Très bonne série qui met en scène la vie d'artiste au début du XXème siècle à Paris. Je viens de me rendre compte que cette série de 4 albums a été peu lu et quasi boudé par Bdthèque alors qu'elle vaut vraiment le détour par son humour et la justesse de son observation des personnages et de l'époque . Je vois qu'elle est rangée dans la thème "prix RTL de la BD" parce que le tome 1 a été lauréat en 2012.
Parmi les biographie BD d'artistes parisiens de cette époque , qui fleurissent depuis une dizaine d'année ( Alfred Jarry, Anaïs Nin, Zola (mais je ne les ai pas toutes lues), Verlaine, Joséphine Baker, Isadora Duncan, Alice Guy) c'est sans conteste celle-ci la plus complète et agréable à lire que j'ai croisée. En passant, jetez un coup d'oeil au thème "biographie" de Bdthèque et vous y trouverez forcément une personnalité qui vous intéresse...
Peintres, poètes, musiciens et modèles vivent, mangent ensembles à Montmartre, ils se serrent les coudes au moment des vernissages. Désargentés mais plein d'ambitions, des personnages très attachants et singuliers (Picasso et sa Fernande, Apollinaire et Max Jacob en particulier) dont on suit la vie quotidienne avec plaisir et étonnement.
Le scénario de Julie Birmant semble bien documenté. Elle a su choisir les moments significatifs qui font ressortir le caractère exalté et fluctuant de Pablo Picasso, et montre plus généralement tout ce bouillonnement artistique parisien dans le tournant du siècle. Les rapports de Picasso avec les mécènes (Gertrude Stein), avec les autres artistes moins avant-gardistes, avec l'Espagne. On sent vraiment que le Paris de l'époque attirait une faune bigarrée d'artistes de tout poils (y compris des charlatans), avides de reconnaissance mais aussi de gagne-pain, qui apprenaient leur métier dans une émulation artistique trans-disciplinaire et généreuse.
Le dessin d'Oubrerie est toujours aussi expressif et presque ludique dans des couleurs très agréables et variées.
Les 4 tomes ne faiblissent pas, bravo pour ces aventures humaines qui nous font rire et rêver...
Même si ce type de scénario a été vu et revu, cette histoire en 2 tomes est plutôt bien faite, même si on repassera quant à la crédibilité de divers points de détail. Ah ces ados japonais si forts malgré leur fragilité ! Il est vrai qu'après une centaine de mort, on voit la vie autrement, et on acquière au moins un peu d'expérience :) En ce qui concerne les fameux ennemis, on ne sait pas grand-chose, mais y a-t-il vraiment quelque chose à s'avoir d'eux ? Ils sont très méchants de chez méchants, et assument leur rôle.
Quant à la fin, je vous la laisse découvrir. Elle est finalement logique et achevée. Et là au moins dans cette histoire, on lit une vraie fin, pas un machin ouvert en suspension comme les japonais ont l'art.
Comme toujours, le dessinateur Obata fait du très bon boulot. Pour un peu, on achèterait les yeux fermés toute sa production (ce qui serait un tantinet gênant car on ne pourrait plus contempler ses beaux graphismes).
J’ai à peu près le même ressenti que Mac Arthur après la lecture de cet album, mise à part la fin. En effet, contrairement à lui, j’ai trouvé un peu décevant ce dernier tiers, effectivement sur un autre ton, assez grand guignolesque.
Mais pour le reste, cette caricature du milieu du cinéma est assez jouissive. Mais on peut se demander si c’est une caricature, tant on est prêt à croire qu’hélas ce genre de personnages et de petites mesquineries sont monnaie courante dans ce milieu.
Toujours est-il que le duo que nous suivons, qui cherche à monter un film pour « réussir », avec têtes d’affiche, montée des marches et surtout César à la clé, sont des personnages pitoyables et tristement drôles. Des Pieds Nickelés qui enchainent les situations où maladresses, incompréhensions et arrivisme mal placé les font passer pour les rois de la lose.
