Encore une fois je viens donner mon avis sur une série, en ayant pris le temps de lire les avis des uns et des autres sans exception.
Je pourrai reprendre mot pour mot, et à mon compte, l'avis de l'Ymagier, mais je voudrais apporter un complément que les détracteurs de cette série (leur avis est pour moi tout aussi respectable) devraient examiner :
Pour moi, la seule façon d'apprécier "Cédric", c'est d'avoir eu des enfants de cet age, et c'est seulement là que l'on peut apprécier toute la finesse, le réalisme, et la fantaisie de ces petites histoires courtes, réels moments de vie.
C'est beaucoup plus moderne (par rapport à l'époque actuelle) que Boule et Bill, que j'apprécie tout autant, mais qui me font moins rire, parce que, dans ce cas, on est plus proche du style conventionnel des années 60/70.
Il ne faut pas non plus oublier que les gags, voulus ou pas, réels ou pas, sont, à cet age, souvent répétitifs, mais avec des facettes changeantes à chaque fois, que l'on trouve dans ces répétitions qui choquent certains d'entre nous. Sur ce plan là aussi, Cauvin a bien observé cette tranche d'age de l'enfance, sans tomber dans la caricature.
N'oublions pas que, si les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures, certains gags ne donnent toute leur saveur, que dans la récursivité.
De vrais moments de rigolade naturelle !
Raymond
On parle beaucoup de manga en mal mais pourquoi ne pas le prendre comme de la bande dessinée tout simplement... Le rejeter en bloc serait une erreur et la preuve en est ce titre "Planètes". Il existe des titres réellement intéressants et surprenants qui valent la peine d'être lus.
"Planètes" c'est un condensé d'humour, d'aventures et de réflexion sur l'Homme. On peut même aller un peu plus loin en parlant de réflexion sur la place de l'homme dans l'univers, sur sa fonction et sur le comment gérer sa vie. Ca parait très intello comme ça mais on se laisse aller à réfléchir sans s'en rendre compte !
Makoto Yukimura nous immerge dans le quotidien d'une patrouille de ramasseurs de déchets... spatiaux ! On assiste ainsi à des tranches de vie de chacun des héros et on aperçoit leurs déceptions, leurs attentes, leurs espoirs, leurs exaspérations, leurs envies,... (Le cas clope où une des héroïnes cherchent à tout prix un coin pour fumer est d'actualité !). Les dessins et surtout certaines perspectives sont très accrocheurs et fichtrement bien faits. Pour en revenir à ma lecture, je me suis totalement plongé dedans, occultant quasiment tout autour de moi pour capter l'essentiel de cette oeuvre. Et je suis un peu jaloux du plaisir que ressentiront les lecteurs qui ne connaissent pas encore cette bande dessinée (enfin j'aimerai bien réeffacer ma lecture pour le re-découvrir).
Je ne sais pas pour vous mais parfois il s'installe une espèce de déception, de dépression après une lecture aussi prenante. On a envie d'en parler et de faire partager ce qu'on a lu, mais les gens autour de vous ne peuvent saisir ce que vous ressentez. Peut-être une peur de ne pas retrouver quelque chose d'aussi bien...
Poétique, frais et sensible.
Ne me cherchez pas, je suis encore dans l'espace.
Quand j'ai feuilleté par curiosité cet album, je me suis demandé durant quelques secondes si c'était vraiment une BD. Je croyais en effet parcourir un recueil d'illustrations semblables à des affiches publicitaires à la façon du début du 20e siècle, réalisées en utilisant un graphisme proche des animations shockwave, à base d'aplats de couleurs et de formes géométriques et contrastées.
Mais quand je l'ai lu pour de bon, Rapide Blanc s'est révélé non seulement être une vraie BD mais en outre un récit prenant et intéressant doté d'une narration et d'un graphisme aussi originaux et réussis l'un que l'autre.
Comme dit plus haut, le graphisme est proche du design publicitaire du début du 20e siècle. Les couleurs sont dans des teintes chaudes, marron et orangées. Le style est teinté Art Déco, les compositions sont très esthétiques et agréables à lire comme à regarder.
