J'ai beaucoup aimé cet album, réalisé 7 ou 8 ans avant Le sommet des dieux. On voyait déjà toutes les qualités qui se retrouveront dans l’œuvre (peut-être) maîtresse du maître Jiro taniguchi : une puissance inégalée dans les évocations vertigineuses de la montagne, l'exaltation de qualités humaines chevaleresques (et un peu suicidaires quelque part), et une maîtrise de l'espace combinant plusieurs traditions, européenne et japonaise.
D'autre part, on pourrait retrouver d'autres points communs entre les deux oeuvres, surtout dans des éléments de l'histoire. Et pourtant ce sont des scénaristes différents qui ont oeuvré sur les deux livres. A croire que ce sont des thèmes universels dans les récits d'alpinisme.
Pour ma part j'ai vraiment apprécié cette oeuvre, pas trop longue, assez vite lue, et qui, au travers de cinq histoires courtes, nous retrace le destin d'un grimpeur exceptionnel, une légende vivante. J'ai beaucoup aimé ces petites anecdotes sur la survie en altitude (en particulier dans le premier chapitre). L’alpinisme en devient même fascinant par moments. Taniguchi est vraiment un magicien de l'image...
Un très beau livre qui démontre une fois de plus l'absurdité de la guerre. Ce livre se décline sous la forme d'un journal intime.
L'action se passe en Sicile, au moment du débarquement anglo-américain. Piero Macola décrit bien cette période de fin de guerre pour les Italiens ; la lassitude chez les soldats, le refus de la continuation du combat avec l'Allemagne (le Sud de l'Italie rejoindra les Alliés dans la lutte contre le fascisme ; mais, le Nord de l'Italie, fidèle à Mussolini, deviendra la tristement célèbre République de Salo, vassalisée au Reich, qui sombrera dans l'horreur)...
Le personnage principal devient, dès lors, tout le symbole de cette guerre ; il a combattu sans avoir jamais tué et n'a plus envie de participer à une guerre qui n'est pas la sienne et n'est même plus celle des Italiens. Il préfèrera choisir les camps de travail, plutôt que la lutte armée.
Excellent!
Certes « La croisade s’amuse » ne raconte rien de bien original, mais quelle rigolade ! Les gags sont irréguliers, et faire une BD entière sur ce sujet, ça fait un peu beaucoup, mais reste que je me suis quand même bien marré en lisant les conneries de George ou les péripéties de madame Laden et ses copines.
Bon, l’humour, c’est toujours assez subjectif, alors lisez les quelques premières pages pour vous faire une idée… moi, j’ai aimé !
J’aime beaucoup le posteur un peu plus bas qui écrit « les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée ». Ca a au moins le mérite d’être clair : ici pas d’aventure, pas d’action, pas de rêves ou de mondes imaginaires. Non, juste un reportage un peu austère sur l’histoire des syndicats en France.
Et pourtant j’ai adoré, tout comme Rural ! du même auteur. C’est facile à suivre, instructif, bien documenté, bref, un vrai petit livre d’histoire sur la naissance des principaux syndicats français, sur leur lien avec l’église, et sur la monté du socialisme en France.
Tout simplement passionnant !
Les Bidochon m'ont toujours fait beaucoup rire. C'est ce qui ce fait de mieux dans le genre humour sur les Français moyens.
Toute notre société y passe.
On peut citer quelques albums cultes comme Maison sucrée maison, en vacances, en HLM, assujettis sociaux ou en voyage organisé. Mais, bizarrement, les derniers albums me plaisent moins, peut-être à cause d'une certaine usure de la série.
J'avais déjà été charmé par Un Automne à Hànôi du même auteur qui présentait le Vietnam par une suite d'anecdotes et de visites intéressantes et variées.
Quitter Saïgon marque moins par son originalité graphique. Il n'en reste pas moins intéressant graphiquement parlant et présente quelques jolies planches. Le trait de Clément Baloup n'est pas exceptionnel, mais il a un sens des couleurs et de la matière assez sympathique. Certaines planches pêtantes de couleurs rouges et vertes sont assez fortes. Pour le reste, cela se lit très bien et agréablement.
