Cette BD vient de rentrer dans celles que je préfère. C'est une explosion graphique et une tuerie scénaristique !
Tome 1, première planche : j'adhère d'emblée !
Tout d'abord, un des points très réussi de cette oeuvre est d'avoir su user d'un vocabulaire un peu ancien et d'y avoir mis quelques tournures spécifiques de cette époque, le tout dans un style vraiment soigné et très recherché (c'est grossier et vulgaire mais sans jamais choquer ou sans jamais être cru gratuitement, le tout fait souvent sourire).
Pour l'histoire, la fin du premier tome est assez surprenante, et j'ai eu peur d'être déçu par la suite et de perdre le charme initial de la série. Mais non, tous les tomes sont excellents, le scénario tient vraiment la route et l'ensemble m'a conquis de A à Z, sans aucune fausse note à mes yeux.
Puis, même si l'histoire fait quelques parallèles avec Jack l'Eventreur, cela est bien amené et ne nuit pas la lecture. Les protagonistes sont vraiment complexes et plein de mystères. Ils en sont attachants, voire fascinants (le jeune héros me fait penser à Arthur Rimbaud).
Les rebondissements et la complexité (raisonnable) du scénario rendent la lecture exquise.
Le dessin résulte du chef d'oeuvre. Un trait remarquable, des couleurs bien choisies et bien adaptées au scénario. J'ai passé beaucoup de temps sur les planches à scruter tous les détails et à saisir toutes les nuances et tous les jeux d'ombres. Puis le petit dessin d'Anthony Jean (La Licorne) au début d'un des tomes est sympathique (j'adore Jean).
Pour couronner la lecture, les auteurs ont mis à la fin de la BD un petit lexique très drôle et très bien trouvé ; histoire de bien finir la lecture.
A lire de toute urgence, série excellentissime !
« En mer »..., le dessin m’a instantanément fait de l’œil, sans chercher à savoir ce qui pouvait se cacher derrière, je me jette à l’eau et tant pis pour le mouillage si elle ne me plaît pas, j'achète les yeux fermés et repars aussi contente qu‘un pirate avec son trésor fraichement déterré.
Cette toute petite B.D. au nombre assez limité de bulles, qui sont de surcroit peu bavardes, est assez étonnante, tout comme le temps mis par l’auteur à la réaliser : 5 longues années ! On aurait tendance à croire qu’elle a été faite relativement vite, même si le dessin est fignolé et mignon à souhait, il n’est pas non plus extraordinairement riche de détails comme peuvent l’être certaines œuvres. Les planches sont composées d‘une unique case en noir & blanc, chacune va à l’essentiel sans jamais tomber dans le minimalisme. Les contrastes sont très travaillés donnant au dessin une lisibilité immédiate, et le cadrage de chaque case est tout simplement parfait.
Drew Weing est américain, cette B.D. est déjà sortie en anglais en 2010 et on ressent l’influence des comics, ça m’a fait penser à du Bone, à du Disney et aussi un peu à ce bon vieux Popeye.
Malgré ses 134 planches et sa lecture relativement rapide, on ressent comme un alanguissement au fil des pages, comme si le temps de la lecture s’était écoulé au ralenti. L’auteur a pris son temps et on ressent cette sensation de longueur.
J’aimerais dire mille choses sur l’histoire mais quelle surprise auriez-vous à votre tour ? En quelques mots uniques, je dirai tout simplement que c’est doux, violent, poétique et viril, et surtout, à ne manquer sous aucun prétexte, d’autant que le prix est assez raisonnable pour ce tout petit mais très bel objet.
Cette BD est l’adaptation d’un spectacle de Bernadette Appert qui revisite le conte du petit poucet (plus de détails sur ce spectacle ici). Si comme moi vos souvenirs de ce conte sont un peu vagues, soyez rassurés : les 40 premières pages de l’album reprennent l’histoire originale (et puis vous pouvez aussi lire son résumé sur la fiche Wikipedia).
L’histoire s’intéresse ensuite à la femme de l’ogre, revisite son passé (sa rencontre avec l’ogre) et son présent (sa longue descente aux enfers suite à la mort de ses 7 filles). La narration est muette, choix judicieux qui met en avant le superbe dessin d’Etienne Appert. Ce dernier est magnifique, rempli de symbolisme, et m’a parfois rappelé les prouesses visuelles de Shaun Tan et David B. Rien que ça !
