Je ne vois pas ce qui pourrait être plus culte que cet ensemble de scénettes désespérantes et jouissives de cynisme.
Et pourtant quel bon sens !!!
Dans notre société de sur-dés-information où l'esprit critique est tellement absent, il manque une suite à ces fabuleuses idées noires.
C'est un monument à acquérir absolument, on ne peut pas passer à côté et on prend toujours autant de plaisir à les relire de multiples fois.
Merci monsieur Franquin, vous nous manquez tant.
Que dire sur cette série ?
Qu'elle est glauque, Chtulhienne, x-filienne ?
Sans doute un peu de tout ça et encore plus, mais pour l'apprécier sans doute faut-il être quelque peu curieux et initié à l'ésotérisme, sans doute un peu rôliste quelque part et kabaliste sur les bords.
Mais sans véritablement l'être on peut toutefois grandement apprécier l'ambiance graphique et les découpages dynamiques. Les dessins peuvent parfois paraître un peu sommaires mais c'est précisemment pour rajouter du punch à l'ambiance mystique qui s'en dégage.
Et puis suivre les enquêtes d'un demi-rejeton de l'enfer qui s'avoue lui-même quasi-agnostique, c'est surprenant. Quelque chose de cynique et de désespéré s'en dégage, comme un air de vieille prophétie.
Tous les tomes parus à l'heure actuelle ne sont pas du même niveau mais l'ensemble est assurément atypique et mérite d'être connu et reconnu.
Alors oui, Hellboy c'est du culte baby !
Je ne vais pas redire ce que les autres ont dit à propos de ce chef d'oeuvre. Je pense que toute amateur de BD devrait lire au moins une fois dans sa vie "Maus". Quelle force et quelle profondeur dans le récit !!!
Culte et immanquable.
Sans conteste une des meilleures bd qu’il m’ait été donné de lire !
La qualité des scénarios de Vehlmann surprend. Non pas que je m’attendais à quelque chose de banal, mais j’ai été littéralement captivé par la richesse et l'inventivité de chaque "nouvelle". Pourtant, le cadre de ces récits ne prête guère au réjouissances. Les défis lancés par les lords au Green Manor’s Club sont à la fois cyniques, machiavéliques, astucieux et audacieux. De plus, la narration colle parfaitement à l’idée qu’on peut se faire de la bourgeoisie anglaise de cette fin 19e. On s’amuse à imaginer le fin mot de l’histoire et on est a chaque fois bluffé par le dénouement.
Quant au travail fourni par Bodart, il est conséquent. J’ai rarement vu une telle pléthore de personnages.
"Culte" car tous les récits sont de la même qualité graphique et narrative. Il n’y en a pas un qui souffre de la moindre faiblesse. C’est assez rare que pour être souligné!
J’ai lu une nouvelle du Green Manor dans le mag Spirou, à paraître dans le tome 3. Cela promet ! Dommage que ce tome soit le dernier de la série...
Bon, il est clair que je ne vais rien dire de nouveau mais il est bon d'encourager les auteurs. :)
Cela faisait un moment que je n'avais pas pris une telle claque à la lecture d'un album. Tout d'abord les dessins, superbes, magnifiques... Que dire si ce n'est que si l'on accroche un peu au style, on ne peut que succomber... et dans le cas contraire, devenir un converti !
Quant à l'histoire, elle est très prometteuse, même s'il faut bien dire que cela reste un premier album, donc une mise en place... J'attends la suite avec impatience !
Peut-être que certains trouveront le 5/5 exagéré, mais elle rentre direct dans mon top du top. :)
Culte sans hésiter, malgré les derniers tomes, qui se traînent lamentablement (en fait, depuis le disparition de Goscinny).
Vraiment une bd phare, presque fondatrice. C'est le genre de série qui a vraiment fait décoller la bd franco-belge. L'humour y est omniprésent, fin, jamais vulgaire. Les pays visités par nos héros y sont toujours merveilleusement exposés, en evitant soigneusement les lieux communs ou les clichés.
