Voici un avis qui ne changera rien à tous les amoureux comme aux détracteurs de Tintin, la note parle d'elle même mais c'est bien pourtant aux détracteurs que j'ai envie de parler car l'oeuvre somme d'Hergé est en tous points identifiable et nécessaire à n'importe quel amateur de bande dessinée.
Et pourquoi cela ? Et bien je me remémorre mes lectures et relectures d'un monde naïf fait à la fois d'humour et d'évasion, tous ces pays que je n'aurais jamais connu (et que je ne verrais surement jamais) grâce au talent d'Hergé, aussi bien sur nos continents que sur la lune et bien plus encore : notre imaginaire !
Pour tout ces points, je ne peux que m'incliner et dire merci aux aventures de Tintin, reporter d'un quotidien qu'on ne lira jamais mais qui restera ancré à tout jamais dans ma mémoire...
Et que dire de mon oeuvre culte, Vol 714 pour Sydney, qui a surement développé mon amour du surnaturel comme de l'Aventure avec un grand A. Une oeuvre sombre et exotique que je rêve un jour de voir portée sur grand écran avec le talent qu'elle mérite ! Oui vraiment lire Tintin c'est pour moi l'un des plus beaux bains de jouvence !
Je trouve regrettable que cet album soit paru à l’époque où se déroulait le Tour de France 2009. En effet, en choisissant cette date, l’éditeur nous laisse croire à une manœuvre bassement commerciale, alors que le récit de Nicolas Debon mérite vraiment l’attention des « vrais » amateurs de bande dessinée.
L’œuvre est en effet attachante à plus d’un titre.
Tout d’abord : le sujet. Le tour de France de 1910 n’a pas grand-chose à voir avec le cyclisme de notre époque. Des étapes de 320 km de moyenne, une assistance interdite (le coureur doit se débrouiller seul, tant pour son ravitaillement que lors de chutes ou de bris matériel), des mécaniques fragiles pour des sentiers inhospitaliers (pas de dérailleur, ou alors expérimental, des boyaux très sensibles, même le frein n’en est qu’à ses balbutiements).
Ensuite, le dessin de Debon convient merveilleusement pour illustrer ce genre de récit. Grace à sa naïveté et à sa colorisation désuète, je le trouve en parfaite adéquation avec le sujet traité. Les personnages sont facilement reconnaissables, alors que rien ne ressemble plus à un cycliste moustachu sur un vélo qu’un cycliste moustachu sur un vélo. Les planches sont travaillées et très soignées au niveau de la mise en page. J’avais un peu peur en commençant le récit (ce n’est pas le genre de dessin qui m’attire, de prime abord) mais mes craintes se sont rapidement dissipées et j’ai succombé au charme de ce trait.
Enfin, le scénario est bien écrit. Divisé en 15 courts chapitres (un par étape), ce script parvient aussi bien à nous narrer des anecdotes (parfois dramatiques) de l’époque, à nous restituer le climat ambiant, mais aussi à nous captiver par le suspense d’une course au vainqueur incertain jusqu’à la dernière étape.
Un très bel hommage au tour de France d’autrefois, mais surtout à ces aventuriers coureurs au caractère bien trempé.
Une réussite !
Avec la «Berceuse assassine », « Sur la route de Selma » est le deuxième récit policier et sombre que je possède d’un scénariste plus connu pour ses œuvres humoristiques. Et, à nouveau, cette histoire est excellente.
Certes, le scénario est très classique, avec cette opposition entre un contremaître blanc, violent et raciste et un jeune noir trop instruit à la recherche de 6.000 dollars pour sortir son frère de prison (le tout, bien entendu, se passant dans l’Alabama des années ’60-'70), mais la narration à la première personne (un point fort de ce scénariste) est tellement bonne que l’on se retrouve aspiré par cette histoire, tel un petit canard en plastique par le puissant tourbillon d’une baignoire.
Cette narration, et ses dialogues avec un chien quelque peu collant, nous permettent de comprendre les motivations d'un Clément Brown qui, au lieu de prendre ses jambes à son cou, préfère mettre ce dernier sous de redoutables canines en se jetant dans la gueule du loup. Le personnage me semble cohérent et dégage un charisme indiscutable.
