Je me range aux avis positifs, cette bd m’a fait pleurer pendant une moitié de la lecture, mais la fin n’est pas triste heureusement .
La couverture ne donne sans doute pas envie et je crois que j’avais noté cette bd en cherchant des recommandations d’Angoulême.
Elle raconte la maladie neurologique de l’autrice, sa chute puis sa remontée.
Le fait qu’elle soit dessinatrice et qu’elle ait ajouté des dessins faits pendant les années où elle était jeune et malade ajoute énormément, ça va paraître dingue mais certains à mes yeux sont aussi beaux que des Picasso.
Pour un public adulte, ne passez pas à côté, ça vaut le coup d’être découvert.
Celui là je le mets en coup de cœur,
Je l’ai découvert complètement par hasard en lisant un livre de Caroline fourest.
L’histoire présente de manière simple l’histoire d’une adolescente qui a refusé de laisser sa place dans un bus pendant la ségrégation, mais tombée dans l’oubli.
Le dessin des personnages est simple et ressemble à celui d’une dessinatrice à la mode, Leslie plee, mais avec les immeubles et boutiques dessinés avec plus de détails ainsi que des choix parcimonieux de couleurs, je trouve que ça donne un bel effet.
Ça prend au cœur comme les histoires d’injustice évidement.
C’est au rayon jeunesse de ma bibliothèque mais je n’hésiterai pas à le prêter à des adultes pendant la pause café.
Je viens de me rendre compte que je n'avais pas avisé cette BD.
Pour avoir mon avis je vous renvoie à celui de Spooky ci-dessous que je rejoins à 100%.
Je précise juste que j'ai eu la chance de rencontrer Anne-Perrine Couët sur un festival est qu'elle est très sympathique et disserte sur sa BD et tout le travail que cela lui a demandé
Découvert il y a quelques années sur le stand de Sarbacane à Angoulême, j'avais acheté les 3 tomes sortis pour la médiathèque où je travaille, mais je n'avais jamais pris le temps d'aviser la série.
Je répare donc cet oubli, car cette série vaut plus que le détour ! Truffée de références littéraires se rapportant au Voyage et à l'Aventure, "Le chasseur de Rêves" ravira sans aucun doutes petits et grands ! C'est drôle, poétique, plein d'énergie et traversé par un souffle épique tout en jouant avec les personnages ou les oeuvres classiques du genre. Que ce soit Jules Verne, Cervantes, Lewis Caroll ou les 1001 nuits, Martin Desbat s'amuse à distiller intelligemment des références et des personnages de ces oeuvres au fil de ses histoires loufoques. Notre chasseur un peu bêta pourra toujours compter sur son serviteur dévoué tout en croisant le chapelier fou, Pinocchio, le baron de Münchhausen ou encore le capitaine Achab. N'oublions pas la talentueuse brochette de trophées qui trône dans la maison de notre chasseur, complice de son serviteur, qui nous réserve quelques fous rires pas piqués des hannetons.
Tout cela nous est servi par un dessin dynamique, moderne qui colle parfaitement à cet univers onirique dédié à l'Aventure.
Bref, une TRÈS bonne série jeunesse, mais qui par ses références et ses subtilités saura combler les plus grands de très belle manière
Le format de cette BD est hybride : on a des gags en fin de pages, mais pas de rupture entre celles-ci. L'ensemble forme en effet une longue histoire, découpée en plusieurs séquences, présentées dans un ordre chronologique.
Le ton est franchement absurde, décalé, ça ressemble à du Fabcaro, référence assumée par l'éditeur, et ça ne peut que me plaire, car c'est plutôt réussi la plupart du temps. Ainsi une tête naturalisée (ou construite) de lion dans les toilettes occasionne un rêve de combat homérique entre le photographe et le fauve. Ainsi des mannequins utilisés pour un shooting se voient affublés de toute une histoire, et ainsi de suite. C'est mature, et je valide.
Le style graphique de Simon Roure est assez particulier, les personnages sont à dessein un peu déformés, mais totalement inexpressifs, permettant au lectorat de se concentrer sur les dialogues qui sont assez drôles. j'ai bien aimé le gag répétitif au sujet du prénom de Dimitri. Non Joakim. Ah c'est quoi son prénom déjà ?
bref, même si ça se lit assez vite, il y a tout de même 80 pages. Je recommande si vous aimez l'humour absurde.
J'avais quitté Nicolas Wild en compagnie des femmes battues de Seine-saint-Denis (voir À la Maison des femmes) pour le retrouver dans un autre exercice aussi périlleux.
