Les derniers avis (32282 avis)

Par LilyEve
Note: 4/5
Couverture de la série Nevermoor
Nevermoor

Cette BD m'a été envoyée par les éditions Jungle et je dois dire qu'elle m'a étonnée. Je connaissais le livre et je trouve que l'adaptation est plutôt réussie. Nous avons plaisir à retrouver l'héroïne qui va devoir survivre dans un monde dont elle ne devait pas faire partie. Les dessins sont agréables et les couleurs très belles. Je pense que la suite apportera un peu plus de matière. Je la recommande pour les enfants à partir de 9/10 ans.

25/02/2024 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Golden West
Golden West

C’est incontestablement un très bel album. Je l’ai acheté pour le dessin de Christian Rossi et, dès les premières pages, j'ai été plongé dans une ambiance lourde, écrasée de chaleur, sous un soleil de plomb, dans le vent et la poussière. Les pages sont graphiquement très belles, les couleurs parfaites. Du côté du scénario, j’ai mis un peu de temps à trouver mon rythme mais une fois partie, l’histoire s’est étirée lentement jusqu'à la fin. Les personnages sont attachants, pas seulement Woan, le jeune héros banni, mais aussi les personnages secondaires qui sont bien travaillés. On découvre la culture apache non pas de manière caricaturale mais au contraire avec beaucoup de nuances et de détails. Même le personnage de Geronimo est utilisé avec finesse. Cet album c'est aussi une belle leçon d’histoire évoquant le recul de la culture indienne, les contacts avec les Blancs, la dimension inexorable de cette évolution et une fin plutôt réussie. Un album très fort, à savourer lentement.

25/02/2024 (modifier)
Par Cosme
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pionniers du Nouveau Monde
Les Pionniers du Nouveau Monde

Il est amusant de voir que Les pionniers du nouveau monde est une des toutes premières séries de la collection Vécu, et qu’aujourd’hui, en date de mon avis (février 2024) et suite à la sortie du tome 22, je crois bien que c’est la dernière série encore en cours dans cette collection. Les autres étant toutes finies, ayant été abandonnées ou ayant changé de collection, format. J’ai un attachement énorme pour cette série. Je l’ai découverte il y a plus de 20 ans, j’étais encore adolescent, et j’ai rêvé des heures et des heures dans ces grands espaces du nord de l’Amérique, à la fin du XVIIIeme siècle. Suivant les personnages principaux au milieu de la grand histoire, les guerres entre Français, Anglais, tribus indiennes. Le premier cycle de 6 albums est clairement culte pour mois. JF Charles réalise une histoire passionnante, très bien documentée, qui donne un côté romanesque à son récit tout en lui en offrant une partie détaillée en événements et détails historiques qui nous apprennent beaucoup sans que ce soit lourd et didactique. Et nous accompagne ça d’un dessin hésitant sur les premiers tomes mais qui ne cesse de s’améliorer jusqu’à devenir excellent à mes yeux. À partir de 7eme album, Ersel prend la relève sur la partie graphique. Et à partir du 13, Maryse, la femme de JF Charles, apparaît comme co scénariste (c’était certainement déjà le cas avant, mais à partir du 13 elle a les honneurs d’apparaître sur les albums). Graphiquement Ersel fait un très bon travail de reprise, rien à lui reprocher, la transition s’est faite toute seule à mes yeux. Hélas à partir du 15eme tome environ, je trouve que ça commence à vraiment s’essouffler. La série commence à tirer en longueur. Et l’on s'y perd un peu avec tous ces protagonistes, l’histoire devenant une immense saga familiale. Peut être aurait il fallu chercher à trouver une conclusion à cette histoire. Je me rends compte que j’achète systématiquement les nouveaux albums par habitude mais que je ne prends plus beaucoup de plaisir à les lire, étant même souvent un peu perdu dans l’histoire. Il faudrait que je relise tout d’un coup. Une série quasiment culte, une pionnière des séries d’aventures historiques dès 1982, et qui se transformera en une sorte de grande saga familiale perdant de sa saveur. Seul le dessin reste à niveau avec Ersel jusqu’à aujourd’hui. Elle m’aura beaucoup fait rêver, voyager, appris, mais aujourd’hui j’attends qu’elle se finisse. Le premier cycle de 6 albums est à lire absolument, tant pour sa qualité que pour son côté culte, et même si elle peut sembler avoir un côté vieillot aujourd’hui, le reste est dispensable.

