Coup de cœur !!! C'est sans conteste une des plus belles bandes dessinées qu'il m'ait été donné de lire. Chaque planche, chaque case, est une œuvre d'art. Le choix des couleurs est formidable. Parler de chef-d’œuvre pour une histoire qui parle d'Art c'est bien le mieux que l'on puisse faire.
Rendre visuel l'incontournable récit d'Oscar Wilde était évidemment un pari auquel déjà d'autres se sont essayés, au moins par le cinéma. Mais cette version de Corominas dépasse toutes les attentes. Chaque dessin est un enchantement. On connait tous l'histoire de Dorian Gray qui vendit son âme pour obtenir la jeunesse éternelle. Et celle de ce tableau, son portrait qui absorbe toute la noirceur de son être, pour vieillir et s'enlaidir à la place du jeune homme. Oscar Wilde a transposé dans son œuvre une vraie réflexion sur la Beauté, sur l'Art et sur la Critique. Sur la liberté, aussi, la culpabilité et la perdition. Il est normal que le roman original ait traversé les décennies. Intemporel comme l'aurait été le beau visage de Dorian Gray, s'il avait vécu.
Corominas nous offre un très beau cadeau artistique, jusque dans la représentation de l'époque victorienne.
Et les éditions Daniel Maghen en ont tiré le meilleur avec un ouvrage de très bonne qualité agrémenté d'un supplément de planches et de doubles pages somptueuses.
Librement adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l'un de ses plus beaux opéras, Siegfried renoue avec les mythes fondateurs des plus belles légendes qu’on a un peu oublié ces temps-ci avec la réussite incontestable du Seigneur des Anneaux.
Ce premier tome d'une extraordinaire trilogie signé Alex Alice, nous raconte la jeunesse de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Mime, le Nibelung. Cette quête initiatique va nous entraîner au cœur de la légende des Walkyries. Il faut savoir que Siegfried vît dans l’ignorance des Dieux et ne se doute absolument pas de la destinée grandiose qui l’attend. Il est vrai que ce premier volet est le moins épique mais il n’en demeure pas moins très intéressant.
Je suis complètement époustouflé par cette œuvre ! Des décors somptueux, des cadrages intelligents, des contrastes de couleurs magistraux ! Et surtout une virtuosité du récit narratif !
L'auteur sait nous combler avec un incroyable esthétisme propre à lui. C'est mieux qu'un atout majeur: on frise le chef d'œuvre !
Je crois qu'on tient là l'une des meilleurs bd d'héroic fantasy jamais réalisé. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite ! Cette adaptation sera complétée par la Walkyrie et le Crépuscule des Dieux afin de former une véritable trilogie à l’aura mythique.
Et cette suite est réellement à la hauteur de nos espérances. Je ne m'étais pas trompé! C'est une fresque aux accents d'opéra et de poésie. La composition est réellement magistrale de la part de l'auteur qui a une extraordinaire maîtrise. Quand on referme la dernière page, on a une sensation bien particulière: celle d'avoir lu quelquechose de grandiose.
Note Dessin: 4.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.5/5
Une oeuvre majeure du genre. Avec dessins de très bonne facture, assez réalistes et de belles couleurs.
Mais toute la force de cette série réside dans son scénario haletant, prenant, très bien ficelé, à la fois complexe et limpide qui traite pèle mêle, de voyage dans le temps, de la folie des hommes et de leurs côtés les plus sombres, de la destinée, de fatalité, d'amour, d'ultra libéralisme, de libre arbitre....
Bref, une série incontournable, impressionnante de maîtrise, que tout bdphile qui se respecte doit posséder absolument.
Etant fan du travail de Garth Ennis, j'ai trouvé dans Preacher, une des meilleures séries qu'il ait pu réaliser, et une de mes séries favorites.
C'est politiquement incorrect du début à la fin. L'histoire, à la base, est déja bien spéciale, un pasteur Texan qui part à la recherche de Dieu, qui s'est fait la malle! Ca amène tout de suite de belles promesses dans les mains de Ennis ! Preacher ressemble à un western moderne.