Rien d’hilarant, mais j’ai lu une bonne partie de l’album (sauf le dernier tiers donc) avec le sourire aux lèvres – deux ou trois rires en plus pour agrémenter cette vision un peu pathétique des coulisses du 7ème art.
Une bonne lecture détente en tout cas.
BD-documentaire empruntée par curiosité à la bibliothèque.
Je dois dire que la couverture et le style du dessin ne m'attiraient pas énormément, mais ça a été une belle surprise.
On suit le voyage de 3 reporters au sein du peuple Kalash. La BD mêle du dessin et des photos réelles.
Très touchant. On sent vraiment le lien que les reporters ont tissé avec les membres du peuple.
Également très instructif sur ce peuple méconnu et ses traditions.
Cela m'a rappelé que des gens sur terre vivent d'une toute autre façon que nous, et que la société occidentale est loin d'être le seul modèle existant.
Hormis pour la place qu'a la femme dans la société Kalash, nous avons des choses à apprendre de ce peuple vis à vis du lien avec la nature, de la tolérance et de la générosité.
J'ai lu l'album sans savoir que c'était un livre "jeunesse", car il avait de bons avis.
Je me suis rendu compte en le lisant que c'était pour un jeune public, mais le dessin et l'histoire sont assez matures pour être touchants à tout âge.
Graphisme très jolis avec un côté Tim Burton.
L'environnement autour des personnages est très travaillé et inventif. Il traduit l'état d'âme des personnages, plus encore que leurs propres expressions.
Une jolie histoire de triangle amoureux, pour expliquer aux enfants qu'il faut ouvrir son cœur aux autres.
Une fin assez atypique puisque tout le monde ne finit pas heureux avec beaucoup d'enfants.
Je ne m'attendais vraiment pas à une suite. Je découvre par le plus grand des hasards que Pim Bos a remis le couvert pour prolonger les aventures intrigantes et muettes de ce héros surgi de nulle part. Et ça le fait toujours autant, sinon plus.
Difficile de parler de Tremen car Tremen ne se raconte pas vraiment. Tremen, c'est avant tout un univers, une ambiance, des sensations. Et puis on n'est pas certain de tout comprendre. D'où vient ce personnage solitaire ? Est-ce sa vrai tête ou porte-t-il un masque ? Où va-t-il et que cherche-t-il ? D'ailleurs, cherche-t-il seulement quelque chose ? Pas une parole, pas une phrase, ni même une onomatopée pour nous mettre sur la voie. On se contente de suivre ces drôles de personnages dans ce monde capitonné d'où n'émane pas le moindre son.
Tremen, c'est une atmosphère graphique très très forte qui m'évoque tout un tas de trucs assez différents, Les Eaux de Mortelune comme THX 1138, en passant par Moebius sans toutefois que ça ressemble à quelque chose de précis. En ce sens, Tremen est très original. Le lecteur est immergé dans un autre monde régi par d'autres règles, dans un autre temps. Il perd tout référentiel.
Graphiquement, c'est sublime, d'une texture presque caoutchouteuse. Et le noir et blanc ne change rien à l'affaire, bien au contraire. L'histoire quant à elle est tellement intrigante que le scénario passe finalement au second plan, presque. Il y a pourtant une histoire : les personnages évoluent, agissent, mus par d'obscurs réflexes survivalistes. Dans ce nouvel opus, le héros (que l'éditeur baptise Rumpert) découvre un bébé qu'il va sauver on ne sait pourquoi, puis convoyer on ne sait où, pour se retrouver au beau milieu d'un conflit entre deux petits-peuples mignons mais pas trop... Mais comme je le disais, pour moi la BD se suffit à elle-même, comme un cauchemar entêtant et poisseux qui vous hante toute la sainte journée. Je n'aurai pour ma part qu'un seul regret : ça se lit trop vite. Mais vu le boulot fourni, il ne s'agit pas de faire la fine-gueule.
J'ignore encore s'il y aura un tome 3, mais la fin le laisse entendre. Ce sera quoiqu'il en soit avec grand plaisir !
C'est un vrai plaisir de retrouver Benjamin Flao avec en prime un album qui prend pour cadre ma région dans un futur plus ou moins proche.