25/02/2024 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une Histoire de Jérusalem
Une Histoire de Jérusalem

L’actualité et une rencontre avec Vincent Lemire m’ont donné envie de me plonger dans l’histoire de Jérusalem. Vincent Lemire est un historien, c’est du très sérieux. Avec Christophe Gaultier au dessin, ils ont réussi le tour de force de raconter cette histoire super compliquée et super longue (4000 ans, rien que ça !) avec pour témoin infatigable : un olivier (du Mont des Oliviers, bien entendu !). L’histoire de Jérusalem est incroyable tant les acteurs sont nombreux, les croyances multiples, les destructions/reconstructions perpétuelles et le rôle des religions, unique. Voilà 10 chapitres passionnants, très touffus (un peu trop peut-être), remplis de références historiques et de citations de témoins mentionnés avec précision. La ville des trois religions est décrite dans son évolution longue, c’est ce qui fait le grand intérêt de cet album que j’ai lu d’une traite, tant j’avais envie de comprendre les racines de ce qui se passe dans cette région du monde. Le dessin est vraiment sympa. Il permet au récit très dense de respirer et au lecteur de faire des pauses. Un récit historique réussi, tant sur le fond que sur la forme. Un incontournable sur le sujet, sans aucun doute.

24/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Fukushima - Chronique d'un accident sans fin
Fukushima - Chronique d'un accident sans fin

J'ai bien aimé la lecture de cette chronique proposée par Bertrand Galic. J'ai trouvé son récit rythmé, intelligent et sans engagement partial trop prononcé pour ou antinucléaire. La finalité de la série penche vers la diminution voire la suppression du nucléaire mais je n'ai pas senti le récit comme un pamphlet antinucléaire. L'auteur introduit un côté fictionnel important dans son histoire ce qui permet de centrer la narration sur l'importance des réactions humaines dans la gestion de la crise de Fukushima. Comme nous le fait très bien comprendre Galic cette gestion s'est faite dans l'urgence absolue à plusieurs niveaux humains : du simple ouvrier isolé dans le chaos au premier ministre Naoto Kan loin du terrain et contraint par des obligations procédurières contre-productives. Le récit est basé sur la déclaration du directeur de Fukushima, Masao Yoshida devant la commission d'enquête parlementaire japonaise. Le récit est donc fiable et converge sur les actions en temps réel du directeur. Galic met en avant le courage et la détermination de tout le personnel sur place pour inventer une solution qui minimise les effets de la catastrophe. Ils et elles l'ont fait au risque de leur vie et de leur santé comme c'est presque toujours le cas dans les super catastrophes comme Tchernobyl ou le 9/11. Galic évite un exposé trop technique ce qui rend la lecture fluide et passionnante comme un polar. Enfin le dossier final éclaire sur la personnalité et les responsabilités importantes de la direction de Tepco, des instances de sureté nucléaires et de Yoshida avant l'accident. En effet le récit montre bien que la centrale a plutôt bien résisté au tremblement de terre, comme sa voisine distante de 10 km, mais que c'est la vague du tsunami qui a enclenché la suite des événements catastrophiques pour la centrale. Or cette vague était prévisible et techniquement contrôlable, ce qui met en évidence les grosses négligences prévisionnelles en matière de sureté. Une fois encore, le récit montre comment des économies de bouts de chandelles coûtent dans la gestion industrielle en termes de vies humaines, de désastre écologique et de coût de réparation, sans parler de l'image désastreuse et du manque à gagner. J'ai une seule réserve sur le scénario. J'aurais aimé que l'auteur nous dise comment la centrale de Fukushima Daini à 10km de distance, avait su gérer cette crise avec beaucoup moins d'impact. Le graphisme de Roger Vidal rend très bien le dynamisme de la situation de crise. L'auteur ne s'attarde pas sur le spectaculaire extérieur de la situation mais centre ses images sur l'expressivité intense des personnes impliquées dans la gestion de la catastrophe. C'est avec plaisir que je me suis retrouvé loin d'un graphisme manga et de pouvoir m'imprégner d'une ambiance où des Japonais ressemblent à des Japonais. Une lecture facile qui éclaire sur l'accident et sur le haut degré de sureté qu'impose cette technologie. Une bonne lecture. 3.5

