J’adore la série mère Orbital, je me suis donc tout naturellement jeté sur le premier tome de ce spin-off. Je ne suis toutefois pas fan des personnages ados un peu rebelles et coléreux, et l’avis de Ro m’avait fait craindre le pire, mais non, je ressors ravis de ma lecture.
Il ne s’agit que d’un tome 1, forcément introductif, mais j’ai trouvé l’intrigue intéressante et bien construite. La thématique du commerce humain de l’immigration clandestine fait habilement écho à notre société, et le personnage de Kristina est finalement attachant.
Le dessin d’Eric Chabbert est d’excellente qualité, et dans la lignée de celui Serge Pellé sur la série mère.
Un excellent premier tome, je lirai certainement la suite.
Un album que je trouve fort réussi.
Je me méfie toujours avec les scenarii de Dorison mais là il m’a emporté. Une balade jurassienne fort agréable, l’histoire autour de cette bible traduite est bien menée, mais j’ai surtout apprécié cette confrontation entre passé et modernité, incarnée par nos 2 maîtres d’arme et leurs duels, épée lourde vs rapière.
Une bd ne serait rien sans le dessin, et ici ça envoie du lourd, quelle puissance !! mon album préféré de Joël Parnotte.
Voilà, pas grand chose à ajouter, un sacré travail de la part des auteurs, ça aurait pu être plus mais ça aurait pu être moins. Du bon blockbuster pour un très bon one shot, je relis.
Je réécris mon avis suite à la lecture des 8 tomes parus à ce jour, et je laisse ma note à 4.
J’ai presque tout aimé dans cette série. Les intrigues « space opera diplomatique » sont intéressantes et bien écrites, et font reflet à notre monde (les magouilles de l’ODI ont selon les auteurs été inspirées par les déboires de l’Union Européenne). Les personnages sont attachants, le design des vaisseaux, des planètes et des races alien est réussi. Mon intérêt a un peu fluctué lors des différents albums, mais je ne me suis jamais désintéressé des évènements, et surtout le dernier tome en date m’a vraiment scotché, donc pour moi la qualité évolue dans le bon sens !
La mise en image de Serge Pellé est exemplaire. Le graphisme est très joli, et surtout très lisible, notamment sur les scènes d’action, superbement mise en scène.
Mon seul reproche sera cette obstination à parler de cycles de 2 tomes (y compris dans la toute dernière interview des auteurs incluse dans la 2eme intégrale) - voir le cliffhanger inouï en « fin » de deuxième cycle.
Voilà, un « block buster » space opera dans le bon sens du terme, vivement la suite !
Voilà une série qui avance en sous-marin. En effet, un coup d’œil distrait, un feuilletage rapide peuvent laisser à penser qu’on a là une vieille série franco-belge, un truc flamand oublié (le nom des auteurs nous aiguille).
Le dessin très ligne claire, un héros cinquantenaire dégarni toujours en costard et nœud papillon renforce cette idée d’un truc classique et pépère.
Alors qu’en fait non, bien au contraire – et « l’habillage » déconcerte dès lors qu’on entre dans le vif du sujet, et cela rend d’autant plus efficace par ce décalage l’humour absurde développé dans ces histoires (histoires courtes, voire simples strips d’une ou deux cases parfois).
Absurde, loufoque, allant jusqu’au non-sens, il n’est pas toujours aisé de suivre Léon, tant ses propos (souvent grossiers), ses réactions (parfois trash, comme certains propos d’ailleurs) sont souvent imprévisibles, et pas du tout rationnels (certains passages m’ont un peu échappé, sans que je sache si cela vient de la traduction, ou si les auteurs développent un humour qui passe mal en Français).
Mais, globalement j’ai bien aimé cette série. Jamais hilarant, mais souvent drôle, surprenant, cet univers mérite le détour, pour découvrir un Léon qu’on ne souhaite pas avoir parmi ses proches, tant il déclenche de scandales et de catastrophes autour de lui !
Note réelle 3,5/5.
