Les derniers avis (39890 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Fausses pistes
Fausses pistes

J'aime beaucoup ce que fait Duhamel et ici encore il me satisfait tout à fait ! Déjà, Duhamel reste sur son type de dessin qui fonctionne toujours aussi bien. Il y a des têtes qui reviennent et parfois des ressemblances, mais il a trouvé son style de dessin et chaque personnage est vite caractérisé physiquement. Duhamel ne fait pas dans la subtilité, ce que je ne lui reproche déjà pas, et permet aux lecteurs de repérer facilement les caractères de chaque personnage présenté. Et de fait, c'est la grande force de ses BD jusqu'à présent : en deux pages, il caractérise tout le monde et le récit également. C'est une excellente chose, puisque les BD de Duhamel ne s'étendent pas sur une centaine de pages, nécessitant d'aller à l'essentiel. Après l'introduction qui présente le personnage principal et son intérêt narratif, nous avons le groupe de touristes en visite dans l'Utah qui est bien vite cerné. Ce qui n'empêchera pas de faire des petites développements par la suite. Mais niveau histoire, j'ai beaucoup apprécié. C'est simple, sans être simpliste non plus, et ça propose une lecture assez rigolote mais pas dénuée de réflexion sur le tourisme et l'utilisation de l'histoire pour ceux-ci. On commence notamment avec les questionnements sur l'amérindien, et on poursuit avec la question de ce qu'on fait de l'Histoire. A ce niveau, le personnage principal semble au début très puritain, mais évolue d'une façon sympathique, tandis qu'il découvre que son Histoire qu'il chérit tant n'est peut-être pas celle de ceux qui l'entourent. Sans parler de la façon dont les choses se passent entre complotistes, immigrés et autres personnes des minorités. La BD tire moins à boulet rouge que dans d'autres de l'auteur, mais elle sait être efficace dans son message sur l'Histoire et la question de l'implication de chacun dedans. Finalement, on retient ce que l'on veut, mais rien ne nous empêche d'être le héros de la notre une journée entière. Le genre de BD qui me fait rire mais reste assez intelligente, ce que j'apprécie tout à fait. Duhamel est un auteur que j'apprécie de plus en plus, je vais continuer à la suivre !

27/09/2024 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Évasions perdues
Les Évasions perdues

On va pas se mentir, des BD témoignages sur la seconde guerre mondiale, les camps ou la déportation, le monde du 9e art n'en manque pas. Et pourtant cet album a tout pour remporter l'adhésion. D'abord il relate un pan pas forcément hyper connu : un camp réservé aux officiers français issus de la bourgeoisie. Pas vraiment des pistonnés, mais limite un peu quand même. Certes il y a des conditions de détentions très rudes, il y a des punitions et des brimades. Mais il y a aussi un accès à l'éducation, les officiers ayant la possibilité de poursuivre leurs études. Comment cela est possible ? Un accord entre Vichy et les nazis pour former la future armée européenne à la solde des allemands. Cet album raconte donc la vie dans ce camp pas banal. Mais il raconte surtout l'histoire d'un homme au milieu de ce camp : le père du scénariste. Ce sera l'occasion d'apprendre des choses interessantes sur le contexte politique du moment. Les pro Pétain "contre" les pro De Gaule. Même en captivité les désaccords politiques restent d'actualité et il faut faire attention à qui on confie quoi. C'est d'autant plus interessant que c'est très bien raconté, facile d'accès. Malgré sa pagination et ses planches bavardes, cet album n'est jamais indigeste, au contraire. Même si on est pas expert en seconde guerre mondiale, on comprend le fond du problème et les enjeux du moment. Plus on avance dans le récit, plus il devient interessant. C'est évidemment touchant car au travers du récit, le scénariste rend hommage à son père qui a passé pas loin de 5 ans dans ce camp. Il rend hommage à son courage et ses convictions. Il a toujours eu en tête de s'évader pour regagner les rangs de l'armée et pouvoir se battre à nouveau contre l'ennemi. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde. Ce livre raconte comment il a cherché le meilleur moyen, le bon moment, les complices adéquats et combien ce fut un projet difficile et dangereux. Cet album a en plus le bon goût d'être facile à lire, car le dessin est très lisible. Un style épuré, bien agréable à l'oeil, qui sert l'histoire, qui rend les personnages sympathiques, sauf les soldats allemands évidement. Au final, beaucoup de raisons de s'intéresser à ce bel album.