Sans qu'on en connaisse la réelle raison, l'eau a pris ses aises et envahie une grande partie des territoires, tant dans les villes que dans les campagnes. C'est son heure (L'âge d'eau !) et l'espèce humaine doit s'adapter à sa prédominance. C'est par le prisme du personnage de Hans, fils de la vieille Jeanne, frère de l'étrange Groza et père de la rebelle Vinee, que nous allons découvrir un monde bouleversé en pleine adaptation. Les grandes villes sont protégées par des digues et des mesures sanitaires strictes quand le reste de la population doit apprendre à (sur)vivre en flottant. Mais quand les autorités commencent à imposer à ces populations de venir s'installer dans les centres d'hébergement urbains, les tensions montent face à ce qui est pris comme une nouvelle privation de liberté.
Et puis au dessus de tout ça, jouant les narrateurs inattendus, il y le chien bleu de Hans qui apporte une touche mystique et mystérieuse à ce récit inscrit dans une rude réalité future...
La force de cette nouvelle série tient de nouveau dans cette capacité qu'a Benjamin Flao à imposer des ambiances et des personnages. La majestueuse couverture de l'album pause déjà les pilotis d'une série où la nature reprend ses droits de façon majestueuse. La bêtise crasse de notre espèce n'est jamais loin non plus, mais heureusement la bonté d'âme et le bon sens n'ont pas dit leur dernier mot. Tout cela prend vie et s'égaye sous le trait nerveux de l'auteur de très belle façon avec ces magnifiques pleines pages très poétiques qui surgissent au fil du récit.
Une nouvelle fois Benjamin Flao sait embarquer son lecteur dans un récit sensible qui questionne notre façon de vivre.
Une série qui commence bien… J’avais un a priori très positif parce que j’aime beaucoup ces deux auteurs dont j’achète les albums en confiance. Dans le premier tome, on se plonge dans l’Europe du XIX siècle partagée entre deux grands empires : celui de Napoléon III et celui des Habsbourg. Ces deux familles ne font pas de détail quand il s’agit de leur honneur, de leur puissance et de leurs territoires. On fait la connaissance de la jeune princesse Charlotte de Belgique, peu expérimentée dans la vie et qui va se jeter en toute confiance dans les bras de son futur mari : Maximilien de Habsbourg, un homme de peu de vertu et au charisme insignifiant. Alors que son époux va aller de désillusions en désillusions, Charlotte va, à l’inverse, montrer une personnalité forte et une maturité douloureusement acquise. Deux tomes, au dessin superbe, aux couleurs plus que réussies… qui nous mènent de la Belgique, à Trieste avant de traverser l’Atlantique pour poursuivre l’aventure au Mexique. Le scénario est fluide, cohérent et bien écrit, suffisamment affranchi de la réalité historique pour ne pas être pesant. Les deux personnages principaux sont très intéressants – surtout Charlotte - évoluant chacun à l’opposé de l’autre et la bonne surprise vient des personnages secondaires dont quelques spécimens ajoutent de l’intérêt au récit. Enjeux dynastiques, familiaux, coloniaux… tous les ingrédients sont réunis pour une suite prometteuse…
Voilà un one shot original et esthétique autant dans la forme que dans le fond. Première surprise : le format inhabituel. C'est un album sur dimensionné. Si la taille ne compte pas, il parait, cela laisse plus de place au dessinateur pour s'exprimer et ça c'est une bonne chose vu le résultat. Car ce grand format s'accompagne logiquement de grandes cases et visuellement cet album est une vraie réussite. Le style est original, une sorte de ligne claire revisitée, mélange de classique et de modernité. C'est très original, cela donne immédiatement une ambiance particulière. J'aurais du mal à la décrire mais en tout cas j'ai beaucoup aimé, ça colle très bien à l'intrigue.