24/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Mon cousin dans la mort
Mon cousin dans la mort

J'ai bien accroché à ce petit récit qui ne paye pas de mine au premier regard. Regarder les tares du monde adulte à travers les yeux d'enfants n'est pas d'une grande originalité. Toutefois Duprat y introduit des éléments qui singularisent son récit. Tout d'abord il réussit très bien à reproduire cette atmosphère à la Clochemerle d'un village perdu en 1960. Un "trou perdu" où il ne se passe jamais rien ... en apparence. Mais il suffit de gratter pour s'apercevoir que les vieilles rancunes, les histoires de fesses et même une guerre dont tout le monde se fiche rattrapent bien vite tout ce monde. Un monde méchant et sans pitié qui façonne bien vite les coeurs d'enfants pas aussi innocents que ça. J'ai beaucoup aimé la peinture du personnage du petit Maurice qui pose de subtiles questions sur l'origine de sa méchanceté, innée ? acquise ? Le récit est fluide et se lit très aisément. L'auteur choisit l'optimisme malgré les ombres de la situation comme un vent de fraîcheur que nous apporte la rencontre entre Lucien et Lili. Le graphisme est très agréable. Il donne un récit très dynamique avec beaucoup d'expressivité dans un monde figé. Une belle mise en couleur complète mon attrait pour cette sympathique série. Une lecture agréable. 3.5

23/02/2024 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Un album d’Emmanuel Lepage sur le sud austral, c’est l’assurance de voir des paysages et des ambiances d’une force incroyable. Avec cet album, j’ai eu l’impression d’embarquer avec l’équipage et de descendre aux escales. Réussir à la fois à faire rêver le lecteur, à lui apporter foules d’informations sur ces rotations finalement peu connues et à lui faire partager cette aventure humaine et familiale avec ses attentes, ses doutes, ses déceptions face aux forces de la nature, c’est pour moi une vraie belle performance. Un gros coup de cœur pour les images pleine page et pour les photos froides et grises qui vous rappellent la dure réalité des mers australes. On en grelotterait presque…

23/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

Au vu des différentes critiques de la BD, je ne pouvais que me la procurer et découvrir ce monde merveilleux des opens spaces des années 90. Et franchement, le résultat est excellent ! En terme de BD humour, c'est une réussite, en terme de polar on navigue dans un faux Indiana Jones en open space, et en terme purement amusant, c'est un divertissement pur jus. Divertissement qui d'ailleurs ne s'embarrasse jamais d'une nostalgie mal vue. C'est plus du divertissement à la OSS 117, à mon gout, s'ancrant dans son époque pour en ressortir les travers mais avec une petite bouffée de plaisir à revivre ces années-là. L'auteur à parfaitement réussi le dosage pour ne pas verser dans la citation à outrance mais tout de même faire ressortir le côté délicieusement kitsch et ringard de certains détails. L'ensemble est rehaussé de détails absurdes, tel la manie de mettre Jean devant tout les prénoms, les attitudes de tout à chacun et la culture d'entreprise année 90. On sent les inspirations de série comique au boulot, mais aussi le côté bien franchouillard. C'est une belle découverte qui m'a amusé d'un bout à l'autre mais qui se tient en tant qu'enquête. Le côté absurde ne déborde jamais sur le sérieux du personnage principal, qui reste résolument premier degré. Une lecture que je recommande et qui vaut le détour. Une capsule temporelle délicieusement absurde et rétro.

