Les derniers avis (39793 avis)

Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Mertownville
Mertownville

Derrière cette présentation de 4ème de couv' peut engageante (me concernant), et une couverture qui ne paie pas de mine, on pourrait facilement passer à côté de cette petite perle de la bande dessinée. Ce serait une bien belle erreur... En effet, il y a longtemps que je n'avais pas été aussi enthousiaste à la lecture d'un album humoristique. Ici, la finesse des propos, alliée au quotidien de Lydia, rend l'album vraiment très drôle par moment. C'est plein de bonnes idées, d'invention, d'astuces scénaristiques (la séquence du cauchemar de Lydia est bluffante, j'adore). On suit la pauvre petite héroïne avec grand intérêt, la narration fluide rendant le tout particulièrement aisé. Le dessin de Michel Falardeau est quant à lui très propret, un peu trop typé Baggy Style par moment, et convient très bien à l'histoire. Son héroïne est vraiment craquante, et rien que pour cela... Un très bon album plein d'humour, mais que sans l'absurdité de certaines situations, j'aurais presque classé en roman graphique... et c'est peut être ce qui fait le charme de ce petit album. A suivre !

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Chhht !
Chhht !

Il y a quelques années de cela, Jason déboulait en Europe avec un petit album, Attends, faisant l'effet d'une bombe auprès des libraires, particulièrement chez les spécialistes en littérature indépendante (L'association et consort). Très vite, Jason est devenu "Auteur Culte" du public amateur de bande dessinée indé', tant son travail est représentatif de la mouvance "nouvelle BD" qui enflamme depuis quelques années les étagères de votre librairie préférée. Chhht ! est l'exemple parfait du travail de Jason. Travail que je n'avais que peu apprécié lors de ma lecture de Dis-moi quelque chose, One Shot à mon sens très plat... Toutefois, bien de l'eau a coulé sous les ponts, mes goûts ont évolué, et je découvre par le biais de Chhht ! un auteur emprunt d'une sensibilité touchante, d'une poésie dans laquelle baignent les dix histoires muettes de ce tome pas comme les autres. Les récits sans paroles sont souvent un sacré pari de la part d'un auteur : si la représentation picturale de l'ensemble est foireuse, toute la narration disparaît au profit d'une lassitude chez le lecteur. Ici, tout le contraire : on se plait à aimer le personnage de Jason, à suivre ses aventures ma foi bien ordinaires, finalement, mais surtout incroyablement justes. Les visages impassibles des personnages de Jason, qui peuvent rebuter bien des lecteurs, sont aussi générateurs d'une ambiance particulière, feutrée, propice au développement de l'imagination de chacun. Chez moi, ça fonctionne à merveille : j'adore ce style très propret, je bois les paroles invisibles que nous chante le dessin de l'auteur... Un album de qualité, qui me donnerait bien envie de relire Dis-moi quelque chose, tant je suis persuadé, finalement de mettre trompé il y a quelques temps.. ou du moins de ne pas avoir eu la maturité nécessaire, à l'époque, à l'appréciation du style si personnel de Jason.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Ce superbe One-shot représente une très belle aventure humaine, l'histoire d'un Homme dont la volonté d'accomplir son rêve est telle qu'il parviendra à ses fins. Belle leçon, en somme. Le récit, très vivant, nous place directement du côté d'Amédée, que l'on soutiendra moralement tout au long du récit. On découvre ses craintes, ses ambitions, sa détermination, la montée en puissance de l'Aigle. L'une des forces de cet album réside dans la galerie de personnages secondaires à la psychologie forte, marquée, qui donne au récit son côté réaliste. Pourtant, des mots de Lax lui-même, rencontré en dédicaces à l'occasion de l'achat de l'album, tout celà n'est que pure fiction, même si ses rêves d'enfant et sa passion pour le cyclisme jouent un grand rôle dans la qualité de cette oeuvre. Le dessin, quant à lui, est superbe. Les pages, dont les couleurs dominantes inssuflent au récit des ambiances tantôt chaleureuses, tantôt glaciales, sont superbement choisies et appliquées. Pourtant, j'ai eu plusieurs fois l'impression au cours de mon récit que le noir et blanc du trait originel aurait amplement pu se passer de couleur, tant il est racé, clair et précis. Très bel album qui vous fera voyager, que vous soyez grand fan du tour de France, ou comme moi un peu hermétique à cet univers, mais amateur d'aventures humaines hors du commun.

