J'ai beaucoup aimé l'adaptation du roman de Melville par Chabouté. Ce dernier n'a probablement pas voulu suivre une adaptation exhaustive du roman. Il y a tellement de voies et de styles différents utilisés par Melville que le risque de produire un récit sans âme qui copie l'original était grand.
L'auteur avait le choix entre les thématiques de l'aventure, du social, du documentaire. Chabouté semble avoir concentré sa vision de l'oeuvre sur le côté spéculatif et mystique des personnages. Les passages choisis renvoient presque tous à des interrogations métaphysiques (par exemple le sextant) et à une lutte entre le Bien et le Mal.
Les références à l'autorité divine ou du capitaine sont nombreuses. Chabouté choisit ainsi de favoriser le personnage de Starbuck au détriment de celui d'Ismaël dont le nom apparait très peu au cours du récit.
Le découpage du récit à partir d'une phrase issue du livre donne des points de repères comme des îlots qui nous accompagnent avec le Pequot à la sortie de Nantucket. Les dialogues sont assez rares comme souvent chez Chabouté jusqu'à l'apparition d'Achab qui va envahir l'espace d'où seul Starbuck saura se démarquer.
La tension dramatique est présente dès la première apparition du capitaine et augmente jusqu'au paroxysme d'un final mis en scène de façon éblouissante par l'auteur.
Le graphisme en N&B de Chabouté se prête magnifiquement à cette adaptation. Son dessin renvoie à l'intériorité des personnages qui évoluent au fil du charisme fou du capitaine. Dans un univers où la parole est rare (et sûrement pas pour contredire celle du capitaine), ce sont les postures gestuelles qu'insuffle le dessinateur qui font une grande part de la narration.
Chabouté réussit à mes yeux la prouesse de fondre l'image de ses personnages dans son choix des textes souvent ardus qu'il emprunte à l'oeuvre originale.
Même si je connais l'oeuvre originale, Chabouté m'a charmé avec l'ambiance spirituelle qu'il donne à son récit.
Probablement la lecture que je préfère pour le moment de cet auteur.
Franchement je suis resté bluffé par cette série de 2 tomes.
Et je viens de voir que le tome 3 ne sortira pas car cette série est abandonnée Quel dommage
l'histoire nous fait voyager dans un monde de magie de voyage et de mystères
les dessins sont incroyablement réalisés les ambiances et les lumières m'ont fait voyager et je donnerais cher pour que le tome 3 qui était pourtant prévu paraisse un jour
« Le Ciel dans la tête » vient s’ajouter aux nombreuses histoires qui nous montrent le calvaire des immigrés clandestins qui débarquent aux portes de nos pays riches, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les auteurs frappent fort.
Le parcours de Nivek est jonché de violence, chaque étape nous rappelle la complexité de la situation en Afrique (et ailleurs dans le monde). Nous rappelle que ces immigrés sont les victimes d’un système cruel que les européens et la Chine ne font rien pour enrayer. Que la RDC est le plus gros exportateur de coltan, minerai essentiel dans la production de nos appareils électroniques (tablettes etc.) grâce à ses nombreuses mines non-régulées et ses travailleurs esclaves. Que la traite des êtres humains existe toujours, juste à coté de chez nous, de notre confort quotidien. La fin est certes un peu convenue, mais touchante et terriblement réaliste. Difficile de ne pas s’émouvoir de la toute dernière page.
Le dessin de Sergio García Sánchez et les couleurs de Lola Moral sont magnifiques, et sublimés par le format plein page sans marge. La représentation des personnages est originale, tantôt réaliste, tantôt déformée, se rapprochant presque du cubisme, ou de l’esthétisme sans relief des vitraux d’églises. Un délice pour les yeux, je faisais souvent des pauses lors de ma lecture pour admirer les planches.
Un album dur, mais un sans faute en ce qui me concerne, et très certainement mon album préféré de 2023.
Je donne à cette mini-série la note de 5/5 ***à condition*** qu'on la lise dans le Journal de Mickey avec les différents gadgets qui en faisaient tout l'intérêt. Il y avait cinq épisodes, chacun d'eux basé sur un des cinq sens :
Odorat : images à gratter qu'on pouvait renifler, pour y sentir différentes odeurs, qui pouvaient être agréables ou non (rose, ail...)