Il ne faut pas s'y tromper: son carnet graphique n'est qu'une couverture pour un reportage journalistique sur la situation et le moral d'une partie de la population russe depuis le début de "l'opération spéciale" en Ukraine.
Cette sémantique m'a immédiatement renvoyé à une autre formulation très célèbre d"opération de mantien de l'ordre " (ou de "pacification")utilisée alors par des gouvernements qui se cachaient derrière les mots.
J'ai été happé par le déroulé des rencontres (risquées) de Nicolas Wild. Ses rencontres sont très variées et représentent un panel éclectique de la population russe. Bien sûr l'auteur donne la parole à nombre d'opposants à Poutine et à la guerre mais pas seulement.
Ce n'est d'ailleurs pas un sondage représentatif mais une série d'analyses raisonnées ou émotionnelles qui traduit l'esprit de la population bien mieux que ce que j'avais pu lire ou entendre jusque là.
Wild ne se borne pas à la guerre en Ukraine mais laisse ses interlocuteurs revenir sur des événements traumatisants pour le peuple russe comme la guerre en Afghanistan ou l'éclatement de l'URSS en 1991. Wild montre aussi que la Russie de Poutine n'est pas aussi isolée que cela et qu'une partie importante de la population vénère l'image militariste qu'incarne leur homme fort.
Un ouvrage de Wild ne serait pas complet sans quelques traits d'humour souvent dans l'autodérision. Ici c'est assez rare ce qui souligne le poid des mots qui peuvent coûter plusieurs années de prisons.
J'ai trouvé que le graphisme de Wild avait atteint une maturité encore inédite. C'est surtout vrai dans le soin apporté aux détails des décors et des extérieurs qui sont nombreux dans l'ouvrage.
Les personnages sont toujours aussi expressifs et Wild se met en scène de façon juste laissant à ses interlocuteurs le centre de l'attention du lecteur.
Une excellente lecture pour un ouvrage de référence à mon avis sur une situation qui nous concerne au premier chef.
J'ai passé un très bon moment de lecture avec cette série et mes filles aussi. Il y a vraiment tout pour plaire de l'humour, de l'aventure et un dessin coloré et expressif qui sied parfaitement à l'histoire. Une BD que je recommande chaudement.
Béa Wolf ?
Beowulf adapté pour les enfants, une saga épique qui garde toute la poésie du texte original mais qui se construit sur un second degré espiègle, une fable sur la perte de l'innocence, sur la gravité des jeux d'enfants. Boulet au dessin dans un style que n'aurait pas renié Tim Burton.
Rahhh, mais c'est tellement réducteur de limiter cet album à cela !
Béa Wolf, c'est très drôle.
Béa Wolf, c'est dramatique.
Béa Wolf, c'est l'intelligence de l'enfance, c'est la désinvolture de l'insouciance face à la grisaille de l'adulte.
Béa Wolf, c'est la musicalité de la langue, c'est une porte ouverte à grands coups de sandales vertes à paillettes vers la poésie et la culture.
Béa Wolf, c'est la douceur d'un pyjama en pilou et la rage d'un enfant capricieux.
Béa Wolf, c'est la beauté de l'enfance dans ce qu'elle a de plus horripilant.
Béa Wolf, c'est à essayer, que vous soyez encore enfant ou déjà adulte.
Pour ma part, c'est un énorme coup de cœur !
PS : gros coup de chapeau à Aude Pasquier pour la traduction !
PPS : la postface vaut la peine d'être lue car le scénariste y explique d'une manière totalement adaptée pour les enfants la genèse du projet et les liens tant scénaristiques que stylistiques qui unissent Béa Wolf et Beowulf.
PPPS : les dialogues sont rares dans cette bande dessinée et la voix off omniprésente, ce fait couplé aux nombreuses grandes illustrations lui donne des faux airs de livre illustré. Si vous n'aimez pas ce genre, vous risquez d'être déçus.
Ben ça alors, quelle pépite, merci à Jetjet de l’avoir postée sur le site !
« Blue » est un « comix indé » pure souche, mais provenant d’Australie, pas des USA. Le ton est pourtant similaire : irrévérence linguistique (les jurons abondent), thèmes sociaux (le racisme, les difficultés de l’adolescence, le déclin de l’usine locale, l’arrivée de migrants à la peau bleue) et la narration et la mise en image innovent beaucoup. Les planches fourmillent de détails que j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer, et j’ai beaucoup aimé le vocabulaire et dialecte australien (j’ai lu la VO), à peine déchiffrable même pour le bilingue que je suis.
Vraiment, j’ai passé un excellent moment de lecture. Un album que je recommande chaudement !