Quitter Saïgon raconte, par le biais des témoignages de 3 personnes différentes interrogées par l'auteur, la période difficile qu'a traversée le Vietnam entre la seconde guerre mondiale et les premières années d'installation du régime communiste après la chute de Saïgon. Les histoires sont très agréablement racontées, et apportent chacune leurs facettes et leurs interêts. On y découvre la période d'occupation japonaise, l'équivalent d'occupation américaine, la guerre du Vietnam vue par les yeux des civils de Saïgon, les camps de rééducation communistes, le long voyage en bateau du Vietnam jusqu'en France, etc. Le tout est raconté avec les yeux et les paroles de simples hommes auxquels on s'attache très vite, sans sombrer dans l'explication historique mais uniquement comme des témoignages de vies prenantes, intéressantes et sans jamais aborder les sujets sous l'angle de la noirceur et du reproche.
C'est intéressant tout en étant plaisant à lire. Un très bel album de témoignage historique.
Qu'est ce qu'on cherche dans une BD ??
Une réflexion existentielle, un moment de solitude à oublier, une sublimation de soi par l'image, un moment de détente...
Pour le dernier des cas, un pur moment de détente, Cross Fire en est l'archétype. En effet, cette BD regroupe, à mon sens, toutes les tendances actuelles du moment :
- le style vif, le dessin expressif et entraînant du manga,
- le scénario, une quête du Graal contre une autre équipe sur fond de mystère ecclésiastique,
- des effets surabondants, des gadgets à la James Bond, des filles à demi dénudées, un héros style Nikki Larson..
Un humour décalé, des clichés trop gros pour y croire, des clins d’œil partout, on se régale à chaque page.
Dire que Cross Fire est à la BD ce que les Bronzés sont au cinéma est exagéré, mais la même sensation de plaisir est perceptible à la fin de la lecture.
Encore !!!
Ah un comics américain qui traite de vampirisme. Que voilà un album intéressant.
Le scénario met en scène une ville d'Alaska où la nuit dure 30 jours en hiver. Voilà un paradis bien attirant pour les suceurs de sang. Et c'est exactement ce qui va se passer, car les vampires prennent le contrôle de la ville, la coupant totalement du monde afin d'entamer leur bacchanale de sang. En fin de compte, le scénario n'est certes pas très fouillé, mais l'idée de départ et certains ressorts dramatiques de cet album contribuent à faire de cette intrigue d'apparence simple une histoire de vampire des plus efficaces.
Le dessin est très original. Mélange de réalisme photographique et de lignés acérées, il met avec merveille en scène l'horreur qui suinte des pages de cet album. Les couleurs sont réellement bien choisies, et contribuent également à installer un climat pesant sur cette histoire.
En bref un album de vampires très accrocheur, qui allie graphisme original et rythme soutenu. A lire.
Gil Formosa a montré à de nombreuses reprises qu'il a un talent véritable. On oubliera pas Robur, série qu'il signe avec Lofficier.
Avec "Double Gauche", le dessinateur nous offre une nouvelle fois un dessin magistral. Un trait énergique, un dessin qui a de l'allure et des personnages qui sont très présents grâce aux mouvements que Formosa veut bien leur donner.
Corbeyran n'est pas en reste avec un scénario captivant, intriguant, effrayant parfois.
On se prend à la lecture, on est scotché et rien ne pourra venir perturber notre plongé dans ce monde aussi glauque qu'est Sinostropolis.
Un album qui inaugure une série qui sera, j'en suis persuadé, très haletante !
Oh là là ! La claque !
Je l'avoue, je ne suis pas un gros fan du style graphique de Sergio Toppi. Mais intrigué par les avis enthousiastes lus ça et là, je me suis mis à la lecture de "Sharaz-de", qui semble être un monument.
Le résultat est impressionnant.
Toppi est un spécialiste de l'aventure avec un grand A. Tout ce qui lui permet de voyager, dans l'espace et dans le temps, semble le bienvenu pour lui inspirer ses planches. Ici ce sont les "Contes des 1001 nuits" qui sont transposés, en somme le récit idéal pour un auteur de son acabit. Toppi nous propose donc un récit d'une ampleur inégalée, à la fois ambitieux et très maîtrisé, où son dessin atteint une profondeur hallucinante.
A tel point que l'on n'ose plus vraiment parler de bande dessinée, tellement l'auteur explose tous les codes, ou les plie à sa convenance...
C'est donc une adaptation magistrale d'un fleuron de la littérature mondiale, au service d'un magicien de l'art séquentiel...