Coté histoire je ne savais pas à quoi m'attendre et là encore la surprise a été bonne. Le personnage principal, Adam Clarks, est une sorte de gentlemen, cambrioleur, chroniqueur mondain. Le récit va se concentrer sur son deuxième talent. Tout cela se situe dans une sorte d'époque un peu uchronique, mélange de guerre froide et de voitures futuristes. C'est très plaisant, ce background n'est pas tellement développé, mais juste présent ce qu'il faut pour situer le récit et donner de l'importance à certains éléments. Ca marche vraiment bien.
Le déroulement de l'intrigue est parfaitement à la hauteur, on aura droit à quelques surprises et surtout les péripéties sont toutes bien vues. Et enfin le petit twist final m'a beaucoup plu. C'est loin d'être la première histoire où il est question de voler un objet précieux particulièrement bien gardé. Les auteurs nous servent parfois dans ces cas là des stratagèmes improbables, bien trop gros. C'est tout le contraire ici, c'est tellement malin cette pirouette finale.
Une très belle découverte, je ne suis absolument pas déçu de mon achat. Place maintenant au petit casse tête pour arriver à le ranger dans ma bibliothèque.
"Pinard de guerre" nous raconte l'histoire d'un magouilleur invétéré qui tente par tous les moyens (souvent illégaux) de vendre son vin frelaté (et coupé de diverses substances qui feraient retourner l'estomac de tout bon œnologue) aux poilus en manque.
Le personnage principal a tout pour déplaire, un authentique anti-héros qui ne cherche aucunement à être sympathique.
Toutefois même la pire des crapules peut avoir un fond d'humanité. Et c'est ce fond qui scellera de manière bien ironique son destin à la fin de l'album.
Il n'y a pas véritablement de happy end (euphémisme), mais la truculence du personnage, les très bon dessins, et la découverte d'un aspect méconnu de la première guerre mondiale dont j'ignorais tout (l'alimentation à tout prix des troupes françaises en alcool afin de leur donner du courage, le pinard en question étant jugé de portée stratégique, et plus important que la nourriture et les munitions) font qu'on ne s'ennuie pas une minute, et qu'on se surprend à attendre la suite avec une impatience non dissimulée.
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Pablo
Très bonne série qui met en scène la vie d'artiste au début du XXème siècle à Paris. Je viens de me rendre compte que cette série de 4 albums a été peu lu et quasi boudé par Bdthèque alors qu'elle vaut vraiment le détour par son humour et la justesse de son observation des personnages et de l'époque . Je vois qu'elle est rangée dans la thème "prix RTL de la BD" parce que le tome 1 a été lauréat en 2012. Parmi les biographie BD d'artistes parisiens de cette époque , qui fleurissent depuis une dizaine d'année ( Alfred Jarry, Anaïs Nin, Zola (mais je ne les ai pas toutes lues), Verlaine, Joséphine Baker, Isadora Duncan, Alice Guy) c'est sans conteste celle-ci la plus complète et agréable à lire que j'ai croisée. En passant, jetez un coup d'oeil au thème "biographie" de Bdthèque et vous y trouverez forcément une personnalité qui vous intéresse... Peintres, poètes, musiciens et modèles vivent, mangent ensembles à Montmartre, ils se serrent les coudes au moment des vernissages. Désargentés mais plein d'ambitions, des personnages très attachants et singuliers (Picasso et sa Fernande, Apollinaire et Max Jacob en particulier) dont on suit la vie quotidienne avec plaisir et étonnement. Le scénario de Julie Birmant semble bien documenté. Elle a su choisir les moments significatifs qui font ressortir le caractère exalté et fluctuant de Pablo Picasso, et montre plus généralement tout ce bouillonnement artistique parisien dans le tournant du siècle. Les rapports de Picasso avec les mécènes (Gertrude Stein), avec les autres artistes moins avant-gardistes, avec l'Espagne. On sent vraiment que le Paris de l'époque attirait une faune bigarrée d'artistes de tout poils (y compris des charlatans), avides de reconnaissance mais aussi de gagne-pain, qui apprenaient leur métier dans une émulation artistique trans-disciplinaire et généreuse. Le dessin d'Oubrerie est toujours aussi expressif et presque ludique dans des couleurs très agréables et variées. Les 4 tomes ne faiblissent pas, bravo pour ces aventures humaines qui nous font rire et rêver...