Eh ben dis donc, je ne pensais pas qu'une collection de BD érotique dépasserait dans mon cœur les éditions Tabou, mais là, franchement, la collection Porn'Pop est en passe de le faire ! Après trois ouvrages de la collection (et encore deux qui doivent arriver) je suis subjugué par l'incroyable talent dont la collection fait catalogue.
Si je ne connaissais aucun des noms présentés ici, je les ai désormais bien en vue pour d'autres ouvrages. Le talent du dessinateur, ajouté à celui du duo de scénaristes, fonctionne à merveille ! C'est parfait graphiquement, autant dans les scènes explicites que dans les autres, dans les visages, les cadrages, les décors … Je dois dire qu'à la lecture j'ai éclaté de rire rien qu'a la façon de représenter la tête de la femme lorsqu'elle apprends qu'il fantasme sur l'idée d'être attaché. Le dessin a capté à la fois l'enthousiasme débordant, la joie et le désir, le tout dans une tête bien trop heureuse. Et là où ça marche, c'est que ça m'évoque des têtes que j'ai déjà pu voir en vrai (dans un autre contexte, bande de cochons !). C'est l'exemple que je peux donner d'à quel point le récit me semble être parfaitement bien dessiné. Lorsque je ne remarque que le dessin pour ses qualités, c'est qu'il est franchement excellent !
L'histoire se développe petit à petit, mélange de polar et de scènes de sexes, arrivant à conserver l'équilibre délicat entre intérêt pour les scènes explicites et intrigue pas trop dominante du récit. Le mélange est savamment dosé, l'ensemble tient parfaitement bien jusqu'au final à la hauteur du reste. Je suis franchement conquis par les qualités du récit, qui sait être aussi bien dans la question de la sexualité du couple que dans le polar. Là où la collection fait fort, c'est qu'elle est parfaitement juste sur les relations et la question de ce qu'on laisse ou non comme place à la sexualité. Comment l'aborder, en parler, la faire évoluer. Le tout dans le respect de chacun et l'honnêteté vis-à-vis des autres.
Je suis sous le charme de cette collection. "ADAN - L'agence de tous vos fantasmes" est une œuvre réussie, pleinement engagée dans la question de la sexualité, prenante et même excitante. Recommandée, fortement recommandée !
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La Parenthèse
Je me range aux avis positifs, cette bd m’a fait pleurer pendant une moitié de la lecture, mais la fin n’est pas triste heureusement . La couverture ne donne sans doute pas envie et je crois que j’avais noté cette bd en cherchant des recommandations d’Angoulême. Elle raconte la maladie neurologique de l’autrice, sa chute puis sa remontée. Le fait qu’elle soit dessinatrice et qu’elle ait ajouté des dessins faits pendant les années où elle était jeune et malade ajoute énormément, ça va paraître dingue mais certains à mes yeux sont aussi beaux que des Picasso. Pour un public adulte, ne passez pas à côté, ça vaut le coup d’être découvert.
Noire - La Vie méconnue de Claudette Colvin
Celui là je le mets en coup de cœur, Je l’ai découvert complètement par hasard en lisant un livre de Caroline fourest. L’histoire présente de manière simple l’histoire d’une adolescente qui a refusé de laisser sa place dans un bus pendant la ségrégation, mais tombée dans l’oubli. Le dessin des personnages est simple et ressemble à celui d’une dessinatrice à la mode, Leslie plee, mais avec les immeubles et boutiques dessinés avec plus de détails ainsi que des choix parcimonieux de couleurs, je trouve que ça donne un bel effet. Ça prend au cœur comme les histoires d’injustice évidement. C’est au rayon jeunesse de ma bibliothèque mais je n’hésiterai pas à le prêter à des adultes pendant la pause café.