Bon, je m'arrête là, c'est de toute manière une série que j'ai tellement lue, relue, intégrée, que je peux en citer des passages entiers par coeur. Et pourtant je prend encore plaisir à la relire encore et toujours.
Hello, je ne comprends pas comment certains peuvent mettre 1 ou 2 étoiles pour cette série. C'est un blasphème que diantre ! Surtout ne les écoutez pas, car cette série est extraordinaire et unique dans son développement du héros dans la voie du mal. Certes, je suis d'accord que quelques fois les dessins sont un peu confus et les bulles mal placées, mais réciproquement les dessins sont d'une richesse incroyable tant au niveau des détails que de leur beauté -- je peux vous dire que certains me font même frissonner... brrr. En bref, à acheter absolument !
Mon gros coup de cœur du moment! Un pur bijou de psychologie fine et de cynisme ordinaire. La relation entre ces deux jeunes mariés par correspondance est dépeinte avec tant de nuance! Comme le dit ThePat, dès le début on croit que tout est plié, que l'on connaît déjà le dénouement de l'intrigue... Et puis la fin nous laisse sur le cul, elle est si déroutante et géniale à la fois.
Le dessin n’a l’air de rien mais le découpage est extraordinaire, inventif, dynamique et d’une force narrative que l’on ne retrouve que chez les grands auteurs de bd.
Indéniablement "Blankets" est une oeuvre à part dans le monde de la BD. Pour moi, jeune initié à la BD intimiste autobiographique, cet ouvrage a été l'objet de la découverte du vrai sens du terme souvent usité par certains de mes congénères : "roman graphique" et qui avait su jusque là préserver une opacité digne d'une oeuvre de Faulkner.
Pour tout dire j'avais l'impression que ces deux mots étaient en fait un oxymore. C'est vrai, comment peut-on relier dans une même expression deux termes qu'on tache depuis toujours de dissocier dans la bande dessinée. Celle-ci, souvent considérée comme un hybride, nage entre deux eaux. D'un côté le dessin, qui sans être de l'art est au service du texte, qui n'est pas de la littérature.
Craig Thompson dans "Blankets" tente de faire oublier à son lecteur qu'il lit une bande dessinée (ma foi bien épaisse). Son style d'écriture se détache de la prose platonique, sèche etn n'ayons pas peur des motsn stylistiquement pauvre et laide qu'on peut couramment lire dans des mangas ou BD. L'auteur se permet d'introduire une part de contingence indispensable (moi aussi je fais dans l'oxymore) à sa narration. Effectivement, il y quelque chose de dispensable qui devient indispensable pour élever le texte à la hauteur de la littérature. Ce qui peut paraître inutile, c'est bien sûr la narration à la première personne qui alterne avec les dialogues et les silences. Mais cette dernière installe une dimension lyrique digne d'un romantique du XIXe siècle. Ces paysage de neige qu'il contemple, c'est René de Chateaubriand qui observe la nature. C'est tout le mythe de la végétation qui est à nouveau développé à travers cette histoire d'amour moderne.
Car si la narration peut paraître fraîche, salvatrice, et savoureuse, on peut en dire autant pour la justesse dont fait preuve l'auteur pour raconter une histoire en somme assez banale. Evidemment, certains pourraient dire qu'on tombe parfois dans des clichés : l'ado solitaire, rêveur, artiste... Vivant dans un monde fantasmagorique, reflet d'un désir d'échapper à la réalité. Je ne nie pas tout cela, mais Craig Thompson fait continuer le rêve durant 6 chapitres. On pourrait croire qu'en rencontrant la belle jeune fille, il s'épanouirait, sortirait de ses rêves. Cependant il rentre dans une autre dimension onirique où Raina devient sa muse. Les deux derniers marquent les esprits tant ils sont durs. Le réveil est brusque et douloureux !