La narration est réalisée à l'aide d'une image unique par page, mais ces images sont souvent très parlantes qu'elles soient muettes ou qu'au contraire elles incluent des textes qui s'assimilent dans leur décor. En effet, certaines images que l'on croit dénuées de texte narratif les présentent en réalité de manière plus ou moins dissimulés ou du moins élégamment inclus dans les éléments de l'image, texte écrit en générique du film pour raconter que le soir les gens allaient au cinéma, narration sous forme d'indication des étages d'un ascenseur pour décrire l'immeuble où la scène va se passer, et autres exemples qu'il vaut mieux voir de soi-même pour bien comprendre.
Bref, c'est une BD au graphisme de toute beauté et surtout joliment rétro et original.
Quant à l'histoire, c'est celle d'une petite ville artificielle créée dans les années 30 au fin fond du Québec par la société qui allait construire et exploiter le barrage de Rapide-Blanc. Ce n'est finalement rien d'autre qu'un documentaire mais la narration est fluide et emphasée, transformant les simples faits en une belle épopée des temps modernes, une utopie de ville où tout est pour le mieux. C'est véridique et beau à la fois. Et la simple petite anecdote de ce fameux brochet légendaire, Le Général, suffit à donner une humanité et même un certain humour à ce récit.
Les reproches que je pourrais faire cependant sont que le récit traîne un peu en longueur vers le milieu. Quand on a bien compris que la vie dans cette ville était très agréable, on finit par se lasser légèrement de voir que oui, en plus, les habitants pouvaient aussi aller se baigner ou voyager en voiture. En outre, dès le début, on imagine bien quelle sera la fin hélas prévisible de cette aventure humaine. Et finalement, tout le monde n'est peut-être pas prêt à s'acheter une BD au prix relativement élevé qui ne soit qu'un très beau documentaire sur une ville champignon où il faisait bon vivre.
Ceci dit, face à la beauté et à l'originalité des planches et de la narration, face à ce récit à la fois intéressant et émouvant sur la fin, j'ai eu un petit coup de coeur et vous en conseille vraiment la lecture.
Attention, voilà une BD qui va marquer l'histoire du genre.
Encore une fois, Nancy Peña réinvente le conte, à partir de motifs simples, pour nous emmener dans un tourbillon de poésie, de grâce et de passion. Le point de départ ? Alice au pays des merveilles, probablement, un puisard symbolique où pas mal d'auteurs sont déjà venus s'abreuver pour livrer de nombreux chefs-d'oeuvres. Mais elle a également su mêler inextricablement des légendes japonaises avec une trame propre à l'époque victorienne. Le motif du canevas est décidément un élément-phare de l'oeuvre de Nancy Peña.
Son histoire est envoûtante, et nous emmène sur des rivages inconnus, enivrants, charmants.
Son utilisation du noir et blanc est vraiment exceptionnelle pour illustrer ce conte étrange, car par moments on ne sait distinguer la réalité du décor, l'action réelle du motif d'un kimono...
Mais attention, car "le Chat du kimono" ne peut se saisir dès la première tentative. Il est espiègle, malin, et très complexe. Plusieurs lectures seront sans doute nécessaires pour en saisir toute la saveur (en civet ?).
De la pure poésie.
A la lecture de cet album, "Wisher" n'a pas révolutionné mon émoi de lecteur... mais c'est quand même une histoire qui se défend plus que bien.
J'ai eu ici affaire à une sorte "d'urban fantasy" ; un univers décalé où apparaissent des créatures de contes et légendes dans notre vie de tous les jours.
Un bon postulat, d'ailleurs : suite au suicide inopiné d'un de ses amis, un jeune homme -Nigel, à la fin de l'enterrement- apprend d'un curieux gamin qu'il connaîtrait le mobile de ce geste. Un gamin ?... plutôt un gobelin qui se cache dans les sous-sols de Londres. Leur nombre ne cessant de diminuer, seul un djinn pourrait sauver leur espèce. Et ce serait Nigel...
Et c'est parti pour une histoire d'elfes et autres créatures traquées par les humains, par la section "paranormale" des services secrets britanniques -le fameux MI-10-...
Une histoire originale, qui montre un vrai punch ; bien que j'aie constaté quelques références de temps en temps.
De Vita et Latour sont parvenus à créer une vraie alchimie entre les décors et les intervenants ; qu'ils soient personnages réalistes ou êtres fantastiques. Très bon point.
