Un joyeux délire cette série, à la croisée des genres, une BD façon Comics et qui lorgne vers le manga. Pas bien profond mais bien fun pour les amateurs, je me marre toujours à chaque nouvelle relecture.
Les auteurs ont bien digéré leurs références en nous proposant cette histoire de samouraï aveugle. Le ton y est bien con, attention ça ne plaira pas à tout le monde, l’humour peut parfois paraître bien lourdingue et ras des pâquerettes mais ça a bien fonctionné avec moi. Ça ne se prend pas au sérieux et ça joue avec les codes.
Le dessin est en adéquation avec le propos, dynamique, lisible et appuie juste assez sur le côté caricatural sans s’y engouffrer totalement.
A mes yeux, une trilogie légère qui n’a pas d’autres ambitions que de divertir, pour ma part pari réussi, bien sympathique.
C'est sur les conseils de Grogro lors d'une discussion à Angoulême que j'ai fait l'acquisition de ce pavé pour ma médiathèque il y a quelques mois. Vu le pavé et les piles de BD qui m'attendaient, il m'aura fallu patienter longuement pour trouver le temps nécessaire à cette lecture conséquente, mais ça en valait plus que la peine ! Tout comme lui je sors ravi de cette album qui m'aura hypnotisé une longue journée. Impossible de le lâcher !
Car notre duo d'auteurs nous propose une fresque remarquable qui s'étale de la fin de années 60' jusqu'aux années 2000. Cinq tomes ici condensés dans une lourde intégrale mais qui ne font pas dans la dentelle. De la rébellion de base de nos ados confrontés au conservatisme ambiant de l'époque aux désillusions qu'aura aussi laissé l'utopique communauté libertaire qui fait office de pivot dans ce récit, notre brochette de personnages navigue bien loin d'un long fleuve tranquille !
Et c'est la force de cette aventure que de nous embarquer dans cette aventure en suivant des protagonistes bourrés (ça ils savent faire ! :p ) de contradictions, loin d'un manichéisme facile ou d'un prosélytisme militant pour défendre leur utopie. Car la confrontation entre cette dernière et la vie quotidienne est parfois brutale et frontale. Entre les grands moments de folie et de joies et les tragédies qui surviennent, le grand écart émotionnel n'est jamais loin pour le lecteur.
L'autre point fort de cette série concerne la justesse qu'ont réussi à trouver les auteurs pour nous dépeindre ces décennies qui s'enchainent ; que ce soit par les chansons qui fleurissent au fil des planches, les évolutions sociales ou politiques, c'est toujours avec finesse et sans être caricaturaux que le lecteur traverse ces époques en s'y retrouvant facilement.
Côté dessin, Comment nous propose un style simple mais d'une redoutable efficacité. On est pas dans le réalisme mais bien dans la sensibilité et l'expressivité, ce qui cadre parfaitement avec cette aventure humaine.
Une série que je recommande chaudement !
J’ai adoré !!
D’abord la mise en page que j’ai trouvé réussie et chaleureuse. C’est sans fausses notes, des couleurs chaudes alliées à un trait et des cases tout en rondeur. Je connaissais le dessinateur mais il ne m’avait jamais autant subjugué. Je ressentais le soleil durant ma lecture.
Et enfin le sujet, pas tant la jeunesse de Gisèle Halimi (que j’avoue connaître bien peu) que le portrait de cette petite tunisienne face aux différents diktats, je trouve cette approche excellente. Le propos apparaît ainsi bien plus universel qu’un simple documentaire.
Le parcours et la résilience de notre héroïne force l’admiration, à glisser dans toutes les mains.
Un excellent album
Comme j'imagine que vous avez déjà entendu parler de réchauffement climatique je n'aborderai pas le sujet du livre. Mais je souhaite insister sur le talent de Blain à mettre en image les discours de Janco. Cette capacité de synthèse et d'humour m'a bluffé. Et heureusement, car ce sujet est complexe et déprimant !
Évidemment, conseil de lecture à tous et à tout age.
Cette BD s'adresse à toute personne qui a accroché ou juste approché l'univers Star Wars sans nécessairement en être un fan.