A travers Craig, on retrouve un petit bout de soi. On se rappelle de ces moments heureux qu'on a vécus. Ces moments qu'on savourait et dont on connaissait l'issue, mais qu'on s'évertuait à oublier. On laisse quelques marques sur la neige, on les croit immuables. Elles disparaissent immanquablement... Mais aussi, ces moments qui vous changent d'un jour ou l'autre, qui laissent une trace. Thompson souffle toutes les saisons, il nous fait frissonner avec son air glacial, ses paysages enneigés et il nous réchauffe avec une histoire d'amour allant au-delà des saisons, qui permet de ne pas sentir les effets de cette saison morte.
Enfin, l'originalité du personnage de Craig vient de sa passion pour la religion. On a l'impression qu'à travers sa BD, l'auteur cherche à exprimer le cheminement de sa pensée. Celle d'un ado élevé dans une famille ultra catholique, enfermée dans une petite ville des Etats-Unis où les préjugés priment. Ses rêves sont dans un premier temps le moyen d'exprimer sa foi. Mais avec l'arrivée de Raina c'est une émancipation qui s'opère, aussi bien envers sa famille qu'envers la religion. D'un point de vue assez terre à terre, le jeune homme se rend compte que le péché de luxure ne l’a pas encore foudroyé. Ce qui est peut-être décevant c'est qu'il condamne finalement totalement la religion. Il renie totalement sa foi, qui aurait pu selon moi être préservé avec un bémol. Car renier aussi rapidement la religion c'est comme partir d'un coup de tête, sans véritable argument. Effectivement la Bible est un vieux texte qui à travers ses différentes traductions à perdu de sa véracité mais il n'en demeure pas moins qu'elle pose les piliers d’une possibilité de l'existence humaine, voire de l'univers !
Le dessin est plus que jamais au service du texte et de l'idée. Le côté onirique est parfaitement exprimé avec des apparitions farfelues. Le trait gras, généreux, sensible de Craig Thompson est enchanteur. Il nous permet de se plonger dans le monde bien particulier qui est le sien. Un mélange de poésie, de rêve, de douce cruauté... Le cadrage est époustouflant d'ingéniosité. Il fait la liaison obligatoire entre le texte, l'image et les sentiments. Ainsi je me vois tomber en larme dans les derniers chapitres avec un découpage inattendu. On glisse d'une vignette à l'autre en cherchant à faire le lien avec les mots, les phrases. Il y a une réciprocité entre les deux éléments distincts que sont le texte et l'image : l'un permet d'expliquer l'autre et de le compléter.
Ma lecture de "Blankets" fut éprouvante et ludique.
Je sors comme j'aime sortir d'une oeuvre : époustouflé, ayant l'impression d'avoir ouvert une porte, d'avoir découvert quelque chose de nouveau.
Cette lecture et cet avis sont ma foi épisodiques, mais je fais comme Craig Thompson, « Quel plaisir que de laisser des traces sur une surface immaculée. De tracer une carte de mes pas… peu importe si c’est temporaire. »
Je dois avouer que je suis étonné par certaines des critiques. Tout d'abord parce que j'aime ce dessin…Influencé par l’art nouveau, il traduit à merveille l’ambiance de l'époque (dans un style parallèle et beaucoup plus européen, j’avais déjà apprécié "Fog"). Il fallait oser, et je trouve que le travail est de qualité, minutieux, rempli de fantaisies. En témoignent le tableau à colorier ou le jeu de l’oie. Outre cet aspect, j'ai adoré les personnages. Quelle idée géniale de mélanger dans une même histoire tous ces grands noms de la littérature ! Cela m'a donné envie de lire voire de relire certaines épopées de ces grands aventuriers. Tout cela me replonge dans mon enfance et garde un arrière goût de mystère et de rêve. En somme, j'étais déjà au comble de la joie. Toutefois, la cerise sur le gâteau est venue de l'histoire. En effet, le scénario est bien ficelé nous tenant en haleine tout au long de l’histoire. Je n’ai pas eu l’impression de m’ennuyer et au fur et à mesure des pages, de nouveaux détails venaient stimuler mon esprit. Vraiment une oeuvre originale qui donne envie de lire et lire encore plus de bande dessinée de ce type.