Je me suis laissé tenter. Je ne le regrette pas. J'ai ici eu affaire à un album qui privilégie la qualité d'un récit ; tant au textuel qu'au graphisme. Et c'est assez rare pour que je le mentionne.
Comme l'écrit l'éditeur : "Oserez-vous pousser les portes de l'imaginaire et libérer les chimères ?". N'ayez pas peur de le faire ; avec Nigel vous êtes entre de bonnes mains.
Je ne vais pas décrire une nouvelle fois les personnages des Carroulet.
Je viens de lire "Nicotine crime", troisième tome de la série, sorti au seuil. Le ton est toujours aussi vif. On suit avec grand plaisir la vie de cette famille un peu beauf sur les bords et surtout les aventures de Bébert, l'aîné, qui collectionne les bêtises. Dans ce tome, la maman essaie d'arrêter de fumer et ceci donne lieu à des situations assez cocasses qui font (presque toujours) mouche.
A noter que ce tome est sorti dans un format plus grand et en couleur (les autres étant en noir et blanc).
J'ai relu tout récemment les 5 tomes des "Passagers du vent" avec un vrai grand plaisir. J'avais un souvenir assez peu précis de Hoel, Isa... et du récit de Bourgeon.
Une quinzaine d'années après, je pense avoir pu apprécier à sa juste valeur toute la magie de cette histoire.
Les personnages sont attachants et les femmes (une fois n'est pas coutume) loin d'être les potiches de service jouent ici un rôle primordial. On suit Isa, vers la fin du 18ème siècle, à la recherche d'une véritable identité, d'un premier amour et surtout dans son combat contre l'esclavagisme. Bourgeon signe ici une véritable oeuvre de référence traitant de la condition noire autant en Afrique qu'en Europe.
De plus, les décors sont somptueux et terriblement réalistes. On peut ressentir la moiteur des villages africains et presque entendre le craquement du "Marie-Caroline", négrier.
Le cinquième et dernier tome de la série "Le bois d'ébène" clôt de façon magistrale ce récit. Les dernières planches sont vraiment somptueuses et émouvantes.
Un (très) grand classique des années 80.
On dit parfois : "No sex, no future..."
Mais ceux que l'on appelle "les vieux" (que nous serons un jour) y pensent-ils souvent ?...
Rabaté m'a ici emmené "visiter" les pensées coquines de deux copains à la retraite. Et j'ai pris plaisir à m'immiscer, par l'esprit, entre ces deux pépères.
Il faut dire que l'un des deux taquine encore autant la veuve que la truite ; ce qui laisse ainsi souvent pantois son vieux pote...
Rabaté aurait pu m'embarquer, me narrer une histoire "gnangnan" sur l'attrait du sexe opposé au troisième âge. Ben non !... avec son style et son humour, il m'a pris encore -et réellement- à contre-pied.
Un album qui m'a étonné... et aussi ému.
J'ai plus (trop) peur de vieillir si c'est dans ces conditions... Acré papys, va...
Je me suis parfois posé la question de savoir si certaines bandes dessinées auraient le "don" de pouvoir rendre quelqu'un de meilleur, de modifier même la perception de la vie ?...
La lecture des albums de Larcenet m'en a un peu persuadé.
Ce véritable auteur-créateur arrive à faire que cet espèce de concentré d'émotions qu'il me distille ne me paraît jamais surfait ou éventuellement fabriqué.
J'ai suivi avec intérêt -et, je l'avoue, une sorte d'attention parfois touchante- cette chronique de la vie quotidienne où rien de vraiment extraordinaire ne se passe. Sauf ces quelques moments où l'on célèbre quelque chose et que l'on pourrait trouver "banals" ou "bêtes" ; qu'ils soient tristes ou joyeux.
Mais c'est peut-être ça : "ce qui est précieux"... et dont on gardera souvent un souvenir, même futile...
Une vraiment belle série...
La "guerre froide" n'est plus qu'un ancien souvenir..
La libre circulation de l'information -notamment sur Internet- a très largement dévalué le travail du "renseignement".
Mais les manipulateurs de pensée et autres maîtres d'oeuvre du contre-espionnage sont toujours et encore motivés par une seule chose : l'appât du gain !..
