C'est le premier album de Jean Dytar que je lis. J'avais bien lu les très bonnes critiques concernant ses albums précédents mais sans avoir eu l'occasion de les lire. C'est donc chose faite avec celui-ci, et cet album semble confirmer tout le talent qu'on lui prête.
Attiré par cette magnifique couverture qui appelle au voyage je me suis donc laissé embarquer par le récit de Jacques, ce cartographe français parti se réfugier à Londres avec sa famille pour échapper aux purges religieuses de la St Barthélémy. On découvre un homme rangé, introverti, qui a même lâché sa passion pour se reconvertir dans le dessin de modèles de broderie pour les femmes de bonne société. Rien de bien folichon en somme... Mais son savoir faire passé va se rappeler à son bon souvenir par le biais d'un jeune noble anglais plein d'ambition qui aspire pour le bien de la couronne à retourner s'implanter aux Amériques et a donc besoin des connaissances de notre Jacques. Mais au désespoir de sa femme, celui-ci n'attend qu'une chose, oublier son premier voyage en Floride qui fut un échec retentissant et qui l'a traumatisé.
Malgré un dessin somme toute très simple on est rapidement happé par cette histoire, qui au travers d'un des grands moments de notre Histoire, aborde subtilement beaucoup de choses. Que ce soit les relations de couple, la place de la femme à cette époque, les non-dits et les secrets de famille ou encore la peur de l'inconnu et les grands voyages, Jean Dytar distille judicieusement ces questionnements au fil de son récit et nous accapare pleinement en déflorant au compte goutte le passé tumultueux de Jacques.
Un très bel album magnifiquement conduit qui m'a pleinement enthousiasmé !
Le meilleur manga de cet auteur que j'ai lu jusqu'à présent ! Je pensais tomber bêtement sur une histoire d'horreur sur un robot méchant, mais pour le moment l'horreur est peu présente dans ce manga.
Il y a des scènes horribles avec le robot, mais elles ne commencent que vers la fin du second tome et une bonne partie de l'histoire focalise sur le jeune Satoru qui est impressionné par le robot de l'usine de son père et qui va tomber amoureux d'une jeune fille qu'il croise lors d'une sortie scolaire. Les deux amoureux vont s'amuser avec le robot et lui apprend plein de choses et puis il se passe plein de choses et je veux pas en dire plus pour ne pas gâcher les surprises qu'il y a dans le scénario.
L'histoire est vraiment prenante et les personnages sont intéressants. Chaque tome fait environ 400 pages et j'ai lu les trois premiers tomes d'une traite tellement j'étais enthousiasmé par la série. L'auteur aborde plusieurs thèmes de manière intéressante. Comme il le fait souvent, l'auteur n'a pas peur de montrer les pires travers de l'être humaine et si pour le moment il est soft sur cette série, il y a tout de même certaines scènes qui risquent de choquer des lecteurs.
Alors pourquoi je ne recommande pas l'achat ? Parce que j'ai déjà été déçu par la fin d'un manga du même auteur et j'ai peur que la série finisse par déraper et qu'Umezu finisse par faire n'importe quoi et rende son scénario nul (déjà dans le troisième tome un chapitre entier m'a paru bizarre et j'espère que l'auteur va donner une bonne explication sur ce que j'ai trouvé bizarre). Donc je ne peux pas recommander la série avant qu'elle soit terminée et que je l'ai toute lue.
Alors allez l'emprunter à la bibliothèque si vous aimez les mangas un peu différents et que vous m'avez pas peur du dessin très rétro de l'auteur.
S’il y avait un seul nom d’auteur à retenir pour moi, cela serait bien celui de Jean Dytar. Ce qu’il nous propose cette fois-ci après Le Sourire des Marionnettes et surtout La Vision de Bacchus est tout simplement extraordinaire aussi bien sur le fond que sur la forme. Il a d’ailleurs passé 4 ans sur cette oeuvre et cela se sent. C’est ma bd gros coup de cœur avec un achat indispensable. Dire que l’auteur a progressé serait un doux euphémisme. Cela va bien au-delà. Cela frôle même le chef d’œuvre ! Je suis si rarement enthousiaste.
Florida est une pure merveille dans la manière où le récit est construit avec une certaine virtuosité. Cela part d’une relation entre Eléonore la rêveuse et Jacques le cartographe qui ont dû fuir la France à cause des persécutions menées contre les protestants à la fin du XVIème siècle. Ils ont eu raison de se réfugier à Londres alors que la terrible journée de la Saint-Barthélemy est encore dans toutes les mémoires. Faut-il aller plus loin et se réfugier dans des contrées encore vierge comme la Floride ? Est-ce véritablement le paradis tant vanté ?
C’est stratégique pour les autres nations européennes qui veulent contrebalancer la toute-puissance espagnole sur le continent américain. Il y a encore de la marge et notamment au Nord. Cependant, il faudra faire face non seulement aux éléments de la nature mais également aux indiens dont les tributs varient du pacifisme à la hache de guerre. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux politiques mais c’est expliqué de telle manière qu’on ne tombe pas dans le simplisme des situations.