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Idées Noires
Je ne vois pas ce qui pourrait être plus culte que cet ensemble de scénettes désespérantes et jouissives de cynisme. Et pourtant quel bon sens !!! Dans notre société de sur-dés-information où l'esprit critique est tellement absent, il manque une suite à ces fabuleuses idées noires. C'est un monument à acquérir absolument, on ne peut pas passer à côté et on prend toujours autant de plaisir à les relire de multiples fois. Merci monsieur Franquin, vous nous manquez tant.
Hellboy
Que dire sur cette série ? Qu'elle est glauque, Chtulhienne, x-filienne ? Sans doute un peu de tout ça et encore plus, mais pour l'apprécier sans doute faut-il être quelque peu curieux et initié à l'ésotérisme, sans doute un peu rôliste quelque part et kabaliste sur les bords. Mais sans véritablement l'être on peut toutefois grandement apprécier l'ambiance graphique et les découpages dynamiques. Les dessins peuvent parfois paraître un peu sommaires mais c'est précisemment pour rajouter du punch à l'ambiance mystique qui s'en dégage. Et puis suivre les enquêtes d'un demi-rejeton de l'enfer qui s'avoue lui-même quasi-agnostique, c'est surprenant. Quelque chose de cynique et de désespéré s'en dégage, comme un air de vieille prophétie. Tous les tomes parus à l'heure actuelle ne sont pas du même niveau mais l'ensemble est assurément atypique et mérite d'être connu et reconnu. Alors oui, Hellboy c'est du culte baby !
Maus
Je ne vais pas redire ce que les autres ont dit à propos de ce chef d'oeuvre. Je pense que toute amateur de BD devrait lire au moins une fois dans sa vie "Maus". Quelle force et quelle profondeur dans le récit !!! Culte et immanquable.
Green Manor
Sans conteste une des meilleures bd qu’il m’ait été donné de lire ! La qualité des scénarios de Vehlmann surprend. Non pas que je m’attendais à quelque chose de banal, mais j’ai été littéralement captivé par la richesse et l'inventivité de chaque "nouvelle". Pourtant, le cadre de ces récits ne prête guère au réjouissances. Les défis lancés par les lords au Green Manor’s Club sont à la fois cyniques, machiavéliques, astucieux et audacieux. De plus, la narration colle parfaitement à l’idée qu’on peut se faire de la bourgeoisie anglaise de cette fin 19e. On s’amuse à imaginer le fin mot de l’histoire et on est a chaque fois bluffé par le dénouement. Quant au travail fourni par Bodart, il est conséquent. J’ai rarement vu une telle pléthore de personnages. "Culte" car tous les récits sont de la même qualité graphique et narrative. Il n’y en a pas un qui souffre de la moindre faiblesse. C’est assez rare que pour être souligné! J’ai lu une nouvelle du Green Manor dans le mag Spirou, à paraître dans le tome 3. Cela promet ! Dommage que ce tome soit le dernier de la série...
Alim le tanneur
Bon, il est clair que je ne vais rien dire de nouveau mais il est bon d'encourager les auteurs. :) Cela faisait un moment que je n'avais pas pris une telle claque à la lecture d'un album. Tout d'abord les dessins, superbes, magnifiques... Que dire si ce n'est que si l'on accroche un peu au style, on ne peut que succomber... et dans le cas contraire, devenir un converti ! Quant à l'histoire, elle est très prometteuse, même s'il faut bien dire que cela reste un premier album, donc une mise en place... J'attends la suite avec impatience ! Peut-être que certains trouveront le 5/5 exagéré, mais elle rentre direct dans mon top du top. :)
Astérix
Culte sans hésiter, malgré les derniers tomes, qui se traînent lamentablement (en fait, depuis le disparition de Goscinny). Vraiment une bd phare, presque fondatrice. C'est le genre de série qui a vraiment fait décoller la bd franco-belge. L'humour y est omniprésent, fin, jamais vulgaire. Les pays visités par nos héros y sont toujours merveilleusement exposés, en evitant soigneusement les lieux communs ou les clichés. Bon, je m'arrête là, c'est de toute manière une série que j'ai tellement lue, relue, intégrée, que je peux en citer des passages entiers par coeur. Et pourtant je prend encore plaisir à la relire encore et toujours.