Le graphisme extrêmement limpide de Berthet convient parfaitement à l’illustration de cette histoire aux décors horizontaux. Grands espaces, routes interminables, motels et cimetière d’avions constituent le théâtre de ce drame classique. De plus, l’artiste croque joliment ses personnages féminins, ce qui apporte un soupçon de charme sensuel au récit.
En résumé : un polar extrêmement classique, très bien mené, très bien conté et très joliment illustré. Que demander de plus ?
Aguiché par le nom d'Etienne Lécroart en titre et une alléchante quatrième de couverture vantant les lectures à double sens du dit ouvrage, je sautai sur l'occasion ce dimanche.
Passé inaperçu pour ma part à sa sortie, je fus surpris lorsque j'eus regagné mes pénates de constater que cet album était déjà publié depuis près de 2 ans.
Chez Fluide Glacial dans un format relié à la couverture souple, et en couleurs s'il vous plaît, nous retrouvons le Professeur et ses deux assistants à la recherche des ressorts de l'humour. Et comme les précédents ouvrages de l'auteur, je trouve ça toujours aussi génial même si l'effet de surprise y est moins présent forcément et que les techniques utilisées chères à l'Oubapo avaient déjà été vues. On se prend à essayer de débusquer l'astuce de lecture avant qu'elle ne soit fournie au lecteur. Lécroart toujours aussi porté sur la chose use de lecture à double sens, de double lecture une case sur 2 ou bien encore d'itération iconique dans ce recueil de huit histoires. Seule la dernière se démarque un peu du lot par sa forme, la seule en noir et blanc, et son sujet à savoir la mangalisation du marché de la bande dessinée chère à Gilles Laborderie.
En conclusion, même si je ne mets pas une meilleure note, moins d'éclats de rire et un peu de déjà-vu bien qu'il y ait aussi des idées neuves et drôles, à commencer par le gag avec la couverture, je conserve beaucoup d'estime pour ce travail et continuerai de suivre l'auteur.
Cette BD est une merveille, j'ai pris une claque en la lisant.
Les auteurs ne peuvent pas être plus complémentaires !!!
Wazem offre un scénario sensible, émouvant et difficile mais jamais larmoyant.
Il faut du temps pour comprendre le lien de la première scène choc et le reste du récit.
En fait, on comprend les tenants et les aboutissants au fil de l'eau.
Le récit a une part de fantastique qui permet d'adoucir ce thème qu'est la mort.
Un parallèle est présent tout au long du récit entre l'épreuve que vit l'héroïne et le déluge de fin du monde.
Tirabosco sublime ce superbe scénario avec un dessin expressif et personnel.
Avec pour seules couleurs le bleu, le blanc et le noir, l'ambiance du récit est surnaturelle.
Cette histoire est un modèle du genre et vaut le détour.
Le dessin et le scénario se mettent mutuellement en valeur pour notre plus grand plaisir.
Le coup de coeur du moment.
J'ai acheté cet album suite à une critique élogieuse faisant notamment référence à Tintin et Blake et Mortimer. Et j’ai vraiment beaucoup aimé ! J’y retrouve effectivement ce dessin ligne claire chère à Hergé et Jacobs, ainsi qu’un scénario intéressant avec suspense et rebondissements.
Alors, oui, bien sûr, on n'est pas encore au niveau d’un « Secret de la licorne » et autre « SOS Météores », mais il ne s’agit là que des premiers tomes. Et ils sont, selon moi, TRES prometteurs.
Bonne surprise que toute cette série « Secrets » et principalement ce gros diptyque.
Comme à son habitude Giroud joue parfaitement avec ses personnages : on les aime, on apprend à les détester, on les subit, bref ils ne laissent pas indifférent et sont vraiment tous bien construits : un gros plaisir.
Leur caractère, leur psychologie sont vraiment finement tracés, poussés au maximum, on peut voir la fragilité de certains êtres, comprendre la folie qui s’empare des autres, vraiment il y a bon nombre de personnages et ils sont assez époustouflants.
Ensuite, toujours à son habitude, notre auteur développe un côté historique vraiment plaisant qui rend d'autant plus vraisemblable son histoire.