Tous les personnages sont fouillés et excellents. Chacun suit ses propres objectifs et cela amène à de nombreuses situations assez exceptionnelles lorsqu'ils se rencontrent.
L'humour est toujours présent et souvent irrévérencieux.
Au niveau du dessin, les dessins de Dillon sont comme à son habitude, agréables et pas surchargés, chose dont j'ai toujours un peu peur avec les Comics.
Au final, une trés bonne série pour ceux qui aiment l'humour piquant et les épopée épiques.
Une œuvre extrêmement ambitieuse de la part du génial Goossens, consacrée à cette créature fort étrange qui prolifère sans vergogne autour de nous : le bébé. L’auteur s’est fixé comme objectif, qu’il remplit d’ailleurs admirablement : que le lecteur, après avoir lu ces trois tomes fabuleusement documentés… n’en sache pas plus qu’avant la première page !... Et ceci grâce aux « brochettes de spécialistes » consultés pour leurs avis éclairés, aux billets de l’ineffable Jacques Boudinot, ainsi qu’aux témoignages de nombreux bébés, et comme Goossens ne pratique pas la discrimination, la parole est donnée aussi bien aux nourrissons à peine sortis du ventre de leur mère qu’aux bébés grabataires d’un certain âge.
L’humour de Goossens est tout à fait unique, pince-sans-rire, lunaire, tellement décalé que certains n’y verront rien de drôle… Il est vrai qu’il faut rentrer dans son univers ou alors on risque de passer complètement à côté. Les situations sont bien souvent sans queue ni tête avec des digressions saugrenues et ceux qui s’attendent à des gags bien ficelés seront déçus. L’absurde y est poussé à l’extrême et si le trait paraît sérieux au premier abord, les tronches sont bien souvent impayables en y regardant de plus près. Dans cette intégrale, le comique monte en crescendo au fil des pages, et l’auteur joue autant sur le comique de répétition que sur l'inattendu, utilisant les clichés pour mieux les détourner.
Je ne serais pas surpris qu’un jour les BD de Daniel Goossens soient étudiées dans les universités ou que soit publiée une encyclopédie sur son œuvre, tant les références y abondent. On pourra lire et relire les élucubrations de ce fou génial en y trouvant à chaque fois un détail hilarant… Je ne sais pas ce qui se passe dans le cerveau malade de Goossens, qui, il est bon de le rappeler, est également chercheur en intelligence artificielle et enseignant à Paris VIII, mais on ne doit pas s’y ennuyer… en tous cas, j’aurais adoré être un de ses élèves !
Les Ignorants… Voilà certainement mon gros coup de cœur de cette fin 2011 !
C’est la première fois que je lis un album d’Etienne Davodeau et je suis ressorti de ma lecture avec une satisfaction faite de sérénité et de bonhommie. La démarche, bien que très enrichissante sur le plan informatif, m’a semblé naturellement positive et humble.
Très rapidement, je me suis senti proche de nos deux protagonistes, comme faisant partie intégrante de leur initiation respective. Grâce à une narration personnelle, très bien construite et rythmée, je ne pouvais que me sentir impliqué dans le long processus du travail de la vigne. Mis en parallèle avec l’univers de la BD et ses différents intervenants, nos deux amis évoluent au fil des saisons et des rencontres. Si l’idée de départ pouvait sembler simpliste, sa mise en planches n’en demeure pas moins réussie.
L’approche graphique est tout aussi réussie, elle contribue à rendre l’ensemble doux et délicat. L’utilisation du noir et blanc est parfaite et chaque paysage est une invitation à communier avec la nature.
Enfin, pour terminer mon avis, je reviens à la démarche de l’auteur caractérisée par une belle humilité, ne fût-ce que dans le titre de l’album. Sans aucun doute, il aurait pu l’appeler « Les passionnés » tant il réussit à transmettre habilement l’amour et le respect nécessaire au travail de la vigne et à la création d’une bande dessinée.
