largement insuffisante, on a droit a un effet d'escalier absolument ignoble.
Je m'aperçois que j'ai beaucoup parlé des délires et de l'aspect comique... Mais attention, Asatte Dance c'est loin de n'être que ça ! C'est vraiment un tourbillon de sentiments, et c'est très loin d'être mièvre. Doutes, tristesse, jalousie, luxure, duplicité, découragement et égoïsme côtoient rires et délires, beuveries et sentiments plus roses.
Pour toutes ces raisons, la lecture d'Asatte Dance est un grand (et long !) moment de bonheur. J'ai rarement autant ri devant de tels délires, et le tome 7, lourd d'incertitude et de mélancolie, est assez poignant. Au final je suis ressorti de cette lecture avec une furieuse envie d'y retourner.
Vous trouverez ici le premier chapitre en français. Le scan est très mauvais, mais c'est déjà ça.
Pilules bleues
Mes félicitations à l'auteur qui a su traiter d'un sujet mortel sans prétention mais avec légèreté, humour et tendresse. Il a su reproduire les angoisses du compagnon d'une femme séropositive, quitte à faire appel à un rhino métaphorique. Il parvient à dédramatiser le sujet sans le banaliser pour autant : il le remet à sa juste valeur. Nous sommes de la génération sida, et pourtant, à moins d'avoir été personnellement, directement ou non, touché par la maladie, elle reste assez mystérieuse et empreinte de préjugés très négatifs. Alors ne parlons pas des générations qui nous précèdent! La morale de l'histoire est simple : les séropositifs ne sont pas que séropos, la vie continue, bon gré mal gré. Cette "morale" peut s'étendre à pas mal de sujets, plus précisément à toutes les personnes qui vivent avec une différence dérangeante (handicap, origines, personnalité, etc). Simple mais pas évident à transmettre! Alors bravo.
De mal en pis
Des jeunes new-yorkais qui après leurs études sont remplis de rancœur et de désillusions car leur avenir n'est ni rose ni tout tracé. Sherman est un écrivain qui rêve d'être édité mais il a un job de libraire qu'il considère minable. Sa patronne surnommée "Dragon" lui mène la vie dure. Il ne cesse de ressasser qu'il ne mérite pas ça. Ed son ami est un garçon au physique ingrat, encore puceau, fan de Starwars qui se lamente de travailler dans la quincaillerie de son père car il voudrait être dessinateur de comics de super héros. Jane et Stephen sont les colocataires de Sherman, Stephen est prof d'histoire son métier le passionne, il est physiquement impressionnant mais c'est un coeur d'or. Jane sa petite amie est la gentille peste de l'histoire, volontier mesquine elle est attachante, elle aspire à être auteur de Bandes Dessinées. Et puis Dorothy: Alcoolique, bordélique, explosive et menteuse qui est rédactrice dans un magazine féminin "Hype": Métro chic. Bien sûr énormément de gens les croisent tout au long de la BD, cela crée des rapports compliqués, conflictuels ou sympathiques entre les différents personnages. Une rencontre entre Ed et Lazor, vieux monsieur aigri mais passionnant sera le point d'orgue de cette histoire... Je trouve que cette BD dans son traitement est très comparable au film « Short cuts » de Robert Altman, plutôt qu'une insipide resucée de Friends ou autre sitcom comme son thème pourrait le laisser supposer. L'auteur est très habile pour faire s'enchaîner les évènements sans brusquerie ni facilité scénaristique grossière, les personnages évoluent de façon naturelle et c'est un plaisir de les accompagner en lecture. De plus ils ont tous une vraie profondeur ça les rend très humains. En plus l'humour est présent et l'on passe souvent du rire au drame au fil des pages. Cette oeuvre est d'une richesse colossale, impossible de tout décrire, l'auteur dit avoir mit six ans pour achever ce pavé de 600 pages! Lisez le! Vous y penserez longtemps encore après l'avoir fermée.
20th Century Boys
Plus j'y pense, moins j'ai été enthousiasmé par Monster, du même auteur (je vais de ce pas retirer une étoile d'ailleurs). La lecture de "20th Century Boy" n'a fait que renforcer cette impression tant cette série plane 20 000 pieds au dessus. "20th Century Boy", c'est l'art de faire croire à l'invraisemblable. Quand on y réfléchit à tête reposée, on ne peut pas croire deux secondes à ce complot planétaire et surtout à la facilité avec laquelle la secte d'Ami arrive au pouvoir. Pourtant, à aucun moment, ces invraisemblances ne viennent gacher la lecture tant tout est maîtrisé et tant le talent narratif d'Urasawa est étincelant. "20th Century Boy" est autant un thriller (super efficace et haletant) qu'une analyse de la société japonaise, un décryptage des moeurs de ce pays comme Urasawa a pu le faire sur l'Allemagne et la République Tchèque dans Monster, avec le même talent. S'il parvient à nous faire croire à l'incroyable, c'est justement parce qu'il ancre profondément son récit dans la société réelle, par le biais de multiples détails et références historiques. Urasawa, réussit de plus à multiplier les personnages et surtout les époques avec une vraie maestria. Toujours clair, relançant sans cesse l'intérêt du récit à mesure qu'il rajoute ou éclaircit une époque, il arrive à ne jamais provoquer de lassitude (ce qui n'est à mon avis définitivement pas le cas de Monster où on s'essouffle nettement après les 10 premiers tomes) et, tout en préservant le mystère, à apporter suffisament de réponses à chaque tome pour exciter davantage. Pour balancer cet avis dythirambique, je ferai quelques remarques: - les tomes se situant lors de la quatrième époque, c'est-à-dire à partir du tome 17 ou 18, sont un poil moins passionnants ; les dialogues autour du justicier musicien étant parfois à la limite du ridicule. - le tome 22 sensé conclure en beauté cette série ne conclue rien du tout et nous laisse pantois en pleine action. J'entends parler de deux tomes à suivre sous le nom de 21st Century Boy ; j'espère qu'ils apportent toutes les réponses attendues au risque de me facher tout rouge ! - enfin, je regrette un peu que le même gimmick sur la perte supposée de mémoire des différents protagonistes soit utilisé plus que régulièrement : on oublie et finalement on se rappelle pour faire progresser l'intrigue, faire réapparaitre un personne voire même créer un nouveau personnage dont on n'avait jamais entendu parler pendant 20 tomes (le DJ pour ne pas le citer). Cette répétitivité scénaristique, un peu la même que dans Monster devient lassante. J'aurais bien racourci la série de quelques tomes. A part ça rien à jeter, attention chef d'oeuvre.