26/09/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Friday
Friday

A force de lire obsessivement les polars noirs de Brubaker (Criminal, Reckless), j’en oublierais presque qu’il s’essaye aussi à d’autres genre. Ici, il cite comme inspiration les romans « YA », c’est-à-dire « Young Adult » où typiquement un groupe d’enfants ou d’ados essayent de résoudre un mystère, enquêtent sur une disparition etc. Il préfère toutefois le terme « post-YA » : les protagonistes sont un peu plus âgés (une 20aine d’années), et le ton plus sombre. Le résultat ? Une enquête enjouée et remplie de mystère, des personnages attachants, un ton relativement adulte (il est question de relations amoureuses) et plutôt sombre. J’ai englouti les 3 tomes, l’intrigues est haletante, bien construite, et les révélations fracassantes sont toujours bien amenées… la fin est logique et satisfaisante, et réussit à réconcilier tous les éléments du récit, ce qui n’était pas donné. J’ai eu un peu de mal à me faire au dessin de Marcos Martin, la faute principalement à ces visages un peu écrasés. Il sert toutefois parfaitement l’histoire, et contribue grandement à l’ambiance inquiétante de cette petite bourgade oppressante. Il est très détaillé et superbement mis en valeur par les couleurs de Vincente. Une superbe série, qui a d’ailleurs gagné l’Eisner Award de la meilleure BD numérique en 2021 et en 2024. Une suite (ou prequelle) est possible, même si les auteurs ne semblent pas intéressés à l’heure actuelle. Je croise les doigts pour qu’ils changent un jour d’avis !

02/01/2023 (MAJ le 26/09/2024) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Friday
Friday

Avec "Friday", je découvre un nouveau Ed Brubaker après ses nombreux thrillers. Pour décor la petite ville de Kings Hill, Friday Fitzhugh, âgée de 18 ans, y revient pour fêter Noël avec sa mère et sa tante. Mais aussi pour y retrouver son meilleur ami d'enfance, Lance Jones, qu'elle avait quitté pour le lycée. Au collège, ils étaient inséparables et passaient leur temps libre à élucider toutes sortes d'énigmes, Lance est un petit génie en son genre. A peine revenue, Friday se retrouve embarquée avec Lance dans une drôle d'histoire avec une 'dame blanche'... Brubaker, comme à son habitude, distille les premiers éléments de l'intrigue dès les premières pages pour mieux happer le lecteur. Une intrigue qui commence comme un polar pour doucement bifurquer vers le fantastique. Des flash-back sur le passé de nos deux jeunes gens pour comprendre l'évolution de leur relation feront quelques irruptions. Un récit sombre, mystérieux et captivant. Friday est vraiment attachante et avec une sacrée personnalité. Un second tome qui prend une nouvelle tournure, beaucoup plus fantastique, ce qui n'est pas pour me déplaire. Une narration toujours maîtrisée et les surprises seront au rendez-vous. Que du bonheur. Le troisième tome va nous faire découvrir deux Friday, celle du présent et celle du passé. J'ai beaucoup aimé cette partie de l'album, elle explique beaucoup de petits évènements qui paraissaient sans importance. Le savoir-faire de Brubaker. Par contre, le déroulé final m'a moins convaincu, des séquences où le hasard est un peu trop présent. Cela ne m'a pas empêché de passer un excellent moment. De nouvelles aventures de Friday pourraient voir le jour, si c'est le cas je serai du voyage. Je découvre Marcos Martin et je suis sous le charme de son dessin rétro, détaillé, expressif et de sa mise en page dynamique. Les couleurs de Muntsa Visente sont magnifiques. Du très bon boulot. Un ensemble très seventies que je recommande aux amateurs du genre. Un bon 4 étoiles.