Vous l’aurez compris, j’ai été largement conquis par cet album, certes épais, mais qui se déguste comme une bonne bouteille.
Nous faire partager cette expérience, quelle superbe idée Monsieur Davodeau !
Aaaah, Brüno … J’ai pas tout lu de lui mais c’est un auteur "à part" que j’affectionne beaucoup. Son parcours est intéressant car il a commencé de manière confidentielle par l’autoédition avant de pouvoir imposer son trait épuré auprès du grand public.
Le cynisme de cet album m’en rappelle un autre, celui de La Décimation de Brüno, même si le contexte diffère. Son trait use d’un langage pictural unique et complémentaire au récit concocté par Fabien Nury. Ce décalage entre l’âpreté du récit et la bonhomie du trait renforce ce témoignage sur l’esclavagisme colonial. Fabien Nury, je connais peu. Mais je lui reconnais une grande maîtrise de la narration avec un découpage d’une élégance rare. Il a su rendre au récit sa dureté primaire mais davantage en la suggérant qu’en la montrant de facto. De la sorte, cette bd n’est pas uniquement réservée à un public averti.
C’est une œuvre intelligente, forte … à mettre dans toutes les mains !
On retrouve dans Bone, en toile de fond, certains thémes du seigneur des anneaux mais qui met en scéne 3 petits personnages auquel le lecteur s'attachera trés rapidement.
L'histoire est épique et ne souffre pas de baisse de régime tout le long des 9 tomes.
Les autres personnages sont également trés bien faits et interessants!
Au niveau du dessin, j'aime beaucoup car c'est assez léger et clair, pour un comic. Je trouve que la version couleur de la série est plus agréable que celle en n&b par ailleurs.
Une superbe série!
J’ai toujours été fasciné –d’horreur, cela va de soi- par le nazisme et la shoah. L’extrême brutalité des faits qui se sont déroulés il y a à peine 70 ans m’interpelle au plus haut point. C’est en effet tellement aux antipodes de ma nature, que, de temps à autres, j’ai besoin de ce genre de témoignages pour me dire, « si si, ça c’est effectivement produit. L’homme peut être à ce point cruel ».
On redécouvre l’horreur de l’Allemagne nazie, mais on fait aussi connaissance avec un mal dont on parle moins : ce que devient la nature humaine en de pareilles circonstances, ou comment l’homme peut redevenir l’animal qu’il prétend ne pas être, illustré par les relations entre certains juifs, parfois de la même famille.
Art Spiegelman nous livre un véritable oxymore en bandes dessinées, dans le sens où il arrive à produire une belle histoire à partir des faits les plus abjects. C’est la vie qui triomphe, et ça arrive même à se terminer en happy end.
D’abord, il y a cette couverture, magnifique dans l’effroi qu’elle dégage. Cette croix gammée est comme un avertissement, telle une tête de mort sur une bouteille de poison. Attention ! Cet ouvrage peut s’avérer dangereux pour l’âme ! En effet...c’est parfois très dur, et il m’a fallu interrompre ma lecture à plusieurs reprises pour me préserver du spleen. Le premier soir où j’ai lu cette BD, j’en ai rêvé la nuit.
Ensuite, il y a le prologue, deux pages, pas plus, qui nous font comprendre comment un petit garçon d’une dizaine d’années peut réaliser que son père a vécu des choses hors normes. Redoutable d’efficacité.
La première qualité globale de cette série est l’efficacité avec laquelle l’auteur arrive à transfigurer les sentiments en images.
Le fait que les humains soient représentés en animaux rend déjà l’histoire à peine supportable pour l’esprit. Spiegelman a su manipuler cet artifice avec un grand talent: des souris juives, portant un masque de cochon lorsqu’elles se font passer pour des polonais, ou un masque de chat lorsqu’elles se font passer pour des allemands. C’est très bien pensé et réalisé.
Cette qualité de mise en image est également illustrée lorsque notre auteur-narrateur se transforme en petit garçon lorsqu’on le voit dépassé par le succès de son livre, ou lorsqu’il mêle des scènes du passé à des scènes du présent (leur voiture qui file sur une route bordée de prisonniers pendus, par exemple).
