Un manga qui devrait être culte, très suspense, des dessins magnifiques et une histoire passionnante: extrait:
"Les enseignements qui se font sans réelle douleur n'ont pas de réelle valeur. Ainsi, on ne peut rien obtenir sans faire de sacrifice. Mais une fois la peine surmontée et cette leçon apprise... Vous obtenez un coeur plus résistant que l'acier... Un coeur fullmetal." Hiromu Arakawa
L’auteur, Richard McGuire n’est pas à proprement parler un auteur de BD, mais plutôt un artiste touche-à-tout dans des domaines allant du design aux livres pour enfants, en passant par la musique ou le cinéma d’animation.
Avec « Ici », c’est un ballet époustouflant des habitants et des objets d'un lieu unique à travers les âges qui nous est proposé, nous renvoyant à notre propre insignifiance, et posant avec acuité la question de la mémoire, à l’échelle de l’individu ou de l’humanité entière. A travers les 300 pages de cet OVNI, passé, présent et futur se rejoignent et tapent la discute dans ce salon, personnage principal de cette histoire élaborée comme une symphonie ou une suite de collages dadaïstes. Les dialogues sont secondaires, se diluant tel un étrange bruit de fond dépourvu de logique, comme dans un rêve éveillé, mais font pourtant sens, interrogeant les clichés d’un passé lointain voire antédiluvien, d’un présent terre à terre ou d’un futur hypothétique. Par une superposition des temporalités, les images les plus inattendues virevoltent et s’entrechoquent, entre elles ou avec les textes, provoquant chez le lecteur un tournis métaphysique jubilatoire qui agit à la manière d’une drogue et fait qu’on ne peut plus lâcher l’objet. Parfois, on se surprend même, comme à la fête foraine, à s’esclaffer comme si l’on était à bord d’une machine à remonter le temps hors de contrôle, ou d’un bateau à bascule dont les freins auraient lâché.
A l’évidence, Richard McGuire est davantage un graphiste qu’un dessinateur. Personnages, objets et autres éléments du décor sont représentés avec des styles disparates, dépersonnalisés, comme pour en souligner le caractère évanescent. A certains moments, on est plus dans le crayonné, à d’autres carrément dans l’impressionnisme. Parfois, les dessins ressemblent à des photos retravaillées aux contours à peine visibles. Mais l’ensemble reste cohérent et agréable visuellement, le choix des couleurs pastels apporte une touche apaisante à cette frénésie narrative. Très clairement, si l’ouvrage a un pied dans la BD, l’autre se situe dans la pure création artistique.
« Ici » ne se lit pas. « Ici » se vit, telle une expérience sensorielle, et malgré l’immobilisme suggéré par le titre, nous emmène vraiment ailleurs, très très loin de notre ici rétréci. Avec cette production expérimentale, Gallimard a déniché rien de moins qu’un chef d’œuvre. A bon entendeur !
WWWWWWWWHHHHAaaaaaaaaaaaaah! !!!!! Sans doute la BD la plus drôle et la plus décoiffante que j'ai pu lire depuis une poignée d'années ! Nan mais franchement, j'en ai éclaté de rire derrière mon bureau à l'accueil de la médiathèque - je crois que c'est la première fois que ça m'arrive- !
J'avais découvert le Sieur Winshluss avec son terrifiant Pinocchio (Winshluss) qui m'avait plus qu'interpellé malgré quelques réserves graphiques. Là, pas spécialement inspiré par cette couverture peu attrayante de prime abord (ça me fait penser aux collections des années 70-80 "Tout l'univers" ou des choses du même acabit) j'ai fini par céder à la curiosité en retombant sur ledit album en librairie. Et bien m'en a pris !
Dès les premières pages on sent qu'on va attaquer du lourd et que l'auteur n'est pas là pour nous la jouer pisse froid. Ici pas de fausses promesses, Winshluss va la lui mettre profond ! Que ce soit la Genèse, l'ancien ou le nouveau Testament, jusqu'aux pratiques du catholicisme d'aujourd'hui, rien n'est épargné ! En ces temps où on y réfléchit à deux fois avant de sortir une vanne pourrie sur les religions de peur de finir éparpillé façon puzzle, Winshluss a frappé fort et renoue avec un humour irrévérencieux envers le dogme. Je savais bien qu'il manquait un plat un peu épicé au menu de mes lectures du moment ; sauf que là c'est pas du piment de lopette et qu'on voit rouge par tous les trous, un peu comme Jésus découvrant les "bienfaits" de la tequila frappée grâce aux précieux conseils de Gaby (l'archange, bien sûr).
