Les derniers avis (7519 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Docteur Ventouse Bobologue
Docteur Ventouse Bobologue

Moi, ça m'éclate ! De la secrétaire tour à tour insupportable de suffisance et de snobisme et, en même temps, imparable de bon sens, à la concierge Portugaise à l'accent irrésistiblement bien rendu lors de sa diatribe contre "la Sécou'" (!), je m'amuse follement à lire cette charge extra-lucide (encore une fois !) contre les institutions en place ; elles-mêmes tellement blasées sur la question de leur utilité toute relative qu'elles ne jouent plus qu'à peine leur comédie de l'assurance à leurs veules et crédules patientèles nourricières. Quand on voit avec quelle insolence et honnêteté Claire Bretécher dénonce l'hypocrisie des milieux médicaux sur les questions de santé publique (le gag avec la représentante des laboratoires !), on en vient à rêver un album entier rempli de ses impressions quant à la crise d'autorité sanitaire qui s'est emparée de nos dirigeants, récemment : elle aurait eu de quoi phosphorer ! L'humour continue à être le seul moyen de dénoncer, décidément. Alors vivement la relève. Claire ! Où que tu sois : je t'embrasse !

24/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série X-Men - L'intégrale
X-Men - L'intégrale

... Ah. Difficile de résumer mon avis sur cette intégrale-là ! La genèse et les aventures de ce qui est devenu -rapport à l'énorme popularité de la refonte 70's- les "anciens" X-Men, ne représentent fatalement pour moi qu'une source de références (très roboratives) ayant peuplé l'Historique culturel du nouveau groupe tant que je n'ai pas eu accès aux rééditions (en tant qu'adulte). Leur impact de séduction a donc été moindre, même si j'ai apprécié la mise en avant du thème originel et original de Stan Lee -l'exclusion- ainsi que les dessins très lisibles du Kirby très raisonnable des débuts. Le passage d'Adams est spectaculaire et je regrette de ne pas l'avoir découvert "en live". Havoc est une très grande réussite graphique, à la fois sobre et spectaculairement nouvelle : l'absence totale de relief de son costume noir, le faisant apparaitre comme un être en deux dimensions, et les " cerceaux " concentriques de lumière qui émanent de son cœur, avec leur symbolique stylisée sur son masque... Inégalé. Ceci étant posé, je suis encore enfant quand je découvre le nouveau groupe et, au delà du choc graphique initial (les visages aux expressions marquées de Dave Cockrum ainsi que son goût prononcé pour le costume symbolico-flashy !), j'ai tout de suite accroché au concept mutant made in Marvel (ils n'ont pas choisi leur sort, ça me parle !) ainsi qu'à la dynamique inter-équipiers : on comprenait tout de suite qui était qui et faisait quoi... La froideur professionnelle de Scott, la distante dignité d'Ororo, la nature sauvage de Logan, la bonhomie mature de Sean, la candeur juvénile de Piotr, la vivacité d'esprit -l'humour- de Kurt et, déjà, l'ambivalence de la personnalité de Jean : "...Oui, non... Peut-être. Pas ce soir, Scott..." ;) L'arrivée de John Byrne, immédiatement après ce premier contact, enfonce le clou et, sous mon regard fasciné -et dans un désordre complet d'achats et/ou d'héritages de proches moins accrocs que moi, et ce jusqu'à ce que ma mère se décide à me les acheter régulièrement une éternité plus tard (!)-, cette famille recomposée -aux très nombreux parents !- s'achemine lentement (trimestriellement ! C'était une torture !) vers des sommets de tension dramatique qui voient leurs identités évoluer, pour certains, de façons tout à fait inattendues -quoique... Alors je vais passer vite sur la période très créative Cockrum/Byrne : tout a été dit sur la mort de John Proudstar, la "prise de poids" de Logan au sein de l'équipe, ou bien la déshumanisation progressive de Jean -je me refuse à considérer la problématique Strange-Girl/Phénix comme une histoire de double identité : ce n'est pas ce que j'ai lu alors. Et tout le délire "cosmique" justifiant sa résurrection commerciale n'est que ça : un prétexte. Au départ de Byrne, un retour en arrière (scénarios simplistes et un Dave Cockrum très mal encré !) très frustrant nous est imposé, avant un certain renouveau avec John Romita junior (la ré- invention de Malicia ; et la mise en abîme de sa double personnalité -Carol Danvers- est particulièrement bien exploitée), et quelques transcendances véritablement artistiques signées Barry Windsor-Smith. À croire que, en fait, la qualité de l'écriture de Chris Claremont dépend de l'artiste avec lequel il partage la réalisation du Comic Book car, avec Paul Smith, on repart vers du plus inventif et plus fun, et Marc Silvestri donnera un punch bienvenu aux scènes d'action du très inégal cycle Inferno. Sans compter une réelle beauté plastique aux héroïnes, Madelyne en tête. Mais l'accession des X-Men à un statut presque divin (dans leur bouquin comme dans la presse spécialisée) achève de les dénaturer : ils deviennent complètement intouchables (indétectables, omniprésents et omniscients...) et, pour le coup, beaucoup moins intéressants. ...Ensuite, eh bien... On a droit à quelques redondances (Magneto gentil, puis méchant, puis gentil...) et des trucs carrément grotesques, comme une Jean Grey qui, non seulement se porte comme un charme après son suicide, mais se voit pour un épisode transformée en "Poulpe-Girl" ! Ororo nous fera le coup de Peter Pan, de son côté... Et je ne dirai rien des refontes successives infligées à cette pauvre Betsy ! Enfin BREF... ! Les meilleures choses ayant une fin, j'ai jeté l'éponge en même temps que Chris Claremont, le scénariste quasi unique de la seconde mouture du concept (car c'est le Grand Len Wein qui a véritablement créé les Nouveaux X-Men, internationaux et caractériels !); Jim Lee a, malgré tout son talent, transformé le canard en press-book indigeste : tout le monde pose ! Mais la genèse bis du titre vaut vraiment le coup : outre des personnages vraiment bien définis et intéressants -on sent bien qu'ils échappent aux visées initiales des auteurs !- la temporalité de l'action (étirée) donne une densité au récit (comme pour Spiderman, en son temps), et la justesse avec laquelle Chris Claremont et ses potes déplacent leurs joujoux sur les cases de leurs aventures -souvent humaines autant que super-héroïques- renforce l'affection qu'on a pour cette création particulière, en confirmant la validité de notre coup de cœur initial. On n'a pas uniquement été séduit : on a eu raison de les aimer.