Vue : lunette rouge magique qui révélait des secrets cachés dans les illustrations
Toucher : images à différentes textures sur lesquelles on pouvait passer ses doigts
Ouïe : fil "chantant" qui récitait un message
Goût : deux chocolats à goûter (ok, pour ce dernier point, c'était plus basique, d'autant qu'on ne peut l'expérimenter qu'une fois, contrairement aux autres)
Bref, tout l'intérêt venait de ces interactions amusantes, qui étaient intégrées à l'histoire, pas mal ficelée mais bien sûr destinée à la jeunesse. Si on ne fait que lire l'histoire, en tant qu'adulte, et sans profiter du côté très ludique qu'offrait la version du Journal de Mickey, ce ne sera pas la même chose.
Formidable !!!
Autant pour la qualité des planches et que pour l'atmosphère rendue.
Vivement le tome 4.
Je recherchais une BD captivante, je n'ai pas été déçu.
S'il ne fallait en rester qu'une... A la niche Tintin, c'est à Astérix que revient le trône de la série la plus solide, la plus drôle, la plus relisable (désolé, je ne trouve pas le mot correct) bref la mother of all BD franco-belge.
Et plus qu'une BD c'est une institution qui, malgré des erreurs reconnues, a gravé dans l'imaginaire de la population "l'Antiquité, c'était comme ça". D'une BD qui aurait pu ne viser qu'un lectorat jeune, les 2 compères (car je ne parle ici que des 20 premiers albums, du duo Uderzo/Goscinny) y ont greffé une étude sociologique de l'époque et ethnologique au travers des albums se déroulant à l'étranger. Cela permet une relecture ad nauseam au fil des âges où l'on saisit petit à petit les allusions à la politique, les jeux de mot ou les références pop de l'époque.
Réussir à être drôle et intelligent, sans sombrer dans la répétition, sur tant d'albums sortant à un rythme de manga, c'est tout simplement incroyable, je ne vois pas d'équivalent, donc 5/5 Culte évidemment.
Maintenant s'il fallait prendre en compte la deuxième tranche des albums, la note changerait évidemment. Mais rien à faire tant les albums évoqués précédemment ont marqué des millions de lecteurs. D'ailleurs qui dit tout de go "astérisque" et non "asterix" en parlant orthographe?
Plusieurs avis livrent leur best-of, c'est mission impossible pour moi. Car même si un album est en-deça, il en restera toujours une séquence, un personnage ou une réplique culte.
Découvert tardivement, en extraits, dans le Journal de Tintin (La Flamme Verte Du Conquistador.) et pas mal accroché même si, à l'époque, je n'arrivais à me passionner vraiment que pour la Science-Fiction et le Fantastique -et les Super-Héros, évidemment ! Mais le coup de poing magistral de Jordan au "Pas regardable" Tuxedo m'a définitivement séduit...! Je n'ai "collectionné" que les albums illustrés par Hermann : cet avis est donc un peu biaisé...
L'excellent travail de mise en page et les couleurs si éclatantes affirmaient la supériorité graphique/stylistique de la bande sur nombre de ses voisines ; et le trait de Hermann, aussi réaliste dans la représentation des décors/objets/Etc... Que romantique (et souvent extrêmement sensuel...) dans les traits et les attitudes des personnages, assure à la série une authenticité définitivement à part ; et ce même malgré les poncifs situationnels (pour l'époque) des scénarios de Greg (néanmoins toujours très agréablement brodés d'un humour juste assez calibré pour autoriser une distance bienvenue d'avec les univers explorés par le trio -plutôt concrets...).
Trio, ma foi, à la dynamique convenue même si, en effets, Bernard Prince demeure un personnage très particulier, qui arrive à incarner sans réel inconfort (sinon pour lui-même !) les plus nobles sentiments avec un pragmatisme tout de rigueur et de bon sens. Remarquable travail de la part de Greg, sur ce coup-là. Jordan, dans ses meilleurs moments, mimique évidemment l'humanisme (tout en rondeur mais néanmoins TRÈS entier !) du Capitaine Haddock... En plus agressif. Et Djinn serait un Tintin plus malicieux -ou alors un Abdallah heureux ?! Une famille recomposée pour le meilleur, en tous cas.
