Génial !
De la série Yazawa, c'est le plus vieux disponible en France mais surtout le meilleur. Plein de charme, tout est écrit assez légèrement. Peut paraitre un peu trop à l'eau de rose sur l'histoire, mais les personnages sont tellement attachants qu'on en oublie le scénario.
J’ai littéralement adoré cette lecture qui dépeint la vie d’un grand ministère comme celui des affaires étrangères de la grande époque où il avait une existence digne de ce nom en résistant à l’appel à la guerre lancée par les States. C’est tellement réaliste qu’on adhère immédiatement à Quai d’Orsay.
Pourtant, je n’étais pas un adepte de Blain. En l’occurrence, on ne s’attache pas trop au dessin mais on se concentre surtout sur les aventures de ce conseiller en communication. Et je dois même avouer que finalement, je trouve que ce graphisme colle parfaitement à ce genre d’histoire non dénuée d’humour. J’ai apprécié également que cela ne soit pas traité sous forme de strip.
J’ai un petit faible pour les rouages de la vie politique. C’est un sujet qui me passionne. On sent bien le vécu des situations diverses. Je trouve également que le portrait doit certainement correspondre à l’homme politique qui est visé. C’est instructif de voir les dessous qui se cachent derrière les crises et la communication qui en résulte. A la fin, on sent bien que notre conseiller naïf a prit goût à cette vie de dingue. Il va certainement en payer le prix fort au niveau de sa relation personnelle et privée. Cependant, on comprend le mécanisme qui conduit à cette perversion.
Le portrait du ministre est également nuancé et savoureux. On découvre ses travers mais également son génie : capable du pire comme du meilleur. Ce microcosme en tension continuelle montre des aspects souvent absurdes ce qui rend la lecture plutôt acide. Les dialogues avec toute cette galerie de personnages sont d’une grande réussite. Cette chronique diplomatique est réellement passionnante sur les rapports de pouvoir. C’est incontestable que cette bd va plus loin que la simple caricature.
Bref, on a là un album indispensable. Vivement la suite car c’est drôle et perspicace à la fois !
MAJ second tome
Et ce second tome confirme que la série est réellement excelllente. Nous avons droit aux coulisses de la mise en oeuvre de la guerre en Irak et de l'opposition courageuse du Quai d'Orsay de l'époque à travers son fameux ministre. Là encore, les noms ont été trafiqués mais personne ne sera dupe. Le Lousdem est ainsi accusé de fabriquer des armes de destruction massive. Les USA souhaitent avoir la bénédiction des Nations-Unis pour entrer en guerre.
La lecture de ce nouvel opus sera drôle et jubilatoire à la fois. Je pense que c'est certainement l'association d'auteurs la plus réussie du moment. Les arcanes du pouvoir fascinent. 120.000 exemplaires du 1er tome sont déjà partis à ce jour. Bref, une réussite totale ! Et puis enfin la consécration pour le second tome en remportant le grand prix à Angoulême en 2013: c'était mérité !
Note Dessin: 4/5 - Note scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Je suis tombé sur cette série un peu par hasard il y quelques années, déjà à l'époque je l'avais trouvée intéressante, mais aprés une relecture récente je suis devenu un fan de ce personnage attachant qu'est Sam Lawry.
Cette série se compose de trois diptyques ( pour l'instant). J'ai adoré les deux premiers , par contre je trouve que le troisième est moins intéressant.
En effet le premier diptyque se déroule au Vietnam et c'est sans doute ce qui m'avait attiré à l'époque car ce n'est pas une période de l'histoire qui est beaucoup utilisée en bande-dessinée. Le récit de guerre se mêle au fantastique pour notre plus grand plaisir .
Le "don" de Sam( voir la mort prochaine de ceux qu'il côtoie) est pour lui une malédiction, qui le plonge petit à petit dans la folie.
Le deuxième cycle se situe aux Etats-Unis quelques années aprés son retour du Vietnam, sa capacité à voir la mort chez ceux qui n'en n'ont plus pour longtemps à vivre , va l'entraîner lui et sa famille qu sein d'une machination politique , qui m'a fait penser au trés bon film "Dead Zone"( lui-même tiré d'un roman de Stephen King).On peut également signaler que l'on retrouve un clin d'oeil au film "Taxi Driver" dans le second tome de ce diptyque.
Le troisième est plus un récit d'espionnage se déroulant pendant les grandes heures de la guerre froide et c'est sans doute à cause de cela que j'ai moins apprécié l'histoire.
