C'est vraiment du bonheur de lire les œuvres de Chabouté que j'aime beaucoup. Tout seul présente une personne qui est seule (comme l'indique le titre) dans un phare. Pour passer le temps, il se sert de son imagination et essaie de deviner comment est le monde "extérieur".
Chabouté retranscrit parfaitement la solitude par ses dessins noir et blanc (qui se prête très bien à ce cas), et les expressions de visage du personnage permettent de comprendre ce qu'il ressent sans besoin de texte. Le fait d'avoir très peu de texte et de jouer sur des dessins qui s'enchaînent les uns aux autres (un peu comme un film) accélère la vitesse de lecture et donne de la dynamique, ce qui fait que cette bd se lit très rapidement et sans aucun ennui.
Le scénario est bien mené jusqu'au bout, car le lecteur apprend petit à petit le sujet, plonge au fur et à mesure dans la peau du personnage, pour arriver au final à le comprendre et voir différemment par ses yeux. Le procédé est vraiment bien réussi et nous amène à réfléchir sur les petits bonheurs journaliers.
L'incal ? C'est bien évidemment un des grands incontournables de la BD !! Que l'on aime ou que l'on n'aime pas : Il faut l'avoir lu !
Moebius et Jodorowsky, Jodorowsky et Moebius : un duo dans toute sa splendeur !!! Il est incarné par un John Difool, détective privé de classe « r », illustre et innommable anti-héros : égoïste égocentrique, minable, couard, lâche, fainéant, macho, abruti, stupide, crétin et fier de l'être.
Il ne maîtrise rien et tout passe par lui. Moebius lui donne le grand rôle d'une manière si limpide que ça nous paraît simple. Or c'est une prouesse scénaristique absolue (à mon humble avis).
L'histoire se greffe autour de ce bon à rien et mauvais en tout. L'intrigue rebondit tel un mécanisme perpétuel au travers d'idées toujours plus surprenantes les unes que les autres. Voilà bien dix ans que je n'ai pas relu cette fantastique série et je garde en tête de nombreux passages de cette fiction extrêmement bien tournée du début jusqu'à la fin.
L'univers de science fiction n'en reste pas moins burlesque et « léger » à lire. On ne sombre jamais dans le dérisoire. Tout est utile et rien n'est en trop. On va droit au but. Le résultat en est particulièrement efficace et clair. Pas de détour, ni de sentiment (de toute façon le mot « sentiment » ne doit pas faire parti du vocabulaire de John Difool détective privé de classe « r »), le récit avance et évolue au fur et à mesure que l'on tourne tranquillement les pages.
Pour ceux qui n'aiment pas le dessin : je dirais simplement qu'on a jamais demandé à Mozart de chanter du rap, ni à Renoir de faire de la bd...
L'incal est une bd sortie pendant les années 80 et le dessin va très bien avec le style de l'époque.
Un trait particulier en effet, mais qui laisse la place à une ambiance imaginaire, intrigante particulièrement bien adaptée à l'univers malgré tout torturé de Moebius.
(Note : on le retrouvera avec plaisir dans l'animé « les maîtres du temps », chef d'oeuvre intemporel mené par une équipe de maîtres en la matière).
Grâce à son dessin, Moebius s'extirpe des données temporelles et vogue facilement au gré de son imagination débordante. Du pragmatisme au fantastique en passant par l'anticipation, il se permet tout sans aucun détour et réussi à tirer l'essence spirituelles de ses mondes imaginaires.
Au risque de me répéter : c'est une véritable prouesse artistique et qui plus est, est prise avec recul et humour.
Moebius nous manipule tout au long de son histoire pendant que nous cherchons une fin dont finalement on connaît à l'avance le dénouement général.
Mais l'important n'est plus le dénouement en lui même mais comment allons-nous arriver à ce dénouement. L'important n'est plus la morale, mais l'histoire qui nous mène à cette morale (surtout avec cet incroyable « bras cassé » qui ne fait que repousser ce formidable destin qui lui ait attribué).
L'incal ou la rencontre de deux génies.
Astérix...