C’est un récit qui est dense et riche mais l’immersion est totale dès le début. On est impressionné par le talent de l’auteur qui a sû si bien construire et mener son histoire. Par ailleurs, c’est un sujet qui est rarement évoqué et que l’on découvre avec un certain plaisir. Cette expédition est passionnante du tout au tout.
Comme l’auteur est complet, on a droit à une merveille au niveau du dessin même s’il est assez épuré. La couverture est véritablement magnifique avec ses couleurs tout en aquarelle. La sobriété mène à une parfaite lisibilité ce qui est le plus agréable. Somptueux sur la forme.
Florida est une œuvre qu’il faut absolument découvrir. C’est épique en plus d’être historique ainsi que d’une grande pureté émotionnelle. L’univers de la Floride à ses débuts n’aura plus aucun secret pour vous. Je dirai également que c’est également un véritable thriller psychologique qui nous conduit très très loin. Quand une œuvre est singulière, elle peut être également brillante. Bref, un immense électrochoc !
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
J'adore vraiment cette série. Je suis en train de la relire, et c'est toujours le même plaisir, donc note maximale pour moi.
Déjà, il faut remarquer que le livre en lui même est très agréable au toucher avec ses pages épaisses et son papier à grain, tout l'inverse d'un papier glacé, parfois gênant à lire à cause des reflets.
Je lis chaque tome, assez gros, en une ou deux fois, tellement je suis happé par l'histoire. La lecture est en effet très agréable, très fluide, le trait est simple mais efficace, avec des personnages très expressifs, notamment concernant leurs mimiques.
Tout cela permet de suivre, sur un rythme effréné, le quotidien souvent drôle, mais parfois tragique aussi, des protagonistes, dont la plupart sont très attachants (Riad et son père surtout).
Côté couleur, on a une tétrachromie qui n'est pas sans rappeler le drapeau Syrien: noir, blanc, vert, et rouge.
Surtout, la lecture permet un voyage temporel et spatial dans le moyen Orient et la France du début des années 80. On a donc ici un témoignage des plus précieux sur la vie et l'idéologie des syriens et des libyens. Cette tranche de vie est sans doute encore plus précieuse depuis la guerre qui a ravagé la Syrie.
A consommer sans modération.
Ouhhh la belle surprise que voilà ! Les auteurs de l'album Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret nous reviennent avec ce magnifique album très original qui m'a rappelé les beaux livres de conte de mon enfance.
Avec "Rat et les animaux moches" nous suivons le destin de Rat qui, ne supportant plus de se faire jeter de toutes les maisons malgré les efforts faits pour se faire accepter, finit par fuir. Il cherche longtemps de ville en ville et finit par arriver dans un drôle d'endroit où se sont en fait réfugié toutes les créatures les plus étranges, moches et qui font peur. Araignée, Phasme, Scutigère, Bousier, Ver, pieuvre, Lamproie... Toutes ces créatures ont fui à cause du dégoût et de la peur qu'elles inspirent. Rat va donc s'installer avec toute cette ménagerie et commencer à réfléchir. Car si ici on les laisse tranquille, ce n'est pas non plus ce à quoi elles aspirent. Rat va donc chercher pour chacun une place où ils pourront être utile et appréciés pour leur qualité ou leur savoir-faire.
C'est tout simplement magnifique, très poétique et on se laisse porter par cette histoire comme lorsque enfant, bien calé sous la couette, nous écoutions nos parents nous lire un belle histoire mais qui fait un peu peur quand même. Le dessin de Jérôme d'Aviau est juste parfait pour illustrer ce récit malin et intelligent de Sibylline. Tout le monde a le droit à sa place, et c'est dans le mélange et l'échange que se révèle le meilleur de chacun. Voilà un bestiaire savoureux, véritable petit conte philosophique emprunt de poésie à mettre dans toutes les mains !
Avec cet album aussi instructif que drôle et bien raconté, Marion Montaigne nous permet de découvrir de l'intérieur, avec beaucoup d'humour et plein de détails aussi intéressants que savoureux, la carrière d'astronaute de Thomas Pesquet.
Devenir astronaute a toujours été mon rêve de gosse, et je continue à le voir comme un but ultime si j'avais un jour la chance d'y parvenir (on en sait jamais, hein ?). Mais d'une part Thomas Pesquet nous apprend que ce n'est pas franchement de la chance mais surtout énormément de travail et de dévouement. Mais aussi et surtout il casse grandement le mythe. Car autant il y a du grandiose dans ce que vit un astronaute, autant c'est aussi visiblement souvent... dégradant. Car l'homme n'est naturellement pas fait, physiquement parlant, pour aller dans l'espace. Et du coup, la préparation, l'entrainement et le résultat une fois dans l'espace sont... nettement moins romantiques qu'on peut les imaginer ou que les films américains nous les dépeignent.