Pour nous servir sa came Winshluss use de son trait caricatural si particulier et sait aller piocher moultes influences pour servir à bon escient son propos et ses idées. Que ce soit les fausses pages de pubs aux allures des années 60 ou une Madonne très gracieuse façon comics, il vise juste, renforce et assoit son propos par le biais de ses choix graphiques pour composer un album parfait.
S'il y a bien un domaine dans lequel je reste difficile, alors qu'il parait pourtant si simple, c'est bien l'humour. Et me faire marrer et éclater de rire, je crois que ce genre d'album se comptent sur les doigts de la main.
Alors bravo Môssieur Winshluss, longue vie et bonne continuation dans cette verve et ce trait si particulier qui font de vos albums une œuvre unique, du genre coup de pied au cul ou dans la fourmilière, dont je ne suis pas prêt de me lasser.
Sans aller jusqu'à donner un culte à cette BD, je dois bien dire que l'esprit y est !
J'ai rarement vu une telle adéquation entre le dessin et le propos, et il faut dire que c'est subtil : des dessins dans un style primitif pour illustrer des contes qui narrent l'origine des temps. Et pas n'importe où, mais dans les régions froides du Groenland aux temps anciens.
Cette BD a réveillé en moi bien des choses, notamment mon côté obsédé par l'Histoire, réelle ou fantasmé, mais également mon côté enfant qui écoute raconter une histoire.
Je sais désormais qu'il y a en chaque homme un besoin indéniable d'histoire, pratique millénaire et intrinsèque à notre nature humaine. L'être humain passe la majorité de son temps éveillé à inventer des histoires sur lui-même et le monde qui m'entoure. Et j'ai toujours été fasciné par une personne qui sait raconter une histoire. J'ai trouvé ici de quoi concilier ma nature humaine profonde et mes désirs.
Cette BD, pour moi, c'est cette plongée en enfance, quand ma mère me racontait une histoire le soir. C'est des mythes, des récits, des légendes dans lesquels on ne croit pas, mais qui existe le temps d'un instant, si on se prête au jeu. Les histoires sont à la base de l'humain, alors quand je retombe sur ce genre de BD qui me fait voyager et rêver comme un gosse, je me sens heureux comme jamais.
Et tout le reste est bon ! Le principe des histoires emboitées sans qu'on ne perde jamais le fil d'aucune, les dessins qui ajoutent une touche à l'ensemble, les petites piques d'humour qui parsèment les pages et allègent le contenu plutôt grave. Et je ne parle pas des dieux, que j'ai adoré, des représentations du monde ancien, ou les façons dont toutes les histoire s'entremêlent en permanence.
Oui, tout est appréciable, et j'ai été plongé dans ce monde sans aucune difficulté. C'est puissant, et pourtant simple. Des histoires comme on peut en entendre des centaines, partout dans le monde, de création du monde et des hommes, de luttes contre les géants et de mers infranchissables qu'on parcourt. Rien de neuf, mais toujours aussi excitant à suivre. Et ça, ça m'a plu.
Pour résumer simplement, c'est tout bonnement ce que j'apprécie en BD : un dessin au poil, une histoire (une ? Des dizaines oui !) excellentes et qui nous plongent immédiatement dans un autre univers (ou un autre temps), un album de qualité ... Je ne sais pas si je peux lister un défaut là maintenant. Attendez, j'avais dit que je mettais 4/5 ? Non, ça mérite un bon culte, effectivement. Je sens déjà en moi l'envie de relire, alors je met un point à cette critique et j'y retourne.
Dans les années 80, je lisais beaucoup plus assidument Fluide Glacial. Forcément entre Edika et Binet, il y avait toujours un récit de Philippe Foerster dérangeant, un truc auquel personne n’était vraiment ni habitué ni préparé à « subir ».
Un récit souvent répugnant et malsain dont on regrettait presque après coup d’avoir simplement osé la lire pour en garder des souvenirs à vocation cauchemardesque.
Et pourtant, numéro après numéro, les histoires macabres de Foerster devenaient celles que je souhaitais lire en premier, des petits trésors d’ingéniosité à nul pareil et dont la chute était souvent tout sauf prévisible à contrario des Tales from the Crypt dont la construction semble similaire.
Pourtant Foerster n’a rien d’un auteur de comics. Aux publications E.C. Comics il reprend bien souvent la trame en 8 pages maxi en posant une situation, un décor en quelques cases dans un univers qui n’appartient qu’à lui.
Ses influences seraient même plutôt européens avec une ambiance gothique, une ambiance issue des nouvelles d’Allan Edgar Poe ou de Lovecraft sans aucun plagiat.