13/01/2023 (MAJ le 26/09/2024) (modifier)
Par Brodeck
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Swan
Swan

Coup de coeur pour "Swan" de Nejib ! Si le tome 1 était déjà très bon, le tome 2 est encore plus prenant. On y trouve un véritable souffle romanesque ainsi que des rebondissements crédibles et bien amenés. Les personnages sont attachants, consistants, ils ont l'épaisseur de personnages de roman, ça bouillonne, c'est la vie qui défile sous nos yeux avec toute la galerie des artistes du XIXème siècle que Nejib croque sans fioriture mais avec un talent évident. J'ai également apprécié les dialogues ciselés qui font mouche et la présence de nombreuses oeuvres d'art jalonnant le récit (même si je ne les ai sans doute pas toutes repérées). Le tome 3 qui vient conclure cette superbe histoire est peut-être un peu plus attendu, mais l'ensemble est vraiment bien ficelé. Une belle série sur l'histoire de l'art que je relirai avec plaisir ! Nejib poursuit donc son chemin en traitant un de ses thèmes de prédilection : la mémoire, la construction d'un souvenir, déjà présent dans Stupor Mundi tout en affinant au passage sa technique. Le trait est parfaitement adapté, dynamique, expressif et fluide. Ce fut un grand plaisir de parcourir ce récit aux multiples enjeux et personnages et où tout est limpide. Nejib a vraiment un talent particulier pour raconter ses histoires. Pas d'effets de manche, de prétention, tout coule de source. C'est instructif sans être pédant (et ça donne envie de s'informer davantage), l'auteur mêle personnages fictifs et personnalités marquantes du XIXème siècle avec une facilité déconcertante, il rend hommage aux artistes (mais ne se prive pas pour autant de les croquer avec humour) tout en nous contant une histoire familiale qui a de la chair, bravo !

26/09/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Peter Pan de Kensington
Peter Pan de Kensington

Tout le monde ne connaît pas les origines de Peter Pan, personnage faisant désormais partie intégrante de la pop-culture, que ce soit au cinéma ou dans la bande dessinée. Comme il est indiqué en préface, son créateur, James Matthew Barrie, avait conçu, une décennie avant son fameux « Peter et Wendy », un autre roman intitulé « Le Petit Oiseau blanc », où pour la première fois apparaissait brièvement son héros fétiche, pour être repris dans une œuvre totalement dédiée à ce dernier, « Peter Pan dans les jardins de Kensington », sorte de prequel très vaporeux à « Peter et Wendy ». José-Luis Munuera s’en est inspiré pour en livrer une version assez libre mais plus scénarisée, le but étant d’être en harmonie avec l’œuvre de Barrie. Alors évidemment, on ne retrouve pas les rebondissements présents dans l’œuvre maîtresse, mais il faut avouer que José-Luis Munuera s’en sort plutôt bien. Et dans la mesure où le théâtre de l’action se situe dans l’enceinte du parc de Kensington à Londres, on pourrait presque parler de « huis clos en extérieur ». Aux côtés de Peter Pan et de Maimie Mannering, la fillette égarée, on voit défiler toute une galerie de personnages et de créatures fantastiques, des fées, des « ombres » et aussi des oiseaux et des arbres doués de paroles. Le pays imaginaire de Neverland y est brièvement évoqué, avec même une apparition fugace du sinistre Capitaine Crochet. Le fil conducteur (ou fil narratif) du récit réside dans le défi adressé à Maimie par la « reine » du parc : retrouver dans les vastes jardins un dé à coudre qui lui permettra d’exaucer ses vœux… Autour de ce fil viendront se tisser moult discussions philosophico-poétiques entre les protagonistes, avec ce noyau thématique cher à Barrie et présent dans « Peter et Wendy », la perte de l’innocence et le pouvoir de l’imagination, qui nécessite d’avoir conservé la part d’enfance en soi. L’univers de l’écrivain britannique est magistralement évoqué grâce au très beau dessin de Munuera, certes classique dans sa tournure « franco-belge », mais d’une élégance et d’une grâce incomparable. Celui-ci maîtrise à la perfection les contrastes entre les tons bleutés nocturnes et les halos féériques de lumière, nous immergeant magiquement dans les greniers mémoriels de l’enfance. Le charme dégagé par le graphisme permet par ailleurs de transcender la tragédie en filigrane du récit, allusive au début mais qui ne sera clairement révélée que vers la fin, validant cette croyance de l’écrivain selon laquelle l’imaginaire pourrait parfois s’immiscer dans la réalité. Si « Peter Pan de Kensington » rappelle immanquablement le « Peter Pan » de Loisel, il saura sans nul doute convaincre ceux qui ont apprécié ce dernier, superbe adaptation du roman emblématique de Barrie et méritera clairement sa place dans votre bibliothèque aux côtés de la série.