J'ai appris énormément de choses à la lecture de cet album. Le parcours long et difficile pour avoir l'honneur d'être choisi pour une mission spatiale. Les anecdotes et traditions parfois étranges et amusantes des agences spatiales de tous les pays. Ce que les astronautes doivent endurer pour de vrai et que leurs interviews souriantes ne nous montrent pas. Et moi qui croyais m'y connaitre pas si mal en matière de missions spatiales, j'en ai découvert des aspects qui ont changé la vision que j'en avais.
Par exemple, j'étais surpris d'apprendre les heures de préparation nécessaires avant de pouvoir réaliser une sortie EVA. Je n'en savais rien. Je pensais qu'il suffisait d'enfiler la combinaison et de passer par le sas. Et pourtant, quand Marion Montaigne et Thomas Pesquet nous expliquent pourquoi c'est si compliqué, ça parait évident et logique quand on y réfléchit.
Et des informations aussi intéressantes et surprenantes, cet album en est rempli.
En plus de cela, Marion Montaigne est une véritable professionnelle de l'humour. Elle parsème son récit d'une multitude de gags percutants, bien vus et très drôles. Elle a parfaitement assimilé les informations transmises par Thomas Pesquet et a su à chaque fois les présenter sous un regard truculent et bien trouvé. Cela ne dénature pas le côté instructif du récit tout en apportant en permanence une légèreté et un côté décalé qui font qu'on s'instruit avec un grand sourire et même pas mal de vrais bons rires.
C'est un excellent album que je conseille sans hésiter !
Qui n’a toujours pas lu La ferme des animaux de George Orwell ? Court roman devenu un classique dénonçant le stalinisme et de façon plus générale les régimes totalitaires au travers d’une fable animalière où ces derniers après avoir renversé les humains qui les exploitaient, devenaient à leur tour les despotes de leurs congénères, l’oppressé d’hier devenant ironiquement l’oppresseur de demain.
Très clairement Le Château des animaux ne renient pas cette influence orwellienne et ce jusqu’à son introduction très similaire à quelques détails près : pour une raison inconnue les humains du château sont partis, laissant les animaux présents sur place à leur libre destinée, ceux-ci ayant très vite basculé dans un régime tyrannique qui ne dit pas son nom, à moins qu’il en est été ainsi depuis le début. Au sein de ce microcosme bestial, c’est la loi du plus fort qui règne en réalité : l’égalité n’est même plus une utopie, le partage des richesses n’est qu’un leurre, les valeurs d’entraide un mirage, tandis que la terreur règne au sein de la basse-cour. La masse composée des frêles lapins, canards, poules, moutons et autres vertébrés dociles, est dispersée. Faibles individuellement, ces derniers ne se rendent pas compte qu’ensemble en unissant leur volonté, ils peuvent déplacer des montagnes et pourquoi pas, renverser le joug implacable de celui qui incarne l’autorité, le « Duce », le taureau Silvio, entouré qu’il est de ses sbires, les chiens de garde du système, et du coq collabo figure du « vox princeps ». L’étincelle rallumant la flamme de l’indépendance viendra t-elle de l’oie Adélaïde, voix de la colère, d’Azelar le rat vagabond et séditieux, ou bien de Miss B la chatte mère-courage ?
Une histoire prenante, bien que n’ayant parcouru pour le moment que 24 pages du récit, pleine de passions et de dramaturgie. C’est peut être là que se joue la différence avec la fiction d’Orwell car là où La Ferme... se « limitait » un peu à l’allégorie politique, Xavier Dorison la poule aux œufs d’or de la bd franco-belge, romance tout cela en y injectant des personnages bien campés, classiques dans leur genre mais néanmoins efficaces et attachants, du drama, un bon sens du rythme, ainsi qu’une tonalité réaliste et violente à ne pas mettre entre toutes les pattes. Pour illustrer cette rébellion, c’est vers un jeune espoir que s’est tourné Dorison, en la personne de Félix Delep. Inconnu au bataillon, ce jeune artiste n’est pas pour autant un lapin de six semaines tant ses dessins impressionnent sur tous les aspects par leur maturité et la maîtrise qu’il s’en dégage. Un trait semi-réaliste absolument nickel, dans la lignée des maîtres de l’anthropomorphisme que sont Juanjo Guarnido (Blacksad) ou Willem (L'Épée d'Ardenois) à la différence que les animaux d’ici n’ont pas une morphologie humaine, se sont juste des animaux à 2 ou 4 pattes capables de communiquer entre eux et d’interagir avec les éléments du décor. Le travail à la couleur directe façon aquarelle, le soin apporté aux décors, des cadrages alternant les différentes prises de vue, sans oublier le format gazette en 29,7 x 41,8 cm qui en met plein les mirettes, viennent parachever la bonne impression d’ensemble. Une vraie réussite pour le peu qu’on puisse en juger.
« Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas ».
George Orwell.