Le moindre outil visuel est utilisé pour nous plonger dans cet univers à la merci des nazis, puisque le « s » en éclair de la Schutzstaffel est employé dans les phylactères, et qu’il se cache ça et là dans les cases, comme dans les plis d’un manteau, par exemple.
La chronologie du récit est également excellemment menée, en ce sens, que les faits passés sont entrecoupés de scènes de la vie réelle et contemporaine la vie des Spiegelman, lorsque le fils interroge le père. Ces pauses dans le récit évitent non seulement la monotonie et l’ennui, mais en plus, elles apportent un sentiment d’authenticité supplémentaire : on comprend comment cette BD s’est construite, dans quelle atmosphère, c’est un véritable « making of » intégré.
On apprend à faire connaissance avec le personnage du père, qui est antipathique dès le début. Parfois méprisant et toujours d’une extrême radinerie, c’est, comme le fils le dit lui-même dans cet album, « une caricature du vieux juif avare ». Cela semble aller jusqu’à la folie, comme lorsqu’il laisse allumer en continu un brûleur de la gazinière de sa maison de vacances pour économiser des allumettes, le prix du gaz étant compris dans le loyer. Mais, au fur et à mesure du récit, on se prend de compassion pour cette personne qui a du faire preuve de trésors d’ingéniosité pour survivre en enfer. Il a juste été marqué au fer rouge par ce mode de vie.
Les sentiments sont livrés de façon brute, et la sotte simplicité du manichéisme n’est pas abordée ici. On découvre aussi le côté sombre mais humain de cet être qui, à la fin de la guerre, se réjouit du malheur d’une famille allemande déchue, ou qui, bien plus tard, peste contre sa belle-fille qui prend un noir en auto-stop.
Maus, c’est une bande dessinée, un fragment de l’humanité, une histoire réelle, des leçons à tirer, et, pour moi qui suis de nature optimiste, une preuve que la vie peut triompher, même lorsque tout espoir semble perdu.
(82)
Voici un titre prédestiné pour tout amateur de BD un brin… collectionneur. Ce recueil des aventures de ce personnage au combien singulier et haut en couleur (Oui, je sais Toppi c’est une BD en noir et blanc :P) est pour moi l’album que j’ai préféré depuis que j’ai découvert cet auteur :
Un graphisme époustouflant, tout en noir et blanc, ajusté de la plus belle des manières. On passe d’un dessin ciselé au réalisme parfait, à des cases où masses sombres, hachures et traits, suggèrent et nous laissent rêver en suivant le fil d’Ariane que laisse trainer Toppi. Attendez-vous à en prendre plein les mirettes, car Toppi s’est construit un vaste terrain de jeu : les coins les plus reculés et exotiques de notre bonne vieille planète !
Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce sombre et mordant personnage : une langue aussi acérée que ses intérêts personnels. La chasse au trésor est sa raison de vivre. La quête d’objets mythiques ou perdus le pousse toujours plus loin, quitte à venir frapper chez Hadès pour mieux se faire la malle en courant, tel le sale gosse ricanant caché derrière cette moustache qui définit sa singulière silhouette. De l’Amérique à la Nouvelle Zélande, en passant par le Tibet, de l’Irlande à la Mongolie, chaque quête et étape n’est que prétexte pour s’approprier légendes, faune, flore et paysages des pays qu’il traverse. Mais ne cherchez pas à retrouver l’éthique ou la morale qui peuvent guider un Indiana Jones dans ce personnage. Rien ne l’arrête et tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins… Tous…
Vous l’aurez compris, ce Collectionneur est une pièce rare, un bijou dans son écrin, un trésor qu’il vous faudra trouver pour vous délecter du savoir faire de Toppi et faire connaissance avec ce dangereux mais au combien fabuleux personnage au cynisme et à l’humour trempé.
A lire et à posséder impérativement !
