Les derniers avis (40251 avis)

Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Maison du canal
La Maison du canal

Quand j'ai vu la couverture de cette BD dans la liste des ouvrages à paraitre, mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai immédiatement reconnu le style inimitable d'Edith dont le dessin me charme au plus haut point. Bon, certes, il s'agissait d'une adaptation de Simenon, or je ne suis pas du tout amateur de polar, mais pour le seul plaisir des yeux, j'ai couru chez le libraire pour pécho le livre. Et je ne l'ai pas regretté, d'abord parce que l'histoire est vraiment bien. Ce n'est pas une histoire policière, plutôt un roman noir, un roman "dur" selon les propres termes de l'auteur pour qualifier ses romans dans lesquels le personnage du commissaire Maigret n'apparait pas. Ben oui, suis-je bête, c'est la collection "Simenon, les romans durs". Bon sang de bois, en voilà une qui porte bien son nom... Oui, cette histoire est sombre et morne. On sent les personnages empêtrés dans leur solitude. On ressent leur détresse profonde chevillée au corps. Dès les premières pages, il devient évident que tout cela va très mal finir. Une menace sourde plane sur leur tête. La question qui trotte dans la tête du lecteur est comment va débouler l'accident ? Quel personnage va perdre la tête ? Qui va mourir ? Comment... Tout cela est très tendu, donc très réussi. Et il faut dire qu'Edith habille l'ensemble de la meilleure manière possible. Son dessin imprime une marque très forte avec ses personnages aux visages souvent inquiets et inquiétants, ses paysages désespérément clos où la pluie dispute au brouillard la charge de barrer l'horizon... Elle s'appuie en outre sur une gamme chromatique parfaitement choisie. C'est un travail admirable, splendide s'il est permis de parler de splendeur au sujet d'une histoire aussi tragique. Un vrai travail de dessinateur où il ne s'agit pas seulement d'illustrer, de mettre en image un récit. Certes, ça ne donne pas nécessairement envie de visiter la Belgique (je plaisante parce que les belges sont sympas, même s'ils ne sont pas tous routiers), en revanche, on a grave envie de se plonger dans l'œuvre dure de Simenon. A chaque fois que j'ouvre une BD d'Edith, je trouve son trait encore plus fin et précis. Rares sont les dessinateurs-trices à susciter ce genre d'impression chez moi. Bref ! C'est un excellent récit, très ramassé qui offre toute la place au dessin et à la psychologie. Mais j'ai presque envie de dire que je le savais avant de le lire. Tellement chouette de voire ses attentes pleinement comblées. Ce n'est pas si fréquent.

11/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Aux soirs de grande ardeur
Aux soirs de grande ardeur

Que voilà un titre intriguant ! En tout cas il m’a donné envie de me plonger dans cet album. J’avais trouvé sympathiques les séries de Puzenat que j’avais eu l’occasion de lire auparavant, mais cet album m’a davantage plu encore. Vaguement situé vers la fin de la préhistoire – visiblement dans l’est de l’Europe actuelle (ce que dit l’auteur, mais rien ne permet d’identifier clairement la localisation – et le récit après tout est entièrement imaginaire), c’est un récit qui, sans esbroufe, se laisse lire très agréablement. Il est question du pouvoir et de ses justifications, à l’heure où l’édification de cités-Etats justifie la hiérarchisation de la société, l’esclavage et les guerres pour préserver ses richesses. Il est aussi question d’amour, et de simplicité. Simplicité aussi du récit – ce qui n’exclut pas des surprise et une intrigue pas si linéaire que ça – même si on peut deviner la fin an amont. L’incendie qui, tout au long de l’intrigue, se rapproche, pour brûler cité et monde connu, peut se lire comme une analogie d’un « reset », du refus d’une certaine folie, d’ambitions creuses et démesurées, alors qu’une sorte de paradis prend forme sur la fin, épuré, les « voix » diaboliques ne soufflant plus aux hommes et aux femmes leurs idées maléfiques. Une chouette histoire en tout cas.

10/10/2025 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Notre-Dame de Paris (Bess)
Notre-Dame de Paris (Bess)

J'avais été subjugué par la version de Dracula que nous avait proposé Bess et c'est avec curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cette nouvelle adaptation, surtout que, shame on me, je n'ai jamais lu ce classique de Victor Hugo. Alors oui, je connaissais la trame générale de l'histoire et ses personnages emblématiques, mais ce fût une réelle découverte quand même, car l'adaptation que propose Georges Bess semble très fidèle. Loin des paillettes des comédies musicales qui nous auront traumatisées et des version dysneyiennes, Bess nous replonge dans la noirceur d'une époque et des âmes de ce Paris médiéval. Son noir et blanc affûté colle à merveille à cette histoire dramatique construite sur les contrastes avec pour centre névralgique cette cathédrale : Notre-Dame de Paris. Une très belle réussite que je conseille, même si j'avoue avoir quand même préféré son Dracula.