L’histoire est intéressante, et dresse un parallèle judicieux entre le passé de l’ogre et de sa femme, et le présent et la lente transformation de cette dernière. La rencontre finale est grandiose, un monstre en rencontre un autre, que c’est bien vu !
Une perle de poésie. Mon coup de coeur de cette rentrée 2011 !
Tim McBurnie, dessinateur de Sept pirates, se lance ici en tant qu'auteur complet, dans une saga de fantasy au style remarquable.
L'histoire, malgré sa simplicité, comporte des zones d'ombre. La sorcière ressent un puissant appel, elle va se retrouver liée à deux personnages aux motivations mystérieuses, et sa mission reste vague. De plus sa progression est surveillée par la toute-puissante Ligue des Sorcières, dont elle fait partie, mais qui semble la manipuler à son insu... Des manques un peu frustrants, car du coup on a un peu l'impression que cela permet d'enchaîner des combats certes bien réalisés, mais aux tenants et aboutissants un peu obscurs...
Le véritable atout de cette série est le visuel ; c'est carrément époustouflant ! Dans un style quasi réaliste, McBurnie se pose comme un dessinateur à suivre de près, avec des cases dépouillées et dynamiques, réhaussées par des couleurs pastels remarquables. Le bleu-vert de ses forêts est inoubliable.
Bref, une série à voir, en attendant d'en savoir plus sur le plan de l'histoire.
Une BD historique à échelle humaine dans le sens où elle ne fait que survoler l'Histoire pour se concentrer sur la psychologie d'un commandant russe qui a échangé quelques mots et une cigarette avec un ennemi pendant un bombardement.
L'auteur nous pousse à une réflexion sur la guerre et son (non) sens [du moins quand elle est vue au niveau individuel] en une cinquantaine de pages à peine: Une prouesse!
Les dessins sont beaux et les couleurs dans l'ambiance!
Alors comment parler de Jésus sans avoir l'air d'un catho intégriste, sans prêchi-prêcha, sans être chiant à force de didactisme ? Peu d'auteurs ont, à mon goût, trouvé la réponse. Et puis, vus mes rapports avec la religion, je dois être un peu difficile aussi.
Pourtant David Ratte a trouvé la solution. Ce jeune homme de bonne famille, à l'oeil vif, à la langue bien pendue et au poil luisant, s'était (un peu) fait connaître avec la gentille BD écolo Toxic planet. Il cachait bien son jeu, le bougre ! Parce que nous sortir une BD aussi sympathique, drôle et intéressante sur vous-savez-qui, c'est une sacrée performance !
Ainsi, il a légèrement changé son style semi-réaliste pour entrer dans des ambiances un peu champêtres (ça change des usines et de la fumée à perte de vue, hein). Ambiances qui sont renforcées par les couleurs de Sylvie Sabater, qui m'ont fait penser à Alim le tanneur en lisant la BD. Ratte est un grand admirateur (enfin, il fait 1m70, quoi) d'Uderzo, et ça se sent fortement dans les attitudes de ses personnages. Des personnages attachants, Jonas en premier bien sûr, qui sont traités avec une modernité de bon aloi et bien inspirée.
Ratte nous emmène sur les traces de Jésus et ses apôtres, dans les empreintes de leurs pères, une façon très originale de vivre le Nouveau Testament. La fin du premier cycle est ma foi assez sobre, on évite bien de sombrer dans le sentimentalisme catho cul-bénit pour faire quelque chose de vraiment sympathique et bien mené, à défaut d'être véritablement touchant.
Bref, c'est pour moi une BD vraiment très agréable, peut-être même déjà un classique. A lire, sans faute.
Quelle claque que ce" Voyage des pères".-premier cycle-
Je ne connaissais guère David Ratte et son album Toxic planet.
Je l'avais certes feuilleté mais pas acheté.
Ici, la couverture avec ce vieillard roublard ne peut que vous encourager à l'achat.