23/02/2024 (modifier)
Par Montane
Note: 4/5
Couverture de la série Ghost World
Ghost World

Finalement cette histoire semble avoir été plus appréciée sur grand écran que sur papier glacé. Et pourtant Ghost World est au départ un « comic » qui a fait sensation aux États unis. Ghost World est la critique de cette Amérique que l’on aime pas. L’européen préfère allègrement New York, Chicago ou San Francisco. Pourtant ce n’est pas la véritable Amérique celle du Midwest ou de la Church Belt. Et c’est plutôt celle la que nous décrit Clowes. Son Amérique c’est celle des Red Neck c’est à dire des ploucs, celle un peu perdue des grands centres urbains où on tue l’ennuie comme on peut. C’est un peu le passe temps favoris de ses deux lycéennes dont il nous dresse le portrait. Alors certes , il ne se passe pas grand chose, on est plus dans la contemplation. Mais dire ce n’est pas pour autant que l’histoire est dépourvue d’intérêt. Car on va voir que ces deux Lycéennes vont prendre des chemins bien différents au sortir de l’adolescence. Graphiquement Clowes reprend le style de la BD Américaine underground, aucune surprise de ce côté là. On aime ou on aime pas. A tout un chacun de lire ce «  one shot » pour se faire son avis.

22/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Res Publica
Res Publica

J'ai une question : avez-vous déjà eu envie de tuer quelqu'un ? Non ? Alors ne lisez pas cette BD, ce serait dommage de vous donner des envies de meurtres. Bon, commençons directement par le problème, le gros, l'énorme : c'est lourd à lire ! Lourd comme pas permis, parce que la BD utilise très peu le médium BD. En terme de documentaire, c'est des pavés de textes accolés à des images illustratives. Quelques passages permettent de rajouter une couche d'explication ou un léger décalage avec ce qui est dit, dans un effet de renfort ou d’atténuation du propos. Mais c'est franchement très mince, et à peu de choses près la BD aurait pu sortir en pavé de texte, pas grand chose n'aurait été perdu. Ajoutons que la présentation en pavé massif étale la lecture dans le temps, ce qui n'est pas forcément un problème au vu de la quantité d'informations à ingurgiter, mais prévoyez deux semaines de lecture intensive. Maintenant que ce gros écueil est passé, disons que la BD est le genre qui nous laisse avec un gout d'amertume dans la bouche. Une amertume envers un système, une idéologie et un homme qui l'incarne : Emmanuel Macron. Je pensais pas que quelqu'un détrônerait Sarkozy dans la première place du podium des gens que je déteste, mais Macron l'a réussi. Et cette BD a confirmée cette position avec force ! Il y aurait beaucoup trop à dire, la BD regorge d'informations en tout sens, autant sur le personnage que sur le mandat. Et l'accumulation est une catastrophe ! Le saccage de la France et des acquis sociaux, la pauvreté revenue en force, le mépris, la violence, les luttes. On se rappelle les Gilets Jaunes, mais tant d'autres choses se sont passées depuis que c'est en presque un modèle. On dirait le règne de Louis XIV, avec une jacquerie tout les ans ! Et en même temps, quel commentaire implacable de toute l'horreur de la Macronie. Il y aurait trop à en dire pour un simple avis, mais je suis assez sidéré que tout ça se déroule aujourd'hui, et qu'un gouvernement continue de croire en ses propres mensonges. L'image finale est parlante, l'épouvantail Macron gardant un champ de pièces qui sera moissonné par des gens qui n'en ont certainement plus besoin. C'est fou, c'est ubuesque et c'est glaçant. Parce que ce que je retiens de tout ça, c'est les morts, les blessés, les condamnés, tout ceux qu'on a laissé mourir dans la cinquième puissance mondiale parce qu'il ne faut surtout pas partager le pognon. Quelle cruauté de leur part, quel manque d'humanité. Comme je le disais au début, a la lecture (qui m'a énervée comme jamais) on a des envies de meurtres et des claques qui se perde. Alors à tout ceux qui auraient de telles envies après lecture de cette BD, rappelez-vous les paroles de McCirculaire : "Il y a des envies de meurtres et des claques qui se perdent, Mais je sais que ça éclabousse quand tu frappes dans la merde."

22/02/2024 (modifier)