Le graphisme et les décors ont éveillé ma curiosité, le 4e de couverture a fait le reste !
Chauvel, qui n’est pas un inconnu, propose un récit à la fois insolite et déroutant. L'environnement n'est pas daté mais il est clairement d’inspiration moyenâgeuse avec des incrustations d’éléments de HF et SF mélangés comme en témoignent la présence d’un robot (Trois-Trois), d’un drôle d’animal (Doubie), de dragons et de loups cracheurs de feu. Le rythme est lent mais pas soporifique. Chauvel place le lecteur au plus près des protagonistes. On a l’étrange sensation de faire partie du groupe, de vivre avec eux, de ressentir leurs peurs. Le final est clairement inattendu et permet de mieux comprendre les épreuves vécues par les deux orphelins ainsi que la présence de ce patchwork d’influences variées.
Kosakowski , dont c’est le premier album, propose un trait brut mais travaillé et lisible. On y sent certaines influences des comics. Après coup, à voir où vit notre dessinateur, je comprends mieux cette influence ressentie. Mention particulière aussi à Lou, le coloriste, pour ce travail difficile réalisé avec les décors neigeux.
Un bel album traitant d’un sujet dur et malheureusement intemporel.
Résumer "Il faut flinguer Ramirez" à Tarantino, Peckinpah (dont le titre fait écho à Alfredo Garcia) ou Rodriguez comme l'annonce fièrement Glénat serait une erreur...
Résumer l'oeuvre de Nicolas Pétrimaux à un revival des eighties à la mode Néon Rétro en serait une également...
Car si Ramirez puise autant dans les références passées, c'est davantage dans l'humour nonsensique d'un Fabcaro qu'il faudrait regarder en y ajoutant un soupçon de Tom et Jerry pour les courses poursuites haletantes.
"Il faut flinguer Ramirez" n'est ni plus ni moins qu'un gros coup de coeur, précisément la pépite sortie de nulle part en cette fin de semestre 2018 tant elle cumule les références classiques des mondes évoqués plus haut pour s'achever (provisoirement) sur un ovni fun et rafraichissant tout à fait original.
Cette traque par la mafia mexicaine d'un réparateur d'aspirateur au visage "particulier" et aussi bavard que Bernardo dans Zorro n'est qu'un prétexte pour dessiner des ambiances veloutées à la Miami Vice pour les quadras ou GTA Vice City pour les trentenaires avec une mise en scène rythmée qui n'aurait rien à envier aux autres média du grand comme du petit écran.
S'appropriant les codes en rigueur de cette époque pour mieux se les réapproprier (Coucou la Renault 5), Pétrimaux ne livre ni plus ni moins qu'un divertissement intelligent en se jouant la plupart du temps des clichés même si on n'évite pas un cast féminin sexy et bad ass.
Non il ne faut pas flinguer Ramirez car ce petit bonhomme muet et doué possède de quoi divertir longtemps le lecteur en attente d'autres titres aussi funs et mis en scène.
L'objectif de satisfaction est coché à toutes les catégories, fun, dessin, scénario, action et humour sans céder aux facilités gore, cul, vulgarité.... Monsieur Pétrimaux nous vous tirons notre chapeau.
La sauce Mickey par Keramidas et Trondheim n'ayant visiblement pas pris, les auteurs ne se sont pas découragés et offrent une suite ou relecture de leurs délires avec cette fois Donald en personnage principal.
Rappelons que la principale originalité de Mickey's Craziest Adventures subsistait en ce procédé génial de livrer une histoire incomplète volontairement et d'utiliser les ellipses dans un but hautement culotté mais humoristique réussi selon moi qui le considère encore 2 ans après comme un énorme coup de coeur.
On prend les mêmes et on recommence ? Pas exactement cette fois car l'histoire est "complète" et le trait de Keramidas semble plus bâclé et moins travaillé que sur le précèdent opus curieusement.
Les pages gardent un look délicieusement vintage et abimé avec moult tâches et/ou erreurs grossières et volontaires d'impression.
La recherche du Bonheur par Donald pour le compte de l'Oncle Picsou est une trouvaille toute Trondheimienne avec de jolis gags absurdes dans un pays despote à 1000 lieues des univers Disney classiques.
Livrant parfois une réflexion pertinente sur la valeur de la vie, Donald va ouvrir la Boite de Pandore tout en rencontrant les personnages habituels de la série.
Peut être moins inventif dans le concept beaucoup plus linéaire que pour Mickey Craziest Adventures mais toujours drôle et rythmé, cette aventure réjouira les fans du précèdent opus et donnera paradoxalement du grain à moudre à ses détracteurs en argumentant que Trondheim a fait le tour de sa vision de Mickey et Donald et en ce sens ils n'ont peut être pas forcément tort.
Au demeurant un très joli diptyque et malgré un dessin moins léché, un chouette coup de coeur amplement mérité pour les amateurs de l'humour subtil de Trondheim.