Malgré des couleurs un peu pâles, le dessin est formidable et colle parfaitement aux dialogues savoureux, tout en rondeur, qui ponctuent l'histoire. Avec beaucoup de références (outre biblique, mais là c'est normal), on rit beaucoup dans cet album (le running gag du "collecteur d'impôt" est bien trouvé).
Et parfois, le rire laisse place à l'émotion comme à la page 33 avec "il a fait mieux que cela... il nous a pardonnés".
Des personnages forts en gueule, hauts en couleur et surtout attachants, bref une excellente bande dessinée qui sort vraiment du lot en cette rentrée.
A lire.
Wow ! L'imagination dont a fait preuve Bilal est plutôt incroyable !
La lecture se fait doucement au début car j'ai eu un petit temps d'adaptation pour le dessin et le scénario très déroutants. Mais après, c'est réellement prenant !
L'histoire est originale sur énormément d'aspects, tant au niveau du scénario que du dessin. C'est bien là la force de ce triptyque : surprendre ! Tout au long de la lecture, l'auteur ne cesse d'innover ; un coup sur un aspect futuriste bien vu, ou sur des bulles originales, ou sur un dessin, ou sur l'allure d'un personnage, ou sur l'organisation de l'histoire....
Bref, on se laisse aller dans ce monde futuriste pas très glorieux et même si parfois le scénario a l'air de perdre le fil conducteur, la lecture n'en souffre nullement et tout le récit est un vrai régal.
Pour l'histoire plus politique, chacun y verra ce qu'il veut car je pense que cette BD fait également réfléchir sur pleins d'aspects et qu'une seule lecture ne suffit pas à saisir toutes les subtilités de cette trilogie magnifique.
Le dessin de Bilal est reconnaissable de loin. Un dessin plutôt figé mais très précis, très innovant, très coloré. De plus, ici, Bilal se fait vraiment plaisir et organise ses planches de façon intelligente et surprenante. Graphiquement, c'est excellent !
Une trilogie à découvrir et à posséder car elle regorge de tout ce qu'il faut pour être vraiment culte. En finissant la lecture, une envie : relire le tout tant la lecture est riche !
Voici une bd au sujet des plus intéressants. Il y est question d’un robot programmé pour sauver l’humanité, va-t-il y arriver ? Si le résumé en dit beaucoup, l’essentiel est préservé.
J’ai bien apprécié ma lecture même si, comme le souligne Miranda, ça manque de profondeur. On ne s’attache pas aux personnages, exception faite du robot (qui est quand même le protagoniste principal). La base est là mais un récit plus développé aurait été le bienvenu. On a effectivement l’impression de se trouver devant de belles images un peu trop aérées . . . Mais, au final, le récit ne déçoit pas et la qualité visuelle des planches est au rendez-vous (raison de mon coup de coeur).
A lire !
L'histoire de deux enfants au pays dogon.
Voulant bien faire, ils font une bêtise qui met en émoi le village.
Tout y est, leur culture, leurs croyances, le bonheur de vivre dans un village "pauvre" d'apparence. Il faut lire sans a priori, ce n'est pas l'Afrique misérable qu'on nous présente trop souvent, mais celle qui a gardé ses traditions et où on vit heureux malgré un environnement si rude, où les enfants connaissent l'amitié indéfectible, celle choisie et qui durera toute la vie. C'est l'Afrique de la solidarité villageoise.
J'ai découvert cette BD parce que j'ai voyagé en Afrique, aimé les peuples qui ont gardé leur culture et que je trouve essentiel de faire partager ces découvertes afin de changer le regard de l'occidental trop enclin à ne juger qu'en référence à sa propre culture.
Il y a plein d'occasions de faire réfléchir un enfant sur ce qu'il voit ou se passe dans cette BD. Elle est très riche, ne serait ce que de comparer mine de rien l'image des ruelles du village au pied des falaises et celle pleine de vie et joyeuse du marché de la plaine. Sans parler des caricatures dans le comportement des personnages. Tout est bien vu et les dessins sont parfaits.
Pour avoir beaucoup lu et vu sur la culture Dogon, je peux dire qu'ethnologiquement parlant, c'est une belle réussite.
