Voici un diptyque à posséder ne serait-ce que pour le dessin et la mise en couleur de Lepage, mais le scénario n'est pas en reste.
On suit le parcours initiatique d'un jeune dignitaire ecclésiastique (pour ne pas reprendre le terme de prélat) très doué pour le dessin, dans la dureté de la jungle du Nicaragua. L'auteur lui fait vivre des aventures très mouvementées qui vont l'endurcir et l'affirmer : dénonciation, poursuite, politique, amitié, trahison, révolution, amour... Magnifique !
Du très grande Lepage sur toute la ligne avec une réalisation technique à couper le souffle. Son dessin est toujours aussi bon, voire même meilleur que sur ces précédentes réalisations, mais ici la mise en couleur à l'aquarelle prend toute son ampleur : elle donne vie à la jungle et nous emmène avec le jeune Gabriel au fin fond du Nicaragua.
Indispensable !
Donito est un petit enfant d’une île des Caraïbes qui après avoir sauvé une tortue de ses bourreaux, se voit offrir par cette dernière une algue qui lui permet de respirer sous l’eau. En compagnie de la dite tortue et d’un phoque il va découvrir les trésors de l’océan ainsi que ses pièges et autres personnes non fréquentables.
Petite série Dupuis qui n’a pas fait long feu, malgré de bonnes histoires et un dessin déjà réputé (Les Innommables). Les aventures du petit garçon se suivent avec plaisir ; pirates, sirènes, rhum et ratafia. Tout est là pour nous faire passer un bon moment au milieu des Caraïbes. Le dessin est lui très agréable, tout en finesse et en dynamisme.
Je conseille cette série à tous les amoureux des fonds marins qui ont forcément rêvé un jour d’évoluer librement dans cet univers fascinant.
Après 6 tomes de cette série, le niveau a toujours été le même, c'est-à-dire excellent.
Dufaux nous offre une BD sur la Rome antique sur une base historique très bien documentée même s'il modifie quelques éléments pour servir son récit. Toute la dureté de cette époque est parfaitement rendue : luttes pour le pouvoir, complots, jeux, sexualité, tous les éléments sonnent juste. Il y a également un vrai travail sur les personnages et leur psychologie, et on est content de voir que Murena commence à prendre davantage d'importance dans le 6ème tome.
Delaby nous fait profiter de tous ses talents pour mettre en image ce scénario : visages, habits, décors, tout est de très grande qualité. La mise en couleur y est également pour beaucoup.
Pour moi, c'est une oeuvre incontournable.
J'ai longtemps tourné autour de cette série avant de sauter le pas, et j'ai trouvé ce qui est pour moi la meilleure série de la collection Celtic de chez Soleil.
Des meurtres atroces de moines sont perpétrés et tous les indices laissés sur place portent à croire qu'ils sont l'oeuvre des druides alors qu'on est en pleine période où le Christianisme s'oppose à l'ancienne religion. Un druide et son élève sont chargés d'enquêter sur ces meurtres et les épreuves pour eux vont se multiplier.
Bien entendu, les inspirations au Nom de la Rose ne sont pas feintes mais la transposition sur fond de légendes celtiques est très réussie. L'intrigue est bien menée, haletante. L'opposition entre les anciennes et les nouvelles croyances et les légendes celtiques est très bien utilisée.
Le dessin n'est pas en reste, avec des décors absolument magnifiques et des couleurs qui donnent des ambiances très réussies. Les personnages sont également bien réalisés mais certains visages sont un peu figés.
Une excellente série tant par son scénario, même s'il n'est pas très original, que par son dessin.
J'ai été très surpris par cette série. Tout d'abord c'est une des premières fois que je trouve le dessin meilleur que celui des couvertures. Dessin qui, d’abord déroutant par son côté très incisif, devient très vite agréable grâce à son originalité ; le côté vif du trait est très appréciable dans une histoire ou le mouvement (du vent) a une très grande importance.