23/10/2023 (MAJ le 24/10/2023) (modifier)
Couverture de la série Seuls
Seuls

Je suis assez enthousiaste après la lecture des trois premiers cycles de cette série (13 numéros). Cette série s'adresse à un large public avec des thématiques assez compliquées dans un scénario de Vehlman très recherché. Son récit fourmille de créativité et de rebondissements ce qui a maintenu ma curiosité tout au long des trois cycles. Il y a bien un ralentissement au sein du cycle deux mais c'est vite oublié avec les surprises et l'ambiance du cycle 3. La prouesse de Vehlmann est de faire vivre des personnages puissants bien au delà du groupe des 5 de Fortville. Même dans le groupe, les auteurs peuvent se permettre de mettre Dodgi sur la touche assez longtemps sans que la tension dramatique du récit n'en souffre. Velhman a construit un scénario qui nous emmène au confins de la science quantique et de la spiritualité sans que les explications d'Anton ne sonnent creuses. J'ai trouvé la qualité du texte remarquable mêlant le pointu via le duo Ivan-Anton, le comique avec Terry, l'aventure avec Dodgi et Léïla et le mystérieux avec Camille. De plus l'apparition de personnages ambigus à la personnalité complexe (Saul, Alexandre, Achille, ...) rend le récit vivant et toujours en renouvellement. Je suis un grand fan du graphisme de Gazzotti. Sa maîtrise rend possible l'expression des différentes ambiances qui traversent la série. C'est toujours précis et juste et les expressions fortes des personnages accompagnent très bien la narration. Les plans sont rapides et ingénieux produisant une dynamique de l'action vraiment prenante. Pour finir j'aime beaucoup la mise en couleur moderne et jeune de Usagi qui rend la lecture extrêmement plaisante. Une série d'une grande originalité qui avance avec un scénario et un graphisme de haut niveau. Un vrai régal pour un public très large. J'attends le cycle 4