10/10/2025 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série The Big Burn
The Big Burn

Miam ! Une bonne série popcorn ! Avec "The Big Burn", Lee Garbett et Joe Henderson nous proposent un savant mélange entre Faust, Ocean Eleven et Bonny & Clyde ! Rien que ça ! On met sa ceinture et c'est parti pour LE casse du siècle ! Owen et Carlie, deux belles gueules qui vivent de casses, se rencontrent... lors d'un casse. C'est le coup de foudre et c'est en équipe qu'ils poursuivent leurs braquages en mettant chaque fois la barre un peu plus haut, jusqu'au braquage de trop : direction la case prison. Mais lors de leur transfert, le Diable leur apparaît et leur propose la liberté en échange de leur âme... Ils ne vont pas réfléchir bien longtemps et acceptent le marché. Sauf que sans âme, c'est leur amour qui s'évanouit et leur relation fait pschiiittt ! Owen se retrouve dans la panade face à des créanciers qui lui font frôler la mort... et repasser par la case "enfer" ou il croise le Diable. L'Enfer est un casino ! Et qui dit casino dit coffre où toutes les âmes des damnés y sont retenues. Voilà un challenge qui vaut le coup ! Il n'en faut pas plus à Owen une fois remis de ce passage pour mettre sur pied un plan et une équipe de damnés comme lui pour monter le braquage du siècle et récupérer leurs âmes. Alors oui, faut être ouvert à cette petite touche fantastique, mais le rythme soutenu, l'excellente narration, le dessin efficace et les cadrages très cinématographiques embarquent rapidement le lecteur dans ce délire. Ajoutez à cela une brochette de personnages bien trouvés cachant tous bien leur jeu et ce petit road trip to inferno fait largement le boulot pour un bon moment de plaisir sur les chapeaux de roue. Si quelques facilités scénaristiques existent, ne boudons pas notre plaisir, c'est assez réjouissant et le petit clin d'oeil final pourrait même nous promettre un second tome : je suis preneur !

10/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Échecs
Échecs

La couverture m'a intriguée. Des gens se croisant dans un gigantesque échiquier mais ne parvenant pas vraiment à se croiser, une métaphore évidente du jeu d'Échec pour parler des relations humaines et des aléas de la vie (confirmée par le résumé), ça sonne comme une histoire avec beaucoup de potentiel. Je ne cache pas avoir également ressenti de la méfiance, ce genre de récits simples mais plein de potentiels sont malheureusement propices au bâclage, au fait que les auteur-ice-s n'aillent pas plus loin que le simple postulat prometteur, sans grand risque ou grandes idées. Mais que je sois méfiante ou non, le postulat m'a attirée et je me suis tentée à la lecture. Je ne le regrette pas, le résultat est bon ! Comme dit plus haut, c'est une histoire sur le jeu des échecs et les relations humaines. Nous suivons la vie de plusieurs personnages, tous-tes comparé-e-s à des pièces de l'échiquier, dont les destins et parcours vont se croiser, s'influencer parfois même sans que les gens s'en rendent vraiment compte. Je regrette que l'album se concentre majoritairement sur les relations romantiques et/ou sexuelles, le sujet des liens humains et de leurs importance dans les trajectoires de nos vie aurait pu (et aurait dû selon moi) parler des connections humaines sous plus de formes. Quitte à parler des relations amoureuses on aurait même pu sortir des carcans monogamiques (un peu d'imagination, que diable) ! Mais je reconnais tout de même que ces relations restent uniques, varient les unes avec les autres : un couple qui ne se comprend plus, un autre qui ne parvient plus à se voir, un autre encore qui se vit en distanciel, ... on croise même deux "serial lovers", l'une se posant finalement et l'autre devant comprendre qu'il existe d'autres liens humains dans la vie que les conquêtes amoureuses. On n'échappe pas à certains clichés des récits romantiques mais ils restent ici bien exécutés (et puis il y en a tellement que vous trouverez facilement celui qui saura vous toucher - si tant est que vous êtes sensibles aux histoires d'amour). La narration de toutes ces vies, qui se croisent et s'influencent sans vraiment le savoir, est assurée par une vieille dame acariâtre dans une maison de retraite, passionnée d'échecs, et qui discute avec un jeune homme venu lui tenir compagnie. En lui apprenant les règles du jeu, elle narre sans savoir la vie des gens que nous suivons. Enfin, sans savoir, tout est relatif, puisque la dame se révèle bien plus observatrice que ce que l'on pourrait penser (mais je me garde de trop en dire). J'ai justement particulièrement aimé le fait que, si cette vieille dame est la voix de la raison dans cette histoire, c'est non seulement parce qu'elle aussi a pu aller de l'avant grâce au contact avec les autres et le hasard d'une rencontre, mais aussi et tout simplement parce qu'elle observe ce qu'il se passe "au delà de l'échiquier". La conclusion qu'elle offre à la fin de l'album, même si elle pouvait se voir venir, est bien trouvée et assez maligne pour ce sujet. Bref, je n'irais pas jusqu'au coup de cœur mais l'album a su me toucher et faire vibrer mon cœur en pâte à sucre. Un très joli récit choral, plein de simplicité et de poésie du quotidien, que je ne regrette pas d'avoir lu.

