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Couverture de la série Les Contrées salées
Les Contrées salées

J’ai trouvé dans ce récit un conte fantastique étonnant et de qualité. Heureux homme que je suis, j’ai débuté ma lecture sans rien savoir du scénario. Par conséquent, j’ai pu pleinement profiter de la surprise lorsque le ton de l’intrigue change brutalement après 70 pages. Car tout le début de l’histoire laisse penser que nous allons suivre une aventure réaliste, avec comme cadre une ferme familiale de l’Oklahoma au lendemain de la guerre et comme héroïne une jeune fille jalouse de la fiancée de son grand frère, avec lequel elle était fort complice avant son départ pour la guerre. Mais les autrices avaient prémédité leur coup et lorsque le récit bascule dans le fantastique, tout était déjà en place. L’histoire est habilement construite, riche en profondeur, joliment illustrée, narrée avec pétillance et entrain. Les personnages évoluent constamment au fil du récit, les unes s’affirmant face aux épreuves rencontrées, les autres dévoilant des personnalités à multiples facettes. La morale est belle et adaptée à un jeune public. Le dessin, grandement influencé par le style manga, est agréable à l’œil, expressif, et joliment mis en lumière par une colorisation soignée. Franchement, je n’ai rien à dire de négatif sur cet album. Du coup, bahh, je ne peux dire que « franchement bien ! »

19/12/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Christophe Colomb (Jijé)
Christophe Colomb (Jijé)

Je suis toujours impressionné par la capacité de Jijé à écrire des scénarios assez complexes mais toujours fluides dans leur déroulement. J'avais déjà adoré Blanc Casque pour son habileté à manier des thèmes pas si faciles en les traitant sans manichéisme. Si mon coup de cœur pour Christophe Colomb est un peu moins immédiat, cette lecture me prouve une nouvelle fois combien j'apprécie l'art de Jijé. Mon amour pour le vieux papier m'a poussé à me procurer l'édition originale de 1946, et je ne le regrette pas un instant. Certes, la qualité d'impression est discutable, les couleurs sont souvent hésitantes et approximatives, rendant le dessin parfois confus, mais j'aime cette impression de découvrir l'oeuvre originale dans son jus, impression que je n'aurais probablement pas eue en lisant les rééditions. Et quand on aime les revues d'époque, quel plaisir ! Le dessin de Jijé n'est pas forcément toujours bien mis en valeur, mais il dégage une âme indéniable, qui le rend instantanément agréable à contempler. Il est peut-être un peu dommage que l'auteur ne cherche que rarement à élargir ses cases pour nous proposer des vues plus larges et plus immersives, mais sa patte graphique n'en est pas moins efficace. Ce qui compte le plus, toutefois, c'est la qualité de l'écriture du scénario et à ce niveau, Jijé nous gâte. Il faut bien différencier la rigueur scénaristique et la rigueur historique. Je connais assez peu dans le détail le récit purement historique de Christophe Colomb, et je me doute qu'il faut prendre ici beaucoup de pincettes. On voit bien qu'on est un peu dans l'hagiographie, Jijé transformant son protagoniste en héros sans peur et (quasiment) sans reproches. Néanmoins, l'auteur nous offre un scénario aux personnages très travaillés, avec des rebondissements pas toujours attendus. Si l'attitude de Christophe Colomb n'est jamais remise en question, Jijé ne bascule jamais dans la légende dorée de la colonisation, mais adopte un recul étonnant en dépeignant la majorité des colons comme assoiffés d'or et totalement désintéressés par le rôle que Colomb attend d'eux. En exergue, on voit l'impuissance de l'explorateur, qui essaye tant bien que mal de lutter contre les excès de ses hommes, mais n'y arrive pas. En témoigne une conclusion assez sombre à laquelle je ne m'attendais pas, qui tranche bien avec le tout-venant et rappelle que Jijé n'était pas homme à s'effacer devant la difficulté. Ainsi, même si on n'échappe pas à certaines caricatures habituelles, Jijé ne se trompe pas dans la répartition des camps, car l'opposition qu'il effectue ne se situe pas entre colons et colonisés, mais entre colons, incapables de s'accorder sur ce qu'ils viennent chercher dans ces nouvelles terres. Tout est alors représenté : ceux qui veulent mettre avant tout leur mission civilisatrice en avant, ceux qui viennent piller l'or, ceux qui veulent en tirer le plus de gloire, et ceux qui sont persuadés du bien-fondé de leur cause et de la légitimité des rois espagnols à venir s'installer ici... Cette description assez travaillée est pour beaucoup dans la grande qualité de cette bande dessinée. Avec peu de manichéisme, il synthétise assez bien les grands enjeux de cette période historique et rappelle que les hommes de bien sont malheureusement trop souvent minoritaires et peinent à faire entendre leur voix dans les grands conflits de l'Histoire. Finalement, que Christophe Colomb ait été un homme de bien ou non, comme le dit cette bande dessinée, importe peu. La leçon qu'en tire Jijé est grandiose et intemporelle. Et ça, ça mérite bien de fermer les yeux sur quelques ellipses narratives maladroites et sur une légère tendance à enjoliver certains aspects de l'Histoire.