Autant culte qu'incontournable à mes yeux, cette série peuplée de personnages attachants, m'a fait voyager, rire, m'a ému... m'a fait lire des journées et des journées entière...
Je ne sais pas si Astérix est éternel, je ne sais pas si dans quelques décades on se souviendra d'Astérix, ce que je sais c'est qu'Astérix est une BD à laquelle je suis profondément attaché.
Les situations comiques extraordinaires, les merveilleux scénarios de Goscinny, les aventures passionnantes, les dialogues d'anthologie, les dessins d'Uderzo fourmillants de détails, sont des constantes d'Astérix, les choses qui font qu'Astérix est hors du commun.
Et je ne parle même pas des pages abondantes de jeux de mots ou des nombreux visages de personnalités de tous horizons, soigneusement choisis et croqués avec talent.
Astérix me plaisait quand j'étais enfant, Astérix me plais aujourd'hui.
En quelques phrases, mon but n'est pas d'argumenter, de critiquer, ou même simplement donner mon avis, je veux juste dire combien j'aime cette série.
Et tant pis si les quelques derniers albums parus ne m'ont guère fait sourire, je ne vais pas m'attarder la dessus.
Je n'ai plus lu d'Astérix depuis bien des années, pourtant j'ai toutes les vignettes en mémoire...
Je ne pourrai jamais oublier Astérix.
JJJ
Je flotte, ahuri. Prisonnier de la bulle nihiliste et lumineuse que Mezzo et Pirus ont créée pour moi. Je vagabonde entre les états d’âme. Béat, repus du plaisir, que dis-je, de la jouissance qu’offre cet exutoire par procuration, ce révélateur de mon immoralité bien trop dissimulée. Je suis troublé qu’elle me soit si froidement dévoilée. Un peu nauséeux aussi, dérangé quand l’obscénité me montre ce que je ne veux pas voir et qu’elle piétine les frontières de mes convenances. Mais je me reprends, et soudain embrasé, je ne veux plus que crier, éructer à la face du monde toute la fascination que m’inspire cette œuvre baroque. Ce grand-huit psychique m’effraie et me secoue parfois jusqu’à l’écoeurement, pourtant je n’ai qu’une envie : recommencer.
Goûter encore et encore cette fresque intimiste, acide et désenchantée. Retrouver mes nouveaux amis, ces antihéros du mal-être, et tel un voyeur insatiable, épier leurs existences tellement pitoyables qu’elles en deviendraient touchantes. Je me glisse insidieusement dans ces quotidiens qui se croisent et s’entrechoquent, car je crois que j’aime ces gens qui s’exposent au travers de leurs dérives. Leurs parties de jambes en l’air dissolues, fornications si mécaniques qu’elles en trivialisent l’acte sexuel. Leurs fantasmes alcoolisés, leurs défonces répétitives et toutes ces visions morbides, autant d’échappatoires et d’aveux de faiblesse. J’aime leur impudeur physique et psychologique et cette férocité crue, presque sensuelle. Coincés dans leurs corps et dans leurs têtes, rongés par la banalité, la médiocrité et l’ennui, ils ne font que hurler leur désir de vivre.
Ces humains existent. Il ne peut en être autrement. D'ailleurs, ils me parlent. À leur tour, chacun dans un chapitre, dans une tranche de vie, ils se racontent, m’expliquent ce qu’ils font et à quoi ils pensent. Sans émotion. La plume acerbe et le pinceau précis ne sont que des témoins froids et distants de leurs dérapages. Aucune apologie, aucun parti pris, aucune complaisance. La narration, envoutante, se veut volontairement statique. Les cadrages, hors du commun, sont impersonnels. La ligne sombre, très "pop-art", et ses couleurs sourdes affichent une beauté détachée, glacée. Tout concourt à la désincarnation, à renvoyer l’image de misérables insectes qui s’agitent dans une confusion frénétique et malsaine et s’échinent à fuir ce bocal sordide.
La haine, la dépravation, l’hypocrisie, le fatalisme, la lâcheté, la violence, la perversité, le cynisme, l'indigence, etc.… L’exhalaison de toute cette merde morale est devenue mon oxygène, ces excréments de l’âme, je m’en nourris, je m’en délecte comme d'un nectar. Je suis le nouveau Grégor et enfin je me métamorphose, maintenant je fais partie du peuple des mouches.
