Les derniers avis (9800 avis)

Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vive la marée !
Vive la marée !

Un enchaînement fluide de saynètes qui ne sont pas sans rappeler les vacances de Mr Hulot. C'est simple, subtil, délicat et vraiment amusant. Les personnages sont finement caricaturés et rappelleront forcément du déjà vu aux amateurs de bord de mer. Le montage et les enchaînements fonctionnent très bien. Drôle, moqueur et facétieux, j'adore !

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Contes ordinaires d'Ersin Karabulut
Les Contes ordinaires d'Ersin Karabulut

Comme NoirDésir, surpris de trouver cet auteur (que je ne connaissais pas) chez Fluide Glacial. On est certes dans l'humour mais il est ici noir et grinçant. Je ne connaissais pas Ersin Karabulut mais je vais suivre. Le niveau des contes n'est pas homogène mais aucun ne passe complètement à côté. Un style graphique varié mais qui fonctionne très très bien, au service d'une vision corrosive de notre société, beaucoup de sujets y passent. Je recommande fortement.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tout seul
Tout seul

Avec très peu de paroles, Chabouté arrive a construire une belle histoire. Beaucoup de sens, touchant, subtil, humain servi par un excellent dessin en noir et blanc. C'est une belle lecture sur le thème de l'évasion. Je recommande.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 3 Secondes (3'')
3 Secondes (3'')

J'aime beaucoup l'ensemble du travail de Marc Antoine Mathieu. Et j'appréhende chaque nouvel album en me disant que j'ai peur d'être déçu. Encore une fois c'est original, beau, élégant, précis et je me fais happer par l'histoire. Merci et bravo Maestro.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

Dessins superbes qui mettent en exergue une histoire simple mais pas simpliste, des petites choses qui nous touchent, des combats du quotidien loin d'être anodins. Le résultat est drôle et touchant, les personnages attachants. J'avais déjà été conquis par les précédents opus de Lupano et Panacionne, j'attendais naturellement beaucoup de celui-ci, et le moins que l'on puisse dire est que je n'ai pas été déçu. Bravo et merci.

03/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série David Boring
David Boring