19/12/2022 (modifier)
Par Skamby
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charlotte et moi
Charlotte et moi

Je viens de découvrir cette trilogie. Quelle chouette découverte !! Plusieurs histoires dans l'histoire que l'on découvrent progressivement jusqu'au moment où elles se lient. La mécanique est très bien faite. On s'attache rapidement aux personnages qui ont tous une part de mystère rendant l'intrigue prenante. On a envie de savoir quel sont les secrets, le passé et le devenir des protagonistes. Même les personnages secondaires possèdent cette part de mystère qui pourraient faire d'eux les personnages principaux de l'histoire. Mais l'histoire reste centrée sur le jeune Gus qui fugue pour retrouver son père et Charlotte qui court après son passé. Elle n'est clairement pas taillée pour l'aventure mais on se laisse facilement absorber par la lente évolution du personnage. Il y a une belle histoire, des personnages bien travaillés, et une intrigue parfaitement ficelée qui font que c'est un vrai coup de cœur pour cette charmante BD. En la lisant mon fils de 9 ans prenait des notes pour suivre les différentes intrigues et tenter de dénouer les différents mystères qui compose le récit. On prend beaucoup de plaisir à lire cette BD

19/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Hélas
Hélas

Chouette lecture. Un conte qui pourrait paraitre enfantin de prime abord, mais qui se révèle à la fois plus riche et plus noir que ce que je m’en imaginais. Dans le Paris de 1910 (l’année de la grande crue), Bourhis nous a concocté une histoire bien fichue et étonnante. Tous les habitants sont des animaux (habillés comme des humains), les humains justement ayant quasi disparu, seuls quelques spécimens, chassés, sont exhibés comme des bêtes de foire ou étudiés en laboratoire. Cette inversion fait immanquablement penser à « La planète des singes ». Et ce d’autant plus que certaines scènes rappellent directement des choses vues dans l’adaptation ciné de 1968 (Léopoldine, la jeune truie chercheuse, rappelle la chimpanzé Zira, lorsqu’elle veut démontrer l’intelligence des hommes, et prouver qu’ils peuvent parler normalement, son ami Fulgence étant le pendant de Cornelius). Pour le reste, l’intrigue se laisse lire agréablement, avec quelques aspects polar rétro, agrémentés de rivalités politiques (là aussi la Planète des singes peut avoir servi de modèle). Et le dessin de Spiessert, sobre, accompagne très bien l’histoire. Histoire que j’ai bien aimé lire, même si la fin m’a laissé quelque peu perplexe. Sur la fin justement, le jeune cochon Fulgence explique très sérieusement à un autre personnage que « tout le monde sait que Dieu est un porc ». Je ne sais si Bourhis a voulu glisser là une attaque anticléricale, mais cette phrase, plusieurs fois dite par André Breton, m’a bien amusé. Une lecture recommandable en tout cas. Note réelle 3,5/5.

18/12/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Wild Bill Hickok
Wild Bill Hickok

Un biopic sans concession sur l’une des plus fines gâchettes de l’Ouest américain. Dans la même veine que l’album sur Jesse James, « Wild Bill Hickok » dépoussière le mythe de ce personnage emblématique du Far West devenu une légende vivante et un acteur jouant son propre personnage. La Véritable histoire du Far West est une très bonne série qui ne vend pas que du rêve et des grands espaces. S’appuyant sur un très bon travail historique, ce biopic revient sur des épisodes de la vie de Wild Bill Hickok, revisitant sa vie jusqu’à sa mort. Si j’ai vraiment aimé cet album comme j’avais apprécié Jesse James, je reste, là encore, un peu sur ma faim. Le scénario aurait mérité d’être plus développé et de passer un peu moins vite sur la vie du héros. Je pensais aussi que la relation de Hickok avec Calamity Jane aurait eu droit à plus de place. Bref, les deux albums de cette série sont très bons et les dossiers historiques qui les complètent sont extrêmement intéressants.

17/12/2022 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série Jesse James
Jesse James

Un western qui retrace fidèlement la vie de Jesse James. Pour la population du sud, après la guerre de Sécession Jesse James devient un héros sudiste. Il symbolise la rancœur après la défaite face aux adversaires du Nord, une bd qui met en lumière la fracture au sein d'une même nation et cette biographie témoigne de l'état du pays pendant cette période. Les auteurs retracent tous les événements de sa vie avec les dates et les lieux réels des attaques de banques ou des trains. Une version la plus proche possible de la réalité, la bibliographie utilisée comme source pour la réalisation de cette bd en atteste. Une version historique qui ne cache pas le côté sombre du personnage comme la violence pendant les braquages ou les assassinats de la population civile. Nous sommes projetés dans le far west, la description de la vie de la population sudiste et leur état d'esprit après la défaite. La vie de Jesse James est si proche des versions romancées de nos héros de western avec en plus un dessin qui correspond à un dessin classique de western que pendant la lecture nous pourrions penser que cette histoire n'est pas réelle. Quelques pages à la fin présentent le résultat des recherches sur lesquelles sont basées la bande dessinée, une carte situe chaque événement important et des photographies d'époque nous révèlent le vrai visage de Jesse James. Western et histoire, deux genres qui se complémentent remarquablement dans cette bd.