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La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
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Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
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Dorian Gray
Coup de cœur !!! C'est sans conteste une des plus belles bandes dessinées qu'il m'ait été donné de lire. Chaque planche, chaque case, est une œuvre d'art. Le choix des couleurs est formidable. Parler de chef-d’œuvre pour une histoire qui parle d'Art c'est bien le mieux que l'on puisse faire. Rendre visuel l'incontournable récit d'Oscar Wilde était évidemment un pari auquel déjà d'autres se sont essayés, au moins par le cinéma. Mais cette version de Corominas dépasse toutes les attentes. Chaque dessin est un enchantement. On connait tous l'histoire de Dorian Gray qui vendit son âme pour obtenir la jeunesse éternelle. Et celle de ce tableau, son portrait qui absorbe toute la noirceur de son être, pour vieillir et s'enlaidir à la place du jeune homme. Oscar Wilde a transposé dans son œuvre une vraie réflexion sur la Beauté, sur l'Art et sur la Critique. Sur la liberté, aussi, la culpabilité et la perdition. Il est normal que le roman original ait traversé les décennies. Intemporel comme l'aurait été le beau visage de Dorian Gray, s'il avait vécu. Corominas nous offre un très beau cadeau artistique, jusque dans la représentation de l'époque victorienne. Et les éditions Daniel Maghen en ont tiré le meilleur avec un ouvrage de très bonne qualité agrémenté d'un supplément de planches et de doubles pages somptueuses.
Siegfried
Librement adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l'un de ses plus beaux opéras, Siegfried renoue avec les mythes fondateurs des plus belles légendes qu’on a un peu oublié ces temps-ci avec la réussite incontestable du Seigneur des Anneaux. Ce premier tome d'une extraordinaire trilogie signé Alex Alice, nous raconte la jeunesse de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Mime, le Nibelung. Cette quête initiatique va nous entraîner au cœur de la légende des Walkyries. Il faut savoir que Siegfried vît dans l’ignorance des Dieux et ne se doute absolument pas de la destinée grandiose qui l’attend. Il est vrai que ce premier volet est le moins épique mais il n’en demeure pas moins très intéressant. Je suis complètement époustouflé par cette œuvre ! Des décors somptueux, des cadrages intelligents, des contrastes de couleurs magistraux ! Et surtout une virtuosité du récit narratif ! L'auteur sait nous combler avec un incroyable esthétisme propre à lui. C'est mieux qu'un atout majeur: on frise le chef d'œuvre ! Je crois qu'on tient là l'une des meilleurs bd d'héroic fantasy jamais réalisé. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite ! Cette adaptation sera complétée par la Walkyrie et le Crépuscule des Dieux afin de former une véritable trilogie à l’aura mythique. Et cette suite est réellement à la hauteur de nos espérances. Je ne m'étais pas trompé! C'est une fresque aux accents d'opéra et de poésie. La composition est réellement magistrale de la part de l'auteur qui a une extraordinaire maîtrise. Quand on referme la dernière page, on a une sensation bien particulière: celle d'avoir lu quelquechose de grandiose. Note Dessin: 4.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.5/5
Universal War One
Une oeuvre majeure du genre. Avec dessins de très bonne facture, assez réalistes et de belles couleurs. Mais toute la force de cette série réside dans son scénario haletant, prenant, très bien ficelé, à la fois complexe et limpide qui traite pèle mêle, de voyage dans le temps, de la folie des hommes et de leurs côtés les plus sombres, de la destinée, de fatalité, d'amour, d'ultra libéralisme, de libre arbitre.... Bref, une série incontournable, impressionnante de maîtrise, que tout bdphile qui se respecte doit posséder absolument.