All You Need is Kill
Même si ce type de scénario a été vu et revu, cette histoire en 2 tomes est plutôt bien faite, même si on repassera quant à la crédibilité de divers points de détail. Ah ces ados japonais si forts malgré leur fragilité ! Il est vrai qu'après une centaine de mort, on voit la vie autrement, et on acquière au moins un peu d'expérience :) En ce qui concerne les fameux ennemis, on ne sait pas grand-chose, mais y a-t-il vraiment quelque chose à s'avoir d'eux ? Ils sont très méchants de chez méchants, et assument leur rôle. Quant à la fin, je vous la laisse découvrir. Elle est finalement logique et achevée. Et là au moins dans cette histoire, on lit une vraie fin, pas un machin ouvert en suspension comme les japonais ont l'art. Comme toujours, le dessinateur Obata fait du très bon boulot. Pour un peu, on achèterait les yeux fermés toute sa production (ce qui serait un tantinet gênant car on ne pourrait plus contempler ses beaux graphismes).
Animal social club
J’ai à peu près le même ressenti que Mac Arthur après la lecture de cet album, mise à part la fin. En effet, contrairement à lui, j’ai trouvé un peu décevant ce dernier tiers, effectivement sur un autre ton, assez grand guignolesque. Mais pour le reste, cette caricature du milieu du cinéma est assez jouissive. Mais on peut se demander si c’est une caricature, tant on est prêt à croire qu’hélas ce genre de personnages et de petites mesquineries sont monnaie courante dans ce milieu. Toujours est-il que le duo que nous suivons, qui cherche à monter un film pour « réussir », avec têtes d’affiche, montée des marches et surtout César à la clé, sont des personnages pitoyables et tristement drôles. Des Pieds Nickelés qui enchainent les situations où maladresses, incompréhensions et arrivisme mal placé les font passer pour les rois de la lose. Rien d’hilarant, mais j’ai lu une bonne partie de l’album (sauf le dernier tiers donc) avec le sourire aux lèvres – deux ou trois rires en plus pour agrémenter cette vision un peu pathétique des coulisses du 7ème art. Une bonne lecture détente en tout cas.
Fêtes Himalayennes - Les derniers Kalash
BD-documentaire empruntée par curiosité à la bibliothèque. Je dois dire que la couverture et le style du dessin ne m'attiraient pas énormément, mais ça a été une belle surprise. On suit le voyage de 3 reporters au sein du peuple Kalash. La BD mêle du dessin et des photos réelles. Très touchant. On sent vraiment le lien que les reporters ont tissé avec les membres du peuple. Également très instructif sur ce peuple méconnu et ses traditions. Cela m'a rappelé que des gens sur terre vivent d'une toute autre façon que nous, et que la société occidentale est loin d'être le seul modèle existant. Hormis pour la place qu'a la femme dans la société Kalash, nous avons des choses à apprendre de ce peuple vis à vis du lien avec la nature, de la tolérance et de la générosité.
Coeur de pierre
J'ai lu l'album sans savoir que c'était un livre "jeunesse", car il avait de bons avis. Je me suis rendu compte en le lisant que c'était pour un jeune public, mais le dessin et l'histoire sont assez matures pour être touchants à tout âge. Graphisme très jolis avec un côté Tim Burton. L'environnement autour des personnages est très travaillé et inventif. Il traduit l'état d'âme des personnages, plus encore que leurs propres expressions. Une jolie histoire de triangle amoureux, pour expliquer aux enfants qu'il faut ouvrir son cœur aux autres. Une fin assez atypique puisque tout le monde ne finit pas heureux avec beaucoup d'enfants.