25/09/2024 (modifier)
Par Bdvore
Note: 4/5
Couverture de la série Dusk
Dusk

Bjr, difficile si on est un vrai fan de bd (si je peux me permettre de dire que j'en suis un) de ne pas aimer ou du moins respecter cet auteur au talent reconnu et à l'œuvre riche de pépites. Outre les histoires prenantes et parfaitement maîtrisées, De Metter à un vrai talent picturale, une patte personnelle vraiment particulière qui ne peut laisser insensible. Dans "Dusk" toute sa palette s'exprime, ses couleurs contradictoires à la fois sombres et chaudes toujours en phase avec la noirceur ou la dureté du récit. Les expressions des personnages sont une vraie réussite...bref, à découvrir absolument si cela n'a pas été fait et à conserver en bonne place dans sa Bédétheque.

25/09/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'Étrange vie de Nobody Owens
L'Étrange vie de Nobody Owens

J'avais un peu d'appréhension à lire cette BD, bien que le nom de Philip Craig Russell m'attire déjà (j'ai découvert quelques unes de ses BD et j'ai adoré) tandis que celui de Neil Gaiman est un indétrônable de ma bibliothèque (livres et BD confondues). Mais d'où vient alors mon appréhension ? De ce que la lecture de "L'Etrange vie de Nobody Owens" a été l'une des rares lectures qui m'a fait pleurer dans son final. Non pas qu'il soit particulièrement émouvant, mais l'histoire m'avait tant entrainé dans son univers que j'ai été malheureux de devoir en sortir. Autant dire qu'une adaptation BD de ce roman m'attirait avec beaucoup de pincettes. Et pourtant, la lecture a été excellente. Il faut dire que l'adaptation n'a pas chômée dans le travail du texte, arrivant à la fois à faire ressortir les aspects intéressants de l'ouvrage dans les protagonistes mais aussi dans le lieu si attirant que constitue le cimetière. Russell arrive à le rendre tangible, vivant, tout en caractérisant les différents fantômes. Et surtout, il a parfaitement réussi son Silas : un vampire dans la lignée des Draculas et Nosferatu de cinéma, inquiétant et glaçant, hautain, mais en même temps protecteur et éducateur. Ce n'est pas ainsi que je l'ai imaginé en lisant le livre, mais il ne dépareille pas du tout ! L'histoire est celle du livre dans une adaptation presque page par page. On suit toutes les pérégrinations de Nobody Owens dans son enfance et sa découverte progressive du monde extérieur, celui qui est dangereux. C'est un renversement classique des codes du genre : les créatures de la nuit sont moins dangereuses que le monde des hommes, où rodent les tueurs. Mais pas que ! Il est assez clair que le propos ici est la construction de l'adulte, notamment avec les parents qui sont clairement supplanté par un tuteur et le fait que Nobody grandit tout au long du récit. Mais c'est un récit qui montre aussi l'effet du temps, l'éloignement de l'enfance et son merveilleux alors qu'arrive le monde des adultes, la violence, les retrouvailles, l'éloignement des enfants ... La BD joue sur les émotions aussi. De nombreuses scènes se concluent sur une mise en place d'émotions : la rencontre avec la mort, les échanges avec Silas, Scarlett qui s'en va, le lien qu'il va tisser avec Mme Lupescu ... C'est réellement touchant, et je trouve que l'adaptation a réussi à transformer ce qui passait par des mots avec des images. Si je devais pinailler, je trouve que parfois la narration repose trop sur le texte, d'ailleurs. Il y a des moments qui auraient mérité de ne pas avoir de texte off qui commente, les cases se suffisant à elle-même. C'est plaisant niveau texte, mais ça fait un peu redite et la BD aurait été aussi forte sans trop en dire. En tout cas, niveau adaptation c'est une réussite, mais en tant que BD seule, c'est aussi excellent. Il y a une histoire prenante, une thématique forte et des personnages attachants. C'est un diptyque que je recommande, même si la lecture du livre est tout aussi recommandé. Choisissez votre média préféré !