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Florida
C'est le premier album de Jean Dytar que je lis. J'avais bien lu les très bonnes critiques concernant ses albums précédents mais sans avoir eu l'occasion de les lire. C'est donc chose faite avec celui-ci, et cet album semble confirmer tout le talent qu'on lui prête. Attiré par cette magnifique couverture qui appelle au voyage je me suis donc laissé embarquer par le récit de Jacques, ce cartographe français parti se réfugier à Londres avec sa famille pour échapper aux purges religieuses de la St Barthélémy. On découvre un homme rangé, introverti, qui a même lâché sa passion pour se reconvertir dans le dessin de modèles de broderie pour les femmes de bonne société. Rien de bien folichon en somme... Mais son savoir faire passé va se rappeler à son bon souvenir par le biais d'un jeune noble anglais plein d'ambition qui aspire pour le bien de la couronne à retourner s'implanter aux Amériques et a donc besoin des connaissances de notre Jacques. Mais au désespoir de sa femme, celui-ci n'attend qu'une chose, oublier son premier voyage en Floride qui fut un échec retentissant et qui l'a traumatisé. Malgré un dessin somme toute très simple on est rapidement happé par cette histoire, qui au travers d'un des grands moments de notre Histoire, aborde subtilement beaucoup de choses. Que ce soit les relations de couple, la place de la femme à cette époque, les non-dits et les secrets de famille ou encore la peur de l'inconnu et les grands voyages, Jean Dytar distille judicieusement ces questionnements au fil de son récit et nous accapare pleinement en déflorant au compte goutte le passé tumultueux de Jacques. Un très bel album magnifiquement conduit qui m'a pleinement enthousiasmé !
Je suis Shingo
Le meilleur manga de cet auteur que j'ai lu jusqu'à présent ! Je pensais tomber bêtement sur une histoire d'horreur sur un robot méchant, mais pour le moment l'horreur est peu présente dans ce manga. Il y a des scènes horribles avec le robot, mais elles ne commencent que vers la fin du second tome et une bonne partie de l'histoire focalise sur le jeune Satoru qui est impressionné par le robot de l'usine de son père et qui va tomber amoureux d'une jeune fille qu'il croise lors d'une sortie scolaire. Les deux amoureux vont s'amuser avec le robot et lui apprend plein de choses et puis il se passe plein de choses et je veux pas en dire plus pour ne pas gâcher les surprises qu'il y a dans le scénario. L'histoire est vraiment prenante et les personnages sont intéressants. Chaque tome fait environ 400 pages et j'ai lu les trois premiers tomes d'une traite tellement j'étais enthousiasmé par la série. L'auteur aborde plusieurs thèmes de manière intéressante. Comme il le fait souvent, l'auteur n'a pas peur de montrer les pires travers de l'être humaine et si pour le moment il est soft sur cette série, il y a tout de même certaines scènes qui risquent de choquer des lecteurs. Alors pourquoi je ne recommande pas l'achat ? Parce que j'ai déjà été déçu par la fin d'un manga du même auteur et j'ai peur que la série finisse par déraper et qu'Umezu finisse par faire n'importe quoi et rende son scénario nul (déjà dans le troisième tome un chapitre entier m'a paru bizarre et j'espère que l'auteur va donner une bonne explication sur ce que j'ai trouvé bizarre). Donc je ne peux pas recommander la série avant qu'elle soit terminée et que je l'ai toute lue. Alors allez l'emprunter à la bibliothèque si vous aimez les mangas un peu différents et que vous m'avez pas peur du dessin très rétro de l'auteur.