Car les récits de Foerster sont également graphiques, graphiques dans l’exposition de corps mutilés, réutilisés à des fins choquantes entre le cinéma organique de Cronenberg ou de Carpenter. Difficile de ne pas avoir des hauts le cœur et parfois des sourires car au-delà d’un dessin absolument magnifique en noir et blanc, reproduisant le malaise par des ombres maîtrisées, des personnages filiformes et déformés et un cadrage inventif, Foerster le scénariste invente des histoires qui ne répondent à aucune logique si ce n’est celle de la trame principale. Il y a de la poésie, très peu de morale et tout le monde y prend pour son grade, enfants y compris.
Il n’y a aucun tabou dans les histoires macabres de Foerster, il se permet toutes les disgrâces possibles en évitant soigneusement le trash (finalement il y a peu de sang, peu de sexe), ce sont les histoires qui sont fortes et inédites puisque totalement issues de l’imagination débordante de l’auteur.
Cette jolie compilation portant le titre de son premier ouvrage réussit le pari en 48 histoires de montrer la diversité d’un auteur qui aura voué sa carrière au grotesque. Pas une histoire répétitive, pas une déception, il y a certes dans ces morceaux de choix certaines plus faibles que d’autres mais aucune déception à ressentir pour peu que l’on ait l’estomac bien accroché.
Lire les histoires de Foerster permet même d’en faire plus de 20 ans un certain exorcisme car on peut plus facilement les accepter et s’en régaler mais également se rendre compte qu’elles n’ont pas perdu le moindre impact et sont intemporelles de surcroît.
Ce livre est essentiel, culotté et tout simplement indispensable. Je reste tout simplement ébahi par le talent d’écriture unique et de ces histoires anthologiques !
J’espère qu’un éditeur fera l’honneur de produire tous ses autres travaux car on s’habituerait presque à tant de noirceur. Pour les amateurs du genre comme les nostalgiques, jetez également un œil sur « Le confesseur sauvage » paru en 2015 et démontrant s’il fallait encore s’en justifier que le talent graphique comme narratif de l’auteur sont loin d’être taris…. « We need more ! »
A réserver à un public curieux et averti !
Lupano, l’homme de toutes les promesses de qui j’attends beaucoup :
Le Singe de Hartlepool, Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu
Mais que récemment je n’apprécie absolument pas :
Ma révérence, Sarkozix (Les Aventures de), Les Vieux Fourneaux
Autant dire qu’il m’a fallu du temps pour tenter la lecture de cet opus.
Cette fois ci quel bijou, une finesse perpétuelle associée à une tendresse remplie d’émotion font de ce récit un monument de plaisir. Les personnages m’ont totalement conquis quelque soient leurs fonctions. Evidemment les deux acteurs principaux m’ont totalement fait chavirer mais toute la galerie de personnages secondaires aussi loufoques les uns que les autres servent le récit avec une force inouïe. Et enfin il n’y a pas de message politique bien lourd derrière l’intrigue !
Graphiquement, ce muet est un chef d’œuvre. La qualité narrative exceptionnelle rend chaque page expressive, chaque visage dégage une émotion, l’humain sort de chaque planche dans toutes ses contradictions et sa fragilité. Après deux précédents déjà muets, notre dessinateur devient une référence dans ce style combien délicat qui tire à mon sens la substantielle moelle de l’essence du 9eme art : la vie dans l’entre deux cases.
Cet album extraordinaire est cependant beaucoup trop sincère et « naif » pour truster les prix académiques, elle n’en demeure pas moins à mon sens la meilleure sortie 2014 (et de loin).
Tout invite le lecteur à l’évasion, au rêve avec une galerie de personnages magique qui nous montre nombre de réactions détonantes de nos congénères. Jubilation lorsque notre marin côtoie les narcotrafiquants, éclats de rires lorsque notre bretonne danse avec Fidel, rage lorsque tout semble perdu pour le petit face au gros, tendresse pour la pudeur des retrouvailles, amour pour cette mouette déglinguée, toutes les émotions y passent, chapeau…
Vous l’aurez compris cet opus rentre dans le cercle très fermé du panthéon. Même noyé dans une production de déluge, les arches de bonheur sont un régal pour les lecteurs sevrés de terreau vivant.
Violette est une histoire passionnante, avec un dessin très fin qui dénote de la décadence (à mon sens) actuelle. Et non, ça n'a pas mal vieilli. J'ai 22 ans, découvert Servais l'année dernière : il est désormais mon auteur préféré.