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K (Kana)
J'ai beaucoup aimé cet album, réalisé 7 ou 8 ans avant Le sommet des dieux. On voyait déjà toutes les qualités qui se retrouveront dans l’œuvre (peut-être) maîtresse du maître Jiro taniguchi : une puissance inégalée dans les évocations vertigineuses de la montagne, l'exaltation de qualités humaines chevaleresques (et un peu suicidaires quelque part), et une maîtrise de l'espace combinant plusieurs traditions, européenne et japonaise. D'autre part, on pourrait retrouver d'autres points communs entre les deux oeuvres, surtout dans des éléments de l'histoire. Et pourtant ce sont des scénaristes différents qui ont oeuvré sur les deux livres. A croire que ce sont des thèmes universels dans les récits d'alpinisme. Pour ma part j'ai vraiment apprécié cette oeuvre, pas trop longue, assez vite lue, et qui, au travers de cinq histoires courtes, nous retrace le destin d'un grimpeur exceptionnel, une légende vivante. J'ai beaucoup aimé ces petites anecdotes sur la survie en altitude (en particulier dans le premier chapitre). L’alpinisme en devient même fascinant par moments. Taniguchi est vraiment un magicien de l'image...
Aller simple
Un très beau livre qui démontre une fois de plus l'absurdité de la guerre. Ce livre se décline sous la forme d'un journal intime. L'action se passe en Sicile, au moment du débarquement anglo-américain. Piero Macola décrit bien cette période de fin de guerre pour les Italiens ; la lassitude chez les soldats, le refus de la continuation du combat avec l'Allemagne (le Sud de l'Italie rejoindra les Alliés dans la lutte contre le fascisme ; mais, le Nord de l'Italie, fidèle à Mussolini, deviendra la tristement célèbre République de Salo, vassalisée au Reich, qui sombrera dans l'horreur)... Le personnage principal devient, dès lors, tout le symbole de cette guerre ; il a combattu sans avoir jamais tué et n'a plus envie de participer à une guerre qui n'est pas la sienne et n'est même plus celle des Italiens. Il préfèrera choisir les camps de travail, plutôt que la lutte armée.
La croisade s'amuse
Excellent! Certes « La croisade s’amuse » ne raconte rien de bien original, mais quelle rigolade ! Les gags sont irréguliers, et faire une BD entière sur ce sujet, ça fait un peu beaucoup, mais reste que je me suis quand même bien marré en lisant les conneries de George ou les péripéties de madame Laden et ses copines. Bon, l’humour, c’est toujours assez subjectif, alors lisez les quelques premières pages pour vous faire une idée… moi, j’ai aimé !
Les Mauvaises Gens
J’aime beaucoup le posteur un peu plus bas qui écrit « les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée ». Ca a au moins le mérite d’être clair : ici pas d’aventure, pas d’action, pas de rêves ou de mondes imaginaires. Non, juste un reportage un peu austère sur l’histoire des syndicats en France. Et pourtant j’ai adoré, tout comme Rural ! du même auteur. C’est facile à suivre, instructif, bien documenté, bref, un vrai petit livre d’histoire sur la naissance des principaux syndicats français, sur leur lien avec l’église, et sur la monté du socialisme en France. Tout simplement passionnant !
Les Bidochon
Les Bidochon m'ont toujours fait beaucoup rire. C'est ce qui ce fait de mieux dans le genre humour sur les Français moyens. Toute notre société y passe. On peut citer quelques albums cultes comme Maison sucrée maison, en vacances, en HLM, assujettis sociaux ou en voyage organisé. Mais, bizarrement, les derniers albums me plaisent moins, peut-être à cause d'une certaine usure de la série.
Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)
J'avais déjà été charmé par Un Automne à Hànôi du même auteur qui présentait le Vietnam par une suite d'anecdotes et de visites intéressantes et variées. Quitter Saïgon marque moins par son originalité graphique. Il n'en reste pas moins intéressant graphiquement parlant et présente quelques jolies planches. Le trait de Clément Baloup n'est pas exceptionnel, mais il a un sens des couleurs et de la matière assez sympathique. Certaines planches pêtantes de couleurs rouges et vertes sont assez fortes. Pour le reste, cela se lit très bien et agréablement. Quitter Saïgon raconte, par le biais des témoignages de 3 personnes différentes interrogées par l'auteur, la période difficile qu'a traversée le Vietnam entre la seconde guerre mondiale et les premières années d'installation du régime communiste après la chute de Saïgon. Les histoires sont très agréablement racontées, et apportent chacune leurs facettes et leurs interêts. On y découvre la période d'occupation japonaise, l'équivalent d'occupation américaine, la guerre du Vietnam vue par les yeux des civils de Saïgon, les camps de rééducation communistes, le long voyage en bateau du Vietnam jusqu'en France, etc. Le tout est raconté avec les yeux et les paroles de simples hommes auxquels on s'attache très vite, sans sombrer dans l'explication historique mais uniquement comme des témoignages de vies prenantes, intéressantes et sans jamais aborder les sujets sous l'angle de la noirceur et du reproche. C'est intéressant tout en étant plaisant à lire. Un très bel album de témoignage historique.
