que rajouter de plus? J'arrive après la bataille et tout a déjà été dit sur le contenu : un dessin expressif et dynamique, des contes d'enfance revisités avec humour et détachement et un happy end pour ce livre aux personnages animaliers.
Mais c'est que j'ai simplement a-d-o-r-é! C'est bien simple : je l'ai déjà prêté et re-prêté, fait l'article auprès de mes fréquentations y compris aux réfractaires aux phylactères!!
Ne courez pas chez votre libraire : précipitez vous y!!!
note : 4.5/5
Comme tous les albums du duo d’Enfin Libre que j’ai lus (trois à ce jour), « Le Fluink » est une œuvre originale, surprenante, et très différente des autres productions de ces deux auteurs qui méritent le détour et qui développent des albums très ambitieux.
Sur la forme tout d’abord. Cet album à l’italienne sort de l’ordinaire. Pas de case, mais deux bandes déroulantes parallèles, sur lesquelles se déroulent deux histoires s’entremêlant peu à peu. Deux mondes s’ignorent, se devinent, celui « du dessus » avec des patronymes en « az », celui « du dessous » avec des patronymes en « al ». Le premier s’interroge sur ce qui peut exister sous lui, le second cherche à monter des tours toujours plus hautes.
S’il m’a fallu quelque temps pour « régler la mire » et trouver mon rythme de lecture avec ces deux histoires superposées, une fois ce souci réglé, j’ai été captivé par l’histoire – car en fait ce n’en est qu’une – de ces deux mondes, dans lesquels les intrigues de pouvoir, quelques dingueries, vont faire se rencontrer ce qui devait rester solitaire. La chute – dans tous les sens du terme d’ailleurs, est assez savoureuse, dans un humour noir proche des Idées Noires de Franquin.
Ce qui rapproche aussi cet album de la série de Franquin, ce sont les dessins, qui jouent sur le Noir et Blanc (noir sur fond blanc en haut, blanc sur fond noir en bas). Des sortes d’ombres chinoises, parfois d’esquisses, mais le tout est très expressif ! Un dessin dynamique, qui suggère parfois, et qui fait la part belle à l’imagination – mais n’est-ce pas toute l’œuvre de Philippe Renaut et David Barou qui lui donne la parole ?
L’histoire – ou les histoires donc – se lisent très bien, parfois ponctuées de citations (comme celles mises en exergue en quatrième de couverture). D’autres allusions donnent une touche comique, comme des jeux de mots faisant allusion au « Seigneur des anneaux », ou alors un personnage de savant qui s’énerve et parodie une célèbre crise du professeur Tournesol.
Bref, un album à découvrir. Et dans la foulée, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur les autres productions des mêmes auteurs (comme le très beau Le Songe de Siwel ou l’étonnant Grumf), vous serez (agréablement) surpris !
Qui ne connait pas Audubon ? Levez le doigt ! Mais si vous connaissez ! Allez jeter un œil sur internet et vous verrez que dès la première planche de ses dessins d’oiseaux vous allez vous écrier « Ah mais ouiiiiiiii !!! ». On connait tous ses illustrations, par contre, le personnage, beaucoup moins. C’est ce que propose de réparer cet album très réussi de Fabien Grolleau (scénario) et Jérémie Royer (dessin).
Car ce dessinateur aventurier hors pair, n’en a pas eu une vie non moins exaltante ! Car cet homme né en France et parti s’installer aux Etats-Unis a voulu répertorier et peindre TOUS les oiseaux d’Amérique. Et pour se faire, il s’est engagé dans des voyages remarquables ; une véritable vie d’aventurier face à l’immensité de la tâche et de la sauvage Amérique du début du XIXe siècle.
C’est à partir des propres écrits d’Audubon que Fabien Grolleau va construire son histoire et nous dresser le portrait de cet idéaliste qui ne vivra que pour aller au bout de son obsession et de son rêve. Si le récit qui nous est livré est le fruit de son imagination, il est plus qu’inspiré pour dégager l’essence de ce que fut la vie de ce personnage hors du commun. Son amour pour la nature, les oiseaux bien sûr, les espaces et les voyages, transpire des presque 180 pages qui composent cet album. J’ai été complètement happé par cette histoire, tant par le côté épique de sa vie que par la force qui anime le personnage.