Florida
S’il y avait un seul nom d’auteur à retenir pour moi, cela serait bien celui de Jean Dytar. Ce qu’il nous propose cette fois-ci après Le Sourire des Marionnettes et surtout La Vision de Bacchus est tout simplement extraordinaire aussi bien sur le fond que sur la forme. Il a d’ailleurs passé 4 ans sur cette oeuvre et cela se sent. C’est ma bd gros coup de cœur avec un achat indispensable. Dire que l’auteur a progressé serait un doux euphémisme. Cela va bien au-delà. Cela frôle même le chef d’œuvre ! Je suis si rarement enthousiaste. Florida est une pure merveille dans la manière où le récit est construit avec une certaine virtuosité. Cela part d’une relation entre Eléonore la rêveuse et Jacques le cartographe qui ont dû fuir la France à cause des persécutions menées contre les protestants à la fin du XVIème siècle. Ils ont eu raison de se réfugier à Londres alors que la terrible journée de la Saint-Barthélemy est encore dans toutes les mémoires. Faut-il aller plus loin et se réfugier dans des contrées encore vierge comme la Floride ? Est-ce véritablement le paradis tant vanté ? C’est stratégique pour les autres nations européennes qui veulent contrebalancer la toute-puissance espagnole sur le continent américain. Il y a encore de la marge et notamment au Nord. Cependant, il faudra faire face non seulement aux éléments de la nature mais également aux indiens dont les tributs varient du pacifisme à la hache de guerre. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux politiques mais c’est expliqué de telle manière qu’on ne tombe pas dans le simplisme des situations. C’est un récit qui est dense et riche mais l’immersion est totale dès le début. On est impressionné par le talent de l’auteur qui a sû si bien construire et mener son histoire. Par ailleurs, c’est un sujet qui est rarement évoqué et que l’on découvre avec un certain plaisir. Cette expédition est passionnante du tout au tout. Comme l’auteur est complet, on a droit à une merveille au niveau du dessin même s’il est assez épuré. La couverture est véritablement magnifique avec ses couleurs tout en aquarelle. La sobriété mène à une parfaite lisibilité ce qui est le plus agréable. Somptueux sur la forme. Florida est une œuvre qu’il faut absolument découvrir. C’est épique en plus d’être historique ainsi que d’une grande pureté émotionnelle. L’univers de la Floride à ses débuts n’aura plus aucun secret pour vous. Je dirai également que c’est également un véritable thriller psychologique qui nous conduit très très loin. Quand une œuvre est singulière, elle peut être également brillante. Bref, un immense électrochoc ! Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
L'Arabe du futur
J'adore vraiment cette série. Je suis en train de la relire, et c'est toujours le même plaisir, donc note maximale pour moi. Déjà, il faut remarquer que le livre en lui même est très agréable au toucher avec ses pages épaisses et son papier à grain, tout l'inverse d'un papier glacé, parfois gênant à lire à cause des reflets. Je lis chaque tome, assez gros, en une ou deux fois, tellement je suis happé par l'histoire. La lecture est en effet très agréable, très fluide, le trait est simple mais efficace, avec des personnages très expressifs, notamment concernant leurs mimiques. Tout cela permet de suivre, sur un rythme effréné, le quotidien souvent drôle, mais parfois tragique aussi, des protagonistes, dont la plupart sont très attachants (Riad et son père surtout). Côté couleur, on a une tétrachromie qui n'est pas sans rappeler le drapeau Syrien: noir, blanc, vert, et rouge. Surtout, la lecture permet un voyage temporel et spatial dans le moyen Orient et la France du début des années 80. On a donc ici un témoignage des plus précieux sur la vie et l'idéologie des syriens et des libyens. Cette tranche de vie est sans doute encore plus précieuse depuis la guerre qui a ravagé la Syrie. A consommer sans modération.
Rat et les animaux moches
Ouhhh la belle surprise que voilà ! Les auteurs de l'album Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret nous reviennent avec ce magnifique album très original qui m'a rappelé les beaux livres de conte de mon enfance. Avec "Rat et les animaux moches" nous suivons le destin de Rat qui, ne supportant plus de se faire jeter de toutes les maisons malgré les efforts faits pour se faire accepter, finit par fuir. Il cherche longtemps de ville en ville et finit par arriver dans un drôle d'endroit où se sont en fait réfugié toutes les créatures les plus étranges, moches et qui font peur. Araignée, Phasme, Scutigère, Bousier, Ver, pieuvre, Lamproie... Toutes ces créatures ont fui à cause du dégoût et de la peur qu'elles inspirent. Rat va donc s'installer avec toute cette ménagerie et commencer à réfléchir. Car si ici on les laisse tranquille, ce n'est pas non plus ce à quoi elles aspirent. Rat va donc chercher pour chacun une place où ils pourront être utile et appréciés pour leur qualité ou leur savoir-faire. C'est tout simplement magnifique, très poétique et on se laisse porter par cette histoire comme lorsque enfant, bien calé sous la couette, nous écoutions nos parents nous lire un belle histoire mais qui fait un peu peur quand même. Le dessin de Jérôme d'Aviau est juste parfait pour illustrer ce récit malin et intelligent de Sibylline. Tout le monde a le droit à sa place, et c'est dans le mélange et l'échange que se révèle le meilleur de chacun. Voilà un bestiaire savoureux, véritable petit conte philosophique emprunt de poésie à mettre dans toutes les mains !