Preacher
Etant fan du travail de Garth Ennis, j'ai trouvé dans Preacher, une des meilleures séries qu'il ait pu réaliser, et une de mes séries favorites. C'est politiquement incorrect du début à la fin. L'histoire, à la base, est déja bien spéciale, un pasteur Texan qui part à la recherche de Dieu, qui s'est fait la malle! Ca amène tout de suite de belles promesses dans les mains de Ennis ! Preacher ressemble à un western moderne. Tous les personnages sont fouillés et excellents. Chacun suit ses propres objectifs et cela amène à de nombreuses situations assez exceptionnelles lorsqu'ils se rencontrent. L'humour est toujours présent et souvent irrévérencieux. Au niveau du dessin, les dessins de Dillon sont comme à son habitude, agréables et pas surchargés, chose dont j'ai toujours un peu peur avec les Comics. Au final, une trés bonne série pour ceux qui aiment l'humour piquant et les épopée épiques.
L'Encyclopédie des Bébés
Une œuvre extrêmement ambitieuse de la part du génial Goossens, consacrée à cette créature fort étrange qui prolifère sans vergogne autour de nous : le bébé. L’auteur s’est fixé comme objectif, qu’il remplit d’ailleurs admirablement : que le lecteur, après avoir lu ces trois tomes fabuleusement documentés… n’en sache pas plus qu’avant la première page !... Et ceci grâce aux « brochettes de spécialistes » consultés pour leurs avis éclairés, aux billets de l’ineffable Jacques Boudinot, ainsi qu’aux témoignages de nombreux bébés, et comme Goossens ne pratique pas la discrimination, la parole est donnée aussi bien aux nourrissons à peine sortis du ventre de leur mère qu’aux bébés grabataires d’un certain âge. L’humour de Goossens est tout à fait unique, pince-sans-rire, lunaire, tellement décalé que certains n’y verront rien de drôle… Il est vrai qu’il faut rentrer dans son univers ou alors on risque de passer complètement à côté. Les situations sont bien souvent sans queue ni tête avec des digressions saugrenues et ceux qui s’attendent à des gags bien ficelés seront déçus. L’absurde y est poussé à l’extrême et si le trait paraît sérieux au premier abord, les tronches sont bien souvent impayables en y regardant de plus près. Dans cette intégrale, le comique monte en crescendo au fil des pages, et l’auteur joue autant sur le comique de répétition que sur l'inattendu, utilisant les clichés pour mieux les détourner. Je ne serais pas surpris qu’un jour les BD de Daniel Goossens soient étudiées dans les universités ou que soit publiée une encyclopédie sur son œuvre, tant les références y abondent. On pourra lire et relire les élucubrations de ce fou génial en y trouvant à chaque fois un détail hilarant… Je ne sais pas ce qui se passe dans le cerveau malade de Goossens, qui, il est bon de le rappeler, est également chercheur en intelligence artificielle et enseignant à Paris VIII, mais on ne doit pas s’y ennuyer… en tous cas, j’aurais adoré être un de ses élèves !
Les Ignorants
Les Ignorants… Voilà certainement mon gros coup de cœur de cette fin 2011 ! C’est la première fois que je lis un album d’Etienne Davodeau et je suis ressorti de ma lecture avec une satisfaction faite de sérénité et de bonhommie. La démarche, bien que très enrichissante sur le plan informatif, m’a semblé naturellement positive et humble. Très rapidement, je me suis senti proche de nos deux protagonistes, comme faisant partie intégrante de leur initiation respective. Grâce à une narration personnelle, très bien construite et rythmée, je ne pouvais que me sentir impliqué dans le long processus du travail de la vigne. Mis en parallèle avec l’univers de la BD et ses différents intervenants, nos deux amis évoluent au fil des saisons et des rencontres. Si l’idée de départ pouvait sembler simpliste, sa mise en planches n’en demeure pas moins réussie. L’approche graphique est tout aussi réussie, elle contribue à rendre l’ensemble doux et délicat. L’utilisation du noir et blanc est parfaite et chaque paysage est une invitation à communier avec la nature. Enfin, pour terminer mon avis, je reviens à la démarche de l’auteur caractérisée par une belle humilité, ne fût-ce que dans le titre de l’album. Sans aucun doute, il aurait pu l’appeler « Les passionnés » tant il réussit à transmettre habilement l’amour et le respect nécessaire au travail de la vigne et à la création d’une bande dessinée. Vous l’aurez compris, j’ai été largement conquis par cet album, certes épais, mais qui se déguste comme une bonne bouteille. Nous faire partager cette expérience, quelle superbe idée Monsieur Davodeau !