En effet, l'histoire de la création de ce premier film à la fin des années 70 est un témoignage cinématographique incroyable. Tout prend des dimensions hors normes.
Ce film a inventé tous les codes de l'aventure spatiale à Hollywood. Il a créé des personnages devenus légendaires dans notre culture. Il a profondément marqué tous les enfants et ados des années 80 qui ont ensuite transmis cet héritage à leur propres enfants. Tous sont capables d'en fredonner le thème musical. Puis en terme de chiffres au box office... il a tout explosé !
Et pourtant, on découvre tout au long de notre lecture, que Star Wars est un film d'auteur. Laborieusement écrit durant de longs mois, il a du batailler contre les studios, lutter contre toutes les adversités, méprisé par beaucoup, mais aussi bricolé et soutenu par des copains quand nécessaire. Réalisation épique.
Un grand merci au talent et au travail soigné des auteurs qui nous ont fait vivre cette aventure.
J'avais entendu parler des Lebensborn, ces "usines à bébé" destinées à fournir des milliers d'enfants de "race pure" au IIIème Reich, mais j'en avais -comme plein de gens je suppose- un vision probablement biaisée par l'imagerie que l'on peut avoir des réalisations du régime nazi.
Isabelle Maroger, dont la mère est née dans un de ces établissements en Norvège, en a fait l'objet de sa bande dessinée après qu'une personne indélicate lui ait fait une remarque très particulière sur les traits "raciaux" de son enfant. Une remarque qui l'a replongée dans son passé, lorsqu'elle a découvert, au collège, l'existence de ces lebensborn et fait en partie le lien avec l'histoire de sa mère. Jouant un rôle tour à tour moteur et celui d'une spectatrice, elle assiste donc à la procédure permettant à sa mère d'en savoir plus sur ses origines. Et sans jouer plus que ça la corde victimisante ou moralisatrice, nous décrit de manière émouvante et digne cette sensation étrange de se trouver, à l'âge adulte (voire plus) une famille dont on ne soupçonnait pas l'existence.
Lorsqu'elle a initié ce récit il y a plusieurs années auprès de son éditrice de l'époque, Maroger avait peur de ne pas être mature, au niveau de l'écriture et du graphisme, mais celle-ci l'a poussée à y croire, à développer tous ses éléments, mettre des mots sur des sentiments parfois confus, pour que cette histoire voie le jour. Et ce processus arrive à son terme avec cet album plutôt équilibré, très clair dans son propos, et assez émouvant car il doit y avoir des dizaines de milliers de personnes issues de ce programme spécial initié par Himmler...
Graphiquement le style d'Isabelle Morager est assez typique de ce qui se fait en illustration jeunesse (cela ne dénoterait pas, par exemple, dans un roman de Roald Dahl, tiens, un Norvégien devenu anglais !), et ces qualités d'illustration lui permettent de placer les éléments essentiels dans ses planches. Si souvent les scènes un peu intimistes sont réduites à l'essentiel en termes d'éléments, elle ne s'interdit pas, à l'occasion, de dessiner des beaux paysages naturels ou de l'architecture. On sent qu'elle met beaucoup de choses personnelles dans cet album, mais aussi de se faire plaisir graphiquement parlant.
Je remercie les précédents aviseurs, sans eux je serais passé 10 fois devant cette série sans m’arrêter.
Pas grand chose qui m’attire aux premiers abords … mais on va pas se mentir, c’est vachement bien !!
J’ai aimé l’universalité de ton, le courage de cette institutrice (et des enfants), la fluidité du récit, ses personnages charismatiques, la justesse de la mise en scène, le message passé, les couleurs chatoyantes, les hommages disséminés, le dessin lisible … bref je vous renvoie à leurs avis.
Perso j’ai vibré durant ma lecture, vraiment très chouette.
Je trouve souvent les manwhas nuancés, à la fois déroutants et très proches de nous.
Ici c'est le quotidien d'une femme divorcée qui ne fait plus partie des ménagères de moins de 50 ans, mais qui a encore de longues années de travail à tirer avant la retraite.
Je dois avouer que je suis pile dans la tranche d'âge !