Et dans l'ombre de certains bureaux ovales se traitent encore de viles transactions...
Et c'est sur ce postulat qu'à été construit "Alpha" ; une grande saga d'espionnage...
Alpha ?... c'est une sorte de résultante de l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, où une sorte de nouvel échiquier politico-économique a vu le jour. Les espions d'hier traitent maintenant avec la mafia qui, elle, fait affaire avec de gros industriels...
"Alpha" ?... c'est le nom de code donné à un agent débutant. Et ce dernier va devoir faire l'apprentissage des rouages plus qu'obscurs de sa nouvelle fonction.
Alpha ?.. une série qui m'a vraiment rebuté lors de la lecture de ses deux premiers opus. Des scénarios plus que fournis m'ont quasi obligé à une relecture de certains passages pour savoir qui est qui, qui fait quoi. Qui plus est, certains personnages se ressemblent physiquement, ont quasi la même coupe de cheveux, les mêmes physionomies. Embrouillé que tout cela !...
Mais, petit à petit, après avoir pris quelques notes pour savoir et reconnaître "qui est qui", je me suis rendu compte que j'avais affaire à une formidable série.
Non, Alpha n'est pas Largo Winch, n'est pas à l'I.R.$..... C'est seulement un agent débutant et -c'est ce que j'aime en lui- c'est plutôt un gars qui va subir les événements au cours de cet "écolage".
Petit à petit ce personnage -assez fade et effacé au départ- va prendre plus d'assurance au fur et à mesure du déroulement de ses enquêtes. Tout comme dans l'école de la vie : rien ne vaudra l'expérience.
Le dessin ?.. Jigounov y va d'un beau trait, précis, réaliste et détaillé : mettant bien en valeur cette fresque d'espionnage assez stupéfiante.
Au final ?... de magnifiques thrillers à déguster "à son aise" pour ne rien rater des ficelles -souvent torturées- de chaque scénario.
Une série pour laquelle je pensais "bof" au départ ; mais que j'estime "franchement bien" maintenant. Et je m'y tiens !...
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Encore une fois je viens donner mon avis sur une série, en ayant pris le temps de lire les avis des uns et des autres sans exception. Je pourrai reprendre mot pour mot, et à mon compte, l'avis de l'Ymagier, mais je voudrais apporter un complément que les détracteurs de cette série (leur avis est pour moi tout aussi respectable) devraient examiner : Pour moi, la seule façon d'apprécier "Cédric", c'est d'avoir eu des enfants de cet age, et c'est seulement là que l'on peut apprécier toute la finesse, le réalisme, et la fantaisie de ces petites histoires courtes, réels moments de vie. C'est beaucoup plus moderne (par rapport à l'époque actuelle) que Boule et Bill, que j'apprécie tout autant, mais qui me font moins rire, parce que, dans ce cas, on est plus proche du style conventionnel des années 60/70. Il ne faut pas non plus oublier que les gags, voulus ou pas, réels ou pas, sont, à cet age, souvent répétitifs, mais avec des facettes changeantes à chaque fois, que l'on trouve dans ces répétitions qui choquent certains d'entre nous. Sur ce plan là aussi, Cauvin a bien observé cette tranche d'age de l'enfance, sans tomber dans la caricature. N'oublions pas que, si les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures, certains gags ne donnent toute leur saveur, que dans la récursivité. De vrais moments de rigolade naturelle ! Raymond
Planètes
On parle beaucoup de manga en mal mais pourquoi ne pas le prendre comme de la bande dessinée tout simplement... Le rejeter en bloc serait une erreur et la preuve en est ce titre "Planètes". Il existe des titres réellement intéressants et surprenants qui valent la peine d'être lus. "Planètes" c'est un condensé d'humour, d'aventures et de réflexion sur l'Homme. On peut même aller un peu plus loin en parlant de réflexion sur la place de l'homme dans l'univers, sur sa fonction et sur le comment gérer sa vie. Ca parait très intello comme ça mais on se laisse aller à réfléchir sans s'en rendre compte ! Makoto Yukimura nous immerge dans le quotidien d'une patrouille de ramasseurs de déchets... spatiaux ! On assiste ainsi à des tranches de vie de chacun des héros et on aperçoit leurs déceptions, leurs attentes, leurs espoirs, leurs exaspérations, leurs envies,... (Le cas clope où une des héroïnes cherchent à tout prix un coin pour fumer est d'actualité !). Les dessins et surtout certaines perspectives sont très accrocheurs et fichtrement bien faits. Pour en revenir à ma lecture, je me suis totalement plongé dedans, occultant quasiment tout autour de moi pour capter l'essentiel de cette oeuvre. Et je suis un peu jaloux du plaisir que ressentiront les lecteurs qui ne connaissent pas encore cette bande dessinée (enfin j'aimerai bien réeffacer ma lecture pour le re-découvrir). Je ne sais pas pour vous mais parfois il s'installe une espèce de déception, de dépression après une lecture aussi prenante. On a envie d'en parler et de faire partager ce qu'on a lu, mais les gens autour de vous ne peuvent saisir ce que vous ressentez. Peut-être une peur de ne pas retrouver quelque chose d'aussi bien... Poétique, frais et sensible. Ne me cherchez pas, je suis encore dans l'espace.