Tremen
Je ne m'attendais vraiment pas à une suite. Je découvre par le plus grand des hasards que Pim Bos a remis le couvert pour prolonger les aventures intrigantes et muettes de ce héros surgi de nulle part. Et ça le fait toujours autant, sinon plus. Difficile de parler de Tremen car Tremen ne se raconte pas vraiment. Tremen, c'est avant tout un univers, une ambiance, des sensations. Et puis on n'est pas certain de tout comprendre. D'où vient ce personnage solitaire ? Est-ce sa vrai tête ou porte-t-il un masque ? Où va-t-il et que cherche-t-il ? D'ailleurs, cherche-t-il seulement quelque chose ? Pas une parole, pas une phrase, ni même une onomatopée pour nous mettre sur la voie. On se contente de suivre ces drôles de personnages dans ce monde capitonné d'où n'émane pas le moindre son. Tremen, c'est une atmosphère graphique très très forte qui m'évoque tout un tas de trucs assez différents, Les Eaux de Mortelune comme THX 1138, en passant par Moebius sans toutefois que ça ressemble à quelque chose de précis. En ce sens, Tremen est très original. Le lecteur est immergé dans un autre monde régi par d'autres règles, dans un autre temps. Il perd tout référentiel. Graphiquement, c'est sublime, d'une texture presque caoutchouteuse. Et le noir et blanc ne change rien à l'affaire, bien au contraire. L'histoire quant à elle est tellement intrigante que le scénario passe finalement au second plan, presque. Il y a pourtant une histoire : les personnages évoluent, agissent, mus par d'obscurs réflexes survivalistes. Dans ce nouvel opus, le héros (que l'éditeur baptise Rumpert) découvre un bébé qu'il va sauver on ne sait pourquoi, puis convoyer on ne sait où, pour se retrouver au beau milieu d'un conflit entre deux petits-peuples mignons mais pas trop... Mais comme je le disais, pour moi la BD se suffit à elle-même, comme un cauchemar entêtant et poisseux qui vous hante toute la sainte journée. Je n'aurai pour ma part qu'un seul regret : ça se lit trop vite. Mais vu le boulot fourni, il ne s'agit pas de faire la fine-gueule. J'ignore encore s'il y aura un tome 3, mais la fin le laisse entendre. Ce sera quoiqu'il en soit avec grand plaisir !
L'Âge d'eau
C'est un vrai plaisir de retrouver Benjamin Flao avec en prime un album qui prend pour cadre ma région dans un futur plus ou moins proche. Sans qu'on en connaisse la réelle raison, l'eau a pris ses aises et envahie une grande partie des territoires, tant dans les villes que dans les campagnes. C'est son heure (L'âge d'eau !) et l'espèce humaine doit s'adapter à sa prédominance. C'est par le prisme du personnage de Hans, fils de la vieille Jeanne, frère de l'étrange Groza et père de la rebelle Vinee, que nous allons découvrir un monde bouleversé en pleine adaptation. Les grandes villes sont protégées par des digues et des mesures sanitaires strictes quand le reste de la population doit apprendre à (sur)vivre en flottant. Mais quand les autorités commencent à imposer à ces populations de venir s'installer dans les centres d'hébergement urbains, les tensions montent face à ce qui est pris comme une nouvelle privation de liberté. Et puis au dessus de tout ça, jouant les narrateurs inattendus, il y le chien bleu de Hans qui apporte une touche mystique et mystérieuse à ce récit inscrit dans une rude réalité future... La force de cette nouvelle série tient de nouveau dans cette capacité qu'a Benjamin Flao à imposer des ambiances et des personnages. La majestueuse couverture de l'album pause déjà les pilotis d'une série où la nature reprend ses droits de façon majestueuse. La bêtise crasse de notre espèce n'est jamais loin non plus, mais heureusement la bonté d'âme et le bon sens n'ont pas dit leur dernier mot. Tout cela prend vie et s'égaye sous le trait nerveux de l'auteur de très belle façon avec ces magnifiques pleines pages très poétiques qui surgissent au fil du récit. Une nouvelle fois Benjamin Flao sait embarquer son lecteur dans un récit sensible qui questionne notre façon de vivre.