Et cette suite d'épisodes qui tournent autour de la vie affective de 4 copines, avec leurs ennuis de boulot et de famille peut paraître monotone, mais la description est tellement bienveillante (l'auteur décrit en fait des histoires arrivées à sa propre mère) et détaillée qu'on finit par se laisser prendre au jeu. C'est une femme de ménage qui vit encore avec le dernier de ses fils qui s'attarde à la maison, scotché à l'écran, dans sa chambre.
Le dessin en noir et blanc, trait fin, peu de décors, va à l'essentiel : on sent le plaisir à s'attarder sur les bagarres, mais cela ne prend pas toute la place de l'album, loin de là, on a aussi la préparation des repas, les corps vieillissants de ces femmes... .
Le rythme lent, typique de ces séries asiatiques peut agacer les lecteurs stricts de BD franco-belge, ou de certains comics, mais il faut passer par dessus cette habitude pour jouir de la mise en scène du quotidien, et finalement de la construction du scénario. Cet amalgame de dépaysement et d'intimité me semble réussi.
Amateurs de couleurs, de rebondissements, de beauté idéale, passez votre chemin !
J'ai été très séduit par ce diptyque qui nous berce de merveilleux. C'est une lecture sans niaiserie qui convient à un large public même si il y a une ambiance féminine assez marquée.
Si la qualité graphique saute immédiatement aux yeux le scénario d'Audrey Alwett ne démérite pas, loin de là. Je ne connais pas les références énoncées par Ro et j'ai lu le récit comme il venait.
J'ai trouvé cela original et très bien construit. Tout au long du récit, il y a une grande part de mystère qui s'éclaircit au fur et à mesure de la progression de Lucie dans ce monde hostile.
La prouesse des autrices est de nous faire vivre et voir deux mondes qui coexistent au même endroit et en même temps. Le jardin fleuri vu par Lucie et ce même jardin maudit dans lequel son oncle, sa tante et son cousin Achille vivent prisonniers d'une malédiction.
Le personnage de Lucie est particulièrement bien travaillé. Battue, sous-alimentée, quasi illettrée, missionnée par sa mère pour quelque chose qu'elle ne connaît pas, elle cumule des handicaps pour s'imposer dans ce monde hostile. Pourtant Lucie est immédiatement une héroïne sympathique dont la vulnérabilité est très touchante.
Le récit est entrecoupé par des pages complètes du livre du père de sa tante ce qui fournit un cadre chronologique et dramatique à l'histoire.
La narration reste fluide mais l'ouvrage s'adresse à des lecteurs-trices d'un bon niveau CM pour le moins.
Enfin il y a beaucoup de dessins de fleurs dans le style d'un herbier comme une invite aux enfants à découvrir ce monde floral.
Le graphisme de Nora Moretti est vraiment très plaisant. J'ai eu l'impression de retrouver une similitude avec le style de Silvio Camboni dans l'exubérance et les détails des paysages. Si les visages sont assez lisses et classiques d'un dessin moderne proche de l'animation, les gestuelles sont très dynamiques et l'expressivité suffisante pour donner vie au récit.
Il faut noter le soin apporté aux costumes et à la diversité du petit peuple des fées.
La mise en couleur est très riche et apporte des éclairages qui sonnent juste avec l'ambiance de la scène.
Enfin il y a une vraie réflexion sur "être" et "avoir" au travers les différents rebondissements de l'aventure. La fin du tome 2 est une ouverture intéressante sur le personnage d'Achille.
Une très bonne lecture pour tous. J'espère une suite.
Une petite mise à jour après la sortie du T3. C'est toujours aussi bon voire en progression. La scénariste joue à merveille sur la faiblesse de Lucie ( l'illettrisme)pour la rendre vulnérable dans sa responsabilité de bergère. Le scénario rebondit dans une direction imprévue avec l'adjonction de nouveaux personnages qui enrichissent le récit. C'est très dynamique et le graphisme reste d'un très bon niveau en passant la campagne normande à Paris.
Une très belle lecture à partir de 8-10 ans.