Et pour finir comme il est d’usage pour notre scénariste… un bon scénario. Celui-ci est même excellent !
Il est rempli d’aventures, de vrais secrets de famille intéressants, avec des coïncidences troublantes, qui peuvent faire penser à une malédiction...
Le tout est évidemment très bien construit, intelligent, réfléchi et nous donne également, si on le souhaite, à réfléchir. Plusieurs bonnes idées pour un diptyque, c'est une chose rare et satisfaisante !
L’histoire de base ! Une femme remplie de bonnes intentions va partir pour une sorte de course au trésor et une course vers les secrets de sa famille. Tout cela pour récupérer assez d’argent pour réouvrir son école des quartiers miséreux. Un postulat simple mais vraiment efficace grâce à la maestria de son compositeur.
Le dessin n’est pas en reste : cette couleur directe est vraiment des plus belles, les personnages et la nature y sont vraiment bien représentés et m’ont bien aidé à rester dans cette histoire.
Un scénario mené de main de maître de bout en bout.
Des dessins très beaux dessins agrémentés de couleurs directes qui ne laissent pas indifférent.
Les Indes, la course au trésor, les secrets, l’atmosphère est vraiment très bonne !
Des Personnages nombreux, crédibles, intéressants, flamboyants.
(17/20)
Quelle abomination !
Pour ceux qui ont eu le courage de lire le résumé, vous vous rendez compte que cet épisode de la guerre de Corée est tout à fait révoltant. En effet, non seulement l’armée américaine fait preuve d’un manque de discernement (comme toujours), mais en plus ce qu’il s’est passé est une pure boucherie. Ce manhwa est un témoignage poignant de la tragédie qui s’est déroulée dans ce petit coin de Corée du sud au début de la guerre, 5 ans seulement après la fin de l’occupation japonaise. Le dessin est naïf, mais il ne cache rien de ce qu’il s’est passé : bombardements meurtriers, brimades des fantassins, arrachages de membres et de têtes, même si ce n’est pas d’un réalisme à tout crin, la vérité est présente, et les auteurs (dont le scénariste a écrit un livre dont le manhwa est une adaptation) s’appliquent à raconter cette tragédie dans les moindres détails, de façon presque clinique, mais il est impossible de ne pas être touché par ces victimes. L’Etat américain a présenté ses excuses pour cette méprise meurtrière en… 2001, par la bouche de son président, Bill Clinton. L’album fait plus de 600 pages, et le détail des évènements se poursuit ad nauseam, mais au final on a le sentiment d’avoir, par l’intermédiaire d’un livre, été là-dessous, avec eux, pendant trois jours et trois nuits, à voir mourir nos familles, à ne pouvoir bouger sous risque de se prendre une rafale d’armes automatiques de la part de ces étrangers qui ne parlent pas un mot de coréen… Il n’y a pas de héros dans cette histoire, même si nous avons un fil conducteur avec ce père de famille qui retrouve sa femme, rescapée du massacre, après coup, et que c’est son récit et celui des autres survivants (ils furent 25 en tout, pour probablement près de 400 victimes) qui nous est livré.
Deux petits regrets à la fin de ma lecture : ne pas avoir eu un petit dossier montrant le cheminement des réfugiés sur une carte du pays, ainsi que des précisions sur les suites de cette triste affaire. Petit défaut du côté des éditeurs donc. Pour le reste, c’est l’un des ouvrages les plus tétanisants que je connaisse, sur une histoire comparable à celle d’Oradour-sur-Glane, en France. Mais, étant donné qu'il est écrit à la fin "Fin du premier livre", on peut supposer que la suite (dont je ne connais pas le contenu) sera peut-être édité un jour en France. La longueur conséquente (et le prix qui va avec) de ce premier tome va sans doute rebuter de nombreux lecteurs potentiels, mais cette forme permet tout de même de garder son unité narrative...
Un ouvrage nécessaire, qui nous montre une fois de plus l’absurdité de la guerre, par l’irrationalité qu’elle engendre.
Tiens moi j'ai bien aimé ce premier tome.