Le dessin quand à lui est trés bon que ce soit dans le premier diptyque ou dans les deux autres malgré le changement de dessinateur(Mig pour le premier, Chetville pour les autres).
Je conseille donc cette série aux fans de thrillers fantastiques, ceux-ci dévoreront les histoires passionantes de ce personnage hors du commun.
Je ne connaissais pas Conz, mais cet auteur flamand mérite qu'on s'y intéresse.
Cet album, qui à ma connaissance est le premier en langue française de cet auteur visiblement très apprécié dans son pays, propose trois récits initialement publiés séparément mais qui ont pour dénominateur commun l'histoire de Ringo et Anne, deux jeunes Flamands qui se trouvent, s'aiment, se séparent et se retrouvent dix ans plus tard, à l'autre bout du monde.
Chacun des récits a son atmosphère particulière, ses décors (Bruxelles et l'Australie, donc) ; comme le souligne l'éditeur sur son site, l’histoire est racontée sous forme de flash-back éclectiques, où les souvenirs jouent un rôle prépondérant dans la construction et la compréhension du présent. Le point fort est également selon moi la sincérité, la justesse des dialogues et des situations, une force dans le roman graphique.
Le dessin, au carrefour du franco-belge et du comics un peu underground, paraît naïf de prime abord, mais Conz arrive à faire passer beaucoup d'émotions dans les expressions, la mise en scène (qui est variée sans être tape-à-l'oeil). L'auteur procède par flash-back, par ellipses narratives aussi parfois, et même si l'album est gros (276 pages), ça se lit assez vite, peut-être en faisant une pause tout de même.
Evitant les écueils gnangnans et le misérabilisme, Conz nous propose un beau triptyque.
J'ai lu dans la foulée Terre mécanique et Mangecoeur, du même Andreae, et le second m'a sans doute davantage plu que le premier.
L'étrange foire que visite le petit Benjamin, à la recherche du papillon qui sauvera son grand-père, est un festival d'inventions visuelles et d'ambiances étranges, entre fête perpétuelle et menace invisible. Tout y est assez infantile, mais les enfants y sont interdits... et poursuivis sans relâche par les clowns inquiétants qui gardent le lieu.
On est ici dans une BD onirique et psychologique, où l'on ne sait jamais vraiment où s'arrête le fantastique, où commence le rêve. La foire, manifestement, est une construction mentale, un labyrinthe freudien. Mais celui de quel personnage ? Benjamin ? Son grand-père ? Un troisième personnage ? Plusieurs personnes à la fois ?
En réalité, on n'est pas vraiment sûr, en refermant le 3e tome, d'avoir compris le fin mot de l'histoire. Qui émet vraiment l'idée que c'est une larve de papillon qui tue le grand-père, et que c'est un spécimen adulte du même papillon qui le sauvera ? Ne serait-ce pas un fantasme enfantin du jeune Benjamin ? Les dernières cases, au fond, sont elles encore du rêve ou bien un retour au réel ?
Même si cette incertitude est un peu frustrante, peu importe au fond. On se promène avec ravissement dans cette ambiance lynchéenne aux interprétations kaléïdoscopiques. D'autant plus que les mises en pages sont de toute beauté, chaque case rigoureusement construite et merveilleusement dessinée.
Un album que j’ai dévoré malgré un aspect graphique de prime abord peu engageant.
J’ai particulièrement apprécié le naturel avec lequel des questions très délicates sont abordées. Le récit se révèle alors aussi touchant qu’instructif. Il m’a en tous les cas ouvert les yeux sur certains aspects de la maladie que j’ignorais totalement malgré toutes les campagnes de prévention auxquelles j’ai eu droit.
Graphiquement, comme je l’ai dit, ce n’est pas ma tasse de thé. Je regrette de ne pas avoir toujours su interpréter ce que certains dessins étaient censés représenter. Cela m’est certes arrivé rarement, mais c’est quand même arrivé… et c’est très frustrant ! Pour le reste, ce style très spontané, comme pris sur le fait, convient bien à ce genre de récit. Le propos y est mis en avant tandis que l’aspect esthétique reste en retrait.
Au final, pour sa dimension éducative ainsi que pour le côté touchant de cette histoire « qui sent le vécu », je ne peux mettre que « franchement bien ! » Et j’espère vous avoir convaincu de le lire même si, comme moi, le trait de Frederik Peeters vous rebute quelque peu.