Un univers graphique très frappant qui ressuscite les années 70 et nous fait partager le poids des héros (les grand-parents de l'auteur, l'un revenu d'un camp de concentration et l'autre échappé d'un peloton d'exécution) .
C'est le premier album de David Sala que je lis, et je suis soufflée par la capacité d'évocation des images.
Qu'il s'agisse des fantasmes de l'enfant entendant ses parents et grands-parents raconter l'époque de la deuxième guerre mondiale, ou les intérieurs aux tapisseries géométriques et contrastées, aux tapis profonds (pour isoler du froid du carrelage en-dessous), au sol verdâtres du couloir, aux fauteuils marrons en velours boursouflés de reliefs, aux devantures de boulangeries en pierres collées, même les posters des tableaux de Magritte, tout remonte à la surface de notre conscience alors que c'était resté enfoui jusque là.
La peau tellement lisse de l'enfant confronté au passé lourd et immérité de ses grand-parents, mais tout cela par le filtre des conversations et vocabulaires quotidiens des parents et de leurs amis dans le cocon familial, dans le salon, avec notre regard qui suit le motif répétitif du tapis, en même temps que l'enfant écoute l'électrophone en fond sonore. On perçoit le parlé lyonnais de ses parents, fils d'immigrés espagnol. Ces noms espagnols à rallonge, prononcés avec fierté, dans cet univers gris de la banlieue hexagonale.
Le portrait du grand-père jeune, qui se retrouve au grenier du petit-fils, et qu'un autre enfant, la génération suivante, découvre à l'occasion d'un moment d'ennui...
Et pour finir, un atout supplémentaire : cette album a la tranche (ou est-ce le dos ? La partie qui reste visible quand le livre est rangé ) rose bonbon, ce qui est un atout non-négligeable pour le retrouver dans une bibliothèque !
Cet album est assez étonnant, et réussit plutôt bien à maintenir un équilibre entre gaité et angoisse, fraicheur et noirceur, même si ce sont les derniers termes de ces oppositions qui finalement dominent.
La première surprise est de retrouver le dessin « enfantin » de Will dans une histoire aussi dure et triste. Il s’en tire très bien, son trait est fluide, dans un style semi caricatural qui parvient quand même à insuffler un peu d’érotisme dans la représentation des prostituées. Mais je dois dire qu’un dessin plus réaliste, « estampillé plus adulte » aurait sans doute davantage convenu à cette histoire (affaire de goût peut-être).
Pour ce qui est de l’histoire justement, elle prend le temps d’installer décor et personnages. Même si l’introduction (voix off dans un paysage de ruine commun aux villes allemandes de 1945) ne cache pas longtemps la façon dont elle se finira.
En tout cas on s’attache facilement à ce gamin plein de vie, espiègle, sur lequel les malheurs de la vie et de l’Histoire semblaient ne pas avoir trop de prise. C’est peut-être improbable, écornant un chouia la crédibilité de l’intrigue, mais ça passe. Desberg montre bien comment la pression des Nazis augmente sur la population durant les années 1930, jusqu’aux massacres de la guerre. La dernière scène, comme celles d’introduction, pointe une extrême brutalité – tout en ne la montrant pas complétement (mais la dernière case est bouleversante).
Note réelle 3,5/5.
Après le très réussi Itinéraire d'une garce, la collection Porn'pop dirigée par Céline Tran (ex Katsuni) nous offre une très belle surprise avec cet album.
Les auteurs nous présentent les aventures d'un couple trentenaire (Anis et Adèle) en passe de pimenter leur vie sexuelle, pour rompre la monotonie du couple. Certes le thème n'est pas très nouveau mais le traitement fait ici est assez original. On oscille sans cesse entre l'enquête policière et des scènes assez explicites. Mais j'avoue que l'intrigue l'emporte sur le côté voyeur, qui est habituellement réservé à ce genre de bande dessinée, ce qui est assez fort quand même !