Ce bol qu'il a eu, le Djinn, de pouvoir découvrir la vie en compagnie de ces deux mentors aux caractères si différents et complémentaires... Je crève de jalousie !
3 magnifiques tomes qui humanisent les réfugiés et visibilisent leur courage et les dangers auxquels ils sont exposés.
L'Europe dépense 13 milliards par an pour blinder les frontières, pourquoi ne pas les utiliser pour l'accueil et des voies d'accès sûres des personnes qui n'ont pas d'autre choix que de fuir!!!
Ce livre devrait être enseigné à l'école et servir de point de départ aux réformes des politiques migratoires.
Plus jamais de trajectoires comme celle d'Hakim!
Blacksad se démarque indéniablement en tant que chef-d'œuvre, captivant dès le premier regard avec le graphisme remarquable de Juanjo Guarnido. Chaque page est une véritable œuvre d'art, alliant harmonieusement couleurs, détails méticuleux et expressions animales étrangement humaines. L'utilisation ingénieuse des animaux anthropomorphes confère une profondeur inattendue aux personnages, chaque espèce étant habilement sélectionnée pour refléter les caractéristiques de ses membres.
Le scénario de Juan Díaz Canalès s'intègre parfaitement à cette esthétique visuelle. Les enquêtes policières, bien que parfois simples, servent de toile de fond à une exploration subtile des aspects sombres de la société. Malgré des variations de qualité entre les albums, chaque opus offre une plongée immersive dans un monde où la corruption, le racisme et la violence cohabitent avec la splendeur du dessin.
Cependant, quelques réserves pourraient émerger concernant la complexité des personnages. Bien que le choix des animaux anthropomorphes soit réfléchi, le développement psychologique de certains protagonistes pourrait sembler en deçà des attentes. La série, visant un large public, pourrait être critiquée pour sacrifier une profondeur narrative au profit de l'accessibilité.
Je ne peux qu'applaudir la manière dont Blacksad transcende les frontières du genre. L'alliance entre le talent artistique de Guarnido et la narration entraînante de Díaz Canalès crée une expérience qui va au-delà d'une simple bande dessinée. Bien que la série puisse présenter quelques lacunes, elle reste une incontournable dans ma bibliothèque, témoignant de l'impact durable qu'elle a eu sur le monde de la bande dessinée.
Voilà une oeuvre enchanteresse et un peu inclassable.
Ce manga semble en apparence s'addresser aux plus jeunes mais il développe des thèmes adultes rarement abordés dans les mangas "tout public" (la différence, le handicap, l'homosexualité...). Cet univers magique empreint d'une certaine noirceur rappelle Full Metal Alchemist (la magie dans l'un et l'alchimie dans l'autre peuvent être sources de merveilleux comme de drames terribles si mal utilisés).
Le chara-design est résolument japonais mais le dessin est occidental (avec notamment l'utitisation de hachures plutôt que de trames) avec une grosse inspiration Art-Déco. Les personnages comme les décors sont splendides.
L'auteure a fait l'effort de créer un système de magie bien fichu à base de sceaux et des 4 éléments. Autre particularité intéressante : la magie est censée être réservée à des élus sélectionnés à la naissance pour leur "don" mais on découvre dès le 1er chapitre (voir la galerie d'images) qu'en fait n'importe qui pourrait pratiquer la magie pour peu qu'il apprenne à dessiner les dits sceaux. Ainsi la caste des magiciens s'apparente plus à une secte ésotérique qui garde jalousement ses secrets pour ne pas laisser la magie et ses potentiels dangers entre n'importe quelles mains... Mais certains jeunes sorciers ne sont pas de cet avis et s'ensuit une réflexion intéressante sur l'éthique dans la pratique de la magie.
Un très beau récit d’apprentissage.