Étranger sans rendez-vous, aborde la situation des immigrés en France. Il se distingue par une atmosphère inquiétante et des plans minimalistes. Dans ce cas précis, l'esthétique compte moins que la force du témoignage. La technique utilisée dans ce travail reste principalement l'encre de chine, avec des dessins suggérés par un crayonné fin. Une autre façon d'aborder la BD tout en faisant abstraction de toutes les contraintes. Le tome 2 est actuellement en préparation dans un style différent.
Contexte historique:
« Novembre 2004, 9 soldats Français sont tués lors d’un bombardement par l'aviation ivoirienne. La France riposte en détruisant au sol les moyens aériens du Gouvernement Gbagbo. Abidjan s'embrase... Paris décide d'évacuer ses ressortissants...Ceux qui le peuvent décident de partir...
(avis écrit par l'auteur de la bande dessinée).
Si vous doutez du lendemain, de la météo, de votre prochain, de la politique, de l'attrait de votre physique, de l'économie globale dans la zone euro, du cours du brut, .... voilà un ouvrage à vous réconcilier définitivement avec la vie !
D'habitude, je fuis les dessins baclés ; ce sera une exception au vu du scénario qui percute et fait magnifiquement mouche !
Un très heureux moment de lecture !
Seul le dessin m'empêche de mettre le 5/5.
Chevalier Ardent est vraiment mon héros préféré depuis 40 ans ! Ses aventures sont charmantes, fascinantes et merveilleuses.
Craenhals est, certainement, l'un des plus grands artistes de B.D. Son dessin est très attirant. Peut-être qu'il n'est pas aussi précis que celui de Jacques Martin ou de E.P. Jacobs, surtout pour les bâtiments (châteaux, citadelles) ou pour les paysages, mais, d'un autre côté, les expressions et les émotions des personnages, en particulier Ardent et Arthus, sont beaucoup plus efficaces et expressives. Les personnages sont plus vivants, ils te touchent dans le coeur.
Pour les scénarios, on a de très belles histoires qui t'attirent du début à la fin. Elles sont à la fois excitantes et tristes, mais d'un charmant chagrin. C'est une vraie saga, une vraie épopée.
Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de lire les quelques derniers albums, que j'espère avoir un jour, mais les albums que je préfère parmi ceux que j'avais déjà lus, plusieurs fois, sont "Les loups de Rougecogne", "La corne de brume", "Le secret du roi Arthus", "La dame des sables", "La princesse captive", "Les chevaliers de l'apocalypse".
J'aime bien Francois Craenhals, et je regrette beaucoup de ne pas avoir pu le rencontrer dans sa vie. Comme je l'espérais !
Avant de publier le superbe one shot Le Jour du Marché, James Sturm qui s'était révélé dans la revue "Raw" aux cotés d'Art Spigelman, avait réalisé d'autres histoires dont le "swing du Golem", qui remporta un véritable succès critique aux Etas-Unis.
Les éditions DELCOURT ont eu l'excellente idée de rééditer cette dernière histoire en ajoutant deux autres récits plus anciens.
Sturm nous plonge ainsi dans les racines profondres de l'Amérique : "l'importance" du fait religieux chez les premières communautés, la quête vers l'or dans laquelle se lancèrent des milliers de personnes croyant faire fortune en un temps éclair, et puis enfin le racisme de l'Amérique profonde dans le "swing du golem" qui nous retrace l'histoire d'une équipe de baseball constituée en partie de joueurs juifs.
L'amérique que nous dépeint Sturm n'est pas celle de New York, de Chicago ou de San
Francisco, cette Amérique tant prisée par les Européens notamment, qui y voient le miroir d'une société ouverte et multiculturelle qui ressemble à la leur. A la lecture de cet album on plonge plutot dans l'Amérique profonde, celle de la church belt (Tennesse, Alabama, Géorgie...), une Amérique repliée sur elle même, qui ignore le monde extérieur, une Amérique laborieuse et pauvre qui rejette celui qui n'est pas chrétien et blanc de peau. Celle où le baseball reste le "national past time"
N'allez pas chercher une grande virtuosité graphique chez James Sturm. Son style sobre ressemble plutot à celui d'une Art Spiegelman ou d'une Marjane Satrapi. La force de ces trois récits se trouve essentiellement dans le scénario, fort et efficace. Un talent narratif qui se retrouvera plus tard avec Le Jour du Marché.
Un ouvrage à conseiller pour les amoureux d'histoire et les amateurs de la BD américaine, une des plus riches et des plus créatives qui soient à ce jour encore.