Les femmes sont très bien dessinées sans avoir les formes des bimbos habituelles de la bd actuelle (et je ne parle pas des mangas), les auteurs ont su, malgré la nudité pourtant très présente, éviter le racolage.
Pour ce qui est de l’histoire, on a là un très beau conte digne de la fameuse collection de Delcourt. C’est plein de mystère, de magie et de poésie. Ajoutons à cela quelques personnages attachants (Soon-Li et Tsoum) évoluant dans un univers étrange dans lequel les hommes, castrés, sont devenus de simples objets. Et vous obtenez une jolie série qui brille réellement par son originalité.
Une BD.
Une grande BD...
C'est en 1941, dans le n° 6 de l'hebdo Spirou, que débute cette grande aventure graphique. Elle se termine dans le n° 52 de 1942.
Aux commandes ?.. Joseph Gillain, dit Jijé. Il a décidé de mettre en chantier ce que je considère comme une de ses oeuvres maîtresses.
"Don Bosco" ?... c'est tout simple, c'est la biographie romancée et dessinée d'un prêtre qui a passé sa vie à aider les enfants les plus démunis.
Cette première histoire paraît en noir et blanc et sera éditée -en 1944- sous forme d'un tome de 110 pages au format "à l'italienne"- (que je ne possède pas, grrr !...)
Diverses adaptations et même transformations seront faites car, fin des années 40, Jijé voyage quelques semaines en Italie, accompagné d'un père-abbé de la confrérie des dits Salésiens.
Suite à ce voyage, aux nouvelles informations qu'il reçoit ou constate, il a décidé de redessiner complètement l'histoire. Ainsi fut fait.
Ce "nouvel" album, de 106 pages, paraît en 1950 en format normal (je l'ai !...) après parution hebdomadaire -entre 1948 et 1949 dans l'hebdo "Le Moustique".
"Don Bosco" ?... c'est beau, interpellant, superbement mis en scène par le dessin réaliste d'un des plus grands auteurs de la BD francophone.
Rien à jeter. Du grand art.
Un 4,5/5 vraiment mérité.
A l'occasion de la sortie de l'intégrale du 1er cycle pour les 20 ans de Delcourt, je m'étais lancé dans cette série et après lecture, je m'étais immédiatement lancé dans la 2ème saison.
L'univers des Stryges est complexe, entre réalité et fiction, mais il a entièrement été pensé par Corbeyran qui s'est apparemment fixé les limites de son monde dès le début.
On pourrait avoir des craintes en sachant qu'il s'est positionné sur une série en 3 cycles de 6 albums et en voyant fleurir les séries dérivées, mais si l'on reste sur "Le Chant des Stryges", on ne peut qu'être conquis.
Certes, l'intrigue principale n'avance pas énormément à chaque album, la fin du 1er cycle n'en est pas vraiment une, on peut penser qu'il fait durer en longueur pour se tenir aux 18 tomes prévus, mais la complexité du scénario, les personnages un peu caricaturaux mais très réussis, les rebondissements, l'action, les complots font que cette série est une vraie réussite. On se plonge dans chaque tome avec plaisir sans en ressortir avant de l'avoir refermé.
Le dessin est également réussi, propre et bien maîtrisé, on pourra reconnaître quelques têtes connues dans les premiers tomes (Travolta, Duchovny). Les scènes d'actions sont également bien rendues et bien découpées. Par contre, les changements de coloristes n'amènent pas grand chose sur les derniers tomes et donnent des résultats de plus en plus grossiers.
Une série référence, à lire et à relire, pour apprécier le gros travail effectué par Corbeyran.
Voilà un album qui promet, avec cette histoire d'archéologue qui part sur les traces du mystérieux Cassio, qui a vécu deux mille ans plus tôt dans la Rome antique. Mystérieux, car ce personnage était devenu rapidement influent, et qu'il connut une fin brutale. C'est d'ailleurs sur cette fin que s'ouvre l'album...
