Les derniers avis (32210 avis)

Par Nijal
Note: 4/5
Couverture de la série Lune de guerre
Lune de guerre

Superbe! Voilà le qualificatif qui convient à ce "one-shot" (oh mais que je n'aime pas ce terme !). Tout d'abord, le sujet. L'idée de fond, est je trouve, assez originale pour permettre une lecture assez captivante. Surtout quand on nous dit que les 5 premières pages sont inspirées de faits réels ! Quelque chose que j'apprécie beaucoup : la présentation des personnages au début, un par un. Cela nous met tout de suite dans l'ambiance, et donne un côté rétrospectif et pose les bases du récit. Car il faut bien savoir que cette histoire est avant tout basée sur les personnages, les hommes et les femmes qui la composent. Tout n'est en effet que rapports de force, luttes, oppositions, incompréhensions, mais aussi rapprochements et même amour... Bref, ce qui constitue l'essence de l'âme humaine. Les personnalités des protagonistes de cet opéra macabre et dérisoire (expression qui, je pense, s'applique parfaitement à cette BD) sont marquées et c'est tant mieux : les confrontations n'en sont que plus profondes et aiguës. Les hommes ne sont ni tout à fait bons ni tout à fait méchants (sauf peut-être Roger qui symbolise la partie la plus noire de l'humanité). Le récit est très bien mené, j'ai été captivé jusqu'au dénouement final que je trouve, malgré certaines critiques, très bien réalisé. C'est là que l'on prend pleinement conscience de l'absurdité du motif du conflit. Quand on y pense, les occasions de l'éviter ont été nombreuses, mais à chaque fois la fierté, l'honneur, la peur de perdre la face l'ont emporté, des choses que chacun de nous peut éprouver; on se dit : "Aurais-je réagi de la même façon?" C'est ce qui fait la grande force du début de l'histoire. Après, cet aspect-là devient moins évident mais on se laisse prendre par la tension. Le dessin, comme à l'habitude chez Hermann, est somptueux : il maîtrise avec une mæstria sans égale actuellement la technique de la couleur directe, et vraiment je ne peux me lasser de son style de dessin –je conseille d'ailleurs de lire ses autres one-shots, quand bien même ils n'ont pas scénarisés par Van Hamme qui, de temps à autre, nous sort de bien jolies perles. Une grande critique cependant pour "Lune de guerre" : il n'est pas assez long ! En effet, un récit plus long aurait suffi pour augmenter la tension jusqu'à l'affrontement final, la tension aurait pu atteindre un paroxysme qu'elle n'a pas atteint, et c'est bien dommage. D'autre part, et surtout, il aurait fallu approfondir les relations entre les personnages, aspect vraiment le plus intéressant : c'est une sorte de mini-étude sociologique à peine effleurée sur les rapports humains dans la crise que nous livre Van Hamme, et cela aurait été vraiment bien si ça avait été approfondi. Dix à vingt pages en plus auraient suffi. Quoi qu'il en soit, "Lune de guerre" demeure une excellente BD, distrayante et de surcroît très intéressante de par son aspect psychologique, et je conseille très vivement de la lire, et doublement pour ceux qui ne connaissent pas le style si particulier de Hermann !

13/05/2005 (modifier)
Par Gerve
Note: 4/5
Couverture de la série Murena
Murena

Grand amateur de BDs historiques, j'ai vraiment été conquis par cette BD. Les couleurs et les dessins sont superbes, la psychologie des personnages est bien fouillée et le contexte historique est particulièrement bien retranscrit. Enfin, je trouve que la lente évolution psychologique de Neron est rendue avec crédibilité.

13/05/2005 (modifier)
Par Picado
Note: 4/5
Couverture de la série Free Soul
Free Soul

Bah je pensais pouvoir la poster celle-là, mais je finissais de la lire (hier) et j'ai vu que c'était déjà fait... Personnellement je ne trouve pas ce nouvel opus aussi bien que Love My Life (qui reste mon gros coup de cœur) et que Indigo Blue... Sûrement aussi parce que je m'habitue au style de Ebine Yamaji. Le dessin est toujours aussi beau, voire même un peu plus travaillé, surtout pour le personnage de Niki. Sur ma note, on peut dire que c'est très bon (quasiment du 5/5) mais que sur l'échelle Ebine Yamaji, j'ai préféré Love My Life... donc la note est à lire en comparaison. L'histoire est je trouve un peu bancale, surtout au début, où l'héroïne se fait héberger un peu facilement au début... Par contre l'histoire d'amour de l'héroïne est très bien construite, et comme pour Indigo Blue, entre dans la complexité du genre humain et du sentiment amoureux avec beaucoup de finesse et de tendresse. C'est donc très agréable à lire. La relation avec le processus créatif donne pas mal de relief au manga, mais je trouve que ça pourrait être un peu plus poussé, surtout qu'on est dans la création de manga, et donc j'ai personnellement eu envie de plus d'implication de Ebine Yamaji, dans la relation que peut avoir une mangaka lesbienne qui écrit des histoires lesbiennes... J'ai trouvé que cette piste était très bonne, amusante et intrigante (il y a de l'Ebine Yamaji dans cette histoire) mais finalement pas mené jusqu'au bout. Surtout que l'on sent réellement que la vie du mangaka influe réellement sur la création de son œuvre, comme le prouve les nombreuses ressemblances entre Niki et Angie Reste que les questions que pose ce manga sont vraiment fortes et délivrées avec beaucoup de sensibilité. J'apprécie vraiment aussi qu'Ebine Yamaji explore le thème de la parenté (par les parents de Keito très présents, et par la sublimation du père de Niki), thème qui est très en lien avec l'homosexualité, et qui est un fil rouge dans toutes ses œuvres (notamment dans la première histoire de Sweet Loving Baby). C'est donc quelque chose d'universel, de beau... Un rêve un peu fou est d'un jour pouvoir rencontrer Ebine Yamaji, pour discuter de ses œuvres, de son histoire qui m'a l'air très présente dans ce qu'elle fait, tout simplement de la connaître car quelqu'un qui arrive à écrire des choses d'une telle force m'intrigue et me semble être quelqu'un de particulier. Je vais m'inscrire en cours de japonais (ou plus simplement travailler mon anglais de "flibustier" comme m'a dit un prof une fois).