Vous avez aimé Les lois de l’attraction de B.Ellis et le Short cuts de R.Altman ? Le style de Charles Burns vous plait ? Daniel Clowes est, selon vous, le plus grand des sociologues ? Alors lisez Le roi des mouches !
Un électrochoc ! Un chef-d’œuvre !
Avalé d'un trait, super ! Excellent climat d'angoisse, d'intrigue, un bon thriller qui laisse présager une excellente suite ! Cette série va cartonner dans mes notes !
C'est l'histoire d'un adolescent casanier, amoureux d'une fille qui ne l'aime pas et qui a déjà un copain, il se fait tabasser, humilier... Aussi un gars qui a 55 ans environ, retraité je crois, il n'a pas pu sauver son fils dans la guerre des gangs. L'histoire d'une jeune femme maman qui en a marre d'avoir trop d'aventures et d'enfants avec des maris qu'elle quitte au fur et à mesure, ces maris la battaient. L'histoire d'un quadragénaire cadre qui gagne bien sa vie, pourtant il est pris dans la folie des jeux de casinos et de paris.
Tous ne se connaissent pas, jamais vu, et vont se croiser, se décroiser, et se recroiser, car tous ont reçu une lettre avec 10 000$ et une récompense d'un million s'ils abattent une personne ! Quelqu'un se cache derrière ce jeux, on ne s'est pas qui ! Et vous, vous seriez prêt à faire quoi pour 1 million de $ ?
Trop excellent, une des meilleures BD du 20ème siècle et du monde ! A noter qu'elle est parue dans le film Métal hurlant ! Lisez ! Cette BD vaut plus de 10 !
Le début est vraiment super intriguant, le suspense est palpable !! Ensuite les guerres, les créatures fantastiques, les fille nues, sont au rendez-vous !
Le scénario est excellent, du béton, du lourd !!
Les dessins sont excellents, comme d'habitude avec Corben ! Regarde également Profondeurs, Les milles et une nuits, Jeremy Brood, et Vols Fantastiques de Corben ! Aujourd'hui plusieurs BD de Corben atteignent une côte énorme parfois !
Culte ! A voir aussi le film ! La BD (comics) a un scénario triplement extraordinaire, on ne s’ennuie jamais ! Du solide, du gros calibre : 10/10 !
Marv à la recherche du pourquoi du comment, du qui, de quoi ? Les histoires s'entremêlent à Sin City, au fil des tomes, on se croise, on se décroise, et il faut l'avouer le noir et blanc est magnifique ! Les dessins aussi ! Regardez tous les autres tomes, avec Dwight, Hartigan... etc.
Excellent, je n'ai jamais vu une BD/Comics comme celui-ci, avec une ambiance thriller/policier crasseux, noir, morbide, sale, angoissante, et choquante. Des dessins magnifiques qui sont simples mais très recherchés...
"Fell" dénonce la guerre, les armes, la violence, enfin la société...
Excellent ! Du grand art ! Chapeau, à lire aussi 30 jours de nuit qui vaut également 10... avec le même dessinateur !
Je suis à deux doigts de mettre la note maximale ! C'est quasi culte, les dessins collent très bien à l'ambiance, à l'esprit de Titeuf... Il y a même des livres de poches, des dessins animés qui passent régulièrement à la télé, courez l'achetez ! Ca en vaut la peine !
Regardez aussi les hors-séries (Le Guide du zizi sexuel", "Petites poésies des saisons... etc.). Ce qui est aussi bien dans "Titeuf", c'est toute la panoplie de personnages qui sont extrêmement attachants, tout aussi attachants que Titeuf. Aussi Titeuf a bien son langage à lui, c'est marrant, mais c'est très fréquent à cet âge-là !
Les aventures sont super, on ne se lasse jamais ! Le moins bon reste le premier tome... Le tome est original par rapport aux autres, ce ne sont plus des "nouvelles" comme chaque page ou 2 pages d'aventures comme d'habitude, mais une vraie histoire...
Magnifique ! Purement et simplement !