Si vous cherchez une histoire d'action, avec des personnages qui ont un destin extraordinaire, qui sont des "élus", qui courent dans tous les sens pour sauver leur peau, alors ne lisez pas Servais.
Si vous cherchez des petites histoires empruntes de douceur, de nature et de paganisme, avec des personnages humbles qui prennent le temps d'exister, de regarder la nature se mouvoir autour d'eux (et en eux), qui n'ont pas d'aspiration à devenir des héros ou des gouverneurs (politiques ou financiers) mais qui veulent seulement faire leur temps, apprendre, comprendre et aimer, alors Servais est fait pour vous.
Surtout que dans ses derniers ouvrages (L'Assassin qui parle aux oiseaux, Le Jardin des glaces, Les Chemins de Compostelle...), l'auteur agrémente ses histoires de véritables enseignements sur la nature et les techniques artisanales. C'est un véritable message que Servais s'obstine à faire passer, toujours de manière très douce.
Un régal pour les personnes en quête de sérénité dans ce monde qui court à sa perte.
J'avoue que je ne comprends pas bien les autres avis (d'où mon avis vu que je ne viens quasiment plus sur le site :) ), vu que fun home est un vrai coup de coeur pour moi... j'ai trouvé cette histoire passionnante d'un bout à l'autre.
Peut-être que le fait que le point de vue soit féminin a aidé, en tous cas je me suis sentie dès le début impliquée dans cette histoire et proche de la narratrice. Et voir petit à petit au fur et à mesure réinterpréter son enfance et son adolescence à l'aune de la révélation de l'homosexualité de son père, et de montrer comment en filigrane ce sont les pressions sociales qui l'ont au final rendu étranger à sa famille, et quel désastre cela a été pour tous, n'est pas une histoire que j'ai souvent lue. Et là je l'ai trouvée très finement analysée.
Les quelques réflexions féministes qui parsèment le bouquin m'ont beaucoup plues aussi, les anecdotes sur sa puberté aussi.
L'aspect "reportage" sur une certaine époque, et notamment sur la façon dont étaient perçus les homosexuels et comment ils se débrouillaient, était passionnant en soi, aussi.
J'ai aimé le ton, aussi - factuel, non dénué d'humour, et refusant l'émotion facile.
Une excellente BD, en ce qui me concerne.
Forcément culte! Certains diront que c'est en raison de son côté Madeleine de Proust, la nostalgie qui à encore frappée. Mais au delà de cet aspect, avouons tout de même que pour l'époque c'était quand même du lourd.
Toute les semaine pendant ma pré adolescence j'attendais avec impatience la sortie de mon Pif Gadget, parfois, Oh joie!, ce gadget était en rapport avec mon personnage préféré, Ah ce collier, les dieux savent si je l'ai attendu!
Alors oui les années passant on peu trouver à redire sur cet homme des âges farouches, très Mc Gyver avant la lettre, qui se sortait de toutes les embuches grâce à son talent, son courage et son profond humanisme. Je ne parle même pas de son look tout en tablettes de chocolat et ses cheveux blonds au vent.
Mais bon j'aimais beaucoup, sans doute certaines histoires ont un peu mal vieillies, surtout à l'aune de découvertes récentes et de l'engouement dans l'édition et le cinéma, il n'en reste pas moins que ces aventures ont fait rêver des milliers d'enfants en utilisant des valeurs, ma foi pas si nulles.
Pour mon centième avis sur BD-Thèque, je voudrais chanter les louanges de Broussaille.
J'aime les histoires, simples et fraîches, dont la fausse naïveté va bien au-delà du scénario pour pré-adolescent qui est la signature du magazine Spirou. Frank Pé construit un univers attachant, surréaliste et cohérent. Les trois premiers albums sont brillants ; personnellement, j'ai un gros faible pour Les sculpteurs de lumière. Ensuite, dans les quatrième et cinquième albums, il faut admettre que le niveau baisse, mais il faut aussi tempérer les critiques qui les accablent : on reste dans le très bon.
J'aime aussi le dessin soigné et lumineux de Frank Pé. Il dessine merveilleusement les paysages et les animaux. Et on n'a guère fait mieux dans le style « école de Marcinelle à gros nez ».
Lorsque je l'ai découverte, j'ai d'emblée aimé la série Broussaille, et chaque fois que je la relis, je ressens le même émerveillement.
Des albums qui passent les époques, se rient du temps qui s'écoule, des goûts qui évoluent et font se sentir éternellement jeune, c'est rare et c'est précieux.