Ajoutez à cela le magnifique dessin de Jérémie Royer qui a su donner tout l’élan et la vie nécessaire à ce personnage débordant d’énergie. Si son trait peut paraître simple au premier abord, surtout pour ce qui est des personnages, il est d’une très grande expressivité. Et c’est surtout les ambiances qu’il transpose que j’ai adoré. Ses lumières dans ses paysages sont tout simplement magnifiques sur certaines planches et nous font ressentir ce qu’Audubon devait percevoir face à cette nature si riche et imposante pour lui insuffler ce brin de folie et cette volonté qui le mèneront à la postérité.
Un album magique et lumineux sur un illuminé têtu amoureux des oiseaux et des grands espaces.
Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ?
Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité.
Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année.
Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique !
Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point.
L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc.
La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu
Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !
Ayant lu la charte de la bédéthèque, je me signale en tant qu'ami, fan, et membre de Pirates Editions. Cher Sloane, pour le style rétro, il suffit de rencontrer Marek, cet être d'une autre planète, ou plutôt d'une autre époque ! Son dessin lui ressemble, classe, hors du temps, tourné vers l'émerveillement, la gentillesse incarnée. (Aux éditions Pirates, nous avons tous un badge, "I Kif Marek") Et ce classicisme est habilement compensé par l'intrigant scénario de J-françois Kierzkowski, dont on se demande à chaque page où il nous emmène ? Réponse(s) dans le second tome de ce diptyque, dont l'encre n'est pas encore tout à fait sèche (Sortie: Octobre 2016).
Bonne lecture !
C’est pas révolutionnaire, ça sent même un peu le déjà vu mais c’est terriblement prenant.
La raison ? Une narration pas prise de tête, bien chapitrée, très dynamique et légère malgré qu’elle soit tissée sur une matrice en mode conflit mondial entre bots et sur fond de dernier homme à protéger. Ca fight un peu mais, finalement, c’est le côté humain de la quête des bots qui prend le dessus. Le dessin n’est pas en reste avec une inspiration puisée dans les comics, le format et la pagination de l’album renforçant ce sentiment. C’est très coloré aussi, ce qui rend les planches plus gaies et qui, du coup, dédramatise la situation.
Une petite pépite de chez Ankama à prix tout doux.
Le Cycle de Cyann est l'une de mes séries de science fiction préférées. Il aura fallu plus de vingt ans au perfectionniste François Bourgeon pour achever cette magnifique saga.
J'ai découvert Cyann il y a plus de quinze ans quand seuls les deux premiers volumes étaient parus. Et ce fut une claque monumentale !
Les auteurs ont réussi à créer un univers remarquable... et néanmoins difficile d'accès. Le monde de Cyann est totalement exotique et d'une grande densité. L'action est rare au profit de la découverte de cette civilisation par le lecteur. Bourgeon soigne au maximum la mise en place de son histoire en détaillant le monde d'Ohl dans toute son incroyable complexité (faune, flore, religion, système politique, urbanisme, technologie, coutumes... et j'en passe tant c'est foisonnant). Certes on s'y perd un peu au début mais le scénario n'en est que plus passionnant au fur et mesure que le récit avance (et s'accélère notamment dans le deuxième volume).
Les quatre tomes suivants, s'ils enrichissent davantage l'univers et achèvent la saga, ne sont pas tout à fait du même niveau que les deux premiers. Ils sont moins denses, moins riches, finalement peut être moins ambitieux. Cependant, je ne boude pas mon plaisir car ils restent tout de même très intéressants.
Les personnages, nombreux, sont soignés et variés avec en point d'orgue Cyann qui, de petite peste aristocratique et capricieuse, va devenir une grande héroïne de space opera.
Visuellement, c'est juste superbe ! Outre la qualité et le soin apportés aux dessins, c'est l'incroyable diversité de l'univers qui impressionne le plus.
Le Cycle de Cyann est un monde unique à découvrir et une série majeure de la science fiction.
Mais... Mais quelle belle surprise ! Je pensais qu'il s'agissait d'une série d'humour ayant pour cadre l'Egypte antique, à dominance gros nez, mais "Kheops", c'est plus que ça. En effet la trame de fond de l'histoire, à savoir la construction d'une pyramidependant le règne de Kheops, est le prétexte pour Augustin de distiller de nombreuses informations au sujet de cette société qui continue à fasciner et intriguer. d'ailleurs chaque gag est suivi par un "cartouche" comprenant des informations "véritables". C'est très bien vu, et permet d'être didactique tout en gardant l'esprit comique de l'histoire.