Cross Fire
Qu'est ce qu'on cherche dans une BD ?? Une réflexion existentielle, un moment de solitude à oublier, une sublimation de soi par l'image, un moment de détente... Pour le dernier des cas, un pur moment de détente, Cross Fire en est l'archétype. En effet, cette BD regroupe, à mon sens, toutes les tendances actuelles du moment : - le style vif, le dessin expressif et entraînant du manga, - le scénario, une quête du Graal contre une autre équipe sur fond de mystère ecclésiastique, - des effets surabondants, des gadgets à la James Bond, des filles à demi dénudées, un héros style Nikki Larson.. Un humour décalé, des clichés trop gros pour y croire, des clins d’œil partout, on se régale à chaque page. Dire que Cross Fire est à la BD ce que les Bronzés sont au cinéma est exagéré, mais la même sensation de plaisir est perceptible à la fin de la lecture. Encore !!!
30 jours de nuit
Ah un comics américain qui traite de vampirisme. Que voilà un album intéressant. Le scénario met en scène une ville d'Alaska où la nuit dure 30 jours en hiver. Voilà un paradis bien attirant pour les suceurs de sang. Et c'est exactement ce qui va se passer, car les vampires prennent le contrôle de la ville, la coupant totalement du monde afin d'entamer leur bacchanale de sang. En fin de compte, le scénario n'est certes pas très fouillé, mais l'idée de départ et certains ressorts dramatiques de cet album contribuent à faire de cette intrigue d'apparence simple une histoire de vampire des plus efficaces. Le dessin est très original. Mélange de réalisme photographique et de lignés acérées, il met avec merveille en scène l'horreur qui suinte des pages de cet album. Les couleurs sont réellement bien choisies, et contribuent également à installer un climat pesant sur cette histoire. En bref un album de vampires très accrocheur, qui allie graphisme original et rythme soutenu. A lire.
Double gauche
Gil Formosa a montré à de nombreuses reprises qu'il a un talent véritable. On oubliera pas Robur, série qu'il signe avec Lofficier. Avec "Double Gauche", le dessinateur nous offre une nouvelle fois un dessin magistral. Un trait énergique, un dessin qui a de l'allure et des personnages qui sont très présents grâce aux mouvements que Formosa veut bien leur donner. Corbeyran n'est pas en reste avec un scénario captivant, intriguant, effrayant parfois. On se prend à la lecture, on est scotché et rien ne pourra venir perturber notre plongé dans ce monde aussi glauque qu'est Sinostropolis. Un album qui inaugure une série qui sera, j'en suis persuadé, très haletante !
Sharaz-De
Oh là là ! La claque ! Je l'avoue, je ne suis pas un gros fan du style graphique de Sergio Toppi. Mais intrigué par les avis enthousiastes lus ça et là, je me suis mis à la lecture de "Sharaz-de", qui semble être un monument. Le résultat est impressionnant. Toppi est un spécialiste de l'aventure avec un grand A. Tout ce qui lui permet de voyager, dans l'espace et dans le temps, semble le bienvenu pour lui inspirer ses planches. Ici ce sont les "Contes des 1001 nuits" qui sont transposés, en somme le récit idéal pour un auteur de son acabit. Toppi nous propose donc un récit d'une ampleur inégalée, à la fois ambitieux et très maîtrisé, où son dessin atteint une profondeur hallucinante. A tel point que l'on n'ose plus vraiment parler de bande dessinée, tellement l'auteur explose tous les codes, ou les plie à sa convenance... C'est donc une adaptation magistrale d'un fleuron de la littérature mondiale, au service d'un magicien de l'art séquentiel...