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FullMetal Alchemist
Un manga qui devrait être culte, très suspense, des dessins magnifiques et une histoire passionnante: extrait: "Les enseignements qui se font sans réelle douleur n'ont pas de réelle valeur. Ainsi, on ne peut rien obtenir sans faire de sacrifice. Mais une fois la peine surmontée et cette leçon apprise... Vous obtenez un coeur plus résistant que l'acier... Un coeur fullmetal." Hiromu Arakawa
Ici
L’auteur, Richard McGuire n’est pas à proprement parler un auteur de BD, mais plutôt un artiste touche-à-tout dans des domaines allant du design aux livres pour enfants, en passant par la musique ou le cinéma d’animation. Avec « Ici », c’est un ballet époustouflant des habitants et des objets d'un lieu unique à travers les âges qui nous est proposé, nous renvoyant à notre propre insignifiance, et posant avec acuité la question de la mémoire, à l’échelle de l’individu ou de l’humanité entière. A travers les 300 pages de cet OVNI, passé, présent et futur se rejoignent et tapent la discute dans ce salon, personnage principal de cette histoire élaborée comme une symphonie ou une suite de collages dadaïstes. Les dialogues sont secondaires, se diluant tel un étrange bruit de fond dépourvu de logique, comme dans un rêve éveillé, mais font pourtant sens, interrogeant les clichés d’un passé lointain voire antédiluvien, d’un présent terre à terre ou d’un futur hypothétique. Par une superposition des temporalités, les images les plus inattendues virevoltent et s’entrechoquent, entre elles ou avec les textes, provoquant chez le lecteur un tournis métaphysique jubilatoire qui agit à la manière d’une drogue et fait qu’on ne peut plus lâcher l’objet. Parfois, on se surprend même, comme à la fête foraine, à s’esclaffer comme si l’on était à bord d’une machine à remonter le temps hors de contrôle, ou d’un bateau à bascule dont les freins auraient lâché. A l’évidence, Richard McGuire est davantage un graphiste qu’un dessinateur. Personnages, objets et autres éléments du décor sont représentés avec des styles disparates, dépersonnalisés, comme pour en souligner le caractère évanescent. A certains moments, on est plus dans le crayonné, à d’autres carrément dans l’impressionnisme. Parfois, les dessins ressemblent à des photos retravaillées aux contours à peine visibles. Mais l’ensemble reste cohérent et agréable visuellement, le choix des couleurs pastels apporte une touche apaisante à cette frénésie narrative. Très clairement, si l’ouvrage a un pied dans la BD, l’autre se situe dans la pure création artistique. « Ici » ne se lit pas. « Ici » se vit, telle une expérience sensorielle, et malgré l’immobilisme suggéré par le titre, nous emmène vraiment ailleurs, très très loin de notre ici rétréci. Avec cette production expérimentale, Gallimard a déniché rien de moins qu’un chef d’œuvre. A bon entendeur !
In God We Trust
WWWWWWWWHHHHAaaaaaaaaaaaaah! !!!!! Sans doute la BD la plus drôle et la plus décoiffante que j'ai pu lire depuis une poignée d'années ! Nan mais franchement, j'en ai éclaté de rire derrière mon bureau à l'accueil de la médiathèque - je crois que c'est la première fois que ça m'arrive- ! J'avais découvert le Sieur Winshluss avec son terrifiant Pinocchio (Winshluss) qui m'avait plus qu'interpellé malgré quelques réserves graphiques. Là, pas spécialement inspiré par cette couverture peu attrayante de prime abord (ça me fait penser aux collections des années 70-80 "Tout l'univers" ou des choses du même acabit) j'ai fini par céder à la curiosité en retombant sur ledit album en librairie. Et bien m'en a pris ! Dès les premières pages on sent qu'on va attaquer du lourd et que l'auteur n'est pas là pour nous la jouer pisse froid. Ici pas de fausses promesses, Winshluss va la lui mettre profond ! Que ce soit la Genèse, l'ancien ou le nouveau Testament, jusqu'aux pratiques du catholicisme d'aujourd'hui, rien n'est épargné ! En ces temps où on y réfléchit à deux fois avant de sortir une vanne pourrie sur les religions de peur de finir éparpillé façon puzzle, Winshluss a frappé fort et renoue avec un humour irrévérencieux envers le dogme. Je savais bien qu'il manquait un plat un peu épicé au menu de mes lectures du moment ; sauf que là c'est pas du piment de lopette et qu'on voit rouge par tous les trous, un peu comme Jésus découvrant les "bienfaits" de la tequila frappée grâce aux précieux conseils de Gaby (l'archange, bien sûr). Pour nous servir sa came Winshluss use de son trait caricatural si particulier et sait aller piocher moultes influences pour servir à bon escient son propos et ses idées. Que ce soit les fausses pages de pubs aux allures des années 60 ou une Madonne très gracieuse façon comics, il vise juste, renforce et assoit son propos par le biais de ses choix graphiques pour composer un album parfait. S'il y a bien un domaine dans lequel je reste difficile, alors qu'il parait pourtant si simple, c'est bien l'humour. Et me faire marrer et éclater de rire, je crois que ce genre d'album se comptent sur les doigts de la main. Alors bravo Môssieur Winshluss, longue vie et bonne continuation dans cette verve et ce trait si particulier qui font de vos albums une œuvre unique, du genre coup de pied au cul ou dans la fourmilière, dont je ne suis pas prêt de me lasser.