22/07/2005 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5
Couverture de la série Manhattan Beach 1957
Manhattan Beach 1957

Deuxième collaboration entre Hermann et son scénariste de fils, Yves H. Louons Hermann, qui, pour palier à ses défaillances scénaristiques dans les one-shots (il suffit de lire Caatinga), laisse ce noble travail à plus avisé que lui, ici en l'occurence son fils. Revenons maintenant à "Manhattan Beach 1957". A mon sens une véritable réussite, grâce à des recettes maintes fois éprouvées et approuvées. Tout d'abord, ce qui est récurrent chez Hermann, le dessin. On ne peut qu'être étonné par son talent. Cet album ne rayonne pas par sa virtuosité graphique, mais bien dans la mise en place d'une ambiance générale. Ici les couleurs, à l'opposé de beaucoup d'albums d'Hermann, sont pastels. Contrairement à ce que l'on pourrait croire au prime abord, je ne pense que cela soit une erreur ou le fait d'une colorisation médiocre (ce qui serait surprenant de la part d'Hermann, expert ès colorisation). Non, c'est le fait d'une décision parfaitement réfléchie. En effet, les couleurs doivent bien évidemment soutenir l'ambiance: chaudes pour les histoires passionnées, rouges pour les scènes sanglantes, éclatantes pour les scènes à l'air libre, ou froides... Et encore, tout cela se décline en mille nuances selon l'appréciation de l'auteur, sa sensibilité propre, et l'effet escompté sur le lecteur. Si les couleurs sont ici pastels, c'est bien pour appuyer les sentiments neutres -ou pour mieux dire: effacés- du personnage principal; Hermann n'a pas voulu trop mettre l'accent sur les sentiments, car ce n'était pas son objectif: le "héros" est perdu, enfermé dans une prison psychologique, absent. On comprends ce jeu sur les couleurs lors des moments d'intensité passionnée, comme la scène du Grand Canyon, où les couleurs semblent subitement s'enflammer et embraser le paysage. Ces subtilités, qui appuyent sinon révèlent la psychologie du personnage, dévoilent une fois de plus la maëstra dont Hermann fait preuve, outre le travail graphique qui reste fidèle à lui-même, sans grand changement de style, mais tout de même d'une stupéfiante beauté formelle. Passons maintenant au scénario, concocté avec soin par un scénariste d'avenir, Yves H. Sans être très original, il se révèle néanmoins très efficace. La technique du flash-back est parfaitemant utilisée. Très bonne trouvaille aussi: faire intervenir Elvis Presley en tant que compagnon Imaginaire du héros. L'ambiance, comme cela a déjà été dit, est plus ou moins celle d'un film noir américain. Mais outre ces aspects techniques, qu'en est-il de l'histoire elle-même? Le mot qui revient est: poignante. Elle mlle habilement amour, passion, mais surtout nostalgie et souvenirs jusqu'au dénouement final, qui est fichtrement bien trouvé. Certes l'histoire comporte quelques "blancs" bien regrettables, mais le plus important, c'est la poésie qui transpire de cet album, qui touche le coeur et non l'esprit. Cela suppose bien évidemment une histoire cohérente, mais surtout des personnages charismatiques dans lesquels on pourrait se projeter, ou dans ce cas précis, refuser de s'identifier (c'est le rôle de la catharsis). Les personnalités, tordues si l'on peut dire, des deux personnages principaux, Daisy et le héros, sont ici très bien dépeinte, ce qui est l'essentiel. En appliquant habilement des méthodes qui ont fait leurs preuves, dans un traitement qui n'est pas original sans être rébarbatif, Yves H. nous propose un scénario d'une excellente facture. Bref, en donnant ce qu'ils avaient de meilleur l'un comme l'autre, les deux auteurs nous offrent un ensemble cohérent, qui même s'il ne peut plaire à tout le monde, restera une des meilleures collaborations dans le genre. P.S: Subjectivement parlant, cette BD est l'une des plus marquantes que j'ai jamais lues. Même plusieurs mois après, les images me reviennent, avec le refrain de l'innefable et si beau "love me tender" d'Elvis Presley...

21/07/2005 (modifier)
Par paradis
Note: 4/5
Couverture de la série Wolverine - Les Origines
Wolverine - Les Origines

Arf c'est vrai que depuis longtemps je me demandais d'où venait notre "bon" Wolverine, et là ben je suis pas déçu. Le scénario est rudement bien ficelé et plein de rebondissements qui laissent sans voix. C'est surtout dans la deuxième partie que l'on découvre un Wolverine qui ne sait pas qui il est, ce qu'il est. Il va apprendre à devenir un homme tout en découvrant son côté animal. Le dessin est très agréable et actuel. C’est surtout les visages pleins de tourment et d'expression que je préfère. Donc pour ceux et celles qui ont envie de découvrir qui est réellement Wolverine je ne saurais trop vous conseiller d'aller acheter ce comics.

21/07/2005 (modifier)
Par Dakhan
Note: 4/5
Couverture de la série Lune de guerre
Lune de guerre

M. Van Hamme fait aussi du bon. Même si ici l'idée de départ lui a été soufflée. Les personnages sont plutôt classiques (peut-être parce que si vrais qu'on a l'impression de déjà les connaitre), mais l'histoire sort carrément du classicisme. On peut même lui trouver un message quasi-phylosophique. Illustrée en plus par Hermann, elle est un bon moment de BD.