L'amour transforme. - Ce tome comprend une histoire complète et indépendante de toute autre. Elle a fait l'objet d'une prépublication dans les épisodes 19 (acte I paru en 1998), 20 (acte II, en 1999) et 21 (acte III, en 2000) du comics Eightball. David Boring (20 ans) est en train de s'envoyer en l'air avec une superbe jeune femme à l'aube d'une carrière de modèle. Il rentre chez lui et rend compte à Dot Paar, sa meilleure amie qui est également sa colocataire et une lesbienne. Bien qu'étant non violent, il exerce le métier d'agent de sécurité. Il reçoit un coup de téléphone de Whitey Whitman, un ancien copain d'enfance, qui annonce qu'il vient s'inviter chez lui dès le lendemain. Après l'avoir récupéré à l'aéroport, David et Dot l'emmène prendre un verre dans un bar. Là Whitey drague une jeune femme avec qui il part. le lendemain il est mort. Alors que David se rend à son enterrement, il croise Wanda Kraml, l'incarnation de son idéal de la perfection féminine. Il en tombe amoureux. Pour cette histoire, Daniel Clowes (scénariste et dessinateur, cette BD est en noir & blanc, avec des niveaux de gris) a choisi une narration centrée sur le personnage de David Boring qui apparaît dans 95% des scènes. Il y a en plus des petites cellules de texte dans lesquelles le lecteur découvre la voix intérieure de David Boring. Ce personnage ne semble pas avoir d'ambition dans la vie. Il a une apparence très ordinaire, avec une belle raie sur le coté, et une musculature peu développée. Il fait preuve d'un talent certain pour emballer les poulettes. Ses 2 principaux objectifs sont de se tenir à l'écart de sa mère qui habite dans une petite ville de campagne éloignée, et de coucher avec des femmes dont l'apparence correspond à ses critères très arrêtés sur les canons de la beauté féminine. Pour le reste, Boring a un caractère plutôt passif, acceptant les événements comme ils viennent. Dot, sa colocataire, semble avoir pour seul objectif de trouver l'amour auprès d'une jolie femme, mais ses conquêtes ont toutes déjà un petit ami. L'histoire de David Boring se déroule dans une réalité proche de la notre, où le surnaturel n'existe pas. C'est tout juste si Clowes joue le temps de quelques cases avec l'idée d'une médaille porte-bonheur. Mais au final cet élément sert plutôt de leitmotiv que de ressort dramatique. C'est d'ailleurs l'une des composantes de l'histoire que de mettre en avant des leitmotivs dans la vie du personnage. Il y a en particulier son attirance pour une forme particulière de postérieur chez les femmes. Après que Dot en ait fait le constat au cours de la conversation, chaque fois que Clowes choisit un cadrage qui met au premier plan le derrière d'une femme, le lecteur fait immédiatement le lien avec cette attirance qui flirte avec une forme douce de fétichisme pour Boring. Il y a d'autres motifs visuels qui ne sont répétés que 2 fois, telle la femme se baignant dans la mer (page 33 et page 116). le lecteur en retire l'impression que la vie de David Boring s'inscrit dans une forme de prédestination, renforcée par l'apparition le temps d'une case de l’œil de Dieu (imaginé par Boring). Clowes indique par là que Boring est entièrement à la merci de son imagination d'auteur. La présence de l'auteur derrière les cases et les agissements des personnages se fait également ressentir dans les quelques événements arbitraires qui insufflent une tension dramatique similaire à celle d'un récit d'action tels qu'un coup de feu ou une mystérieuse épidémie. D'un coté il est possible d'y voir un artifice de l'auteur souhaitant insérer une forme d'énergie liée à l'action ; de l'autre il est possible d'y voir une volonté délibérée de la part de Clowes de faire ressortir la théâtralité de son récit pour que le lecteur ne se concentre plus que sur les états d'esprit du personnage principal. Quoi qu'il en soit, Daniel Clowes adopte un ton narratif le plus prosaïque possible, le plus terre à terre possible, en évitant tout sensationnalisme. Cette volonté est apparente dans les illustrations. Clowes utilise un style à la fois réaliste et simplifié pour que chaque image puisse être assimilée immédiatement à la lecture. Pour autant, chaque case contient des informations visuelles qui rendent chaque personnage unique, chaque lieu spécifique. Dès la deuxième case, alors que Boring est en train d'avoir un rapport sexuel avec cette jeune femme, le lecteur peut se promener avec les yeux dans cette chambre : une lampe de chevet au style vieillot, quelques vêtements par terre, une commode sur laquelle est posé un vase, les rideaux, la silhouette de quelques immeubles. En une seule image, Clowes sait décrire tout un lieu qui donne des informations sur la personnalité de son propriétaire. Son travail sur le langage corporel et sur les expressions proscrit toute exagération ou comportement outré. La finesse de ses traits lui permet de faire passer toute sorte de sentiments et de sensations par le jeu des acteurs. Il y a également de savants découpages de séquences (certaines muettes) qui décrivent une action, tout en transcrivant avec aisance la tension entre les personnages ou leur état d'esprit. Par exemple, Boring se lance à peloter les fesses de sa conquête du moment, tous les 2 allongés sur un lit. le lecteur perçoit toute son hésitation, sa tension intérieure, l'intensité dans la retenue de ses mouvements. Par le biais de la vie étrange de David Boring (à la fois active et passive), Daniel Clowes s'amuse à mettre en scène la vie intérieure de son personnage, et à dresser un portrait psychologique sophistiqué et nuancé. Il joue avec le thème du complexe d’œdipe, sans en dire le nom, Boring cherchant un sens dans le dernier objet laissé par son père (un comics de superhéros). Il s'amuse à tester les limites des dispositifs narratifs en attirant l'attention du lecteur sur le caractère arbitraire des événements exceptionnels. Il décortique une forme douce de narcissisme, avec une expression de la force vitale sous la forme d'une sexualité peu sublimée. Sous des dehors de chronique de la vie d'un personnage falot et égocentrique, Daniel Clowes met en scène des principes psychologiques, sans jamais recourir au vocabulaire propre à la psychanalyse. Il préfère montrer plutôt que d'expliquer. Il aboutit à un récit hypnotique peuplé de personnages à fortes personnalités, attachants malgré leur caractère bizarre.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