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Moby Dick (Chabouté)
J'ai beaucoup aimé l'adaptation du roman de Melville par Chabouté. Ce dernier n'a probablement pas voulu suivre une adaptation exhaustive du roman. Il y a tellement de voies et de styles différents utilisés par Melville que le risque de produire un récit sans âme qui copie l'original était grand. L'auteur avait le choix entre les thématiques de l'aventure, du social, du documentaire. Chabouté semble avoir concentré sa vision de l'oeuvre sur le côté spéculatif et mystique des personnages. Les passages choisis renvoient presque tous à des interrogations métaphysiques (par exemple le sextant) et à une lutte entre le Bien et le Mal. Les références à l'autorité divine ou du capitaine sont nombreuses. Chabouté choisit ainsi de favoriser le personnage de Starbuck au détriment de celui d'Ismaël dont le nom apparait très peu au cours du récit. Le découpage du récit à partir d'une phrase issue du livre donne des points de repères comme des îlots qui nous accompagnent avec le Pequot à la sortie de Nantucket. Les dialogues sont assez rares comme souvent chez Chabouté jusqu'à l'apparition d'Achab qui va envahir l'espace d'où seul Starbuck saura se démarquer. La tension dramatique est présente dès la première apparition du capitaine et augmente jusqu'au paroxysme d'un final mis en scène de façon éblouissante par l'auteur. Le graphisme en N&B de Chabouté se prête magnifiquement à cette adaptation. Son dessin renvoie à l'intériorité des personnages qui évoluent au fil du charisme fou du capitaine. Dans un univers où la parole est rare (et sûrement pas pour contredire celle du capitaine), ce sont les postures gestuelles qu'insuffle le dessinateur qui font une grande part de la narration. Chabouté réussit à mes yeux la prouesse de fondre l'image de ses personnages dans son choix des textes souvent ardus qu'il emprunte à l'oeuvre originale. Même si je connais l'oeuvre originale, Chabouté m'a charmé avec l'ambiance spirituelle qu'il donne à son récit. Probablement la lecture que je préfère pour le moment de cet auteur.
Black Stone
Franchement je suis resté bluffé par cette série de 2 tomes. Et je viens de voir que le tome 3 ne sortira pas car cette série est abandonnée Quel dommage l'histoire nous fait voyager dans un monde de magie de voyage et de mystères les dessins sont incroyablement réalisés les ambiances et les lumières m'ont fait voyager et je donnerais cher pour que le tome 3 qui était pourtant prévu paraisse un jour
Le Ciel dans la tête
« Le Ciel dans la tête » vient s’ajouter aux nombreuses histoires qui nous montrent le calvaire des immigrés clandestins qui débarquent aux portes de nos pays riches, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les auteurs frappent fort. Le parcours de Nivek est jonché de violence, chaque étape nous rappelle la complexité de la situation en Afrique (et ailleurs dans le monde). Nous rappelle que ces immigrés sont les victimes d’un système cruel que les européens et la Chine ne font rien pour enrayer. Que la RDC est le plus gros exportateur de coltan, minerai essentiel dans la production de nos appareils électroniques (tablettes etc.) grâce à ses nombreuses mines non-régulées et ses travailleurs esclaves. Que la traite des êtres humains existe toujours, juste à coté de chez nous, de notre confort quotidien. La fin est certes un peu convenue, mais touchante et terriblement réaliste. Difficile de ne pas s’émouvoir de la toute dernière page. Le dessin de Sergio García Sánchez et les couleurs de Lola Moral sont magnifiques, et sublimés par le format plein page sans marge. La représentation des personnages est originale, tantôt réaliste, tantôt déformée, se rapprochant presque du cubisme, ou de l’esthétisme sans relief des vitraux d’églises. Un délice pour les yeux, je faisais souvent des pauses lors de ma lecture pour admirer les planches. Un album dur, mais un sans faute en ce qui me concerne, et très certainement mon album préféré de 2023.