12/05/2005 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Carnet de voyage (Un américain en balade)
Carnet de voyage (Un américain en balade)

En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie". Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population. Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé. Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres. Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage. ... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).

12/05/2005 (modifier)
Par oui oui
Note: 4/5
Couverture de la série Psychometrer Eiji
Psychometrer Eiji

Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars. Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.

11/05/2005 (modifier)
Couverture de la série Free Soul
Free Soul

Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur. L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses. Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.

11/05/2005 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série V pour Vendetta
V pour Vendetta

Depuis le temps que je voulais lire quelques trucs du fameux Moore, c'est chose faite. Et c'est très bon comme je m'y attendais un peu même si le contenu de cette histoire n'est pas 100% Moorien je suppose. Angleterre, dictature, ça fait aussi référence aux camps de concentration pour homo et black, tout ce qui va pas, et voilà le vengeur masqué qui surgit. A vrai dire j'ai vu des tas de références possibles au cours de ma lecture, mais ça ne gâche pas trop le plaisir. J'ai le sentiment d'avoir eu un intérêt décroissant au cours de ma lecture, au départ assez accroché pour finir presque en train de compter combien de pages il restait. C'est peut-être du à ce phrasé du vengeur assez exaspérant (et heureusement que j'ai pas lu ça en VO, j'ai déjà eu du mal en français), ou au fait que j'étais un peu perdu dans les personnages et qui complote avec qui etc. car je n'ai pas lu cette intégrale d'une traite. Bref assurément un must dans le genre bd orwellienne malgré ses petits défauts.

10/05/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Monstrueux...
Monstrueux...

J'ai lu cette BD sans m'attendre à quoi que ce soit, juste parce que c'était du Trondheim, quoi. Et non seulement j'ai bien aimé mais en plus j'ai été pêté de rire par moments. Le dessin de Trondheim, rien à dire, j'aime. Clair, facile à lire, plaisant, joli. Quant au scénario, il est sensé s'adresser à des enfants mais franchement, je trouve qu'il s'adresse aussi voire plus directement aux adultes. Les histoires de chaque tome sont simples mais intelligemment racontées et très plaisantes. Et puis surtout il y a l'humour de Trondheim et moi j'adore. Excellente petite série sans prétention.

10/05/2005 (modifier)
Par Ferdi
Note: 4/5
Couverture de la série Largo Winch
Largo Winch

Je me suis mis enfin à lire Largo, série que l'on peut difficilement ignorer vu son succès commercial. En définitive, j'ai vraiment bien aimé! Comme on l'a dit précédemment, les cycles en deux albums sont une formule sympa qui permet au scénario de se développer, sans pour autant lancer le lecteur dans des suites interminables. Les intrigues proprement dites sont très agréables à suivre et jamais ennuyantes pour le lecteur et ce, malgré les nombreuses explications sur le monde financier. Bien sûr, cette série réunit les ingrédients habituels du thriller (tueurs à gage, poursuite en voiture, femmes sexy...) et n'est pas d'une grande originalité. Mais le tout, combiné à un bon dessin et des couleurs bien choisies, donne un résultat très efficace qui ravira bon nombre de lecteurs. Je précise que j'ai lu la série jusqu'au numéro 5, je ne peux donc pas juger de la qualité des derniers albums.

09/05/2005 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Two Gentlemen
Two Gentlemen

Héhé... voici un chouette petit album de Baloo, trouvé par hasard en fouinant dans les bouquineries bruxelloises. L’humour décalé et "absurde" n’est pas sans rappeler celui de La Mission infernale du même auteur... tout aussi délirant ! D'ailleurs Baloo se fait plaisir et ça se sent ! Le final, complètement inattendu, est bien dans le style de l’auteur. Finalement, Baloo est en passe de réussir son challenge, à savoir de placer des éléphants dans chacune de ses histoires... Il lui reste encore la reprise de la série Petzi le petit ourson ! :) Bref, voici une bonne petite bd à prix démocratique...

09/05/2005 (modifier)