Certes, il fait partie de cette mode mystico-policière qui consiste à nous faire suivre le parcours d'un artefact dont la révélation ferait basculer le monde de la chrétienté, un postulat déjà vu, lu et relu des tas de fois. C'est donc dans son exécution que réside son véritable intérêt. En effet j'ai trouvé le récit plutôt bien mené, avec ce qu'il faut d'action, et de petites histoires sous-jacentes (c'est à dire assez peu, en fait). On sent l'envie des co-scénaristes de coller à un certain cadre historique, tout en s'en échappant pour servir leur récit, sans excès toutefois. La fin du premier tome est somme toute classique, même s'il manque une petite séquence pour qu'elle soit réellement fluide.
Le dessin, contrairement à ce à quoi je m'attendais, est plutôt bon, très bon même. Dans un style réaliste, Calderon est assez convaincant, et les couleurs, bien différenciées, apportent de la densité à son trait.
Un premier tome encourageant.
Entre roman graphique et documentaire, cette BD fiction décrit la vie sur une île Française loin de la métropole : Mayotte.
Ce pavé de plus de 400 pages se lit facilement. Par le biais de plusieurs personnages, on a une description des contextes politique, social et économique.
Le récit est sans compromis, la dernière page étant même l'apothéose de l'horreur.
L'auteur décrit les rapports qui unissent les autochtones, les métropolitains blancs et les moins enviables, les clandestins.
La liste des sujets abordés est énorme. J'ai trouvé passionnant cette richesse du scénario. Il ne tombe jamais dans la caricature bien au contraire, il reste factuel et se veut le plus réaliste possible.
Le dessin N&B m'a plu. Il m'a fait penser à celui de Frederik Peeters dans le trait.
Pour continuer la comparaison, la narration y est ici également exemplaire.
C'est simple, je n'ai pas trouvé de défaut à cette BD.
Le prix peut paraître élevé au premier abord mais en fait le rapport qualité/prix est excellent.
Je n'ai pas du tout parlé du contenu car la lecture à l'aveugle n'en sera que meilleure.
On passe par tous les sentiments au fil des pages. Ce one shot est d'une richesse rare dans le monde de la BD.
A découvrir de toute urgence.
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Les Aventures de Tintin
Voici un avis qui ne changera rien à tous les amoureux comme aux détracteurs de Tintin, la note parle d'elle même mais c'est bien pourtant aux détracteurs que j'ai envie de parler car l'oeuvre somme d'Hergé est en tous points identifiable et nécessaire à n'importe quel amateur de bande dessinée. Et pourquoi cela ? Et bien je me remémorre mes lectures et relectures d'un monde naïf fait à la fois d'humour et d'évasion, tous ces pays que je n'aurais jamais connu (et que je ne verrais surement jamais) grâce au talent d'Hergé, aussi bien sur nos continents que sur la lune et bien plus encore : notre imaginaire ! Pour tout ces points, je ne peux que m'incliner et dire merci aux aventures de Tintin, reporter d'un quotidien qu'on ne lira jamais mais qui restera ancré à tout jamais dans ma mémoire... Et que dire de mon oeuvre culte, Vol 714 pour Sydney, qui a surement développé mon amour du surnaturel comme de l'Aventure avec un grand A. Une oeuvre sombre et exotique que je rêve un jour de voir portée sur grand écran avec le talent qu'elle mérite ! Oui vraiment lire Tintin c'est pour moi l'un des plus beaux bains de jouvence !