Les Jumeaux magiques
Je donne à cette mini-série la note de 5/5 ***à condition*** qu'on la lise dans le Journal de Mickey avec les différents gadgets qui en faisaient tout l'intérêt. Il y avait cinq épisodes, chacun d'eux basé sur un des cinq sens : Odorat : images à gratter qu'on pouvait renifler, pour y sentir différentes odeurs, qui pouvaient être agréables ou non (rose, ail...) Vue : lunette rouge magique qui révélait des secrets cachés dans les illustrations Toucher : images à différentes textures sur lesquelles on pouvait passer ses doigts Ouïe : fil "chantant" qui récitait un message Goût : deux chocolats à goûter (ok, pour ce dernier point, c'était plus basique, d'autant qu'on ne peut l'expérimenter qu'une fois, contrairement aux autres) Bref, tout l'intérêt venait de ces interactions amusantes, qui étaient intégrées à l'histoire, pas mal ficelée mais bien sûr destinée à la jeunesse. Si on ne fait que lire l'histoire, en tant qu'adulte, et sans profiter du côté très ludique qu'offrait la version du Journal de Mickey, ce ne sera pas la même chose.
La Horde du contrevent
Formidable !!! Autant pour la qualité des planches et que pour l'atmosphère rendue. Vivement le tome 4. Je recherchais une BD captivante, je n'ai pas été déçu.
Astérix
S'il ne fallait en rester qu'une... A la niche Tintin, c'est à Astérix que revient le trône de la série la plus solide, la plus drôle, la plus relisable (désolé, je ne trouve pas le mot correct) bref la mother of all BD franco-belge. Et plus qu'une BD c'est une institution qui, malgré des erreurs reconnues, a gravé dans l'imaginaire de la population "l'Antiquité, c'était comme ça". D'une BD qui aurait pu ne viser qu'un lectorat jeune, les 2 compères (car je ne parle ici que des 20 premiers albums, du duo Uderzo/Goscinny) y ont greffé une étude sociologique de l'époque et ethnologique au travers des albums se déroulant à l'étranger. Cela permet une relecture ad nauseam au fil des âges où l'on saisit petit à petit les allusions à la politique, les jeux de mot ou les références pop de l'époque. Réussir à être drôle et intelligent, sans sombrer dans la répétition, sur tant d'albums sortant à un rythme de manga, c'est tout simplement incroyable, je ne vois pas d'équivalent, donc 5/5 Culte évidemment. Maintenant s'il fallait prendre en compte la deuxième tranche des albums, la note changerait évidemment. Mais rien à faire tant les albums évoqués précédemment ont marqué des millions de lecteurs. D'ailleurs qui dit tout de go "astérisque" et non "asterix" en parlant orthographe? Plusieurs avis livrent leur best-of, c'est mission impossible pour moi. Car même si un album est en-deça, il en restera toujours une séquence, un personnage ou une réplique culte.
Bernard Prince
Découvert tardivement, en extraits, dans le Journal de Tintin (La Flamme Verte Du Conquistador.) et pas mal accroché même si, à l'époque, je n'arrivais à me passionner vraiment que pour la Science-Fiction et le Fantastique -et les Super-Héros, évidemment ! Mais le coup de poing magistral de Jordan au "Pas regardable" Tuxedo m'a définitivement séduit...! Je n'ai "collectionné" que les albums illustrés par Hermann : cet avis est donc un peu biaisé... L'excellent travail de mise en page et les couleurs si éclatantes affirmaient la supériorité graphique/stylistique de la bande sur nombre de ses voisines ; et le trait de Hermann, aussi réaliste dans la représentation des décors/objets/Etc... Que romantique (et souvent extrêmement sensuel...) dans les traits et les attitudes des personnages, assure à la série une authenticité définitivement à part ; et ce même malgré les poncifs situationnels (pour l'époque) des scénarios de Greg (néanmoins toujours très agréablement brodés d'un humour juste assez calibré pour autoriser une distance bienvenue d'avec les univers explorés par le trio -plutôt concrets...). Trio, ma foi, à la dynamique convenue même si, en effets, Bernard Prince demeure un personnage très particulier, qui arrive à incarner sans réel inconfort (sinon pour lui-même !) les plus nobles sentiments avec un pragmatisme tout de rigueur et de bon sens. Remarquable travail de la part de Greg, sur ce coup-là. Jordan, dans ses meilleurs moments, mimique évidemment l'humanisme (tout en rondeur mais néanmoins TRÈS entier !) du Capitaine Haddock... En plus agressif. Et Djinn serait un Tintin plus malicieux -ou alors un Abdallah heureux ?! Une famille recomposée pour le meilleur, en tous cas. Ce bol qu'il a eu, le Djinn, de pouvoir découvrir la vie en compagnie de ces deux mentors aux caractères si différents et complémentaires... Je crève de jalousie !