Outre un scénario bien réussi et intriguant, il faut souligner la qualité du dessin de Duddy, que je ne connaissais pas, et qui m'a littéralement séduit.
C'est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur cet album (un article sur sceneario.com), qui est sorti à une période assez creuse sur le plan éditorial (mi-août)
En tout cas une agréable surprise pour un album qui mérite de dépasser l'appellation bd pour adulte, comme l'était Itinéraire d'une garce, qui s'apparentait plus à un roman graphique qu'à une simple bd de cul. En effet, nous suivons les aventures d'un couple qui est pris dans un engrenage, qui semble les dépasser.
Bref, une petite pépite que vient d'éditer la directrice de la collection "Porn'pop", Céline Tran.
Pour ce titre faisant référence à un célèbre livre de Jules Verne, les auteurs FäSt (dont on sait seulement qu’il s’agit d’un « duo de scénaristes résidant à Rouen ») et Héloïse Chochoix (qui en peu de temps a publié plusieurs ouvrages, dont ce troisième chez Delcourt confirmant son goût pour la science et la médecine) ont choisi de reprendre les codes du roman d’aventure pour traiter d’un sujet qui nous concerne tous : le microbiote intestinal. Ce microbiote (car il y en a partout dans le corps humain), c’est l’ensemble des bactéries, microbes et virus qui nichent dans cette zone encore peu connue qu’est notre tube digestif, mais qui fait l’objet de recherches de plus en plus poussées et, si nous le négligeons en ingérant sans modération de la « malbouffe », peut ouvrir la voie à des maladies métaboliques pas franchement sexy (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires…). Le microbiote intestinal, c’est ce que certains vulgarisateurs appellent le « deuxième cerveau » du fait qu’il héberge des neurones, une découverte relativement récente. Les recherches en cours seraient des plus prometteuses pour comprendre et soigner l’organisme humain.
C’est une lecture très agréable à lire, les auteurs ont réussi à concilier plutôt bien le roman d’aventure et le documentaire scientifique. Le lieu de l’action se situe sur une île volcanique imaginaire, Microbiota, avec deux personnages antagonistes : Alice Sentina, une jeune femme journaliste soucieuse d’écologie et un jeune entrepreneur aux dents longues, Jeff Huxley (clin d’œil bien choisi au célèbre écrivain…) qui a implanté ses labos sur la petite île paradisiaque. Son but : concevoir le remède miracle, un probiotique révolutionnaire « au service de l’humanité ». Lorsque le volcan entrera en éruption de manière inopinée, ils vont vivre une aventure pleine de rebondissements et de rencontres qui finiront par remettre en question les certitudes de Huxley. Certes, ce récit dans la veine vernienne ne fait, très logiquement, que servir le propos, mais on ne peut que saluer l’effort des auteurs d’avoir rendu ainsi le sujet très ludique.
La ligne claire moderne et stylisée d’Héloïse Chochois est agréable à l’oeil et symbolise parfaitement le propos en rendant intelligibles des notions pas forcément accessibles au citoyen lambda, nous permettant de visualiser l’infiniment petit et toute la vie qui bouillonne au sein même de notre organisme. Plutôt dynamique, son style est une sorte de mix entre Serge Clerc et Dupuy & Berberian, voire dans un registre plus récent, Lucas Harari.