Le Tour des géants
Je trouve regrettable que cet album soit paru à l’époque où se déroulait le Tour de France 2009. En effet, en choisissant cette date, l’éditeur nous laisse croire à une manœuvre bassement commerciale, alors que le récit de Nicolas Debon mérite vraiment l’attention des « vrais » amateurs de bande dessinée. L’œuvre est en effet attachante à plus d’un titre. Tout d’abord : le sujet. Le tour de France de 1910 n’a pas grand-chose à voir avec le cyclisme de notre époque. Des étapes de 320 km de moyenne, une assistance interdite (le coureur doit se débrouiller seul, tant pour son ravitaillement que lors de chutes ou de bris matériel), des mécaniques fragiles pour des sentiers inhospitaliers (pas de dérailleur, ou alors expérimental, des boyaux très sensibles, même le frein n’en est qu’à ses balbutiements). Ensuite, le dessin de Debon convient merveilleusement pour illustrer ce genre de récit. Grace à sa naïveté et à sa colorisation désuète, je le trouve en parfaite adéquation avec le sujet traité. Les personnages sont facilement reconnaissables, alors que rien ne ressemble plus à un cycliste moustachu sur un vélo qu’un cycliste moustachu sur un vélo. Les planches sont travaillées et très soignées au niveau de la mise en page. J’avais un peu peur en commençant le récit (ce n’est pas le genre de dessin qui m’attire, de prime abord) mais mes craintes se sont rapidement dissipées et j’ai succombé au charme de ce trait. Enfin, le scénario est bien écrit. Divisé en 15 courts chapitres (un par étape), ce script parvient aussi bien à nous narrer des anecdotes (parfois dramatiques) de l’époque, à nous restituer le climat ambiant, mais aussi à nous captiver par le suspense d’une course au vainqueur incertain jusqu’à la dernière étape. Un très bel hommage au tour de France d’autrefois, mais surtout à ces aventuriers coureurs au caractère bien trempé. Une réussite !
Sur la route de Selma
Avec la «Berceuse assassine », « Sur la route de Selma » est le deuxième récit policier et sombre que je possède d’un scénariste plus connu pour ses œuvres humoristiques. Et, à nouveau, cette histoire est excellente. Certes, le scénario est très classique, avec cette opposition entre un contremaître blanc, violent et raciste et un jeune noir trop instruit à la recherche de 6.000 dollars pour sortir son frère de prison (le tout, bien entendu, se passant dans l’Alabama des années ’60-'70), mais la narration à la première personne (un point fort de ce scénariste) est tellement bonne que l’on se retrouve aspiré par cette histoire, tel un petit canard en plastique par le puissant tourbillon d’une baignoire. Cette narration, et ses dialogues avec un chien quelque peu collant, nous permettent de comprendre les motivations d'un Clément Brown qui, au lieu de prendre ses jambes à son cou, préfère mettre ce dernier sous de redoutables canines en se jetant dans la gueule du loup. Le personnage me semble cohérent et dégage un charisme indiscutable. Le graphisme extrêmement limpide de Berthet convient parfaitement à l’illustration de cette histoire aux décors horizontaux. Grands espaces, routes interminables, motels et cimetière d’avions constituent le théâtre de ce drame classique. De plus, l’artiste croque joliment ses personnages féminins, ce qui apporte un soupçon de charme sensuel au récit. En résumé : un polar extrêmement classique, très bien mené, très bien conté et très joliment illustré. Que demander de plus ?
Les Caïds de la gaudriole
Aguiché par le nom d'Etienne Lécroart en titre et une alléchante quatrième de couverture vantant les lectures à double sens du dit ouvrage, je sautai sur l'occasion ce dimanche. Passé inaperçu pour ma part à sa sortie, je fus surpris lorsque j'eus regagné mes pénates de constater que cet album était déjà publié depuis près de 2 ans. Chez Fluide Glacial dans un format relié à la couverture souple, et en couleurs s'il vous plaît, nous retrouvons le Professeur et ses deux assistants à la recherche des ressorts de l'humour. Et comme les précédents ouvrages de l'auteur, je trouve ça toujours aussi génial même si l'effet de surprise y est moins présent forcément et que les techniques utilisées chères à l'Oubapo avaient déjà été vues. On se prend à essayer de débusquer l'astuce de lecture avant qu'elle ne soit fournie au lecteur. Lécroart toujours aussi porté sur la chose use de lecture à double sens, de double lecture une case sur 2 ou bien encore d'itération iconique dans ce recueil de huit histoires. Seule la dernière se démarque un peu du lot par sa forme, la seule en noir et blanc, et son sujet à savoir la mangalisation du marché de la bande dessinée chère à Gilles Laborderie. En conclusion, même si je ne mets pas une meilleure note, moins d'éclats de rire et un peu de déjà-vu bien qu'il y ait aussi des idées neuves et drôles, à commencer par le gag avec la couverture, je conserve beaucoup d'estime pour ce travail et continuerai de suivre l'auteur.