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Machine Man
Machine Man

J'ai découvert Barry Windsor-Smith avec ce Récit Complet Marvel publié par Lug et, presque malgré moi, j'y ai retrouvé un peu de la magie naïve de l'origine "Kirbyenne" du personnage... Bon, pas de lyrisme cosmique ni de questionnements trop existentiels, dans cette histoire-là. Aaron est trop occupé à survivre à tous ses poursuivants, dans ce futur déprimant, et ses motivations sont plus humaines que jamais : désir de revanche contre sa Némésis et flamme ardente pour son amour perdu (Jocaste, toute mal re-bidouillée ! Shocking !). De l'action et des personnages plutôt attachants -anciens et nouveaux- et même un super-héros/super-vilain qui offre à l'artiste (cet obsédé du débris qui voltige et de l'éclaboussure !) l'occasion de se défouler comme jamais lors de la mise sur la tronche finale entre les deux adversaires. Un super grand spectacle ! Mais la plupart des planches sont également très réussies, pleines de détails utiles ; et les mises en couleurs mettent vraiment le tout en valeur. Très bon souvenir, que le temps a gentiment patiné sans rien lui enlever de son unicité talentueuse.

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Le Cordon infernal
Le Cordon infernal

On en prend plein la tronche ! Bon, il y a deux trois bricoles passablement passables ("La vie sans motif de Meredith Blanchard", par exemple, sinon comme justification de la dernière image !). Ou encore des histoires dont je n'ai carrément pas compris le sens ou l'intérêt : "Vie et mœurs exemplaires du Salopiot des marais."...?! Mais ce qu'elle balance sur le couple, c'est abominable. Et son style, comme d'habitude, exagère les attitudes à l'extrême jusqu'à me faire glousser de rire. Je n'y peux rien : je ressens dans mes propres traits les rictus distordus de ses personnages, torturés par l'absurdité de leurs affres conjugales ! C'est de la sympathie et c'est la puissance de son dessin qui provoque ça ; exactement comme avec Franquin -en plus trash ! Il faut voir les anges essayer de se faire entendre par une Jehanne D'Arc complètement sourdingue ! Mais elle sait aussi être tendre -c'est assez rare, lors de ses premières publications- et l'histoire qui ouvre cet album est un petit bijou de sensibilité qui n'aurait pu être racontée de cette -délicate et légère- façon par personne d'autre. Précieuse utilité de l'artiste qui porte un regard différent sur la vie et possède le talent nécessaire pour nous le faire partager. Grande artiste -même si pas encore au top du dessin, à ce moment-là- mais, surtout, personnage exceptionnel, cette Claire Bretécher.

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Excalibur -  L'Intégrale
Excalibur - L'Intégrale