Le dessin d'Augustin est donc assez typique de la BD franco-belge d'humour, mais il bénéficie d'une mise en scène dynamique et d'une mise en couleurs très agréable.
L'ensemble vaut pour moi un 3,5/5,arrondi au demi supérieur en raison de l'adéquation habile entre gags et infos sérieuses.
Ce manga est une vraie claque !
Usamura Furuya adapte librement un roman de 1948 de Osamu Dazai. Il replace son histoire dans le Japon contemporain. Autant le préciser tout de suite, Je ne suis pas un homme est extrêmement dur. On assiste avec effroi à la déchéance inéluctable d'un jeune homme qui avait pourtant tout pour réussir et être heureux. Son désespoir et son incapacité à comprendre les autres et à tisser des liens sincères avec eux (les femmes notamment) vont progressivement le faire basculer.
Narré d'une main de maître, le récit est aussi noir que passionnant. La plongée dans l'âme torturée de Yôzô Ôba est une vraie réussite. L'auteur a su rendre toute la complexité de la personnalité de son (anti)héros.
Visuellement, c'est remarquable. Le trait réaliste de Furuya accentue le ton très sombre de l'histoire. Le choix de publier le manga en grand format permet une meilleure perception de la grande qualité graphique de l'ouvrage
Je ne suis pas un homme est un manga dérangeant, intense et complexe, à découvrir de toute urgence.
Mon Dieu que c’est beau. Je commence rarement un avis en parlant du dessin, mais les planches de cet album m’ont vraiment émerveillé. Le dessin en noir et blanc est d’une précision remarquable et fourmillent de détails. Du travail d’orfèvre, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages alpins magnifiques.
L’intrigue m’a aussi passionné, même si elle reste assez simple : deux aventuriers amateurs de créatures mythiques (Monstre du Loch Ness, Yeti etc.) se lancent à la recherche du Tatzelwurm, « créature légendaire du folklore de la chaîne des Alpes » (source). S’en suit une promenade champêtre dépaysante, et une fin… non, je vous laisse la découvrir ! Et puis l’Histoire avec un grand H rattrape nos protagonistes, avec la montée du nazisme.
Une grande aventure revigorante, et une mise en image magistrale. Un coup de cœur en ce qui me concerne !
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Le Grand Méchant Renard
que rajouter de plus? J'arrive après la bataille et tout a déjà été dit sur le contenu : un dessin expressif et dynamique, des contes d'enfance revisités avec humour et détachement et un happy end pour ce livre aux personnages animaliers. Mais c'est que j'ai simplement a-d-o-r-é! C'est bien simple : je l'ai déjà prêté et re-prêté, fait l'article auprès de mes fréquentations y compris aux réfractaires aux phylactères!! Ne courez pas chez votre libraire : précipitez vous y!!! note : 4.5/5
Le Fluink
Comme tous les albums du duo d’Enfin Libre que j’ai lus (trois à ce jour), « Le Fluink » est une œuvre originale, surprenante, et très différente des autres productions de ces deux auteurs qui méritent le détour et qui développent des albums très ambitieux. Sur la forme tout d’abord. Cet album à l’italienne sort de l’ordinaire. Pas de case, mais deux bandes déroulantes parallèles, sur lesquelles se déroulent deux histoires s’entremêlant peu à peu. Deux mondes s’ignorent, se devinent, celui « du dessus » avec des patronymes en « az », celui « du dessous » avec des patronymes en « al ». Le premier s’interroge sur ce qui peut exister sous lui, le second cherche à monter des tours toujours plus hautes. S’il m’a fallu quelque temps pour « régler la mire » et trouver mon rythme de lecture avec ces deux histoires superposées, une fois ce souci réglé, j’ai été captivé par l’histoire – car en fait ce n’en est qu’une – de ces deux mondes, dans lesquels les intrigues de pouvoir, quelques dingueries, vont faire se rencontrer ce qui devait rester solitaire. La chute – dans tous les sens du terme d’ailleurs, est assez savoureuse, dans un humour noir proche des Idées Noires de Franquin. Ce qui rapproche aussi cet album de la série de Franquin, ce sont les dessins, qui jouent sur le Noir et Blanc (noir sur fond blanc en haut, blanc sur fond noir en bas). Des sortes d’ombres chinoises, parfois d’esquisses, mais le tout est très expressif ! Un dessin dynamique, qui suggère parfois, et qui fait la part belle à l’imagination – mais n’est-ce pas toute l’œuvre de Philippe Renaut et David Barou qui lui donne la parole ? L’histoire – ou les histoires donc – se lisent très bien, parfois ponctuées de citations (comme celles mises en exergue en quatrième de couverture). D’autres allusions donnent une touche comique, comme des jeux de mots faisant allusion au « Seigneur des anneaux », ou alors un personnage de savant qui s’énerve et parodie une célèbre crise du professeur Tournesol. Bref, un album à découvrir. Et dans la foulée, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur les autres productions des mêmes auteurs (comme le très beau Le Songe de Siwel ou l’étonnant Grumf), vous serez (agréablement) surpris !