10/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Paul
Paul

J'ai tout aimé ! Tout : -retrouver mes amis les Beatles -apprendre pleins de choses, notamment sur cette période à vide de Paul que je connaissais à peine -le soucis du détail, de rendre compte de façon honnête à cette période de séparation des Beatles centré sur Paul et Linda sa compagne -les dessins, entre du réaliste et de la pop, exactement là ou il faut se situer je trouve L'interview en fin d'album de l'auteur est très intéressante Une bd absolument à lire si vous un fan des Beatles, et à lire dans tous les cas car ça reste une très bonne bd.

10/10/2025 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Soli Deo Gloria
Soli Deo Gloria

Cette BD est une longue mélopée de 280 pages. J'aime écrire mes avis sous le coup de l'émotion et là, j'ai la tête toute chamboulée après ma lecture. Je ne savais pas par où commencer. Par le début évidemment. La couverture est magnifique et la qualité de l’édition est superbe. J'attendais impatiemment le nouvel album d'Édouard Cour après son superbe ReV. Trois ans d'attente, mais ça en valait la peine. Je n'ai retrouvé les couleurs psychédéliques de ReV que sur quelques cases, elles ne sont présentes que pour exprimer la musicalité du récit. Le reste est en noir et blanc dans la même veine que son O Senseï, mais d'un autre niveau dans l'expressivité et la texture. Toujours ce mélange de charbonneux et de finesse. Le charbonneux, volontairement brouillon par moment, pour retranscrire l'âpreté de cette période historique et la finesse du trait pour nos deux jumeaux, pour exprimer une certaine innocence. Le grand soin apporté aux décors nous plonge de plein pied au début du XVIIIe siècle. Des doubles pages d'une beauté à vous écarquiller les yeux des heures durant. Édouard Cour va même jusqu'à dessiner une portée musicale sur le bord extérieur de chaque page, le nombre de notes correspond au numéro du chapitre. Le résultat est une tuerie ! De Jean-Christophe Deveney je n'ai lu que le très peu avisé Empire falls building, un excellent souvenir. On va suivre le parcours de vie des jumeaux Hans et Helma, très tôt orphelins, de leur campagne natale du Saint-Empire germanique à la puritaine Amsterdam, puis direction l'Italie (la carnavalesque Venise, la bouillonnante Naples et l'éternelle Rome). En n'oubliant pas Leipzig pour y rencontrer ce célèbre compositeur qui signait ses partitions Soli Deo Gloria (vous le connaissez tous). Deux enfants touchés par la grâce de dieu (et il va en être souvent question de religion), ils ont chacun un don. Elle, une voix en or et lui, l'instinct de pouvoir jouer de tous les instruments de musique et de la composition. C'est bien l'art, et sa place dans nos sociétés, qui sera le fil conducteur de ce récit, et principalement la musique, le troisième "personnage" central de cette histoire. Un parcours, après l'orphelinat, fait de rencontres qui vont leur permettre de progresser dans leur art et de s'extirper de leur misérable condition. Un récit dur et triste, heureusement entrecoupé de moments de joie et de grâce. La connexion qui lie nos jumeaux depuis leur vécu intra-utérin va être mise à mal, des divergences vont voir le jour. Faut-il vivre que pour son art ? Deveney introduit des personnages illustres (sous d'autres noms) à sa fiction pour lui donner une légitimité et un poids historique. Et ça fonctionne à merveille, la chronologie des faits est respectée. Une narration mélancolique qui s'attarde sur le développement des personnages, sur le processus de création et qui met l'action de côté. Je tiens à souligner la qualité des textes, on est transporté au siècle des Lumières. Pour finir, j'ai ressenti toute la passion que les auteurs ont mis dans cet ouvrage. Beau, émouvant et passionnant. Ma BD 2025 sans le moindre doute. Culte et gros coup de cœur.