Rapide Blanc
Quand j'ai feuilleté par curiosité cet album, je me suis demandé durant quelques secondes si c'était vraiment une BD. Je croyais en effet parcourir un recueil d'illustrations semblables à des affiches publicitaires à la façon du début du 20e siècle, réalisées en utilisant un graphisme proche des animations shockwave, à base d'aplats de couleurs et de formes géométriques et contrastées. Mais quand je l'ai lu pour de bon, Rapide Blanc s'est révélé non seulement être une vraie BD mais en outre un récit prenant et intéressant doté d'une narration et d'un graphisme aussi originaux et réussis l'un que l'autre. Comme dit plus haut, le graphisme est proche du design publicitaire du début du 20e siècle. Les couleurs sont dans des teintes chaudes, marron et orangées. Le style est teinté Art Déco, les compositions sont très esthétiques et agréables à lire comme à regarder. La narration est réalisée à l'aide d'une image unique par page, mais ces images sont souvent très parlantes qu'elles soient muettes ou qu'au contraire elles incluent des textes qui s'assimilent dans leur décor. En effet, certaines images que l'on croit dénuées de texte narratif les présentent en réalité de manière plus ou moins dissimulés ou du moins élégamment inclus dans les éléments de l'image, texte écrit en générique du film pour raconter que le soir les gens allaient au cinéma, narration sous forme d'indication des étages d'un ascenseur pour décrire l'immeuble où la scène va se passer, et autres exemples qu'il vaut mieux voir de soi-même pour bien comprendre. Bref, c'est une BD au graphisme de toute beauté et surtout joliment rétro et original. Quant à l'histoire, c'est celle d'une petite ville artificielle créée dans les années 30 au fin fond du Québec par la société qui allait construire et exploiter le barrage de Rapide-Blanc. Ce n'est finalement rien d'autre qu'un documentaire mais la narration est fluide et emphasée, transformant les simples faits en une belle épopée des temps modernes, une utopie de ville où tout est pour le mieux. C'est véridique et beau à la fois. Et la simple petite anecdote de ce fameux brochet légendaire, Le Général, suffit à donner une humanité et même un certain humour à ce récit. Les reproches que je pourrais faire cependant sont que le récit traîne un peu en longueur vers le milieu. Quand on a bien compris que la vie dans cette ville était très agréable, on finit par se lasser légèrement de voir que oui, en plus, les habitants pouvaient aussi aller se baigner ou voyager en voiture. En outre, dès le début, on imagine bien quelle sera la fin hélas prévisible de cette aventure humaine. Et finalement, tout le monde n'est peut-être pas prêt à s'acheter une BD au prix relativement élevé qui ne soit qu'un très beau documentaire sur une ville champignon où il faisait bon vivre. Ceci dit, face à la beauté et à l'originalité des planches et de la narration, face à ce récit à la fois intéressant et émouvant sur la fin, j'ai eu un petit coup de coeur et vous en conseille vraiment la lecture.