En lisant l'avis de Cosme je m'aperçois que je n'ai pas avisé l'amnésique aux multiples identités. Pourtant j'ai eu le temps de faire le numéro 200 car je possède les 28 albums que je relis pour certains avec délectation.
Il faut dire que JVH a réussi un tour de force avec un scénario complexe aux multiples pistes. C'est complotiste, c'est improbable en de nombreux endroits, cela possède un petit air de copie de l'affaire JFK, Jason est le stéréotype du BG inoxydable bourré de bons sentiments mainstream.
Tous ces éléments ont le don de m'agacer d'habitude mais ici j'ai été envouté par l'univers dans lequel se meut notre héros. Oui, JVH m'a souvent étonné par ses propositions dans les changements de cap du beau tatoué. À chaque nouvelle piste, à chaque rebondissement je suis resté collé d'enthousiasme par ma lecture.
Rien de rationnel mais c'est une ambiance qui me plaît. Ensuite JVH a su créer une galerie de personnages gravitant autour de Jason qui méritent bien le premier rôle que leur a fourni le spin off de XIII Mystery. J'en cite seulement deux pour faire court : Jones qui aurait pu être mon avatar (si Linda ne l'avait pas précédée) et la Mangouste. Les images du bien et du mal qui gravitent autour de Jason qui possède lui, un contour plus flou.
J'ai bien apprécié la suite proposée par Y.Sente et dont je me demande comment il se sortira de sa politique fiction bien aventureuse.
J'aime beaucoup le travail graphique de Vance. Dans Ramiro il montrait déjà les qualités d'un dessin réaliste très détaillé dans ses décors et très expressif dans ses personnages aventureux. Avec XIII son trait s'est allégé pour faire ressortir la dynamique du récit d'une façon encore plus intense. J’ai transpiré dans la jungle du Costa Verde et grelotté avec les rednecks de Greenfalls mais je me suis toujours senti proche de XIII.
Je n'ai vu aucune adaptation filmée de la série et je ne tiens pas à en voir tellement j'ai passé de bons moments avec les images de Jones, Jessica ou Maria. Sacré veinard ce XIII.
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Blind Dog Rhapsody
Un joyeux délire cette série, à la croisée des genres, une BD façon Comics et qui lorgne vers le manga. Pas bien profond mais bien fun pour les amateurs, je me marre toujours à chaque nouvelle relecture. Les auteurs ont bien digéré leurs références en nous proposant cette histoire de samouraï aveugle. Le ton y est bien con, attention ça ne plaira pas à tout le monde, l’humour peut parfois paraître bien lourdingue et ras des pâquerettes mais ça a bien fonctionné avec moi. Ça ne se prend pas au sérieux et ça joue avec les codes. Le dessin est en adéquation avec le propos, dynamique, lisible et appuie juste assez sur le côté caricatural sans s’y engouffrer totalement. A mes yeux, une trilogie légère qui n’a pas d’autres ambitions que de divertir, pour ma part pari réussi, bien sympathique.
Les Indociles
C'est sur les conseils de Grogro lors d'une discussion à Angoulême que j'ai fait l'acquisition de ce pavé pour ma médiathèque il y a quelques mois. Vu le pavé et les piles de BD qui m'attendaient, il m'aura fallu patienter longuement pour trouver le temps nécessaire à cette lecture conséquente, mais ça en valait plus que la peine ! Tout comme lui je sors ravi de cette album qui m'aura hypnotisé une longue journée. Impossible de le lâcher ! Car notre duo d'auteurs nous propose une fresque remarquable qui s'étale de la fin de années 60' jusqu'aux années 2000. Cinq tomes ici condensés dans une lourde intégrale mais qui ne font pas dans la dentelle. De la rébellion de base de nos ados confrontés au conservatisme ambiant de l'époque aux désillusions qu'aura aussi laissé l'utopique communauté libertaire qui fait office de pivot dans ce récit, notre brochette de personnages navigue bien loin d'un long fleuve tranquille ! Et c'est la force de cette aventure que de nous embarquer dans cette aventure en suivant des protagonistes bourrés (ça ils savent faire ! :p ) de contradictions, loin d'un manichéisme facile ou d'un prosélytisme militant pour défendre leur utopie. Car la confrontation entre cette dernière et la vie quotidienne est parfois brutale et frontale. Entre les grands moments de folie et de joies et les tragédies qui surviennent, le grand écart émotionnel n'est jamais loin pour le lecteur. L'autre point fort de cette série concerne la justesse qu'ont réussi à trouver les auteurs pour nous dépeindre ces décennies qui s'enchainent ; que ce soit par les chansons qui fleurissent au fil des planches, les évolutions sociales ou politiques, c'est toujours avec finesse et sans être caricaturaux que le lecteur traverse ces époques en s'y retrouvant facilement. Côté dessin, Comment nous propose un style simple mais d'une redoutable efficacité. On est pas dans le réalisme mais bien dans la sensibilité et l'expressivité, ce qui cadre parfaitement avec cette aventure humaine. Une série que je recommande chaudement !
Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne
J’ai adoré !! D’abord la mise en page que j’ai trouvé réussie et chaleureuse. C’est sans fausses notes, des couleurs chaudes alliées à un trait et des cases tout en rondeur. Je connaissais le dessinateur mais il ne m’avait jamais autant subjugué. Je ressentais le soleil durant ma lecture. Et enfin le sujet, pas tant la jeunesse de Gisèle Halimi (que j’avoue connaître bien peu) que le portrait de cette petite tunisienne face aux différents diktats, je trouve cette approche excellente. Le propos apparaît ainsi bien plus universel qu’un simple documentaire. Le parcours et la résilience de notre héroïne force l’admiration, à glisser dans toutes les mains. Un excellent album
Le Monde sans fin
Comme j'imagine que vous avez déjà entendu parler de réchauffement climatique je n'aborderai pas le sujet du livre. Mais je souhaite insister sur le talent de Blain à mettre en image les discours de Janco. Cette capacité de synthèse et d'humour m'a bluffé. Et heureusement, car ce sujet est complexe et déprimant ! Évidemment, conseil de lecture à tous et à tout age.
Les Guerres de Lucas
Cette BD s'adresse à toute personne qui a accroché ou juste approché l'univers Star Wars sans nécessairement en être un fan. En effet, l'histoire de la création de ce premier film à la fin des années 70 est un témoignage cinématographique incroyable. Tout prend des dimensions hors normes. Ce film a inventé tous les codes de l'aventure spatiale à Hollywood. Il a créé des personnages devenus légendaires dans notre culture. Il a profondément marqué tous les enfants et ados des années 80 qui ont ensuite transmis cet héritage à leur propres enfants. Tous sont capables d'en fredonner le thème musical. Puis en terme de chiffres au box office... il a tout explosé ! Et pourtant, on découvre tout au long de notre lecture, que Star Wars est un film d'auteur. Laborieusement écrit durant de longs mois, il a du batailler contre les studios, lutter contre toutes les adversités, méprisé par beaucoup, mais aussi bricolé et soutenu par des copains quand nécessaire. Réalisation épique. Un grand merci au talent et au travail soigné des auteurs qui nous ont fait vivre cette aventure.