Quel pied ! Enfin je retrouvais -un peu- de ce qui me plaisait dans le genre, à savoir de l'action parfaitement rythmée alternant avec des scénettes de la vie quotidienne (!) du super-héros moyen (re !). Le casting est PAR-FAIT !... C'est agréable de ne pas bouffer du poil de Serval à chaque page OUARFF ! Et je confirme que le changement de décors fait du bien, si joliment qu'il est mis en valeur par les excellents Alan Davis et Mark Farmer. Alors oui : il y a un parti-pris d'humour de situation (la cohabitation forcée, les pouvoirs qui cafouillent...) mais, curieusement, Claremont n'hésite pas à introduire du très dramatique en plein milieu de la blague (il y a des gens qui meurent, quand même ; et pas que des anonymes...), ce qui donne à l'ensemble un arrière-goût un peu amer. Personnellement, j'avais été un peu cueilli. Mais quasiment tout le reste est réussi dans ces épisodes apparemment délirants mais néanmoins cohérents et on suit les aventures -moins cohérentes, d'ailleurs, lors du cycle "British Railways"- du petit groupe enjoué avec beaucoup de plaisir, retranchés qu'ils sont de l'embrouillamini grotesque où se débattent leurs homologues Américains. Claremont a assuré en les tenant à l'écart de la continuité toute relative des séries X ! Comme à l'accoutumée, Alan Davis et -souvent- Mark Farmer livrent un travail irréprochable (très stylisé et élégant, d'accord ; mais néanmoins extrêmement lisible) où les pouvoirs paranormaux sont prétextes à moult effets esthétiques, comme aux meilleures heures des Neal Adams, Dave Cockrum et John Byrne. Atout visuel primordial du genre dont devraient prendre de la graine les réalisateurs des films Marvel ! Pas si léger que ça, donc ; et plein de belles qualités.

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Inhumans - Tour d'Ivoire
Inhumans - Tour d'Ivoire

... Le dessin de Jae Lee, avec son encrage très délié, a ceci de particulier qu'il ralentit considérablement l'action présentée dans chaque case -ce qui semble un comble dans l'univers généralement mouvementé des Comic books ! Ce faisant, il octroie à son sujet un rendu presque surréaliste, mais sans jamais verser dans l'exagération dans sa représentation du monde : les lois classiques de proportions et perspectives sont respectées. On se trouve néanmoins devant une réalité très graphiquement sublimée, où seules les expressions des visages, prodigieusement bien saisies et elles aussi "dramatisées" par le trait, rythment la progression de l'action en cours. Quelle que soit la scène dépeinte, il décale automatiquement l'ambiance vers quelque chose de plus onirique, plus contemplatif, sans pourtant nuire au récit lui-même ni gêner la lecture. Le tout apparait comme pris dans l'ambre... Et c'est beau à ne pas croire ! Il n'est pas le premier -ni le dernier- à "enluminer" ses planches : P. Craig Russell s'en est fait une spécialité et a longtemps été décrié pour ses arabesques savantes, qui décorent le moindre nuages, le moindre plis de tissus, le moindre reflet de miroir. Même combat ici, sauf que le travail stylistique de Lee joue d'avantage sur l'ambiance (toujours très sombre) plutôt que sur le soucis du détail dans l'image (en général lumineuse), comme Russell. Au service de cette histoire des Inhumains, prétexte à une exploration/exposition passionnante de leur culture (longtemps attendue !), ce style si personnel magnifie le sujet et l'aura des intervenants d'une coloration presque mythologique et, d'un Comic de super-héros, on se surprend à lire les jours de dieux païens dont on aurait, jusqu’alors, seulement vaguement entendu parler. Beaucoup d'esthétisme, donc ; mais pas que ça : il y a de vrais enjeux dans cette intrigue politico-psychologique (Woz ! Magnifique et bouleversant personnage/concept sublimement représenté !) et, comme d'habitude, tout n'est pas de neige, au royaume du Danemark ! À lire, donc. Pour plein de bonnes raisons.