L'Encyclopédie des débuts de la Terre
Sans aller jusqu'à donner un culte à cette BD, je dois bien dire que l'esprit y est ! J'ai rarement vu une telle adéquation entre le dessin et le propos, et il faut dire que c'est subtil : des dessins dans un style primitif pour illustrer des contes qui narrent l'origine des temps. Et pas n'importe où, mais dans les régions froides du Groenland aux temps anciens. Cette BD a réveillé en moi bien des choses, notamment mon côté obsédé par l'Histoire, réelle ou fantasmé, mais également mon côté enfant qui écoute raconter une histoire. Je sais désormais qu'il y a en chaque homme un besoin indéniable d'histoire, pratique millénaire et intrinsèque à notre nature humaine. L'être humain passe la majorité de son temps éveillé à inventer des histoires sur lui-même et le monde qui m'entoure. Et j'ai toujours été fasciné par une personne qui sait raconter une histoire. J'ai trouvé ici de quoi concilier ma nature humaine profonde et mes désirs. Cette BD, pour moi, c'est cette plongée en enfance, quand ma mère me racontait une histoire le soir. C'est des mythes, des récits, des légendes dans lesquels on ne croit pas, mais qui existe le temps d'un instant, si on se prête au jeu. Les histoires sont à la base de l'humain, alors quand je retombe sur ce genre de BD qui me fait voyager et rêver comme un gosse, je me sens heureux comme jamais. Et tout le reste est bon ! Le principe des histoires emboitées sans qu'on ne perde jamais le fil d'aucune, les dessins qui ajoutent une touche à l'ensemble, les petites piques d'humour qui parsèment les pages et allègent le contenu plutôt grave. Et je ne parle pas des dieux, que j'ai adoré, des représentations du monde ancien, ou les façons dont toutes les histoire s'entremêlent en permanence. Oui, tout est appréciable, et j'ai été plongé dans ce monde sans aucune difficulté. C'est puissant, et pourtant simple. Des histoires comme on peut en entendre des centaines, partout dans le monde, de création du monde et des hommes, de luttes contre les géants et de mers infranchissables qu'on parcourt. Rien de neuf, mais toujours aussi excitant à suivre. Et ça, ça m'a plu. Pour résumer simplement, c'est tout bonnement ce que j'apprécie en BD : un dessin au poil, une histoire (une ? Des dizaines oui !) excellentes et qui nous plongent immédiatement dans un autre univers (ou un autre temps), un album de qualité ... Je ne sais pas si je peux lister un défaut là maintenant. Attendez, j'avais dit que je mettais 4/5 ? Non, ça mérite un bon culte, effectivement. Je sens déjà en moi l'envie de relire, alors je met un point à cette critique et j'y retourne.