25/09/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Intranquille monsieur Pessoa
L'Intranquille monsieur Pessoa

L’Intranquille monsieur Pessoa nous offre plus qu’une simple biographie. Nicolas Barral parvient en effet à nous raconter une histoire humaine et émouvante avant tout… tout en relatant la vie de l’écrivain. Ainsi ce récit s’avère encore plus touchant qu’instructif. Franchement, chapeau ! Si le nom de Pessoa ne m’était pas inconnu, je ne connais aucun de ses écrits. Mais qu’importe car c’est à l’homme que Nicolas Barral a réussi à m’intéresser. Pessoa est un inadapté de la vie qui s’invente mille vies, un homme lettré et cultivé qui semble ne pouvoir s’exprimer que derrière l’anonymat d’une feuille de papier. Le personnage ainsi décrit est fascinant, touchant, drôle, inaccessible, poète, humain, décalé. Et déjà, rien que pour lui, cette bande dessinée mérite d’être lue. Mais le coup de génie de Barral aura été de ne pas nous proposer une biographie mais un vrai roman graphique. Roman dans lequel nous suivons un jeune pigiste alors que lui-même se documente sur l’écrivain. Et, plus qu’un simple portrait, c’est tout le rapport à l’écriture qui devient le sujet du livre. « Faites concis » lui dit son patron, mais comment décrire en peu de mots un tel personnage ? Sinon, en le connaissant jusque dans ses failles, en se l’appropriant et en nous délivrant l’essence même du personnage. Et alors qu’un personnage s’éteint, un autre s’éveille. « Avant d’écrire, vivez », lui dira son premier baiser, mais comment faire quand son sujet, lui, n’aura eu de cesse d’écrire pour avoir le sentiment d’exister ? Le récit baigne dans une ambiance ouateuse, entre les vapeurs d’alcool et l’intranquilité de Pessoa, entre les rêves et la vie, entre l’écrit et le réel (mais l’écrit n’est-il pas parfois plus réel que la réalité ?), au rythme du pas de Pessoa dans les rues de Lisbonne. Plusieurs scènes font à mes yeux montre d’une grande intelligence (lorsque Pessoa demande à son coiffeur de lui décrire un ballon, par exemple) et démontrent l’importance de la littérature et de la culture. C’est une ode à l’écriture et à l’imaginaire, et pourtant un récit très terre à terre. C’est poétique, intelligent, triste et drôle à la fois. A titre personnel, j’ai adoré !

25/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Oscar et la dame rose
Oscar et la dame rose

A l’origine, Oscar et la dame rose est un roman d’Eric-Emmanuel Schmitt. Roman rapidement adapté en pièce de théâtre par l’auteur lui-même puis adapté en film en 2009. … Et malgré tout, je ne connaissais absolument pas cette histoire. Il aura donc fallu attendre cette troisième adaptation, en bande dessinée cette fois, pour que je la découvre avec ravissement. C’est le nom de Vincent Zabus qui m’a séduit dans un premier temps (parce que très sincèrement, celui d’Eric-Emmanuel Schmitt, moi, hein, pfff… (comme quoi, je suis vraiment un vieux con)), couplé à la rondeur du trait de Valérie Vernay. Du premier, j’aime l’humanité des scénarios que j’ai eu la chance de lire. De la seconde, j’aime la candeur et la fraicheur qui se dégagent de son trait. Oscar et la dame rose est une œuvre extrêmement touchante, poétique, humaine, sensible, drôle et légère sur un sujet difficile (la mort) voire tabou (la mort d’un enfant). Sujet casse-gueule s’il en est car il est très tentant d’en faire de trop et de tomber dans le larmoyant insipide. Or, ici, j’ai trouvé son traitement tout simplement parfait. Je me suis attaché aux personnages, j’ai trouvé l’idée d’une journée équivalente à dix ans très poétique et ludique, j’ai été touché par la candeur autant que par la maturité d’Oscar, j’ai aimé cette idée de ces lettres de l’un permettant à l’autre de conserver une relative sérénité à l’heure de sa mort. Et puis j’ai aimé la rondeur du dessin, l’harmonie des couleurs, la composition des planches, le découpage… J’ai aimé, quoi !

25/09/2024 (modifier)