Le chat du kimono
Attention, voilà une BD qui va marquer l'histoire du genre. Encore une fois, Nancy Peña réinvente le conte, à partir de motifs simples, pour nous emmener dans un tourbillon de poésie, de grâce et de passion. Le point de départ ? Alice au pays des merveilles, probablement, un puisard symbolique où pas mal d'auteurs sont déjà venus s'abreuver pour livrer de nombreux chefs-d'oeuvres. Mais elle a également su mêler inextricablement des légendes japonaises avec une trame propre à l'époque victorienne. Le motif du canevas est décidément un élément-phare de l'oeuvre de Nancy Peña. Son histoire est envoûtante, et nous emmène sur des rivages inconnus, enivrants, charmants. Son utilisation du noir et blanc est vraiment exceptionnelle pour illustrer ce conte étrange, car par moments on ne sait distinguer la réalité du décor, l'action réelle du motif d'un kimono... Mais attention, car "le Chat du kimono" ne peut se saisir dès la première tentative. Il est espiègle, malin, et très complexe. Plusieurs lectures seront sans doute nécessaires pour en saisir toute la saveur (en civet ?). De la pure poésie.
Wisher
A la lecture de cet album, "Wisher" n'a pas révolutionné mon émoi de lecteur... mais c'est quand même une histoire qui se défend plus que bien. J'ai eu ici affaire à une sorte "d'urban fantasy" ; un univers décalé où apparaissent des créatures de contes et légendes dans notre vie de tous les jours. Un bon postulat, d'ailleurs : suite au suicide inopiné d'un de ses amis, un jeune homme -Nigel, à la fin de l'enterrement- apprend d'un curieux gamin qu'il connaîtrait le mobile de ce geste. Un gamin ?... plutôt un gobelin qui se cache dans les sous-sols de Londres. Leur nombre ne cessant de diminuer, seul un djinn pourrait sauver leur espèce. Et ce serait Nigel... Et c'est parti pour une histoire d'elfes et autres créatures traquées par les humains, par la section "paranormale" des services secrets britanniques -le fameux MI-10-... Une histoire originale, qui montre un vrai punch ; bien que j'aie constaté quelques références de temps en temps. De Vita et Latour sont parvenus à créer une vraie alchimie entre les décors et les intervenants ; qu'ils soient personnages réalistes ou êtres fantastiques. Très bon point. Je me suis laissé tenter. Je ne le regrette pas. J'ai ici eu affaire à un album qui privilégie la qualité d'un récit ; tant au textuel qu'au graphisme. Et c'est assez rare pour que je le mentionne. Comme l'écrit l'éditeur : "Oserez-vous pousser les portes de l'imaginaire et libérer les chimères ?". N'ayez pas peur de le faire ; avec Nigel vous êtes entre de bonnes mains.
Les Carroulet
Je ne vais pas décrire une nouvelle fois les personnages des Carroulet. Je viens de lire "Nicotine crime", troisième tome de la série, sorti au seuil. Le ton est toujours aussi vif. On suit avec grand plaisir la vie de cette famille un peu beauf sur les bords et surtout les aventures de Bébert, l'aîné, qui collectionne les bêtises. Dans ce tome, la maman essaie d'arrêter de fumer et ceci donne lieu à des situations assez cocasses qui font (presque toujours) mouche. A noter que ce tome est sorti dans un format plus grand et en couleur (les autres étant en noir et blanc).
Les Passagers du vent
J'ai relu tout récemment les 5 tomes des "Passagers du vent" avec un vrai grand plaisir. J'avais un souvenir assez peu précis de Hoel, Isa... et du récit de Bourgeon. Une quinzaine d'années après, je pense avoir pu apprécier à sa juste valeur toute la magie de cette histoire. Les personnages sont attachants et les femmes (une fois n'est pas coutume) loin d'être les potiches de service jouent ici un rôle primordial. On suit Isa, vers la fin du 18ème siècle, à la recherche d'une véritable identité, d'un premier amour et surtout dans son combat contre l'esclavagisme. Bourgeon signe ici une véritable oeuvre de référence traitant de la condition noire autant en Afrique qu'en Europe. De plus, les décors sont somptueux et terriblement réalistes. On peut ressentir la moiteur des villages africains et presque entendre le craquement du "Marie-Caroline", négrier. Le cinquième et dernier tome de la série "Le bois d'ébène" clôt de façon magistrale ce récit. Les dernières planches sont vraiment somptueuses et émouvantes. Un (très) grand classique des années 80.