20/07/2005 (modifier)
Par Dakhan
Note: 4/5
Couverture de la série On a tué Wild Bill
On a tué Wild Bill

Excellent dessin de Hermann, bien sûr, qui est ici passé à la couleur directe. Et le scénario relativement original(quand on a pas vu Little Big Man) est bon. Hermann nous offre encore un héros très humain et crédible comme il sait si bien le faire. Et bien qu'il ne soit nullement exceptionnel, ses aventures, elles aussi peu extraordinaires sont néanmoins prenantes. Un bel album agréable à lire.

20/07/2005 (modifier)
Par Hal-9000
Note: 5/5
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps
La Quête de l'Oiseau du Temps

La quête de l'oiseau du temps c'est un peu de temps pour apprécier les dessins, c'est aussi un peu de temps pour rentrer dans le scénario. Mais après ce petit effort c'est une lecture passionnée pour très longtemps.

20/07/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Say Hello To Black Jack
Say Hello To Black Jack

Etrangement, autant je repoussais la lecture de ce manga car je pensais ne pas vraiment l'apprécier, autant j'ai été aussitôt accroché par ma lecture au point de lire tous les tomes que j'avais à ma disposition dans la même nuit (de vacances heureusement). Le dessin est maîtrisé et correct, peu de choses à en dire si ce n'est que je n'aime pas trop certains visages ou certaines mimiques faciales. L'auteur donne également un drôle d'air aux malades qui sont traités dans les premiers tomes, les faisant bien souvent ressembler à des amas de chairs et de muscles assez peu ragoutants : je ne sais pas si c'est voulu mais je trouve ça assez moyen. J'ai d'emblée été captivé par l'aspect "polémique" de ce manga. Dans le premier tome, ce sont sans arrêt des histoires de frics, des montants et des factures données, pour dénoncer fortement la façon dont la médecine au Japon est devenu une administration basée sur le fric et qui n'a donc plus rien de glorieuse du tout. Le patient est un client, s'il paie on l'opèrera même si son cas est désespéré, mais quand on a plus de fric à en tirer alors autant stopper le traitement inutile. Cette dénonciation du système médical Japonais est très réussie à mes yeux et assez flagrante dans le récit. De tome en tome, on en découvrira un peu plus avec souvent plus de dégoût à chaque fois pour ce monde de maffia que semblent être devenus les hopitaux Japonais : une administration bornée, des rivalités entre sections de médecine, des profiteurs monstrueux, des gens qui préfèrent le fric et les honneurs truqués à la vie des patients/clients, etc... Le message est fort et bien mis en scène. C'est sur cette base du récit que j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Maintenant, à côté de cela, je dois admettre trouver assez gonflant le côté "héros citoyen à la morale de bon chrétien" du personnage principal qui fait un nouveau scandale à chaque chapitre, qui joue toute sa vie pour protéger un malade puis un autre, qui a décidé à lui tout seul de bouleverser tout le système pour que "le Bien et la Bonne Morale gagne" et pour symboliser le "Bon Médecin". Un peu lourdingue... Malgré ce côté légèrement mièvre du "gentil héros contre la méchante administration pourrie", j'ai quand même suffisamment dévoré ce manga pour ne pas le trouver très bon et surtout très prenant.

20/07/2005 (modifier)
Par herve
Note: 5/5
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

Passionné de littérature et de bande dessinée, je trouve que "quartier lointain" vient réconcilier ces deux pans de l'écriture. Ici, point de Duchesse de Guermantes, ni de Baron de Charlus mais des hommes et des femmes anonymes. A sa manière, Jirô Taniguchi est parti "A la recherche du temps perdu", et avec quel talent ! A ce niveau, une critique précédente évoquait, non une BD, mais un livre à propos de ce diptyque, mais moi je parlerai plutôt d'une oeuvre voire d'un chef-d'oeuvre. Car les adjectifs ne manquent pas à la lecture de "quartier lointain" : époustouflant, poignant, émouvant, nostalgique... bouleversant, bref magnifique ! Cette oeuvre monumentale, qui vous arrache des véritables moments d'émotion, est incontournable pour tout amateur de BD et de littérature. Une fois la dernière page tournée, il est très difficile de reprendre un autre livre (j'ai eu la même impression en achevant la lecture de "la recherche du temps perdu" de Marcel Proust). Pour ceux qui veulent prolonger l'univers de Taniguchi, précipitez vous sur "le journal de mon père" paru en trois volumes chez Casterman, pour les autres, courrez immédiatement acheter "Quartier Lointain".

20/07/2005 (modifier)