Charlotte Impératrice
Une série qui commence bien… J’avais un a priori très positif parce que j’aime beaucoup ces deux auteurs dont j’achète les albums en confiance. Dans le premier tome, on se plonge dans l’Europe du XIX siècle partagée entre deux grands empires : celui de Napoléon III et celui des Habsbourg. Ces deux familles ne font pas de détail quand il s’agit de leur honneur, de leur puissance et de leurs territoires. On fait la connaissance de la jeune princesse Charlotte de Belgique, peu expérimentée dans la vie et qui va se jeter en toute confiance dans les bras de son futur mari : Maximilien de Habsbourg, un homme de peu de vertu et au charisme insignifiant. Alors que son époux va aller de désillusions en désillusions, Charlotte va, à l’inverse, montrer une personnalité forte et une maturité douloureusement acquise. Deux tomes, au dessin superbe, aux couleurs plus que réussies… qui nous mènent de la Belgique, à Trieste avant de traverser l’Atlantique pour poursuivre l’aventure au Mexique. Le scénario est fluide, cohérent et bien écrit, suffisamment affranchi de la réalité historique pour ne pas être pesant. Les deux personnages principaux sont très intéressants – surtout Charlotte - évoluant chacun à l’opposé de l’autre et la bonne surprise vient des personnages secondaires dont quelques spécimens ajoutent de l’intérêt au récit. Enjeux dynastiques, familiaux, coloniaux… tous les ingrédients sont réunis pour une suite prometteuse…
Adam Clarks
Voilà un one shot original et esthétique autant dans la forme que dans le fond. Première surprise : le format inhabituel. C'est un album sur dimensionné. Si la taille ne compte pas, il parait, cela laisse plus de place au dessinateur pour s'exprimer et ça c'est une bonne chose vu le résultat. Car ce grand format s'accompagne logiquement de grandes cases et visuellement cet album est une vraie réussite. Le style est original, une sorte de ligne claire revisitée, mélange de classique et de modernité. C'est très original, cela donne immédiatement une ambiance particulière. J'aurais du mal à la décrire mais en tout cas j'ai beaucoup aimé, ça colle très bien à l'intrigue. Coté histoire je ne savais pas à quoi m'attendre et là encore la surprise a été bonne. Le personnage principal, Adam Clarks, est une sorte de gentlemen, cambrioleur, chroniqueur mondain. Le récit va se concentrer sur son deuxième talent. Tout cela se situe dans une sorte d'époque un peu uchronique, mélange de guerre froide et de voitures futuristes. C'est très plaisant, ce background n'est pas tellement développé, mais juste présent ce qu'il faut pour situer le récit et donner de l'importance à certains éléments. Ca marche vraiment bien. Le déroulement de l'intrigue est parfaitement à la hauteur, on aura droit à quelques surprises et surtout les péripéties sont toutes bien vues. Et enfin le petit twist final m'a beaucoup plu. C'est loin d'être la première histoire où il est question de voler un objet précieux particulièrement bien gardé. Les auteurs nous servent parfois dans ces cas là des stratagèmes improbables, bien trop gros. C'est tout le contraire ici, c'est tellement malin cette pirouette finale. Une très belle découverte, je ne suis absolument pas déçu de mon achat. Place maintenant au petit casse tête pour arriver à le ranger dans ma bibliothèque.
Pinard de guerre
"Pinard de guerre" nous raconte l'histoire d'un magouilleur invétéré qui tente par tous les moyens (souvent illégaux) de vendre son vin frelaté (et coupé de diverses substances qui feraient retourner l'estomac de tout bon œnologue) aux poilus en manque. Le personnage principal a tout pour déplaire, un authentique anti-héros qui ne cherche aucunement à être sympathique. Toutefois même la pire des crapules peut avoir un fond d'humanité. Et c'est ce fond qui scellera de manière bien ironique son destin à la fin de l'album. Il n'y a pas véritablement de happy end (euphémisme), mais la truculence du personnage, les très bon dessins, et la découverte d'un aspect méconnu de la première guerre mondiale dont j'ignorais tout (l'alimentation à tout prix des troupes françaises en alcool afin de leur donner du courage, le pinard en question étant jugé de portée stratégique, et plus important que la nourriture et les munitions) font qu'on ne s'ennuie pas une minute, et qu'on se surprend à attendre la suite avec une impatience non dissimulée.