Car Desberg brouille intelligemment les cartes : cette scène de la mort de Cassio permet d'entrer directement dans l'action, puis au hasard des fouilles de la jeune archéologue de retracer le destin de Cassio, voire d'imaginer qu'il aurait pu survivre à cet assassinat...
Le récit ne souffre d'aucune faiblesse, l'intérêt est constamment relancé, d'autant que le lecteur n'est jamais dans la position confortable d'imaginer ce qui va se passer. La cohabitation de séquences contemporaines et de séquences antiques se fait sans heurts, les personnages sont bien sentis. L'histoire de Cassio par exemple est originale, et fait la part belle à des psychologies torturées. Vraiment, du très très beau travail.
Le dessin de Reculé est très beau, souple, élégant. Il ne souffre pas de défauts majeurs, et se révèle toujours équilibré et maîtrisé, en parfait accord avec une mise en couleur aux teintes agréables. C'est vrai que le graphisme rappelle parfois vraiment celui de Marini, sans aller jusqu'au mimétisme, ce qui gêne un peu. A force qu'on le lui reproche, Reculé tentera bien d'y remédier, il n'attend plus que de gagner son propre caractère pour trouver sa totale maturité.
Bref, un album très prometteur, à la construction scénaristique vraiment séduisante, qui mérite la découverte. La lecture permet de juger le travail sur le récit de Reculé, qu'il serait vraiment injuste de réduire à un simple ersatz d'oeuvres à succès. A découvrir sans hésiter.
Le titre de cet album est assez poétique et les belles couleurs de sa couverture attirent le regard. Je m'attendais à lire un manga un peu léger, contemplatif peut-être, la chronique d'un quartier. Mais la surprise fut là. Car il s'agit bien d'une chronique mais d'une vie difficile dans un quartier assez miséreux. Et surtout le sujet même est étonnant. Un jeune homme qui doit avoir peut-être 16 ans "accompagne" les gens pour les pousser au suicide par n'importe quel moyen. Du moins les personnes qu'il accompagne sont déjà suicidaires, ils veulent quitter leur vie qu'ils considèrent souvent comme trop insipide. Ce jeune homme n'est là que pour leur donner un petit coup de pouce afin que personne ne renonce au dernier moment par manque de volonté, et au passage il collectionne les téléphones portables.
A noter que l'album est composé de plusieurs histoires indépendantes mais toutes aussi pessimistes, avec des personnages d'une jeunesse en quête de sens. Dans certaines, on suppose que l'auteur se met en scène lui-même, du moins en partie, en tant que mangaka pressé par les délais infernaux pour rendre ses planches, peut-être lui à ses tout débuts. Tout cela pour un salaire finalement assez faible, et il semble qu'à cette image une certaine frange de la jeunesse cherche à remettre au plus tard possible leur vie d'adulte et les contraintes qui vont avec comme gagner sa vie, s'endetter pour l'achat d'un logement et autres joyeusetés.
Je viens de terminer le tome 1 de Berlin de Marvano et j'ai été agréablement surpris par le résultat.
Cette histoire sur fond de guerre, est fort bien documentée.
"Jamais autant d'hommes disait Churchill, ne doivent à aussi peu d'hommes" en parlant des pilotes de RAF dans les années 40.
C'est donc une tranche de vie de ces pilotes que nous propose Marvano, tranche de vie émouvante (Ah les pages 39, 40, 41 et 50, 51) qui m'a parfois fait frissonner.
Même si le ton est souvent assez froid, voire austère, l'émotion finit par triompher.
Une bonne bd qui est rééditée à l'occasion du tome 2, qui, m'a confié mon libraire, est totalement différent.