Sur les ailes du monde, Audubon
Qui ne connait pas Audubon ? Levez le doigt ! Mais si vous connaissez ! Allez jeter un œil sur internet et vous verrez que dès la première planche de ses dessins d’oiseaux vous allez vous écrier « Ah mais ouiiiiiiii !!! ». On connait tous ses illustrations, par contre, le personnage, beaucoup moins. C’est ce que propose de réparer cet album très réussi de Fabien Grolleau (scénario) et Jérémie Royer (dessin). Car ce dessinateur aventurier hors pair, n’en a pas eu une vie non moins exaltante ! Car cet homme né en France et parti s’installer aux Etats-Unis a voulu répertorier et peindre TOUS les oiseaux d’Amérique. Et pour se faire, il s’est engagé dans des voyages remarquables ; une véritable vie d’aventurier face à l’immensité de la tâche et de la sauvage Amérique du début du XIXe siècle. C’est à partir des propres écrits d’Audubon que Fabien Grolleau va construire son histoire et nous dresser le portrait de cet idéaliste qui ne vivra que pour aller au bout de son obsession et de son rêve. Si le récit qui nous est livré est le fruit de son imagination, il est plus qu’inspiré pour dégager l’essence de ce que fut la vie de ce personnage hors du commun. Son amour pour la nature, les oiseaux bien sûr, les espaces et les voyages, transpire des presque 180 pages qui composent cet album. J’ai été complètement happé par cette histoire, tant par le côté épique de sa vie que par la force qui anime le personnage. Ajoutez à cela le magnifique dessin de Jérémie Royer qui a su donner tout l’élan et la vie nécessaire à ce personnage débordant d’énergie. Si son trait peut paraître simple au premier abord, surtout pour ce qui est des personnages, il est d’une très grande expressivité. Et c’est surtout les ambiances qu’il transpose que j’ai adoré. Ses lumières dans ses paysages sont tout simplement magnifiques sur certaines planches et nous font ressentir ce qu’Audubon devait percevoir face à cette nature si riche et imposante pour lui insuffler ce brin de folie et cette volonté qui le mèneront à la postérité. Un album magique et lumineux sur un illuminé têtu amoureux des oiseaux et des grands espaces.
Le Rapport de Brodeck
Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ? Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité. Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année. Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique ! Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point. L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc. La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !
La Suite de Skolem
Ayant lu la charte de la bédéthèque, je me signale en tant qu'ami, fan, et membre de Pirates Editions. Cher Sloane, pour le style rétro, il suffit de rencontrer Marek, cet être d'une autre planète, ou plutôt d'une autre époque ! Son dessin lui ressemble, classe, hors du temps, tourné vers l'émerveillement, la gentillesse incarnée. (Aux éditions Pirates, nous avons tous un badge, "I Kif Marek") Et ce classicisme est habilement compensé par l'intrigant scénario de J-françois Kierzkowski, dont on se demande à chaque page où il nous emmène ? Réponse(s) dans le second tome de ce diptyque, dont l'encre n'est pas encore tout à fait sèche (Sortie: Octobre 2016). Bonne lecture !
Bots
C’est pas révolutionnaire, ça sent même un peu le déjà vu mais c’est terriblement prenant. La raison ? Une narration pas prise de tête, bien chapitrée, très dynamique et légère malgré qu’elle soit tissée sur une matrice en mode conflit mondial entre bots et sur fond de dernier homme à protéger. Ca fight un peu mais, finalement, c’est le côté humain de la quête des bots qui prend le dessus. Le dessin n’est pas en reste avec une inspiration puisée dans les comics, le format et la pagination de l’album renforçant ce sentiment. C’est très coloré aussi, ce qui rend les planches plus gaies et qui, du coup, dédramatise la situation. Une petite pépite de chez Ankama à prix tout doux.
Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann est l'une de mes séries de science fiction préférées. Il aura fallu plus de vingt ans au perfectionniste François Bourgeon pour achever cette magnifique saga. J'ai découvert Cyann il y a plus de quinze ans quand seuls les deux premiers volumes étaient parus. Et ce fut une claque monumentale ! Les auteurs ont réussi à créer un univers remarquable... et néanmoins difficile d'accès. Le monde de Cyann est totalement exotique et d'une grande densité. L'action est rare au profit de la découverte de cette civilisation par le lecteur. Bourgeon soigne au maximum la mise en place de son histoire en détaillant le monde d'Ohl dans toute son incroyable complexité (faune, flore, religion, système politique, urbanisme, technologie, coutumes... et j'en passe tant c'est foisonnant). Certes on s'y perd un peu au début mais le scénario n'en est que plus passionnant au fur et mesure que le récit avance (et s'accélère notamment dans le deuxième volume). Les quatre tomes suivants, s'ils enrichissent davantage l'univers et achèvent la saga, ne sont pas tout à fait du même niveau que les deux premiers. Ils sont moins denses, moins riches, finalement peut être moins ambitieux. Cependant, je ne boude pas mon plaisir car ils restent tout de même très intéressants. Les personnages, nombreux, sont soignés et variés avec en point d'orgue Cyann qui, de petite peste aristocratique et capricieuse, va devenir une grande héroïne de space opera. Visuellement, c'est juste superbe ! Outre la qualité et le soin apportés aux dessins, c'est l'incroyable diversité de l'univers qui impressionne le plus. Le Cycle de Cyann est un monde unique à découvrir et une série majeure de la science fiction.
Kheops
Mais... Mais quelle belle surprise ! Je pensais qu'il s'agissait d'une série d'humour ayant pour cadre l'Egypte antique, à dominance gros nez, mais "Kheops", c'est plus que ça. En effet la trame de fond de l'histoire, à savoir la construction d'une pyramidependant le règne de Kheops, est le prétexte pour Augustin de distiller de nombreuses informations au sujet de cette société qui continue à fasciner et intriguer. d'ailleurs chaque gag est suivi par un "cartouche" comprenant des informations "véritables". C'est très bien vu, et permet d'être didactique tout en gardant l'esprit comique de l'histoire. Le dessin d'Augustin est donc assez typique de la BD franco-belge d'humour, mais il bénéficie d'une mise en scène dynamique et d'une mise en couleurs très agréable. L'ensemble vaut pour moi un 3,5/5,arrondi au demi supérieur en raison de l'adéquation habile entre gags et infos sérieuses.
Je ne suis pas un homme
Ce manga est une vraie claque ! Usamura Furuya adapte librement un roman de 1948 de Osamu Dazai. Il replace son histoire dans le Japon contemporain. Autant le préciser tout de suite, Je ne suis pas un homme est extrêmement dur. On assiste avec effroi à la déchéance inéluctable d'un jeune homme qui avait pourtant tout pour réussir et être heureux. Son désespoir et son incapacité à comprendre les autres et à tisser des liens sincères avec eux (les femmes notamment) vont progressivement le faire basculer. Narré d'une main de maître, le récit est aussi noir que passionnant. La plongée dans l'âme torturée de Yôzô Ôba est une vraie réussite. L'auteur a su rendre toute la complexité de la personnalité de son (anti)héros. Visuellement, c'est remarquable. Le trait réaliste de Furuya accentue le ton très sombre de l'histoire. Le choix de publier le manga en grand format permet une meilleure perception de la grande qualité graphique de l'ouvrage Je ne suis pas un homme est un manga dérangeant, intense et complexe, à découvrir de toute urgence.
A la recherche du monstre
Mon Dieu que c’est beau. Je commence rarement un avis en parlant du dessin, mais les planches de cet album m’ont vraiment émerveillé. Le dessin en noir et blanc est d’une précision remarquable et fourmillent de détails. Du travail d’orfèvre, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages alpins magnifiques. L’intrigue m’a aussi passionné, même si elle reste assez simple : deux aventuriers amateurs de créatures mythiques (Monstre du Loch Ness, Yeti etc.) se lancent à la recherche du Tatzelwurm, « créature légendaire du folklore de la chaîne des Alpes » (source). S’en suit une promenade champêtre dépaysante, et une fin… non, je vous laisse la découvrir ! Et puis l’Histoire avec un grand H rattrape nos protagonistes, avec la montée du nazisme. Une grande aventure revigorante, et une mise en image magistrale. Un coup de cœur en ce qui me concerne !