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Marvels
Marvels

On a tout dit au sujet de la maitrise picturale de Alex Ross. Quelle chance on a qu'il ait eu, comme nous, le coup de foudre pour le genre et, par dessus le marché, une intelligence manifeste à l'analyser et le mettre en scène avec une fidélité miraculeuse dans son rendu, pourtant peint ! C'est qu'on les reconnait tous ! La page de garde de cette merveille est une véritable capsule temporelle dans son exécution, si précise, de toute une époque pleine de trouvailles graphiques et scénaristiques. Rien que l'attitude de Susan Storm, Franklin dans ses bras, et je me retrouve avec mon Nova ouvert sur les cuisses, perdu dans les difficultés conjugales et familiales des FF ! Mais la grande réussite de ce recueil est d'avoir pris le point de vue de ce reporter -le notre, donc : extérieur- pour chroniquer bien quarante ans des délires Marvel ayant frappé la ville de New York ! J'ai fais la visite de ma propre culture -rêvée- en parcourant ces pages superbes, composées des clichés -et instantanés- d'évènements qui ont, sans que je le sache ni ne le décide, formé mon goût pour le genre du super-héros (fiction extrêmement spécifique) comme filtre pour appréhender une réalité infiniment moins séduisante et qui, dans le même temps, m'ont ouvert l'esprit aux motivations des autres, en m'explicitant les raisons de leurs comportements au travers des affres personnelles de Spiderman et Cie. On ne se rend compte de ce que nous ont transmis les artistes -les bons !- que lors ce qu'il est trop tard pour revenir en arrière ; d'où l'intérêt (la nécessité) d'une exposition la plus large possible aux sources de création les plus variées. Pour l'amateur, Marvels emplit l'âme comme le ferait la clarté solaire et, si je frémis à la vue des Sentinelles survolant la ville, si mon coeur se serre au souvenir du destin de Gwen Stacy, je ne peux m'empêcher de rejoindre son point de vue poétique à l'invasion Atlante des rues de New-York ; et son ravissement m'accompagne alors que j'admire, positivement ébloui, l'éclat de lumière irisé sur l'épaule de Galactus, tout là-haut.

21/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série John Byrne's Next Men
John Byrne's Next Men

Ce vers quoi commençait à tendre le genre super-héroïque au milieu des années quatre-vingt : une mise en abîme de plus en plus "réaliste" du destin probable du surhomme au sein de la société, une représentation d'avantage S.F. qui aurait pu transcender l'entièreté de la production pour l'amener vers des rivages beaucoup plus enrichissants, sinon originaux. Loin au delà du banal affrontement bien/mal, en tous cas. Mais le virage entr'aperçu avec le "Dieu Créé, L'Homme Détruit." de Claremont/Anderson, loin de montrer l'exemple avec son exploration un poil plus poussée qu'à l'accoutumée du pitch Humaniste originel des X-Men, va vite être remplacé par une popularisation quasi générale de la violence et du trash comme prétexte à plus de réalisme... Tant pis ! John Byrne nous venge tous avec son super efficace John Byrne's Next Men, plein de bruit et de fureur -et de sens ! Avec une rigueur graphique quasi sans faille et un sens du récit peaufiné par l'expérience, il te me nous a torché un petit bijou Science-Fictionnesque qui décortique toutes les astuces utilisées depuis des lustres par les auteurs de Comics ; nous offrant à chaque arc une extrapolation bien plus cohérente de tel ou tel sujet, et des conséquences bien réelles qui en découleraient SI... Le dessin est tellement au point dans son efficacité qu'il en manque presque de charme, dépouillé qu'il est de toute hésitation ou expérimentation ; même si Byrne nous offre pas mal de plans très inventifs. La conséquence logique est une froideur d'ordre général, surtout dans le second arc. Mais un vrai humour de situation (le décalage induit par l'inexpérience des Next Men) et, plus directement, du traitement de certains personnages (le portrait bien sentis de Ben Horowitz et le sadisme moqueur de Satanas, l'émouvante humanité de Sandy...) s'occupent de réchauffer l'atmosphère ; et on se réjouit que le Comic soit publié chez Dark Horse plutôt que Marvel ou DC... N'empêche : on suit avec beaucoup de sympathie l'odyssée de ces "NEXT MEN" vers plus de maturité et de conscience et, si les avatars qu'ils subissent après l'affrontement "final" avec leur Némésis Satanas me parlent moins dans leur logique "à suivre", plus classique (John Byrne adore les histoires de voyage temporels et je crois que c'est ce que j'aime le moins dans la S.F.), tout ce qui est mis en scène avant pointe le talent de l'auteur et l'intérêt de l'histoire. Aucun des personnages n'est traité à la légère -Tony est un poil trop "chargée", néanmoins, niveau background !- et leur évolution est logique tout du long. Du développement d'une conscience morale chez Jack à l' endurcissement psychologique de Bethany (bien raccord avec sa propre mutation, pour le coup !) jusqu'à l'acquisition -douloureusement triste- de la maturité pour Danny, on ne peut rester à distance de ces individus projetés du jour au lendemain dans le monde des hommes, après avoir commencé leur existence au (presque !) paradis. Et même l'absence d'évolution comportementale chez Nathan et Jasmine tombe sous le sens : il est dés le départ un être dépassionné et déjà abouti, mature avant l'heure, alors qu' elle n'exprime qu'émotion et simplicité et continuera, par la suite et malgré les épreuves, à faire preuve de la plus confondante naïveté. Ces choix-là aussi prouvent encore d'avantage l'implication de l'auteur à tenter de nous offrir quelque chose de différent du Comic Book habituel. Un travail de caractérisation qui fait sa patte depuis Alpha Flight ; et qui rend mon approche de facto sympathique envers ses créations et/ou adaptations. Un grand moment du Comic !