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Aaaah, Brüno … J’ai pas tout lu de lui mais c’est un auteur "à part" que j’affectionne beaucoup. Son parcours est intéressant car il a commencé de manière confidentielle par l’autoédition avant de pouvoir imposer son trait épuré auprès du grand public. Le cynisme de cet album m’en rappelle un autre, celui de La Décimation de Brüno, même si le contexte diffère. Son trait use d’un langage pictural unique et complémentaire au récit concocté par Fabien Nury. Ce décalage entre l’âpreté du récit et la bonhomie du trait renforce ce témoignage sur l’esclavagisme colonial. Fabien Nury, je connais peu. Mais je lui reconnais une grande maîtrise de la narration avec un découpage d’une élégance rare. Il a su rendre au récit sa dureté primaire mais davantage en la suggérant qu’en la montrant de facto. De la sorte, cette bd n’est pas uniquement réservée à un public averti. C’est une œuvre intelligente, forte … à mettre dans toutes les mains !
Bone
On retrouve dans Bone, en toile de fond, certains thémes du seigneur des anneaux mais qui met en scéne 3 petits personnages auquel le lecteur s'attachera trés rapidement. L'histoire est épique et ne souffre pas de baisse de régime tout le long des 9 tomes. Les autres personnages sont également trés bien faits et interessants! Au niveau du dessin, j'aime beaucoup car c'est assez léger et clair, pour un comic. Je trouve que la version couleur de la série est plus agréable que celle en n&b par ailleurs. Une superbe série!
Maus
J’ai toujours été fasciné –d’horreur, cela va de soi- par le nazisme et la shoah. L’extrême brutalité des faits qui se sont déroulés il y a à peine 70 ans m’interpelle au plus haut point. C’est en effet tellement aux antipodes de ma nature, que, de temps à autres, j’ai besoin de ce genre de témoignages pour me dire, « si si, ça c’est effectivement produit. L’homme peut être à ce point cruel ». On redécouvre l’horreur de l’Allemagne nazie, mais on fait aussi connaissance avec un mal dont on parle moins : ce que devient la nature humaine en de pareilles circonstances, ou comment l’homme peut redevenir l’animal qu’il prétend ne pas être, illustré par les relations entre certains juifs, parfois de la même famille. Art Spiegelman nous livre un véritable oxymore en bandes dessinées, dans le sens où il arrive à produire une belle histoire à partir des faits les plus abjects. C’est la vie qui triomphe, et ça arrive même à se terminer en happy end. D’abord, il y a cette couverture, magnifique dans l’effroi qu’elle dégage. Cette croix gammée est comme un avertissement, telle une tête de mort sur une bouteille de poison. Attention ! Cet ouvrage peut s’avérer dangereux pour l’âme ! En effet...c’est parfois très dur, et il m’a fallu interrompre ma lecture à plusieurs reprises pour me préserver du spleen. Le premier soir où j’ai lu cette BD, j’en ai rêvé la nuit. Ensuite, il y a le prologue, deux pages, pas plus, qui nous font comprendre comment un petit garçon d’une dizaine d’années peut réaliser que son père a vécu des choses hors normes. Redoutable d’efficacité. La première qualité globale de cette série est l’efficacité avec laquelle l’auteur arrive à transfigurer les sentiments en images. Le fait que les humains soient représentés en animaux rend déjà l’histoire à peine supportable pour l’esprit. Spiegelman a su manipuler cet artifice avec un grand talent: des souris juives, portant un masque de cochon lorsqu’elles se font passer pour des polonais, ou un masque de chat lorsqu’elles se font passer pour des allemands. C’est très bien pensé et réalisé. Cette qualité de mise en image est également illustrée lorsque notre auteur-narrateur se transforme en petit garçon lorsqu’on le voit dépassé par le succès de son livre, ou lorsqu’il mêle des scènes du passé à des scènes du présent (leur voiture qui file sur une route