Sans être forcément féru de sciences, nous prenons conscience avec « Voyage au centre du microbiote » que notre organisme est à la fois un monde à part, un véritable univers à lui seul, mais qui dépend entièrement de nos pratiques alimentaires. Si l’on est déjà sensibilisé aux problèmes qui menacent la survie de notre planète, on sera incités à prendre soin de notre ventre en diversifiant nos aliments dans la mesure du possible. La nature aime la diversité, tant à l’échelle planétaire qu’à celle de notre pauvre carcasse. Tout est connecté, l’infiniment grand et l’infiniment petit. Et cette diversité, comme on peut le constater à l’aune de la crise climatique, a été négligée depuis des décennies dans bien des domaines, pas besoin de refaire l’inventaire. Juste deux exemples : en agriculture, on a pendant longtemps privilégié la monoculture intensive dont on mesure aujourd’hui les dégâts, et en politique, le "concept" constitue encore une menace pour nombre de politiques qui ne font que l’utiliser pour séduire un électorat apeuré. Et pourtant... Ainsi, ce que l’on retiendra du livre est l’importance de la BIODIVERSITE, qui « n’est pas un bonus mais la seule et impérative condition de notre maintien sur Terre », et devrait être aujourd’hui le maitre-mot à appliquer dans toutes nos actions du quotidien, à tous les niveaux. La révolution des esprits pour envisager un avenir viable pourrait sans doute commencer par là…
Gage de crédibilité, cette petite bande dessinée très instructive qui ne vous mettra certainement pas la rate au court-bouillon, bien au contraire, a reçu le soutien de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Nantes.
Me concernant il n’y a qu’un Marsupilami. Celui de Spirou et de Fantasio. Il m’était donc difficile d’imaginer qu’un « héritier » de Franquin puisse reprendre ce personnage si particulier qui a bercé toute ma jeunesse. Je me suis donc collé à la lecture de cet album avec une certaine réticence.
Au final je n’ai pas été déçu. Bien au contraire. Je dirais même que j’ai été conquis ! Mais que c’est bon ! Zidrou et Franck Pé ont réussi le tour de force de déposséder le Marsupilami de toute sa force hilarante pour en faire un héros d’une aventure dramatique.
Le dessin est tout bonnement admirable avec de très belles pleines pages du port d’Anvers. Les cadrages en mode cinématographique rétro sont magnifiques. Le lecteur est au cinéma ! Visuellement nous sommes sur une pépite graphique. La colorisation convient parfaitement à l’histoire. Houba Houba !
Oui le côté Spirou et Fantasio est gommé. Oui l’atmosphère est un peu glauque. Oui notre Marsupilami se retrouve bien loin de son nid habituel. Oui on peut le dire, ce récit est même un peu tragique et sombre. Et Oui je vous invite à lire cet album ! Et si tu rajoutes un scénario entrainant et rythmé, tu as compris que cela fleure bon le 4 étoiles et le coup de coeur !
Je suis un grand fan de la série mère XIII. Je l'ai lue presque d'un seul bloc, il y a peu, et j'ai enchaîné sur le spin-off tellement j'avais été conquis.
Je n'ai pas été déçu du tout. Je préfère donner un avis général que d'analyser chacun des 13 opus. En effet je trouve que les différents auteurs ont réussi à garder une homogénéité remarquable malgré les différences de styles et d'approches des personnages.
Je trouve que c'était plus difficile pour les dessinateurs car ils étaient assez bridés par l'excellent dessin de Vance. Bien que les treize albums puissent être considérés comme 13 one-shots, chaque dessinateur a su garder un style réaliste et une mise en couleur qui conviennent à l'esprit de la série mère.
Il y avait surement plus de liberté pour les scénarii car beaucoup ne croisent que de loin les événements de la série mère. C'est le cas pour Jones, Smith, Amos ou Fly. Mais je trouve que ces incursions dans ces années de luttes pour les droits civiques, la lutte contre le KKK ou la guerre du Vietnam donnent beaucoup d'épaisseur à la série mère en retour.
C'est particulièrement vrai quand on lit presque tout d'un bloc comme je l'ai fait.
À part Wax, difficile de ne pas avoir d'empathie pour ces personnages plus ou moins importants. C'est surtout vrai pour la Mangouste qui gagne une dimension humaine forte grâce à ce spin-off (l'idée des vipères noires est vraiment bonne) ou de Martha Shoebridge au coeur d'une manipulation monstrueuse.
Des scénarii très bien ficelés et originaux, un graphisme vraiment bon j'ai toujours plaisir de relire l'un des treize opus sans beaucoup de préférence.