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Le Codex angélique
Cette BD vient de rentrer dans celles que je préfère. C'est une explosion graphique et une tuerie scénaristique ! Tome 1, première planche : j'adhère d'emblée ! Tout d'abord, un des points très réussi de cette oeuvre est d'avoir su user d'un vocabulaire un peu ancien et d'y avoir mis quelques tournures spécifiques de cette époque, le tout dans un style vraiment soigné et très recherché (c'est grossier et vulgaire mais sans jamais choquer ou sans jamais être cru gratuitement, le tout fait souvent sourire). Pour l'histoire, la fin du premier tome est assez surprenante, et j'ai eu peur d'être déçu par la suite et de perdre le charme initial de la série. Mais non, tous les tomes sont excellents, le scénario tient vraiment la route et l'ensemble m'a conquis de A à Z, sans aucune fausse note à mes yeux. Puis, même si l'histoire fait quelques parallèles avec Jack l'Eventreur, cela est bien amené et ne nuit pas la lecture. Les protagonistes sont vraiment complexes et plein de mystères. Ils en sont attachants, voire fascinants (le jeune héros me fait penser à Arthur Rimbaud). Les rebondissements et la complexité (raisonnable) du scénario rendent la lecture exquise. Le dessin résulte du chef d'oeuvre. Un trait remarquable, des couleurs bien choisies et bien adaptées au scénario. J'ai passé beaucoup de temps sur les planches à scruter tous les détails et à saisir toutes les nuances et tous les jeux d'ombres. Puis le petit dessin d'Anthony Jean (La Licorne) au début d'un des tomes est sympathique (j'adore Jean). Pour couronner la lecture, les auteurs ont mis à la fin de la BD un petit lexique très drôle et très bien trouvé ; histoire de bien finir la lecture. A lire de toute urgence, série excellentissime !
En Mer
« En mer »..., le dessin m’a instantanément fait de l’œil, sans chercher à savoir ce qui pouvait se cacher derrière, je me jette à l’eau et tant pis pour le mouillage si elle ne me plaît pas, j'achète les yeux fermés et repars aussi contente qu‘un pirate avec son trésor fraichement déterré. Cette toute petite B.D. au nombre assez limité de bulles, qui sont de surcroit peu bavardes, est assez étonnante, tout comme le temps mis par l’auteur à la réaliser : 5 longues années ! On aurait tendance à croire qu’elle a été faite relativement vite, même si le dessin est fignolé et mignon à souhait, il n’est pas non plus extraordinairement riche de détails comme peuvent l’être certaines œuvres. Les planches sont composées d‘une unique case en noir & blanc, chacune va à l’essentiel sans jamais tomber dans le minimalisme. Les contrastes sont très travaillés donnant au dessin une lisibilité immédiate, et le cadrage de chaque case est tout simplement parfait. Drew Weing est américain, cette B.D. est déjà sortie en anglais en 2010 et on ressent l’influence des comics, ça m’a fait penser à du Bone, à du Disney et aussi un peu à ce bon vieux Popeye. Malgré ses 134 planches et sa lecture relativement rapide, on ressent comme un alanguissement au fil des pages, comme si le temps de la lecture s’était écoulé au ralenti. L’auteur a pris son temps et on ressent cette sensation de longueur. J’aimerais dire mille choses sur l’histoire mais quelle surprise auriez-vous à votre tour ? En quelques mots uniques, je dirai tout simplement que c’est doux, violent, poétique et viril, et surtout, à ne manquer sous aucun prétexte, d’autant que le prix est assez raisonnable pour ce tout petit mais très bel objet.
La Femme de l'Ogre
Cette BD est l’adaptation d’un spectacle de Bernadette Appert qui revisite le conte du petit poucet (plus de détails sur ce spectacle ici). Si comme moi vos souvenirs de ce conte sont un peu vagues, soyez rassurés : les 40 premières pages de l’album reprennent l’histoire originale (et puis vous pouvez aussi lire son résumé sur la fiche Wikipedia). L’histoire s’intéresse ensuite à la femme de l’ogre, revisite son passé (sa rencontre avec l’ogre) et son présent (sa longue descente aux enfers suite à la mort de ses 7 filles). La narration est muette, choix judicieux qui met en avant le superbe dessin d’Etienne Appert. Ce dernier est magnifique, rempli de symbolisme, et m’a parfois rappelé les prouesses visuelles de Shaun Tan et David B. Rien que ça ! L’histoire est intéressante, et dresse un parallèle judicieux entre le passé de l’ogre et de sa femme, et le présent et la lente transformation de cette dernière. La rencontre finale est grandiose, un monstre en rencontre un autre, que c’est bien vu ! Une perle de poésie. Mon coup de coeur de cette rentrée 2011 !