Chroniques de la lune noire
Hello, je ne comprends pas comment certains peuvent mettre 1 ou 2 étoiles pour cette série. C'est un blasphème que diantre ! Surtout ne les écoutez pas, car cette série est extraordinaire et unique dans son développement du héros dans la voie du mal. Certes, je suis d'accord que quelques fois les dessins sont un peu confus et les bulles mal placées, mais réciproquement les dessins sont d'une richesse incroyable tant au niveau des détails que de leur beauté -- je peux vous dire que certains me font même frissonner... brrr. En bref, à acheter absolument !
Mariée par correspondance
Mon gros coup de cœur du moment! Un pur bijou de psychologie fine et de cynisme ordinaire. La relation entre ces deux jeunes mariés par correspondance est dépeinte avec tant de nuance! Comme le dit ThePat, dès le début on croit que tout est plié, que l'on connaît déjà le dénouement de l'intrigue... Et puis la fin nous laisse sur le cul, elle est si déroutante et géniale à la fois. Le dessin n’a l’air de rien mais le découpage est extraordinaire, inventif, dynamique et d’une force narrative que l’on ne retrouve que chez les grands auteurs de bd.
Blankets - Manteau de neige
Indéniablement "Blankets" est une oeuvre à part dans le monde de la BD. Pour moi, jeune initié à la BD intimiste autobiographique, cet ouvrage a été l'objet de la découverte du vrai sens du terme souvent usité par certains de mes congénères : "roman graphique" et qui avait su jusque là préserver une opacité digne d'une oeuvre de Faulkner. Pour tout dire j'avais l'impression que ces deux mots étaient en fait un oxymore. C'est vrai, comment peut-on relier dans une même expression deux termes qu'on tache depuis toujours de dissocier dans la bande dessinée. Celle-ci, souvent considérée comme un hybride, nage entre deux eaux. D'un côté le dessin, qui sans être de l'art est au service du texte, qui n'est pas de la littérature. Craig Thompson dans "Blankets" tente de faire oublier à son lecteur qu'il lit une bande dessinée (ma foi bien épaisse). Son style d'écriture se détache de la prose platonique, sèche etn n'ayons pas peur des motsn stylistiquement pauvre et laide qu'on peut couramment lire dans des mangas ou BD. L'auteur se permet d'introduire une part de contingence indispensable (moi aussi je fais dans l'oxymore) à sa narration. Effectivement, il y quelque chose de dispensable qui devient indispensable pour élever le texte à la hauteur de la littérature. Ce qui peut paraître inutile, c'est bien sûr la narration à la première personne qui alterne avec les dialogues et les silences. Mais cette dernière installe une dimension lyrique digne d'un romantique du XIXe siècle. Ces paysage de neige qu'il contemple, c'est René de Chateaubriand qui observe la nature. C'est tout le mythe de la végétation qui est à nouveau développé à travers cette histoire d'amour moderne. Car si la narration peut paraître fraîche, salvatrice, et savoureuse, on peut en dire autant pour la justesse dont fait preuve l'auteur pour raconter une histoire en somme assez banale. Evidemment, certains pourraient dire qu'on tombe parfois dans des clichés : l'ado solitaire, rêveur, artiste... Vivant dans un monde fantasmagorique, reflet d'un désir d'échapper à la réalité. Je ne nie pas tout cela, mais Craig Thompson fait continuer le rêve durant 6 chapitres. On pourrait croire qu'en rencontrant la belle jeune fille, il s'épanouirait, sortirait de ses rêves. Cependant il rentre dans une autre dimension onirique où Raina devient sa muse. Les deux derniers marquent les esprits tant ils sont durs. Le réveil est brusque et douloureux ! A travers Craig, on retrouve un petit bout de soi. On se rappelle de ces moments heureux qu'on a vécus. Ces moments qu'on savourait et dont on connaissait l'issue, mais qu'on s'évertuait à oublier. On laisse quelques marques sur la neige, on les croit