Bathory - La Comtesse maudite
Je viens de me rendre compte que je n'avais pas avisé cette BD. Pour avoir mon avis je vous renvoie à celui de Spooky ci-dessous que je rejoins à 100%. Je précise juste que j'ai eu la chance de rencontrer Anne-Perrine Couët sur un festival est qu'elle est très sympathique et disserte sur sa BD et tout le travail que cela lui a demandé
Le Chasseur de Rêves
Découvert il y a quelques années sur le stand de Sarbacane à Angoulême, j'avais acheté les 3 tomes sortis pour la médiathèque où je travaille, mais je n'avais jamais pris le temps d'aviser la série. Je répare donc cet oubli, car cette série vaut plus que le détour ! Truffée de références littéraires se rapportant au Voyage et à l'Aventure, "Le chasseur de Rêves" ravira sans aucun doutes petits et grands ! C'est drôle, poétique, plein d'énergie et traversé par un souffle épique tout en jouant avec les personnages ou les oeuvres classiques du genre. Que ce soit Jules Verne, Cervantes, Lewis Caroll ou les 1001 nuits, Martin Desbat s'amuse à distiller intelligemment des références et des personnages de ces oeuvres au fil de ses histoires loufoques. Notre chasseur un peu bêta pourra toujours compter sur son serviteur dévoué tout en croisant le chapelier fou, Pinocchio, le baron de Münchhausen ou encore le capitaine Achab. N'oublions pas la talentueuse brochette de trophées qui trône dans la maison de notre chasseur, complice de son serviteur, qui nous réserve quelques fous rires pas piqués des hannetons. Tout cela nous est servi par un dessin dynamique, moderne qui colle parfaitement à cet univers onirique dédié à l'Aventure. Bref, une TRÈS bonne série jeunesse, mais qui par ses références et ses subtilités saura combler les plus grands de très belle manière
Hors cadre
Le format de cette BD est hybride : on a des gags en fin de pages, mais pas de rupture entre celles-ci. L'ensemble forme en effet une longue histoire, découpée en plusieurs séquences, présentées dans un ordre chronologique. Le ton est franchement absurde, décalé, ça ressemble à du Fabcaro, référence assumée par l'éditeur, et ça ne peut que me plaire, car c'est plutôt réussi la plupart du temps. Ainsi une tête naturalisée (ou construite) de lion dans les toilettes occasionne un rêve de combat homérique entre le photographe et le fauve. Ainsi des mannequins utilisés pour un shooting se voient affublés de toute une histoire, et ainsi de suite. C'est mature, et je valide. Le style graphique de Simon Roure est assez particulier, les personnages sont à dessein un peu déformés, mais totalement inexpressifs, permettant au lectorat de se concentrer sur les dialogues qui sont assez drôles. j'ai bien aimé le gag répétitif au sujet du prénom de Dimitri. Non Joakim. Ah c'est quoi son prénom déjà ? bref, même si ça se lit assez vite, il y a tout de même 80 pages. Je recommande si vous aimez l'humour absurde.
A quoi pensent les russes
J'avais quitté Nicolas Wild en compagnie des femmes battues de Seine-saint-Denis (voir À la Maison des femmes) pour le retrouver dans un autre exercice aussi périlleux. Il ne faut pas s'y tromper: son carnet graphique n'est qu'une couverture pour un reportage journalistique sur la situation et le moral d'une partie de la population russe depuis le début de "l'opération spéciale" en Ukraine. Cette sémantique m'a immédiatement renvoyé à une autre formulation très célèbre d"opération de mantien de l'ordre " (ou de "pacification")utilisée alors par des gouvernements qui se cachaient derrière les mots. J'ai été happé par le déroulé des rencontres (risquées) de Nicolas Wild. Ses rencontres sont très variées et représentent un panel éclectique de la population russe. Bien sûr l'auteur donne la parole à nombre d'opposants à Poutine et à la guerre mais pas seulement. Ce n'est d'ailleurs pas un sondage représentatif mais une série d'analyses raisonnées ou émotionnelles qui traduit l'esprit de la population bien mieux que ce que j'avais pu lire ou entendre jusque là. Wild ne se borne pas à la guerre en Ukraine mais laisse ses interlocuteurs revenir sur des événements traumatisants pour le peuple russe comme la guerre en Afghanistan ou l'éclatement de l'URSS en 1991. Wild montre aussi que la Russie de Poutine n'est pas aussi isolée que cela et qu'une partie importante de la population vénère l'image militariste qu'incarne leur homme fort. Un ouvrage de Wild ne serait pas complet sans quelques traits d'humour souvent dans l'autodérision. Ici c'est assez rare ce qui souligne le poid des mots qui peuvent coûter plusieurs années de prisons. J'ai trouvé que le graphisme de Wild avait atteint une maturité encore inédite. C'est surtout vrai dans le soin apporté aux détails des décors et des extérieurs qui sont nombreux dans l'ouvrage. Les personnages sont toujours aussi expressifs et Wild se met en scène de façon juste laissant à ses interlocuteurs le centre de l'attention du lecteur. Une excellente lecture pour un ouvrage de référence à mon avis sur une situation qui nous concerne au premier chef.
Les Aventures du Roi singe
J'ai passé un très bon moment de lecture avec cette série et mes filles aussi. Il y a vraiment tout pour plaire de l'humour, de l'aventure et un dessin coloré et expressif qui sied parfaitement à l'histoire. Une BD que je recommande chaudement.