bordée de prisonniers pendus, par exemple). Le moindre outil visuel est utilisé pour nous plonger dans cet univers à la merci des nazis, puisque le « s » en éclair de la Schutzstaffel est employé dans les phylactères, et qu’il se cache ça et là dans les cases, comme dans les plis d’un manteau, par exemple. La chronologie du récit est également excellemment menée, en ce sens, que les faits passés sont entrecoupés de scènes de la vie réelle et contemporaine la vie des Spiegelman, lorsque le fils interroge le père. Ces pauses dans le récit évitent non seulement la monotonie et l’ennui, mais en plus, elles apportent un sentiment d’authenticité supplémentaire : on comprend comment cette BD s’est construite, dans quelle atmosphère, c’est un véritable « making of » intégré. On apprend à faire connaissance avec le personnage du père, qui est antipathique dès le début. Parfois méprisant et toujours d’une extrême radinerie, c’est, comme le fils le dit lui-même dans cet album, « une caricature du vieux juif avare ». Cela semble aller jusqu’à la folie, comme lorsqu’il laisse allumer en continu un brûleur de la gazinière de sa maison de vacances pour économiser des allumettes, le prix du gaz étant compris dans le loyer. Mais, au fur et à mesure du récit, on se prend de compassion pour cette personne qui a du faire preuve de trésors d’ingéniosité pour survivre en enfer. Il a juste été marqué au fer rouge par ce mode de vie. Les sentiments sont livrés de façon brute, et la sotte simplicité du manichéisme n’est pas abordée ici. On découvre aussi le côté sombre mais humain de cet être qui, à la fin de la guerre, se réjouit du malheur d’une famille allemande déchue, ou qui, bien plus tard, peste contre sa belle-fille qui prend un noir en auto-stop. Maus, c’est une bande dessinée, un fragment de l’humanité, une histoire réelle, des leçons à tirer, et, pour moi qui suis de nature optimiste, une preuve que la vie peut triompher, même lorsque tout espoir semble perdu. (82)
Le Collectionneur
Voici un titre prédestiné pour tout amateur de BD un brin… collectionneur. Ce recueil des aventures de ce personnage au combien singulier et haut en couleur (Oui, je sais Toppi c’est une BD en noir et blanc :P) est pour moi l’album que j’ai préféré depuis que j’ai découvert cet auteur : Un graphisme époustouflant, tout en noir et blanc, ajusté de la plus belle des manières. On passe d’un dessin ciselé au réalisme parfait, à des cases où masses sombres, hachures et traits, suggèrent et nous laissent rêver en suivant le fil d’Ariane que laisse trainer Toppi. Attendez-vous à en prendre plein les mirettes, car Toppi s’est construit un vaste terrain de jeu : les coins les plus reculés et exotiques de notre bonne vieille planète ! Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce sombre et mordant personnage : une langue aussi acérée que ses intérêts personnels. La chasse au trésor est sa raison de vivre. La quête d’objets mythiques ou perdus le pousse toujours plus loin, quitte à venir frapper chez Hadès pour mieux se faire la malle en courant, tel le sale gosse ricanant caché derrière cette moustache qui définit sa singulière silhouette. De l’Amérique à la Nouvelle Zélande, en passant par le Tibet, de l’Irlande à la Mongolie, chaque quête et étape n’est que prétexte pour s’approprier légendes, faune, flore et paysages des pays qu’il traverse. Mais ne cherchez pas à retrouver l’éthique ou la morale qui peuvent guider un Indiana Jones dans ce personnage. Rien ne l’arrête et tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins… Tous… Vous l’aurez compris, ce Collectionneur est une pièce rare, un bijou dans son écrin, un trésor qu’il vous faudra trouver pour vous délecter du savoir faire de Toppi et faire connaissance avec ce dangereux mais au combien fabuleux personnage au cynisme et à l’humour trempé. A lire et à posséder impérativement !