Lebensborn
J'avais entendu parler des Lebensborn, ces "usines à bébé" destinées à fournir des milliers d'enfants de "race pure" au IIIème Reich, mais j'en avais -comme plein de gens je suppose- un vision probablement biaisée par l'imagerie que l'on peut avoir des réalisations du régime nazi. Isabelle Maroger, dont la mère est née dans un de ces établissements en Norvège, en a fait l'objet de sa bande dessinée après qu'une personne indélicate lui ait fait une remarque très particulière sur les traits "raciaux" de son enfant. Une remarque qui l'a replongée dans son passé, lorsqu'elle a découvert, au collège, l'existence de ces lebensborn et fait en partie le lien avec l'histoire de sa mère. Jouant un rôle tour à tour moteur et celui d'une spectatrice, elle assiste donc à la procédure permettant à sa mère d'en savoir plus sur ses origines. Et sans jouer plus que ça la corde victimisante ou moralisatrice, nous décrit de manière émouvante et digne cette sensation étrange de se trouver, à l'âge adulte (voire plus) une famille dont on ne soupçonnait pas l'existence. Lorsqu'elle a initié ce récit il y a plusieurs années auprès de son éditrice de l'époque, Maroger avait peur de ne pas être mature, au niveau de l'écriture et du graphisme, mais celle-ci l'a poussée à y croire, à développer tous ses éléments, mettre des mots sur des sentiments parfois confus, pour que cette histoire voie le jour. Et ce processus arrive à son terme avec cet album plutôt équilibré, très clair dans son propos, et assez émouvant car il doit y avoir des dizaines de milliers de personnes issues de ce programme spécial initié par Himmler... Graphiquement le style d'Isabelle Morager est assez typique de ce qui se fait en illustration jeunesse (cela ne dénoterait pas, par exemple, dans un roman de Roald Dahl, tiens, un Norvégien devenu anglais !), et ces qualités d'illustration lui permettent de placer les éléments essentiels dans ses planches. Si souvent les scènes un peu intimistes sont réduites à l'essentiel en termes d'éléments, elle ne s'interdit pas, à l'occasion, de dessiner des beaux paysages naturels ou de l'architecture. On sent qu'elle met beaucoup de choses personnelles dans cet album, mais aussi de se faire plaisir graphiquement parlant.
L'Institutrice
Je remercie les précédents aviseurs, sans eux je serais passé 10 fois devant cette série sans m’arrêter. Pas grand chose qui m’attire aux premiers abords … mais on va pas se mentir, c’est vachement bien !! J’ai aimé l’universalité de ton, le courage de cette institutrice (et des enfants), la fluidité du récit, ses personnages charismatiques, la justesse de la mise en scène, le message passé, les couleurs chatoyantes, les hommages disséminés, le dessin lisible … bref je vous renvoie à leurs avis. Perso j’ai vibré durant ma lecture, vraiment très chouette.
Les Daronnes
Je trouve souvent les manwhas nuancés, à la fois déroutants et très proches de nous. Ici c'est le quotidien d'une femme divorcée qui ne fait plus partie des ménagères de moins de 50 ans, mais qui a encore de longues années de travail à tirer avant la retraite. Je dois avouer que je suis pile dans la tranche d'âge ! Et cette suite d'épisodes qui tournent autour de la vie affective de 4 copines, avec leurs ennuis de boulot et de famille peut paraître monotone, mais la description est tellement bienveillante (l'auteur décrit en fait des histoires arrivées à sa propre mère) et détaillée qu'on finit par se laisser prendre au jeu. C'est une femme de ménage qui vit encore avec le dernier de ses fils qui s'attarde à la maison, scotché à l'écran, dans sa chambre. Le dessin en noir et blanc, trait fin, peu de décors, va à l'essentiel : on sent le plaisir à s'attarder sur les bagarres, mais cela ne prend pas toute la place de l'album, loin de là, on a aussi la préparation des repas, les corps vieillissants de ces femmes... . Le rythme lent, typique de ces séries asiatiques peut agacer les lecteurs stricts de BD franco-belge, ou de certains comics, mais il faut passer par dessus cette habitude pour jouir de la mise en scène du quotidien, et finalement de la construction du scénario. Cet amalgame de dépaysement et d'intimité me semble réussi. Amateurs de couleurs, de rebondissements, de beauté idéale, passez votre chemin !