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Je ne suis pas un ange
Génial ! De la série Yazawa, c'est le plus vieux disponible en France mais surtout le meilleur. Plein de charme, tout est écrit assez légèrement. Peut paraitre un peu trop à l'eau de rose sur l'histoire, mais les personnages sont tellement attachants qu'on en oublie le scénario.
Quai d'Orsay
J’ai littéralement adoré cette lecture qui dépeint la vie d’un grand ministère comme celui des affaires étrangères de la grande époque où il avait une existence digne de ce nom en résistant à l’appel à la guerre lancée par les States. C’est tellement réaliste qu’on adhère immédiatement à Quai d’Orsay. Pourtant, je n’étais pas un adepte de Blain. En l’occurrence, on ne s’attache pas trop au dessin mais on se concentre surtout sur les aventures de ce conseiller en communication. Et je dois même avouer que finalement, je trouve que ce graphisme colle parfaitement à ce genre d’histoire non dénuée d’humour. J’ai apprécié également que cela ne soit pas traité sous forme de strip. J’ai un petit faible pour les rouages de la vie politique. C’est un sujet qui me passionne. On sent bien le vécu des situations diverses. Je trouve également que le portrait doit certainement correspondre à l’homme politique qui est visé. C’est instructif de voir les dessous qui se cachent derrière les crises et la communication qui en résulte. A la fin, on sent bien que notre conseiller naïf a prit goût à cette vie de dingue. Il va certainement en payer le prix fort au niveau de sa relation personnelle et privée. Cependant, on comprend le mécanisme qui conduit à cette perversion. Le portrait du ministre est également nuancé et savoureux. On découvre ses travers mais également son génie : capable du pire comme du meilleur. Ce microcosme en tension continuelle montre des aspects souvent absurdes ce qui rend la lecture plutôt acide. Les dialogues avec toute cette galerie de personnages sont d’une grande réussite. Cette chronique diplomatique est réellement passionnante sur les rapports de pouvoir. C’est incontestable que cette bd va plus loin que la simple caricature. Bref, on a là un album indispensable. Vivement la suite car c’est drôle et perspicace à la fois ! MAJ second tome Et ce second tome confirme que la série est réellement excelllente. Nous avons droit aux coulisses de la mise en oeuvre de la guerre en Irak et de l'opposition courageuse du Quai d'Orsay de l'époque à travers son fameux ministre. Là encore, les noms ont été trafiqués mais personne ne sera dupe. Le Lousdem est ainsi accusé de fabriquer des armes de destruction massive. Les USA souhaitent avoir la bénédiction des Nations-Unis pour entrer en guerre. La lecture de ce nouvel opus sera drôle et jubilatoire à la fois. Je pense que c'est certainement l'association d'auteurs la plus réussie du moment. Les arcanes du pouvoir fascinent. 120.000 exemplaires du 1er tome sont déjà partis à ce jour. Bref, une réussite totale ! Et puis enfin la consécration pour le second tome en remportant le grand prix à Angoulême en 2013: c'était mérité ! Note Dessin: 4/5 - Note scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Sam Lawry
Je suis tombé sur cette série un peu par hasard il y quelques années, déjà à l'époque je l'avais trouvée intéressante, mais aprés une relecture récente je suis devenu un fan de ce personnage attachant qu'est Sam Lawry. Cette série se compose de trois diptyques ( pour l'instant). J'ai adoré les deux premiers , par contre je trouve que le troisième est moins intéressant. En effet le premier diptyque se déroule au Vietnam et c'est sans doute ce qui m'avait attiré à l'époque car ce n'est pas une période de l'histoire qui est beaucoup utilisée en bande-dessinée. Le récit de guerre se mêle au fantastique pour notre plus grand plaisir . Le "don" de Sam( voir la mort prochaine de ceux qu'il côtoie) est pour lui une malédiction, qui le plonge petit à petit dans la folie. Le deuxième cycle se situe aux Etats-Unis quelques années aprés son retour du Vietnam, sa capacité à voir la mort chez ceux qui n'en n'ont plus pour longtemps à vivre , va l'entraîner lui et sa famille qu sein d'une machination politique , qui m'a fait penser au trés bon film "Dead Zone"( lui-même tiré d'un roman de Stephen King).On peut également signaler que l'on retrouve un clin d'oeil au film "Taxi Driver" dans le second tome de ce diptyque. Le troisième est plus un récit d'espionnage se déroulant pendant les grandes heures de la guerre froide et c'est sans doute à cause de cela que j'ai moins apprécié l'histoire. Le dessin quand à lui est trés bon que ce soit dans le premier diptyque ou dans les deux autres malgré le changement de dessinateur(Mig pour le premier, Chetville pour les autres). Je conseille donc cette série aux fans de thrillers fantastiques, ceux-ci dévoreront les histoires passionantes de ce personnage hors du commun.