17/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Mutafukaz
Mutafukaz

Si vous regardez mon blog, vous remarquerez que je suis une grande enfant, adepte de BD enfantine ou à humour, lire de vrais romans graphiques par moment ça change. Mutafukaz est vraiment tout un autre style de ce que j’ai l’habitude de lire, et cela m’a plu! De la vulgarité, de l’action dans tous les sens, on ne s’ennuie jamais. Les dessins sont vraiment au top, que ce soit les personnages tout comme les décors, c’est vraiment super joli à voir ! J’ai beaucoup aimé mais cela dit certaines scènes traînent un peu en longueur et des fois niveau scénario on peut se perdre car ça va un peu dans tous les sens. Je conseille !

17/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Super Pixel Boy
Super Pixel Boy

Premier tome réellement sympathique ! N’ayant pas connu cette époque qui semblait réellement sympatoche. C’est avec quand même une certaine nostalgie que j’ai lu cette BD. Pixel est un jeune garçon féru de jeux-vidéos, il en est complètement addict et il adore aller à la salle d’arcade et jouer à la console. Il y a des parties sur sa vie mais également des parties style 8bit qui expliquent des jeux-vidéos connus de l’époque qui ont d’ailleurs été abordées par Joueur Du Grenier pour la plupart. Graphisme vraiment sympa, j’ai adoré cette BD étant fan de jeux-vidéo et de rétro.

17/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Dans la nuit la liberté nous écoute...
Dans la nuit la liberté nous écoute...

Comme beaucoup de jeunes gens, le héros a vu ses convictions politiques renforcées durant l’occupation de la France par les Nazis. Ironie de l’Histoire, il va se trouver embarqué après la guerre dans le corps expéditionnaire envoyé par la France pour réprimer les velléités indépendantistes en Indochine, et donc se retrouver cette fois-ci de l’autre côté (le mauvais) de la force et de l’Histoire : celui du déni des droits humains, bien sûr au nom de la civilisation (antienne bien flétrie depuis l’utilisation galvaudée qui en a été faite depuis le XIXème siècle par la France – et les autres puissances européennes d’ailleurs). L’aventure humaine vécue par Albert Clavier est bien mise en image, dans un récit qui manque sans doute d’allant, mais qui se laisse lire quand même agréablement. Comme l’interview finale, et conformément à l’engagement d’Albert Clavier, c’est un album engagé, politisé, mais qui éclaire bien certains choix, qui est à prendre en compte à l’heure des comptes concernant la colonisation/décolonisation. Qui questionne aussi sur les moyens, qui ont souvent justifié des fins hypocrites. Trahir sa "patrie" ou ses valeurs ? Telle était la question. En tout cas tout ici est « incarné ». On quitte les slogans pour aller vers la vraie vie (la « découverte » par Clavier des exactions staliniennes après le rapport Khrouchtchev est crédible, celui-ci ayant vécu sans réelle instruction dans un coin reculé). Les vietnamiens et Clavier, les soldats et officiers du contingents donnent corps au débat, plutôt au combat d’idées qui a eu lieu. Cette Histoire à hauteur d’homme est l’un des principaux intérêts de cet album. Un beau dossier documentaire complète la lecture, qui s’est révélée intéressante, presque édifiante, sur la notion d’engagement, mais aussi sur la versatilité de la défense des droits humains par la France, qui a dévoyé ses principes, ses valeurs, pour se retourner in fine contre ceux—là mêmes qui prétendaient les défendre y compris contre son gré.

17/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Fables amères
Fables amères

Ceux qui ne connaissent pas le travail de Chabouté peuvent tout à fait commencer par ces deux petits albums pour le découvrir. En effet, la lecture est très rapide (beaucoup d’histoires sont muettes), le dessin est – comme d’habitude – fluide, très agréable, avec un Noir et Blanc élégant. Le titre de la série est très bien choisi. En effet, l’amertume, une certaine forme de noirceur dominent largement ces petites histoires, la chute étant souvent encore plus noire que l’histoire elle-même. Quelques rares exceptions (comme dans l’histoire se déroulant dans une cité de banlieue glauque, qui se finit avec un jeune lisant du Stevenson), ou lorsque l’humour est davantage présent (voir l’histoire où nous suivons un aveugle, qui échappe à tous les obstacles, alors qu’un jeune obnubilé par son portable se prend un lampadaire dans la gueule). Ces histoires courtes donnent une image triste de notre société. Celles qui sont muettes accentuent l’effet général dominant : la difficulté d’échanger, l’incommunicabilité, les malentendus. Clairement, l’amertume est là ! Mais aussi le plaisir de lecture donc.

17/12/2022 (modifier)