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Outlaws
J’adore la série mère Orbital, je me suis donc tout naturellement jeté sur le premier tome de ce spin-off. Je ne suis toutefois pas fan des personnages ados un peu rebelles et coléreux, et l’avis de Ro m’avait fait craindre le pire, mais non, je ressors ravis de ma lecture. Il ne s’agit que d’un tome 1, forcément introductif, mais j’ai trouvé l’intrigue intéressante et bien construite. La thématique du commerce humain de l’immigration clandestine fait habilement écho à notre société, et le personnage de Kristina est finalement attachant. Le dessin d’Eric Chabbert est d’excellente qualité, et dans la lignée de celui Serge Pellé sur la série mère. Un excellent premier tome, je lirai certainement la suite.
Le Maître d'armes
Un album que je trouve fort réussi. Je me méfie toujours avec les scenarii de Dorison mais là il m’a emporté. Une balade jurassienne fort agréable, l’histoire autour de cette bible traduite est bien menée, mais j’ai surtout apprécié cette confrontation entre passé et modernité, incarnée par nos 2 maîtres d’arme et leurs duels, épée lourde vs rapière. Une bd ne serait rien sans le dessin, et ici ça envoie du lourd, quelle puissance !! mon album préféré de Joël Parnotte. Voilà, pas grand chose à ajouter, un sacré travail de la part des auteurs, ça aurait pu être plus mais ça aurait pu être moins. Du bon blockbuster pour un très bon one shot, je relis.
Orbital
Je réécris mon avis suite à la lecture des 8 tomes parus à ce jour, et je laisse ma note à 4. J’ai presque tout aimé dans cette série. Les intrigues « space opera diplomatique » sont intéressantes et bien écrites, et font reflet à notre monde (les magouilles de l’ODI ont selon les auteurs été inspirées par les déboires de l’Union Européenne). Les personnages sont attachants, le design des vaisseaux, des planètes et des races alien est réussi. Mon intérêt a un peu fluctué lors des différents albums, mais je ne me suis jamais désintéressé des évènements, et surtout le dernier tome en date m’a vraiment scotché, donc pour moi la qualité évolue dans le bon sens ! La mise en image de Serge Pellé est exemplaire. Le graphisme est très joli, et surtout très lisible, notamment sur les scènes d’action, superbement mise en scène. Mon seul reproche sera cette obstination à parler de cycles de 2 tomes (y compris dans la toute dernière interview des auteurs incluse dans la 2eme intégrale) - voir le cliffhanger inouï en « fin » de deuxième cycle. Voilà, un « block buster » space opera dans le bon sens du terme, vivement la suite !
Léon-la-Terreur (Léon Van Oukel)
Voilà une série qui avance en sous-marin. En effet, un coup d’œil distrait, un feuilletage rapide peuvent laisser à penser qu’on a là une vieille série franco-belge, un truc flamand oublié (le nom des auteurs nous aiguille). Le dessin très ligne claire, un héros cinquantenaire dégarni toujours en costard et nœud papillon renforce cette idée d’un truc classique et pépère. Alors qu’en fait non, bien au contraire – et « l’habillage » déconcerte dès lors qu’on entre dans le vif du sujet, et cela rend d’autant plus efficace par ce décalage l’humour absurde développé dans ces histoires (histoires courtes, voire simples strips d’une ou deux cases parfois). Absurde, loufoque, allant jusqu’au non-sens, il n’est pas toujours aisé de suivre Léon, tant ses propos (souvent grossiers), ses réactions (parfois trash, comme certains propos d’ailleurs) sont souvent imprévisibles, et pas du tout rationnels (certains passages m’ont un peu échappé, sans que je sache si cela vient de la traduction, ou si les auteurs développent un humour qui passe mal en Français). Mais, globalement j’ai bien aimé cette série. Jamais hilarant, mais souvent drôle, surprenant, cet univers mérite le détour, pour découvrir un Léon qu’on ne souhaite pas avoir parmi ses proches, tant il déclenche de scandales et de catastrophes autour de lui ! Note réelle 3,5/5.