Certains l'aiment noir - L'Intégrale
Dans les années 80, je lisais beaucoup plus assidument Fluide Glacial. Forcément entre Edika et Binet, il y avait toujours un récit de Philippe Foerster dérangeant, un truc auquel personne n’était vraiment ni habitué ni préparé à « subir ». Un récit souvent répugnant et malsain dont on regrettait presque après coup d’avoir simplement osé la lire pour en garder des souvenirs à vocation cauchemardesque. Et pourtant, numéro après numéro, les histoires macabres de Foerster devenaient celles que je souhaitais lire en premier, des petits trésors d’ingéniosité à nul pareil et dont la chute était souvent tout sauf prévisible à contrario des Tales from the Crypt dont la construction semble similaire. Pourtant Foerster n’a rien d’un auteur de comics. Aux publications E.C. Comics il reprend bien souvent la trame en 8 pages maxi en posant une situation, un décor en quelques cases dans un univers qui n’appartient qu’à lui. Ses influences seraient même plutôt européens avec une ambiance gothique, une ambiance issue des nouvelles d’Allan Edgar Poe ou de Lovecraft sans aucun plagiat. Car les récits de Foerster sont également graphiques, graphiques dans l’exposition de corps mutilés, réutilisés à des fins choquantes entre le cinéma organique de Cronenberg ou de Carpenter. Difficile de ne pas avoir des hauts le cœur et parfois des sourires car au-delà d’un dessin absolument magnifique en noir et blanc, reproduisant le malaise par des ombres maîtrisées, des personnages filiformes et déformés et un cadrage inventif, Foerster le scénariste invente des histoires qui ne répondent à aucune logique si ce n’est celle de la trame principale. Il y a de la poésie, très peu de morale et tout le monde y prend pour son grade, enfants y compris. Il n’y a aucun tabou dans les histoires macabres de Foerster, il se permet toutes les disgrâces possibles en évitant soigneusement le trash (finalement il y a peu de sang, peu de sexe), ce sont les histoires qui sont fortes et inédites puisque totalement issues de l’imagination débordante de l’auteur. Cette jolie compilation portant le titre de son premier ouvrage réussit le pari en 48 histoires de montrer la diversité d’un auteur qui aura voué sa carrière au grotesque. Pas une histoire répétitive, pas une déception, il y a certes dans ces morceaux de choix certaines plus faibles que d’autres mais aucune déception à ressentir pour peu que l’on ait l’estomac bien accroché. Lire les histoires de Foerster permet même d’en faire plus de 20 ans un certain exorcisme car on peut plus facilement les accepter et s’en régaler mais également se rendre compte qu’elles n’ont pas perdu le moindre impact et sont intemporelles de surcroît. Ce livre est essentiel, culotté et tout simplement indispensable. Je reste tout simplement ébahi par le talent d’écriture unique et de ces histoires anthologiques ! J’espère qu’un éditeur fera l’honneur de produire tous ses autres travaux car on s’habituerait presque à tant de noirceur. Pour les amateurs du genre comme les nostalgiques, jetez également un œil sur « Le confesseur sauvage » paru en 2015 et démontrant s’il fallait encore s’en justifier que le talent graphique comme narratif de l’auteur sont loin d’être taris…. « We need more ! » A réserver à un public curieux et averti !
Un océan d'amour
Lupano, l’homme de toutes les promesses de qui j’attends beaucoup : Le Singe de Hartlepool, Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu Mais que récemment je n’apprécie absolument pas : Ma révérence, Sarkozix (Les Aventures de), Les Vieux Fourneaux Autant dire qu’il m’a fallu du temps pour tenter la lecture de cet opus. Cette fois ci quel bijou, une finesse perpétuelle associée à une tendresse remplie d’émotion font de ce récit un monument de plaisir. Les personnages m’ont totalement conquis quelque soient leurs fonctions. Evidemment les deux acteurs principaux m’ont totalement fait chavirer mais toute la galerie de personnages secondaires aussi loufoques les uns que les autres servent le récit avec une force inouïe. Et enfin il n’y a pas de message politique bien lourd derrière l’intrigue ! Graphiquement, ce muet est un chef d’œuvre. La qualité narrative exceptionnelle rend chaque page expressive, chaque visage dégage une émotion, l’humain sort de chaque planche dans toutes ses contradictions et sa fragilité. Après deux précédents déjà muets, notre dessinateur devient une référence dans ce style combien délicat qui tire à mon sens la substantielle moelle de l’essence du 9eme art : la vie dans l’entre deux cases. Cet album extraordinaire est cependant beaucoup trop sincère et « naif » pour truster les prix académiques, elle n’en demeure pas moins à mon sens la meilleure sortie 2014 (et de loin). Tout invite le lecteur à l’évasion, au rêve avec une galerie de personnages magique qui nous montre nombre de réactions détonantes de nos congénères. Jubilation lorsque notre marin côtoie les narcotrafiquants, éclats de rires lorsque notre bretonne danse avec Fidel, rage lorsque tout semble perdu pour le petit face au gros, tendresse pour la pudeur des retrouvailles, amour pour cette mouette déglinguée, toutes les émotions y passent, chapeau… Vous l’aurez compris cet opus rentre dans le cercle très fermé du panthéon. Même noyé dans une production de déluge, les arches de bonheur sont un régal pour les lecteurs sevrés de terreau vivant.