(Les trois volumes de la série formant des histoires indépendantes)
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Muchacho
Voici un diptyque à posséder ne serait-ce que pour le dessin et la mise en couleur de Lepage, mais le scénario n'est pas en reste. On suit le parcours initiatique d'un jeune dignitaire ecclésiastique (pour ne pas reprendre le terme de prélat) très doué pour le dessin, dans la dureté de la jungle du Nicaragua. L'auteur lui fait vivre des aventures très mouvementées qui vont l'endurcir et l'affirmer : dénonciation, poursuite, politique, amitié, trahison, révolution, amour... Magnifique ! Du très grande Lepage sur toute la ligne avec une réalisation technique à couper le souffle. Son dessin est toujours aussi bon, voire même meilleur que sur ces précédentes réalisations, mais ici la mise en couleur à l'aquarelle prend toute son ampleur : elle donne vie à la jungle et nous emmène avec le jeune Gabriel au fin fond du Nicaragua. Indispensable !
Donito
Donito est un petit enfant d’une île des Caraïbes qui après avoir sauvé une tortue de ses bourreaux, se voit offrir par cette dernière une algue qui lui permet de respirer sous l’eau. En compagnie de la dite tortue et d’un phoque il va découvrir les trésors de l’océan ainsi que ses pièges et autres personnes non fréquentables. Petite série Dupuis qui n’a pas fait long feu, malgré de bonnes histoires et un dessin déjà réputé (Les Innommables). Les aventures du petit garçon se suivent avec plaisir ; pirates, sirènes, rhum et ratafia. Tout est là pour nous faire passer un bon moment au milieu des Caraïbes. Le dessin est lui très agréable, tout en finesse et en dynamisme. Je conseille cette série à tous les amoureux des fonds marins qui ont forcément rêvé un jour d’évoluer librement dans cet univers fascinant.
Murena
Après 6 tomes de cette série, le niveau a toujours été le même, c'est-à-dire excellent. Dufaux nous offre une BD sur la Rome antique sur une base historique très bien documentée même s'il modifie quelques éléments pour servir son récit. Toute la dureté de cette époque est parfaitement rendue : luttes pour le pouvoir, complots, jeux, sexualité, tous les éléments sonnent juste. Il y a également un vrai travail sur les personnages et leur psychologie, et on est content de voir que Murena commence à prendre davantage d'importance dans le 6ème tome. Delaby nous fait profiter de tous ses talents pour mettre en image ce scénario : visages, habits, décors, tout est de très grande qualité. La mise en couleur y est également pour beaucoup. Pour moi, c'est une oeuvre incontournable.
Les Druides
J'ai longtemps tourné autour de cette série avant de sauter le pas, et j'ai trouvé ce qui est pour moi la meilleure série de la collection Celtic de chez Soleil. Des meurtres atroces de moines sont perpétrés et tous les indices laissés sur place portent à croire qu'ils sont l'oeuvre des druides alors qu'on est en pleine période où le Christianisme s'oppose à l'ancienne religion. Un druide et son élève sont chargés d'enquêter sur ces meurtres et les épreuves pour eux vont se multiplier. Bien entendu, les inspirations au Nom de la Rose ne sont pas feintes mais la transposition sur fond de légendes celtiques est très réussie. L'intrigue est bien menée, haletante. L'opposition entre les anciennes et les nouvelles croyances et les légendes celtiques est très bien utilisée. Le dessin n'est pas en reste, avec des décors absolument magnifiques et des couleurs qui donnent des ambiances très réussies. Les personnages sont également bien réalisés mais certains visages sont un peu figés. Une excellente série tant par son scénario, même s'il n'est pas très original, que par son dessin.