Cette BD m'a été révélée dans tout sa splendeur da ma bibliothèque municipale et j'ai souvent reçu des menaces d'amendes pour retards excessifs (et répétés ... bien évidemment).
J'ai pu constater que cette magnifique (et ô combien hilarante) épopée fut plus qu'encensée sur ce site (malgré quelques esprits chagrins, mais bon, chacun ses goûts), mais je ne peux résister à l'envie d'ajouter ma pierre à l'édifice.
Des personnages hauts en couleurs, une histoire remontée et des dialogues et des situations à faire se briser toutes les côtes de la pire des faces de Carême (qui s'offusquera sûrement du ridicule où Don Lope et Kader savent si bien se plonger quand il est question de Religion - Merci M. Huttington !). Jugez-en plutôt, "[Boone] Nous avons été mystifiés !
- [Cigognac] Je le crains.
- [Boone] Mais on ne mystifie pas impunément un pirate !
- [Cigognac] Là je suis d'accord avec vous.
- [Boone] Tout ça va se payer !
- [Autres ...] Ouais !
- Va y avoir d'la viande froide !
- Du sang !
- Des Tripes !!!
- DES EXCUSES !!!"
...
Dix bonnes minutes me furent nécessaires pour m'en remettre la première fois...
J'ai un faible également pour les personnages d'Eusebe (qui est "trop mignon" - Señor Garcia) et Bombastus, qui constitue le plus formidable concentré de délire métaphysico-scientifique à avoir jamais existé dans une BD (Tournesol, Léonard et le Dr Slump peuvent aller se recoucher - Ses explications et la scène plus que mythique du décollage devraient être immortalisées par une statue). Le monde alternatif que constitue la Lune et ses habitants me firent verser quelques larmes (Surtout quand ils manquent de télescoper des philosophes dans l'Auberge Roulante). Les dialogues ciselés d'Ayroles, les dessins de Masbou et le comique des situations font de cette série un pur chef d'oeuvre à lire absolument !
Que le tome 9 accoure ! Je veux savoir la suite !
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Tout seul
C'est vraiment du bonheur de lire les œuvres de Chabouté que j'aime beaucoup. Tout seul présente une personne qui est seule (comme l'indique le titre) dans un phare. Pour passer le temps, il se sert de son imagination et essaie de deviner comment est le monde "extérieur". Chabouté retranscrit parfaitement la solitude par ses dessins noir et blanc (qui se prête très bien à ce cas), et les expressions de visage du personnage permettent de comprendre ce qu'il ressent sans besoin de texte. Le fait d'avoir très peu de texte et de jouer sur des dessins qui s'enchaînent les uns aux autres (un peu comme un film) accélère la vitesse de lecture et donne de la dynamique, ce qui fait que cette bd se lit très rapidement et sans aucun ennui. Le scénario est bien mené jusqu'au bout, car le lecteur apprend petit à petit le sujet, plonge au fur et à mesure dans la peau du personnage, pour arriver au final à le comprendre et voir différemment par ses yeux. Le procédé est vraiment bien réussi et nous amène à réfléchir sur les petits bonheurs journaliers.