Quelque part les étoiles
Je ne connaissais pas Conz, mais cet auteur flamand mérite qu'on s'y intéresse. Cet album, qui à ma connaissance est le premier en langue française de cet auteur visiblement très apprécié dans son pays, propose trois récits initialement publiés séparément mais qui ont pour dénominateur commun l'histoire de Ringo et Anne, deux jeunes Flamands qui se trouvent, s'aiment, se séparent et se retrouvent dix ans plus tard, à l'autre bout du monde. Chacun des récits a son atmosphère particulière, ses décors (Bruxelles et l'Australie, donc) ; comme le souligne l'éditeur sur son site, l’histoire est racontée sous forme de flash-back éclectiques, où les souvenirs jouent un rôle prépondérant dans la construction et la compréhension du présent. Le point fort est également selon moi la sincérité, la justesse des dialogues et des situations, une force dans le roman graphique. Le dessin, au carrefour du franco-belge et du comics un peu underground, paraît naïf de prime abord, mais Conz arrive à faire passer beaucoup d'émotions dans les expressions, la mise en scène (qui est variée sans être tape-à-l'oeil). L'auteur procède par flash-back, par ellipses narratives aussi parfois, et même si l'album est gros (276 pages), ça se lit assez vite, peut-être en faisant une pause tout de même. Evitant les écueils gnangnans et le misérabilisme, Conz nous propose un beau triptyque.
MangeCoeur
J'ai lu dans la foulée Terre mécanique et Mangecoeur, du même Andreae, et le second m'a sans doute davantage plu que le premier. L'étrange foire que visite le petit Benjamin, à la recherche du papillon qui sauvera son grand-père, est un festival d'inventions visuelles et d'ambiances étranges, entre fête perpétuelle et menace invisible. Tout y est assez infantile, mais les enfants y sont interdits... et poursuivis sans relâche par les clowns inquiétants qui gardent le lieu. On est ici dans une BD onirique et psychologique, où l'on ne sait jamais vraiment où s'arrête le fantastique, où commence le rêve. La foire, manifestement, est une construction mentale, un labyrinthe freudien. Mais celui de quel personnage ? Benjamin ? Son grand-père ? Un troisième personnage ? Plusieurs personnes à la fois ? En réalité, on n'est pas vraiment sûr, en refermant le 3e tome, d'avoir compris le fin mot de l'histoire. Qui émet vraiment l'idée que c'est une larve de papillon qui tue le grand-père, et que c'est un spécimen adulte du même papillon qui le sauvera ? Ne serait-ce pas un fantasme enfantin du jeune Benjamin ? Les dernières cases, au fond, sont elles encore du rêve ou bien un retour au réel ? Même si cette incertitude est un peu frustrante, peu importe au fond. On se promène avec ravissement dans cette ambiance lynchéenne aux interprétations kaléïdoscopiques. D'autant plus que les mises en pages sont de toute beauté, chaque case rigoureusement construite et merveilleusement dessinée.
Pilules bleues
Un album que j’ai dévoré malgré un aspect graphique de prime abord peu engageant. J’ai particulièrement apprécié le naturel avec lequel des questions très délicates sont abordées. Le récit se révèle alors aussi touchant qu’instructif. Il m’a en tous les cas ouvert les yeux sur certains aspects de la maladie que j’ignorais totalement malgré toutes les campagnes de prévention auxquelles j’ai eu droit. Graphiquement, comme je l’ai dit, ce n’est pas ma tasse de thé. Je regrette de ne pas avoir toujours su interpréter ce que certains dessins étaient censés représenter. Cela m’est certes arrivé rarement, mais c’est quand même arrivé… et c’est très frustrant ! Pour le reste, ce style très spontané, comme pris sur le fait, convient bien à ce genre de récit. Le propos y est mis en avant tandis que l’aspect esthétique reste en retrait. Au final, pour sa dimension éducative ainsi que pour le côté touchant de cette histoire « qui sent le vécu », je ne peux mettre que « franchement bien ! » Et j’espère vous avoir convaincu de le lire même si, comme moi, le trait de Frederik Peeters vous rebute quelque peu.