Ara
Tim McBurnie, dessinateur de Sept pirates, se lance ici en tant qu'auteur complet, dans une saga de fantasy au style remarquable. L'histoire, malgré sa simplicité, comporte des zones d'ombre. La sorcière ressent un puissant appel, elle va se retrouver liée à deux personnages aux motivations mystérieuses, et sa mission reste vague. De plus sa progression est surveillée par la toute-puissante Ligue des Sorcières, dont elle fait partie, mais qui semble la manipuler à son insu... Des manques un peu frustrants, car du coup on a un peu l'impression que cela permet d'enchaîner des combats certes bien réalisés, mais aux tenants et aboutissants un peu obscurs... Le véritable atout de cette série est le visuel ; c'est carrément époustouflant ! Dans un style quasi réaliste, McBurnie se pose comme un dessinateur à suivre de près, avec des cases dépouillées et dynamiques, réhaussées par des couleurs pastels remarquables. Le bleu-vert de ses forêts est inoubliable. Bref, une série à voir, en attendant d'en savoir plus sur le plan de l'histoire.
La Dernière cigarette
Une BD historique à échelle humaine dans le sens où elle ne fait que survoler l'Histoire pour se concentrer sur la psychologie d'un commandant russe qui a échangé quelques mots et une cigarette avec un ennemi pendant un bombardement. L'auteur nous pousse à une réflexion sur la guerre et son (non) sens [du moins quand elle est vue au niveau individuel] en une cinquantaine de pages à peine: Une prouesse! Les dessins sont beaux et les couleurs dans l'ambiance!
Le Voyage des Pères
Alors comment parler de Jésus sans avoir l'air d'un catho intégriste, sans prêchi-prêcha, sans être chiant à force de didactisme ? Peu d'auteurs ont, à mon goût, trouvé la réponse. Et puis, vus mes rapports avec la religion, je dois être un peu difficile aussi. Pourtant David Ratte a trouvé la solution. Ce jeune homme de bonne famille, à l'oeil vif, à la langue bien pendue et au poil luisant, s'était (un peu) fait connaître avec la gentille BD écolo Toxic planet. Il cachait bien son jeu, le bougre ! Parce que nous sortir une BD aussi sympathique, drôle et intéressante sur vous-savez-qui, c'est une sacrée performance ! Ainsi, il a légèrement changé son style semi-réaliste pour entrer dans des ambiances un peu champêtres (ça change des usines et de la fumée à perte de vue, hein). Ambiances qui sont renforcées par les couleurs de Sylvie Sabater, qui m'ont fait penser à Alim le tanneur en lisant la BD. Ratte est un grand admirateur (enfin, il fait 1m70, quoi) d'Uderzo, et ça se sent fortement dans les attitudes de ses personnages. Des personnages attachants, Jonas en premier bien sûr, qui sont traités avec une modernité de bon aloi et bien inspirée. Ratte nous emmène sur les traces de Jésus et ses apôtres, dans les empreintes de leurs pères, une façon très originale de vivre le Nouveau Testament. La fin du premier cycle est ma foi assez sobre, on évite bien de sombrer dans le sentimentalisme catho cul-bénit pour faire quelque chose de vraiment sympathique et bien mené, à défaut d'être véritablement touchant. Bref, c'est pour moi une BD vraiment très agréable, peut-être même déjà un classique. A lire, sans faute.