10/10/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Beyrouth - Malgré tout
Beyrouth - Malgré tout

3.5 Deux journalistes françaises font le portrait de l'histoire du Liban depuis plus de 50 ans au travers du témoignage d'un vieux médecin. Il y a aussi d'autres témoignages, mais ce médecin va être présent du début jusqu'à la fin. La première chose qui frappe en ouvrant l'album est à quel point le dessin est agréable. Pour moi, c'est vraiment le style de dessin parfait pour ce type de documentaire rempli d'informations. Ce qui est incroyable aussi c'est que j'ai pris grand plaisir à lire cet album alors que je savais déjà la plupart des choses présentées par les deux journalistes. Il faut dire qu'elles savent bien vulgariser et les gens qu'elles interviewent ont des choses bien intéressantes à dire. Le fait qu'on va surtout parler avec un médecin fait en sorte qu'on voit les désastres et l'inégalité du système de santé libanais. Le Liban est devenu un pays ultra capitaliste caricatural alors préparez vous à être révolté parce que même lorsqu'il n'y a pas de guerre, la vie est terrible si on n’est pas riche. Dire qu'avant le Liban était considéré comme la Suisse du Moyen-Orient ! Depuis le début de la guerre civile, on dirait qu'il n'arrive que des malheurs à ce pays ! Certes, on fait surtout un survol des problèmes du Liban et de son histoire (pour mieux approfondir, il faudra lire des livres spécialisés), mais c'est un excellent album si on veut une bonne synthèse des problèmes du Liban.

09/10/2025 (modifier)
Par Brodeck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chien dans la Vallée de Chambara
Le Chien dans la Vallée de Chambara

Je poursuis ma découverte de Micol et j'ai bien aimé " Le chien dans la vallée de Chambara ". Fin plutôt ouverte et un peu abrupte, mais réussie, car le lecteur continue de s'interroger en refermant l'album. Une histoire de vengeance prenante et un beau conte initiatique avec une héroïne maline, mais qui confrontée à des choix difficiles, ne prendra peut-être pas toujours les bonnes décisions (Micol laisse le lecteur se faire son idée). Un one-shot auquel on s'attache, qui offre au passage quelques belles réflexions sans que cela ne soit pesant, bien au contraire, et qui évite le manichéisme : les adversaires de la belle Maraki ont tous une personnalité bien définie et ont évolué au fil du temps, difficile d'ailleurs de savoir s'ils se repentent sincèrement ou de façon opportuniste. C'est une immersion réussie dans ce japon médiéval aux couleurs chatoyantes. Mine de rien, Micol propose un univers riche (SF, aventure, conte...) et très rafraîchissant. Un 3,5 que j'arrondis à 4 pour le charme qui se dégage de cette histoire.

09/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Quai d'Orsay
Quai d'Orsay

Quai d’Orsay est une bande dessinée brillante qui plonge le lecteur dans les coulisses du ministère des Affaires étrangères français. Inspirée de l’expérience réelle d’Antonin Baudry lorsqu’il travaillait auprès de Dominique de Villepin, l’œuvre parvient à mêler humour, réalisme politique et tension diplomatique avec une rare finesse. Le personnage principal, Arthur Vlaminck, jeune chargé de mission idéaliste, découvre un univers impitoyable fait de discours interminables, d’ego surdimensionnés et de crises internationales à gérer dans l’urgence. Le ministre Alexandre Taillard de Worms, caricature géniale de Villepin, est à la fois charismatique, absurde et fascinant. Le dessin de Christophe Blain, vif et expressif, accentue le rythme effréné du récit. Les traits énergiques traduisent parfaitement la frénésie du pouvoir et le chaos organisé des cabinets ministériels. Au-delà de la satire, Quai d’Orsay propose une réflexion sur le langage politique, la communication et le rôle du diplomate dans un monde complexe. C’est à la fois drôle, intelligent et d’une grande justesse.

09/10/2025 (modifier)