Etranger sans rendez-vous
Étranger sans rendez-vous, aborde la situation des immigrés en France. Il se distingue par une atmosphère inquiétante et des plans minimalistes. Dans ce cas précis, l'esthétique compte moins que la force du témoignage. La technique utilisée dans ce travail reste principalement l'encre de chine, avec des dessins suggérés par un crayonné fin. Une autre façon d'aborder la BD tout en faisant abstraction de toutes les contraintes. Le tome 2 est actuellement en préparation dans un style différent. Contexte historique: « Novembre 2004, 9 soldats Français sont tués lors d’un bombardement par l'aviation ivoirienne. La France riposte en détruisant au sol les moyens aériens du Gouvernement Gbagbo. Abidjan s'embrase... Paris décide d'évacuer ses ressortissants...Ceux qui le peuvent décident de partir... (avis écrit par l'auteur de la bande dessinée).
Les Petits Ruisseaux
Si vous doutez du lendemain, de la météo, de votre prochain, de la politique, de l'attrait de votre physique, de l'économie globale dans la zone euro, du cours du brut, .... voilà un ouvrage à vous réconcilier définitivement avec la vie ! D'habitude, je fuis les dessins baclés ; ce sera une exception au vu du scénario qui percute et fait magnifiquement mouche ! Un très heureux moment de lecture ! Seul le dessin m'empêche de mettre le 5/5.
Chevalier Ardent
Chevalier Ardent est vraiment mon héros préféré depuis 40 ans ! Ses aventures sont charmantes, fascinantes et merveilleuses. Craenhals est, certainement, l'un des plus grands artistes de B.D. Son dessin est très attirant. Peut-être qu'il n'est pas aussi précis que celui de Jacques Martin ou de E.P. Jacobs, surtout pour les bâtiments (châteaux, citadelles) ou pour les paysages, mais, d'un autre côté, les expressions et les émotions des personnages, en particulier Ardent et Arthus, sont beaucoup plus efficaces et expressives. Les personnages sont plus vivants, ils te touchent dans le coeur. Pour les scénarios, on a de très belles histoires qui t'attirent du début à la fin. Elles sont à la fois excitantes et tristes, mais d'un charmant chagrin. C'est une vraie saga, une vraie épopée. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de lire les quelques derniers albums, que j'espère avoir un jour, mais les albums que je préfère parmi ceux que j'avais déjà lus, plusieurs fois, sont "Les loups de Rougecogne", "La corne de brume", "Le secret du roi Arthus", "La dame des sables", "La princesse captive", "Les chevaliers de l'apocalypse". J'aime bien Francois Craenhals, et je regrette beaucoup de ne pas avoir pu le rencontrer dans sa vie. Comme je l'espérais !
America - Le Swing du golem
Avant de publier le superbe one shot Le Jour du Marché, James Sturm qui s'était révélé dans la revue "Raw" aux cotés d'Art Spigelman, avait réalisé d'autres histoires dont le "swing du Golem", qui remporta un véritable succès critique aux Etas-Unis. Les éditions DELCOURT ont eu l'excellente idée de rééditer cette dernière histoire en ajoutant deux autres récits plus anciens. Sturm nous plonge ainsi dans les racines profondres de l'Amérique : "l'importance" du fait religieux chez les premières communautés, la quête vers l'or dans laquelle se lancèrent des milliers de personnes croyant faire fortune en un temps éclair, et puis enfin le racisme de l'Amérique profonde dans le "swing du golem" qui nous retrace l'histoire d'une équipe de baseball constituée en partie de joueurs juifs. L'amérique que nous dépeint Sturm n'est pas celle de New York, de Chicago ou de San Francisco, cette Amérique tant prisée par les Européens notamment, qui y voient le miroir d'une société ouverte et multiculturelle qui ressemble à la leur. A la lecture de cet album on plonge plutot dans l'Amérique profonde, celle de la church belt (Tennesse, Alabama, Géorgie...), une Amérique repliée sur elle même, qui ignore le monde extérieur, une Amérique laborieuse et pauvre qui rejette celui qui n'est pas chrétien et blanc de peau. Celle où le baseball reste le "national past time" N'allez pas chercher une grande virtuosité graphique chez James Sturm. Son style sobre ressemble plutot à celui d'une Art Spiegelman ou d'une Marjane Satrapi. La force de ces trois récits se trouve essentiellement dans le scénario, fort et efficace. Un talent narratif qui se retrouvera plus tard avec Le Jour du Marché. Un ouvrage à conseiller pour les amoureux d'histoire et les amateurs de la BD américaine, une des plus riches et des plus créatives qui soient à ce jour encore.