Dans la combi de Thomas Pesquet
Avec cet album aussi instructif que drôle et bien raconté, Marion Montaigne nous permet de découvrir de l'intérieur, avec beaucoup d'humour et plein de détails aussi intéressants que savoureux, la carrière d'astronaute de Thomas Pesquet. Devenir astronaute a toujours été mon rêve de gosse, et je continue à le voir comme un but ultime si j'avais un jour la chance d'y parvenir (on en sait jamais, hein ?). Mais d'une part Thomas Pesquet nous apprend que ce n'est pas franchement de la chance mais surtout énormément de travail et de dévouement. Mais aussi et surtout il casse grandement le mythe. Car autant il y a du grandiose dans ce que vit un astronaute, autant c'est aussi visiblement souvent... dégradant. Car l'homme n'est naturellement pas fait, physiquement parlant, pour aller dans l'espace. Et du coup, la préparation, l'entrainement et le résultat une fois dans l'espace sont... nettement moins romantiques qu'on peut les imaginer ou que les films américains nous les dépeignent. J'ai appris énormément de choses à la lecture de cet album. Le parcours long et difficile pour avoir l'honneur d'être choisi pour une mission spatiale. Les anecdotes et traditions parfois étranges et amusantes des agences spatiales de tous les pays. Ce que les astronautes doivent endurer pour de vrai et que leurs interviews souriantes ne nous montrent pas. Et moi qui croyais m'y connaitre pas si mal en matière de missions spatiales, j'en ai découvert des aspects qui ont changé la vision que j'en avais. Par exemple, j'étais surpris d'apprendre les heures de préparation nécessaires avant de pouvoir réaliser une sortie EVA. Je n'en savais rien. Je pensais qu'il suffisait d'enfiler la combinaison et de passer par le sas. Et pourtant, quand Marion Montaigne et Thomas Pesquet nous expliquent pourquoi c'est si compliqué, ça parait évident et logique quand on y réfléchit. Et des informations aussi intéressantes et surprenantes, cet album en est rempli. En plus de cela, Marion Montaigne est une véritable professionnelle de l'humour. Elle parsème son récit d'une multitude de gags percutants, bien vus et très drôles. Elle a parfaitement assimilé les informations transmises par Thomas Pesquet et a su à chaque fois les présenter sous un regard truculent et bien trouvé. Cela ne dénature pas le côté instructif du récit tout en apportant en permanence une légèreté et un côté décalé qui font qu'on s'instruit avec un grand sourire et même pas mal de vrais bons rires. C'est un excellent album que je conseille sans hésiter !
Le Château des Animaux
Qui n’a toujours pas lu La ferme des animaux de George Orwell ? Court roman devenu un classique dénonçant le stalinisme et de façon plus générale les régimes totalitaires au travers d’une fable animalière où ces derniers après avoir renversé les humains qui les exploitaient, devenaient à leur tour les despotes de leurs congénères, l’oppressé d’hier devenant ironiquement l’oppresseur de demain. Très clairement Le Château des animaux ne renient pas cette influence orwellienne et ce jusqu’à son introduction très similaire à quelques détails près : pour une raison inconnue les humains du château sont partis, laissant les animaux présents sur place à leur libre destinée, ceux-ci ayant très vite basculé dans un régime tyrannique qui ne dit pas son nom, à moins qu’il en est été ainsi depuis le début. Au sein de ce microcosme bestial, c’est la loi du plus fort qui règne en réalité : l’égalité n’est même plus une utopie, le partage des richesses n’est qu’un leurre, les valeurs d’entraide un mirage, tandis que la terreur règne au sein de la basse-cour. La masse composée des frêles lapins, canards, poules, moutons et autres vertébrés dociles, est dispersée. Faibles individuellement, ces derniers ne se rendent pas compte qu’ensemble en unissant leur volonté, ils peuvent déplacer des montagnes et pourquoi pas, renverser le joug implacable de celui qui incarne l’autorité, le « Duce », le taureau Silvio, entouré qu’il est de ses sbires, les chiens de garde du système, et du coq collabo figure du « vox princeps ». L’étincelle rallumant la flamme de l’indépendance viendra t-elle de l’oie Adélaïde, voix de la colère, d’Azelar le rat vagabond et séditieux, ou bien de Miss B la chatte mère-courage ? Une histoire prenante, bien que n’ayant parcouru pour le moment que 24 pages du récit, pleine de passions et de dramaturgie. C’est peut être là que se joue la différence avec la fiction d’Orwell car là où La Ferme... se « limitait » un peu à l’allégorie politique, Xavier Dorison la poule aux œufs d’or de la bd franco-belge, romance tout cela en y injectant des personnages bien campés, classiques dans leur genre mais néanmoins efficaces et attachants, du drama, un bon sens du rythme, ainsi qu’une tonalité réaliste et violente à ne pas mettre entre toutes les pattes. Pour illustrer cette rébellion, c’est vers un jeune espoir que s’est tourné Dorison, en la personne de Félix Delep. Inconnu au bataillon, ce jeune artiste n’est pas pour autant un lapin de six semaines tant ses dessins impressionnent sur tous les aspects par leur maturité et la maîtrise qu’il s’en dégage. Un trait semi-réaliste absolument nickel, dans la lignée des maîtres de l’anthropomorphisme que sont Juanjo Guarnido (Blacksad) ou Willem (L'Épée d'Ardenois) à la différence que les animaux d’ici n’ont pas une morphologie humaine, se sont juste des animaux à 2 ou 4 pattes capables de communiquer entre eux et d’interagir avec les éléments du décor. Le travail à la couleur directe façon aquarelle, le soin apporté aux décors, des cadrages alternant les différentes prises de vue, sans oublier le format gazette en 29,7 x 41,8 cm qui en met plein les mirettes, viennent parachever la bonne impression d’ensemble. Une vraie réussite pour le peu qu’on puisse en juger. « Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas ». George Orwell.