La Jeune Fille et le Vent
J'ai été très surpris par cette série. Tout d'abord c'est une des premières fois que je trouve le dessin meilleur que celui des couvertures. Dessin qui, d’abord déroutant par son côté très incisif, devient très vite agréable grâce à son originalité ; le côté vif du trait est très appréciable dans une histoire ou le mouvement (du vent) a une très grande importance. Les femmes sont très bien dessinées sans avoir les formes des bimbos habituelles de la bd actuelle (et je ne parle pas des mangas), les auteurs ont su, malgré la nudité pourtant très présente, éviter le racolage. Pour ce qui est de l’histoire, on a là un très beau conte digne de la fameuse collection de Delcourt. C’est plein de mystère, de magie et de poésie. Ajoutons à cela quelques personnages attachants (Soon-Li et Tsoum) évoluant dans un univers étrange dans lequel les hommes, castrés, sont devenus de simples objets. Et vous obtenez une jolie série qui brille réellement par son originalité.
Don Bosco
Une BD. Une grande BD... C'est en 1941, dans le n° 6 de l'hebdo Spirou, que débute cette grande aventure graphique. Elle se termine dans le n° 52 de 1942. Aux commandes ?.. Joseph Gillain, dit Jijé. Il a décidé de mettre en chantier ce que je considère comme une de ses oeuvres maîtresses. "Don Bosco" ?... c'est tout simple, c'est la biographie romancée et dessinée d'un prêtre qui a passé sa vie à aider les enfants les plus démunis. Cette première histoire paraît en noir et blanc et sera éditée -en 1944- sous forme d'un tome de 110 pages au format "à l'italienne"- (que je ne possède pas, grrr !...) Diverses adaptations et même transformations seront faites car, fin des années 40, Jijé voyage quelques semaines en Italie, accompagné d'un père-abbé de la confrérie des dits Salésiens. Suite à ce voyage, aux nouvelles informations qu'il reçoit ou constate, il a décidé de redessiner complètement l'histoire. Ainsi fut fait. Ce "nouvel" album, de 106 pages, paraît en 1950 en format normal (je l'ai !...) après parution hebdomadaire -entre 1948 et 1949 dans l'hebdo "Le Moustique". "Don Bosco" ?... c'est beau, interpellant, superbement mis en scène par le dessin réaliste d'un des plus grands auteurs de la BD francophone. Rien à jeter. Du grand art. Un 4,5/5 vraiment mérité.
Le Chant des Stryges
A l'occasion de la sortie de l'intégrale du 1er cycle pour les 20 ans de Delcourt, je m'étais lancé dans cette série et après lecture, je m'étais immédiatement lancé dans la 2ème saison. L'univers des Stryges est complexe, entre réalité et fiction, mais il a entièrement été pensé par Corbeyran qui s'est apparemment fixé les limites de son monde dès le début. On pourrait avoir des craintes en sachant qu'il s'est positionné sur une série en 3 cycles de 6 albums et en voyant fleurir les séries dérivées, mais si l'on reste sur "Le Chant des Stryges", on ne peut qu'être conquis. Certes, l'intrigue principale n'avance pas énormément à chaque album, la fin du 1er cycle n'en est pas vraiment une, on peut penser qu'il fait durer en longueur pour se tenir aux 18 tomes prévus, mais la complexité du scénario, les personnages un peu caricaturaux mais très réussis, les rebondissements, l'action, les complots font que cette série est une vraie réussite. On se plonge dans chaque tome avec plaisir sans en ressortir avant de l'avoir refermé. Le dessin est également réussi, propre et bien maîtrisé, on pourra reconnaître quelques têtes connues dans les premiers tomes (Travolta, Duchovny). Les scènes d'actions sont également bien rendues et bien découpées. Par contre, les changements de coloristes n'amènent pas grand chose sur les derniers tomes et donnent des résultats de plus en plus grossiers. Une série référence, à lire et à relire, pour apprécier le gros travail effectué par Corbeyran.