Le Poids des héros
Un univers graphique très frappant qui ressuscite les années 70 et nous fait partager le poids des héros (les grand-parents de l'auteur, l'un revenu d'un camp de concentration et l'autre échappé d'un peloton d'exécution) . C'est le premier album de David Sala que je lis, et je suis soufflée par la capacité d'évocation des images. Qu'il s'agisse des fantasmes de l'enfant entendant ses parents et grands-parents raconter l'époque de la deuxième guerre mondiale, ou les intérieurs aux tapisseries géométriques et contrastées, aux tapis profonds (pour isoler du froid du carrelage en-dessous), au sol verdâtres du couloir, aux fauteuils marrons en velours boursouflés de reliefs, aux devantures de boulangeries en pierres collées, même les posters des tableaux de Magritte, tout remonte à la surface de notre conscience alors que c'était resté enfoui jusque là. La peau tellement lisse de l'enfant confronté au passé lourd et immérité de ses grand-parents, mais tout cela par le filtre des conversations et vocabulaires quotidiens des parents et de leurs amis dans le cocon familial, dans le salon, avec notre regard qui suit le motif répétitif du tapis, en même temps que l'enfant écoute l'électrophone en fond sonore. On perçoit le parlé lyonnais de ses parents, fils d'immigrés espagnol. Ces noms espagnols à rallonge, prononcés avec fierté, dans cet univers gris de la banlieue hexagonale. Le portrait du grand-père jeune, qui se retrouve au grenier du petit-fils, et qu'un autre enfant, la génération suivante, découvre à l'occasion d'un moment d'ennui... Et pour finir, un atout supplémentaire : cette album a la tranche (ou est-ce le dos ? La partie qui reste visible quand le livre est rangé ) rose bonbon, ce qui est un atout non-négligeable pour le retrouver dans une bibliothèque !
La 27e lettre
Cet album est assez étonnant, et réussit plutôt bien à maintenir un équilibre entre gaité et angoisse, fraicheur et noirceur, même si ce sont les derniers termes de ces oppositions qui finalement dominent. La première surprise est de retrouver le dessin « enfantin » de Will dans une histoire aussi dure et triste. Il s’en tire très bien, son trait est fluide, dans un style semi caricatural qui parvient quand même à insuffler un peu d’érotisme dans la représentation des prostituées. Mais je dois dire qu’un dessin plus réaliste, « estampillé plus adulte » aurait sans doute davantage convenu à cette histoire (affaire de goût peut-être). Pour ce qui est de l’histoire justement, elle prend le temps d’installer décor et personnages. Même si l’introduction (voix off dans un paysage de ruine commun aux villes allemandes de 1945) ne cache pas longtemps la façon dont elle se finira. En tout cas on s’attache facilement à ce gamin plein de vie, espiègle, sur lequel les malheurs de la vie et de l’Histoire semblaient ne pas avoir trop de prise. C’est peut-être improbable, écornant un chouia la crédibilité de l’intrigue, mais ça passe. Desberg montre bien comment la pression des Nazis augmente sur la population durant les années 1930, jusqu’aux massacres de la guerre. La dernière scène, comme celles d’introduction, pointe une extrême brutalité – tout en ne la montrant pas complétement (mais la dernière case est bouleversante). Note réelle 3,5/5.