Les Petits Ruisseaux
On dit parfois : "No sex, no future..." Mais ceux que l'on appelle "les vieux" (que nous serons un jour) y pensent-ils souvent ?... Rabaté m'a ici emmené "visiter" les pensées coquines de deux copains à la retraite. Et j'ai pris plaisir à m'immiscer, par l'esprit, entre ces deux pépères. Il faut dire que l'un des deux taquine encore autant la veuve que la truite ; ce qui laisse ainsi souvent pantois son vieux pote... Rabaté aurait pu m'embarquer, me narrer une histoire "gnangnan" sur l'attrait du sexe opposé au troisième âge. Ben non !... avec son style et son humour, il m'a pris encore -et réellement- à contre-pied. Un album qui m'a étonné... et aussi ému. J'ai plus (trop) peur de vieillir si c'est dans ces conditions... Acré papys, va...
Le combat ordinaire
Je me suis parfois posé la question de savoir si certaines bandes dessinées auraient le "don" de pouvoir rendre quelqu'un de meilleur, de modifier même la perception de la vie ?... La lecture des albums de Larcenet m'en a un peu persuadé. Ce véritable auteur-créateur arrive à faire que cet espèce de concentré d'émotions qu'il me distille ne me paraît jamais surfait ou éventuellement fabriqué. J'ai suivi avec intérêt -et, je l'avoue, une sorte d'attention parfois touchante- cette chronique de la vie quotidienne où rien de vraiment extraordinaire ne se passe. Sauf ces quelques moments où l'on célèbre quelque chose et que l'on pourrait trouver "banals" ou "bêtes" ; qu'ils soient tristes ou joyeux. Mais c'est peut-être ça : "ce qui est précieux"... et dont on gardera souvent un souvenir, même futile... Une vraiment belle série...
Alpha
La "guerre froide" n'est plus qu'un ancien souvenir.. La libre circulation de l'information -notamment sur Internet- a très largement dévalué le travail du "renseignement". Mais les manipulateurs de pensée et autres maîtres d'oeuvre du contre-espionnage sont toujours et encore motivés par une seule chose : l'appât du gain !.. Et dans l'ombre de certains bureaux ovales se traitent encore de viles transactions... Et c'est sur ce postulat qu'à été construit "Alpha" ; une grande saga d'espionnage... Alpha ?... c'est une sorte de résultante de l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, où une sorte de nouvel échiquier politico-économique a vu le jour. Les espions d'hier traitent maintenant avec la mafia qui, elle, fait affaire avec de gros industriels... "Alpha" ?... c'est le nom de code donné à un agent débutant. Et ce dernier va devoir faire l'apprentissage des rouages plus qu'obscurs de sa nouvelle fonction. Alpha ?.. une série qui m'a vraiment rebuté lors de la lecture de ses deux premiers opus. Des scénarios plus que fournis m'ont quasi obligé à une relecture de certains passages pour savoir qui est qui, qui fait quoi. Qui plus est, certains personnages se ressemblent physiquement, ont quasi la même coupe de cheveux, les mêmes physionomies. Embrouillé que tout cela !... Mais, petit à petit, après avoir pris quelques notes pour savoir et reconnaître "qui est qui", je me suis rendu compte que j'avais affaire à une formidable série. Non, Alpha n'est pas Largo Winch, n'est pas à l'I.R.$..... C'est seulement un agent débutant et -c'est ce que j'aime en lui- c'est plutôt un gars qui va subir les événements au cours de cet "écolage". Petit à petit ce personnage -assez fade et effacé au départ- va prendre plus d'assurance au fur et à mesure du déroulement de ses enquêtes. Tout comme dans l'école de la vie : rien ne vaudra l'expérience. Le dessin ?.. Jigounov y va d'un beau trait, précis, réaliste et détaillé : mettant bien en valeur cette fresque d'espionnage assez stupéfiante. Au final ?... de magnifiques thrillers à déguster "à son aise" pour ne rien rater des ficelles -souvent torturées- de chaque scénario. Une série pour laquelle je pensais "bof" au départ ; mais que j'estime "franchement bien" maintenant. Et je m'y tiens !...