La Route de Tibilissi
Le graphisme et les décors ont éveillé ma curiosité, le 4e de couverture a fait le reste ! Chauvel, qui n’est pas un inconnu, propose un récit à la fois insolite et déroutant. L'environnement n'est pas daté mais il est clairement d’inspiration moyenâgeuse avec des incrustations d’éléments de HF et SF mélangés comme en témoignent la présence d’un robot (Trois-Trois), d’un drôle d’animal (Doubie), de dragons et de loups cracheurs de feu. Le rythme est lent mais pas soporifique. Chauvel place le lecteur au plus près des protagonistes. On a l’étrange sensation de faire partie du groupe, de vivre avec eux, de ressentir leurs peurs. Le final est clairement inattendu et permet de mieux comprendre les épreuves vécues par les deux orphelins ainsi que la présence de ce patchwork d’influences variées. Kosakowski , dont c’est le premier album, propose un trait brut mais travaillé et lisible. On y sent certaines influences des comics. Après coup, à voir où vit notre dessinateur, je comprends mieux cette influence ressentie. Mention particulière aussi à Lou, le coloriste, pour ce travail difficile réalisé avec les décors neigeux. Un bel album traitant d’un sujet dur et malheureusement intemporel.
Il faut flinguer Ramirez
Résumer "Il faut flinguer Ramirez" à Tarantino, Peckinpah (dont le titre fait écho à Alfredo Garcia) ou Rodriguez comme l'annonce fièrement Glénat serait une erreur... Résumer l'oeuvre de Nicolas Pétrimaux à un revival des eighties à la mode Néon Rétro en serait une également... Car si Ramirez puise autant dans les références passées, c'est davantage dans l'humour nonsensique d'un Fabcaro qu'il faudrait regarder en y ajoutant un soupçon de Tom et Jerry pour les courses poursuites haletantes. "Il faut flinguer Ramirez" n'est ni plus ni moins qu'un gros coup de coeur, précisément la pépite sortie de nulle part en cette fin de semestre 2018 tant elle cumule les références classiques des mondes évoqués plus haut pour s'achever (provisoirement) sur un ovni fun et rafraichissant tout à fait original. Cette traque par la mafia mexicaine d'un réparateur d'aspirateur au visage "particulier" et aussi bavard que Bernardo dans Zorro n'est qu'un prétexte pour dessiner des ambiances veloutées à la Miami Vice pour les quadras ou GTA Vice City pour les trentenaires avec une mise en scène rythmée qui n'aurait rien à envier aux autres média du grand comme du petit écran. S'appropriant les codes en rigueur de cette époque pour mieux se les réapproprier (Coucou la Renault 5), Pétrimaux ne livre ni plus ni moins qu'un divertissement intelligent en se jouant la plupart du temps des clichés même si on n'évite pas un cast féminin sexy et bad ass. Non il ne faut pas flinguer Ramirez car ce petit bonhomme muet et doué possède de quoi divertir longtemps le lecteur en attente d'autres titres aussi funs et mis en scène. L'objectif de satisfaction est coché à toutes les catégories, fun, dessin, scénario, action et humour sans céder aux facilités gore, cul, vulgarité.... Monsieur Pétrimaux nous vous tirons notre chapeau.
Donald's Happiest Adventures
La sauce Mickey par Keramidas et Trondheim n'ayant visiblement pas pris, les auteurs ne se sont pas découragés et offrent une suite ou relecture de leurs délires avec cette fois Donald en personnage principal. Rappelons que la principale originalité de Mickey's Craziest Adventures subsistait en ce procédé génial de livrer une histoire incomplète volontairement et d'utiliser les ellipses dans un but hautement culotté mais humoristique réussi selon moi qui le considère encore 2 ans après comme un énorme coup de coeur. On prend les mêmes et on recommence ? Pas exactement cette fois car l'histoire est "complète" et le trait de Keramidas semble plus bâclé et moins travaillé que sur le précèdent opus curieusement. Les pages gardent un look délicieusement vintage et abimé avec moult tâches et/ou erreurs grossières et volontaires d'impression. La recherche du Bonheur par Donald pour le compte de l'Oncle Picsou est une trouvaille toute Trondheimienne avec de jolis gags absurdes dans un pays despote à 1000 lieues des univers Disney classiques. Livrant parfois une réflexion pertinente sur la valeur de la vie, Donald va ouvrir la Boite de Pandore tout en rencontrant les personnages habituels de la série. Peut être moins inventif dans le concept beaucoup plus linéaire que pour Mickey Craziest Adventures mais toujours drôle et rythmé, cette aventure réjouira les fans du précèdent opus et donnera paradoxalement du grain à moudre à ses détracteurs en argumentant que Trondheim a fait le tour de sa vision de Mickey et Donald et en ce sens ils n'ont peut être pas forcément tort. Au demeurant un très joli diptyque et malgré un dessin moins léché, un chouette coup de coeur amplement mérité pour les amateurs de l'humour subtil de Trondheim.