L'Odyssée d'Hakim
3 magnifiques tomes qui humanisent les réfugiés et visibilisent leur courage et les dangers auxquels ils sont exposés. L'Europe dépense 13 milliards par an pour blinder les frontières, pourquoi ne pas les utiliser pour l'accueil et des voies d'accès sûres des personnes qui n'ont pas d'autre choix que de fuir!!! Ce livre devrait être enseigné à l'école et servir de point de départ aux réformes des politiques migratoires. Plus jamais de trajectoires comme celle d'Hakim!
Blacksad
Blacksad se démarque indéniablement en tant que chef-d'œuvre, captivant dès le premier regard avec le graphisme remarquable de Juanjo Guarnido. Chaque page est une véritable œuvre d'art, alliant harmonieusement couleurs, détails méticuleux et expressions animales étrangement humaines. L'utilisation ingénieuse des animaux anthropomorphes confère une profondeur inattendue aux personnages, chaque espèce étant habilement sélectionnée pour refléter les caractéristiques de ses membres. Le scénario de Juan Díaz Canalès s'intègre parfaitement à cette esthétique visuelle. Les enquêtes policières, bien que parfois simples, servent de toile de fond à une exploration subtile des aspects sombres de la société. Malgré des variations de qualité entre les albums, chaque opus offre une plongée immersive dans un monde où la corruption, le racisme et la violence cohabitent avec la splendeur du dessin. Cependant, quelques réserves pourraient émerger concernant la complexité des personnages. Bien que le choix des animaux anthropomorphes soit réfléchi, le développement psychologique de certains protagonistes pourrait sembler en deçà des attentes. La série, visant un large public, pourrait être critiquée pour sacrifier une profondeur narrative au profit de l'accessibilité. Je ne peux qu'applaudir la manière dont Blacksad transcende les frontières du genre. L'alliance entre le talent artistique de Guarnido et la narration entraînante de Díaz Canalès crée une expérience qui va au-delà d'une simple bande dessinée. Bien que la série puisse présenter quelques lacunes, elle reste une incontournable dans ma bibliothèque, témoignant de l'impact durable qu'elle a eu sur le monde de la bande dessinée.
L'Atelier des Sorciers
Voilà une oeuvre enchanteresse et un peu inclassable. Ce manga semble en apparence s'addresser aux plus jeunes mais il développe des thèmes adultes rarement abordés dans les mangas "tout public" (la différence, le handicap, l'homosexualité...). Cet univers magique empreint d'une certaine noirceur rappelle Full Metal Alchemist (la magie dans l'un et l'alchimie dans l'autre peuvent être sources de merveilleux comme de drames terribles si mal utilisés). Le chara-design est résolument japonais mais le dessin est occidental (avec notamment l'utitisation de hachures plutôt que de trames) avec une grosse inspiration Art-Déco. Les personnages comme les décors sont splendides. L'auteure a fait l'effort de créer un système de magie bien fichu à base de sceaux et des 4 éléments. Autre particularité intéressante : la magie est censée être réservée à des élus sélectionnés à la naissance pour leur "don" mais on découvre dès le 1er chapitre (voir la galerie d'images) qu'en fait n'importe qui pourrait pratiquer la magie pour peu qu'il apprenne à dessiner les dits sceaux. Ainsi la caste des magiciens s'apparente plus à une secte ésotérique qui garde jalousement ses secrets pour ne pas laisser la magie et ses potentiels dangers entre n'importe quelles mains... Mais certains jeunes sorciers ne sont pas de cet avis et s'ensuit une réflexion intéressante sur l'éthique dans la pratique de la magie. Un très beau récit d’apprentissage.