Le Voyage des Pères
Quelle claque que ce" Voyage des pères".-premier cycle- Je ne connaissais guère David Ratte et son album Toxic planet. Je l'avais certes feuilleté mais pas acheté. Ici, la couverture avec ce vieillard roublard ne peut que vous encourager à l'achat. Malgré des couleurs un peu pâles, le dessin est formidable et colle parfaitement aux dialogues savoureux, tout en rondeur, qui ponctuent l'histoire. Avec beaucoup de références (outre biblique, mais là c'est normal), on rit beaucoup dans cet album (le running gag du "collecteur d'impôt" est bien trouvé). Et parfois, le rire laisse place à l'émotion comme à la page 33 avec "il a fait mieux que cela... il nous a pardonnés". Des personnages forts en gueule, hauts en couleur et surtout attachants, bref une excellente bande dessinée qui sort vraiment du lot en cette rentrée. A lire.
La Trilogie Nikopol
Wow ! L'imagination dont a fait preuve Bilal est plutôt incroyable ! La lecture se fait doucement au début car j'ai eu un petit temps d'adaptation pour le dessin et le scénario très déroutants. Mais après, c'est réellement prenant ! L'histoire est originale sur énormément d'aspects, tant au niveau du scénario que du dessin. C'est bien là la force de ce triptyque : surprendre ! Tout au long de la lecture, l'auteur ne cesse d'innover ; un coup sur un aspect futuriste bien vu, ou sur des bulles originales, ou sur un dessin, ou sur l'allure d'un personnage, ou sur l'organisation de l'histoire.... Bref, on se laisse aller dans ce monde futuriste pas très glorieux et même si parfois le scénario a l'air de perdre le fil conducteur, la lecture n'en souffre nullement et tout le récit est un vrai régal. Pour l'histoire plus politique, chacun y verra ce qu'il veut car je pense que cette BD fait également réfléchir sur pleins d'aspects et qu'une seule lecture ne suffit pas à saisir toutes les subtilités de cette trilogie magnifique. Le dessin de Bilal est reconnaissable de loin. Un dessin plutôt figé mais très précis, très innovant, très coloré. De plus, ici, Bilal se fait vraiment plaisir et organise ses planches de façon intelligente et surprenante. Graphiquement, c'est excellent ! Une trilogie à découvrir et à posséder car elle regorge de tout ce qu'il faut pour être vraiment culte. En finissant la lecture, une envie : relire le tout tant la lecture est riche !
Saving Human Being
Voici une bd au sujet des plus intéressants. Il y est question d’un robot programmé pour sauver l’humanité, va-t-il y arriver ? Si le résumé en dit beaucoup, l’essentiel est préservé. J’ai bien apprécié ma lecture même si, comme le souligne Miranda, ça manque de profondeur. On ne s’attache pas aux personnages, exception faite du robot (qui est quand même le protagoniste principal). La base est là mais un récit plus développé aurait été le bienvenu. On a effectivement l’impression de se trouver devant de belles images un peu trop aérées . . . Mais, au final, le récit ne déçoit pas et la qualité visuelle des planches est au rendez-vous (raison de mon coup de coeur). A lire !
Le Crochet à Nuages
L'histoire de deux enfants au pays dogon. Voulant bien faire, ils font une bêtise qui met en émoi le village. Tout y est, leur culture, leurs croyances, le bonheur de vivre dans un village "pauvre" d'apparence. Il faut lire sans a priori, ce n'est pas l'Afrique misérable qu'on nous présente trop souvent, mais celle qui a gardé ses traditions et où on vit heureux malgré un environnement si rude, où les enfants connaissent l'amitié indéfectible, celle choisie et qui durera toute la vie. C'est l'Afrique de la solidarité villageoise. J'ai découvert cette BD parce que j'ai voyagé en Afrique, aimé les peuples qui ont gardé leur culture et que je trouve essentiel de faire partager ces découvertes afin de changer le regard de l'occidental trop enclin à ne juger qu'en référence à sa propre culture. Il y a plein d'occasions de faire réfléchir un enfant sur ce qu'il voit ou se passe dans cette BD. Elle est très riche, ne serait ce que de comparer mine de rien l'image des ruelles du village au pied des falaises et celle pleine de vie et joyeuse du marché de la plaine. Sans parler des caricatures dans le comportement des personnages. Tout est bien vu et les dessins sont parfaits. Pour avoir beaucoup lu et vu sur la culture Dogon, je peux dire qu'ethnologiquement parlant, c'est une belle réussite.