L'Incal
L'incal ? C'est bien évidemment un des grands incontournables de la BD !! Que l'on aime ou que l'on n'aime pas : Il faut l'avoir lu ! Moebius et Jodorowsky, Jodorowsky et Moebius : un duo dans toute sa splendeur !!! Il est incarné par un John Difool, détective privé de classe « r », illustre et innommable anti-héros : égoïste égocentrique, minable, couard, lâche, fainéant, macho, abruti, stupide, crétin et fier de l'être. Il ne maîtrise rien et tout passe par lui. Moebius lui donne le grand rôle d'une manière si limpide que ça nous paraît simple. Or c'est une prouesse scénaristique absolue (à mon humble avis). L'histoire se greffe autour de ce bon à rien et mauvais en tout. L'intrigue rebondit tel un mécanisme perpétuel au travers d'idées toujours plus surprenantes les unes que les autres. Voilà bien dix ans que je n'ai pas relu cette fantastique série et je garde en tête de nombreux passages de cette fiction extrêmement bien tournée du début jusqu'à la fin. L'univers de science fiction n'en reste pas moins burlesque et « léger » à lire. On ne sombre jamais dans le dérisoire. Tout est utile et rien n'est en trop. On va droit au but. Le résultat en est particulièrement efficace et clair. Pas de détour, ni de sentiment (de toute façon le mot « sentiment » ne doit pas faire parti du vocabulaire de John Difool détective privé de classe « r »), le récit avance et évolue au fur et à mesure que l'on tourne tranquillement les pages. Pour ceux qui n'aiment pas le dessin : je dirais simplement qu'on a jamais demandé à Mozart de chanter du rap, ni à Renoir de faire de la bd... L'incal est une bd sortie pendant les années 80 et le dessin va très bien avec le style de l'époque. Un trait particulier en effet, mais qui laisse la place à une ambiance imaginaire, intrigante particulièrement bien adaptée à l'univers malgré tout torturé de Moebius. (Note : on le retrouvera avec plaisir dans l'animé « les maîtres du temps », chef d'oeuvre intemporel mené par une équipe de maîtres en la matière). Grâce à son dessin, Moebius s'extirpe des données temporelles et vogue facilement au gré de son imagination débordante. Du pragmatisme au fantastique en passant par l'anticipation, il se permet tout sans aucun détour et réussi à tirer l'essence spirituelles de ses mondes imaginaires. Au risque de me répéter : c'est une véritable prouesse artistique et qui plus est, est prise avec recul et humour. Moebius nous manipule tout au long de son histoire pendant que nous cherchons une fin dont finalement on connaît à l'avance le dénouement général. Mais l'important n'est plus le dénouement en lui même mais comment allons-nous arriver à ce dénouement. L'important n'est plus la morale, mais l'histoire qui nous mène à cette morale (surtout avec cet incroyable « bras cassé » qui ne fait que repousser ce formidable destin qui lui ait attribué). L'incal ou la rencontre de deux génies.
Astérix
Astérix... Autant culte qu'incontournable à mes yeux, cette série peuplée de personnages attachants, m'a fait voyager, rire, m'a ému... m'a fait lire des journées et des journées entière... Je ne sais pas si Astérix est éternel, je ne sais pas si dans quelques décades on se souviendra d'Astérix, ce que je sais c'est qu'Astérix est une BD à laquelle je suis profondément attaché. Les situations comiques extraordinaires, les merveilleux scénarios de Goscinny, les aventures passionnantes, les dialogues d'anthologie, les dessins d'Uderzo fourmillants de détails, sont des constantes d'Astérix, les choses qui font qu'Astérix est hors du commun. Et je ne parle même pas des pages abondantes de jeux de mots ou des nombreux visages de personnalités de tous horizons, soigneusement choisis et croqués avec talent. Astérix me plaisait quand j'étais enfant, Astérix me plais aujourd'hui. En quelques phrases, mon but n'est pas d'argumenter, de critiquer, ou même simplement donner mon avis, je veux juste dire combien j'aime cette série. Et tant pis si les quelques derniers albums parus ne m'ont guère fait sourire, je ne vais pas m'attarder la dessus. Je n'ai plus lu d'Astérix depuis bien des années, pourtant j'ai toutes les vignettes en mémoire... Je ne pourrai jamais oublier Astérix. JJJ
Le Roi des Mouches