immuables. Elles disparaissent immanquablement... Mais aussi, ces moments qui vous changent d'un jour ou l'autre, qui laissent une trace. Thompson souffle toutes les saisons, il nous fait frissonner avec son air glacial, ses paysages enneigés et il nous réchauffe avec une histoire d'amour allant au-delà des saisons, qui permet de ne pas sentir les effets de cette saison morte. Enfin, l'originalité du personnage de Craig vient de sa passion pour la religion. On a l'impression qu'à travers sa BD, l'auteur cherche à exprimer le cheminement de sa pensée. Celle d'un ado élevé dans une famille ultra catholique, enfermée dans une petite ville des Etats-Unis où les préjugés priment. Ses rêves sont dans un premier temps le moyen d'exprimer sa foi. Mais avec l'arrivée de Raina c'est une émancipation qui s'opère, aussi bien envers sa famille qu'envers la religion. D'un point de vue assez terre à terre, le jeune homme se rend compte que le péché de luxure ne l’a pas encore foudroyé. Ce qui est peut-être décevant c'est qu'il condamne finalement totalement la religion. Il renie totalement sa foi, qui aurait pu selon moi être préservé avec un bémol. Car renier aussi rapidement la religion c'est comme partir d'un coup de tête, sans véritable argument. Effectivement la Bible est un vieux texte qui à travers ses différentes traductions à perdu de sa véracité mais il n'en demeure pas moins qu'elle pose les piliers d’une possibilité de l'existence humaine, voire de l'univers ! Le dessin est plus que jamais au service du texte et de l'idée. Le côté onirique est parfaitement exprimé avec des apparitions farfelues. Le trait gras, généreux, sensible de Craig Thompson est enchanteur. Il nous permet de se plonger dans le monde bien particulier qui est le sien. Un mélange de poésie, de rêve, de douce cruauté... Le cadrage est époustouflant d'ingéniosité. Il fait la liaison obligatoire entre le texte, l'image et les sentiments. Ainsi je me vois tomber en larme dans les derniers chapitres avec un découpage inattendu. On glisse d'une vignette à l'autre en cherchant à faire le lien avec les mots, les phrases. Il y a une réciprocité entre les deux éléments distincts que sont le texte et l'image : l'un permet d'expliquer l'autre et de le compléter. Ma lecture de "Blankets" fut éprouvante et ludique. Je sors comme j'aime sortir d'une oeuvre : époustouflé, ayant l'impression d'avoir ouvert une porte, d'avoir découvert quelque chose de nouveau. Cette lecture et cet avis sont ma foi épisodiques, mais je fais comme Craig Thompson, « Quel plaisir que de laisser des traces sur une surface immaculée. De tracer une carte de mes pas… peu importe si c’est temporaire. »
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
Je dois avouer que je suis étonné par certaines des critiques. Tout d'abord parce que j'aime ce dessin…Influencé par l’art nouveau, il traduit à merveille l’ambiance de l'époque (dans un style parallèle et beaucoup plus européen, j’avais déjà apprécié "Fog"). Il fallait oser, et je trouve que le travail est de qualité, minutieux, rempli de fantaisies. En témoignent le tableau à colorier ou le jeu de l’oie. Outre cet aspect, j'ai adoré les personnages. Quelle idée géniale de mélanger dans une même histoire tous ces grands noms de la littérature ! Cela m'a donné envie de lire voire de relire certaines épopées de ces grands aventuriers. Tout cela me replonge dans mon enfance et garde un arrière goût de mystère et de rêve. En somme, j'étais déjà au comble de la joie. Toutefois, la cerise sur le gâteau est venue de l'histoire. En effet, le scénario est bien ficelé nous tenant en haleine tout au long de l’histoire. Je n’ai pas eu l’impression de m’ennuyer et au fur et à mesure des pages, de nouveaux détails venaient stimuler mon esprit. Vraiment une oeuvre originale qui donne envie de lire et lire encore plus de bande dessinée de ce type.