Avec une dream team composée par Alain Ayroles au scénario et Juanjo Guarnido au dessin, il devient presque difficile de ne pas décevoir. Et j’avais beau avoir des attentes élevées, ca a très bien marché pour moi. Le récit explore des thèmes classiques du roman picaresque, où les petits vauriens règnent en maître. La survie par la ruse, la critique sociale et la quête de fortune dont donc au programme. Le scénario d’Alain Ayroles est riche et dense, mêlant habilement humour, satire et tragédie. La structure narrative est soignée, avec des retournements de situation bien placés et des dialogues vivants même si j’ai trouvé des passages un peu longs voire tirés par les cheveux. Le dessin de Juanjo Guarnido est comme on pouvait s’y attendre époustouflant. Quittant l'anthropomorphisme, Guarnido apporte un réalisme détaillé. Ses illustrations regorgent de détails, que ce soit dans les paysages luxuriants, les scènes de ville animées ou les expressions faciales des personnages. Chaque planche est une œuvre d’art en soi, j’adore. Si ce n’est une BD culte, "Les Indes fourbes" est pour moi une BD incontournable.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Superbe réinterprétation de “La Ferme des Animaux”. L’auteur s’inspire de l’idée originale de George Orwell et prend beaucoup de libertés, ce qui aurait pu être un exercice délicat. Il parvient à transformer cette réinterprétation en une œuvre tout à fait réussie de mon point de vue. Les libertés prises par Xavier Dorison avec le récit de base sont non seulement audacieuses mais aussi bien exécutées, ajoutant une dimension nouvelle et pertinente à l’histoire sans trahir l’essence du message original. Le récit est fluide et se lit avec facilité. Cette fluidité s’accompagne parfois d’un manque de subtilité dans le déroulement de l’intrigue. Certaines transitions et développements semblent conçus pour rendre le récit plus accessible au grand public, ce qui peut en ôter un peu de la profondeur et de la nuance. Cette approche est efficace pour toucher un large lectorat, mais elle m’empêche de lui donner une note parfaite. Le dessin de Felix Delep et la mise en couleurs de Jessica Bodard sont remarquables. Chaque page est un véritable plaisir pour les yeux, avec des illustrations qui capturent parfaitement l’atmosphère de l’histoire et les émotions des personnages. La mise en page est également excellente, avec une composition qui guide le lecteur de manière intuitive et renforce l’impact visuel du récit. Les scènes clés sont particulièrement bien mises en valeur, offrant des moments mémorables et saisissants. En somme, cette réinterprétation de “La Ferme des Animaux” est une très belle surprise. Bien que j’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans certains aspects du récit, l’ensemble est une réussite. Le travail de l’auteur, tant sur le plan narratif que visuel, mérite d’être salué. C’est une œuvre qui ravira autant les fans de l’original que les nouveaux lecteurs, offrant une nouvelle perspective sur une histoire intemporelle.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Demon (Shiga)
Demon (Shiga)

J'ai rarement vu un mélange aussi riche d'action, d'humour, de loufoqueries servies par un dessin typé cartoon hyper lisible et épuré. Le tout est emballé dans un livre de 750 pages et 2 kg (quand même) que l'on ne voit pas passer. Jason Shiga dit dans l’avant-propos : « En travaillant à ce projet, j’ai réalisé un vieux rêve : celui de franchir les limites de la décence et du bon goût à toutes les pages. » C'est clairement une réussite de ce point de vue. C'est trash, décalé mais pas débile et au final très divertissant. Ma plus belle découverte de l'année. Difficile de décrire plus cet OVNI sans spoil.

03/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Ulysse & Cyrano
Ulysse & Cyrano

Fichtre ! Il s'en est fallu de peu que j'attribue la note maximale à cet album ! Sans doute ma frilosité est-elle due à sa thématique somme toute très classique mais même de ce point de vue, je trouve que les auteurs parviennent à faire du neuf avec du vieux. Cet album, s'il nous conte avant tout une histoire d'amitié, développe avec intelligence la thématique de l'accomplissement personnel. Choisir, c'est renoncer, disait André Gide, et cette citation résume parfaitement l'ensemble du livre. Les auteurs nous amènent ainsi à réfléchir sur nos propres choix, à réaliser la charge qui pèse sur chacun d'entre nous, résultante de nos choix de vie, et qu'il nous faudra assumer. C'est une très belle thématique, que je trouve finement développée dans le présent album. Mais ce thème ne serait rien sans les personnages qui le portent. Le couple formé par Ulysse et Cyrano est extrêmement classique et il est difficile de ne pas s'attacher à ces deux gaillards. Mais ce sont les rôles secondaires qui sont à mes yeux les mieux réussis, à commencer par le père d'Ulysse, qui en présente l'antithèse parfaite et dont on se rend progressivement compte des sacrifices qu'il a dû accepter pour un prétendu confort matériel. Et puis il y a le livre objet en lui-même. Les éditions Casterman ont vu les choses en grand et non seulement l'objet présente un format impressionnant mais, en plus, les planches de Stéphane Servain sont toutes extrêmement soignées et belles à voir. Car ce n'est pas tout d'avoir un bel écrin, encore faut-il qu'il convienne au bijou qu'il renferme. Et ici, c'est le cas. Aucune planche ne m'a semblé vide, aucun décor ne m'a semblé pauvre, aucun regard ne m'a semblé creux. La richesse des planches justifie le format de la bande dessinée. Même la pagination m'a semblé parfaite. Franchement, on n'est pas passé loin du culte !

03/06/2024 (modifier)