Cassio
Voilà un album qui promet, avec cette histoire d'archéologue qui part sur les traces du mystérieux Cassio, qui a vécu deux mille ans plus tôt dans la Rome antique. Mystérieux, car ce personnage était devenu rapidement influent, et qu'il connut une fin brutale. C'est d'ailleurs sur cette fin que s'ouvre l'album... Car Desberg brouille intelligemment les cartes : cette scène de la mort de Cassio permet d'entrer directement dans l'action, puis au hasard des fouilles de la jeune archéologue de retracer le destin de Cassio, voire d'imaginer qu'il aurait pu survivre à cet assassinat... Le récit ne souffre d'aucune faiblesse, l'intérêt est constamment relancé, d'autant que le lecteur n'est jamais dans la position confortable d'imaginer ce qui va se passer. La cohabitation de séquences contemporaines et de séquences antiques se fait sans heurts, les personnages sont bien sentis. L'histoire de Cassio par exemple est originale, et fait la part belle à des psychologies torturées. Vraiment, du très très beau travail. Le dessin de Reculé est très beau, souple, élégant. Il ne souffre pas de défauts majeurs, et se révèle toujours équilibré et maîtrisé, en parfait accord avec une mise en couleur aux teintes agréables. C'est vrai que le graphisme rappelle parfois vraiment celui de Marini, sans aller jusqu'au mimétisme, ce qui gêne un peu. A force qu'on le lui reproche, Reculé tentera bien d'y remédier, il n'attend plus que de gagner son propre caractère pour trouver sa totale maturité. Bref, un album très prometteur, à la construction scénaristique vraiment séduisante, qui mérite la découverte. La lecture permet de juger le travail sur le récit de Reculé, qu'il serait vraiment injuste de réduire à un simple ersatz d'oeuvres à succès. A découvrir sans hésiter.
Le Quartier de la lumière
Le titre de cet album est assez poétique et les belles couleurs de sa couverture attirent le regard. Je m'attendais à lire un manga un peu léger, contemplatif peut-être, la chronique d'un quartier. Mais la surprise fut là. Car il s'agit bien d'une chronique mais d'une vie difficile dans un quartier assez miséreux. Et surtout le sujet même est étonnant. Un jeune homme qui doit avoir peut-être 16 ans "accompagne" les gens pour les pousser au suicide par n'importe quel moyen. Du moins les personnes qu'il accompagne sont déjà suicidaires, ils veulent quitter leur vie qu'ils considèrent souvent comme trop insipide. Ce jeune homme n'est là que pour leur donner un petit coup de pouce afin que personne ne renonce au dernier moment par manque de volonté, et au passage il collectionne les téléphones portables. A noter que l'album est composé de plusieurs histoires indépendantes mais toutes aussi pessimistes, avec des personnages d'une jeunesse en quête de sens. Dans certaines, on suppose que l'auteur se met en scène lui-même, du moins en partie, en tant que mangaka pressé par les délais infernaux pour rendre ses planches, peut-être lui à ses tout débuts. Tout cela pour un salaire finalement assez faible, et il semble qu'à cette image une certaine frange de la jeunesse cherche à remettre au plus tard possible leur vie d'adulte et les contraintes qui vont avec comme gagner sa vie, s'endetter pour l'achat d'un logement et autres joyeusetés.
Berlin (Les Sept Nains)
Je viens de terminer le tome 1 de Berlin de Marvano et j'ai été agréablement surpris par le résultat. Cette histoire sur fond de guerre, est fort bien documentée. "Jamais autant d'hommes disait Churchill, ne doivent à aussi peu d'hommes" en parlant des pilotes de RAF dans les années 40. C'est donc une tranche de vie de ces pilotes que nous propose Marvano, tranche de vie émouvante (Ah les pages 39, 40, 41 et 50, 51) qui m'a parfois fait frissonner. Même si le ton est souvent assez froid, voire austère, l'émotion finit par triompher. Une bonne bd qui est rééditée à l'occasion du tome 2, qui, m'a confié mon libraire, est totalement différent. (Les trois volumes de la série formant des histoires indépendantes) A découvrir, vraiment !