Le Jardin des fées
J'ai été très séduit par ce diptyque qui nous berce de merveilleux. C'est une lecture sans niaiserie qui convient à un large public même si il y a une ambiance féminine assez marquée. Si la qualité graphique saute immédiatement aux yeux le scénario d'Audrey Alwett ne démérite pas, loin de là. Je ne connais pas les références énoncées par Ro et j'ai lu le récit comme il venait. J'ai trouvé cela original et très bien construit. Tout au long du récit, il y a une grande part de mystère qui s'éclaircit au fur et à mesure de la progression de Lucie dans ce monde hostile. La prouesse des autrices est de nous faire vivre et voir deux mondes qui coexistent au même endroit et en même temps. Le jardin fleuri vu par Lucie et ce même jardin maudit dans lequel son oncle, sa tante et son cousin Achille vivent prisonniers d'une malédiction. Le personnage de Lucie est particulièrement bien travaillé. Battue, sous-alimentée, quasi illettrée, missionnée par sa mère pour quelque chose qu'elle ne connaît pas, elle cumule des handicaps pour s'imposer dans ce monde hostile. Pourtant Lucie est immédiatement une héroïne sympathique dont la vulnérabilité est très touchante. Le récit est entrecoupé par des pages complètes du livre du père de sa tante ce qui fournit un cadre chronologique et dramatique à l'histoire. La narration reste fluide mais l'ouvrage s'adresse à des lecteurs-trices d'un bon niveau CM pour le moins. Enfin il y a beaucoup de dessins de fleurs dans le style d'un herbier comme une invite aux enfants à découvrir ce monde floral. Le graphisme de Nora Moretti est vraiment très plaisant. J'ai eu l'impression de retrouver une similitude avec le style de Silvio Camboni dans l'exubérance et les détails des paysages. Si les visages sont assez lisses et classiques d'un dessin moderne proche de l'animation, les gestuelles sont très dynamiques et l'expressivité suffisante pour donner vie au récit. Il faut noter le soin apporté aux costumes et à la diversité du petit peuple des fées. La mise en couleur est très riche et apporte des éclairages qui sonnent juste avec l'ambiance de la scène. Enfin il y a une vraie réflexion sur "être" et "avoir" au travers les différents rebondissements de l'aventure. La fin du tome 2 est une ouverture intéressante sur le personnage d'Achille. Une très bonne lecture pour tous. J'espère une suite. Une petite mise à jour après la sortie du T3. C'est toujours aussi bon voire en progression. La scénariste joue à merveille sur la faiblesse de Lucie ( l'illettrisme)pour la rendre vulnérable dans sa responsabilité de bergère. Le scénario rebondit dans une direction imprévue avec l'adjonction de nouveaux personnages qui enrichissent le récit. C'est très dynamique et le graphisme reste d'un très bon niveau en passant la campagne normande à Paris. Une très belle lecture à partir de 8-10 ans.
XIII
En lisant l'avis de Cosme je m'aperçois que je n'ai pas avisé l'amnésique aux multiples identités. Pourtant j'ai eu le temps de faire le numéro 200 car je possède les 28 albums que je relis pour certains avec délectation. Il faut dire que JVH a réussi un tour de force avec un scénario complexe aux multiples pistes. C'est complotiste, c'est improbable en de nombreux endroits, cela possède un petit air de copie de l'affaire JFK, Jason est le stéréotype du BG inoxydable bourré de bons sentiments mainstream. Tous ces éléments ont le don de m'agacer d'habitude mais ici j'ai été envouté par l'univers dans lequel se meut notre héros. Oui, JVH m'a souvent étonné par ses propositions dans les changements de cap du beau tatoué. À chaque nouvelle piste, à chaque rebondissement je suis resté collé d'enthousiasme par ma lecture. Rien de rationnel mais c'est une ambiance qui me plaît. Ensuite JVH a su créer une galerie de personnages gravitant autour de Jason qui méritent bien le premier rôle que leur a fourni le spin off de XIII Mystery. J'en cite seulement deux pour faire court : Jones qui aurait pu être mon avatar (si Linda ne l'avait pas précédée) et la Mangouste. Les images du bien et du mal qui gravitent autour de Jason qui possède lui, un contour plus flou. J'ai bien apprécié la suite proposée par Y.Sente et dont je me demande comment il se sortira de sa politique fiction bien aventureuse. J'aime beaucoup le travail graphique de Vance. Dans Ramiro il montrait déjà les qualités d'un dessin réaliste très détaillé dans ses décors et très expressif dans ses personnages aventureux. Avec XIII son trait s'est allégé pour faire ressortir la dynamique du récit d'une façon encore plus intense. J’ai transpiré dans la jungle du Costa Verde et grelotté avec les rednecks de Greenfalls mais je me suis toujours senti proche de XIII. Je n'ai vu aucune adaptation filmée de la série et je ne tiens pas à en voir tellement j'ai passé de bons moments avec les images de Jones, Jessica ou Maria. Sacré veinard ce XIII.