La Fin du monde
Cette BD est une merveille, j'ai pris une claque en la lisant. Les auteurs ne peuvent pas être plus complémentaires !!! Wazem offre un scénario sensible, émouvant et difficile mais jamais larmoyant. Il faut du temps pour comprendre le lien de la première scène choc et le reste du récit. En fait, on comprend les tenants et les aboutissants au fil de l'eau. Le récit a une part de fantastique qui permet d'adoucir ce thème qu'est la mort. Un parallèle est présent tout au long du récit entre l'épreuve que vit l'héroïne et le déluge de fin du monde. Tirabosco sublime ce superbe scénario avec un dessin expressif et personnel. Avec pour seules couleurs le bleu, le blanc et le noir, l'ambiance du récit est surnaturelle. Cette histoire est un modèle du genre et vaut le détour. Le dessin et le scénario se mettent mutuellement en valeur pour notre plus grand plaisir. Le coup de coeur du moment.
Allan Mac Bride
J'ai acheté cet album suite à une critique élogieuse faisant notamment référence à Tintin et Blake et Mortimer. Et j’ai vraiment beaucoup aimé ! J’y retrouve effectivement ce dessin ligne claire chère à Hergé et Jacobs, ainsi qu’un scénario intéressant avec suspense et rebondissements. Alors, oui, bien sûr, on n'est pas encore au niveau d’un « Secret de la licorne » et autre « SOS Météores », mais il ne s’agit là que des premiers tomes. Et ils sont, selon moi, TRES prometteurs.
Secrets - Samsara
Bonne surprise que toute cette série « Secrets » et principalement ce gros diptyque. Comme à son habitude Giroud joue parfaitement avec ses personnages : on les aime, on apprend à les détester, on les subit, bref ils ne laissent pas indifférent et sont vraiment tous bien construits : un gros plaisir. Leur caractère, leur psychologie sont vraiment finement tracés, poussés au maximum, on peut voir la fragilité de certains êtres, comprendre la folie qui s’empare des autres, vraiment il y a bon nombre de personnages et ils sont assez époustouflants. Ensuite, toujours à son habitude, notre auteur développe un côté historique vraiment plaisant qui rend d'autant plus vraisemblable son histoire. Et pour finir comme il est d’usage pour notre scénariste… un bon scénario. Celui-ci est même excellent ! Il est rempli d’aventures, de vrais secrets de famille intéressants, avec des coïncidences troublantes, qui peuvent faire penser à une malédiction... Le tout est évidemment très bien construit, intelligent, réfléchi et nous donne également, si on le souhaite, à réfléchir. Plusieurs bonnes idées pour un diptyque, c'est une chose rare et satisfaisante ! L’histoire de base ! Une femme remplie de bonnes intentions va partir pour une sorte de course au trésor et une course vers les secrets de sa famille. Tout cela pour récupérer assez d’argent pour réouvrir son école des quartiers miséreux. Un postulat simple mais vraiment efficace grâce à la maestria de son compositeur. Le dessin n’est pas en reste : cette couleur directe est vraiment des plus belles, les personnages et la nature y sont vraiment bien représentés et m’ont bien aidé à rester dans cette histoire. Un scénario mené de main de maître de bout en bout. Des dessins très beaux dessins agrémentés de couleurs directes qui ne laissent pas indifférent. Les Indes, la course au trésor, les secrets, l’atmosphère est vraiment très bonne ! Des Personnages nombreux, crédibles, intéressants, flamboyants. (17/20)
Massacre au pont de No Gun Ri
Quelle abomination ! Pour ceux qui ont eu le courage de lire le résumé, vous vous rendez compte que cet épisode de la guerre de Corée est tout à fait révoltant. En effet, non seulement l’armée américaine fait preuve d’un manque de discernement (comme toujours), mais en plus ce qu’il s’est passé est une pure boucherie. Ce manhwa est un témoignage poignant de la tragédie qui s’est déroulée dans ce petit coin de Corée du sud au début de la guerre, 5 ans seulement après la fin de l’occupation japonaise. Le dessin est naïf, mais il ne cache rien de ce qu’il s’est passé : bombardements meurtriers, brimades des fantassins, arrachages de membres et de têtes, même si ce n’est pas d’un réalisme à tout crin, la vérité est présente, et les auteurs (dont le scénariste a écrit un livre dont le manhwa est une adaptation) s’appliquent à raconter cette tragédie dans les moindres détails, de façon presque clinique, mais il est impossible de ne pas être touché par ces victimes. L’Etat américain a présenté ses excuses pour cette méprise meurtrière en… 2001, par la bouche de son président, Bill Clinton. L’album fait plus de 600 pages, et le détail des évènements se poursuit ad nauseam, mais au final on a le sentiment d’avoir, par l’intermédiaire d’un livre, été là-dessous, avec eux, pendant trois jours et trois nuits, à voir mourir nos familles, à ne pouvoir bouger sous risque de se prendre une rafale d’armes automatiques de la part de ces étrangers qui ne parlent pas un mot de coréen… Il n’y a pas de héros dans cette histoire, même si nous avons un fil conducteur avec ce père de famille qui retrouve sa femme, rescapée du massacre, après coup, et que c’est son récit et celui des autres survivants (ils furent 25 en tout, pour probablement près de 400 victimes) qui nous est livré. Deux petits regrets à la fin de ma lecture : ne pas avoir eu un petit dossier montrant le cheminement des réfugiés sur une carte du pays, ainsi que des précisions sur les suites de cette triste affaire. Petit défaut du côté des éditeurs donc. Pour le reste, c’est l’un des ouvrages les plus tétanisants que je connaisse, sur une histoire comparable à celle d’Oradour-sur-Glane, en France. Mais, étant donné qu'il est écrit à la fin "Fin du premier livre", on peut supposer que la suite (dont je ne connais pas le contenu) sera peut-être édité un jour en France. La longueur conséquente (et le prix qui va avec) de ce premier tome va sans doute rebuter de nombreux lecteurs potentiels, mais cette forme permet tout de même de garder son unité narrative... Un ouvrage nécessaire, qui nous montre une fois de plus l’absurdité de la guerre, par l’irrationalité qu’elle engendre.
Les Voies du Seigneur
Tiens moi j'ai bien aimé ce premier tome. Certes, il fait partie de cette mode mystico-policière qui consiste à nous faire suivre le parcours d'un artefact dont la révélation ferait basculer le monde de la chrétienté, un postulat déjà vu, lu et relu des tas de fois. C'est donc dans son exécution que réside son véritable intérêt. En effet j'ai trouvé le récit plutôt bien mené, avec ce qu'il faut d'action, et de petites histoires sous-jacentes (c'est à dire assez peu, en fait). On sent l'envie des co-scénaristes de coller à un certain cadre historique, tout en s'en échappant pour servir leur récit, sans excès toutefois. La fin du premier tome est somme toute classique, même s'il manque une petite séquence pour qu'elle soit réellement fluide. Le dessin, contrairement à ce à quoi je m'attendais, est plutôt bon, très bon même. Dans un style réaliste, Calderon est assez convaincant, et les couleurs, bien différenciées, apportent de la densité à son trait. Un premier tome encourageant.
Droit du sol
Entre roman graphique et documentaire, cette BD fiction décrit la vie sur une île Française loin de la métropole : Mayotte. Ce pavé de plus de 400 pages se lit facilement. Par le biais de plusieurs personnages, on a une description des contextes politique, social et économique. Le récit est sans compromis, la dernière page étant même l'apothéose de l'horreur. L'auteur décrit les rapports qui unissent les autochtones, les métropolitains blancs et les moins enviables, les clandestins. La liste des sujets abordés est énorme. J'ai trouvé passionnant cette richesse du scénario. Il ne tombe jamais dans la caricature bien au contraire, il reste factuel et se veut le plus réaliste possible. Le dessin N&B m'a plu. Il m'a fait penser à celui de Frederik Peeters dans le trait. Pour continuer la comparaison, la narration y est ici également exemplaire. C'est simple, je n'ai pas trouvé de défaut à cette BD. Le prix peut paraître élevé au premier abord mais en fait le rapport qualité/prix est excellent. Je n'ai pas du tout parlé du contenu car la lecture à l'aveugle n'en sera que meilleure. On passe par tous les sentiments au fil des pages. Ce one shot est d'une richesse rare dans le monde de la BD. A découvrir de toute urgence.