ADAN - L'Agence de tous vos fantasmes
Après le très réussi Itinéraire d'une garce, la collection Porn'pop dirigée par Céline Tran (ex Katsuni) nous offre une très belle surprise avec cet album. Les auteurs nous présentent les aventures d'un couple trentenaire (Anis et Adèle) en passe de pimenter leur vie sexuelle, pour rompre la monotonie du couple. Certes le thème n'est pas très nouveau mais le traitement fait ici est assez original. On oscille sans cesse entre l'enquête policière et des scènes assez explicites. Mais j'avoue que l'intrigue l'emporte sur le côté voyeur, qui est habituellement réservé à ce genre de bande dessinée, ce qui est assez fort quand même ! Outre un scénario bien réussi et intriguant, il faut souligner la qualité du dessin de Duddy, que je ne connaissais pas, et qui m'a littéralement séduit. C'est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur cet album (un article sur sceneario.com), qui est sorti à une période assez creuse sur le plan éditorial (mi-août) En tout cas une agréable surprise pour un album qui mérite de dépasser l'appellation bd pour adulte, comme l'était Itinéraire d'une garce, qui s'apparentait plus à un roman graphique qu'à une simple bd de cul. En effet, nous suivons les aventures d'un couple qui est pris dans un engrenage, qui semble les dépasser. Bref, une petite pépite que vient d'éditer la directrice de la collection "Porn'pop", Céline Tran.
Voyage au centre du microbiote
Pour ce titre faisant référence à un célèbre livre de Jules Verne, les auteurs FäSt (dont on sait seulement qu’il s’agit d’un « duo de scénaristes résidant à Rouen ») et Héloïse Chochoix (qui en peu de temps a publié plusieurs ouvrages, dont ce troisième chez Delcourt confirmant son goût pour la science et la médecine) ont choisi de reprendre les codes du roman d’aventure pour traiter d’un sujet qui nous concerne tous : le microbiote intestinal. Ce microbiote (car il y en a partout dans le corps humain), c’est l’ensemble des bactéries, microbes et virus qui nichent dans cette zone encore peu connue qu’est notre tube digestif, mais qui fait l’objet de recherches de plus en plus poussées et, si nous le négligeons en ingérant sans modération de la « malbouffe », peut ouvrir la voie à des maladies métaboliques pas franchement sexy (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires…). Le microbiote intestinal, c’est ce que certains vulgarisateurs appellent le « deuxième cerveau » du fait qu’il héberge des neurones, une découverte relativement récente. Les recherches en cours seraient des plus prometteuses pour comprendre et soigner l’organisme humain. C’est une lecture très agréable à lire, les auteurs ont réussi à concilier plutôt bien le roman d’aventure et le documentaire scientifique. Le lieu de l’action se situe sur une île volcanique imaginaire, Microbiota, avec deux personnages antagonistes : Alice Sentina, une jeune femme journaliste soucieuse d’écologie et un jeune entrepreneur aux dents longues, Jeff Huxley (clin d’œil bien choisi au célèbre écrivain…) qui a implanté ses labos sur la petite île paradisiaque. Son but : concevoir le remède miracle, un probiotique révolutionnaire « au service de l’humanité ». Lorsque le volcan entrera en éruption de manière inopinée, ils vont vivre une aventure pleine de rebondissements et de rencontres qui finiront par remettre en question les certitudes de Huxley. Certes, ce récit dans la veine vernienne ne fait, très logiquement, que servir le propos, mais on ne peut que saluer l’effort des auteurs d’avoir rendu ainsi le sujet très ludique. La ligne claire moderne et stylisée d’Héloïse Chochois est agréable à l’oeil et symbolise parfaitement le propos en rendant intelligibles des notions pas forcément accessibles au citoyen lambda, nous permettant de visualiser l’infiniment petit et toute la vie qui bouillonne au sein même de notre organisme. Plutôt dynamique, son style est une sorte de mix entre Serge Clerc et Dupuy & Berberian, voire dans un registre plus récent, Lucas Harari. Sans être forcément féru de sciences, nous prenons conscience avec « Voyage au centre du microbiote » que notre organisme est à la fois un monde à part, un véritable univers à lui seul, mais qui dépend entièrement de nos pratiques alimentaires. Si l’on est déjà sensibilisé aux problèmes qui menacent la survie de notre planète, on sera incités à prendre soin de notre ventre en diversifiant nos aliments dans la mesure du possible. La nature aime la diversité, tant à l’échelle planétaire qu’à celle de notre pauvre carcasse. Tout est connecté, l’infiniment grand et l’infiniment petit. Et cette diversité, comme on peut le constater à l’aune de la crise climatique, a été négligée depuis des décennies dans bien des domaines, pas besoin de refaire l’inventaire. Juste deux exemples : en agriculture, on a pendant longtemps privilégié la monoculture intensive dont on mesure aujourd’hui les dégâts, et en politique, le "concept" constitue encore une menace pour nombre de politiques qui ne font que l’utiliser pour séduire un électorat apeuré. Et pourtant... Ainsi, ce que l’on retiendra du livre est l’importance de la BIODIVERSITE, qui « n’est pas un bonus mais la seule et impérative condition de notre maintien sur Terre », et devrait être aujourd’hui le maitre-mot à appliquer dans toutes nos actions du quotidien, à tous les niveaux. La révolution des esprits pour envisager un avenir viable pourrait sans doute commencer par là… Gage de crédibilité, cette petite bande dessinée très instructive qui ne vous mettra certainement pas la rate au court-bouillon, bien au contraire, a reçu le soutien de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Nantes.
Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou - La Bête
Me concernant il n’y a qu’un Marsupilami. Celui de Spirou et de Fantasio. Il m’était donc difficile d’imaginer qu’un « héritier » de Franquin puisse reprendre ce personnage si particulier qui a bercé toute ma jeunesse. Je me suis donc collé à la lecture de cet album avec une certaine réticence. Au final je n’ai pas été déçu. Bien au contraire. Je dirais même que j’ai été conquis ! Mais que c’est bon ! Zidrou et Franck Pé ont réussi le tour de force de déposséder le Marsupilami de toute sa force hilarante pour en faire un héros d’une aventure dramatique. Le dessin est tout bonnement admirable avec de très belles pleines pages du port d’Anvers. Les cadrages en mode cinématographique rétro sont magnifiques. Le lecteur est au cinéma ! Visuellement nous sommes sur une pépite graphique. La colorisation convient parfaitement à l’histoire. Houba Houba ! Oui le côté Spirou et Fantasio est gommé. Oui l’atmosphère est un peu glauque. Oui notre Marsupilami se retrouve bien loin de son nid habituel. Oui on peut le dire, ce récit est même un peu tragique et sombre. Et Oui je vous invite à lire cet album ! Et si tu rajoutes un scénario entrainant et rythmé, tu as compris que cela fleure bon le 4 étoiles et le coup de coeur !
XIII mystery
Je suis un grand fan de la série mère XIII. Je l'ai lue presque d'un seul bloc, il y a peu, et j'ai enchaîné sur le spin-off tellement j'avais été conquis. Je n'ai pas été déçu du tout. Je préfère donner un avis général que d'analyser chacun des 13 opus. En effet je trouve que les différents auteurs ont réussi à garder une homogénéité remarquable malgré les différences de styles et d'approches des personnages. Je trouve que c'était plus difficile pour les dessinateurs car ils étaient assez bridés par l'excellent dessin de Vance. Bien que les treize albums puissent être considérés comme 13 one-shots, chaque dessinateur a su garder un style réaliste et une mise en couleur qui conviennent à l'esprit de la série mère. Il y avait surement plus de liberté pour les scénarii car beaucoup ne croisent que de loin les événements de la série mère. C'est le cas pour Jones, Smith, Amos ou Fly. Mais je trouve que ces incursions dans ces années de luttes pour les droits civiques, la lutte contre le KKK ou la guerre du Vietnam donnent beaucoup d'épaisseur à la série mère en retour. C'est particulièrement vrai quand on lit presque tout d'un bloc comme je l'ai fait. À part Wax, difficile de ne pas avoir d'empathie pour ces personnages plus ou moins importants. C'est surtout vrai pour la Mangouste qui gagne une dimension humaine forte grâce à ce spin-off (l'idée des vipères noires est vraiment bonne) ou de Martha Shoebridge au coeur d'une manipulation monstrueuse. Des scénarii très bien ficelés et originaux, un graphisme vraiment bon j'ai toujours plaisir de relire l'un des treize opus sans beaucoup de préférence.