Tendre Violette
Violette est une histoire passionnante, avec un dessin très fin qui dénote de la décadence (à mon sens) actuelle. Et non, ça n'a pas mal vieilli. J'ai 22 ans, découvert Servais l'année dernière : il est désormais mon auteur préféré. Si vous cherchez une histoire d'action, avec des personnages qui ont un destin extraordinaire, qui sont des "élus", qui courent dans tous les sens pour sauver leur peau, alors ne lisez pas Servais. Si vous cherchez des petites histoires empruntes de douceur, de nature et de paganisme, avec des personnages humbles qui prennent le temps d'exister, de regarder la nature se mouvoir autour d'eux (et en eux), qui n'ont pas d'aspiration à devenir des héros ou des gouverneurs (politiques ou financiers) mais qui veulent seulement faire leur temps, apprendre, comprendre et aimer, alors Servais est fait pour vous. Surtout que dans ses derniers ouvrages (L'Assassin qui parle aux oiseaux, Le Jardin des glaces, Les Chemins de Compostelle...), l'auteur agrémente ses histoires de véritables enseignements sur la nature et les techniques artisanales. C'est un véritable message que Servais s'obstine à faire passer, toujours de manière très douce. Un régal pour les personnes en quête de sérénité dans ce monde qui court à sa perte.
Fun Home - Une tragicomédie familiale
J'avoue que je ne comprends pas bien les autres avis (d'où mon avis vu que je ne viens quasiment plus sur le site :) ), vu que fun home est un vrai coup de coeur pour moi... j'ai trouvé cette histoire passionnante d'un bout à l'autre. Peut-être que le fait que le point de vue soit féminin a aidé, en tous cas je me suis sentie dès le début impliquée dans cette histoire et proche de la narratrice. Et voir petit à petit au fur et à mesure réinterpréter son enfance et son adolescence à l'aune de la révélation de l'homosexualité de son père, et de montrer comment en filigrane ce sont les pressions sociales qui l'ont au final rendu étranger à sa famille, et quel désastre cela a été pour tous, n'est pas une histoire que j'ai souvent lue. Et là je l'ai trouvée très finement analysée. Les quelques réflexions féministes qui parsèment le bouquin m'ont beaucoup plues aussi, les anecdotes sur sa puberté aussi. L'aspect "reportage" sur une certaine époque, et notamment sur la façon dont étaient perçus les homosexuels et comment ils se débrouillaient, était passionnant en soi, aussi. J'ai aimé le ton, aussi - factuel, non dénué d'humour, et refusant l'émotion facile. Une excellente BD, en ce qui me concerne.
Rahan
Forcément culte! Certains diront que c'est en raison de son côté Madeleine de Proust, la nostalgie qui à encore frappée. Mais au delà de cet aspect, avouons tout de même que pour l'époque c'était quand même du lourd. Toute les semaine pendant ma pré adolescence j'attendais avec impatience la sortie de mon Pif Gadget, parfois, Oh joie!, ce gadget était en rapport avec mon personnage préféré, Ah ce collier, les dieux savent si je l'ai attendu! Alors oui les années passant on peu trouver à redire sur cet homme des âges farouches, très Mc Gyver avant la lettre, qui se sortait de toutes les embuches grâce à son talent, son courage et son profond humanisme. Je ne parle même pas de son look tout en tablettes de chocolat et ses cheveux blonds au vent. Mais bon j'aimais beaucoup, sans doute certaines histoires ont un peu mal vieillies, surtout à l'aune de découvertes récentes et de l'engouement dans l'édition et le cinéma, il n'en reste pas moins que ces aventures ont fait rêver des milliers d'enfants en utilisant des valeurs, ma foi pas si nulles.
Broussaille
Pour mon centième avis sur BD-Thèque, je voudrais chanter les louanges de Broussaille. J'aime les histoires, simples et fraîches, dont la fausse naïveté va bien au-delà du scénario pour pré-adolescent qui est la signature du magazine Spirou. Frank Pé construit un univers attachant, surréaliste et cohérent. Les trois premiers albums sont brillants ; personnellement, j'ai un gros faible pour Les sculpteurs de lumière. Ensuite, dans les quatrième et cinquième albums, il faut admettre que le niveau baisse, mais il faut aussi tempérer les critiques qui les accablent : on reste dans le très bon. J'aime aussi le dessin soigné et lumineux de Frank Pé. Il dessine merveilleusement les paysages et les animaux. Et on n'a guère fait mieux dans le style « école de Marcinelle à gros nez ». Lorsque je l'ai découverte, j'ai d'emblée aimé la série Broussaille, et chaque fois que je la relis, je ressens le même émerveillement. Des albums qui passent les époques, se rient du temps qui s'écoule, des goûts qui évoluent et font se sentir éternellement jeune, c'est rare et c'est précieux.