Je flotte, ahuri. Prisonnier de la bulle nihiliste et lumineuse que Mezzo et Pirus ont créée pour moi. Je vagabonde entre les états d’âme. Béat, repus du plaisir, que dis-je, de la jouissance qu’offre cet exutoire par procuration, ce révélateur de mon immoralité bien trop dissimulée. Je suis troublé qu’elle me soit si froidement dévoilée. Un peu nauséeux aussi, dérangé quand l’obscénité me montre ce que je ne veux pas voir et qu’elle piétine les frontières de mes convenances. Mais je me reprends, et soudain embrasé, je ne veux plus que crier, éructer à la face du monde toute la fascination que m’inspire cette œuvre baroque. Ce grand-huit psychique m’effraie et me secoue parfois jusqu’à l’écoeurement, pourtant je n’ai qu’une envie : recommencer. Goûter encore et encore cette fresque intimiste, acide et désenchantée. Retrouver mes nouveaux amis, ces antihéros du mal-être, et tel un voyeur insatiable, épier leurs existences tellement pitoyables qu’elles en deviendraient touchantes. Je me glisse insidieusement dans ces quotidiens qui se croisent et s’entrechoquent, car je crois que j’aime ces gens qui s’exposent au travers de leurs dérives. Leurs parties de jambes en l’air dissolues, fornications si mécaniques qu’elles en trivialisent l’acte sexuel. Leurs fantasmes alcoolisés, leurs défonces répétitives et toutes ces visions morbides, autant d’échappatoires et d’aveux de faiblesse. J’aime leur impudeur physique et psychologique et cette férocité crue, presque sensuelle. Coincés dans leurs corps et dans leurs têtes, rongés par la banalité, la médiocrité et l’ennui, ils ne font que hurler leur désir de vivre. Ces humains existent. Il ne peut en être autrement. D'ailleurs, ils me parlent. À leur tour, chacun dans un chapitre, dans une tranche de vie, ils se racontent, m’expliquent ce qu’ils font et à quoi ils pensent. Sans émotion. La plume acerbe et le pinceau précis ne sont que des témoins froids et distants de leurs dérapages. Aucune apologie, aucun parti pris, aucune complaisance. La narration, envoutante, se veut volontairement statique. Les cadrages, hors du commun, sont impersonnels. La ligne sombre, très "pop-art", et ses couleurs sourdes affichent une beauté détachée, glacée. Tout concourt à la désincarnation, à renvoyer l’image de misérables insectes qui s’agitent dans une confusion frénétique et malsaine et s’échinent à fuir ce bocal sordide. La haine, la dépravation, l’hypocrisie, le fatalisme, la lâcheté, la violence, la perversité, le cynisme, l'indigence, etc.… L’exhalaison de toute cette merde morale est devenue mon oxygène, ces excréments de l’âme, je m’en nourris, je m’en délecte comme d'un nectar. Je suis le nouveau Grégor et enfin je me métamorphose, maintenant je fais partie du peuple des mouches. Vous avez aimé Les lois de l’attraction de B.Ellis et le Short cuts de R.Altman ? Le style de Charles Burns vous plait ? Daniel Clowes est, selon vous, le plus grand des sociologues ? Alors lisez Le roi des mouches ! Un électrochoc ! Un chef-d’œuvre !
Enchaînés
Avalé d'un trait, super ! Excellent climat d'angoisse, d'intrigue, un bon thriller qui laisse présager une excellente suite ! Cette série va cartonner dans mes notes ! C'est l'histoire d'un adolescent casanier, amoureux d'une fille qui ne l'aime pas et qui a déjà un copain, il se fait tabasser, humilier... Aussi un gars qui a 55 ans environ, retraité je crois, il n'a pas pu sauver son fils dans la guerre des gangs. L'histoire d'une jeune femme maman qui en a marre d'avoir trop d'aventures et d'enfants avec des maris qu'elle quitte au fur et à mesure, ces maris la battaient. L'histoire d'un quadragénaire cadre qui gagne bien sa vie, pourtant il est pris dans la folie des jeux de casinos et de paris. Tous ne se connaissent pas, jamais vu, et vont se croiser, se décroiser, et se recroiser, car tous ont reçu une lettre avec 10 000$ et une récompense d'un million s'ils abattent une personne ! Quelqu'un se cache derrière ce jeux, on ne s'est pas qui ! Et vous, vous seriez prêt à faire quoi pour 1 million de $ ?
Den
Trop excellent, une des meilleures BD du 20ème siècle et du monde ! A noter qu'elle est parue dans le film Métal hurlant ! Lisez ! Cette BD vaut plus de 10 ! Le début est vraiment super intriguant, le suspense est palpable !! Ensuite les guerres, les créatures fantastiques, les fille nues, sont au rendez-vous ! Le scénario est excellent, du béton, du lourd !! Les dessins sont excellents, comme d'habitude avec Corben ! Regarde également Profondeurs, Les milles et une nuits, Jeremy Brood, et Vols Fantastiques de Corben ! Aujourd'hui plusieurs BD de Corben atteignent une côte énorme parfois !