Béa Wolf
Béa Wolf ? Beowulf adapté pour les enfants, une saga épique qui garde toute la poésie du texte original mais qui se construit sur un second degré espiègle, une fable sur la perte de l'innocence, sur la gravité des jeux d'enfants. Boulet au dessin dans un style que n'aurait pas renié Tim Burton. Rahhh, mais c'est tellement réducteur de limiter cet album à cela ! Béa Wolf, c'est très drôle. Béa Wolf, c'est dramatique. Béa Wolf, c'est l'intelligence de l'enfance, c'est la désinvolture de l'insouciance face à la grisaille de l'adulte. Béa Wolf, c'est la musicalité de la langue, c'est une porte ouverte à grands coups de sandales vertes à paillettes vers la poésie et la culture. Béa Wolf, c'est la douceur d'un pyjama en pilou et la rage d'un enfant capricieux. Béa Wolf, c'est la beauté de l'enfance dans ce qu'elle a de plus horripilant. Béa Wolf, c'est à essayer, que vous soyez encore enfant ou déjà adulte. Pour ma part, c'est un énorme coup de cœur ! PS : gros coup de chapeau à Aude Pasquier pour la traduction ! PPS : la postface vaut la peine d'être lue car le scénariste y explique d'une manière totalement adaptée pour les enfants la genèse du projet et les liens tant scénaristiques que stylistiques qui unissent Béa Wolf et Beowulf. PPPS : les dialogues sont rares dans cette bande dessinée et la voix off omniprésente, ce fait couplé aux nombreuses grandes illustrations lui donne des faux airs de livre illustré. Si vous n'aimez pas ce genre, vous risquez d'être déçus.
Blue (Pat Grant)
Ben ça alors, quelle pépite, merci à Jetjet de l’avoir postée sur le site ! « Blue » est un « comix indé » pure souche, mais provenant d’Australie, pas des USA. Le ton est pourtant similaire : irrévérence linguistique (les jurons abondent), thèmes sociaux (le racisme, les difficultés de l’adolescence, le déclin de l’usine locale, l’arrivée de migrants à la peau bleue) et la narration et la mise en image innovent beaucoup. Les planches fourmillent de détails que j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer, et j’ai beaucoup aimé le vocabulaire et dialecte australien (j’ai lu la VO), à peine déchiffrable même pour le bilingue que je suis. Vraiment, j’ai passé un excellent moment de lecture. Un album que je recommande chaudement !
ADAN - L'Agence de tous vos fantasmes
Eh ben dis donc, je ne pensais pas qu'une collection de BD érotique dépasserait dans mon cœur les éditions Tabou, mais là, franchement, la collection Porn'Pop est en passe de le faire ! Après trois ouvrages de la collection (et encore deux qui doivent arriver) je suis subjugué par l'incroyable talent dont la collection fait catalogue. Si je ne connaissais aucun des noms présentés ici, je les ai désormais bien en vue pour d'autres ouvrages. Le talent du dessinateur, ajouté à celui du duo de scénaristes, fonctionne à merveille ! C'est parfait graphiquement, autant dans les scènes explicites que dans les autres, dans les visages, les cadrages, les décors … Je dois dire qu'à la lecture j'ai éclaté de rire rien qu'a la façon de représenter la tête de la femme lorsqu'elle apprends qu'il fantasme sur l'idée d'être attaché. Le dessin a capté à la fois l'enthousiasme débordant, la joie et le désir, le tout dans une tête bien trop heureuse. Et là où ça marche, c'est que ça m'évoque des têtes que j'ai déjà pu voir en vrai (dans un autre contexte, bande de cochons !). C'est l'exemple que je peux donner d'à quel point le récit me semble être parfaitement bien dessiné. Lorsque je ne remarque que le dessin pour ses qualités, c'est qu'il est franchement excellent ! L'histoire se développe petit à petit, mélange de polar et de scènes de sexes, arrivant à conserver l'équilibre délicat entre intérêt pour les scènes explicites et intrigue pas trop dominante du récit. Le mélange est savamment dosé, l'ensemble tient parfaitement bien jusqu'au final à la hauteur du reste. Je suis franchement conquis par les qualités du récit, qui sait être aussi bien dans la question de la sexualité du couple que dans le polar. Là où la collection fait fort, c'est qu'elle est parfaitement juste sur les relations et la question de ce qu'on laisse ou non comme place à la sexualité. Comment l'aborder, en parler, la faire évoluer. Le tout dans le respect de chacun et l'honnêteté vis-à-vis des autres. Je suis sous le charme de cette collection. "ADAN - L'agence de tous vos fantasmes" est une œuvre réussie, pleinement engagée dans la question de la sexualité, prenante et même excitante. Recommandée, fortement recommandée !