21/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Justiciers du futur
Les Justiciers du futur

Halala ! Dave Cockrum et son légendaire goût pour le costume de super-héro qui tue ! Non mais : rien que la couverture, quoi ! Le bonhomme est à l'origine de ma passion pour le genre super-héroïque. Comment ne pas avoir toute sa chimie cérébrale bouleversée quand, aux alentours des huit-neuf ans, un Spécial Strange entre les mains, ont se retrouve les yeux écarquillés à essayer d'assimiler toutes les subtilités stylistiques qu'arbore une véritable horde de belligérants, drapés des oripeaux les plus élaborés et colorés qu'on ait jamais contemplé ?! Déjà, le groupe des X-Men qui ouvrait le chapitre m'avait grandement impressionné ; mais la Garde Impériale ?! Il était vraiment le Christian Lacroix du genre ! Avec cet album à (presque) mi-chemin des genres (c'est très S.F. !), il s'est manifestement fait plaisir en mettant en scène, via une histoire assez simple d'invasion temporelle, un groupe de super héros typiques du MCG, tous nantis de ce qui se faisait de mieux en matière d'assortiment personnalité/pouvoir/patronyme ; et dont la trempe très naïve, fidèle au style d'une époque déjà datée au moment de la publication, justifie précisément les représentations graphiques très travaillées et très réussies de leurs costumes et leurs pouvoirs, ainsi que de leurs personnalités -croquées en bleus et roses, elles aussi. Le récit est bien rythmé (luttes en épisodes contre les envahisseurs par des membres de l'équipe, associés en binômes puis réunis à nouveau pour la conclusion) et les informations clés en rapport avec les personnages sont peu à peu dévoilées, accentuant notre désir d'en savoir d'avantage sur eux et les liens qui les unissent. C'est qu'ils sont très attachants dans leur originalité, que cette dernière soit due à leurs capacités paranormales et/ou leur background personnel : Avatar, Silver-Shadow, Blackmane, Sunswift et Terrayne en particulier. Et Werehawk est carrément du jamais vu, dans son genre ! Et quasiment tous bénéficient, bien sûr, d'une apparence très soignée sous leur incarnation méta-humaine -à part Terrayne, par contre : pas jojo du tout, sinon original ! L'ensemble est ma foi très agréable à lire -si on omet le côté hécatombe de l'invasion : annihilation des principales capitales du monde, en complet porte-à-faux avec l'humour omniprésent et très représentatif du médium. C'est peut-être cet aspect jusqu'au-boutiste qui a empêché la parution d'une série régulière au sein des publications Marvel ? On a, en tous les cas, tous loupé quelque chose, sur ce coup-là. Salut l'Artiste !

21/10/2023 (modifier)