Sin City
Culte ! A voir aussi le film ! La BD (comics) a un scénario triplement extraordinaire, on ne s’ennuie jamais ! Du solide, du gros calibre : 10/10 ! Marv à la recherche du pourquoi du comment, du qui, de quoi ? Les histoires s'entremêlent à Sin City, au fil des tomes, on se croise, on se décroise, et il faut l'avouer le noir et blanc est magnifique ! Les dessins aussi ! Regardez tous les autres tomes, avec Dwight, Hartigan... etc.
Fell
Excellent, je n'ai jamais vu une BD/Comics comme celui-ci, avec une ambiance thriller/policier crasseux, noir, morbide, sale, angoissante, et choquante. Des dessins magnifiques qui sont simples mais très recherchés... "Fell" dénonce la guerre, les armes, la violence, enfin la société... Excellent ! Du grand art ! Chapeau, à lire aussi 30 jours de nuit qui vaut également 10... avec le même dessinateur !
Titeuf
Je suis à deux doigts de mettre la note maximale ! C'est quasi culte, les dessins collent très bien à l'ambiance, à l'esprit de Titeuf... Il y a même des livres de poches, des dessins animés qui passent régulièrement à la télé, courez l'achetez ! Ca en vaut la peine ! Regardez aussi les hors-séries (Le Guide du zizi sexuel", "Petites poésies des saisons... etc.). Ce qui est aussi bien dans "Titeuf", c'est toute la panoplie de personnages qui sont extrêmement attachants, tout aussi attachants que Titeuf. Aussi Titeuf a bien son langage à lui, c'est marrant, mais c'est très fréquent à cet âge-là ! Les aventures sont super, on ne se lasse jamais ! Le moins bon reste le premier tome... Le tome est original par rapport aux autres, ce ne sont plus des "nouvelles" comme chaque page ou 2 pages d'aventures comme d'habitude, mais une vraie histoire...
De Cape et de Crocs
Magnifique ! Purement et simplement ! Cette BD m'a été révélée dans tout sa splendeur da ma bibliothèque municipale et j'ai souvent reçu des menaces d'amendes pour retards excessifs (et répétés ... bien évidemment). J'ai pu constater que cette magnifique (et ô combien hilarante) épopée fut plus qu'encensée sur ce site (malgré quelques esprits chagrins, mais bon, chacun ses goûts), mais je ne peux résister à l'envie d'ajouter ma pierre à l'édifice. Des personnages hauts en couleurs, une histoire remontée et des dialogues et des situations à faire se briser toutes les côtes de la pire des faces de Carême (qui s'offusquera sûrement du ridicule où Don Lope et Kader savent si bien se plonger quand il est question de Religion - Merci M. Huttington !). Jugez-en plutôt, "[Boone] Nous avons été mystifiés ! - [Cigognac] Je le crains. - [Boone] Mais on ne mystifie pas impunément un pirate ! - [Cigognac] Là je suis d'accord avec vous. - [Boone] Tout ça va se payer ! - [Autres ...] Ouais ! - Va y avoir d'la viande froide ! - Du sang ! - Des Tripes !!! - DES EXCUSES !!!" ... Dix bonnes minutes me furent nécessaires pour m'en remettre la première fois... J'ai un faible également pour les personnages d'Eusebe (qui est "trop mignon" - Señor Garcia) et Bombastus, qui constitue le plus formidable concentré de délire métaphysico-scientifique à avoir jamais existé dans une BD (Tournesol, Léonard et le Dr Slump peuvent aller se recoucher - Ses explications et la scène plus que mythique du décollage devraient être immortalisées par une statue). Le monde alternatif que constitue la Lune et ses habitants me firent verser quelques larmes (Surtout quand ils manquent de télescoper des philosophes dans l'Auberge Roulante). Les dialogues ciselés d'Ayroles, les dessins de Masbou et le comique des situations font de cette série un pur chef d'oeuvre à lire absolument ! Que le tome 9 accoure ! Je veux savoir la suite !